Partout où l'Église exerce l'activité missionnaire au milieu des peuples, Marie est présente: présente comme Mère qui coopère à la régénération et à la formation des fidèles; présente comme "Étoile de l'évangélisation" ... pour guider et réconforter les hérauts de l'Évangile et soutenir dans la foi les nouvelles communautés chrétiennes, suscitées par l'annonce missionnaire avec la puissance de la Parole et la grâce de l'Esprit Saint. (Jean-Paul II)
Un congrès pour récolter les fruits de l’œcuménisme
Ce lundi matin, le cardinal Kasper a inauguré une conférence de trois jours au siège du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, un symposium pour faire le point sur quarante années de dialogue œcuménique.
Source: Kerknet
Théologiens et représentants catholiques, luthériens, anglicans, réformés et méthodistes ont été invités à poursuivre ce dialogue. Les débats et les discussions tournent autour d’un ouvrage rédigé par le cardinal Kasper, écrit en anglais, intitulé « Harvesting the fruits » – Récolter les fruits.
Dans son discours inaugural, le président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens est revenu sur les différents points qui ont marqué le chemin de l’œcuménisme jusqu’à aujourd’hui.
Benoît XVI défend le droit des enfants devant le Conseil pontifical pour la Famille
La séparation et le divorce ne sont pas sans conséquences pour les enfants, alors que soutenir la famille et promouvoir son véritable bien, son unité et sa stabilité est la meilleure façon de protéger les droits et les exigences des enfants.
Benoît XVI s’adressait, ce lundi, aux participants à la XIXe Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la Famille qui a pour thème « Les droits des enfants ». Le Pape a réaffirmé la valeur de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, car, a souligné Benoît XVI, les enfants veulent être aimés par une mère et un père qui s’aiment. Ils ont besoin d’habiter, de grandir et de vivre avec leurs deux parents, parce que les figures maternelle et paternelle sont complémentaires dans l’éducation des enfants et dans la construction de leur personnalité et de leur identité.
Le Pape n’a pas manqué de déplorer et de condamner le comportement de certains membres de l’Église qui ont violé les droits de l’enfance. Rappelons que Benoît XVI a annoncé, pour les prochaines semaines, une lettre pastorale pour les fidèles irlandais après les rapports judiciaires sur des abus commis sur des enfants par des prêtres et religieux irlandais. L’Allemagne est elle-même secouée par un scandale du même genre.
Benoît XVI a rappelé que l’Église, au cours des siècles, sur l’exemple du Christ, a toujours défendu la dignité et les droits des enfants et c’est dans cette ligne que le Vatican a accueilli favorablement la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfance. Benoît XVI a aussi évoqué la rédaction d’un « Vademecum pour la préparation au mariage » ainsi que la septième Rencontre mondiale des familles qui aura lieu à Milan en 2012. La dernière rencontre de ce type avait eu lieu en janvier 2009 à Mexico.
ABORTION - THE SILENT SCREAM COMPLETE VERSION (with permission from APF).
Republished with Permission from Roy Tidwell of American Portrait Films as long as the following credits are shown:
VHS/DVDs Available American Portrait Films Call 1-800-736-4567 www.amport.com
This has been performed as asked. This video is perfectly legal.
The Silent Scream Complete Version - Abortion as Infanticide
Dr. Bernard Nathanson's classic video that shocked the world. He explains the procedure of a suction abortion, followed by an actual first trimester abortion as seen through ultrasound. The viewer can see the child's pathetic attempts to escape the suction curette as her heart rate doubles, and a "silent scream" as her body is torn apart. A great tool to help people see why abortion is murder. The most important video on abortion ever made. This video changed opinion on abortion to many people.
Introduction by Dr. Bernard Nathanson, host. Describes the technology of ultrasound and how, for the first time ever, we can actually see inside the womb. Dr. Nathanson further describes the ultrasound technique and shows examples of babies in the womb. Three-dimensional depiction of the developing fetus, from 4 weeks through 28 weeks. Display and usage of the abortionists' tools, plus video of an abortionist performing a suction abortion. Dr. Nathanson discusses the abortionist who agreed to allow this abortion to be filmed with ultrasound. The abortionist was quite skilled, having performed more than 10,000 abortions. We discover that the resulting ultrasound of his abortion so appalled him that he never again performed another abortion. The clip begins with an ultrasound of the fetus (girl) who is about to be aborted. The girl is moving in the womb; displays a heartbeat of 140 per minute; and is at times sucking her thumb. As the abortionist's suction tip begins to invade the womb, the child rears and moves violently in an attempt to avoid the instrument. Her mouth is visibly open in a "silent scream." The child's heart rate speeds up dramatically (to 200 beats per minute) as she senses aggression. She moves violently away in a pathetic attempt to escape the instrument. The abortionist's suction tip begins to rip the baby's limbs from its body, ultimately leaving only her head in the uterus (too large to be pulled from the uterus in one piece). The abortionist attempts to crush her head with his forceps, allowing it to be removed. In an effort to "dehumanize" the procedure, the abortionist and anesthesiologist refer to the baby's head as "number 1." The abortionist crushes "number 1" with the forceps and removes it from the uterus. Abortion statistics are revealed, as well as who benefits from the enormously lucrative industry that has developed. Clinics are now franchised, and there is ample evidence that many are controlled by organized crime. Women are victims, too. They haven't been told about the true nature of the unborn child or the facts about abortion procedures. Their wombs have been perforated, infected, destroyed, and sterilized. All as a result of an operation about which they they have had no true knowledge. Films like this must be made part of "informed consent." NARAL (National Abortion Rights Action League) and Planned Parenthood are accused of a conspiracy of silence, of keeping women in the dark about the reality of abortion. Finally, Dr. Nathanson discusses his credentials. He is a former abortionist, having been the director of the largest clinic in the Western world.
Tempêtes au Vatican. L'académie pour la vie joue sa tête
Son président, Mgr Fisichella, n'a plus la confiance d'une partie de ses membres. Motif: un article de lui publié par "L'Osservatore Romano" après avoir été approuvé par la secrétairerie d’état. Le réquisitoire de l'académicien Michel Schooyans contre la fausse "compassion" qui justifie tout
par Sandro Magister
ROME, le 8 février 2010 – Dans quelques jours, du 11 au 13 février, l’académie pontificale pour la vie, dont le président est l'archevêque Salvatore Fisichella (photo), se réunira au Vatican.
La réunion s’annonce orageuse. Certains membres de l'académie contestent que Fisichella convienne comme président. Parmi eux, Mgr Michel Schooyans, Belge, professeur émérite à l'Université Catholique de Louvain, spécialiste estimé en anthropologie, philosophie politique et bioéthique. Il est membre de trois académies pontificales : celle de sciences sociales, l’académie Saint Thomas d'Aquin et – précisément – celle pour la vie. Le pape Joseph Ratzinger le connaît et l’apprécie. En 1997, étant cardinal préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, il a préfacé l’un de ses livres : "L'Évangile face au désordre mondial".
En vue de la réunion, Schooyans a rédigé un réquisitoire sévère contre le "piège" dans lequel serait tombé aussi Fisichella : l'utilisation trompeuse du concept de "compassion".
On trouvera ci-dessous le texte intégral du réquisitoire. Il ne cite pas Fisichella mais fait des références précises à un article de lui dans "L'Osservatore Romano", traitant de l’avortement, qui a provoqué lors de sa parution un véritable tohu-bohu et a fini par obliger la congrégation vaticane pour la doctrine de la foi à publier un "Eclaircissement".
***
Cet article de Fisichella a été publié le 15 mars 2009. Il était consacré au cas d’une très jeune fillette-mère brésilienne que l’on avait fait avorter, à Recife, des jumeaux dont elle était enceinte.
Les jours précédents, l’affaire de cette enfant avait provoqué des polémiques violentes, au Brésil mais aussi dans d’autres pays et surtout en France.
Les journaux français s’étaient dressés contre le "fanatisme" et la "dureté de cœur" de l’Église et en particulier de l'archevêque d’Olinda et Recife, José Cardoso Sobrinho, qui avait condamné le double avortement. Ils avaient pris en masse la défense de l’enfant et de ceux qui l'avaient "sauvée" en la faisant avorter.
Les accusations contre l’Église dénuée de "compassion" étaient très sévères et touchaient le pape Benoît XVI lui-même, qui venait de subir les furieuses attaques lancées contre lui, quelques semaines plus tôt, à propos de l’affaire Williamson.
Lucetta Scaraffia, commentatrice de pointe de "L'Osservatore Romano", était à Paris à ce moment-là. Elle a alerté le directeur du journal du Vatican, Giovanni Maria Vian.
Celui-ci, en accord avec son éditeur, le cardinal secrétaire d’état Tarcisio Bertone, a demandé à Mgr Fisichella d’écrire un article qui calme ces attaques contre l’Église et contre le pape.
Fisichella l’a écrit. Bertone l’a examiné et approuvé mot par mot, sans le faire contrôler au préalable par la congrégation pour la doctrine de la foi, comme le veut la règle au Vatican, pour les prises de position qui concernent la doctrine.
Dans l’après-midi du 14 mars, l'article est sorti en première page de "L'Osservatore Romano" daté du lendemain.
Fisichella y écrivait que le cas de la fillette brésilienne "n’a été rendu public dans les journaux que parce que l’archevêque d’Olinda et Recife s’est empressé d’annoncer l’excommunication des médecins qui ont aidé à interrompre la grossesse". Mais "avant de penser à l’excommunication", il fallait "avant tout défendre, embrasser, caresser" la fillette avec cette "humanité dont nous, hommes d’Église, devrions être des annonciateurs experts et des maîtres". Mais "il n’en a pas été ainsi".
Et il continuait:
"Du fait de son très jeune âge et de son état de santé précaire, la vie [de la fillette] était sérieusement mise en danger par la grossesse en cours. Que faire en pareil cas ? Décision difficile pour le médecin et pour la loi morale elle-même. Des choix comme celui-là se présentent chaque jour [...] et la conscience du médecin se retrouve seule avec elle-même face à l’obligation de décider ce qu’il y a de mieux à faire".
En fin d’article Fisichella s’adressait directement à la fillette :
"Nous sommes de ton côté. [...] Ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, non pas ceux qui t'ont permis de vivre".
***
L'article a tout de suite suscité des réactions opposées : d’un côté les protestations des défenseurs de la vie de tout être conçu, sans exception ; de l’autre les applaudissements des partisans de la liberté d’avortement.
S’estimant publiquement et injustement désavoué par le Vatican, l'archidiocèse d’Olinda et Recife a réagi par une note publiée le lendemain sur son site, dans laquelle il disait que Fisichella ne se montrait pas informé des faits et qu’il mettait en doute la doctrine même de l’Église en matière d’avortement.
L'archevêque Cardoso Sobrinho a demandé aux autorités vaticanes de publier sa note dans "L'Osservatore Romano". Il n’a pas obtenu de réponse.
Beaucoup d’évêques du Brésil et du monde entier ont exprimé leur solidarité à Cardoso Sobrinho. Mais entre temps – le silence du Vatican se prolongeant – la thèse selon laquelle l’Église avait approuvé l'avortement "thérapeutique" a trouvé place dans de nombreux journaux de différents pays. Cette thèse a aussi paru recevoir le soutien d’une déclaration du porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, le 21 mars, alors que le pape était en voyage en Afrique.
Le 4 avril, "L'Osservatore Romano" est revenu brièvement sur le sujet, mais sans donner la moindre satisfaction à ceux qui critiquaient l'article de Fisichella. Il a même fait le contraire. Dans une note, le journal du Vatican a cité une déclaration d’une journaliste laïque très connue, Lucia Annunziata, ancienne présidente de la télévision italienne d’état, qui reconnaissait à l’Église "une transparence jamais vue" et motivait son compliment de la façon suivante :
"Je me réfère à l'intervention de Mgr Fisichella sur l’affaire de la fillette brésilienne, publiée par 'L'Osservatore Romano'".
Pour bon nombre de membres de l’académie pontificale pour la vie, la mesure était comble. Ce même 4 avril, 27 d’entre eux, sur un total de 46, ont signé une lettre à leur président Fisichella, dans laquelle ils lui demandaient de corriger les prises de position "erronées" qu’il avait formulées dans l’article.
Le 21 avril, Fisichella leur a répondu par écrit, en repoussant leur demande.
Début mai, 21 des signataires de la lettre précédente se sont alors adressés au cardinal William Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, en demandant à la congrégation une déclaration clarifiant la doctrine de l’Église en matière d’avortement.
La lettre a été remise le 4 mai. La congrégation pour la doctrine de la foi l’a transmise au cardinal Bertone, parce que – a-t-on expliqué aux auteurs – "l’article de Fisichella a été écrit à la demande du cardinal secrétaire d’état et approuvé uniquement par lui".
Mais, ne recevant de Bertone aucune assurance d’un éclaircissement, certains membres de l’académie pontificale pour la vie ont décidé de s’adresser directement au pape.
Christine de Marcellus Vollmer – une vénézuélienne qui vit aux Etats-Unis, présidente de l’Alliance for Family et de la Latin American Alliance for Family - et quatre autres membres de l'académie ont rencontré Benoît XVI, pendant quelques minutes, après l'audience générale d’un mercredi. L'audience leur avait été accordée grâce aux bons offices du cardinal Renato Martino.
Les cinq académiciens ont remis à Benoît XVI un solide dossier, contenant un grand nombre d’articles de presse qui affirmaient tous que, grâce à l'article de Fisichella, l’Église avait définitivement ouvert la porte à l’avortement "thérapeutique".
Le pape Joseph Ratzinger s’est montré stupéfait et attristé. Il a murmuré :
"Il faut faire quelque chose... On va faire quelque chose".
Le 8 juin, Benoît XVI a discuté de l’affaire avec le cardinal Bertone et a donné l’ordre de publier une déclaration confirmant comme inchangée la doctrine de l’Église en matière d’avortement.
Entre temps, l'archidiocèse d’Olinda et Recife avait adressé au Vatican un mémorandum donnant un compte-rendu détaillé de ce que l’Église locale avait fait et continuait à faire pour aider la fillette et ses proches, de même qu’elle avait protégé jusqu’au bout les deux enfants dont elle était enceinte.
Le mémorandum concluait en demandant justice pour l'archevêque Cardoso Sobrinho, faute de quoi Fisichella ferait l’objet d’une plainte canonique.
Mais d’autres semaines ont passé, sans que rien ne bouge au Vatican. Alors Christine de Marcellus Vollmer et d’autres académiciens se sont résolus à un geste de pression extrême. Ils ont menacé de démissionner collectivement de l’académie pontificale pour la vie. Jour après jour, le nombre d’adhésions à ce projet augmentait. On en était à 17 quand enfin, dans l’après-midi du 10 juillet, "L'Osservatore Romano" a publié l’"Eclaircissement" attendu de la congrégation pour la doctrine de la foi à propos de l’article de Fisichella.
La note, publiée sans aucune mise en valeur, ne disait pas que l'article de Fisichella était erroné, mais seulement qu’il avait fait l’objet de "manipulation et d’instrumentalisation". Un expédient rhétorique qui a permis à Fisichella et à Bertone – tous deux membres de la congrégation pour la doctrine de la foi – de sortir de l’affaire avec un minimum de dommages.
Mais les ennuis ne sont pas terminés, pour l'archevêque président de l’académie pontificale pour la vie. Dans les prochains jours, il va se trouver face à face avec les académiciens qui ont demandé sa tête. Et qui vont la redemander.
Le réquisitoire, le voici.
LES PIÈGES DE LA COMPASSION
par Michel Schooyans
Un terme ambigu
Lorsqu’on parle de compassion, on pense immédiatement à la souffrance d’autrui, à la situation tragique dans laquelle il se trouve. Il s’agit de le comprendre, de "sympathiser" avec lui, de partager sa détresse et de la porter avec lui. Cette situation de malheur, il faut certes essayer de l’alléger, d’y porter remède dans toute la mesure du possible. Le mot compassion connote en outre l’idée de partage psychologique et affectif de la souffrance, spécialement quand celle-ci échappe aux contrôles médicaux et autres. Lorsque nous allons voir un malade cancéreux en phase terminale, par notre présence, par une parole, par un geste de tendresse, nous exprimons comme nous le pouvons la part que nous prenons à sa souffrance et nous essayons de le réconforter.
Or, dans les nouvelles concernant des cas d’avortements, d’euthanasie, de suicide assisté, il est fréquent que l’on invoque la compassion pour "justifier" l’acte qui a été exécuté ou qui va l’être. Si, avant sa naissance, un enfant est déclaré porteur d’une malformation grave, on fera valoir que si on laisse se poursuivre la grossesse, l’enfant aura une vie qui ne vaut pas d’être vécue; on recommandera donc de l’avorter par compassion, par pitié. On partage, dit-on, la peine que lui cause son état, mais la meilleure façon de l’aider, la seule – dit-on – effectivement possible, c’est de mettre un terme à sa vie. L’enfant sera tué par compassion.
On renchérit en disant que personne n’a le droit d’imposer à une femme d’attendre un enfant qui sera – dit-on – pour elle, pour le père, pour la famille, un "fardeau" insupportable. On invoquera ici la compassion vis-à-vis des parents. Dans la foulée, on ajoute qu’on ne peut imposer à la société le poids d’existences dont l’entretien est coûteux mais inutile ; le handicapé de naissance n’apporte rien à la société. On admettra donc l’avortement par compassion vis-à-vis de la société, qui, "à son regret", doit se résigner à supprimer un de ses membres. On ira parfois jusqu’à voir dans cet acte un geste de justice sociale, de "purification ethnique", d’eugénisme.
La compassion pourra aussi s’adresser aux médecins avorteurs. Pratiquer un avortement est pour eux – dit-on – une "décision difficile à prendre" et un acte qu’ils n’exécutent que pour obéir à leur conscience. Il faut donc compatir avec les médecins qui, par exemple "pour le bien" de l’enfant ou de sa mère, prennent "avec courage" la décision de procéder à l’avortement. Loin de les blâmer, il faudrait les soutenir psychologiquement et moralement, les protéger par un dispositif légal approprié.
Ces quelques exemples permettent de percevoir différentes facettes de ce qu’on regroupe aujourd’hui sous un seul mot ambigu : la compassion. Il y a d’abord la compassion au sens habituel de sympathie, de commisération. Cependant, dans les divers exemples cités, on observe que la compassion est invoquée et s’exerce de manière très différente selon qu’elle fait une victime, l’enfant non-né, ou qu’elle est censée soulager la mère, légitimer des lois ou cautionner l’intervention des médecins.
La compassion aujourd’hui
Nous pouvons discerner la vraie et la fausse compassion dans des faits ou prises de position observables dans le monde d’aujourd’hui. Ainsi apparaîtront les ravages que la fausse compassion est en train d’exercer tant au niveau des personnes qu’au niveau des sociétés humaines. Passons donc en revue quelques exemples.
1) En 1962, la cour d'assises de Liège (Belgique) a été amenée à juger une mère qui, "par compassion", avait tué son enfant. Pendant sa grossesse, cette mère avait pris du Softenon, connu aujourd’hui sous le nom de Thalidomide. L'enfant était né porteur de malformations graves. La mère a décidé de mettre fin à la vie de son enfant ; ce qu'elle fit en effet. Au terme d'un procès très "médiatisé", la femme fut acquittée. Elle sortit libre du tribunal, sous les applaudissements nourris du public.
2) Les animaux bénéficient de plus en plus de la "compassion" des hommes. Dans un film "documentaire" d’Al Gore, "Une vérité qui dérange", consacré au réchauffement climatique, on voit une animation montrant un ours polaire exténué en train de chercher désespérément un appui sûr pour se sauver la vie. Le message est clair : si la calotte polaire se réchauffe et fond, la raison doit en être cherchée dans le nombre excessif des hommes qui polluent la terre (1). Il faut donc contrôler la croissance démographique de l'humanité, dont on assure qu'elle est la cause de la dégradation du milieu ambiant. En outre, la "compassion" envers les animaux, la protection de la faune, de la flore et des espèces en voie de disparition, requièrent le respect de quotas fixant le nombre, voire la "qualité" d'hommes autorisés à se reproduire. Dans une de ses variantes, cette position recommande aux hommes d'avoir de la "compassion" pour Gaïa, la Terre Mère, qui – avance-t-on – se dégrade en raison de l'action dévastatrice de l'homme. L'homme doit être sacrifié à l'environnement (2).
3) Au cours des dernières années ont surgi plusieurs affaires retentissantes de pédophilie. Aux USA, au Mexique, en Irlande et dans d'autres pays, des membres du bas ou du haut clergé ont été impliqués dans plusieurs procédures judiciaires. Dans la plupart de ces cas, il a été reproché aux autorités ecclésiastiques d'avoir essayé d'étouffer ces affaires. Aussi longtemps qu'elles l’ont pu, ces autorités ont fait semblant que rien, ou si peu, ne s'était passé. Le motif le plus souvent invoqué est celui de la "compassion" pour les auteurs des actes pédophiliques. On invoque la compassion pour les pauvres clercs, qui souffrent déjà tant de leurs pulsions, et que leurs supérieurs ne peuvent accabler publiquement ni moins encore exposer à la condamnation infamante par des instances judiciaires compétentes. S’il faut protéger les avorteurs, pourquoi ne faudrait-il pas protéger les pédophiles?
Cette attitude rappelle l'affaire de Recife (Brésil), qui a défrayé la chronique en mars-avril 2009 (3). Dans les deux cas, les cas de pédophilie et celui de Recife, plutôt que de manifester de la compassion pour les petites victimes innocentes, on invoque la "compassion" pour ceux qui leur ont fait un tort immense, médecins à Recife, clercs ailleurs.
4) Le 16 novembre 2009, la presse annonçait une initiative de Ségolène Royal. Toujours très médiatisée, la présidente de la région Poitou-Charentes (France) annonçait la distribution de "colis contraceptifs" (4). Ces kits contraceptifs contiennent notamment des préservatifs et des "chèques contraception". L'objectif de Ségolène Royal, c'est de "venir au secours de la détresse des élèves", de réduire la détresse sociale que représentent les "grossesses précoces". Après avoir incité à la consommation sexuelle par l'adjonction de préservatifs dans le kit contraceptif, Ségolène Royal rappelle l'existence d'une "circulaire prévoyant déjà la contraception du lendemain". Ici encore, des adolescentes et des enfants non nés risquent de faire les frais de la pseudo-compassion.
5) On assiste aujourd'hui à une mise en question radicale du mariage et de la famille. Des chrétiens demandent à l'Église d'autoriser le divorce ou de permettre le "remariage" de divorcés. Certains vont plus loin puisqu'ils demandent que l'Église reconnaisse les unions homosexuelles, avec ou sans adoption d'enfants. Ces revendications se font toutes au nom de la "compassion". L'Église aurait tort de se montrer intransigeante sur ces questions ; elle serait sans pitié pour les époux injustement plaqués par leur conjoint et pour les enfants du couple divorcé. Elle ignorerait la tendance homosexuelle inscrite dans la constitution de certains hommes ou de certaines femmes. Ici encore il est fait appel à la "compassion". Mais quelle compassion?
Interpellé sur la question du mariage et du divorce, Jésus réaffirme avec force le dessein de Dieu depuis les origines : le mariage voulu par Dieu est monogame, fidèle, indissoluble (5). Jésus restaure le mariage tel qu'il était selon le cœur de Dieu au moment de la création (6). Il ne fait aucune concession concernant le mariage tel que Dieu l'avait voulu. Les apôtres s'étonnent même de cette rigueur de Jésus (7). Comme certains le font aujourd'hui, ils attendaient de Jésus une compassion au rabais, une tolérance en quelque sorte, vis-à-vis de la loi, vis-à-vis de la volonté clairement énoncée par le créateur dès les origines. La justification, la sanctification apparaissent ici comme un retour au commencement, une recréation passant par la conversion du cœur. Ce que Jésus met en lumière, c'est l’égale dignité de l’homme et de la femme. L’homme ne saurait revendiquer un "droit" quelconque à répudier sa femme. Ce que révèle Jésus, c’est la force de Dieu à l'œuvre dans le mariage. C'est Dieu qui unit. La compassion ne saurait s'exprimer dans le rejet de la force divine toujours à l'œuvre dans le mariage. En revanche, la compassion de Dieu s'exprime dans le pardon que Jésus propose à ceux et celles qui ont commis l'adultère, se sont prostitués ou qui ont pratiqué l'homosexualité (8). La compassion de Jésus n'est nullement une approbation du péché ; c'est une invitation à accueillir le pardon et à revenir sur le droit chemin. La compassion de Jésus, c'est la miséricorde (9).
6) Binding (1841-1920), juriste, et Hoche (1865-1943), médecin, ont publié en 1920 un ouvrage très peu connu et qui a cependant été l'un des plus influents au cours du XXe siècle. Les auteurs expliquent qu'il faut "libéraliser la destruction d'une vie qui ne mérite pas d'être vécue" (10). C'est le titre de cet ouvrage, où se trouve formulé et justifié le programme d'euthanasie qui sera mis en œuvre quelques années plus tard par Hitler. Comme d'habitude, l'argumentation donne l'impression d'être imprégnée de compassion. Il y a, assure-t-on, des catégories d'individus dont la vie ne mérite pas la protection pénale. Leur vie est sans valeur. L'euthanasie leur épargnera de vivre une vie qui n’est pas digne d'être vécue. Ces individus, il faut les euthanasier dans leur propre intérêt. Mais il faut aussi les euthanasier par intérêt pour la société : ces êtres sont non seulement sans valeur, mais ils sont un fardeau pour tous ceux qui sont utiles à la société. La "compassion" vis-à-vis de la société doit être invoquée autant que la "compassion" vis-à-vis de ces êtres qui doivent être libérés de leur manque total de valeur et d’utilité. Or derrière ces considérations apparemment attendrissantes se cachent des considérations pseudo-scientifiques à fortes connotations eugéniques et racistes. La compassion est ici manipulée au profit d'un programme politique qui est la négation même de la compassion.
7) Dans l'affaire de Recife (11), nous avons pu observer un cas flagrant de compassion mensongère. En résumé, il fallait faire preuve de compassion vis-à-vis des médecins qui avaient pratiqué un double avortement direct. Il fallait étouffer cette affaire comme on en étouffe d’autres (12). Or la littérature médicale rapporte des situations semblables à celle vécue par "Carmen", la petite fille de Recife, mais où la vraie compassion s'est exprimée vis-à-vis de très jeunes mères et de leur enfant. La presse médicale faisait déjà état, en 1959, de l'existence d'une trentaine de cas connus de grossesses très précoces, souvent avant l'âge de 12 ans. Le cas le plus connu est celui d'une petite péruvienne, Lina Medina, née en 1933, qui a eu ses premières règles à l'âge de 8 mois (sic) et qui est tombée enceinte à l'âge de 5 ans (sic). A l'âge de 5 ans et 8 mois, elle a donné naissance à un garçon, Geraldo, qui, en 1954, avait 15 ans alors que la maman en avait 20. Les médecins avaient diagnostiqué, chez la maman, une puberté précoce constitutionnelle, non pathologique.
Ce qui est remarquable dans l'histoire de Lina Medina, c’est précisément que ce sont les médecins qui ont constaté que la grossesse de la fillette n'avait rien de pathologique. L'éventualité d'un avortement n'a jamais été envisagée. Les médecins ont au contraire fait preuve de compassion vraie vis-à-vis de la mère et de son enfant. Notons qu'aux dernières nouvelles, la mère vit dans la périphérie de Lima, au Pérou. Jusqu'à présent, la mère n'a jamais révélé le nom du père de son enfant. Celui-ci était né par césarienne et est décédé en 1979 à l'âge de 40 ans (13).
L'article publié par "La Presse Médicale", dans son édition du 13 mai 1939, précise que l'accouchement, par opération césarienne, a été réalisé par le Dr Geraldo Lozada. Le bref article du 13 mai souligne que
"La petite Lina est entourée de soins minutieux. Un comité de dames s'est constitué pour assurer pour maintenant et pour l'avenir les soins et les conditions matérielles de la vie de la petite maman et du futur bébé".
L'article du 31 mai 1939, dû aussi au Dr Escobel, en appelle lui aussi à la compassion :
"On espère que l'État, et le Foyer de la Mère, vont protéger cette malheureuse enfant, qui a créé dans tous les cœurs un mouvement de sympathie et de pitié, d'autant plus que son petit est né le jour même où la nation péruvienne célébrait la Fête de la Mère".
8) En raison de sa gravité, le sida est aussi une maladie qui incite à la compassion. Des établissements publics ou privés se sont spécialisés dans la prévention et/ou le traitement de cette maladie. Des centres d’accueil et de soins ont été fondés pour accueillir, soigner et accompagner jusqu’au bout les personnes atteintes par ce mal. Des congrégations religieuses, spécialisées dans les soins de santé, ont adapté leurs programmes aux situations nouvelles créées par l’expansion de cette pandémie. L’exemple de la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta a fait école. Tous ne sont pourtant pas inspirés de la compassion exemplaire de Mère Teresa.
En mars 2009, dans l’avion qui le conduisait en Afrique, le pape Benoît XVI s’est fait harponner par des journalistes parce qu’il avait osé déclarer que le préservatif n’était pas vraiment la solution au problème. Toujours prompte à enrichir le recueil des "histoires belges", la chambre des représentants [de Bruxelles], y compris divers mandataires "chrétiens", a condamné les propos "irresponsables" et "inacceptables" du pape. C’est à peine si les honorables députés n’ont pas demandé une réunion d’urgence du conseil de sécurité de l’ONU ! Dieu merci, le sénat belge n’a pas suivi la chambre des représentants dans son délire antichrétien.
Mais cette même chambre aurait cependant pu revendiquer la caution de quelques éminents ecclésiastiques. Parmi eux, des cardinaux très médiatisés, dont les noms sont bien connus, ont curieusement recommandé l’usage du préservatif en présentant celui-ci comme un moindre mal, le mal plus grand à éviter étant le danger de contagion mortelle en cas de non recours à cette précaution. Le motif invoqué est donc la compassion.
L’argumentation se développe habituellement comme suit : la pulsion sexuelle étant irrésistible et incontrôlable, l’usage du préservatif est le seul moyen efficace d’éviter le sida. Il s’en faut de peu pour que certains "moralistes" aillent jusqu’à invoquer le Vème commandement de Dieu, "Tu ne tueras pas", pour présenter le port du préservatif comme une obligation morale ! D’autres moralistes ou pasteurs développent une variante de cette argumentation : ils enseignent à pécher sans risque.
Dans le cas du sida, la compassion est donc invoquée à deux titres différents. Bien sûr, la compassion s’adresse d’abord aux malades atteints par cette terrible maladie. Comme pour tous ceux qui souffrent de maladies très graves, il faut veiller à ce que leurs souffrances soient soulagées, à ce qu’ils reçoivent les soins d’hygiène dont ils ont besoin ; il faut leur dire des mots de tendresse : leur dire la tendresse des hommes, mais aussi la tendresse de Dieu. Mais dans le cas qui nous occupe, la compassion est aussi invoquée de façon mensongère : le préservatif s’impose – insinue-t-on – en raison de l’incontrôlabilité de la passion des hommes, de leur absence de liberté face aux pulsions qui les assaillent.
Ce n’est pas notre intention de reprendre ici les discussions sur le sida, ses causes, son traitement, etc. Deux constats devraient cependant faire réfléchir les zélateurs de la fausse compassion. Rappelons d’abord qu’il suffit de consulter les magazines de consommateurs pour apprendre que les préservatifs ne sont pas fiables à 100%. S’il n’est pas sûr à 100% pour la contraception, pourquoi le serait-il pour empêcher la transmission du sida?
Mais il y a un autre aspect du problème, largement méconnu par beaucoup d’éminents pasteurs-théologiens. C’est ce que les économistes appellent l’effet de rebond. L’image de la balle qui rebondit est en effet suggestive : au terme d’une première parabole, elle touche le sol, mais c’est pour repartir aussitôt, vers le haut et plus loin. Deux exemples familiers feront comprendre ce dont il s’agit. L’arrivée des lampes économiques a été saluée avec enthousiasme : une lampe économique de 11 watts donne autant de lumière qu’une lampe classique de 60 watts. On pourrait s’exclamer : "Quelle économie !". En fait, on observe qu’en raison même de la basse consommation de ces lampes, les gens tendent à mieux éclairer leurs maisons en multipliant les lampes et en augmentant le nombre d’heures d’éclairage. Les lampes économiques compensent ainsi les économies qu’elles étaient censées provoquer ; elles peuvent même amener une augmentation de la consommation.
Autre exemple : certaines voitures, naguère équipées d’un moteur gourmand, sont aujourd’hui équipées de moteurs particulièrement sobres. Ici aussi, les gens se disent : "Quelle économie !". Mais comme la voiture consomme, disons, 5 litres de gasoil au lieu des 8 litres de la voiture précédente, les gens trouveront que rouler est devenu moins cher et ils rouleront plus qu’ils ne le faisaient avec leur vieille voiture. On roule plus avec une voiture qui consomme moins. Il en résulte que l’économie réalisée par le moteur de nouvelle génération est compensée par une augmentation du nombre de kilomètres roulés et souvent par l’augmentation de la vitesse à laquelle on avait l’habitude de conduire.
Un troisième exemple du rebond est signalé par Jacques Suaudeau (14). Lorsque le port de la ceinture de sécurité est devenu obligatoire en Angleterre, on a constaté avec surprise que le nombre d’accidents et de victimes avait augmenté. Une étude attentive a révélé que les automobilistes croyaient trouver une plus grande sécurité dans le port de la ceinture. Mais ils prenaient plus de risques, roulaient plus vite qu’avant. Le bénéfice qu’on attendait du port de la ceinture a été compensé par des prises de risque accrues.
Le phénomène du rebond s’observe aussi dans l’utilisation du préservatif et dans l’incidence de cette utilisation sur l’extension de la maladie. Les éminents moralistes devraient tenir compte de ce phénomène. Le matraquage médiatique incitant à recourir au préservatif pour limiter l’expansion du sida a un effet pervers : le préservatif donne un sentiment faux de sécurité. En y recourant, les utilisateurs tendent à compenser le risque amoindri par le préservatif en multipliant les rapports hasardeux plus qu’ils ne le faisaient habituellement, en changeant de partenaires, en variant les rapports et en ayant les premières relations sexuelles de plus en plus tôt.
Remarquons que c’est ce qu’a expliqué le Dr Edward C. Green le 19 mars 2009, après le lynchage médiatique dont le pape a été l’objet lors de son voyage en Afrique :
"Nos meilleures études […] mettent en évidence une association constante entre une plus grande disponibilité et un plus grand usage de condoms et un taux plus élevé (non pas plus bas) d’infection par HIV. Cela peut être dû en partie à un phénomène connu comme compensation du risque, ce qui signifie que quand on utilise une ‘technologie’ qui réduit le risque, telle que les condoms, on perd souvent le bénéfice (la réduction du risque) en ‘compensant’ ou en prenant de plus grands risques que ceux que l’on prendrait sans la technologie qui réduit le risque". (15)
Voilà encore, à propos du sida, un exemple remarquable de "compassion" mensongère et violente. Mensongère parce que reposant sur des assertions dont quelqu’un d’un peu informé peut démasquer la fausseté. Violente, parce qu’au nom de prémisses fausses on pousse objectivement à prendre le risque de mourir et de donner la mort.
9) Peut-on donner la communion à des parlementaires qui se déclarent publiquement en faveur de l'avortement ? A cette question, certains pasteurs ont donné, pratiquement ou théoriquement une réponse affirmative. Il faudrait, dit-on, avoir de la compassion pour ces parlementaires, déchirés intérieurement. Comme chrétiens, disent-ils, ils sont certes opposés à l'avortement ; mais lors du débat parlementaire, ils votent pour sa légalisation. Ces représentants, dit-on, vivent un drame de conscience et il ne faudrait pas les renvoyer s'ils se présentent pour recevoir la sainte communion. Des situations analogues se présentent, par exemple, pour des médecins avorteurs notoires, pour des magistrats, des responsables politiques, etc. Tous auraient besoin de confort spirituel et devraient pouvoir s'approcher de la Sainte Table.
Quelques prises de position récentes montrent que l'Église ne peut approuver cette pseudo-compassion. Épinglons-en deux.
a. En novembre 2009, Juan Antonio Martínez Camino, jésuite, évêque auxiliaire de Madrid et secrétaire général de la conférence épiscopale espagnole, rappelle qu'en approuvant et en votant une loi en faveur de l'avortement, les baptisés se mettent objectivement en état de péché mortel (16). Ceux qui promeuvent de telles lois pèchent publiquement et ne peuvent être admis à la Sainte Table. Pour être sûr d'avoir été bien entendu, l'évêque auxiliaire de Madrid ajoute que celui qui affirme qu'il est légitime d'ôter la vie à un être humain innocent tombe dans l'hérésie et encourt l'excommunication "latae sententiae" (17).
Le 27 novembre 2009, l'assemblée plénière de la conférence épiscopale espagnole publiait une déclaration selon laquelle les politiciens qui votent une proposition de loi libéralisant l'avortement en Espagne se placent eux-mêmes dans "un état de péché objectif et, si cette situation se prolonge, ils ne peuvent être admis à la sainte communion." (18)
b. Le dimanche 22 novembre 2009 (19), Patrick Kennedy, membre démocrate de la chambre des représentants des USA, annonce que l'évêque de Providence, Thomas J. Tobin, l'a prié de s'abstenir de recevoir la sainte communion et a invité les prêtres de son diocèse à ne pas la lui donner. Il faut rappeler que, quelque temps avant cette interdiction, le congressman Patrick Kennedy avait déclaré publiquement son opposition à l'enseignement de l'Église sur le respect de la vie.
10) Les pièges de la compassion que nous avons passés en revue ont fait l’objet de plusieurs déclarations de la plus haute importance de la part de Son Excellence Mgr Raymond L. Burke, préfet du tribunal suprême de la signature apostolique et archevêque émérite de Saint Louis MO, aux USA. Nous nous limiterons à présenter trois de ces documents.
a. Le vendredi 3 mai 2009, l’archevêque Burke prononçait le discours principal du "Déjeuner et Prière" réunissant des catholiques priant pour la nation américaine. Ce discours a pour titre "Les enseignements de l’Église catholique" (20). Le préfet y analyse les pratiques hostiles à la vie, au mariage et à la famille.
Dénonçant la fausse compassion dans l’action des pouvoirs publics, l’archevêque souligne que les attaques contre la vie, le mariage et la famille ruinent les fondements sur lesquels sont bâties la nation américaine et les nations attachées à ces mêmes fondements. Il incite les catholiques – qu’ils soient médecins, hommes politiques, hommes d’affaires, etc. – à respecter la loi naturelle et la loi divine, qui sont au cœur de l’enseignement de l’Église. L’archevêque invite à la prière, au jeûne, à la confession, à la sainte communion pour que le Seigneur éclaire les leaders. Une attention spéciale doit être réservée, dans les universités et les institutions d’éducation catholique, à la jeunesse. Celle-ci doit être préparée à reconnaître que là où Dieu est rejeté, la sécularisation et le relativisme ouvrent la voie à des lois et à des programmes politiques immoraux. Au contraire, il faut presser les législateurs et les électeurs de corriger les lois gravement injustes.
Enfin, "qu’un doctorat honoris causa ait été conféré par Notre-Dame University à un président promouvant agressivement un agenda anti-vie et anti-famille est source du plus grand scandale".
b. Le 18 septembre 2009, l’archevêque Burke prenait la parole au XIVe dîner annuel de partenariat organisé par "Inside Catholic" (21). Ce discours a été publié sous forme d’article dans "Crisis Magazine", en date du 26 septembre 2009. Il a pour titre "Reflections on the Struggle to Advance the Culture of Life."
L’archevêque nous offre ici un discours d’une force exceptionnelle. Voici, citées librement, quelques idées force de ce discours:
"Il est impossible d’être catholique pratiquant si, dans sa conduite, on soutient le droit à l’avortement ou le droit au mariage de personnes de même sexe. Nous devons reconnaître le scandale donné par des chrétiens omettant de faire respecter la loi morale naturelle dans la vie publique. Cette omission engendre la confusion et induit en erreur tous les citoyens. Par nos actions et nos omissions, nous pouvons conduire des hommes et des femmes à faire le mal et à pécher, ainsi qu’à nuire gravement aux frères, aux sœurs, à la nation. Notre-Seigneur a condamné sans équivoque ceux qui, par leurs actions, provoqueraient un vrai scandale, c’est-à-dire qui plongeraient les autres dans la confusion ou les conduiraient à pécher (22). C’est pourquoi la discipline de l’Église interdit de donner la sainte communion et d’accorder des funérailles religieuses à ceux qui persistent, après avoir été admonestés, à violer gravement la loi divine (23). Certes, l’Église confie chaque âme à la miséricorde de Dieu […], mais cela ne la dispense pas de proclamer la vérité de la loi divine. Lorsque quelqu’un a publiquement adhéré et coopéré à des actes coupables, […] sa repentance de telles actions doit elle aussi être publique".
Appelant les choses par leur nom, l’archevêque Burke n’hésite pas à aller au fond du problème :
"On voit la main du Père du Mensonge à l’œuvre dans le peu d’attention portée à la situation de scandale, ou dans le fait que sont ridiculisés ou même censurés ceux qui ressentent le scandale.".
c. Le 29 septembre 2009, l’archevêque Burke intervenait pour prendre la défense des militants pro-vie qui protestaient contre le scandale des funérailles grandioses et très médiatisées célébrées pour le sénateur Ted Kennedy (24). Ce sénateur "catholique" s’était souvent distingué par ses positions inacceptables en matière de respect de la vie et de la famille. Certains catholiques, pris de compassion pour le sénateur, s’en étaient pris vivement aux militants pro-vie et pro-famille, les accusant entre autres de briser l’unité de l’Église. La mise au point de l’archevêque ne devait pas se faire attendre :
"Une des ironies de la situation présente c’est que quelqu’un qui éprouve le scandale face à des actions publiques gravement coupables d’un autre catholique est accusé de manquer de charité et de causer une division dans l’unité de l’Église.
"Dans une société dont la pensée est gouvernée par la ‘tyrannie du relativisme’, et dans laquelle le politiquement correct et le respect humain sont les ultimes critères de ce qu’on doit faire ou de ce qu’on doit éviter, l’idée d’induire quelqu’un en erreur morale a peu de sens. […] Ce qui cause émerveillement dans une telle société, c’est le fait qu’il en est qui omettent d’observer le politiquement correct, et qui, par là-même, semblent perturber la prétendue paix de la société. Cependant, mentir ou omettre de dire la vérité n’est jamais un signe de charité".
Une question incontournable
La pseudo-compassion, souvent invoquée en faveur d’auteurs d'actes en soi mauvais, tel l'avortement, conduit donc au scandale ; elle invite les autres à pécher gravement. Le scandale, c’est la première chose à éviter (25). La pseudo-compassion conduit aussi à l'hérésie, à la déchirure dans l'Église, car elle incite les fidèles à s'écarter d'un point non négociable de la doctrine de l'Église : le devoir de respecter la vie innocente. La pseudo-compassion renforce la dérive vers la "tyrannie du relativisme", que l'on observe chez certains pasteurs et/ou théologiens. A terme, la pseudo-compassion pourrait conduire à une situation dans laquelle la doctrine de l'Église et la morale naturelle résulteraient d'une procédure consensuelle et se formuleraient dans des compromis.
Certains, abusés par la pseudo-compassion vis-à-vis de ceux qui pèchent publiquement contre la vie, estiment que l'Église est, sur ces questions, fort sévère. L'Église, en effet, ne mâche pas ses mots:
"Les excommuniés et les interdits […] et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion" (26).
Or si l'on se souvient du caractère mensonger et violent de la pseudo-compassion, on observera aussitôt que cette sévérité n'est qu'apparente, qu'elle est même une haute expression de la charité. Elle est un appel urgent au changement de vie. Le refus de donner la communion pour les raisons que nous avons rappelées n'est que l'expression de l'amour de l'Église pour les plus faibles, et l'invitation à la repentance adressée à ceux qui risquent de rester enchaînés dans leurs péchés, et d’y enchaîner les autres.
Reste une question délicate mais incontournable. Puisque, dans les conditions rappelées, la sainte communion doit être refusée à un laïc, le code de droit canonique prévoit-il des mesures de suspension, au double motif du scandale et de l’hérésie, pour les clercs manifestant publiquement leur pseudo-compassion pour les avorteurs ?
Louvain-la-Neuve, janvier 2010 (1) "Le Monde" du 19 novembre 2009 titrait en manchettes et à la première page : "Le poids de la natalité menacerait le climat". La suite de cet article, dû à Grégoire Allix, apparaît en p. 4 sous le titre "Limiter les naissances, un remède au péril climatique ? Les Nations Unies appellent à la prise en compte de la question démographique lors du sommet de Copenhague."
(2) Cf. à ce sujet notre ouvrage "La face cachée de l’ONU", pp. 61-70 ; ce chapitre est intitulé : "La Charte de la terre et l’impératif écologique". Voir ce qu'écrit Saint Paul à ce sujet, Rm 8, 18-22.
(3) Ainsi qu'on s'en souvient, une fillette de 9 ans, "Carmen", violée par son beau-père, s'est trouvée enceinte de jumeaux. Malgré les appels à la compassion lancés par Dom José Cardoso Sobrinho (alors archevêque de Recife) et de ses collaborateurs, cette fillette a été soumise à un double avortement, entre autres sous la pression de mouvements féministes radicaux. Curieusement, Dom Cardoso a été désavoué par un dignitaire ecclésiastique romain, qui a tenté de faire valoir que ceux qui voulaient protéger les jumeaux avaient manqué de "compassion" pour les médecins avorteurs, "qui avaient dû prendre une décision difficile".
(4) Voir à ce sujet "La Libre Belgique" du 14 novembre 2009 et "Le Monde" du 16 novembre 2009.
(9) Cf. Lc 7, 36-50, où la scène se passe chez un pharisien ; 15, 3-32 ; 19, 1-10 ; 23, 40-43.
(10) En collaboration avec Klaudia Schank, nous avons traduit et présenté cet ouvrage : "Euthanasie : Le dossier Binding et Hoche. Traduction de l'allemand, présentation et analyse de 'Libéraliser la destruction d'une vie qui ne vaut pas d'être vécue'. Texte intégral de l'ouvrage publié en 1922 à Leipzig", Paris, Éd. Le Sarment-Fayard, 2002, 138 pp. ISBN: 2-866-79329-3.
(11) Cf. ci-dessus, n° 3.
(12) Voir ci-dessus, au n? 3, les affaires de pédophilie.
(13) Voir à ce sujet "La plus jeune mère du monde", bref article dans "La Presse médicale", Paris, 13 mai 1939, p. 744 ; voir aussi la lettre du Dr Edmundo Escobel (Lima), "La plus jeune mère du monde", dans "La Presse médicale", Paris, 31 mai 1939, p. 875. Ce cas est aussi relaté dans l'ouvrage de Rodolfo Pasqualini, "Endocrinología", Buenos Aires, Editions El Ateneo, 1959. Voir spécialement les pp. 684-686. Pasqualini cite l'article d'Escobel à la p. 686.
(14) Voir Jacques Suaudeau, article "Sexualité sans risques", pp. 905-926 du "Lexique des termes ambigus et controversés", du conseil pontifical pour la famille, publié chez Téqui, Paris, 2005.
(15) Edward C. Green est directeur du AIDS Prevention Project at the Harvard Center for Population and Development Studies. Le texte que nous citons se trouve au http://www.lifesitenews.com/ du 19 mars 2009. On trouve à cet endroit d’autres informations.
(16) Source: http://www.elmundo.es/, dépêche du 12 novembre 2009. Voir aussi http://www.sectorcatolico.com/, dépêche du 30 décembre 2009.
(17) Cf. Code de Droit Canonique, 751; 1364, § 1; 1398.
(18) Cf. http://www.lifesitenews.com/, 27 novembre 2009. La position exempte d’ambiguïté réaffirmée par la conférence épiscopale espagnole par son secrétaire général S. Exc. Mgr Martínez Camino, a encore été réaffirmée par Isidoro Catela Marcos, directeur du bureau d’information de la CEE. Voir le site ACI Prensa : http://www.aciprensa.com/, dépêche du 4 janvier 2010, qui renvoie elle-même à http://www.conferenciaepiscopal.es
(19) Voir le site de "The Providence Journal" : http://www.projo.com/ du 23 novembre 2009, l’article de John Mulligan, "Kennedy : Barred from Communion", et les liens mentionnés.
(20) Le texte complet se trouve sur http://www.lifesitenews.com/ du 8 mai 2009.
(21) Le texte a été publié sur le site internet http://insidecatholic.com et est daté du 26 septembre 2009.
(22) Cf. Lc 17, 1-2.
(23) Code de Droit Canonique, 915; 1184, § 1, 3°.
(24) Cf. l’article de John-Henry Westen, "A Vatican Archbishop : Kennedy Funeral Critics Not Hurting Unity but Helping Church", sur LifeSiteNews.com, 29 septembre 2009. Les citations proviennent de cet article.
(25) Lc 17, 1 s.
(26) Cf. Canon 915.
Les trois articles de www.chiesa consacrés à l’affaire de la fillette brésilienne, avec les textes intégraux de l'article de Fisichella, de la réponse de l'archidiocèse de Recife et de l’"Eclaircissement" de la congrégation pour la doctrine de la foi :
> Bombes à retardement. En Afrique le préservatif, au Brésil l'avortement (23.3.2009) Il faut aussi noter que le désaveu public de l’archevêque de Recife qu’était l'article de Mgr Fisichella dans "L'Osservatore Romano" du 15 mars 2009 a mis en grande difficulté l’ensemble de l'épiscopat brésilien, très engagé dans une bataille avec le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva, précisément en matière d’avortement.
Les partisans de l’avortement ont eu beau jeu de dire que les évêques brésiliens "n’avaient plus l’appui du Vatican".
On est actuellement en pleine bataille. Il suffit de citer ces quelques lignes de "L'Osservatore Romano" du 5 février 2010 :
"Avec la légalisation de l’avortement, le mariage entre personnes du même sexe – à qui a été garanti le droit à l’adoption – et autres mesures 'progressistes', le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva menace la paix sociale. C’est ce qu’affirme un document émanant de 67 évêques de l’Église brésilienne après une rencontre pastorale à Rio de Janeiro. De nombreux évêques brésiliens ont réagi sévèrement au décret de création du 'programme de droits de l’homme' signé en décembre dernier par le président Lula, qui, entre autres mesures, interdit l’exposition de symboles religieux et donc du crucifix dans les lieux publics. Cette décision a suscité des critiques sévères de la part de la conférence nationale des évêques du Brésil".
France : Des moyens pour aider les femmes à éviter l’avortement
Pétition pour une véritable politique de prévention
ROME, Vendredi 5 février 2010 (ZENIT.org) - En France, le taux d'avortement est deux fois plus élevé que celui de l'Allemagne, souligne l'Alliance pour les Droits de la Vie (ADV), qui demande des moyens pour aider les femmes à « éviter l'avortement » et lance une pétition nationale en ligne à cet effet, avec ce slogan provocateur : « Aux larmes citoyennes ! » qui dit bien la détresse - souvent secrète - engendrée par le traumatisme de l'avortement.
En quelques heures, la pétition a recueilli plus de 7900 signatures en ligne.
En effet, le ministère français de la Santé, après la remise du rapport de l'Inspection générale des Affaires Sociales, sur l'interruption volontaire de grossesse et la « prévention des grossesses non désirées », et sous la pression du « Mouvement Français pour le Planning familial » annonce au contraire « encore plus de moyens pour l'avortement », déplore l'ADV.
« En France, fait observer l'ADV, le taux de recours à l'avortement est deux fois supérieur à celui de l'Allemagne. Il augmente fortement chez les mineures. Et voilà que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, veut céder aux nouvelles revendications du Mouvement Français pour le Planning familial. Il est temps d'aider les femmes à éviter l'avortement ».
L'Alliance pour les Droits de la Vie préconise en effet la « prévention » de l'avortement et adresse au ministre français de la Santé deux demandes précises.
« Au lieu de surenchérir sur les revendications du Mouvement Français pour le Planning Familial, qui n'ont aucunement fait baisser le nombre d'interruptions volontaires de grossesses en France, l'Alliance propose au gouvernement d'aider les femmes à éviter l'IVG. Elle demande l'instauration d'une véritable politique de prévention qui ose se démarquer des incessantes campagnes d'information qui ont fait la preuve de leur inefficacité en se centrant uniquement sur la contraception ».
Voici le texte de la pétition :
« La situation de l'avortement dans notre pays me bouleverse et je vous demande de toute urgence :
1/ De faire modifier le livret officiel d'information remis aux femmes enceintes en difficulté.
Au lieu de prôner l'IVG comme l'issue évidente de leur grossesse, il doit intégrer :
- le détail des aides permettant aux femmes d'éviter le recours à l'avortement ;
- un avertissement honnête sur les répercussions psychologiques de l'avortement.
2/ De lancer des campagnes gouvernementales pour promouvoir les droits des femmes enceintes, notamment en matière d'emploi et de protection face à toute violence ou pression économique, conjugale ou familiale. »
Pour Caroline Roux, secrétaire générale de l'Alliance pour les Droits de la Vie : « Aucune préconisation n'est faite pour aider les femmes enceintes face à une grossesse imprévue. Pourtant un espace de prévention existe si on sait écouter leur désir profond et leur faire connaître leur droit contre les pressions qui s'exercent sur elles au moment des grossesses surprises. Les femmes sont trop souvent laissées seules face à leur souffrance, c'est ce que nous signifions par l'expression « aux larmes, citoyennes ! ».
28 janvier 2010 : des femmes protestent devant le Conseil régional d’Ile-de-France
Le Conseil pontifical pour la Pastorale de la santé fêtera bientôt ses vingt-cinq ans
La dix-huitième Journée mondiale du malade sera célébrée cette semaine à Rome. Trois journées spéciales seront d’ailleurs organisées du 9 au 11 février, au Vatican, puisque cette journée coïncide avec le 25e anniversaire du Conseil pontifical pour la Pastorale de la santé.
Vendredi dernier, dans la matinée, les grandes lignes de cet événement organisé autour du thème « L’Église au service de l’amour pour ceux qui souffrent » étaient présentées à la presse. Les temps forts ne manqueront pas lors de ces trois jours qui rappellent combien le service des malades reste au cœur de l’œuvre missionnaire de l’Église.
Écoutez le compte rendu d’Olivier Bonnel (Radio Vatican): >>
La doctrine de l’Église n’est pas une somme d’interdits rétrogrades
Benoît XVI a regretté ce vendredi matin que la doctrine de l’Eglise soit trop souvent perçue comme une somme d’interdictions et de positions rétrogrades.
A quelques mois de son voyage au Royaume uni, le Pape recevait les évêques écossais, en visite ad limina. En début de semaine il avait déjà adressé aux évêques d’Angleterre et du pays de Galles un discours mal accueilli, sur place, par les médias.
Dieu veut te parler - Homélie 5° dimanche du Temps Ordinaire C 2010
Pourquoi Jésus est-il venu dans le monde ? Il est venu pour sauver le monde, englué dans le péché, pour payer le prix de nos péchés, et pour réintroduire chaque membre de la famille humaine dans l’amitié avec Dieu.
Ce sont des choses que nous savons, mais qu’il ne faut jamais perdre de vue. Ce qu’il ne faut pas oublier non plus, c’est que Jésus ne veut pas faire tout le travail tout seul. Comme le dit saint Augustin, Dieu nous a créés sans nous, mais il ne veut pas nous sauver sans nous. En d’autres mots, il veut accomplir l’œuvre de notre salut avec notre coopération. Chacun de nous, dès l’instant où nous avons été baptisés, a été appelé par Dieu pour être co-missionnaires avec Jésus.
Voilà pourquoi, dans la première lecture, le prophète Isaïe entend Dieu lui poser la question :
« Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? »
Dieu veut que nous participions à sa mission de salut. Il nous offre l’occasion de nous unir à lui pour construire le Royaume éternel. Tout ce que nous avons à faire, c’est de dire, avec Isaïe :
« Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »
Nous trouvons le même message dans la rencontre de Jésus avec ses Apôtres dans l’évangile de ce dimanche. D’abord, Jésus demande à Pierre de lui prêter son bateau, pour avoir un meilleur podium pour s’adresser à la foule nombreuse. Ce bateau, c’est le gagne-pain de Pierre, c’est sa vie. Jésus veut encore parler aux foules désespérées, découragées, d’aujourd’hui, depuis nos bateaux, par les paroles, les actes et les exemples de notre vie.
Et puis, après la pêche miraculeuse, Jésus invite Pierre à le suivre et à devenir « pêcheur d’hommes », co-missionnaires. La mission du Christ est de sauver le monde, mais il n’est pas comme Lucky Luke ("a lonesome cowboy" – un cowboy solitaire). Il a voulu s’associer une armée de volontaires, de co-missionnaires : Pierre, Jacques, Jean … et chacun de nous.
C’est une des raisons pour lesquelles nous disons dans le Credo que l’Eglise est "apostolique"...
Dieu veut te parler - Lectures 5° dimanche du Temps Ordinaire C
1ère lecture : Révélation du Dieu saint et vocation d'Isaïe (Is 6, 1-2a.3-8)
Lecture du livre d'Isaïe
L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l'un à l'autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers. Toute la terre est remplie de sa gloire. » Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l'univers ! » L'un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu'il avait pris avec des pinces sur l'autel. Il l'approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » J'entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »
A l'approche du Super Bowl, le 7 février 2010, le jeune Tim Tebow, 23 ans et déjà star du football universitaire aux Etats-Unis n'en finit pas de faire parler de lui outre Atlantique. Il se trouve en effet au centre d'un affrontement entre les partisans de la défense de la vie ("Pro Life") et ceux qui plébiscitent l'avortement ("Pro Choice").
A l'occasion de l'évènement sportif américain le plus attendu de l'année, Tim Tebow (photo) a relancé une fois de plus le débat public sur l'avortement aux Etats-Unis, "une des questions les plus sensibles de la société américaine".
Le débat s'est focalisé autour d'un spot publicitaire intitulé "Célébrer la famille, célébrer la vie" qui passera à la télévision lors de la retransmission de la finale de football : le jeune champion y apparaîtra en compagnie de sa mère Pam qui témoigne qu'il n'aurait jamais vu le jour si elle "avait écouté les médecins qui l'encourageaient à subir un avortement alors qu'elle était tombée gravement malade pendant une mission aux Philippines".
Ce spot, financé par l'association évangélique "Focus on the Family" a déclenché la colère des groupes partisans de l'avortement qui y voient "l'utilisation de l'histoire d'une famille pour faire la morale aux ménages américains et encourager les jeunes femmes à se détourner de l'avis médical et à mettre leur vie en danger".
Ces groupes "Pro Choice" veulent censurer le spot mais leur demande a été rejetée au nom du droit à la libre expression, très cher aux américains, qu'a rappelé le New York Times, notant que "celles et ceux qui défendent le droit de choisir devraient aussi se soucier de la liberté des femmes comme Pam Tebow de faire leurs propres choix".
Le père de Tim Tebow, pasteur évangélique, a lui aussi témoigné des circonstances difficiles qui ont entouré la grossesse de son épouse et la naissance de son fils Tim, cinquième enfant de la famille, dans Le journal Sports Illustrated.
En France, le journaliste Eric Zemmour (photo) a suscité des réactions après sa chronique "Z comme Zemmour" sur RTL dans la matinale de Vincent Parizot, le 3 février 2010, où il s'est exprimé au sujet du rapport de l'IGAS sur l'IVG et la contraception.
Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste français (PCF) a depuis mis le chroniqueur "au 'défi de débattre publiquement' de la question de l'IVG, après que celui-ci 'ait tenu des propos sexistes inadmissibles' le matin même" qu'elle considère "à la limite de l'insulte" envers les femmes et les féministes. Elle dit se permettre "de lui demander réparation". "Je le mets au défi de débattre publiquement avec moi de cette question à la même heure sur la même antenne" a-t-elle déclaré.
Ringo Starr, le batteur du groupe légendaire des Beatles, raconte dans une interview avec le 'Los Angeles Times' qu'il a découvert Dieu dans sa vie après des décennies de recherche.
"Ca se voit aussi dans mon nouveau CD 'Y Not' "
Ringo Starr et les autres Beatles causèrent un scandale dans les années 1960 parce qu'ils flirtaient publiquement avec les religions orientales. Le groupe avait eu en 1966 au Pays de Galles une rencontre avec le gourou Maharashi Mahesh Yogi et en 1967 ils sont allés en Inde du Nord pour mieux y apprendre à connaître les religions orientales. En 1966 John Lennon avait irrité pas mal de chrétiens en disant que les Beatles étaient plus populaires que Jésus.
Cette semaine, Ringo Starr a dit au 'Los Angeles Times':
"Je pense que suis en recherche depuis les années 1960. Grâce à Dieu j'ai retrouvé le chemin."
Publication du message de Benoît XVI pour le Carême 2010 : un appel à la justice de Dieu
Moment fort de l’année liturgique, le Carême qui s’ouvrira le 17 février prochain, mercredi des cendres, culminera pendant les fêtes de Pâques, cœur de la foi chrétienne.
Temps de conversion, à travers la pénitence et le partage, le Carême a pour thème cette année un passage de l’Épître aux Romains : « La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ » (Rm 3, 21-22).
Le traditionnel message de Carême de Benoît XVI publié en 7 langues (allemand, anglais, espagnol, français, italien, polonais, portugais), a été rendu public ce jeudi. Olivier Bonnel assistait à la présentation du message: >>
Un invité de marque était présent, ce jeudi matin, au Bureau de presse du Saint-Siège, Hans Gert Pöttering, (photo) ancien président du parlement européen. Cette figure de la démocratie chrétienne-allemande préside aujourd’hui le PPE, le Parti Populaire Européen, premier groupe de parlementaires de l’Union. Il a salué le message du Pape et rappelé l’importance de la voix de l’Église dans les débats politiques européens d’aujourd’hui: >>
Propos recueillis par Olivier Bonnel (Radio Vatican).
Chine: La trompette de Zen et la cloche de Bertone
Chine. La trompette de Zen et la cloche de Bertone
Deux points de vue s’opposent en ce qui concerne l'avenir de l'Eglise catholique chinoise, celui du cardinal de Hong-Kong et celui de la diplomatie vaticane. Un dossier du mensuel "30 Giorni" donne la parole à la seconde. Avec une interview d'un intellectuel proche du gouvernement de Pékin
par Sandro Magister
ROME, le 4 février 2010 – Le cardinal Joseph Zen Zekiun, évêque émérite de Hong-Kong et stratège passionné de l’Église catholique en Chine, n’a jamais ménagé ses critiques contre la diplomatie vaticane, qu’il trouve trop accommodante vis-à-vis du régime communiste de Pékin, ni aux prêtres et évêques qui lui paraissent trop soumis.
La dernière polémique – relatée par www.chiesa dans un précédent article – a porté sur l’affaire de l’évêque coadjuteur du diocèse Baoding, Joseph An Shuxin, rendu à la liberté après dix années passées en prison et qui s’est inscrit à l’Association Patriotique gouvernementale, geste que beaucoup ont interprété comme une reddition à l’ennemi.
D’après le cardinal Zen, la faiblesse de l’évêque de Baoding et d’autres comme lui serait encouragée de façon coupable par les autorités vaticanes qui considèrent que la période héroïque de l’Église clandestine est terminée et que ses évêques et ses prêtres devraient tous entrer dans l’Église officielle reconnue par le régime.
Mais en est-il vraiment ainsi ? Selon les autorités vaticanes, non : la situation n’est pas du tout celle que décrivent le cardinal Zen et l'agence "Asia News" dirigée par le père Bernardo Cervellera, de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères.
***
La diplomatie vaticane ne s’exprime pas directement mais, pour connaître ses prises de position, il suffit de lire la revue qui reflète le mieux sa pensée : le mensuel international en six langues "30 Giorni", édité à Rome et dirigé par le vieux sénateur Giulio Andreotti, plusieurs fois président du conseil et ministre des Affaires étrangères de la république italienne, de tout temps très introduit à la curie.
Dans son dernier numéro, "30 Giorni" consacre un dossier à l’Église chinoise. Mais ce n’est pas tout. Il annonce aussi la diffusion en Chine, à un grand nombre d’exemplaires, d’un livret de prières intitulé "Qui prie est sauvé" (voir photo ci-dessus), traduit pour la première fois en mandarin et préfacé par l’évêque de Shanghai, Aloysius Jin Luxian, celui des évêques reconnus à la fois par le régime et par l’Église de Rome qui fait le plus autorité (et par le cardinal Joseph Ratzinger? ndlr).
Pour le moment, le nouveau numéro de "30 Giorni" n’a été publié qu’en italien. Mais bientôt il sortira aussi en anglais, français, espagnol, portugais et allemand, avec la possibilité pour tous de lire intégralement le dossier.
Celui-ci comprend une grande enquête de Gianni Valente qui reconstitue l’affaire de l’évêque de Baoding, avec des détails qui démentent la "trahison" de ce dernier et prouvent sa rectitude. Mais il fournit aussi deux documents d’un grand intérêt, qui appuient cette reconstitution des faits.
Le premier document est une lettre du 29 juin 2008, écrite par le cardinal Ivan Dias, préfet de la congrégation vaticane Propaganda Fide, aux prêtres, aux religieux et aux fidèles du diocèse de Baoding.
Dans cette lettre, le cardinal Dias – dont dépendent formellement les diocèses de Chine – défend pleinement les choix faits par l’évêque An Shuxin après sa sortie de prison et il enjoint au clergé et aux fidèles de faire preuve envers lui de respect et d’obéissance :
"Tout le monde doit savoir que l’estimé évêque jouit de la faveur et de la confiance totale du Saint-Siège. Personne ne peut donc se permettre de suspecter sa sincérité ou de s’opposer à son autorité, en diffusant des jugements inconsidérés qui troublent les fidèles. Non seulement cela réjouit beaucoup les ennemis de l’Église, mais c’est un grave manque de charité devant Dieu et devant l’Église ".
Le second document, datant de novembre dernier, est un long interrogatoire de l’évêque An Shuxin par un prêtre chinois en désaccord avec lui, diffusé par un site web lié à des groupes de l’Église catholique clandestine : www.ccccn.org.
La traduction intégrale du texte chinois de l'interrogatoire sera bientôt disponible sur le site web de "30 Giorni".
Le dossier de la revue comporte de graves critiques contre le cardinal Zen, accusé de se présenter abusivement comme le seul interprète véridique de la lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques chinois en 2007, c’est-à-dire du document essentiel pour l’Église catholique de Chine.
Il défend également avec vigueur le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’état et donc chef de la diplomatie du Vatican.
Curieusement, Bertone et Zen sont salésiens l’un et l’autre mais se disputent même lors des réunions confidentielles de la commission créée par le Vatican pour suivre la mise en œuvre de la lettre-programme de Benoît XVI en Chine, commission dont ils font partie tous les deux.
On trouvera ci-dessous le texte intégral d’une autre pièce majeure du dossier di "30 Giorni" : l'interview accordée à Gianni Valente par le professeur Ren Yanli. Celui-ci, membre de l’académie chinoise des sciences sociales et de l’institut de recherches sur les religions mondiales, suit depuis des décennies la vie de l’Église catholique chinoise et les rapports entre la Chine et le Vatican.
Ren Yanli exprime le côté "soft" des positions des autorités chinoises en ce qui concerne l’Église catholique.
Mais, bien sûr, d’autres expriment le côté "hard". La Chine aussi a ses Bertone et ses Zen.
Hu Jintao et le pape. Cette audience manquée de peu
Interview de Ren Yanli
Q. – Professeur Ren Yanli, des opinions contradictoires circulent à propos de la situation de l’Église catholique chinoise...
R. – Les catholiques chinois sont des catholiques comme tous les autres. Ils ont la même foi, lisent la même Bible, vont librement à l’église pour la messe, pour prier et recevoir les sacrements. Ils aiment leur patrie, comme les autres catholiques, et ils veulent participer à la vie et à la modernisation de la Chine.
Q. – D’où viennent donc les problèmes ?
R. – Il y a eu un temps où, pour différentes raisons, il ne semblait pas possible d’aimer en même temps la patrie et l’Église. Quand la République Populaire de Chine est née, le Vatican était considéré comme un ennemi politique de la nouvelle Chine communiste. Ainsi, à la fin des années Cinquante, au plus fort du mouvement anti-impérialiste qui dominait alors la politique chinoise, les relations avec le Saint-Siège ont été rompues et l’Église chinoise a été poussée vers la ligne politique de l’indépendance et de la nomination autonome des évêques. Mais déjà alors, ceux qui, par patriotisme ou seulement en paroles, avaient adhéré à cette ligne ont fini par perdre leur tranquillité spirituelle. Ils semblaient profondément partagés. Comment une Église qui n’a pas de lien avec le siège apostolique peut-elle être catholique ? Et en effet, après la malheureuse période de la Révolution Culturelle, le souci principal des catholiques chinois, lors de la réouverture de la Chine réalisée par Deng Xiaoping, a été de rétablir, dans les temps et selon les modalités qui leur étaient possibles, les relations avec le Saint-Siège, le pape et l’Église catholique universelle.
Q. – Un désir qui a trouvé pour se réaliser des voies diverses.
R. – Certains ont serré les rangs autour des évêques ordonnés clandestinement qui étaient en communion avec le pape et qui refusaient tout rapport avec le pouvoir politique et tout contrôle de sa part. Mais les évêques qui avaient été ordonnés sans le consentement du siège apostolique ont commencé eux aussi à prendre cette voie et ont demandé à être reconnus et légitimés par le pape. Eux aussi, de fait, se sont détachés de la perspective de l’indépendance. Cela a été un phénomène général et on doit le considérer dans sa globalité.
Q. – Comment expliquez-vous ce phénomène ? Quelles en sont les causes profondes ?
R. – Il est de plus en plus clair pour moi que le facteur décisif a été la foi des catholiques chinois elle-même, qu’il s’agisse des laïcs ou du clergé. Aujourd’hui les prêtres ne sont pas disposés à devenir évêques si leur nomination ne vient pas du pape et si le mandat apostolique manque. Beaucoup de nouveaux évêques ont voulu, au début et à la fin de leur consécration, montrer en public la lettre de nomination reçue du pape, ne serait-ce que parce qu’ils savent très bien que les fidèles n’écouteront jamais des pasteurs élus et consacrés de façon autonome, sans le consentement du pape. Les derniers évêques nommés sans mandat pontifical restent isolés et personne ne veut recevoir l’eucharistie de leurs mains pendant la messe. Bref, s’il est vrai que certains ont eu par le passé quelque tentation de faire carrière dans une Église indépendante, la foi du peuple a aidé tout le monde à rendre irréalisable ce projet d’indépendance. Et cela a aidé le gouvernement à réorienter sa ligne d’action.
Q. – Où voyez-vous cette réorientation ? Il y a des gens qui disent que la position du pouvoir chinois reste rigoureusement la même.
R. – Le gouvernement a compris que, s’il veut que les évêques soient des pasteurs estimés et suivis par les fidèles et qu’ils ne soient pas perçus comme des fonctionnaires isolés et imposés de l’extérieur, il doit admettre - ce qu’il fait maintenant - que la nomination venant du pape et la pleine communion avec lui sont des éléments absolument indispensables. Cela veut dire que, dans les faits, l’idée d’imposer à l’Église une indépendance qui serait une séparation du pape et de l’Église universelle a été abandonnée. Le processus qui mène à une affirmation de plus en plus explicite de la communion des évêques chinois avec le pape – et de tout ce que cela comporte – est irréversible. Sur cette voie il ne pourra y avoir de retour en arrière.
Q. – Comment voyez-vous la phase récente des rapports entre la Chine et le Vatican ?
R. – Selon moi, continuer à parler de dégel n’a pas de sens parce que la glace est brisée depuis longtemps : il y a des années que les deux parties ont commencé à avoir des contacts directs. Mais il reste entre elles un climat d’agression-riposte : chaque fois qu’une partie considère les initiatives de l’autre comme des tentatives unilatérales pour se débarrasser d’elle, elle répond par des actions qui peuvent être interprétées comme des contre-attaques.
Q. – Un exemple ?
R. – Partons de 2005. Tous les évêques ordonnés cette année-là avaient déjà en poche, avant leur consécration, la nomination du pape. Cette année-là s’est entièrement déroulée dans la paix. En 2006, l’évêque de Hong-Kong, Joseph Zen, a été créé cardinal : aussitôt, en avril et en novembre, l’élection d’évêques sans mandat pontifical a recommencé en Chine. Un nouvel échange de déclarations sévères s’est alors ouvert entre le gouvernement chinois et la curie romaine. Mais en janvier 2007, quand la nouvelle que Benoît XVI allait envoyer une lettre pastorale à l’Église de Chine s’est répandue, les consécrations d’évêques non autorisés par Rome ont cessé. Cette année-là, le nouvel évêque de Pékin a été élu avec le consentement du pape. Mais ensuite le cinquantième anniversaire de l’Association Patriotique et des premières nominations épiscopales sans mandat pontifical qui avaient eu lieu en 1958, a été célébré en grande pompe en Chine. Au cours des cérémonies, les dirigeants politiques ont rappelé la ligne indépendantiste à laquelle doit se tenir l’Église chinoise.
Q. – Bref, un signal de raidissement, un énième retour en arrière.
R. – Dans ce contexte, le Saint-Siège a publié le "Compendium" de la Lettre écrite par Benoît XVI en 2007. Dans un appendice de ce nouveau document, il est indiqué que le Saint-Siège pourra, si c’est nécessaire, concéder de nouveau aux évêques chinois la faculté de consacrer d’autres évêques en demandant l’approbation pontificale dans un second temps. Concrètement, on avertit que les facultés spéciales qui avaient été révoquées par la lettre du Pape pourront être à nouveau attribuées aux communautés clandestines.
Q. – Quelles ont été les réactions du côté chinois ?
R. – On pouvait craindre le début d’une nouvelle phase de conflits. Mais ensuite, quand [en 2009] Hu Jintao est venu en Italie pour participer au G8, le pape lui a fait savoir qu’il serait heureux de le recevoir au Vatican. La rencontre n’a pas pu avoir lieu mais l’invitation du Pape a été appréciée.
Q. – Et maintenant ? Que se passe-t-il ?
R. – Le huitième congrès des catholiques chinois aurait dû se tenir ces derniers mois. Il s’agit de l’assemblée des délégués des diocèses enregistrés auprès de l’administration d’État des affaires religieuses, qui a aussi pour tâche de distribuer les charges à la tête des organismes officiels de l’Église de Chine, comme l’Association Patriotique et le collège des évêques, charges restées vacantes depuis que les évêques qui les occupaient sont morts. Mais les autorités politiques ont décidé de renvoyer le congrès à 2010.
Q. – Comment interprétez-vous ce renvoi ?
R. – Il est possible que l’on ne souhaite pas forcer la main. On a compris à Pékin que les chefs des organismes officiels doivent, pour être vraiment reconnus et respectés, être des évêques en communion avec le pape. Et les évêques légitimes, qui sont déjà un peu réticents, auraient du mal à assumer leur charge s’il y avait une opposition explicite du Saint-Siège. Il faut du temps pour organiser les choses de manière à ce que le choix tombe sur l’homme qui convient et que tout se passe bien. Les hommes politiques chinois d’aujourd’hui sont pragmatiques et tendent à résoudre les problèmes un par un. Sans changements de cap ostentatoires. Cela dit, ma crainte est que, si l’on ne commence pas par résoudre certains problèmes de fond, d’exténuantes phases d’un conflit désormais dépassé ne s’ouvrent à nouveau, ce qui nuirait à tout le monde.
Q. – Que faudrait-il faire en ce moment pour interrompre cette spirale d’actions-réactions que vous avez décrite ?
R. – Le Saint-Siège ferait bien, en ce qui le concerne, de tenir compte de l’Église chinoise et de l’impliquer dans les problèmes actuels : comme je l’ai dit, pendant tout ce temps, la fidélité des catholiques chinois à la foi des apôtres a été le facteur décisif, entre autres dans l’évolution des rapports avec les dirigeants politiques du pays.
Q. – Et qu’attendez-vous des leaders politiques chinois ?
R. – En mai dernier, une personnalité chinoise anonyme mais influente a signalé dans un journal de Hong-Kong que les autorités de Pékin pourraient proposer une révision des catégories d’autonomie, d’indépendance et d’autogouvernement telles qu’elles sont appliquées à l’Église locale. Ce sujet est déjà traité depuis quelque temps dans des séminaires d’étude réservés aux responsables politiques. La question est de savoir comment trouver une nouvelle définition de l’indépendance qui distingue l’aspect ecclésial et celui de la foi de l’aspect politique. Le concept d’indépendance ne peut plus être appliqué aux aspects de la vie de l’Église qui concernent la foi et ne doit être considéré que dans sa perspective politique.
Q. – Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Pouvez-vous donner un exemple concret ?
R. – Le gouvernement veut avoir la garantie que l’Église ne se comporte pas comme un corps politique ; que les évêques chinois sont indépendants d’éventuelles orientations politiques et géopolitiques de la curie romaine. Pratiquement, on veut éviter qu’un évêque ou un nonce puisse attaquer la politique du gouvernement. C’est pourquoi il y a à Pékin des gens qui s’obstinent à vouloir maintenir un certain contrôle sur la nomination des évêques.
L'édition italienne de la revue qui a publié le dossier, avec les liens vers les éditions en d’autres langues
Le 12 octobre dernier, les moines de Solesmes ont entamé les premières célébrations d’une longue série pour fêter le millénaire de leur abbaye. Jusqu’en octobre 2010, diverses manifestions et journées seront consacrées à cet anniversaire.
Le Pape a, par ailleurs, accordé une indulgence plénière, aux conditions habituelles, pour tous les pèlerins qui se rendront à l’abbatiale durant cette période.
Le père Thierry Barbeau (photo, à gauche), prieur de l’abbaye et maître des novices nous présente l’abbaye de Solesmes et le charisme de ses moines: >>
Un gros plan réalisé par Cyrielle Flosi (Radio Vatican).
Pour célébrer le millénaire de l'abbaye de Solesmes, les éditions Solesmes ont publié Mille ans d'histoire à l'abbaye de Solesmes. Rédigé par le père Thierry Barbeau, moine de Solesmes et historien, ce livre est le premier élément d'un ensemble de parutions destinées à célébrer le millénaire du monastère fondé en 1010 par Geoffroy de Sablé. Il présente une communauté vivante, connue pour le chant grégorien, mais qui est aussi le berceau d'une famille bénédictine répandue aujourd'hui à travers le monde. La riche iconographie rassemblée, plus de 200 photos, permet de découvrir le cadre architectural et artistique dans lequel vivent les moines.
Mille ans d'histoire à l'abbaye de Solesmes par le père Thierry Barbeau, coédition ITF et Editions de Solesmes, 20 €. Le livre est disponible sur le site www.solesmes.com.
Une Église présente lors de la coupe du monde de football en Afrique du Sud
En Afrique du Sud, l’Église catholique n’a pas l’intention de se tenir en retrait de l’événement qui va marquer pendant un mois la vie nationale : la coupe du monde de football qui se jouera pour la première fois en Afrique du Sud du 11 juin au 11 juillet.
Le monde a besoin de rassembler les peuples et les nations, les langues et les religions, les cultures et les ethnies – soulignent les évêques dans un communiqué – et l’Église entend y contribuer à sa manière.
Écoutez le compte rendu de Xavier Sartre (Radio Vatican): >>
Haïti, défendre l'espérance chrétienne face aux faux prophètes. Témoignage
En Haïti, près de trois semaines après le séisme, des centaines de milliers de personnes vivent toujours dans des camps de tentes. Les organisations humanitaires, nationales et internationales, interviennent quotidiennement pour distribuer des soins et de la nourriture, mais certaines organisations inspirent aussi le doute.
La police haïtienne a arrêté ce week-end près de la frontière dominicaine 10 Américains accompagnés de 33 enfants d’origine haïtienne. Ils sont soupçonnés de vol et de trafic d’enfants. Au même moment, l’Unesco met en garde contre les pillages de biens culturels. Des problèmes qui s’ajoutent au désarroi déjà immense d’une population privée de l’essentiel et en partie livrée à elle-même.
Ecoutez le témoignage du père Denis Veilleux, (photo) directeur de Radio Galilée, radio chrétienne du Québec . Il vient tout juste de rentrer d’Haïti: >>
APPEL AU DON
L’ensemble des radios chrétiennes de France, associées au Secours Catholique et à l’Aide à l’Église en Détresse, se sont mobilisées pour reconstruire Radio Soleil, la radio catholique de Port-au-Prince, totalement anéantie par le séisme. Pour lui permettre d’émettre à nouveau ses émissions très écoutées, les radios chrétiennes en France lancent un appel à la générosité. Vous pouvez envoyez vos chèques à :
Secours Catholique BP 455 75 327 Paris Cedex 7
en indiquant la mention Haïti Radio Soleil. Vous pouvez égalementfaire un don en ligne sécurisé sur le site du Secours catholique : http://www.secours-catholique.org.
Audience générale : l’étude et la prière de saint Dominique pour le succès de la mission évangélisatrice
C’est à saint Dominique que Benoît XVI a consacré sa catéchèse lors de l’audience générale qui s’est tenue, ce mercredi, dans la salle Paul VI au Vatican.
« Ce grand saint – a-t-il dit – nous rappelle qu’un feu missionnaire doit toujours brûler dans le cœur de l’Église ; un feu qui pousse sans cesse à porter la première annonce de l’Évangile et, là où cela est nécessaire, à une nouvelle évangélisation : le Christ est le bien le plus précieux que les hommes et les femmes, en tous temps et en tous lieux, ont le droit de connaître et d’aimer ! Et il est consolant de voir, dans l’Église d’aujourd’hui, combien sont nombreux les pasteurs, les fidèles laïcs, les membres d’antiques ordres religieux et de nouveaux mouvements ecclésiaux, qui consacrent avec joie leur vie à cet idéal suprême : annoncer et témoigner l’Évangile! ».
Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>
Résumé de la catéchèse en langue française
Chers frères et sœurs,
Contemporain de saint François, saint Dominique a apporté lui aussi un renouveau fondamental à l’Église de son temps en fondant l’Ordre des Prêcheurs ou Dominicains. Né en Espagne, Dominique Guzman se distingua très tôt par son intérêt pour l’étude de l’Écriture Sainte. Devenu prêtre, il fut remarqué pour ses qualités spirituelles et il reçut avec détachement les charges confiées comme un service à rendre avec dévouement et humilité. Il lutta contre l’hérésie albigeoise répandue dans le Sud de la France, par le témoignage de sa vie pauvre et austère, par l’annonce de l’Évangile et les débats publics. Avec ses frères mendiants, il mit l’accent sur la vie commune dans la pauvreté, sur l’étude et sur la prière pour le succès de la mission évangélisatrice. Parler toujours avec Dieu et de Dieu : voilà son idéal ! Une joie profonde naît de la contemplation de la beauté de la vérité qui vient de Dieu, toujours actuelle et vivante. Ceux qui annoncent la Parole de Dieu doivent être bien préparés. En cette année sacerdotale, j’invite les prêtres et les séminaristes à estimer, à la suite de saint Dominique, la valeur spirituelle de l’étude des vérités révélées dont dépend la qualité de leur ministère presbytéral.
***
J’accueille avec joie les pèlerins francophones particulièrement les élèves et les professeurs des collèges Fénelon et du Sacré-Cœur, et ceux de l’Institut Saint Dominique, de Rome. Que Notre Dame du Rosaire, patronne le l’Ordre Dominicain, vous aide à découvrir la présence du Christ dans votre vie et à le suivre généreusement chaque jour. Que Dieu vous bénisse !
Pie XII ne pouvait pas parler: le récit d'un témoin
L’Osservatore Romano a pris une nouvelle fois la défense de Pie XII contre ceux qui lui reprochent son silence face à la Shoah.
Le journal du Vatican a publié un article écrit en 1964 par un jésuite italien, le père Paolo Dezza (photo), recteur de l’université pontificale grégorienne, mort il y a une dizaine d’années. 1964, c’est un an après la sortie de la pièce de théâtre « Le Vicaire » qui a déclenché la controverse sur l’attitude de Pie XII.
Dans cet article, le père Dezza raconte un entretien qu’il a eu avec Pie XII en 1942, alors qu’il avait été choisi pour prêcher les exercices spirituels de la Curie romaine. Écoutez Xavier Sartre : il nous lit les extraits les plus significatifs de cet article: >>
Pour le père Dezza, la question de savoir si Pie XII a bien fait de se taire ou s’il aurait mieux fait de parler reste ouverte du point de vue historique. Mais on ne peut avoir aucun doute sur ses motivations : il a véritablement cherché à faire ce qu’il y avait de mieux pour ne pas aggraver la situation.
Les personnes consacrées, symbole de gratuité et d'amour
Tous les ans, depuis 1997, à l’initiative de Jean-Paul II, l’Église est invitée le 2 février à prier pour les personnes consacrées. À Rome, le Pape a opté cette année pour la célébration des Vêpres, en la basilique Saint-Pierre, suivie de l’adoration et de la bénédiction eucharistique en présence d’une foule de religieux et de personnes consacrées. Ce choix a été fait pour laisser plus d’espace à la prière et au recueillement.
Le 2 février l’Église rencontre dans la foi, la lumière des hommes – a relevé Benoît XVI dans son homélie avant de rendre grâce à Dieu pour la vie consacrée, signe de la recherche réciproque entre Dieu et l’homme.
La fête de la présentation de Jésus au temple, appelée également fête des lumières, ou chandeleur, marquée notamment par le symbole de la cire, des bougies portées en procession, conclut les célébrations de la période de Noël et ouvre la voie vers Pâques. Le récit évangélique de cette fête met l’accent sur l’obéissance, la pauvreté et la virginité qui caractérisent les diverses formes de vie consacrée. D’où le choix de cette date pour rendre grâce et mieux connaître les consacrés.
Pour le Pape, la vie consacrée est aujourd’hui encore, une école privilégiée de componction du cœur, une école d’humilité mais dans le même temps, de confiance en Dieu. Témoins de la miséricorde divine, les consacrés – a dit Benoît XVI, au cours de la célébration des Vêpres, ce 2 février, peuvent servir de pont entre Dieu et les personnes qu’ils rencontrent ; ils sont un signe de gratuité et d’amour dans une société qui risque de se laisser emporter par le tourbillon de l’utile et de l’éphémère.
Benoît XVI a salué en particulier les personnes consacrées qui souffrent car elles manquent de satisfactions personnelles, celles qui sont âgées, malades, ou qui connaissent des difficultés dans leur apostolat. Aucune de ces personnes consacrées n’est inutile, a-t-il dit, toutes constituent un don précieux pour l’Église et pour le monde, assoiffé de Dieu et de sa parole.
Thaïlande: 'Dharma, compassion et agape dans le monde' - 4° symposium christiano-bouddhiste
ASIE/THAÏLANDE - “Compassion et agape dans le monde” : le 4° symposium christiano-bouddhiste
Bangkok (Agence Fides) – Le chemin du dialogue interreligieux et de l’amitié entre bouddhistes et chrétiens en Thaïlande avance pas à pas : du 1er au 5 février aura lieu à Chiang Mai, en Thaïlande, le 4e symposium christiano-bouddhiste, célébré “dans un esprit d’unité et de fraternité universelle”, grâce à l’initiative du mouvement des Focolari, mis en place par Chiara Lubich, sous l’égide de l’université bouddhiste de Chiang Mai et de l’association bouddhiste japonaise “Risso kosei Kai”.
Le sujet principal du symposium est “Dharma, compassion et agape dans le monde contemporain”, qui sera étudié en réfléchissant sur “la réponse des religions aux défis du monde globalisé, en pointant sur les problèmes réels comme la perte des valeurs, la souffrance de nombreux hommes et femmes, la crise financière et la pauvreté”, comme l’affirme une note des organisateurs adressée à Fides.
Comme invités d’honneur, il y aura le Nonce apostolique en Thaïlande, Son Exc. Mgr Salvatore Pennacchio, tandis que Maria Voce, l’actuelle leader des Focolari, tiendra une conférence. Seront aussi présents de nombreux évêques de la Thaïlande et les plus importants leaders bouddhistes. Les participants au symposium proviennent de la Thaïlande, du Japon, des Philippines, des États-Unis, de Grande-Bretagne et d’Italie.
Les travaux seront caractérisés par “le respect mutuel, la compréhension et l’amitié”, déclarent les organisateurs, en affirmant que le symposium sera une étape importante dans le parcours d’approche entre les communautés religieuses bouddhistes et chrétiennes en Thaïlande et dans le monde. (PA)
Chers amis, Permettez-moi de vous signaler la nouvelle édition de sedcontra.fr qui vient d’être mise en ligne, avec trois articles résolument anticonformistes, sur les thèmes mis en avant par l’actualité. Merci à ceux d’entre vous qui s’intéressent aux éclairages de philosophie chrétienne du site des “chercheurs de sens” et les font connaître autour d’eux. Adresse du site : http://sedcontra.fr
EDITORIAL Ce qu’elle nous dit sous sa burqa… “Ma tête est dans un sac, comme celui dont on couvre lors des exécutions publiques le visage des pendus et des fusillés. Il porte la couleur du deuil et descend jusqu’aux pieds. Vous me croyez dans un cercueil, mais c’est le vôtre que je promène ainsi sous vos yeux. Oui, c’est vous – et non moi-même – que ma tenue veut juger ![…]
MOT DU JOUR “Démocratie” Etymologiquement : pouvoir du peuple. Dans cette conception idéelle, c’est chose tellement rare et fragile que ses seules formes capables de résister – un temps – aux ambitions individuelles et au droit du plus fort ne dépassent pas le cadre municipal. […]
HOMOSEXUALITÉ, PÉDOPHILIE, VIOL SUR MINEUR : Retour aux sources d’un amalgame obligé L’introduction désormais officielle et généralisée des propagandes honosexuelles en milieu scolaire réveille la question du lien souvent caché par les statistiques entre toutes les formes de déviance sexuelle et la sécurité des personnes, notamment des enfants. […]
France: Lancement de l'1visible, premier mensuel catholique gratuit
FRANCE : LANCEMENT DE L’1VISIBLE, PREMIER MENSUEL CATHOLIQUE GRATUIT
Une initiative audacieuse
ROME, Lundi 1er Février 2010 (ZENIT.org) - « Rendre visible l'invisible » : voilà l'objectif du lancement du premier mensuel catholique gratuit en France. IntituléL'1visible, son premier numéro (février 2010) a été tiré à 200 000 exemplaires.
Visant à faire découvrir l'univers du christianisme (la foi, l'Eglise, la culture),L'1visiblesera disponible dans des lieux de passage pour toucher le maximum de personnes (grandes surfaces, gares, aéroports mais aussi dans la rue, les boîtes aux lettres et dans les paroisses).
Cette initiative audacieuse a été lancée par Jean-Baptiste Fourtané, directeur marketing et commercial dans la presse depuis 11 ans, fondateur du Festival de Pâques à Chartres et par Hubert de Torcy, directeur des Editions de l'Emmanuel et ancien rédacteur-en-chef d'Il est vivant !.
« Dans un monde qui arrive au bout de sa logique matérialiste », ne faut-il pas « laisser les questions spirituelles s'inviter dans l'espace public, d'une façon simple et décomplexée ? », se demande Jean-Baptiste Fourtané.
« Le spirituel fait partie de la vie. Il a sa place au-delà de la sphère privée », ajoute Jean-Baptiste Fourtané. Le but de ce nouveau mensuel est donc de « donner aux Français une information résolument porteuse d'espérance en redonnant une place aux valeurs spirituelles dans un monde en quête de sens ».
« Ce nouveau mensuel gratuit ne se veut pas un énième magazine portant un regard chrétien sur l'actualité », précise Jean-Baptiste Fourtané, président deL'1visible. « Nous ne cherchons pas non plus le scoop ni le scandale mais simplement à donner à nos lecteurs des raisons d'espérer et de vivre dans le monde d'aujourd'hui ». Son contenu « révèle à tous une image de la foi catholique généreuse et dynamique à travers une information positive ».
Au cœur de ses 24 pages d'informations nationales, 3 sont issues d'un partenariat avec des titres de références de la presse chrétienne : Le magazineLa Vie, hebdomadaire chrétien d'actualité, traitera à chaque numéro les questions portant sur la famille.Magnificat, mensuel de prière, abordera avec pédagogie et simplicité les rites, les fêtes et les sacrements qui font la vie de l'Eglise. EnfinIl est Vivant !, mensuel pour la mission (édité par la Communauté de l'Emmanuel), proposera des témoignages d'itinéraires de conversion.
L'1visible, c'est aussi des pages ‘actualité' (Haïti, Taizé), ‘société' (Dieu, un sujet tabou), ‘psychologie' (pour sortir de la jalousie, cultiver l'estime de soi) ou encore un carnet de voyage (Col du Grand-Saint-Bernard) et le témoignage d'une personnalité connue du grand public (Michael Lonsdale), etc.
Avec son cahier central de 4 pages d'actualités locales,L'1visibledevient aussi le rendez-vous catholique de proximité incontournable et cherche à se faire l'écho de tout ce qui se passe au plus près de ses lecteurs.
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