31.08.2008

Vietnam: dispersion d’une manifestation de catholiques à Hanoi

Prière commune sur le terrain de la paroisse accaparée par l’Etat

 

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Les chrétiens de Ha Dong manifestent devant leur ancien presbytère, confisqué et transformé en bureaux du Comité Populaire

 

ROME, Vendredi 29 août 2008 (ZENIT.org) - La police vietnamienne a dispersé avec brutalité 500 catholiques venus réclamer la libération de quatre membres de leur communauté de Hanoi, rapporte « Eglises d'Asie », l'agence des Missions étrangères de Paris (EDA).

Dans la soirée d'hier, jeudi 28 août, aux environs de 20 heures (heure locale), des forces de police importantes ont dispersé avec une grande brutalité un groupe de plusieurs centaines de catholiques rassemblés pacifiquement et en prière devant le siège de la Sûreté de l'arrondissement de Dong Da, de Hanoi ; des protestataires ont été blessés et certains, semble-t-il, arrêtés.

Quelque temps avant l'intervention policière, environ 500 catholiques de Thai Ha, après avoir participé à la prière commune sur le terrain de la paroisse accaparée par l'Etat, objet du conflit actuel, étaient venus rejoindre un premier groupe de chrétiens déjà en prière devant le siège de la Sûreté pour demander la libération de quatre catholiques arrêtés dans la matinée. Très rapidement, des forces de police ont fait leur apparition, bientôt plus nombreuses que les manifestants. Peu après 20 heures, sortant de voitures de police, des agents muni d'un équipement spécial se sont jetés sur la foule rassemblée, la dispersant à coups de matraque et procédant à de nouvelles arrestations. Les blessés seraient nombreux, parmi lesquels une femme d'un certain âge appartenant à l'ethnie Muong et un religieux rédemptoriste. Pour l'instant, il n'est pas possible de connaître avec exactitude le bilan des blessés et le nombre des nouvelles arrestations.

Après la rencontre entre les représentants de la paroisse de Thai Ha et ceux du Comité populaire de l'arrondissement de Dong Da, ayant eu lieu le 22 août et les encouragements reçus des autorités religieuses (1), la confrontation entre les autorités civiles et la communauté catholique a gagné en intensité. Les séances de prière sur le terrain contesté, transformé désormais en lieu de culte marial, se sont multipliées, avec des participants de plus en plus nombreux.

Le 27 août, un représentant des services de police de l'arrondissement de Dong Da avait annoncé l'ouverture d'une action en justice contre la paroisse pour destruction de biens et troubles de l'ordre public. Le même jour, un certain nombre de paroissiens recevaient des convocations au siège de la Sûreté de l'arrondissement pour interrogatoire et enquête. Quatre des personnes convoquées n'ayant pas répondu à la convocation (la loi leur donne le droit de refuser trois fois) ont été arrêtées à divers moments de la matinée du 28 août et en divers lieux de la paroisse. Ce sont ces arrestations qui ont conduit les paroissiens de Thai Ha jusqu'aux portes du siège de la Sûreté de l'arrondissement pour réclamer, pacifiquement et dans la prière, la libération des prisonniers.

Alors que se déroulaient à Hanoi ces événements, à Saigon, comme l'avait annoncé le supérieur provincial des rédemptoristes dans sa lettre à ses confrères du 24 août dernier, une célébration eucharistique était organisée dans l'église de Notre-Dame du Perpétuel Secours, dans la soirée du même jour, en union avec la communauté catholique de Hanoi.

Plus de 3 000 personnes étaient venues participer à la célébration, parmi lesquelles des représentants de toutes les communautés rédemptoristes du Vietnam, 180 religieux, 22 de leurs supérieurs. Dans les quelques mots qu'il a prononcés, le supérieur provincial a souligné l'élan de solidarité que la lutte des paroissiens de Thai Ha soulevait dans toute l'Eglise au Vietnam, dans l'épiscopat comme dans le clergé et le peuple chrétien.

(1) Voir la dépêche d'EDA sur ce même sujet, diffusée le 27 août 2008.

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La 'christianophobie' définie par Mgr Mamberti

Le Saint-Siège plaide pour la liberté religieuse


ROME, Vendredi 29 août 2008 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège plaide pour la liberté religieuse, violée dans différentes parties du monde, en particulier contre les chrétiens, a déploré Mgr Dominique Mamberti (photo) lors du « Meeting » de Rimini.

 

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Le secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les Etats a évoqué la « christianophobie » dans une intervention sur le thème : « Protection et droit à la liberté religieuse », lors du rassemblement du mouvement « Communion et Libération ».

« La discrimination et l'intolérance envers les chrétiens [...] doivent être affrontés avec la même détermination avec laquelle on combat l'antisémitisme et l'islamophobie », a-t-il déclaré.

Mgr Mamberti souligne également la nécessité d'aider les réfugiés irakiens et, dans les pays européens, où ils se trouvent en tant qu'immigrés en situation irrégulière, normaliser leur statut.

 

rimini

 

La « christianophobie »

Mgr Mamberti a appuyé son exposé sur des exemples comme celui des chrétiens en Inde, ou la situation en Irak, et sur des chiffres : avant 2003, il y avait en Irak environ un million de chrétiens, la moitié seulement se trouve encore dans le pays. L'autre moitié s'est réfugiée dans d'autres pays du Moyen Orient. En 2007, rappelait aussi le représentant du Saint-Siège, 21 missionnaires ont été tués dans différentes parties du monde.

Il a notamment évoqué les violences commises par des groupes extrémistes Hindous dans l'Etat d'Orissa, contre des chrétiens, en tuant 14 personnes et en blessant de nombreuses autres, et contre des lieux de culte, propriété de l'Eglise, qui ont été détruits, ainsi que des habitations privées.

« Le Saint-Siège, a ajouté Mgr Mamberti, ne se lasse pas de souligner que le fondement du droit à la liberté religieuse se trouve dans l'égale dignité de toutes les personnes humaines ».

C'est alors qu'est apparu dans l'exposé la « christianophobie », une expression introduite pour la première fois en 2003 dans une résolution du Troisième comité de la 58e Assemblée générale de l'ONU, et qui comprend des actes de violence, la persécution, l'intolérance, la discrimination, y compris lorsqu'elle est provoquée par des mesures législatives, et la « désinformation » sur le christianisme notamment dans l'éducation.

 

Pas de hiérarchie des intolérances

Dans de nombreux pays, a-t-il déploré, « les chrétiens sont victimes de préjugés, de stéréotypes, d'intolérance, y compris de caractère culturel ».

« Face à de telles situations, on comprend bien que l'efficacité de l'action internationale dépend, dans une bonne mesure, de sa crédibilité, et par conséquent, de son caractère ‘inclusif ‘», a déclaré le représentant du Saint-Siège.

« En d'autres termes, a expliqué le diplomate du Vatican, il serait paradoxal d'omettre d'adopter des mesures concrètes pour garantir aux chrétiens de jouir de la liberté religieuse sans aucune forme de discrimination, ou de créer une sorte de hiérarchie entre les intolérances, alors que l'on cherche justement à éliminer la discrimination et l'intolérance ».

« D'autre part, a fait observer Mgr Mamberti, ce serait aussi une erreur que les communautés religieuses instrumentalisent les mesures légales ou administratives prises à leur encontre, en taxant de discrimination toute mesure légitime prise quant à leur activité ».

 

Le danger d'absolutiser la tolérance

La dignité de l'homme d'où vient l'impératif de sauvegarder la liberté religieuse « se fonde sur la capacité de vérité », a par ailleurs fait observer le « ministre des affaires étrangères » du Saint-Siège.

Mais, ajoutait-il, « absolutiser la tolérance est, au contraire, un retrait devant cette dignité : absolutiser la tolérance signifie en effet la transformer en valeur suprême, mais cela met inévitablement la vérité au second plan et la relativise.

« Renoncer à la vérité remet alors l'homme au calcul du plus fort, de l'utile, de l'immédiat, en privant la personne de sa grandeur », a déclaré Mgr Mamberti.

A la lumière de cette conviction, a-t-il ajouté, « le Saint-Siège a en outre obtenu que, dans le cadre du ‘programme sur la tolérance' de l'OSCE, on ne s'occupe pas exclusivement des phénomènes - certes graves - d'antisémitisme et de discrimination contre les musulmans, mais aussi des épisodes tout aussi inacceptables d'intolérance contre les chrétiens ».

Mgr Mamberti a rappelé l'engagement de Benoît XVI pour que la liberté religieuse soit respectée, et celui de Jean-Paul II, qui y voyait le fondement des autres droits, y compris du droit à la vie. Le rôle de la diplomatie vaticane est aussi de veiller à cette liberté, a-t-il souligné.

 

Pas d'intérêts économiques ou politiques

« La nature religieuse du Saint-Siège et sa vocation universelle font que sa diplomatie ne détermine pas ses priorités sur les bases d'intérêts économiques ou politiques, et qu'elle n'a pas d'ambitions géopolitiques. Les priorités stratégiques de la diplomatie pontificale sont avant tout l'assurance de conditions favorables à l'exercice de la mission de l'Eglise catholique en tant que telle, mais aussi à la vie de foi de ses membres et donc au libre exercice de leurs droits humains et de leurs libertés fondamentales ».

Mgr Mamberti a brossé un tableau de l'activité du Saint-Siège à l'ONU et auprès des institutions internationales pour défendre ce droit, dans sa dimension publique et privée.

Enfin, Mgr Mamberti a souligné que cette liberté religieuse n'a pas seulement une fonction sociale, mais que son centre est de maintenir vivants le sens de Dieu et la référence à la transcendance.

Anita Sanchez Bourdin

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Jean-Baptiste : rendre témoignage à la vérité sans compromis

Martyre de Jean-Baptiste : rendre témoignage à la vérité sans compromis

Le témoignage du Précurseur, selon Benoît XVI

 

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ROME, Vendredi 29 août 2008 (ZENIT.org) - En ce jour de la fête liturgique du martyre de saint Jean-Baptiste, rappelons que le pape Benoît XVI a évoqué son témoignage rendu à la vérité « sans compromis », notamment lors de l'angélus du 24 juin 2007.

Benoît XVI a mis en lumière cette mission de Jean-Baptiste au service de la vérité :

« En tant que prophète authentique, Jean rendit témoignage à la vérité sans compromis. Il dénonça les transgressions des commandements de Dieu, même lorsque leurs auteurs en étaient les puissants. Ainsi, lorsqu'il accusa Hérode et Hérodiade d'adultère, il le paya de sa vie, scellant par le martyre son service au Christ qui est la Vérité en personne. Invoquons son intercession, ainsi que celle de la très sainte Vierge Marie, afin que de nos jours également, l'Eglise sache demeurer toujours fidèle au Christ et témoigner avec courage de sa vérité et de son amour pour tous ».

Benoît XVI soulignait que la vie de Jean-Baptiste a été « entièrement orientée vers le Christ, comme celle de Marie, sa mère ».

« Jean Baptiste, a souligné le pape, a été le précurseur, la ‘voix' envoyée pour annoncer le Verbe incarné. Par conséquent, commémorer sa naissance signifie en réalité célébrer le Christ, accomplissement de la promesse de tous les prophètes dont Jean Baptiste a été le plus grand, appelé à ‘préparer le chemin' devant le Messie (cf. Mt 11, 9-10) ».

Benoît XVI citait son livre « Jésus de Nazareth » qui « part également du baptême de Jésus dans le Jourdain, un événement qui eut un retentissement énorme à l'époque ».

Benoît XVI a souligné comment Jean-Baptiste a reçu la révélation de la divinité du Christ:

« Les gens accouraient de Jérusalem et de toutes les régions de Judée pour écouter Jean Baptiste et se faire baptiser par lui dans le fleuve, après avoir confessé leurs péchés (cf. Mc 1, 5). La réputation du prophète qui baptisait grandit au point que de nombreuses personnes se demandaient si c'était lui le Messie. Mais l'évangéliste précise qu'il nia de manière catégorique : ‘Je ne suis pas le Christ' (Jn 1, 20). Il reste de toute façon le premier ‘témoin' de Jésus, ayant reçu une indication du Ciel à son sujet : ‘Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint' (Jn 1, 33). Ceci se produisit précisément lorsque Jésus, ayant reçu le baptême, sortit de l'eau : Jean vit l'Esprit descendre sur Lui comme une colombe. Ce fut alors qu'il ‘connut' la réalité tout entière de Jésus de Nazareth, et commença à le ‘manifester à Israël' (Jn 1, 31), en le désignant comme Fils de Dieu et rédempteur de l'homme : ‘Voici l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde' (Jn 1, 29) ».

Anita Sanchez Bourdin

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Benoît XVI appelle à prier pour les réfugiés et pour les familles

Benoît XVI appelle à prier pour les réfugiés et pour les familles

Intentions de prière pour le mois de septembre 2008

 

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ROME, Vendredi 29 août 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI demande aux catholiques de prier pour les réfugiés et pour les familles.

L'intention générale de prière du pape pour le mois de septembre est:

« Pour que quiconque est forcé de quitter son foyer et sa patrie pour fait de guerre ou de régime d'oppression reçoive le soutien des chrétiens dans la défense et la protection de ses droits ».

Et l'intention missionnaire de prière du pape pour le mois de septembre est :

« Pour que la famille chrétienne, fidèle au sacrement du mariage, cultive les valeurs de l'amour et de la communion, de façon à former une petite communauté évangélisatrice, ouverte et sensible aux besoins matériels et spirituels de ses frères ».

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La 'question interreligieuse': La contribution de l'Eglise Catholique (fin)

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L'époque après Ratisbonne


            Après la "Leçon" de Ratisbonne, on a vu se manifester deux types de réaction. D'un côté, la réaction la plus bruyante marquée par les foules enragées dans plusieurs pays musulmans. Des phrases extrapolées. Des phrases extrapolées habilement par des éditorialistes occidentaux et mises en circuit dans les moyens d'information, ont mobilisé des milliers de personnes qui n'avaient pas eu, même si elles l'avaient voulu, ni le temps ni la possibilité de lire tout ce que le Pape avait déclaré. Le Saint-Siège a clarifié tout ce que le Pontife avait voulu déclarer, et le Pape Benoît XVI lui-même ne manqua pas une occasion pour réaffirmer sa pensée authentique. Ce qu'étaient les intentions réelles du Pape fut clair pour tous, après la visite en Turquie, et à l'occasion de la visite historique à la Mosquée Sultanahmet, connue sous le nom de Mosquée Bleue, quelques mois après la « Leçon » de Ratisbonne, au mois de novembre 2006.

Une autre réaction, non moins dangereuse, a été la tentative dans le milieu ecclésial de faire passer sous silence, avec une attitude à cheval entre l'embarras et l'indignation, la superficialité avec laquelle le Pontife avait prononcé un tel discours en une période caractérisée par des violences et des intolérances.


Toutefois, cette « Leçon » a eu une conséquence réelle. Les nombreuses manifestations pour la paix et pour le dialogue interreligieux n'ont pas produit autant d'effets qu'une « leçon » mesurée dans les tons, et rigoureuse dans les contenus, a produits. Limitons-nous simplement à donner quelques aperçus brefs sur les conséquences.


Un mois après sa « Leçon » à l'Université de Ratisbonne, une « lettre ouverte » arriva sur le bureau de Benoît XVI ; elle était signée par 38 personnalités musulmanes de différentes, et d'orientations diverses : elle reprend point par point les jugements sur l'islam exprimés par le Pape durant son discours. Les auteurs de la lettre accueillent et apprécient sans réserves les éclaircissements apportés par Benoît XVI après la vague de protestations qui s'est élevée dans le monde musulman plusieurs jours après le discours de Ratisbonne ; en particulier le discours adressé par le Pape aux ambassadeurs de Pays musulmans le 25 septembre, ainsi que le rappel, fait par le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat, dans une note en date du 16 septembre, du document conciliaire « Nostra Aetate ». Et non seulement. Ils condamnent avec des paroles très fermes, l'assassinat en Somalie, dans la ville musulmane de Mogadiscio, de Soeur Leonella Sgorbati, en l'associant ainsi à ces mêmes protestations qui, en ce moment, en étaient à leur apogée. Les auteurs de la lettre apprécient la volonté de dialogue de Benoît XVI. Mais surtout, ils prennent très au sérieux ses thèses. La Lettre des 38 va au-devant précisément de ce que le Pape voulait obtenir par sa « leçon » audacieuse de Ratisbonne : encourager aussi, au sein du monde musulman, une réflexion publique qui puisse dissocier la foi de la violence, et qui la lie en revanche à la raison. Parce que, selon le jugement du Pape, c'est précisément « le caractère raisonnable » de la foi qui est le terrain naturel de rencontre entre le christianisme et les différentes religions et cultures.


-     Un an après cette Lettre, 138 musulmans ont écrit au Pape. Par rapport à la première lettre, la deuxième lettre a élargi le nombre des destinataires. En plus du Pape Benoît XVI, elle est adressées au Patriarche Œcuménique de Constantinople Bartholomée I°, au Patriarche de Moscou, Alexis II, et aux chefs de 18 autres Eglises d'Orient ; à l'Archevêque anglican de Cantorbéry Rowan Williams; aux dirigeants des fédérations mondiales des Eglises luthériennes, réformées, méthodistes et baptistes ; au secrétariat général du Conseil Mondial des Eglises, Samuel Kobia, et, en général « aux dirigeants des Eglises chrétiennes ». Quant au contenu, la première lettre soutenait des positions très nettes en faveur de la liberté de professer sa foi « sans contraintes ». Elle revendiquait le caractère rationnel de l'islam, tout en maintenant ferme la transcendance absolue de Dieu. Elle rappelait carrément les limites mises par la doctrine islamique au recours à la guerre et à l'abus de la violence, en condamnant les « rêves utopiques dans lesquels la fin justifie les moyens ». Et elle se terminait en souhaitant un rapport entre l'islam et le christianisme, fondé sur l'amour de Dieu et du prochain. Les « deux grands commandements » rappelés par Jésus dans l'Evangile de Marc (12, 29-31). La deuxième Lettre part précisément de la conclusion de la première, et la développe. Les commandements de l'amour de Dieu et du prochain - présents dans le Coran et dans la Bible - sont « la parole commune » qui offre à la rencontre entre l'islam et le christianisme « la base théologique possible la plus solide ».


-     6 novembre 2007: le Pape reçoit au Vatican le Roi Abdullah d'Arabie Saoudite. Le Royaume d'Arabie Saoudite n'a pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège. La visite du Roi Abdullah au Vatican, la première de ce genre, fut ainsi un événement historique. L'Arabie représente aujourd'hui l'autorité la plus reconnue dans le monde islamique « sunnite », pour des raisons historiques (c'est là qu'est né l'islam), et pour des motifs « socio-économiques » : le Pays aide financièrement presque tous les peuples musulmans. Le communiqué du Vatican qui en rend compte, fut bref et dense : « Les entretiens se sont déroulés dans un climat de cordialité et ont permis de toucher des thèmes qui tiennent au cœur des interlocuteurs. En particulier, on a rappelé l'engagement en faveur du dialogue interculturel et interreligieux, finalisé à la cohabitation pacifique et fructueuse entre les hommes et les peuples, et la valeur de la collaboration entre les chrétiens, les musulmans et les juifs, pour la promotion de la paix, de la justice et des valeurs spirituelles et morales, et en particulier pour ce qui concerne le soutien à la famille ».


Un regard superficiel sur la "Leçon" de Ratisbonne sembla être la pierre tombale du dialogue entre l'islam et le christianisme, mais a montré, à notre avis, qu'elle était un tournant dans le domaine du dialogue.



Conclusion


            Nous pourrions conclure en affirmant que, pour rendre efficace le dialogue en le faisant devenir un instrument et non pas la fin, il faut se débarrasser  de la conviction que c'est seulement en renonçant à témoigner de sa propre identité qu'il peut y avoir la paix, le respect de l'autre. Ce n'est pas là la méthode qu'a enseignée Jésus : il allait au-devant de tous, il parlait avec tous, il faisait du bien à tous, sans renoncer à préciser la raison pour laquelle il était venu dans le monde : être témoin du Père. L'Eglise, dans la ligne de son Maître, a maintenu la même méthode : apporter à l'homme de chaque époque, l'annonce de l'Incarnation du Verbe, sa Passion, sa Mort et sa Résurrection. A titre d'exemple, nous présentons l'expérience de dialogue adoptée par une des personnalités les plus exceptionnelles de l'Histoire de l'Eglise : saint François d'Assise. La période historique dans laquelle il vécut n'était certes pas des plus pacifiques : guerres entre communes, croisades. Dans un contexte de ce genre, nous voulons indiquer une des épisodes les plus significatifs de la vie du Saint d'Assise : la rencontre en François et le Sultan d'Egypte. L'épisode est rapporté dans la Grande Légende de Saint Bonaventure de Bagnoregio. Treize ans après sa conversion, saint François d'Assise partit pour l'Orient. Durant ce pèlerinage, il voulut rencontrer le Sultan, alors qu'un conflit très dur était en cours entre les Chrétiens et les Sarrasins. Les rapports s'étaient tendus par la publication d'un édit su sultan, selon lequel tous ceux qui auraient apporté la tête d'un chrétien auraient reçu une récompense en or.


Pendant la trêve qui eut lieu entre la fin du mois d'août et la fin du mois de septembre 1219, François fut interrogé devant le Sultan Melek-el Kaamel, sur son but, et à quel titre il se présentait. Le Saint d'Assise, « avec un cœur intrépide répondit qu'il avait été envoyé non par des hommes, mais par le Dieu Très-Haut, pour lui montrer, ainsi qu'à son peuple, la voie du salut, et pour annoncer l'Evangile de la vérité. Il prêcha au Sultan le Dieu Un et Trine et le Sauveur de tous, Jésus-Christ »[32].


            Cet épisode présente une méthode particulière de mener le dialogue. Une méthode qui a continué au long des siècles, et qui continue à être adoptée par les disciples de saint François. Que l'on pense simplement à ce qu'a été et à ce qu'est la Custodie de Terre Sainte qui, avec les Franciscains, représentent une œuvre de dialogue constant entre les deux majorités, juive et musulmane, qui rendent la vie difficile à la minorité chrétienne sur la terre de Jésus. Et ainsi, comme dans le passé, de nombreuses oeuvres d'assistance et d'éducation, dirigées par les Franciscains, n'ont pas été seulement destinées au soutien d'une communauté chrétienne qui était pourtant dans le besoin, mais sont ouvertes aux musulmans. Nous trouvons une œuvre analogue dans l'activité de Mère Teresa de Calcutta. Elle a fait de son œuvre de Charité une action interreligieuse constante ; elle n'a jamais subordonné l'action caritative à la conversion des hindous à la religion chrétienne, mais elle n'a jamais renoncé à déclarer ouvertement que Celui qui dirigeait ses pas était le Christ. Ou encore l'action pastorale de l'Abbé Andrea Santoro, assassiné récemment en Turquie.


            C'est là une forme de dialogue à laquelle nous ne sommes pas habitués, parce que, aujourd'hui, on rencontre de manière courante l'idée selon laquelle le dialogue est d'autant plus vrai s'il abandonne le caractère spécifique de sa propre identité, pour éviter, ainsi pense-t-on, d'offenser l'interlocuteur. En effet, une étrange conviction s'est infiltrée même dans le monde catholique, selon laquelle les conflits naissent précisément à cause de l'affirmation des identités. A ce point, il faut s'entendre sur ce que veut dire « identité ». Si par ce mot on veut parler de l'idée d'utiliser sa propre foi ou son propre point de vue comme un drapeau à brandir pour ses propres buts, il est aisé que cette idée se transforme facilement en idéologie : dans ce cas, on veut posséder la Vérité et non pas en être les serviteurs. Mais si, par identité, on veut parler du témoignage rempli d'amour de l'expérience de foi que l'on vit, dans la tentative toujours renouvelée de la manifester par les œuvres de charité, alors, il n'y a pas de risque d'intolérance. Les documents qui ont été présentés ci-dessus, ont voulu souligner que le but d'un témoignage de foi, c'était de rendre la vie des hommes moins difficile. Du bien de la seule personne au bien plus ample de la société. Comment ne pas rappeler la phrase de Jésus : « Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver ».


            Sans être disciples de quelqu'un, il est difficile de pouvoir dialoguer. Cela vaut pour n'importe qui, quelle que soit la foi à laquelle il adhère. Il nous semble que l'Eglise continue à avoir le courage de se servir de paroles comme personne, famille, éducation, vérité, amour, simplement parce qu'elle est consciente d'être la continuité historique de l'Emmanuel le Dieu-avec-nous, qui essaie tout pour que l'homme devienne toujours plus ce qu'il doit être. Sa mort sur la Croix, une fois pour toutes, est l'image d'un amour sans limites, qui s'adresse aussi à ses bourreaux.


            Le discours du dialogue est malheureusement devenu beaucoup trop confus, parce qu'on a voulu le séparer de celui de la Vérité en faisant naître dans la mentalité commune l'idée erronée d'une opposition entre les deux pôles de la question. Enlever à une religion l'idée de Vérité, veut dire enlever la matière première avec laquelle on peut construire quelque chose. Le danger du fondamentalisme consiste précisément à avoir exclu la possibilité qu'il existât une Vérité, et que cette Vérité ait la possibilité de se communiquer à l'homme. Les signes d'espérance ne manquent pas : les derniers Pontificats, y compris le Pontificat actuel, ont eu comme caractéristique le désir de construire des ponts avec la culture contemporaine, dans la tentative de dépasser les clôtures construites de manière structurelle, entre laïcs et croyants, et entre les croyants des différentes religions. L'avenir de paix, de dialogue, de concorde entre les hommes ne réside pas dans l'effort, toujours tenté au long des siècles, mais surtout dans ce siècle à peine commencé, d'annuler la religion, mais dans l'effort de vivre jusqu'au fond la Vérité profonde de sa propre expérience religieuse. Le chrétien, au fond, sait que, depuis que Dieu s'est fait homme, depuis que le Verbe s'est fait chair, rien ni personne ne lui sont étrangers, et ont, même si c'est de façon mystérieuse, quelque lien avec Jésus-Christ, le visage de Dieu


__________________________________________________________________________________


Dossier réalisé di N.L. - Agence Fides 6/8/2008; Directeur Luca de Mata



 

 

[32]             Leggenda Maggiore, San Bonaventura da Bagnoregio

 

 

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Monter dans le train de la vie

Commentaire de l’évangile du dimanche 31 août, par le P. Cantalamessa


ROME, Vendredi 29 août 2008 (ZENIT.org).- Nous publions ci-dessous le commentaire de l'Evangile du dimanche 31 août, proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 16, 21-27)

Pierre avait dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » À partir de ce moment, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t'en garde, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s'il le paye de sa vie ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ?
Car le Fils de l'homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.

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Si quelqu'un veut marcher derrière moi , qu'il renonce à lui-même

Dans l'Evangile de ce dimanche nous écoutons Jésus qui dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera ».

Que signifie « renoncer à soi-même ? » Et avant tout, pourquoi renoncer à soi-même ? Nous connaissons l'indignation que suscitait chez le philosophe Nietzsche cette question de l'Evangile. Je commence par répondre par un exemple... Au cours de la persécution nazie de nombreux trains chargés de juifs partaient de toute l'Europe vers les camps d'extermination. Ils étaient amenés à monter avec de fausses promesses d'être conduits dans des lieux meilleurs pour leur bien, alors qu'ils allaient à leur perte. Il arrivait parfois que lors de l'arrêt du convoi quelqu'un qui connaissait la vérité, alerte de manière cachée les passagers : descendez, fuyez, et certains réussissaient à se sauver.

L'exemple est un peu fort, mais il exprime quelque chose de notre situation. Le train de la vie sur lequel nous voyageons se dirige vers la mort. Sur ce point au moins, il n'y a pas de doute. Notre moi naturel, étant mortel, est destiné à prendre fin. Ce que l'Evangile nous propose quand il nous exhorte à renoncer à nous-mêmes, c'est de descendre de ce train et de monter sur un autre qui conduit à la vie. Le train qui conduit à la vie est la foi en celui qui a dit : « Qui croit en moi, même mort vivra ».

Paul avait réalisé ce « transbordement » et le décrit ainsi : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi ». Si nous assumons le moi du Christ nous devenons immortels parce que lui, ressuscité de la mort, ne meurt plus. Voilà le sens des paroles à peine entendues : « Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera ». Il est alors clair que renoncer à soi-même n'est pas une action masochiste, et de renoncement, mais l'élan courageux le plus intelligent que nous n'ayons jamais réalisé dans notre vie.

Nous devons toutefois immédiatement apporter une précision. Jésus ne demande pas de « renoncer à « ce que nous sommes », mais à ce que « nous sommes devenus ». Etant à l'image de Dieu, nous sommes donc quelque chose de « très bon », comme le dit Dieu lui-même après avoir créer l'homme et la femme. Ce à quoi nous devons renoncer n'est pas ce qu'à fait Dieu, mais ce que nous avons fait de nous-mêmes, en faisant un mauvais usage de notre liberté. En d'autres termes, les mauvaises tendances, le péché, toutes choses qui sont comme des incrustations venues après et superposées à l'original.

Il y a quelques années, on découvrait au fond de la mer, au large des côtes ioniques, deux masses informes qui avaient une vague ressemblance avec des corps humains, recouvertes d'incrustations marines. Elles furent ramenées à la surface et patiemment nettoyées. Aujourd'hui il s'agit des célèbres « Bronzes de Riace », qui se trouvent dans le musée de Reggio Calabre, et comptent parmi les sculptures les plus admirées de l'antiquité.

 

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Les bronzes de Riace (découverts en mer Adriatique en 1975)

 

Ce sont des exemples qui nous aident à comprendre l'aspect positif qui se trouve dans la proposition évangélique. Nous ressemblons, en esprit, à ces statues avant leur restauration. La belle image de Dieu que nous devrions être, est recouverte des sept couches qui sont les sept péchés capitaux. Peut-être n'est il pas superflu de les rappeler au cas ou nous les aurions oubliés. Ce sont : la paresse, l'orgueil, la gourmandise, la luxure, l'avarice, la colère, l'envie. Saint Paul appelle cette image défigurée « l'image terrestre », par opposition à « l'image céleste » qui est la ressemblance avec le Christ.

 

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« Renoncer à soi-même » n'est donc pas une action pour la mort, mais pour la vie, pour la beauté et pour la joie. C'est aussi un moyen d'apprendre le langage du véritable amour. Imagine, disait un grand philosophe du siècle dernier, Kierkegaard, une situation purement humaine. Deux jeunes s'aiment. Toutefois ils appartiennent à deux peuples différents et parlent deux langues totalement différentes. Si leur amour veut survivre et grandir, il est nécessaire que un des deux apprenne la langue de l'autre. Autrement ils ne pourront pas communiquer et leur amour ne durera pas.

Ainsi en est-il entre Dieu et nous, commentait-il. Nous parlons le langage de la chair, lui celui de l'esprit ; nous celui de l'égoïsme, lui celui de l'amour. Renoncer à soi-même c'est apprendre la langue de Dieu pour pouvoir communiquer avec lui, mais c'est aussi apprendre la langue qui nous permet de communiquer entre nous. L'on ne peut pas ètre capables de dire des « oui » à l'autre, à commencer pare son propre conjoint, si l'on n'est pas capable de se dire des « non » à soi-même. Pour demeurer dans le cadre du mariage, de nombreux problèmes et échecs dans le couple dépendent du fait que l'homme ne s'est jamais préoccupé vraiment d'apprendre le moyen d'exprimer l'amour de la femme, et la femme celui de l'homme. De même quand il parle de renoncement de soi, l'Evangile, comme l'on voit, est beaucoup moins éloigné de la vie qu'on ne le croit.

18:09 Écrit par Père Walter dans Homélies 2007-2008 (année A) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bible, ecriture, liturgie, eucharistie, homelies, evangile | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Dieu veut te parler: Homélie 22 T.O.A 2008 : Petit Traité de la Vraie Dévotion (Rm 12, 1-2)

Saint Paul vécut au 1er siècle, à une époque où les principales religions étaient toutes païennes. Ces religons païennes étaient basées sur la croyance en l'efficacité magique de rituels purement extérieurs, comme, par exemple, des sacrifices d'animaux. On brûlait aussi des semences, on répandait du vin, ou encore on exécutait des dances, des prières, des musiques rituelles. Mais toujours, l'efficacité du culte, le supposé pouvoir d'attirer sur l'auteur de ces actions les faveurs du faux dieu, dépendait de l'exécution exacte du rituel, un peu comme les exercices imposés lors du concours de gymnastique aux Jeux Olympiques. Si le rituel n'était pas exécuté avec exactitude, l'auteur recevait une mauvaise note. La divinité était alors censée rester indifférente, ou bien se mettre en colère.

Cette insistance exclusive sur l'exactitude des rites avait aussi contaminé les pratiques juives de l'époque. C'est pourquoi, dans ses écrits, saint Paul met constamment en garde les premiers chrétiens ...


Pour lire la suite de l'homélie :

Music for paradise - Music for the soul

 

 

Chant « Music for Paradise » est un album dans la plus pure tradition du chant grégorien.


heiligenkreuz

Ernst Weiss/European Pressphoto Agency

 

Enregistré mi avril de cette année par les moines de l’Abbaye Cistercienne de Stift Heiligenkreuz au coeur de la forêt viennoise, ce disque est né d’une incroyable histoire.


 

En février dernier, Universal Classics and Jazz International fait passer une annonce dans diverses parutions religieuses (The Catholic Times, The Church Times, The Universe…). Conscient de l’engouement général pour ce genre de musique (le succès du célèbre jeu vidéo Halo est très parlant), UCJAbbaye de Stift

Heiligenkreuz recherche les plus belles voix religieuses d’aujourd’hui. Les démos affluent de toute l’Europe, aussi bien d’octogénaires que d’adolescents, et le dernier jour des inscriptions UCJ reçoit, par mail, un lien vers une vidéo du choeur des moines de l’ YouTube ! La décision est immédiate : leur sonorité surpasse toutes les propositions reçues. 

 

 

Le pape Benoît XVI lors de sa visite à l’Abbaye en septembre 2007 avait d’ailleurs souligné qu’il s’agissait des plus beaux chants grégoriens qu’il ait jamais entendus.

 

 

Depuis, ce clip a été visionné des dizaines de milliers de fois sur la toile, créant un buzz immédiat autour de ce projet unique !

 

 

06:18 Écrit par Père Walter dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, vie consacree, chant gregorien, hit, cd | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

30.08.2008

La 'question interreligieuse': La contribution de l'Eglise Catholique (4)

 

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Le tournant de Ratisbonne

 

La Leçon de Benoît XVI à l'Université de Ratisbonne


            Les événements du 11 septembre 2001, avec leur caractère tragique, ont mis définitivement en crise une idée du dialogue interreligieux qui, en trahissant la complexité de la question telle qu'elle a été énoncée par le Concile Vatican II et par les Pontifes de ces dernières décennies, et en particulier par Jean Paul II, en est arrivé par rabaisser l'aspect spécifique que la foi chrétienne a apportée au cours des siècles


            Le modèle de multiculturalisme pacifiste a trouvé dans les attentats de New-York un obstacle non prévu par les partisans du dialogue sans identité. Les attaques terroristes ne commencent certainement pas avec le 11 septembre. Elles ont trouvé toutefois, dans cette image de mort, macabre et spectaculaire, l'image du nihilisme destructeur. Dans ces Tours qui se sont littéralement désintégrées, il y avait environ trois mille personnes ? Tous des chrétiens ? Etait-ce une attaque d'islamistes qui avaient pour but un repaire de chrétiens assoiffés de pouvoir et d'argent pour posséder le monde ? Rien de tout cela : c'étaient des hommes et des femmes de toutes ethnies, races, et religions, qui se rendaient en cet endroit, en quittant épouse, mari, enfants, parents, pour pouvoir trouver par leur travail, leur propre réalisation et soutenir le prochain.


            On a assisté à une sorte d'holocauste qui ne visait par une ethnie, comme cela s'est passé tragiquement dans le passé, mais l'homme en tant que tel. Quelle est la réponse la plus adaptée pour faire face à un tel opprobre ? Une guerre préventive pour tenter d'effacer, jusqu'au dernier, ceux qui seraient disposés à se faire sauter ? Eduquer les jeunes générations à découvrir chez les fidèles d'autres religions un danger toujours aux aguets ? Continuer dans la ligne du multiculturalisme qui met toutes les religions sur un même plan, dans l'attente d'une super religion mondiale capable de mettre ensemble tous les meilleurs aspects de chacune ? On aurait pu être fascinés par de semblables hypothèses, si elles n'avaient pas été démenties par les faits, en particulier lors des dernières décennies. Il semble que le point fondamental pour le dialogue interreligieux doive être recherché dans la distinction entre foi et culture, et combien une foi est en mesure d'entrer en relation avec n'importe quelle culture. Il nous semble que la question a été abordée avec une extrême clarté dans un livre récent du Pape benoît XVI, alors Cardinal Joseph  Ratzinger [25]. Dans cet ouvrage, au Chapitre intitulé « Foi, Religion et Culture », le Cardinal, en partant de la capacité universaliste du christianisme, insiste sur la distinction de la signification des termes en question, en mettant ainsi en lumière le fait que la superposition de ces aspects peut amener à ne pas comprendre ce qui est lié au système de foi d'une religions déterminée, de ce qui constitue le revêtement culturel de cette même religion. A un certain point, il se demande : « Qu'est-ce qui peut lier des cultures entre elles, de telle manière qu'elles ne soient, pour ainsi dire, cousues l'une avec l'autre, mais que, de leur rencontre, naisse une fécondation intime et une purification ? » [26].


Cela nous fait comprendre que, dans le dialogue, elle n'a pas de valeur la tentative de l'homme, même digne d'éloges, de mettre ensemble cultures, religions, ethnies différentes, l'une accolée à l'autre, même au sein « d'enclos » sans aucune possibilité de communication réciproque. Ce fut pour beaucoup une surprise amère de découvrir l'identité des artisans de l'attentat d'il y a quelques années dans la Ville de Londres. Il ne s'agissait pas de personnes qui provenaient de camps d'entraînement afghans ou iraniens, mais de personnes qui étaient nées, qui avaient grandi, et qui avaient été « éduquées » dans la ville même de Londres. Des gens qui ont fréquenté les mêmes écoles que les victimes. Pendant de trop nombreuses décennies, on a cru naïvement qu'il suffisait d'accueillir dans nos villes des personnes appartenant à d'autres cultures et à d'autres religions, sans se préoccuper d'entrer véritablement en relation avec elles. En revanche, le moyen qui peut aider véritablement une rencontre bénéfique entre des cultures différentes « ne peut être que la vérité commune sur l'homme, dans laquelle est toujours en jeu la vérité sur Dieu et sur la réalité la réalité  dans son ensemble complexe. Plus une culture est conforme à la nature humaine, plus elle est élevée, plus elle aspirera à la vérité qui, jusqu'à un certain point, lui était restée fermée, plus elle sera capable d'assimiler cette vérité et de s'identifier avec elle » [27].


            Il nous semble toutefois que le véritable tournant sur la question du dialogue entre les religions, doit être cherché dans la « Leçon » que le Pape Benoît XVI a donnée à l'Université de Ratisbonne. En effet, à cette occasion, le Pontife a relié la question de la foi à la raison. Il a introduction sa « leçon » en reprenant le dialogue, qui a eu, lieu probablement en 1931 à Ankara, entre l'Empereur Byzantin Michel Paléologue, et un Perse cultivé, sur le christianisme et l'islam, et sur la vérité des deux religions. Un dialogue dans tout le domaine portant sur le milieu des structures de la foi contenues dans la Bible et dans le Coran, en s'arrêtant surtout sur l'image de Dieu et de l'homme dans l'Ancien testament, dans le Nouveau Testament, et dans le Coran. Dans l'une des parties du dialogue, édité récemment, et cité par le Pape dans la Leçon à l'Université allemande, l'empereur touche le thème de la « djihad », de la guerre sainte. Benoît XVI, après avoir pris ses distances de la pensée de Michel Paléologue sur Mahomet, retient toutefois un point fondamental, en déclarant : « Après s'être prononcé de manière si peu amène, l'empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison. Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme. ‘Dieu ne prend pas plaisir au sang, dit-il, et ne pas agir selon la raison (‘σύν λόγω') est contraire à la nature de Dieu. La foi est fruit de l'âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace... Pour convaincre une âme douée de raison, on n'a pas besoin de son bras, ni d'objets pour frapper, ni d'aucun autre moyen qui menace quelqu'un de mort...' » [28].


            Le point focal de toute la Leçon a été précisément cette déclaration de Michel Paléologue, selon lequel, ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. Loin d'être une attaque, comme beaucoup, dans le monde musulman l'ont malheureusement compris, il s'agissait du point de départ d'un discours articulé qui amenait le Pontife à faire un parcours historico-philosophique synthétique mais efficace, réalisé dans monde occidental, de déshellénisation de la foi chrétienne en réduisant le rôle de la raison dans son rapport avec la foi chrétienne, en affaiblissant, en conséquence la valeur également de la raison même. La réflexion du Pontife, en prenant comme prétexte le dialogue entre les deux représentants du christianisme et de l'islam au XIV° siècle, arrivait à la marginalisation de la théologie et de la philosophie comme méthode de connaissance. Benoît XVI, en rappelant la grave responsabilité de la pensée occidentale pour avoir rendu ce mauvais service à la raison, dans la tentative d'arriver à une approche de la foi sans le « filtre », et en finissant ainsi par la reléguer dans le domaine du subjectivisme, ne souhaitait pas que l'on retourne en arrière, c'est-à-dire avant que ce parcours se soit manifesté, et déclarait : « Il n'est pas question de recul ni de critique négative, mais d'élargissement de notre conception et de notre usage de la raison. Car, tout en nous réjouissant beaucoup des possibilités de l'homme, nous voyons aussi les menaces qui surgissent de ces possibilités et nous devons nous demander comment les maîtriser. Nous ne le pouvons que si foi et raison se retrouvent d'une manière nouvelle, si nous surmontons la limitation auto décrétée de la raison à ce qui est susceptible de falsification dans l'expérience et si nous ouvrons de nouveau à la raison tout son espace. Dans ce sens, la théologie, non seulement comme discipline d'histoire et de science humaine, mais spécifiquement comme théologie, comme questionnement sur la raison de la foi, doit avoir sa place dans l'Université et dans son large dialogue des sciences. C'est ainsi seulement que nous devenons capables d'un véritable dialogue des cultures et des religions, dont nous avons un besoin si urgent » [29].

            L'homme d'aujourd'hui n'a pas besoin que l'on censure quelque chose de tout ce qui peut servir à une vie digne d'être vécue. Les problèmes son multiples et complexes : de la survie de millions de personnes qui risquent de mourir de faim, aux guerres interethniques  et globales, du manque de respect de la vie à l'hédonisme qui se répand et qui caractérise le mode de vie d'une bonne partie de la population mondiale. C'est pourquoi pour l'homme d'aujourd'hui retourner à « écouter les grandes expériences et les grandes convictions des traditions religieuses de l'humanité, et spécialement celles de foi chrétienne, est une source de connaissance » [30]. Il n'est plus possible de s'attarder sur les limites qui ont parfois caractérisé dans le passé les tentatives humaines d'appliquer l'Evangile aux circonstances de la vie, et qui ont vu malheureusement comme protagonistes négatifs de nombreux hommes d'Eglise également. A ce sujet, le Pape, reprenant dans son discours des paroles de Socrate à Phédon, déclare : ‘Dans les dialogues précédents, beaucoup d'opinions philosophiques erronées avaient été traitées, maintenant Socrate dit : « On comprendrait aisément que, par dépit devant tant de choses fausses, quelqu'un en vienne à haïr et à mépriser tous les discours sur l'être pour le reste de sa vie. Mais de cette façon, il se priverait de la vérité de l'être et pâtirait d'un grand dommage'. Depuis longtemps, l'Occident est menacé par cette aversion pour les interrogations fondamentales de la raison et il ne pourrait qu'en subir un grand dommage » "[31]. En suivant la position donnée par le Pontife, il nous semble comprendre que la difficulté d'entreprendre un parcours correct dans la dialogue interreligieux ne réside pas tellement dans le manque d'ouvertures à ce qui est différent et qui est toujours souhaitable et urgent, mais d'avoir fait du dialogue la fin et non pas le moyen. On a pensé pendant trop longtemps que c'était seulement en vidant de sa signification toute expérience porteuse d'identité, que l'on aurait en mesure de dialoguer avec n'importe qui. En réalité, seule une raison capable de s'ouvrir à la réalité dans toute son ampleur, peut vraiment découvrir la grandeur des expériences religieuses authentiques, capable donc d'affirmer que « ne pas agir selon la raison, est contraire à la nature de Dieu ».

 

 

[25]             Joseph Ratzinger, Fede, Verità, Tolleranza, Cantagalli, Siena, 2003

[26]             Joseph Ratzinger, op. cit. p. 68

[27]             Ibidem pp. 68-69

[28]             Benedetto XVI, Incontro con i rappresentanti della scienza, Fede, ragione e università. Ricordi e riflessioni. Aula Magna dell'Università di Ratisbonne, 12 settembre 2006.


[29]             Ibidem

[30]             Ibidem

[31]             Ibidem


 

 

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07:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religions, dialogue, evangelisation, eglise, pape | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Dieu veut te parler: Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire A

Livre de Jérémie (Jr 20, 7-9)

20
07  Seigneur, tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire ;
tu m'as fait subir ta puissance,
et tu l'as emporté.
A longueur de journée je suis en butte à la raillerie,
tout le monde se moque de moi.
08  Chaque fois que j'ai à dire la parole,
je dois crier,
je dois proclamer :
« Violence et pillage ! »
A longueur de journée, la parole du Seigneur
attire sur moi l'injure et la moquerie.
09  Je me disais : « Je ne penserai plus à lui,
je ne parlerai plus en son nom. »
Mais il y avait en moi comme un feu dévorant,
au plus profond de mon être.
Je m'épuisais à le maîtriser,
sans y réussir.



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