27.02.2009

La Guadeloupe et les vieux démons de la France outre-mer


La crise que traverse la Guadeloupe — et qui pourrait gagner d’autres parties de l’outre-mer français — ne peut être comprise sans prendre en compte quelques données fondamentales de l’économie de ces territoires.

Une économie qui demeure très spécifique même si l’on écarte les vieux schémas aujourd’hui dépassés : bien qu’exigus et de forte densité (à l’exception de la Guyane qui a au contraire une densité très faible mais qui rencontre des problèmes analogues), les DOM-TOM ne sont pas surpeuplés et leur natalité est aujourd’hui faible [1].



Une économie sous perfusion

Le revenu par tête y est très au-dessus de celui des autres îles des Caraïbes, de l’Océan indien, ou du Pacifique. Cela grâce à une aide importante de la métropole qui emprunte les canaux les plus divers : salaire des fonctionnaires (nombreux et rémunérés 40 % de plus qu’en métropole, avantage initialement consenti aux métropolitains expatriés puis étendu aux locaux), RMI, équilibre des caisses de Sécurité sociale, dotations aux collectivités locales – et de l’Europe qui subventionne les grands investissements. S’y ajoute l’attrait de la loi Pons pour les investissements privés défiscalisés, essentiellement immobiliers. Ces données fortes excluent, sauf vent de folie, toute idée d’indépendance.

Sans ces aides, la balance des paiements serait gravement déséquilibrée. Elles représentent environ 20 % du PIB mais, si l’on ne prend pas en compte les services locaux qui fonctionnent comme partout en circuit fermé, le taux serait d’au moins 80 %. En Guadeloupe, les exportations ne couvrent que 7 % des importations.

Cette situation que d’aucuns qualifient d’artificielle a plusieurs effets. Le premier est de tirer les salaires à la hausse par rapport aux pays indépendants de la zone ou aux pays du tiers-monde en général. Un tel différentiel se justifierait si l’économie antillaise, réunionnaise ou polynésienne était très hautement productive mais ce n’est pas le cas. Le second effet est qu’il est difficile de maintenir dans l’outre-mer français des activités économiques rentables en dehors de celles qui sont destinées au marché intérieur et sont donc à l’abri de la concurrence (commerce, services, construction, travaux publics), activités qui elles-mêmes s’effondreraient si la consommation n’était soutenue par les transferts de métropole. Les secteurs productifs susceptibles d’apporter des devises nettes : banane, sucre, rhum, sont en crise et menacés par la pression de l’OMC tendant à abolir les débouchés protégés dont ils disposaient en Europe.

C’est sur ces critères que l’on a longtemps opposé l’économie protégée de la Réunion avec celle de l’île Maurice laquelle, ne bénéficiant pas d’aide extérieure, a pu développer grâce à ses bas salaires, une industrie textile efficace (mais bien des petits États indépendants de la zone caraïbe, très pauvres, continuent de stagner : la Dominique a demandé une fois à devenir un DOM !). En tous les cas, rien de comparable au développement industriel de Maurice à espérer pour nos territoires. Reste le tourisme ; mais pour les mêmes raisons, le rapport qualité/prix y souffre de la comparaison avec certains pays voisins. La conséquence de tout cela est un taux de chômage élevé : 27 % de la population active en Guadeloupe (pour 8 % en métropole). Ces considérations expliquent la réticence du patronat local à accorder des augmentations de salaire, lesquelles, si elles n’étaient pas compensées par de nouveaux allègements de charges, aboutiraient à appauvrir encore le tissu économique local et donc à aggraver le chômage.



Un vrai problème de pouvoir d’achat

Malgré des salaires très au-dessus de leur environnement, les départements français ne rencontrent pas moins un réel problème de pouvoir d’achat. D’abord parce que, si les fonctionnaires perçoivent sensiblement plus qu’en métropole, les salariés du secteur privé sont au contraire moins bien rémunérés : 1000 € de moins pour le salaire médian. Inutile de les comparer aux habitants des pays indépendants qui les entourent : les ultramarins français ont un mode de vie très différent du leur : les crédits à la consommation, les loyers élevés rendent, comme en métropole, les budgets familiaux inélastiques à la baisse.

Surtout le coût de la vie est très au-dessus de celui de la métropole, la différence variant d’un territoire à l’autre autour de 50 %.

À cette cherté de la vie, deux raisons. L’une est légitime : l’isolement rend pour beaucoup de produits, le coût d’approvisionnement élevé. L’autre ne l’est pas : l’économie de ces îles est encombrée de monopoles à l’importation extrêmement lucratifs qui, tout en tirant le coût de la vie à la hausse découragent la production locale. L’eau minérale importée d’Europe est, à la Réunion, moins chère que celle qui provient de sources locales ! Ces monopoles concernent notamment les transports aériens où les compagnies low-cost n’ont guère accès, l’énergie – où l’électricité et les hydrocarbures sont hors de prix. Ils peuvent porter des noms connus : Air France, EDF, Total, mais sont aussi le fait de grossistes appartenant le plus souvent à la minorité blanche et influents dans les allées du pouvoir métropolitain. À leur manière, certains syndicats, comme celui des dockers, font partie de ces monopoles abusifs. Les énergies douces (éoliennes, solaire) qui pourraient trouver dans l’outre-mer un terrain de prédilection ne sont guère encouragées.

Il est difficile de dire jusqu’à quel point ces monopoles sont liés à des pouvoirs locaux de plus en plus autonomes et proliférants. De manière absurde, les quatre départements d’outre-mer ont aussi le statut de région, disposant chacun de deux assemblées élues concurrentes [2] : un conseil régional et un conseil général dont les fonctionnaires, nombreux, s’ajoutent à ceux de l’État et des communes. La légèreté avec laquelle sont prises certaines décisions concernant l’outre-mer est inconcevable : l’an dernier, un poste de député et un poste de sénateur ont été attribués à l’île de Saint-Barthélémy (8500 habitants en majorité blancs) alors que la Guadeloupe voisine, en majorité noire, n’ a que quatre députés et trois sénateurs pour 450 000 habitants — heureusement le Conseil d’État a atténué cette anomalie.

La décentralisation n’en a pas moins eu dans ces territoires les mêmes effets pervers qu’en métropole : émergence de féodalités locales, inflation des dépenses publiques, corruption, rétrécissement des horizons. Dans cette ambiance confinée, les entrepreneurs venus d’ailleurs trouvent difficilement des oreilles attentives quand la société locale ne conjugue pas ses efforts pour leur miner le terrain.



Les problèmes français exacerbés

En résumé, l’outre-mer connaît de manière exacerbée les problèmes qui sont aujourd’hui ceux de la France : la perte de compétitivité du fait d’une monnaie (l’euro, sauf dans le Pacifique) au cours trop élevé, inadaptée à leur niveau de productivité, la multiplication des féodalités publiques, l’hypertrophie de la fonction publique d’État et locale et en conséquence un taux de chômage élevé, que les aides sociales contribuent à entretenir tout en en atténuant les effets. S’ajoutent à cela les effets proprement spécifiques de l’isolement et des monopoles. Fonctionnaire local en charge du chômage [3], le chef du LKP, Elie Domota, se trouvait professionnellement au cœur des problèmes de l’outre-mer.

Il se peut que ces problèmes se soient trouvés exacerbés en Guadeloupe, longtemps tenue pour le parent pauvre des Antilles et où le taux de chômage est plus le plus élevé. De manière significative; la présence militaire de l’État y est plus faible (non que ces militaires aient une quelconque responsabilité en matière de maintien de l’ordre mais nos forces armées mises à contribution après le passage des cyclones ou autres catastrophe naturelles, constituent un lien avec la métropole).

La Martinique, qui dispose d’une élite significative, largement métissée, revendicative, particulièrement sensible à la mémoire coloniale mais cultivée, semble à ce jour plus stable.

La Guyane, moins peuplée et adossée à une immense forêt vierge, redynamisée par le centre spatial de Kourou connaît des problèmes spécifiques comme une immigration clandestine incontrôlée (que l’on retrouve à Mayotte).

La Réunion, la plus peuplée des régions d’outre-mer est aujourd’hui plus dynamique ; la diversité d’origine de sa population (au sein de laquelle des communautés asiatiques actives) en fait une société bigarrée aux explosions intermittentes mais sans lendemain.

L’économie de la Nouvelle Calédonie a été revivifiée récemment par le boom du nickel, facteur parmi d’autres d’un certain apaisement politique.

Quoique la Polynésie soit la moins peuplée de ces territoires, elle est seule entièrement peuplée d’autochtones. Liée au reste de la nation, comme la Nouvelle Calédonie, par un lien fédéral, ce pays d’outre-mer (POM) a une vie politique toujours chaotique. La fermeture du centre d’essais du Pacifique a clos les polémiques relatives aux essais nucléaires mais laissé un trou dans l’économie locale qu’aucun grand projet n’est venu combler. Au rebours de l’opinion commune, on devrait la considérer comme l’enjeu le plus important : grâce à elle, la France dispose de la première zone économique maritime du monde, à égalité avec les États-Unis.



Une dimension essentielle de la France

Malgré le caractère que l’on peut juger artificiel de l’économie de ces territoires, ils contribuent à faire de la France une puissance universelle par sa présence sur tous les océans du globe et par sa diversité ethnique ; ils sont le lieu d’une civilisation originale, appelée créole dans les Antilles et à la Réunion, dont témoigne une école littéraire pleine de vitalité, où les Martiniquais se distinguent. Ils représentent au total 2,5 millions d’habitants soit près de 4 % de la population française.

Les problèmes de l’outre-mer furent longtemps gérés, sinon réglés, par le biais de réseaux politiques suivis de près par les grands leaders nationaux. Après De Gaulle et Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac disposèrent de tels réseaux. À présent que la politique nationale n’a plus d’autre partenaire que les médias, au temps de la politique « bling bling », l’outre-mer n’intéresse plus guère. Nicolas Sarkozy pâtit gravement de la disparition de ces réseaux dont sa légèreté est largement responsable.

Cette légèreté est à tous les niveaux. Est-il vrai que le malheureux Jégo a été nommé au ministère de l’Outre-mer, dont il ignorait tout, parce qu’il « fallait le mettre quelque part » ? Il est évidemment beaucoup plus difficile d’être préfet de la Guadeloupe que de la région Champagne-Ardennes. Si ce dernier est mauvais, personne ne s’en apercevra, tandis qu’un mauvais préfet de la Guadeloupe peut mettre l’île à feu et à sang. Or longtemps les ministères ont nommé dans l’outre-mer des fonctionnaires en début de carrière, inexpérimentés, une tendance en voie de correction, semble-t-il.

Le désintérêt croissant de la classe dirigeante française pour son outre-mer n’est pas la moindre cause du malaise qui s’y exprime aujourd’hui. La mondialisation où se délectent les élites parisiennes nourrit en fait leur égocentrisme et leur ignorance de ce qui constitue pourtant un facteur essentiel de dimension mondiale de la France.

On peut craindre que les remèdes apportés à la crise : un peu plus d’avantages sociaux, un peu plus d’autonomie des collectivités locales, terreau de féodalités dispendieuses, ne contribue à terme, comme ce fut presque toujours le cas dans le passé, à aggraver les maux de l’outre-mer. Un vrai retour de l’État par la nomination de représentants de haut niveau et un démantèlement énergique des monopoles abusifs serait plus approprié.

 

26 février 2009 | Roland Hureaux 

 

Source : libertepolitique.com


[1] A l’exception de Mayotte
[2] Cela résulte d’une décision du Conseil constitutionnel de 1983 qui a considéré de manière absurde que les deux échelons, départemental et régional, étaient un droit pour toute partie du territoire français.
[3] Il est directeur adjoint de l’agence locale de l’ANPE de Pointe-à-Pitre.

Pour comprendre la crise à la Guadeloupe (et à la Maritinique)

 

Une grave crise sociale bouleverse la Guadeloupe depuis maintenant cinq semaines. La Martinique est touchée aussi, depuis moins longtemps, de façon moins abrupte, mais pour les mêmes raisons. Entre désordres objectifs, racisme et manipulations, analyse de la situation depuis Pointe-à-Pitre par un Français d'origine créole, correspondant de Liberté politique.


Rappelons que la Guadeloupe et la Martinique sont françaises depuis 1635. Que le peuplement est hétérogène, composé de Blancs originaires de la métropole, dès l'origine (pour la plupart des descendants d'engagés, des “36 mois” comme on les appelait, qui ont fait souche, et quelques familles aristocratiques ; de Noirs, descendants d'Africains achetés en Afrique à des Africains, et importés, comme esclaves par le moyen du commerce triangulaire, la Traite, jusqu'à l'interdiction de celle-ci dans la première moitié du XIXe siècle ; d'Indiens (des Indes) depuis 1852, pour pallier à des problèmes de main d'œuvre, et qui se sont établis dans les îles, où ils composent une ethnie parfaitement assimilée ; des Syro-libanais et des émigrés italiens depuis un siècle, etc.

De la rencontre de tous ces groupes sont issus les métis qui constituent la grande majorité des habitants de la Guadeloupe. La représentation binaire « Blancs/Noirs » est fausse.



Rappel historique

L'esclavage a été aboli définitivement en 1848. Les îles sont demeurées des colonies jusqu'à la loi de départementalisation de 1946, qui fut passionnément réclamée par les autochtones, et dont le rapporteur à l'Assemblée nationale en 1946, fut Aimé Césaire.

La départementalisation des « vieilles colonies » entraîna de grands changements sur place.

En 1946, le retard de développement des îles, situées, de plus, à des milliers de kilomètres de l'hexagone, à une époque où les moyens de déplacement et de télécommunications étaient fort différents de ce qu'ils sont devenus, et alors que la France en ruines, au sortir de la guerre, devait tout entière se reconstruire, ne pouvait se rattraper en quelques incantations.

La départementalisation s'est donc effectuée par étapes : politique, sociale, économique.

En théorie, elle est, en 2009, à peu près achevée. Dans la pratique, il reste encore à faire, il demeure des dysfonctionnements, des habitudes, et des mentalités, héritées du passé, et ceci dans toutes les catégories sociales (qui coïncident aussi, parfois, moins qu'on ne le dit ces jours-ci, mais tout de même partiellement, avec des catégories ethniques : la partie blanche de la population pesant, par exemple, d'un poids économique plus important que sa représentation démographique). Concluons ce trop bref, et indispensable rappel historique, par le constat que de vieilles colonies, à l'économie archaïque, et aux mentalités « traditionnelles », sont entrées il y a soixante ans, d'un seul coup, dans ce grand courant de la « modernité » qui secoue et déstructure des sociétés bien plus vastes et organisées. D'où certaines difficultés parfois, à suivre le mouvement ou à s'y adapter.



Les soubassements d'une crise

La crise en cours, depuis le 21 janvier dernier, a éclaté à l'initiative du collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon - LKP (c'est-à-dire Association contre l'exploitation), qui fédère une cinquantaine de syndicats et d'associations, de très inégale importance, dont le plus influent est le très musclé (et politiquement indépendantiste) UGTG (Union générale des travailleurs guadeloupéens) dont l'actuel président Elie Domota, est aussi le président de Liyannaj.

Les revendications, sont au nombre d'environ 140, dont certaines très farfelues (par exemple « l'arrêt immédiat de toute violence faite aux femmes » !).

La plus importante, celle qui vaut au Collectif, une certaine popularité auprès de gens qui n'ont, par ailleurs, aucune velléité séparatiste, est la baisse du coût de la vie, et l'élévation, « immédiate », de tous les salaires, d'au moins deux cents euros (net). La protestation contre la vie chère ne peut qu'être populaire.

Certes ! la position des départements d'outre-mer, sur les plans économiques, social, sanitaire, etc., suscite l'envie de tout l'arc antillais. En témoigne l'afflux d'immigrants dans nos DOM de milliers et milliers d'Haïtiens, Dominicains, Dominicais, Sainte-Luciens, etc.

Mais la plus grande cherté de la vie en Guadeloupe (et en Martinique) qu'en métropole est incontestable. Il y a à cela des causes objectives.

D'abord le handicap de l'insularité (la Guadeloupe est à 6700 km de Paris). Il y a aussi des abus de position dominante, et la recherche du gain maximum, sans suffisamment de considération pour le bien commun de certains secteurs de la grande distribution, ou du raffinage et de la distribution d'essence, dont le monopole, réservé à une société (la SARA) mérite que le gouvernement et les élus locaux s'y intéressent de plus près et procèdent aux aménagements et réformes qui s'imposent.

Il y a la survivance de taxes, datant de l'époque coloniale, comme l'octroi de mer dont le maintien ne s'impose pas aux yeux de beaucoup : cette taxe est née au XVIIe siècle pour accorder une certaine indépendance commerciale et protéger la production locale. Portant sur les produits importés, elle est censée, aujourd'hui, contribuer au financement des communes, et est votée par les Conseils généraux. Taxe sur les produits importés, elle contribue au renchérissement de la vie. Interdite par le traité de la CCE, elle est provisoirement prorogée.

Cette cherté de la vie est d'ailleurs reconnue officiellement, notamment par la surrémunération des fonctionnaires (de 40 % par rapport à leurs homologues de la France métropolitaine) qui crée une société à deux vitesses, les fonctionnaires nantis, et les autres, salariés du secteur privé, par l'abattement, également, de 30 % sur les revenus imposables par rapport au reste de la France.

Il faut ajouter que les productions traditionnelles des îles, la fabrication et l'exportation du sucre et du rhum, (qui ont fait jadis leur prospérité, et celle de la métropole : Bordeaux, Nantes, La Rochelle, etc.) sont en très grande régression, confrontées à la concurrence des pays d'Amérique centrale, du Sud, ou d'Afrique, où les conditions de rémunération sont celles de l'esclavage ancien, ce qui ajoute aux difficultés. Pas de ressources minières aux îles, pas de pétrole. Mais de grandes possibilités par le développement du tourisme qui pourrait devenir l'industrie salvatrice, si elle était suffisamment prise au sérieux et voulue par les Guadeloupéens dans leur ensemble (et non sabotée comme il en est présentement par des comportements, disons... irréfléchis!).

Tel est le terrain favorable qui explique (sans les justifier) les évènements de ces dernières semaines.



La récupération séparatiste

Car, comme dit plus haut, la Guadeloupe (comme la Martinique), ne veut pas l'indépendance, la rupture avec la France. Les partis politiques séparatistes n'ont jamais obtenu la confiance de l'électorat quant à leurs revendications séparatistes. Quand, il y à peine plus de cinq ans, en décembre 2003, un projet de changement de statut fut proposé aux populations par referendum, tendant soit au maintien du statu quo départemental, soit à un statut d'autonomie (même pas l'indépendance), les deux îles répondirent pour le maintien du statut actuel. En Guadeloupe, le refus du changement de statut se chiffra à 75 % de l'électorat !

Les 25 % restants se divisant d'ailleurs en partisans durs de l'indépendance radicale (pour eux, il s'agissait d'une étape) et en « autonomistes » préférant une évolution dans la République, dans le cadre de l'article 74 de la Constitution.

Ce qui complique la situation présente, c'est l'ambiguïté du LKP et de son leader (séparatiste), fort habile agitateur, bon connaisseur des techniques de manipulation des masses. Trop intelligent pour se heurter de front à une opinion qu'il sait ne pas être « mûre » (adjectif utilisé il y deux jours sur une radio, par un universitaire partisan du mouvement), Elie Domota joue sur les éléments du mécontentement évoquée ci-dessus.

Il s'appuie sur une organisation syndicale, qui s'est puissamment organisée, au fil des années, qui utilise des arguments musclés lors des conflits dans les entreprises. « Arguments » qui vont jusqu'à la limite du terrorisme : quadrillage des quartiers ces jours-ci dans les villes de Guadeloupe, et même dans les campagnes, menaces et coups, etc. Ses commandos sont comparés par certains à ceux des « tontons macoutes » de sinistre réputation en Haïti.

Il s'appuie aussi sur une patiente infiltration des milieux médiatiques, qu'il contrôle presque totalement depuis plus d'un mois. Il dispose de relais influents et actifs (mais on retrouve cela aussi en métropole) dans l'Éducation nationale, où toute activité est arrêtée depuis 35 jours (les professeurs qui veulent travailler en sont physiquement empêchés) sans souci des examens qui approchent.

On répète sur les antennes des radios, y compris sur les antennes nationales que la Guadeloupe est en grève générale. En fait il n'en est rien. La Guadeloupe est empêchée de travailler, parce que les stations d'essence sont contrôlées par le LKP, parce que les militants de ce collectif obstruent les routes par des barrages, et par des groupes de militants violents et excités.

Les dirigeants du collectif tentent aussi d'allumer une guerre raciale.

Les Antillais ne sont pas plus racistes que d'autres. Mais l'histoire, fait que chez eux une sensibilité particulière existe dans le domaine des rapports interraciaux. « La Révolution, a dit quelqu'un, est un soulèvement de l'humeur. » Or les esclaves ont été des Noirs, et il subsiste chez beaucoup une susceptibilité, compréhensible, sur ce terrain psychologique, un ressentiment latent que des spécialistes de l'action subversive tentent d'utiliser au profit de leurs ambitions.

D'où la prudence avec laquelle les autorités doivent gérer le maintien de l'ordre public, et les droits des citoyens, à travailler, à circuler librement, à s'exprimer librement, à être informés honnêtement.

Jusqu'à cette heure (23 février) cette tâche a été accomplie avec adresse par le préfet et les forces de l'ordre.



La politique du gouvernement

La gestion de la crise par le gouvernement, en revanche, est beaucoup plus discutable. L'on reproche, peut-être avec raison, au président de la République d'avoir trop tardé à s'intéresser au problème.

On reproche avec encore plus de raisons au secrétaire d'État chargé des DOM-TOM, M.Yves Jégo, d'avoir été trop fluctuant, hésitant, et finalement partisan, puisque prenant partie, il y a déjà dix jours, pour une des parties prenantes (le LKP) dans la négociation entre LKP et patronat, après avoir pris des engagements au nom du gouvernement sans en avoir été mandaté. Il a d'ailleurs été « recadré » par le Premier ministre.

En Guadeloupe, on dit qu'il a été « domotisé ».

Les discussions continuent, ce 23 février. Toute négociation implique des concessions mutuelles. Mais le LKP reste intransigeant (et sur quel ton!), alors que, comme le rappelait le jeune président du Medef-Guadeloupe, M. Willy Angèle, l'augmentation de 200 € net de tous les salaires est impossible pour les petites entreprises de Guadeloupe (moins de 10 salariés), près de 90 % d'entre elles. Cela reviendrait à une augmentation de 15 % de la masse salariale.

Chacun espère une médiation active de l'État, cet État que M. Domota n'appelle jamais autrement que l'État « fwancé ».

Étrange logique !


26 février 2009 | Edouard Boulogne*


source : libertepolitique.com


* Édouard Boulogne est professeur de philosophie, résident en Guadeloupe. Il anime le blog Le scrutateur.com, tribune d'expression de citoyens français d'origine créole, de sensibilité chrétienne, qui se veulent libres à l'égard des modes, notamment idéologiques.

Dieu veut te parler: lectures du 1° dimanche du Carême B

1ère lecture : Dieu fait une alliance avec l'homme (Gn 9, 8-15)


Lecture du livre de la Genèse

Après le déluge, Dieu dit à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j'établis mon alliance avec vous, avec tous vos descendants, et avec tous les êtres vivants qui sont autour de vous : les oiseaux, les animaux domestiques, toutes les bêtes sauvages, tout ce qui est sorti de l'arche pour repeupler la terre. Oui, j'établis mon alliance avec vous : aucun être vivant ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n'y aura plus de déluge pour ravager la terre. » Dieu dit encore : « Voici le signe de l'alliance que j'établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont autour de vous, pour toutes les générations à venir : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu'il soit le signe de l'alliance entre moi et la terre.
Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre, et que l'arc-en-ciel paraîtra au milieu des nuages, je me souviendrai de mon alliance avec vous et avec tous les êtres vivants, et les eaux ne produiront plus le déluge, qui détruit tout être vivant.
»




 

 

Pour les autres lectures : Praedicatho

21:07 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, bible, liturgie, dimanche, careme, evangile | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

'Wall-E' meilleur film spirituel

BRUXELLES - (KerkNet/ChristianPost/Beliefnet) – ‘Movieguide’, une revue catholique de cinéma américaine, a élu 'Wall-E' comme meilleur film spirituel de 2008.

‘Wall-E’ l'a déjà emporté lors de la cérémonie des oscars dans la catégorie 'Meilleur Film d'Animation' au dépens de 'Bolt' et de 'Kung Fu Panda'.

Ce dessin animé raconte l'histoire d'un petit robot comme seul survivant d'une terre poluée au 27° siècle?

‘Movieguide’fait l'éloge du film pour son sens écologique et estime que 'Wall-E' est une illustration du chapitre 15 de l'évangile selon saint Jean ("Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis"). "Ceci est sant aucun doute le meilleur film pour la famille de l'année 2008", estime le journal. "Le film illustre aussi les valeurs chrétiennes de la compassion, de l'amabilité, du respect et de beaucoup d'autres vertus cardinales."

Belifnet, le célèbre site religieux américain, a également proclamé 'Wall-E' comme meilleur film religieux de 2008. La critique de cinéma, la religieuse Rose Pacatte, fait même l'éloge de 'Wall-E' comme meilleur film jamais produit par les studios de Disney.


(Kerknet)

 

 



 

26.02.2009

Que se passe-t-il dans l'est du Congo?

AFRIQUE/R.D. CONGO - Que se passe-t-il dans l’Est du Congo ? Pour Fides un rapport des missionnaires sur les opérations militaires congolaises et rwandaises

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/15/R%C3%A9gion_Ituri_R%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_du_Congo.png


Kinshasa (Agence Fides) - Que se passe-t-il dans le Nord du Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) où depuis janvier une opération conjointe des armées congolaise et rwandaise est en cours, pour désarmer et rapatrier les milices hutu rwandaises ? Les missionnaires du réseau ‘Paix pour le Congo’ ont envoyé un rapport détaillé à l’Agence Fides, dans lequel il est affirmé que les opérations en cours ont lieu « dans un silence presque total, interrompu parfois par des informations provenant presque exclusivement des bulletins de la coalition rwando-congolaise ».

Selon les missionnaires, le retour au Rwanda de milliers de réfugiés a été entrepris. Il s’agit en grande partie de personnes qui s’étaient réfugiées dans le Zaïre d’alors, après le génocide de 1994. Parmi les réfugiés il y avait différentes personnes impliquées dans les massacres, tandis que d’autres étaient leurs proches ou des personnes qui fuyaient parce qu’elles craignaient de finir victimes des représailles. Dans les camps de réfugiés, des groupes de guérilla se sont créés, qui depuis plusieurs années contribuent à l’instabilité dans le Nord et le Sud du Kivu.

Suite aux accords du début de l’année entre le Rwanda et la RDC, l’ex-général rebelle Laurent Nkunda, qui depuis un an et demi alimentait la guerre dans la province du Nord-Kivu, a été arrêté par le Rwanda et maintenu en résidence surveillée à Gisenyi tandis que Kigali a envoyé des troupes dans le Nord du Kivu, par la frontière de Goma, pour chasser les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR, le principal groupe de miliciens hutu rwandais actif dans la région).

« Personne ne sait ce qui se passe réellement sur le front. Aucun journaliste indépendant n’y est admis et on ne dispose que des bulletins de guerre émis par les forces rwando-congolaises ou des informations provenant d’une source fidèle au président congolais » affirment les missionnaires, qui s’interrogent sur le vrai but des opérations : « Si on voulait contraindre les réfugiés à revenir dans leur pays, on encerclerait le territoire qui les accueille pour les pousser vers la frontière, au lieu de suivre le mouvement inverse, en les poussant vers l’intérieur du Congo. On les repousse ? On les tue ? Vu qu’il n’y a pas de témoins, qui sait? Les FDLR sont bien armées et connaissent la forêt comme leurs poches; leurs assaillants sont bien armés et leur comportement dans le passé a été marqué par une grande facilité à tuer même la population civile ».

De toute façon les missionnaires ont réuni des témoignages du retour de milliers de civils hutu au Rwanda : « plusieurs milliers de civils ont déjà traversé la frontière, mais les combattants des FDLR rapatriés seraient seulement quelques dizaines ».

Les réfugiés passent par un camp transitoire, d’où chaque famille, munie d’un kit de premier secours donné par le Haut-commissariat ONU pour les réfugiés, atteint sa colline d’origine. « Pour y trouver, peut-être, sa maison déjà occupée. Pendant ces années au Rwanda, le principe en vigueur était d’aller habiter dans une maison abandonnée, au cas où la sienne avait été détruite. Le président Kagame a imposé de rendre ces maisons aux réfugiés qui rentrent. Dans d’autres cas, il ne reste de la maison que des épaves : après quinze années d’abandon, les tôles, portes et fenêtres ont été emportées » écrivent les missionnaires.

La population congolaise regarde avec satisfaction le retour des réfugiés rwandais, mais en même temps avec compassion. Elle a accueilli autant les tutsi que les hutu, selon les changements politiques au Rwanda, mais s’est trouvée inévitablement impliquée dans des conflits qui ne la concernaient pas. Depuis 1996, elle a beaucoup souffert à cause des guerres qui ont fait plus de cinq millions de morts. En outre, dans le Bushi, elle a assisté impuissante aux violentes attaques contre les villages perpétrées par les milices Rasta, composées de hutu et de malfaiteurs congolais, qui tuaient, séquestraient les personnes pour exiger ensuite des rançons, violaient les femmes et même les petites filles. « En même temps, la population s’inquiète du sort des réfugiés qui reviennent au Rwanda, et se demande pourquoi la Communauté internationale, qui a incité la R.D. Congo et le Burundi au dialogue interne, n’en fait pas autant pour le Rwanda. En demandant l’institution d’un observatoire sur l’importation des matières premières en Europe (vraie cause des guerres dans la région), les missionnaires concluent : « Il est temps que la justice anime les relations internationales, car l’injustice est toujours couverte du sang des personnes pauvres».

(Agence Fides 24/2/2009)

Benoît XVI invite à un carême à l’écoute de la Parole de Dieu

Le pape préside la première « station de carême » à Sainte-Sabine

http://eucharistiemisericor.free.fr/images/220107_cendres.jpg


ROME, Mercredi 25 février 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI invite à un carême à l'écoute de la Parole de Dieu, pour entrer dans la « victoire » du Christ sur le péché et la mort. Un programme de carême à l'école de saint Paul.

Benoît XVI a présidé, comme c'est la tradition, la procession pénitentielle du Mercredi des Cendres sur la colline de l'Aventin, de l'église bénédictine de Saint-Anselme à la basilique Sainte-Sabine confiée aux Dominicains, à 16 h 30. Il a ensuite présidé la Messe des Cendres à Sainte-Sabine, ce qui constitue à Rome la « première station » de carême.

Avant l'imposition des cendres - au pape, par le cardinal Joseph Tomko, titulaire de la basilique, préfet émérite de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, et aux personnes de l'assemblée, par Benoît XVI et différents prêtres -, le pape a prononcé l'homélie dans laquelle il a rappelé que les Cendres sont un « signe de conversion et de pénitence ».

Mais Benoît XVI a insisté sur l'importance, pendant le carême, « d'ouvrir le cœur à l'action vivifiante de la Parole de Dieu ».

« Que le carême, qui se distingue par une écoute plus fréquente de cette Parole, par une prière plus intense, par un style de vie austère et pénitentiel, soit un stimulant à la conversion, et à l'amour sincère des frères, spécialement les plus pauvres et les plus nécessiteux ».

Plus haut dans son homélie, le pape avait rappelé les moyens que l'Eglise reconnaît pour ce chemin de conversion : « la prière, l'aumône et le jeûne ».

Le chemin du carême, disait-il d'emblée, est « illuminé par l'éclat du Mystère pascal », et les chrétiens sont appelés à le parcourir « avec décision et courage ».

Commentant les lectures de la messe de ce jour, le pape a ajouté : « La promesse de Dieu est claire : si le peuple écoute l'invitation à se convertir, Dieu fera triompher sa miséricorde et ses amis seront comblés de faveurs innombrables ».

Passant à l'Evangile, le pape a montré que « Jésus met en garde contre le ver de la vanité qui conduit à l'ostentation et à l'hypocrisie, à la superficialité et à l'auto-complaisance », il « redit la nécessité de nourrir la rectitude de cœur ».

« En même temps, il montre que le moyen pour grandir dans la pureté d'intention est de cultiver l'intimité avec le Père céleste ».

Benoît XVI s'est ensuite attardé à l'enseignement de saint Paul, en cette année qui lui est consacrée, en soulignant notammment que « Saint Paul reconnaît que tout est en lui œuvre de la grâce divine, mais n'oublie pas qu'il faut adhérer librement au don de la vie nouvelle reçue au baptême ».

Benoît XVI a insisté sur la « victoire » que le baptême constitue sur le mal : « La victoire du Christ attend que le disciple la fasse sienne, et cela se produit avant tout par le baptême, par lequel, unis à Jésus, nous sommes devenus ‘vivants, revenus d'entre les morts' ». Mais, avertit le pape, « pour que le Christ puisse règner pleinement en lui, le baptisé doit suivre fidèlement ses enseignements, ne doit jamais baisser la garde, de façon à ne pas permettre à l'adversaire de récupérer d'une certaine façon du terrain ».

Or, pour vivre de cette victoire du Christ et de cette nouvelle existence en lui, le pape souligne qu'il est « indispensable de se nourrir de la Parole de Dieu ».

Benoît XVI a conclu en invoquant saint Paul et Marie, « la Vierge de l'écoute et humble servante du Seigneur » : « Nous pourrons ainsi arriver, renouvelés dans l'esprit, à célébrer Pâques avec joie ».

Le pape a conclu la célébration vers 18 h 15.

Anita S. Bourdin

Haiti : Des milliers de personnes sans abris, six mois après les ouragans

L’archevêque de Cap-Haitien dénonce l’inaction du gouvernement

 

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ROME, Mercredi 25 février 2009 (ZENIT.org) - Plus de six mois après le passage dévastateur des ouragans sur Haiti, le président des évêques du pays souligne que des milliers de personnes sont encore aujourd'hui sans maison et accuse le gouvernement de ne pas prendre ses responsabilités.

Dans des déclarations à l'œuvre internationale Aide à l'Eglise en Détresse (AED), Mgr Louis Kebreau de Cap-Haitien, dans le nord du pays, déclare avoir constaté personnellement la souffrance des gens.

« Les personnes souffrent. Qui a perdu sa mère, son père, sa famille... il y a beaucoup d'orphelins », lit-on dans un communiqué de l'AED.

Mgr Kebreau affirme l'urgence de se préparer pour les mois à venir : « Le gouvernement ne veut pas prendre la situation au sérieux ; la saison des ouragans arrivera en septembre ».

D'après les statistiques officielles, près de 800 personnes sont mortes à cause des tempêtes tropicales qui ont frappé Haïti du 15 août au 8 septembre ; 310 personnes seraient par ailleurs toujours portées disparues.

Après la catastrophe, l'AED a fourni plus de 41.000 dollars d'aides d'urgence pour faire face aux besoins de première nécessité de la population (vêtements, nourriture) et a promis d'autres aides pour soutenir des projets de l'Eglise.

« Aujourd'hui encore, tant de mois après, de nombreuses maisons sont abandonnées, les routes ne sont pas réparées. Les gens vivent dans une grande misère, sont affamés », dénonce Mgr Kebreau.

La saison des ouragans a détruit et endommagé plus de 10.000 habitations, jetant dans le désarroi quelque 165.337 familles.

L'archevêque de Cap-Haitien estime que le gouvernement doit agir rapidement et prendre la décision de reboiser avant l'arrivée de la prochaine vague de tempêtes.

Le manque de couverture forestière contribue en effet aux inondations dévastatrices qui, chaque année, tuent beaucoup de personnes après le passage d'un typhon. La couverture forestière d'Haïti ne dépasse aujourd'hui pas les 2%, alors qu'elle s'élevait à 25% en 1980.

Durant leur dernière rencontre, les évêques d'Haïti ont pris la décision de reboiser la zone autour des Gonaïves, la seconde ville d'Haïti, et la plus touchée par les tempêtes de l'année dernière, qui ont fait au moins 500 morts.

Soulignant que chaque jour « les habitants viennent à l'église en quête de nourriture, en quête de pain », Mgr Kebreau déplore par ailleurs que des sectes profitent de cette pauvreté provoquée par les ouragans pour faire du prosélytisme parmi les habitants de Haïti : « elles utilisent la pauvreté pour manipuler les personnes, sous prétexte qu'elles peuvent leur donner de la nourriture ».

Face à l'action de ces groupes qui, dénonce-t-il, attaquent également les enseignements chrétiens, l'archevêque appelle à faire la distinction entre les sectes et les « Eglises historiques » comme les Eglises épiscopales et méthodistes.

Mgr Kebreau termine son communiqué en remerciant l'AED pour les secours fournis, entre autres aux prêtres, un aspect fondamental, vu la pauvreté de la population haïtienne.

« Je tiens à remercier tous les bienfaiteurs, conclut-il. Je sais que l'Europe traverse des difficultés économiques, la crise, néanmoins vous partagez avec les autres la richesse et la joie que Dieu vous donne ».

Pakistan : Good News TV

ASIE/PAKISTAN - “Good News Tv”: une nouvelle voix catholique dans le panorama des média


Karachi (Agence Fides) – Une télévision via Internet est la nouvelle idée qui vient d’être lancée dans l’orbite des média pakistanais de l’Archidiocèse de Karachi. Elle s’appelle “Good News Tv” et a commencé ses transmissions le 21 février dernier. Le projet a été lancé et réalisé par le Centre catéchétique de Karachi, qui s’occupe aussi des contenus, des émissions, de la grille.

L’auteur de l’initiative, saluée avec joie et satisfaction par l’Eglise pakistanaise toute entière, est le P. Arthur Charles, directeur du Centre catéchétique, qui a cru fortement au projet et à la possibilité d’offrir à l’Eglise pakistanaise une nouvelle chaire d’où évangéliser, en rencontrant en particulier les jeunes qui sont de plus en plus présents sur la plate-forme d’Internet et qui sont d’inlassables exploiteurs de la télévision et d’informations via le web.

« Je suis convaincu que l’Eglise doit utiliser les médias pour diffuser l’Evangile mais aussi pour l’éducation et la formation des jeunes. Dans le monde d’aujourd’hui la communication est vraiment incessante : nous sommes bombardés par la télévision, de sms, d’e-mails. Il est impératif que dans ce village mondial il existe une voix catholique forte qui annonce la Parole de Dieu » affirme le P. Arthur.

Le prêtre note que le Pape Benoît XVI a affronté ce défi de la communication, et, comme son prédécesseur, a donné beaucoup d’importance à la diffusion de ses messages par les nouvelles technologies, en créant par exemple un canal du Vatican sur « Youtube ». « Je me suis retrouvé en parfait accord avec le message du Pape pour la Journée mondiale des communications sociales, quand il affirme que les technologies digitales sont un don pour l’humanité, car elles peuvent servir à diffuser la solidarité et la compréhension entre les personnes et les peuples » note le prêtre.

Le P. Charles est convaincu que l’Eglise a besoin de réseaux de médias pour améliorer la connaissance de la foi parmi la communauté des fidèles mais aussi parmi ceux qui ne connaissent pas le christianisme. C’est pourquoi au Pakistan a été créée la « Media for Jesus », une organisation non lucrative qui a pour mission la communication de la foi, et dont s’occupe directement le projet de la « Good News Tv ». Après la télévision, on prévoit l’élargissement du réseau, avec la création d’une radio et d’un canal télévisé par satellite.

Les fonds nécessaires pour réaliser l’entreprise arrivent par l’intermédiaire de bienfaiteurs et de publicités. L’Evêque de Karachi, Son Exc. Mgr Evarist Pinco, a aussi offert une contribution au nom du diocèse. Le P. Arthur est confiant : « Si c’est la volonté de Dieu, ce projet marchera. Nous savons que ce n’est pas facile de construire un réseau de médias catholiques. Mais avec l’aide de la communauté, nous continuerons à travailler pour qu’il arrive à terme ».

(Agence Fides 24/2/2009)

L’Opus Dei version « mobile »

Ouverture de « nouveaux chemins » sur le réseau télématique

 


ROME, Jeudi 26 février 2009 (ZENIT.org) - Le site web du service de communication de l'Opus Dei propose désormais son contenu en version « mobile ».  

La version « mobile » est générée automatiquement, et contient les sections les plus lues du site web de l'Opus Dei, précise le service de communication. Elle propose les dernières nouvelles publiées ainsi que les liens vers les différentes sections qui composent le site.

A l'adresse : http://www.opusdei.mobi/ ou http://www.opusdei.fr/mobile, et en fonction des possibilités du téléphone portable ou du PDA utilisé, les internautes peuvent également visionner les vidéos ou télécharger les archives en format PDF. 

« Qu'est-ce que l'Opus Dei ?», « Sur saint Josémaria » (où l'on retrouve la biographie du fondateur), et « Prélat », avec les dernières nouvelles du prélat de l'Opus Dei, sont quelques unes des sections accessibles en version mobile, ainsi que les lettres pastorales mensuelles. 

 
A travers cette initiative, le service de communication de l'Opus Dei entend apporter sa contribution aux demandes du Pape Benoît XVI qui, le 18 décembre dernier, avait souligné l'importance d'ouvrir « de nouveaux chemins »  en mesure de diffuser « voix et images d'espérance dans le monde », à travers le réseau télématique.

C'était à l'occasion des 25 ans de la télévision vaticane, rappelle l'Opus Dei, pour que « l'Eglise continue d'être présente dans le ‘grand aréopage' de la communication, comme le disait Jean Paul II, et ne se sente pas étrangère aux espaces dans lesquels un nombre incalculable de jeunes naviguent en quête de réponses et de sens pour leurs vies », avait alors souligné Benoît XVI.

Isabelle Cousturié

Le card. Danneels se réjouit de la prochaine canonisation du P. Damien

Deux dimensions de l’événement


ROME, Mardi 24 février 2009 (ZENIT.org) - Le cardinal Godfried Danneels se réjouit de la prochaine canonisation du Père Damien de Molokai et indique deux dimensions de l'événement, indique l'agence belge Cathobel. Kerknet a aussi recueilli la réaction du Provincial de Picpus.

 


source: KerkNet


Le Père Damien, né Josef de Veuster,  a été béatifié le 4 juin 1995 par le pape Jean-Paul II, et 13 ans plus tard, le 3 juillet 2008, la Congrégation pour la Cause des Saints a annoncé l'approbation par Benoît XVI de sa canonisation prochaine. Le consistoire du 21 février dernier a fixé la date de la canonisation qui aura lieu le 11 octobre prochain.

Le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, a annoncé sa venue à Rome pour la célébration : « Cette annonce me remplit de fierté et de joie. En tant qu'évêque du lieu dont le père Damien est originaire, il est évident que je me rendrai place Saint-Pierre ».

Il souligne deux aspects de l'événement : « L'événement est marquant à double titre : D'abord, parce que le père Damien est le premier saint originaire du diocèse depuis saint Jean Berchmans au seizième siècle. Ensuite, parce que le futur saint est une personnalité hors du commun. Il est devenu missionnaire - non pas par choix - mais afin de prendre la place de son frère qui était tombé malade. Une fois arrivé à Hawaï, il demanda à pouvoir se mettre au service des lépreux de Molokai, que des considérations sanitaires bannissaient de toute vie sociale. Il fit le choix de vivre au milieu d'eux et finit par être contaminé à son tour. A l'époque, la lèpre était une maladie mortelle. Pourtant, le père Damien garda l'espérance face à ce destin sans issue. Il se porta même volontaire pour que soient testés sur sa personne différentes formes de nouveaux traitements médicaux ».

« Quand on me demande de qui le père Damien pourrait devenir le patron, je réponds : De toutes ces personnes qui continuent à espérer contre toute espérance et qui persévèrent quoi qu'il advienne. C'est en effet cela que sa vie nous enseigne », a conclu le cardinal Danneels.

Dans les colonnes de KerkNet, le Père Fritz Gorissen, supérieur provincial de la province flamande des Pères de Picpus a également exprimé sa joie à cette nouvelle en disant (la traduction est de Cathobel) : « La canonisation du Père Damien est une confirmation ce que représente le Père Damien, raison pour laquelle il fut élu ‘le plus grand belge' ».

« Cette parole du Père Damien est hautement significative: ‘sans ma foi, il aurait été impossible de faire ce que j'ai fait'. La foi était essentielle pour le Père Damien. Elle était pour lui le motif de sa création. Ceci est très important, car cela montre que les gens sont capables de plus qu'ils ne le pensent s'ils ont confiance et se savent soutenus par leur foi. »

A propos de la vocation du P. Damien il ajoute : « Nous parlons parfois d'une vocation dans la vocation. Le Père Damien qui est parti comme missionnaire à la place de son frère malade, Pamfiel, a été neuf ans missionnaire à Hawaï. Sa vocation particulière, la vocation à l'intérieur de la vocation, a commencé à ce moment-là, quand il partit à Molokai pour soigner les lépreux. La date de la canonisation peut donner à cela une valeur particulière. »

Pour le Père Gorissen annonce des célébrations à Bruxelles et à Louvain (Leuven): « Une fête populaire est prévue et tous les évêques belges ont le projet d'une célébration nationale dans nos deux langues à Bruxelles, peut-être à la basilique de Koekelberg. En tant que Picpus, nous voulons aussi organiser quelque chose ici à Louvain, car c'est ici que se trouve la tombe du Père Damien. Nous envisageons de réunir les institutions et les organisations qui portent le nom du Père Damien.

Il y a quelque temps, la décision a été prise de céder au diocèse d'Honolulu une relique de la tombe du Père Damien à Louvain. À ce sujet le diocèse d'Honolulu avait introduit une requête chez nous via Rome et les évêques belges. Il s'agit d'un petit os du pied du Père Damien. Pour nous, il s'agit surtout de transmettre l'inspiration qui se dégage du Père Damien. »

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