26/12/2006

La "magie" de Noël...

enfant-qui-pleure

 

Pendant la messe un petit enfant pleure... Les gens sont dérangés, le curé énervé; les parents, gênés, s'empressent de sortir. Ouf, le calme est revenu. La messe peut continuer...

Combien de fois la scène évoquée ci-dessus a-t-elle eu lieu durant la nuit et la journée de Noël? Les statistiques ne nous le diront pas. Mais il est permis de réfléchir et de se poser des questions. Quelle conception avons-nous de la prière, de la messe, pour que les parents d'un enfant qui pleure pendant un office (à Noël ou en d'autres occasions) se croient obligés de quitter l'église avec lui?

Alors on parle de la "magie de Noël". Qu'est-ce qu'on entend par là? Un truc commercial, dans le style de la publicité pour une certaine boisson gazeuse? ... Ou une histoire sentimentale, style "Roméo et Juliette" ou "West Side Story"? ... Ou quelque chose comme Harry Potter, peut-être?

Evidemment, si la prière se réduit à avoir des "états d'âme", à un artifice psychologique, si on va à la messe pour "se sentir bien" ou pour "apprendre des choses", un chant polyphonique bien exécuté ou un prédicateur éloquent et savant (et d'autant plus rare) seront plus indiqués. Mais alors que fait-on de l'Incarnation? Que fait-on de Noël? Noël, c'est Jésus qui pleure. Et quand Jésus pleure, c'est Dieu qui pleure. Oui, monsieur! Il suffirait de s'en souvenir - y a-t-on seulement songé une fois? - pour que l'enfant qui pleure nous aide à prier, au lieu que nous nous sentions gênés, derangés, énervés, frustrés. Oui, madame!

J'en parlais avec une paroissienne pas plus tard que hier. Je lui disais:

- Autant supprimer les baptêmes de petits enfants, tant qu'on y est! 

Et mon interlocutrice de répondre:

- Ah non, quand-même...

Quand-même! J'aurais pu ajouter: autant dire à Marie et à Joseph d'aller faire un tour avec le petit Jésus. Les bergers et les mages sont incommodés, vous comprenez? Mais avec un petit Jésus en plâtre, ou en résine artificielle, on n'a pas ces problèmes. Dieu soit loué!

Evidemment, difficile de baptiser des petits enfants, alors que ces mêmes enfants se mettent à pleurer, justement au moment où le prêtre leur verse trois fois de l'eau sur la tête. Peut-être s'était-on imaginé qu'au lieu de pleurer, ils se mettraient à sourire "aux anges"? Ce serait tellement plus mignon. On parlerait alors de la "magie du baptême". Hélas non! La magie n'a pas opéré, et on attend quelqu'un qui va nous promettre de nous débarrasser de cette marmaille à coups de karcher...

Pour parler à la manière de Péguy, "Moi, ce qui me dérange, dit Dieu, ce ne sont pas les enfants qui pleurent. Ce sont les adultes qui n'ont rien compris. Si seulement ils écoutaient. Quand un enfant pleure, c'est moi qui leur parle."

Pas étonnnant que les hommes soient dérangés!

23:15 Écrit par Père Walter dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liturgie, priere | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | | | Pin it! |

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