08.11.2006

 SUFFIT-IL D'AIMER?

Ce 7 novembre Benoît XVI a repris le fil de la visite ad limina des évêques suisses qui avait dû être interrompue en 2005 par l'hospitalisation de Jean-Paul II.

Dans son discours final, il y a un passage important qui pourra éclairer non seulement les catholiques suisses, mais aussi ceux d'une grande partie de toute l'Europe occidentale:

 

"L'Église dans votre pays fait face à des défis liés à la situation culturelle et pastorale qui est en grande partie celle de toute l'Europe occidentale. Le progrès de la sécularisation et du relativisme entraîne non seulement une diminution de la fréquentation des sacrements, surtout de la participation à la Messe dominicale, mais aussi une mise en question des valeurs morales proposées par l'Église." 

Avant d'aller plus loin, pensons à l'Evangile de dimanche dernier au sujet du commandement de l'amour...

"Je pense en particulier à la crise profonde de l'institution du mariage et de la famille, et au nombre croissant de divorces, aux nombreux avortements, à la possibilité d'unions entre personnes de même sexe: tout cela constitue un signe évident de déchristianisation. Beaucoup de nos contemporains vivent comme si Dieu n'existait pas. Dans une telle société, on a plus que jamais besoin de votre voix d'évêques. Vous êtes appelés à faire entendre la Parole de Dieu et le message chrétien, qui aident à comprendre l'homme et le sens de son existence, prenant soin qu'il y ait entre vous, dans les prises de position nécessaires sur les questions théologiques et morales, unité et unanimité."

L'amour de Dieu et du prochain est placé par Jésus au sommet de la hiérarchie des valeurs morales. Cela ne veut dire en aucun cas qu' "il suffit d'aimer", au sens où l'amour dispenserait de toutes les autres vertus. De même qu'en matière de dogme, le mystère de la Sainte Trinité, qui se trouve au sommet de la hiérachie des vérités de la foi, n'exclut pas les autres mystères, mais, au contraire, les entraîne, de même l'amour bien compris n'exclut pas mais nécessite et favorise au contraire les autres vertus. Lisons maintenant la suite du discours de Benoît XVI:

"Même parmi les catholiques pratiquants, on note un affaiblissement de la foi. C'est pour vous une expérience douloureuse de voir des fidèles, et malheureusement dans certains cas des prêtres, mettre en question des points de la doctrine et de la discipline de l'Église. Certains s'arrogent même le droit de choisir, en matière de foi, les enseignements qui, selon eux, seraient admissibles et ceux qui peuvent être refusés. Le devoir fondamental de l'Évêque, Pasteur et Maître de la Foi, est d'inviter les fidèles à accepter pleinement l'enseignement de l'Église. Avec l'aide du Christ, je vous exhorte à annoncer l'Évangile avec courage et sérénité, « à temps et à contretemps » (2 Tm 4, 2)."

Arrêtons avec cette conception faussement angélique et irénique de l'amour qui n'est qu'un alibi pour se dispenser d'assumer pleinement tout ce que demande la condition humaine en ce monde. Un jour, avec la grâce de Dieu, nous serons au Ciel. Alors, oui, mais alors seulement, il suffira d'aimer.

03:21 Écrit par Père Walter dans Homélies 2006 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, vie theologale, societe, morale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

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