31.05.2008

Miracle à Illegio, petit village de montagne - Genèse, Le mystère des origines

Le miracle, c'est une magnifique exposition sur la Genèse, avec des chefs-d'œuvre prêtés par les plus grands musées du monde et un dessin inédit qui pourrait être de Michel-Ange. Dans un petit village des Alpes. Comme un nouveau Mont Thabor


par Sandro Magister



ROMA, le 30 mai 2008 – Il y a un an, l’Apocalypse faisait l’objet d’une exposition. Aujourd’hui, c’est au tour de la Genèse. Ou comment observer la fin et le début du monde à travers le prisme de l’art, grâce à des dizaines de chefs-d’œuvre prêtés par les musées les plus célèbres. Où donc? Là où l’on s’y attend le moins: un petit village du nord de l’Italie de moins de 400 habitants, Illegio, perdu dans les Alpes Carniques, près de la frontière autrichienne.

"Patmos aussi était un tout petit village, pourtant c’est là que saint Jean a eu ses grandes visions",
glisse le père Alessio Geretti, vicaire de la paroisse et spécialiste de l’art, qui est à l’origine de cette entreprise incroyable.

En 2007, l’exposition "Apocalypse, la dernière révélation" a attiré à Illegio 130 000 visiteurs venant d’une bonne partie de l’Europe. Le succès a été tel – même auprès de la critique – que le Vatican a demandé que l’exposition soit transférée à Rome. C’est le Salon Sixte V qui lui a servi d’écrin.

L’année précédente, une autre exposition avait été transférée – toujours depuis Illegio – vers la Belgique. Accueillie par les Musées Royaux de Bruxelles, elle était consacrée à saint Martin de Tours.

Désormais, les plus grands musées du monde ont inscrit dans leur carnet d’adresses le Comitato di San Floriano, l’association organisatrice, nommée ainsi en l’honneur du saint patron de ce village aujourd’hui célèbre.
 
 
Manifattura Renomosana - Reliquiario di Sant'Eleuterio

L’exposition de cette année est intitulée "Genèse. Le mystère des origines". Elle a été inaugurée le 11 mai et restera ouverte jusqu’au 5 octobre. La présentation de l’exposition a eu lieu à Rome – tant sa renommée est grande aujourd’hui – à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, dans le palais renaissance de la Villa Borromeo. Etaient présents le directeur des Musées du Vatican, Antonio Paolucci, son prédécesseur Francesco Buranelli, l’archevêque Gianfranco Ravasi, ministre de la Culture du Vatican, et le jésuite allemand Heinrich Pfeiffer. Ce dernier a découvert l’une des nouveautés de cette exposition: un dessin inédit attribué à Michel-Ange ou à l’un de ses élèves ou imitateurs de l’époque, où figurent une esquisse de la voûte de la Chapelle Sixtine et les études du bras d’Adam et de la main d’Eve.

A Illegio, le visiteur peut admirer ce dessin dans une impressionnante reconstitution architecturale et photographique de toute la voûte de la chapelle Sixtine, qui constitue l’apogée de la Genèse dans l’histoire de l’art.

* * *

En plus de la Sixtine reconstituée, les soixante pièces de l’exposition viennent des Musées du Vatican, de la Galerie des Offices de Florence, de la Galerie de l’Académie de Venise, du Prado de Madrid, du Petit Palais de Paris, de la Galerie Tretiakov de Moscou, du Musée des Beaux-Arts de Budapest, du Musée Benaki d’Athènes, ou encore de Cologne, Varsovie, Ljubljana, Barcelone, Manchester, d’Autriche, de Belgique et des Pays-Bas.

Les œuvres vont du IVe au XXe siècle. Ce sont des sarcophages paléochrétiens, des icônes du Mont Athos, des bas-reliefs romans, des miniatures gothiques, jusqu’à l’art du XXe siècle.

Il y a cette gravure d’Albrecht Dürer (voir ci-dessus) avec un Adam semblable à l’Apollon du Belvédère, la perfection de la beauté de l’homme. Il y a ce Jardin d’Eden peint par Jan Brueghel l’Ancien, avec nos ancêtres qui disparaissent presque dans la nature exubérante. Il y a ce Dieu le Père du Tintoret qui sort de derrière l’arbre et découvre Adam et Eve coupables, égarés à cause du péché qu’ils ont commis. Il y a cette esquisse sculpturale poignante d’Antonio Canova représentant nos ancêtres pleurant la mort de leur fils Abel. Il y a le pinceau visionnaire de William Blake et son Architecte du Monde utilisant son compas. Il y a ces jours de la Création peints par Maurits Cornelis Escher, dans une fantaisie géométrique postmoderne.

Les œuvres sont présentées de manière thématique et non chronologique. L’exposition reprend le récit des Ecritures Saintes: le cosmos qui émerge du chaos, l’homme fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, le Jardin d’Eden, le péché, l’harmonie brisée, les larmes, l’espérance de la rédemption. Cette espérance est illustrée par un tableau de Lorenzo di Credi, représentant l’Annonciation à côté de la création d’Eve.

Une dizaine d’œuvres montrent en revanche Adam et Eve dans des situations qui ne figurent pas dans la Genèse. Dans l’iconographie des Eglises d’Orient, par exemple, le Christ ressuscité – ayant brisé les portes de l’enfer – les prend par la main et les conduit vers la lumière.

Bref, l’exposition d’Illegio propose aux visiteurs de découvrir, dans un petit village perdu dans la montagne, un miracle de beauté et de sagesse humaine et chrétienne, à l’égal des plus grandes villes d’art. "En réalité dans l'Eglise, il n'y a pas de banlieue", avait déclaré Benoît XVI devant les jeunes réunis à Lorette.

"On pense à Bethléem et au Mont Thabor", ajoute le père Geretti, organisateur de cette exposition.
"Le Fils de Dieu n’est pas né dans la capitale du monde mais dans un petit village. Par la suite, il a révélé sa gloire sur une montagne, à ceux qui étaient montés avec lui. C’est justement cela que nous voulons faire à Illegio, un tout petit village de montagne: tourner notre regard vers le merveilleux dessein de Dieu sur l’homme et sur le monde".



Le site de l’exposition, avec toutes les informations:

> www.illegio.it


D’autres articles de www.chiesa sur des sujets voisins:

> Focus ARTS ET MUSIQUE


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
(www.chiesa)

18:15 Écrit par Père Walter dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : italie, culture, art, expositions, bible, vie de l eglise, vatican | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Vietnam: La révolution pacifique des catholiques

Comme les moines bouddhistes en Birmanie, des évêques, des prêtres, des religieuses et des fidèles descendent dans la rue à Hanoi et dans d'autres villes du Vietnam. Ils réclament les bâtiments et les terrains que l'état leur a confisqués. Avec des croix et des chapelets pour seules armes. Inquiétude du Vatican

par Sandro Magister



ROMA, le 28 mai 2008 – Une délégation du Saint-Siège se rendra d’ici peu au Vietnam pour une visite officielle, la quinzième depuis 1989. La précédente a eu lieu il y a un peu plus d’un an. De son côté, le premier ministre vietnamien Nguyên Tân Dung s’est rendu, le 25 janvier 2007, au Vatican où il a rencontré le pape et les dirigeants de la secrétairerie d’état.

Avec la Chine, la Corée du Nord, le Myanmar et l’Arabie Saoudite, le Vietnam est l’un des rares pays qui n’entretient pas de rapports diplomatiques avec le Saint-Siège.

Pourtant, le catholicisme y est particulièrement florissant. On compte environ 6 millions de catholiques, soit 7% de la population. Ils sont très pratiquants et les vocations sont nombreuses.

Comme dans tous les régimes communistes, la liberté religieuse est extrêmement limitée, mais on a constaté des signes de dégel depuis quelques années. Le 18 juin 2004, le gouvernement a émis une ordonnance sur les croyances et sur les religions, qui repose sur deux principes: les croyants – donc les catholiques aussi – font partie intégrante de la nation et l’état s’engage à répondre à leurs exigences légitimes.

L’application de ces principes est cependant bien loin de répondre aux attentes de l’Eglise catholique.

Par exemple, le Saint-Siège n’est pas libre de nommer les nouveaux évêques. La pratique actuelle veut que Rome présente à chaque fois trois candidats et que les autorités vietnamiennes excluent ceux qui ne leur conviennent pas.

Lors de sa visite, la délégation du Saint-Siège voudra sûrement aborder le sujet des nominations d’évêques, mais aussi ceux de l’établissement de relations diplomatiques ou du respect des minorités ethniques, notamment les Montagnards, souvent chrétiens.

Au cours de ces derniers mois, cependant, des évènements nouveaux se sont produits. Pour la première fois au Vietnam, des évêques, des prêtres, des religieuses et des fidèles sont descendus dans la rue par milliers pour réclamer plus de liberté.

Ils étaient pacifiques. Ils ont prié, allumé des bougies, planté des croix et porté des images de la Vierge. Ils sont descendus dans les rues de Hanoi, la capitale, de Hô Chi Minh Ville, l’ancienne Saigon, et d’autres villes encore. Ils ne l’ont pas fait deux ou trois fois, mais pendant plusieurs journées et semaines consécutives.

Le but de toutes ces manifestations est de demander la restitution des terrains et des édifices confisqués à l’Eglise par le régime communiste.

Au Nord, les confiscations remontent aux années 50, quand les communistes ont pris le pouvoir. Au Sud, elles ont débuté en 1975.

La première revendication – la plus importante – porte sur le bâtiment qui abritait autrefois la délégation apostolique à Hanoi, à côté de l’archevêché et de la cathédrale Saint-Joseph. Le bâtiment, réquisitionné en 1959, sert aujourd‘hui de restaurant.

Le 15 décembre dernier, l’archevêque de Hanoi, Joseph Ngô Quan Kiêt, a demandé la restitution du bâtiment et a invité les fidèles à prier pour que justice soit faite.

Ils lui ont obéi. Tous les soirs depuis le 18 décembre, ils se réunissent devant la grille de l’ancienne nonciature, en priant et en apportant des fleurs et des bougies. Ils étaient 5 000 la nuit de Noël.

Le 30 décembre, le chef du gouvernement, Nguyên Tân Dung a fait le déplacement. Après avoir traversé la foule, il est entré dans l’archevêché où il a rencontré Mgr Ngo Quan Kiet pendant un quart d’heure. Il est ressorti sous les applaudissements.

Mais le mouvement de protestations ne s’est pas éteint. Au contraire, il s’est étendu à d’autres régions et d’autres villes.

Le 6 janvier, fête de l’Epiphanie pour les chrétiens, les fidèles de la paroisse de Thai Ha, à Hanoi, ont commencé à manifester pour demander la restitution de terrains et de bâtiments confisqués par le régime et aujourd’hui occupés par différents organismes du gouvernement et par une usine. Au moment de la confiscation, dans les années 50, le régime communiste avait arrêté les prêtres rédemptoristes responsables de la paroisse. Ils sont morts en prison.

Le 12 janvier, à Hô Chi Minh Ville, des milliers de fidèles sont descendus dans la rue pour une veillée, en solidarité avec ceux de Hanoi. Dans son message, le supérieur des rédemptoristes, le père Joseph Cao Dinh Tri, s’est appuyé sur la directive 379/TTG qui oblige les autorités à restituer à leurs propriétaires les biens et les terrains qui leur ont été confisqués, dès lors qu’ils ne sont plus absolument nécessaires au gouvernement. En outre, il a rappelé l’ordonnance PL-UBTVQH11 de 2004 qui affirme: “La propriété légale des sites d’intérêt religieux est protégée par la loi: toute violation est interdite“.

Parallèlement, dans la ville de Ha Dong, située à une quarantaine de kilomètres au sud de Hanoi, les fidèles ont manifesté pacifiquement pour la restitution d’un bâtiment à une paroisse.

Le 24 janvier, une délégation gouvernementale a rencontré une nouvelle fois l’archevêque de Hanoi. Au même moment, des groupes de fidèles sont entrés dans le jardin de l’ancienne nonciature et y ont planté une croix, avant d’être expulsés par la police.

C’est la vice-présidente du Comité populaire de la capitale, Ngô Thi Thanh Hang, qui était à la tête de la délégation gouvernementale. Officiellement, il s’agissait d’échanger des vœux à l’occasion de la fête du Têt, le nouvel an lunaire. A la fin de la rencontre, dans un communiqué officiel, les autorités ont reconnu “l’engagement de l’archevêque Joseph Ngô et de la communauté catholique pour la cause commune d’une société de paix, d’égalité, de progrès et de développement“. Cependant, dix jours plus tôt, Ngô Thi Thanh Hang avait accusé l’archevêque “d’utiliser la liberté de religion pour favoriser les mouvements de protestation contre le gouvernement‘‘ et de “nuire aux rapports entre le Vietnam et le Vatican“.

Naturellement, le Saint-Siège était au courant de ces frictions. Et il s’en inquiétait.

Le 30 janvier, le cardinal secrétaire d’état Tarcisio Bertone a fait part de ses préoccupations dans une lettre adressée à l’archevêque de Hanoi, Joseph Ngô Quan Kiêt:

“Comme vous pouvez l’imaginer, la secrétairerie d’état suit avec beaucoup d’attention et de préoccupation les évènements de ces derniers jours à Hanoi. […] Je suis rempli d’admiration devant les sentiments de fervente dévotion et d’attachement profond à l’Eglise et au Saint-Siège dont font preuve des milliers de fidèles qui, jour après jour, se réunissent pacifiquement pour prier devant ce bâtiment [l’ancienne nonciature], devenu un symbole, pour demander aux responsables civils de prendre en charge les besoins de la communauté catholique. D’un autre côté, le fait que ces manifestations se poursuivent ne peut pas ne pas susciter une certaine préoccupation. En effet, comme souvent dans des cas semblables, il y a un risque réel que la situation ne devienne incontrôlable et ne dégénère en manifestations de violences verbales ou physiques. Voilà pourquoi, au nom du Saint-Père, qui est informé en permanence de l’évolution de la situation, je vous demande d’intervenir pour que soient évités des gestes qui pourraient troubler l’ordre public et pour un retour à la normale. Un climat plus serein permettra de reprendre le dialogue avec les autorités pour trouver une solution appropriée à ce problème délicat. Je peux vous assurer que de son côté, le Saint-Siège – comme à son habitude – ne manquera pas de se faire l’interprète des aspirations légitimes des catholiques vietnamiens auprès de votre gouvernement“.

Deux jours plus tard – et après une autre rencontre avec les autorités – l’archevêque de Hanoi a écrit aux fidèles, en remerciant Benoît XVI et le secrétaire d’état. Pendant ces 40 jours de manifestations – peut on lire dans la lettre – “nous avons vécu une nouvelle Pentecôte: nous avons été unis et recueillis dans la prière, malgré les épreuves et les difficultés“.

“Mais aujourd’hui – poursuit l’archevêque – nos prières ont été exaucées. Le restaurant [installé dans l’ancienne nonciature] a été fermé [...] et la grande croix [apportée par les fidèles sur le lieu de la manifestation] a retrouvé la cathédrale Saint-Joseph au terme d’une procession“.

Des sources gouvernementales avaient en effet annoncé que l’ancienne nonciature serait bientôt rendue à l’archidiocèse de Hanoi.

Presque un mois plus tard, le 27 février, lors d’une réunion du Comité d’union des catholiques, qui fait partie du Front patriotique, le responsable du Front pour les affaires religieuses, Trân Dinh Phung, a assuré que “le gouvernement ne pourra pas ignorer“ la demande “légitime“ de restitution du bâtiment de l’ancienne nonciature. Il a félicité le Vatican d’avoir mis fin aux manifestations “qui risquaient de dégénérer“.

Le 15 avril, les autorités ont annoncé la restitution d’un autre terrain exproprié, autour de la basilique de Le Vang, le principal sanctuaire marial du Vietnam. L’annonce a été faite après une rencontre entre le vice-président du Comité populaire de Quang Tri, Nguyên Duc Chinh, et l’archevêque de Hué, Stephen Nguyên Nhu The.

Jusqu’à présent, cependant, ces annonces sont restées lettre morte. L’Eglise bouddhiste officielle a même revendiqué la propriété de l’ancienne nonciature de Hanoi, affirmant qu’il y avait là une ancienne pagode, rasée en 1883 par les “colonialistes français“. Quoi qu’il en soit, le gouvernement garde le contrôle des terrains et des édifices litigieux. Et les catholiques ont recommencé à manifester ici et là.

Depuis le 17 mars, à Hô Chi Minh Ville, des centaines de religieuses et de fidèles se réunissent tous les jours pour prier devant l‘immeuble d’où ont été chassées les religieuses de l’ordre de la charité “Vinh Son“. Transformé en maison close, il pourrait être démoli pour laisser place à un hôtel.

Le 20 mai, la contestation s’est étendue à une autre ville, Vinh Long, au sud du pays. L’ancien orphelinat qui appartenait aux religieuses de Saint-Paul-de-Chartres devrait être remplacé par un hôtel quatre étoiles. Il avait été réquisitionné en 1977. Aujourd’hui, l’évêque, les religieuses et les fidèles de la ville le réclament.

“Nous ne pouvons plus nous taire“, a déclaré l’évêque de Vinh Long, Thomas Nguyên Văn Tân.
“En ce moment précis, le silence serait synonyme de complicité et d’acceptation de l’injustice“.



La dernière visite au Vietnam d’une délégation officielle du Vatican racontée par le chef de la délégation, Mgr Pietro Parolin:

> Pâques au Vietnam: un compte-rendu exceptionnel (5.4.2007)

Deux bonnes sources d’information sur la vie de l’Eglise catholique au Vietnam et dans le reste de l’Asie:

> Asia News

> UCA News


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
(www.chiesa)
 
 
N.B.: courant mars de cette annéée j'ai mis en ligne sur ce blog une série d'articles sur l'Histoire de l'Eglise au Vietnam. 

17:32 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vietnam, vie de l eglise, societe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Vatican: une page web sur la femme

Le Conseil pontifical pour les laïcs crée une page web sur la femme

 

ROME, Jeudi 29 mai 2008 (ZENIT.org) - Le Conseil pontifical pour les laïcs a ouvert sur Internet une section consacrée à la femme.

Cette nouvelle page (www.laici.org) est le fruit du congrès « Femme et homme, l'humanum dans son intégralité », organisé à Rome par le Conseil pontifical, du 7 au 9 février, dans le cadre des célébrations du vingtième anniversaire de la Lettre apostolique de Jean Paul II « Mulieris dignitatem ».

Rocío Figueroa Alvear, responsable de la section « Femme » au sein du Conseil pontifical pour les laïcs, affirme que cette nouveauté sur la toile est une conséquence de l'« intérêt manifesté par les 280 délégués provenant de différentes parties du monde », qui montre clairement qu'il est important de « poursuivre la réflexion entamée durant les travaux », et de « resserrer les liens entre mouvements, associations et personnes concrètes qui œuvrent pour la promotion de la dignité et de la mission de la femme ».

« Il s'agit d'un forum ouvert et informel », a commenté Rocío Figueroa Alvear, responsable en Italie de la Fraternité mariale de la réconciliation.

Cette page est ouverte à toute personne souhaitant proposer du « matériel adéquat d'étude et d'approfondissement : des enseignements du magistère pontifical concernant la femme, ainsi que des recherches et analyses d'experts et d'intellectuels ».

L'un des objectifs de cette nouvelle ressource on-line est

« d'approfondir la question anthropologique, qui part de l'unité originelle de la personne sur laquelle se fonde le rapport réciproque entre l'homme et la femme »,

a rappelé la théologienne, experte en christologie.

« Et cela sans négliger la réflexion sur la différence anthropologique entre le ‘moi féminin' et le ‘moi masculin' qui, loin de devenir une entrave ou un fossé insurmontable entre l'homme et la femme, apporte les éléments nécessaires à une plus grande richesse de l'expression de l'humanum, dans les différentes couches de la société ».

« Nous tâcherons, sur cette page web, de nous sentir ‘in ecclesia', en compagnie de toutes les femmes qui nous ont précédées dans la foi, grâce à leur témoignage de sainteté et de vie »,

a poursuivi la responsable.

« C'est chez les saintes mais surtout dans le mystère de Marie que nous pouvons contempler, avec clarté et transparence, cette féminité qui a été sauvée et élevée à sa plus haute dignité »,

a-t-elle observé.

« Ces figures de saintes sont des modèles concrets pour tant de femmes chrétiennes qui veulent vivre leur état de baptisée et de laïc avec plus de conscience et qui, en même temps, s'interrogent sur leur mission dans l'Eglise »,

estime-t-elle.

Rocío Figueroa, qui veut « confier à Marie cette nouvelle initiative du Conseil pontifical pour les laïcs », dirigé par le cardinal polonais Stanislaw Rylko, souligne que

« nous confronter aux nouveaux paradigmes culturels et aux nouveaux défis permet de ne pas nous faire oublier que, dans tant de régions du monde, la dignité de la femme n'est pas encore reconnue, et qu'elle souffre encore des conséquences de la pauvreté, de la violence et de la marginalisation ».

Une présence « plus incisive » de la femme dans le domaine familial, éducatif, politique, économique, culturel et ecclésial, affirme-t-elle, sera la « clef » de l'avenir de l'humanité, pour « bâtir une communauté humaine qui puisse s'exprimer en partant de la richesse de l'apport féminin et masculin ».

Derrière cette initiative se trouve la culture de la toile, qui veut unir « toutes ces personnes ou ces groupes engagés dans ce domaine, en cherchant à favoriser la connaissance mutuelle et la synergie entre tous ».

La page web compte sur l'aide de plusieurs laïcs et religieux tels que le professeur Georgia Salatiello, et la bibliste Nuria Calduch Benages, de l'Université pontificale grégorienne, le professeur Giulia di Nicola et le professeur Attilio Danese.

Pour envoyer des informations: donna2008@laity.va

Miriam Díez i Bosch

Traduction française : Isabelle Cousturié

09:45 Écrit par Père Walter dans Aujourd'hui sur Internet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vatican, internet, femme, societe, vie de l eglise | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Joël Guibert, Renaître d'en haut, une vie renouvelée par l'Esprit Saint

Témoignage du P. Joël Guibert
 
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ROME, Vendredi 30 mai 2008 (ZENIT.org) - A quarante ans, la vie du père Joël Guibert bascule. Ce prêtre diocésain secrètement « cassé » par l'angoisse expérimente un second souffle. Nouveau départ dans l'Esprit Saint. Le changement d'air renouvelle intégralement l'homme et le prêtre. Son témoignage vient de paraître dans un livre intitulé : Joël Guibert, « Renaître d'en haut, une vie renouvelée par l'Esprit Saint ». Éditions de l'Emmanuel. 2008.

Dans son dernier numéro, le mensuel « Il est Vivant » publie un entretien avec le P. Guibert, que nous reprenons ci-dessous.

Joël Guibert, Heureux les souples de cœur

Propos recueillis par Magali Michel


 

Zut, j'ai oublié de mettre des pièces dans le parcmètre... Vous m'attendez un instant, Mercedes ? » Pendant que le père Guibert enjambe la chaussée en direction de son véhicule, je donne le bras à la fluette nonagénaire qu'une élégante visière protège du soleil. Le père revient avec une incompressible allure de VRP libanais, un rire d'enfant au coin des lèvres qui n'engendre pas la mélancolie.

 

Qui êtes-vous père Guibert ?

Je suis né dans le pays du Muscadet nantais de parents vignerons. Mes parents ont vendu leur propriété, moi je suis parti dans la vigne du Seigneur... J'ai été curé six années au Pouliguen dans le diocèse de Nantes. Je vis actuellement à Tressaint, envoyé par mon évêque pour apprendre le ministère de la prédication.

 

Et Mercedes ?

Mercedes m'accompagne lorsque je prêche. Elle prie. Notre improblable rencontre remonte à l'époque où j'étais curé du Pouliguen. J'étais à des années-lumière de supposer la présence et la puissance du Saint-Esprit cachées chez cette grand-mère de presque quatre-vingt-dix ans. J'étais tellement inapte à comprendre les voies de Dieu que l'Esprit Saint m'a envoyé une institutrice pour que je progresse à son école.

 

Vous racontez votre seconde conversion, à l'âge de quarante ans, comme un "saut de puce"...

Si les gens savaient comme c'est simple. L'obstacle, c'est notre mémoire profonde et toute l'expérience que nous avons engrangée. Nous nous sommes formatés et quand arrive la "bascule dans l'Esprit" puisqu'on ne l'a jamais pratiquée, c'est comme s'il nous fallait aller sur la lune. On a des sueurs froides. Comme Indiana Jones dans la Quête du Saint Graal, on grelotte avant de traverser le précipice. On se demande comment faire le pas. On le fait. On tombe sur du solide. Regard en arrière : ce n'était que ça ! Le principal est de faire ce pas d'une paradoxale simplicité. Après, il faut apprendre à vivre à partir de Dieu et inscrire l'acte de donation à l'Esprit Saint dans sa vie quotidienne. L'occasion en est offerte à toute personne qui désire entrer dans une vie renouvelée par l'Esprit.

À la racine de cette remise de vous-même à l'Esprit Saint, il y a un traumatisme d'enfant qui vit l'espace d'un instant le sentiment d'être abandonné. Je le date à peine. Un jour, j'ai entendu maman raconter que je m'étais perdu lorsque j'étais petit. L'image m'est revenue instantanément. Enfant, je pleure, abandonné. J'étais dans un chemin, seul. Les chemins me paraissaient des kilomètres à cet âge. Par la suite la blessure d'abandon n'a cessé de se réactiver.

 

Fallait-il cette angoisse archaïque pour connaître, adulte, l'abandon en Dieu ?

A rebours de la mentalité ambiante qui nie la souffrance et la mort, j'affirme qu'on ne "grimpe" pas dans l'Esprit Saint sans les nécessaires purifications qui sont immanquablement douloureuses. La guérison vient quand on s'approche de Jésus. La guérison intérieure c'est, tout simplement, revisiter avec le Seigneur Jésus ce qui est enfermé dans le coffre-fort. Absolument rien de sanguinolent, mais quelque chose de très onéreux.

 

Longtemps les insomnies vous ont gâché la vie... en souffrez-vous encore ?

Ça peut m'arriver de temps en temps. Je repense à l'Ancien Testament, au songe de Jacob et à sa hanche qui boite. La guérison et l'unification profondes arrivent quand on bénit le Seigneur pour la hanche qui continue à boiter. La blessure un jour devient une bénédiction. C'est sur un fond de pauvreté que se font les œuvres de Dieu et il lui plaît parfois de nous maintenir dans une forme d'incapacité.

 

Décrivez-nous votre nouvel art de vivre...

Accueillir ! Arrêter de conduire à l'arrachée, privilégier une conduite souple, coulée, lisse. Si vous voulez une méthode : faire l'expérience de son impuissance ; consentir à cette impuissance et renoncer à gérer, faire, analyser ; appeler l'Esprit Saint ; se laisser agir en lui ; lui signer un chèque en blanc. Attention cet art de vivre n'a rien d'un Club Med religieux car c'est une mort à soi-même. Mais au fur et à mesure, cela deviendra une seconde nature... surnaturelle ! En renouvelant ce don de soi tout au long de la journée avant chaque chose à faire, chaque parole à dire, l'âme crée en elle une disponibilité à l'Esprit Saint qui devient peu à peu spontanée.

 

Y a-t-il des obstacles ?

On a fonctionné notre vie durant en gérant tout, en inventant des sécurités. Mercedes me dit souvent : « Vous balisez pour un rien. Vous ne vous appuyez pas assez sur Dieu. » Il faut apprendre à ne plus compter sur ses sécurités surtout celles du savoir et de l'avoir. Heureux les souples de cœur.

 

Abandonner sa vie à l'Esprit, soit, mais lâcher prise, est-ce se tourner les pouces ?

Attention. Se livrer, ce n'est pas du quiétisme. L'abandon nécessite d'investir toutes ses capacités dans une coopération active. L'abandon suppose le sacrifice, même si le mot n'est plus à la mode. Je ne m'abandonne pas comme un camembert. C'est un chantier intérieur vertigineux car entrer dans le oui, à l'intime de ce qui me fait souffrir, permet d'attirer l'Esprit Saint là précisément.

« Se livrer à l'amour, c'est se livrer à toutes les angoisses »,

dit sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

 

Comment vous adressez-vous à l'Esprit Saint et comment vous le représentez-vous ?

Difficile de vous répondre. Il me semble qu'on peut oser lui dire « je t'aime ». L'Esprit Saint supplée en tout à mon obsession de moi-même, de ma santé. Il est présent dans les plus petits détails de ma vie alors j'ose faire appel à lui pour des riens car les riens ne sont pas des riens. Et puis j'ai envie de vous demander s'il est pour vous un grossiste ou un détaillant...

 

Pourquoi avez-vous publié Renaître d'en haut, votre livre témoignage ?

Pour rendre grâce. Ce livre est écrit par un débutant dans l'Esprit et s'adresse à ceux et celles qui comme moi se considèrent comme des juniors. J'ai voulu évoquer les premiers mouvements du basculement dans l'Esprit, expérience mystérieuse qui a besoin d'être décodée. Le langage et la sagesse de l'Esprit nous déconcertent toujours et j'ai voulu partager quelques découvertes pour rejoindre le cœur des gens.

 

Joël Guibert, Renaître d'en haut, une vie renouvelée par l'Esprit Saint. Éditions de l'Emmanuel. 2008.

08:30 Écrit par Père Walter dans Amour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : livres a lire, renouveau, pretres, vie de l eglise | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Canada: Le P. Lombardi docteur honoris causa en communication

La communication doit selon lui favoriser « la communion »

ROME, Jeudi 29 mai 2008 (ZENIT.org) - Grâce à son œuvre de communication, mise au service de la communion dans la famille humaine et dans l'Eglise, le père Federico Lombardi, S.J., vient de recevoir d'une des facultés de théologie les plus prestigieuses du Canada, le titre de docteur honoris causa.

http://www.iezuiti.ro/news/imagini/2006/lombardi.jpg

Le père Lombardi (voir photo) exerce son ministère

« dans la vie quotidienne afin que chacune de ses missions - radio, télévision, communication institutionnelle - ait comme premier objectif de véhiculer la parole de Dieu dans la vie »,

a souligné le P. David Eley, S.J., expliquant au nom du Regis College, la Faculté jésuite de théologie à l'Université di Toronto (UofT), les motivations de leur choix.

Le père Lombardi (né en Italie, à Saluzzo, la 20 août 1942) est depuis 2001 directeur du Centro Televisivo Vaticano, depuis 2005 directeur général de « Radio Vatican » et depuis 2006 directeur du bureau de presse du Saint-Siège, charge généralement présentée comme celle du porte-parole du pape.

En février dernier, il a été nommé assistant général, par le préposé général de la Compagnie de Jésus, le père Adolfo Nicolás.

« Ces deux nominations sont, en cette heure de changements, le signe que le Saint-Siège et la Compagnie font confiance au père Lombardi »,

a reconnu le père Eley.

« Dieu continue aujourd'hui de nous révéler, de manière extraordinaire, sa compassion et sa préoccupation à notre égard, utilisant les médias sous toutes ses formes. Presse, radio, télévision, cinéma et Internet, remplissent notre monde du message de Dieu. Un ministère dans lequel le père Lombardi est un leader »,

a dit le professeur de théologie et communication, qui enseigne également à l'Université pontificale de la Grégorienne à Rome.

Ont participé à la cérémonie organisée à la St. Joseph's Chapel : le cardinal John P. Foley, Grand Maître des Chevaliers du Saint-Sépulcre, le nonce apostolique au Canada, Mgr Luigi Ventura, et le père Jean-Marc Laporte, S.J., chancelier du Regis College et provincial de la Compagnie de Jésus dans le Canada anglophone.

Le père Joseph G. Schner, S.J., président du Regis College, a reconnu que le père Lombardi, grâce à son travail, favorisait l'amitié et la communion dans l'Eglise, et ainsi, l'amitié avec le Seigneur.

Le père Thomas Rosica, CSB, directeur de la chaîne de télévision catholique canadienne « Salt and Light », il a reconnu qu'il devait beaucoup au père Lombardi dans son expérience de communicateur :

« J'ai beaucoup appris de sa manière de faire, aimable, calme, de son sensus Ecclesiae, de son humour et de son habilité à porter de front sereinement plusieurs tâches en même temps ».

Puis le père Lombardi a pris la parole en soulignant le sens profond de son service dans le domaine de la communication. Pour lui, la communion est « pour l'union », « pour la communion ».

« Dans ce monde, caractérisé par tant de divisions, et qui a tant besoin de réconciliation, les paroles (parlées ou écrites), ou le message véhiculé par une image, doivent en premier lieu servir à unir les gens, à transmettre la vérité, le bien et le beau »,

a-t-il expliqué.

« La connaissance mutuelle fait grandir le respect mutuel et le désir de vivre et grandir ensemble dans la paix »,

a-t-il ajouté, en présentant le récent voyage de Benoît XVI aux Etats-Unis comme un exemple évident de cette vision de la communication.

Jesús Colina

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Canada: Congrès des professionnels de la communication

Le communicateur catholique doit répondre à la « nostalgie de Dieu », selon Mgr Celli

Congrès des professionnels de la communication au Canada

ROME, Vendredi 30 mai 2008 (ZENIT.org) - La vocation du communicateur catholique consiste à offrir des réponses à tous ceux qui cherchent Dieu, surtout dans des moments de solitude, a déclaré le président du Conseil pontifical pour les communications sociales.

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Mgr Claudio Maria Celli (voir photo) s'est adressé aux communicateurs catholiques des Etats-Unis et du Canada, réunis à Toronto du 28 au 30 mai autour du thème « Prêchez-le sur tous les toits ».

Quelque 500 congressistes étaient présents dont des membres de l'Association de la presse catholique des Etats-Unis et du Canada, des membres de l'Académie catholique pour les professionnels des arts de la communication, des professionnels de bureaux d'information des diocèses et d'autres secteurs de la communication.

« Je suis convaincu que le cœur de l'homme est plein de ce désir de Dieu, que j'appellerais ‘nostalgie de Dieu' »,

a-t-il expliqué.

« Ce sentiment est d'autant plus fort quand le sujet humain affronte la réalité de sa propre solitude »,

a-t-il dit.

Pour Mgr Celli,

« dans ses moments de solitude, l'individu ne peut pas ne pas s'interroger sur des questions cruciales comme la vie, la mort et le but de son existence. Ceci expliquant probablement pourquoi tant de personnes essaient justement d'éviter ces moments de solitude et sont tentées de se perdre dans le monde des communications constantes et de l'occupation permanente ».

« La question que l'individu affronte au plus profond de sa solitude concerne l'essence de l'existence. Dans son analyse, il finit par se confronter à une question qui n'est pas simplement le produit de sa réflexion, mais un élément qui va au-delà de l'existence de chaque individu. C'est la question sur laquelle se fonde mystérieusement l'essence même de l'individu »,

a-t-il expliqué.

« Si nous ne sommes pas attentifs à cette dimension de l'existence humaine, si nous sommes sourds à l'écho de la question, qui se révèle dans le désir d'un destin qui peut façonner la vie humaine, nous ne pourrons jamais établir une authentique relation humaine ».

« Nous affrontons aujourd'hui des défis sans précédent »,

a relevé le représentant du Saint-Siège, mais aussi

« de merveilleuses possibilités dues au développement rapide des technologies qui ont bouleversé le monde de la communication, sous toutes ses formes ».

« Les changements culturels qu'impliquent ces développements requièrent une réflexion profonde et un nouveau mode de pensée qui nous permettent de mieux atteindre les autres et de mieux communiquer la Bonne Nouvelle à toute l'humanité, aux catholiques pratiquants et aux non croyants, dans un contexte religieux ou essentiellement séculier ».

« Notre message reste le même. Jésus de Nazareth doit rester le fondement de notre proclamation, mais la manière de le présenter à un monde qui change et de communiquer son message doit être reformulée continuellement et adaptée au moment et au contexte »,

a-t-il conclu.

Jesús Colina

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Mgr Anatrella: 'Un enjeu de la procréation' (3)

« Famille et procréation humaine », commentaire de Mgr Anatrella (III)

L’élection libre du couple constitué entre un homme et une femme

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ROME, Jeudi 29 mai 2008 (ZENIT.org) - « Le christianisme est à l'origine de la révolution de l'élection libre et amoureuse du couple constitué entre un homme et une femme », rappelle Mgr Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, consulteur des Conseils pontificaux de la famille et pour la Pastorale de la santé.

« Un enjeu de la procréation » : c'est le titre du commentaire de Mgr Tony Anatrella dans le document du Conseil pontifical de la Famille intitulé « Famille et procréation humaine », (in « Famiglia e Procreazione umana », - Libreria Editrice Vaticana, pp. 185-198).

Dans son introduction, Mgr Anatrella indique que

« le document ‘Famille et procréation humaine' (2006) du Conseil pontifical pour la famille est un instrument de travail qui cherche à faire le point sur les divers déplacements idéologiques qui se sont produits ces dernières années à la suite de nombreuses découvertes scientifiques qui ont entraîné l'apparition de nouvelles techniques favorisant ou empêchant la conception des enfants. Ce document a le mérite de mettre en perspective les enjeux anthropologiques, sociaux et moraux sur le devenir de la procréation ».

Dans la première partie de son commentaire, intitulée « Les conditions de la conception de l'enfant », Mgr Anatrella tord le cou à des idées reçues en disant d'emblée:
« L'Église n'a jamais remis en question la légitime régulation des naissances, mais elle s'est toujours montrée critique à l'égard des moyens utilisés et de la mentalité qu'ils développent » (cf. Mgr Anatrella: 'Un enjeu de la procréation' (1)).

Dans la seconde partie de son commentaire, intitulée : « L'enfant a besoin de la famille composée par un homme et une femme qui sont ses parents », Mgr Anatrella aborde les questions du « principe de la différence sexuelle », des « principes d'humanisation et de différenciation psychique », des « problèmes de filiation à venir » et de « l'adoption d'un enfant en dehors du couple homme/femme » : « ce serait contraire à ses intérêts », avant de poser la question : « Avoir deux papas, deux mamans ? » (cf. Mgr Anatrella: 'Un enjeu de la procréation' (2)).

 

Problèmes de filiation à venir

« On constate que des enfants adoptés par un couple, rencontrent des problèmes d'origine qui les insécurisent plus ou moins fortement. Certains enfants du divorce vivent parfois des problèmes de filiation qui les déstabilisent. Faut-il y ajouter des pathologies identitaires qui proviennent de l'indistinction sexuelle des personnes avec lesquelles vit l'enfant ? »,

interroge Mgr Anatrella.

Il ajoute le danger d'absence de repères qui permette à l'enfant de s'identifier sexuellement :

« Nous pouvons faire l'hypothèse que l'incohérence entre le couple procréateur et le duo éducateur risque d'entraîner chez l'enfant, dans sa vie d'adulte, une absence de repères identificatoires au masculin et au féminin vécus dans l'intimité d'un couple, une difficulté à mettre en oeuvre l'altérité sexuelle, et une confusion pour s'inscrire dans des liens générationnels ».

 

Des enquêtes limitées

Il fait état de « sérieuses difficultés » lorsque ces personnes « doivent fonder un couple » : « leur vie affective risque d'être insuffisamment développée ».

Il y voit

« l'un des principaux problèmes (...) dont témoignent des personnes quand elles ont vécu dans un contexte homosexuel. Il leur manque une dimension du réel qui les limite pour s'accomplir. Il leur manque intimement une image guide de ce qu'est un couple et une famille ».

Il déplore que les enquêtes sur « le supposé "bien être" des enfants élevés par des personnes homosexuelles », soient « limitées » parce qu'elles « négligent les effets de structures de la vie psychique qui sont observables et dont la traduction ne se fera que sur le long terme ».

 

L'individuation du sujet, très compliquée

Et d'affirmer :

« Un enfant a besoin d'un père et d'une mère évidemment de sexes différents. Sinon dans l'absence de cette altérité, l'individuation du sujet sera très compliquée pour se situer vraiment, plus tard, affectivement dans l'altérité. Les enfants et les adolescents peuvent apparemment aller bien, mais c'est une fois devenus adultes que les problèmes vont se manifester : ils ne savent pas quoi faire de cette incohérence ».

Plus encore, selon Mgr Anatrella,

« sur le long terme, ce système ‘d'adoption' homosexuelle développera des caractères psychotiques (et non pas la psychose), c'est-à-dire des personnalités qui auront du mal à se situer vis-à-vis des réalités de la vie ».

 

Des mots d'enfants

Il cite ces exemples :

« Apprenant par son père qu'il allait quitter sa famille pour vivre avec un homme, son fils de 10 ans lui dit : "Si tu es homosexuel, tu ne peux plus être mon papa". Autre exemple révélateur, une fille de 9 ans, alors que l'on complimentait les deux femmes qui l'élevaient ensemble, répondit vivement : "Oui, mais moi je n'ai pas de papa". Ces réactions en disent long sur le vécu des enfants (...) ».

 

L'adoption d'un enfant en dehors du couple homme/femme, contraire à ses intérêts

« Actuellement, faisait observer Mgr Anatrella, on privilégie davantage le désir des adultes, qui est loin d'être toujours légitime, à l'intérêt de l'enfant. Nous passons de "l'enfant sujet" à "l'enfant objet". »

Il va jusqu'à déplorer :

« L'enfant est devenu un bien de consommation, un prolongement narcissique de soi ».

 

L'amour ne suffit pas

Car, affirme le consulteur romain, « l'amour ne suffit pas ! », avant d'ajouter :

« Encore faut-il savoir de quel amour il s'agit ? Il y a des formes "d'amour" qui altèrent des dimensions psychiques de l'enfant. Il n'est pas juste de prétendre que peu importent les adultes qui s'occupent de l'enfant, ce qui compte c'est qu'il y ait de l'amour. Cela est insuffisant pour être structurant, encore faut-il que l'amour soit incarné dans un couple formé par un homme et une femme ».

« L'amour conjugal et familial implique la différence sexuelle pour être authentique. Autrement dit, la question n'est pas de savoir si l'enfant sera aimé mais dans quelle structure relationnelle on va l'engager ? »,

affirme l'expert.

Plus encore, il estime que

« la demande impérieuse de "posséder" ainsi un enfant, au nom d'un sexe unique, est l'expression d'un désir de domination, d'un seul sexe autosuffisant et tout-puissant, dans lequel l'enfant est surinvesti affectivement ».

Dans ce cas, l'enfant est « instrumentalisé » et

« joue un rôle de symptôme pour compenser l'infécondité entre personnes de même sexe et valider leur situation particulière ».

L'enfant, avertit le psychanalyste,

« ne peut pas être impliqué dans n'importe quel mode de vie »,

car

« un critère de sexualité est indispensable afin qu'il trouve sa place et le sens de sa vie psychique entre un homme et une femme, ou auprès d'un adulte seul qui ait intégré intimement cette dimension et soit dans l'ordre de ce désir ».

 

Avoir deux papas, deux mamans ?

C'est pourquoi il n'hésite pas à affirmer que :

« dire à l'enfant qu'il a deux papas ou deux mamans est un mensonge social et un handicap pour le situer dans l'altérité sexuelle ».

Et d'expliquer pourquoi :

« Il sera en présence de deux adultes qui, quoiqu'ils disent, ne sont pas dans la réalité de la différence sexuelle. Ils ne sont pas ainsi psychologiquement situés pour vivre complètement la symbolique parentale. L'enfant peut plus facilement accepter et intérioriser son identité sexuelle entre un homme qui est son père, et une femme qui est sa mère ».

« Le couple générationnel est dans la cohérence de ce dont un enfant a besoin, conclut Mgr Anatrella. Dans le cas contraire, il sera confronté au problème de ses origines et à celui de son histoire généalogique. Le respect de la différence sexuelle dans la famille est essentiel : dans le meilleur des cas, elle permet à l'enfant de se libérer de la confusion et de l'insécurité identitaire ».

 

Conclusion

L'auteur diagnostique la tentative de

« désolidariser la filiation du mariage, de désincarner la procréation en se privant de l'apport de l'homme (du père), et en la dissociant de l'union entre un homme et une femme »,

ce qui fait que

« le corps deviendrait étranger à la procréation ».

« Il est déraisonnable de faire l'impasse sur la nécessité pour l'enfant d'être éduqué par un homme et une femme qui l'ont conçu ou adopté. Il a besoin de cette cohérence fondatrice entre différence sexuelle, mariage et procréation »,

affirme au contraire Mgr Anatrella qui cite à l'appui les enfants de concubins qui

« incitent souvent leurs parents à se marier pour être certains de pouvoir s'appuyer sur leur union conjugale qui est au fondement du lien parental ».

« La seule existence du père auprès de la mère procure de la nourriture psychique aux enfants pour se distinguer et accéder à l'autonomie ».

Dans un univers monosexuel, privé de la différence et de l'altérité sexuelles, il manquera à l'enfant plusieurs donnés du réel : celui de la personne de l'autre sexe, du couple vécu entre un homme et une femme, de la différence structurante qui existe entre un père et une mère dont il n'aura pas l'expérience.

Il regrette que

« l'éducation contemporaine (...) reste dans l'analphabétisme des sentiments ».

Mais il indique aussi les ressources de l'Evangile en disant :

« Le christianisme est à l'origine de la révolution de l'élection libre et amoureuse du couple constitué entre un homme et une femme. Nous sommes encore aux prémisses de ce que les hommes et les femmes ont à découvrir et à conforter socialement : une civilisation fondée sur la mixité du couple qu'ils forment et qu'ils engagent dans la durée. Elle est source de vie, d'ouverture sur le sens de l'autre et d'avenir ».

Les deux derniers ouvrages publiés par Mgr Anatrella sur le thème de cet article sont :

- « Le règne de Narcisse », Presses de la Renaissance (Paris) ;

- « Époux, heureux époux », Flammarion (Paris).

Anita S. Bourdin

 

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Dieu veut te parler: lectures du 9° dimandhe du Temps Ordinaire A 2008

Livre du Deutéronome (Dt 11, 18.26-28.32)

11
18i  Moïse disait au peuple d’Israël : « Les commandements que je vous donne, mettez-les dans votre cœur, dans votre âme. Attachez-les à votre poignet comme un signe, fixez-les comme une marque sur votre front.
26  Aujourd'hui je vous donne le choix entre la bénédiction et la malédiction :
27  bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur votre Dieu, que je vous donne aujourd'hui ;
28  malédiction si vous n'écoutez pas les commandements du Seigneur votre Dieu, si vous abandonnez le chemin que je vous prescris aujourd'hui, pour suivre d'autres dieux que vous ne connaissez pas.
32  Veillez à mettre en pratique les décrets et les commandements que je vous présente aujourd'hui.


 
Pour lire les autres lectures :
 

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30.05.2008

Sommet Japon - Afrique

AFRIQUE - "Merci pour les aides, mais celle qui nous sert est un système de commerces mondiaux plus favorable à nos producteurs" déclarent les pays africains au Sommet Japon-Afrique

http://www.ias.unu.edu/images/articles/Editor/Img/TICAD%20Logo-Official-Colour.jpg

 

Yokohama (Agence Fides)- "Merci pour les aides, mais nous voulons une ouverture commerciale plus grande de la part des pays plus avancés et plus d’investissements dans nos pays".
On peut résumer ainsi la réponse des leaders africains invités à la TICAD (Conférence internationale de Tokyo sur le développement africain) qui se tient du 28 mai au 30 mai à Yokohama (dans les alentours de la capitale japonaise), à l’annonce du gouvernement japonais de redoubler le chiffre d’assistance et de développement en Afrique d’ici 2012, y compris quatre milliards de dollars de prêts à taux préférentiel.
 
People pass under the flags with the logo of the Fourth Tokyo International Conference on African Development (TICAD IV), in Yokohama, Japan, May 27, 2008. The TICAD IV is set to kick off on May 28.
"Je m’engage pour que d’ici 2012, dans cinq ans à partir de maintenant, le Japon redouble ses aides pour le développement du continent africain'',
a affirmé le premier ministre Yasuo Fukuda. Le Japon entend redoubler à dix milliards de dollars les aides et renforcer la coopération technique, également dans le cadre de la coordination au niveau mondial sur la réduction de la dette pour l’Afrique. Tokyo s’est également engagé à aider les pays africains et redoubler en dix ans sa capacité productive de riz pour faire face aux urgences alimentaires.

Mais la logique étroite des aides n’a pas été jugée suffisante par les Chefs d’Etat et de gouvernement africains.
"Nous croyons que la croissance future se trouve dans le commerce, non dans les aides. Sans exclure l’importance des aides, l’amélioration des conditions commerciales pour l’Afrique est d’importance vitale pour garantir sa pleine intégration dans l’économie globale",
a affirmé le président sud-africain, Thabo Mbeki au cours de son discours.

Les pays africains demandent à l’Europe, aux Etats-Unis et au Japon d’investir dans l’économie africaine, dont le taux de croissance en 2007 a été de 5,7%, et de faire en sorte que les produits africains puissent accéder aux marchés les plus riches au juste prix.

Cinquante-deux Etats africains participent au Sommet de Yokohama, dont quarante-quatre sont représentés au niveau de Chef d’Etat, de Premier Ministre ou de Vice-premier Ministre, en plus de différentes organisations internationales, comme l’ONU, l’OMS, etc. La Conférence est organisée par le gouvernement japonais, par l’ONU et la Banque Mondiale. La Conférence entre le Japon et Afrique se tient tous les cinq ans à partir de 1993.

De plus au Japon, deux autres puissances asiatiques, la Chine et l’Inde, organisent régulièrement des sommets avec les pays africains.
 
(Agence Fides 29/5/2008)

20:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, afrique, societe, developpement, solidarite, economie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Congrès eucharistique de Québec: Symposium international de théologie

Symposium international de théologie sur l'eucharistie

Présentation, par le professeur titulaire Raymond Brodeur, du symposium international de théologie sur l'eucharistie, qui se déroulera à Québec les11,12 et 13 juin prochains, précédant le Congrès eucharistique international.

 

 

 

19:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : canada, congres, eucharistie, video, theologie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

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