31.03.2009

Le droit de mourir n’existe pas, c’est le droit de vivre qui existe

EUROPE/ESPAGNE - Madrid, capitale de l’Alliance de Civilisation pour défendre le droit à la vie: 700 associations du monde entier, en représentation de 20 millions de personnes, ont adhéré à la Marche pour la vie

 

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Madrid (Agence Fides) - Madrid s’est transformée hier en la capitale de l’Alliance de Civilisation pour défendre la vie. C’est ce qu’affirme l’Institut de politique familiale, en marge des Marches pour le Droit à la vie qui ont été effectuées dimanche dans plusieurs villes d’Espagne, soutenues par près de 700 associations du monde entier, en représentation de plus de 20.000 personnes. La France, l’Allemagne, la Suisse, la Norvège, Malte, le Royaume-Uni, le Portugal, la Slovaquie, la Hongrie, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, la Colombie, l’Argentine, le Pérou et le Brésil sont quelques-uns des pays dont les sociétés civiles ont soutenu l’initiative de l’Espagne pour défendre les droits des enfants pendant la période prénatale.

Parmi les associations qui ont déclaré leur soutien à l’initiative, on distingue : la Fédération AIC, qui regroupe 53 associations présentes en Afrique, en Amérique Latine, en Asie, en Europe et aux Etats-Unis ; Réseau Familial, qui représente plus de 500 associations dans toute l’Amérique Latine ; les associations nord-américaines  C-FAM, United Famiglie Internazionale, Internazionale Organization Research Group, Alliance Defence Fund, Concerned Women of America et l’Internazionale Organization Law Group ; ainsi que l’Association hongroise des familles nombreuses, Gift of Life di Malta, la Confédération portugaise des familles, l’association britannique Society for the Protection of the Unborn Children, la Section allemande des familles, et le Forum Zivota (Forum pour la vie, avec 30 ONG en République Slovaque).

« Le gouvernement ne peut tourner le dos à cette clameur, pas seulement espagnole, mais mondiale, pour défendre le droit de vivre »,

a déclaré Lola Velarde, présidente du Réseau européen de l’Institut de politique familiale.

« La protection des droits de l’enfant en période prénatale est une valeur partagée dans toutes les civilisations, et engendre une alliance authentique. C’est ce que montre justement le soutien apporté par des associations de nombreux pays aux marches effectuées dimanche en Espagne »,

a ajouté Mme Velarde.

« Ces manifestations représentent le début d’un ensemble de mobilisations dans toute l’Espagne, qui montreront le refus social de cette proposition de loi régressive pour les droits de la femme et de l’enfant »,

a poursuivi Lola Velarde.

 

Pancarta de mano Derecho a Vivir

La Marche pour la vie, qui avait pour thème : « Le droit de mourir n’existe pas, c’est le droit de vivre qui existe », a réuni plus d’un demi million de citoyens tout au long du trajet dans le centre de Madrid, dépassant largement les prévisions des organisateurs. Cette manifestation a été accompagnée de 87 autres rassemblements dans d’autres villes de la nation entière.

Parmi les intervenants, Paloma de Cendra, membre du Comité d’experts du droit de vivre (DAV), psychologue des couples et des familles, et experte des crises de grossesse et syndromes post-avortement ; Ignacio Arsuaga, président de HazteOir.org, et le Dr Gádor Joya, porte-parole national de Droit de vivre (DAV) et chargé de la lecture du Manifeste pour la vie, lu presque en même temps devant les mairies de toute la région espagnole.

Comme l’a dénoncé Paloma de Cendra,

« l’avortement ne tue pas seulement les enfants, il détruit les mères, les familles, les sociétés entières, il détruit les consciences ». En particulier, « l’avortement a deux victimes principales : l’enfant et sa mère ». «

 Ce n’est pas vrai que cette loi défend le droit des femmes. Ce n’est pas vrai que cette loi cherche ce qu’il y a de meilleur pour eux. L’avortement va contre la femme. Il ne représente pas une solution mais un problème. Le vrai problème. Il ne facilite pas la vie. Il la transforme en un calvaire”,

a-t-elle ajouté.

Presentación de la Declaración de Madrid


Au terme de la manifestation, le Dr Gádor Joya a lu le “Manifeste de la marche pour la vie”, qui souligne avant tout

« l’évidence scientifique que dès le moment de la fécondation il existe une vie humaine digne d’être respectée et protégée », et met en relief le fait que « l’avortement suppose la mort violente d’un être humain et est un drame terrible pour la femme qui souffre ».

« Avec l’avortement libre, le nombre de morts d’enfants augmenterait presque du double” ainsi que celui des femmes victimes des “dommages physiques et psychologiques déjà connus que l’avortement provoque en eux”,

poursuit le texte du manifeste, qui en exigeant que “nos lois protègent le droit de vivre” et que « le droit à l’objection de conscience du personnel médical soit respecté », finit en exprimant l’opposition « à une nouvelle loi de l’avortement qui n’apportera que des morts supplémentaires et une souffrance supplémentaire pour des milliers de femmes ».

(Agence Fides 30/3/2009)



 

 

VATICAN - Réunion sur l’Eglise en Chine

Rome (Agence Fides) – La Salle de Presse du Saint-Siège a publié le Communiqué suivant:


« Du 30 mars au 1° avril se réunira la Commission instituée en 2007 par le Pape pour étudier la situation de l'Eglise en Chine. "Font partie de la Commission - précise le communiqué de la Salle-de-Presse du Saint-Siège - les supérieurs des dicastères de la Curie Romaine compétents dans ce domaine et quelques représentants de l'épiscopat chinois et de congrégations religieuses."

« Le thème de la première réunion plénière qui a eu lieu du 10 au 12 mars 2008, était la Lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques chinois le 27 mai 2007. Au cours des travaux, l'accueil réservé à ce document pontifical dans et hors de la Chine a été examiné. Une réflexion a été faite aussi sur les principes théologiques inspirés de la Lettre Papale, en vue d'analyser les perspectives qui en naissent pour la communauté catholique en Chine. Au cours de la prochaine réunion plénière, quelques aspects de la vie de l'Eglise en Chine seront examinés à la lumière de cette Lettre. Une réflexion aura lieu en particulier sur les questions religieuses actuelles et importantes ».


(Agence Fides, 30 mars 2009)

22:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rome, curie, benoit xvi, jean paul ii, vatican, chine, eveques, congregations religieuses | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

4° anniversaire de la mort de Jean Paul II

VATICAN - Le 2 avril, le Pape Benoît XVI célébrera la Messe pour le IV° anniversaire de la mort du Pape Jean Paul II, avec les jeunes du Diocèse de Rome

 

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Rome (Agence Fides) – Le jeudi 2 avril, IV° anniversaire de la mort du Serviteur de Dieu le Souverain Pontife Jean Paul II, le Saint-Père célèbrera la Sainte Messe dans la Basilique Saint-Pierre à 18 heures. Les jeunes du Diocèse de Rome y sont particulièrement invités, en préparation à la Journée Mondiale de la Jeunesse, le Dimanche des Rameaux, 5 avril, au niveau diocésain.

(Agence Fides, 27 mars 2009)

30.03.2009

'Les évangéliques à la conquête du monde', enquête de Patrice de Plunkett

Les leçons à tirer de ce voyage sur les ailes d’un réveil évangélique

ROME, Lundi 30 mars 2009 (ZENIT.org) - « Les évangéliques à la conquête du monde » (Perrin, pour télécharger un extrait) : c'est le titre de la nouvelle enquête passionnante de Patrice de Plunkett. L'auteur explique aux lecteurs de Zenit l'enjeu d'une prise de conscience d'un phénomène complexe et les leçons à tirer de ce voyage sur les ailes d'un réveil évangélique.  


 
Zenit : Patrice de Plunkett, qu'est-ce qui a motivé votre enquête ?  

Patrice de Plunkett : L'ampleur et le dynamisme du phénomène des protestants évangéliques sur les cinq continents, et notamment en France !  D'où vient que les assemblées évangéliques dans l'Hexagone attirent un public nombreux, croissant, jeune, venant des milieux pauvres, alors que beaucoup de paroisses catholiques françaises ont une fréquentation déclinante, âgée et bourgeoise ? Comment se fait-il que le public des cultes évangéliques soit si chaleureux, alors que le public catholique (en France) est souvent froid ? Comment se fait-il que les évangéliques fassent tant de conversions en prêchant sur le péché, les souffrances de la Passion de Jésus, le Ciel et même l'enfer : sujets qu'une certaine pastorale catholique des années 1970-1980 avait éloignés, les jugeant  « rebutants pour l'homme et la femme d'aujourd'hui » ? Est-ce que nous ne nous étions pas trompés à ce moment-là sur les attentes de nos contemporains ?

Je me suis donc lancé dans cette enquête de terrain, et j'ai passé des mois à assister aux cultes évangéliques dans toutes les régions françaises, en discutant avec des convertis. J'ai enquêté à l'étranger, au Brésil, en Corée, aux Etats-Unis. Et aussi dans le passé, pour comprendre d'où vient la spiritualité évangélique avec ses nuances et ses contradictions - qui prennent leur source dès l'époque de Calvin, dont le 500e anniversaire est célébré cette année.

 
Zenit : Il n'y a donc pas seulement la réalité américaine de son influence sur les autres continents ? Quelles sont les origines de l'évangélisme ?  

Patrice de Plunkett : Elles sont en Europe et dès le début de la Réforme. Celle-ci renonce à la Présence réelle eucharistique, qui est le cœur du catholicisme et qui saisit l'homme tout entier, corps, âme et esprit. Pour pallier ce « manque » radical, Calvin propose une religion du Texte et de la prédestination. Mais, tout de suite, une branche du protestantisme cherche autre chose : une religion du Cœur et du choix personnel...  C'est l'aventure des « anabaptistes », d'abord persécutés, donc guerriers, puis écrasés mais renaissant aussitôt sous une nouvelle forme, pacifique... Au fil des siècles, c'est la floraison d'un nombre infini de courants différents, jusqu'à l'incroyable diversité des innombrables Eglises évangéliques en 2009 sur toute la planète. Mais j'insiste : l'évangélisme a des racines historiques anciennes et profondes chez nous. Témoin le phénomène extraordinaire des « petits prophètes » des Cévennes, pendant la guerre des Camisards au tout début du XVIIIe siècle : une explosion de charismes humainement inexplicables, et dont les manifestations ressembleront étonnamment à ce qui se passe dans le pentecôtisme d'aujourd'hui, partout dans le monde.

Bien sûr, mon enquête étudie ce qui s'est passé aux Etats-Unis : le premier Réveil évangélique au XVIIIe siècle, sous l'influence de prédicateurs dont certains venaient d'Angleterre, où Wesley faisait sa révolution en propageant une religion du Cœur et de l'illumination... Puis le XIXe avec de nouveaux Réveils... Puis la genèse du pentecôtisme, qui surgit en 1900, et la « religion américaine », au XXe, avec ses implications politiques particulièrement visibles à l'époque de G. W. Bush. Et maintenant, l'apparition de nouvelles formes évangéliques en rupture avec le conservatisme « bushien » : des évangéliques contestataires, sociaux, écologiques, expérimentaux. C'est le très intéressant mouvement des « emerging churches », que les catholiques ont intérêt à étudier de près. 

Zenit : Comment les évangéliques dont vous parlez s'insèrent-ils dans le  dialogue œcuménique? Proposent-ils un second baptême, lorsque d'autres baptisés les rejoignent? Car, depuis le concile notamment, le baptême est reconnu comme le sacrement de l'unité par excellence...  

Patrice de Plunkett : L'évangélisme est un phénomène gigantesque et contradictoire. Certains courants sont anti-œcuméniques. D'autres sont oecuméniques : on l'a vu par exemple au Forum chrétien mondial de Nairobi (2007), qui a ouvert un domaine de rencontre inédit axé sur l'échange spirituel. Beaucoup d'évangéliques sont « anabaptistes » : ils rebaptisent leurs convertis ex-catholiques, parce qu'ils voient le baptême comme une manifestation du choix de l'adulte ayant « accepté Christ comme Sauveur » - et c'est le contraire de la théologie du baptême selon Rome, mais aussi selon Calvin, qui était partisan du baptême des petits enfants ! Dans certains cultes évangéliques, le pasteur annonce que la Sainte Cène est réservée à ceux qui ont été baptisés adultes par immersion. Dans d'autres, la Sainte Cène est proposée à tous les assistants, sans discrimination... C'est d'ailleurs avec ce dernier courant que les catholiques dialoguent difficilement, parce que ce courant ne comprend pas pourquoi l'Eucharistie catholique est réservée aux catholiques ! Il faut avoir fait l'expérience de ce butoir (pénible pour les deux parties mais incontournable), pour savoir combien douloureux peut être le dialogue sincère. J'en suis témoin, et je le raconte dans le livre. 

Zenit : Un évêque a récemment déploré l'influence des évangéliques  en Irak : doit-on y voir une nouvelle forme de colonialisme, disons,  « ingénue », qui a dû mal à comprendre les anciennes Eglises  orientales ? Ou faut-il y discerner une stratégie politique calculée pour contrôler le pays ?  

Patrice de Plunkett : Il y a une part de manipulation du religieux par la politique de Washington. En revanche, il y a aussi un prosélytisme très sincère de la part des agences missionnaires évangéliques, qui souvent ne sont plus américaines, mais coréennes ou brésiliennes ! En Algérie, où j'ai enquêté, les Kabyles convertis au protestantisme évangélique - je suis en contact avec plusieurs d'entre eux - ne sont nullement des agents de l'étranger (américain ou « sioniste », comme dit le gouvernement d'Alger) : ce sont d'authentiques Algériens, convertis pour des raisons spirituelles... Mais ils sont mis en danger par les déclarations belliqueuses d'agences protestantes américaines, qui divaguent à l'encontre de « l'islam satanique » sans penser une minute à la sécurité des musulmans devenus chrétiens.

 
Zenit : Il y déjà quelques années, mais l'autorité de l'observateur vaut qu'on s'en souvienne, de retour d'Amérique latine, le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, avait  déploré le développement de « sectes » chrétiennes, surtout au Brésil,  « à coups de dollars », comme faisant partie d'une volonté délibérée de limiter l'influence de l'Eglise catholique, surtout dans le domaine de  la contraception... qui représente un marché milliardaire. On peut parler aujourd'hui d'une instrumentalisation « commerciale » ?  

Patrice de Plunkett : Au Brésil on voit, sans doute, certaines « Eglises » déplaisantes : à peine chrétiennes, prêchant « l'Evangile de la prospérité » (« si tu es pauvre ou malade, c'est que tu ne pries pas assez et que tu ne donnes pas assez à ton Eglise »). Mais on voit aussi des agences missionnaires très sincères, qui envoient des groupes de jeunes évangéliser dans la rue jusqu'en Angleterre, pour « rechristianiser l'Europe devenue païenne » ! Gardons-nous de mélanger les uns et les autres. Je raconte que j'ai vu en Seine Saint-Denis des « Eglises » effrayantes, prêchant une religion qui n'a plus de rapport avec l'évangile, et même injuriant le catholicisme pendant leurs cultes. Mais j'ai vu d'autres assemblées très sympathiques, vraiment chrétiennes, ouvertes à l'œcuménisme. Il faut que les catholiques s'informent pour savoir se repérer dans cet univers étrange. C'est la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre.

 
Zenit : Les phénomènes religieux que vous relevez ont eu et ont une influence positive aussi sur le Renouveau charismatique catholique et les fruits de conversion et d'évangélisation sont  indéniables. Il n'y a pas si longtemps, à la Sorbonne (Paris IV), seuls  les Evangélistes (GBU) proposaient la Bible aux étudiants et témoignaient ouvertement de leur foi.... Et les évangéliques suisses, par exemple, témoignent de la charité du Christ dans des assemblées fraternelles qu'on rêverait de voir dans certaines paroisses....  

Patrice de Plunkett : Oui, et j'en sais quelque chose puisque je suis un converti de Paray-le-Monial dans les années 1985-1990 ! Les évangéliques réveillent les catholiques. Il y a beaucoup de choses à prendre chez eux. Mais les catholiques doivent veiller à ne pas se tromper : le trésor catholique est la Présence réelle eucharistique, cœur de la paroisse ; c'est à partir de là que la paroisse peut ressusciter, se revitaliser, devenir un véritable creuset d'amitié et de solidarité effective, de vie sociale ! C'est en redécouvrant l'adoration eucharistique - charisme de Paray - que la paroisse catholique perdra sa froideur actuelle, deviendra aussi chaleureuse que les communautés évangéliques, et attirera les conversions. J'ai discuté avec beaucoup de jeunes devenus chrétiens par la découverte d'assemblées évangéliques ; beaucoup d'entre eux avaient commencé par tenter une paroisse catholique, et avaient pris la fuite parce que (disent-ils) « les gens ne se parlaient pas et ne me parlaient pas ». Pour le lecteur catholique, c'est la grande leçon de cette enquête : il faut que nous la méditions tous. 

Propos recueillis par Anita S. Bourdin

 

Jean-Paul II de sa fenêtre du ciel : “Quo vadis, Benedicte ?”


C'était hier et pourtant quatre ans nous séparent déjà de ces jours d'avril 2005 où Jean-Paul II rejoignait « la Maison du Père » ainsi que l'avait formulé le cardinal Ratzinger lors de la messe des funérailles. Par grand vent. Admettre, sans attendre la décision d'un procès en béatification, que Jean-Paul II puisse bénir de la fenêtre du ciel, c'était la manière du futur Benoît XVI de rejoindre la foule qui acclamait le défunt pape d'un Santo subito prophétique.

L'homme en blanc, l'homme qui venait de bien loin, le frère des peuples autant de titres qui avaient essayé d'approcher l'identité de toute façon inclassable d'un géant de l’Église, d'un maître spirituel pour l’histoire [1].

À l'heure où certains se rient de Benoît XVI en imaginant des dialogues fictifs entre sœur Emmanuelle et Jean-Paul II, il nous plaît à notre tour d'imaginer Jean-Paul II se pencher de cette fenêtre du ciel pour embrasser aujourd’hui comme hier l’Église qu’il a quittée ragaillardie, quoique encore bien faible après longue maladie.

De cette fenêtre, n'accompagne-t-il pas plus proche que jamais l’ami des combats et des joies qui a mission divine de le remplacer ? Ne voit-il pas à sa place l’évêque vêtu de blanc « monter sur une montagne escarpée », ne l'aide-t-il pas même à rejoindre comme lui ces sommets pentus où se trouve une grande Croix ? Il essaie bien, mais ne peut dévier toutes les « flèches » acerbes des ennemis de toujours, comme celles de ceux venant de « chez nous » [2]. Elles feront naître tellement de bien aussi. Parce qu’offertes pour l’amour de Dieu… Il l’aide à « suivre l’Agneau partout où il va » (Jn, 14 ; 4 ) comme tant de papes l’ont fait jusqu’à lui. Il soutient celui qui, comme lui tant de fois en vingt-six ans, traverse ces grandes villes à moitié en ruine ; oui, il le porte ce pape de lumière à qui rien n’est épargné à quatre-vingt-un ans, le jour de sa fête. On « l’offense », on « l’attriste », on l’afflige de souffrances et de peine. Mais lui, avec le sourire du juste, prie pour les âmes de ces peuples sans vie qu’il trouve sur son chemin et auxquels il voudrait redonner l’espérance. Non, Benoît XVI ne se sent pas seul, a-t-il ri. C’est un mythe. Et pour cause. Le soutien vient de l’Église triomphante. C’est la foi.



Jean-Paul II, notre Transfiguration

D’une certaine façon, Jean-Paul II a été notre Transfiguration à nous. Chacun a en mémoire l’épisode où Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne, à part. Et pendant qu’ils priaient, Jésus fut transfiguré : « Son visage et sa personne apparurent lumineux, resplendissants. » Benoît XVI en a livré récemment l’explication :


« Jésus voulait que ses disciples, en particulier ceux qui auraient eu la responsabilité de conduire l'Église naissante, fassent une expérience directe de sa gloire divine pour affronter le scandale de la Croix. En effet, lorsque viendra l'heure de la trahison, et que Jésus se retirera pour prier à Gethsémani, il prendra auprès de lui Pierre, Jacques et Jean, leur demandant de veiller et de prier avec lui (cf. Mt 26, 38). Ils n'y arriveront pas, mais la grâce du Christ les soutiendra et les aidera à croire dans la résurrection [3] »


Le temps de Jean-Paul II avec nous était de cet ordre-là, de la joie et de la gloire pour se préparer à la Passion qui se profile, à la Passion qui est là et à laquelle Jean-Paul II ne s’était pas soustrait. Cela est connu. La Passion continue jusqu’à la fin des temps, l’Église aura à la vivre comme le Christ a dû la vivre, passera par les mêmes étapes. Chacun le voit bien aujourd’hui, elle prend un tournant serré avec Benoît XVI, et vit une étape majeure : que la foi des catholiques ne défaille pas alors et dans la tempête, que le pape les trouve à ses côtés ni endormis ni enfuis, mais fermes dans la foi.

Qu’ils ne soient pas des girouettes aussi prompts à signer des pétitions qu’à se rattraper comme ils peuvent ensuite, prompts à l’acclamer aux Bernardins et aux Invalides dans la gloire de septembre, à le huer aux Ides de mars avec la foule versatile des Rameaux. Inouïe, la violence qui se déchaîne à l’égard du vicaire du Christ aujourd’hui en France fait honte. Mais elle remplit la cagnotte du 15e Sidaction en panne depuis longtemps [4] et le petit monde médiatisé se frotte les mains de cette trop belle aubaine. D’une certaine façon, cela donne raison à Benoît XVI quand il écrit aux évêques : « En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes. »


Dans le chemin de croix de ce siècle, Benoît XVI

Violence tellement grande d’ailleurs, qu’on en vient à se demander si Fatima a livré toute sa signification, message qu’on avait dit pourtant clos avec Jean-Paul II [5]. À Lourdes, en septembre dernier, la sécurité ne nous l’avait-elle pas chuchoté ? les menaces d’attentat sur la personne de Benoît XVI sont plus grandes que celles pesant sur Jean-Paul II. On ne peut s’empêcher que le troisième secret de Fatima ne revienne en mémoire, message qui ne parle pas seulement de « flèches » comme nous l’avons dit plus haut, mais également de « soldats qui tirent avec des armes à feu ». Tout le monde y a vu un message concernant Jean-Paul II. De fait, l’attentat du 13 mai 1981 a été interprété comme relevant de ce troisième secret. Mais vision d’éternité, les apparitions de la Vierge Marie au Portugal en 1917, pourraient bien avoir encore quelque continuation aujourd’hui. Et, pourquoi pas, concerner Benoît XVI « pape qui commence à poser un vrai problème » [6], quoique l’avenir ne soit jamais immuablement écrit. L'interprétation en avait été faite par le cardinal Ratzinger lui-même. Nous ne retiendrons que les deux derniers articles qui prennent un relief saisissant après son voyage en l’Afrique :

« Dans le chemin de croix de ce siècle, la figure du Pape a un rôle spécial.

« De même que de la mort du Christ, de son côté ouvert, est née l'Église, de même la mort des témoins est féconde pour la vie future de l'Église. Leur martyre s'accomplit en solidarité avec la passion du Christ, il devient un tout avec elle. »


Le martyre de Benoît XVI dans l’attentat permanent de nos temps modernes a bel et bien commencé, accomplissant celui de Jean-Paul II. Deux témoins exceptionnels pour une Église agressée et plus que jamais attaquée, pour un monde de plus en plus lourd à porter, le pape de la terre répétant dans son cœur après le pape du ciel, comme le Maître, "Amen", "Oui, me voici, que soit faite, ô Père, la volonté de ton amour"… Ceux qui pensent qu’ils peuvent opposer l’un à l’autre, récupérer soudainement Jean-Paul II pour défigurer plus sûrement le visage du pape actuel font un contresens majeur. Il leur manque la compréhension des Écritures qui permet de voir tout de haut.

De faire un peu de ski de printemps, aurions-nous envie trop légèrement de leur conseiller si ce n’était si tragique, ce ski qui permet d’aborder tout par les cimes ! Hautes, forcément puisqu’il ne reste pas de neige plus bas. Nous la garderons cependant cette image car elle n’aurait pas déplu à Jean-Paul II.

Qui ne se souvient de la consécration du monde au cœur Immaculée de Marie de Jean-Paul II ? nul doute que Benoît XVI ne l’ait dans le cœur lui qui ne termine pas un seul discours, une seule homélie, un seul document sans tout confier à notre Mère du ciel, très miséricordieuse, à la Vierge de confiance. Beaucoup de demandes, bien sûr, dans cette consécration, mais n’en retenons qu’une seule aujourd’hui à la veille de débats importants en France : « De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous ! » Un feu de prières, en ce 2 avril 2009 qui vient, devrait monter du cœur de tous ceux qui ont aimé en vérité Jean-Paul II. Que du ciel, en l’anniversaire de sa mort, Jean-Paul II soutienne le serviteur des serviteurs Benoît XVI, lui qui foulera la Terre Sainte le 13 mai prochain : Quo vadis, Benedicte ? [7]

 

 


[1] Liberté Politique N° 30, été 2005, « Jean-Paul II Le Grand, un maître pour l’Histoire ».
[2] « Ils sont sortis de chez nous », à propos des Antéchrists, 1 Jn, 2, 18.
[3] Angélus du 2e dimanche de Carême, Place Saint-Pierre, 8 mars 2009.
[4] Depuis la 2e édition du Sidaction en 1996, à la suite d'un incident provoqué par Act Up en direct sur le plateau de télévision comme le rappelle l’émission « Medias Le magazine » du 21 mars 2009 sur France 5, « Sida : encore un tabou à la télé ? » (Curseur : 13.58-20.26, et à 17.08 pour l’incident d’Act Up)
[5] Voir documents signés par Jean Paul II, cardinal Ratzinger, cardinal Bertone, cardinal Sodano
[6] Déclaration insultante d’Alain Juppé, ancien premier ministre de la France le 18 mars 2009. Les catholiques sont endroit d’attendre des excuses.
[7] « Quo vadis, Domine ? » est une interrogation latine signifiant "Où vas-tu, Seigneur ?". Reprise par le romancier polonais Henryk Sienkiewics, elle nous vient des Apocryphes et concerne le martyre de Pierre. Ce dernier fuyant la persécution de Rome aurait rencontré le Christ sur le chemin de Rome. Pierre lui aurait alors demandé : "Où vas-tu, Seigneur?", et le Christ aurait répondu qu'il allait se faire crucifier une seconde fois. Pierre retourna alors à Rome, et subit le martyre de la Croix, la tête en bas par humilité, indigne pensait-il de mourir comme son maître.

 

27 mars 2009 | Hélène Bodenez

libertepolitique.com

29.03.2009

Benoît XVI en Afrique : le vrai voyage

Jean Flouriot est géographe, spécialiste de l’Afrique où il séjourne plusieurs mois par an, consultant de plusieurs administrations africaines : il présente le voyage de Benoît XVI en rapprochant les propos du pape de la réalité de la situation locale.


BENOIT XVI est allé en Afrique comme « père » de l’Église universelle : « Je viens parmi vous comme un pasteur, je viens pour confirmer mes frères et sœurs dans la foi. C’est la mission que le Christ a confiée à Pierre à la dernière Cène, et c’est la mission des successeurs de Pierre. »

Le pape vient aussi en messager de la paix sur un continent trop souvent à la une de l’information pour les violences qui s’y perpètrent : « Et maintenant, je viens moi-même pour remettre l’Instrumentum laboris de la Deuxième Assemblée spéciale, qui se tiendra à Rome en octobre prochain. Les Pères du Synode réfléchiront ensemble sur le thème : L'Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix : “Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde” (Mt 5, 13-14). »

L’évangélisation et la paix par la justice : voilà les deux axes essentiels du voyage de Benoît XVI. Le pape va les décliner devant tous ses interlocuteurs.



Aux évêques, au clergé, aux religieux et religieuses : « annoncer l’Évangile »

Annoncer l’Évangile à tous « car nombreuses sont encore les personnes qui attendent le message d’espérance et d’amour qui leur permettra de connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu ». L’Angola célèbre le 500e anniversaire de son évangélisation : un royaume chrétien occupait le nord du pays aux XVIe et XVIIe siècles. Il a disparu et la pleine évangélisation n’a qu’un peu plus d’un siècle (et, au nord du Cameroun une cinquantaine d’années). Même dans des pays considérés comme « chrétiens » tels l’Angola ou la RD Congo, il n’y a que 50% de baptisés.

« L’annonce de l’Évangile est le propre de l’évêque. » Dans sa mission d’évangélisateur, l’évêque s’appuie sur les prêtres et les personnes consacrées. Envers elles, l’évêque a un devoir de vigilance car « l’authenticité de leur témoignage exige qu’il n’y ait pas d’écart entre ce qu’ils enseignent et ce qu’ils vivent tous les jours ». Le pape se réjouit des nombreuses candidatures au sacerdoce mais demande un « discernement sérieux ». Et surtout, le pape demande aux évêques d’être en communion entre eux et avec leurs prêtres, « d’être pour eux un père et un frère qui les aime, qui les écoute, qui les réconforte dans leurs épreuves, qui porte une attention privilégiée à leur bien-être humain et matériel ». L’évêque n’est pas un « chef », il est un père…

Benoît XVI met aussi en valeur le soutien matériel, moral et spirituel que l’évêque doit apporter aux catéchistes dont le rôle reste essentiel car « par eux se réalise une authentique inculturation de la foi ». Les catéchistes ont été les auxiliaires indispensables des missionnaires, auxquels le pape a rendu hommage, et ils sont encore bien souvent responsables des communautés aussi bien en ville qu’en milieu rural. En effet, les vocations sont nombreuses, les séminaires sont pleins mais il y a encore, proportionnellement, quatre fois moins de prêtres en Afrique qu’en Europe et la moitié des prêtres présents sur le continent sont des étrangers.


Et le travail apostolique est loin d’être terminé. La sorcellerie est omniprésente même chez les chrétiens et, parfois, au sein du clergé :

« Il vous revient, frères et sœurs, dans le sillage des saints et héroïques messagers de Dieu, de présenter le Christ ressuscité à vos concitoyens. Ils sont si nombreux à vivre dans la peur des esprits, des pouvoirs néfastes dont ils se croient menacés ; désorientés, ils en arrivent à condamner les enfants des rues et aussi les anciens, parce que – disent-ils – ce sont des sorciers. Qui ira auprès d’eux pour leur dire que le Christ a vaincu la mort et toutes les puissances des ténèbres (cf. Ep 1, 19-23 ; 6, 10-12) ? »


La beauté et la ferveur des cérémonies liturgiques auront une fois de plus frappé les observateurs et téléspectateurs. Le pape souhaite « que la joie ainsi exprimée ne soit pas un obstacle mais un moyen pour entrer en dialogue et en communion avec Dieu par une réelle intériorisation des structures et des paroles de la liturgie ».

Enfin, « l’Église est une véritable famille de Dieu, réunie dans l’amour fraternel, ce qui exclut tout ethnocentrisme et tout particularisme excessif et contribue à la réconciliation et à la collaboration entre les ethnies pour le bien de tous ». Les rivalités ethniques ne sont pas absentes des structures ecclésiales ; la mission de l’évêque est de « susciter et encourager l’exercice de la charité ».

Aux familles : « la dignité de la femme »

Le 19 mars, fête de saint Joseph, le pape célébrait la messe au stade de Yaoundé devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles. Il a axé son homélie sur le rôle de la famille. On remarquera, au passage, que Benoît XVI respecte scrupuleusement la liturgie : ses homélies « expliquent un aspect des lectures scripturaires… de la messe du jour en tenant compte soit du mystère que l’on célèbre, soit des besoins particuliers des auditeurs [1] ».

Comme ailleurs, la famille est menacée :

« La famille connaît effectivement, dans votre pays et dans le reste de l’Afrique, une période difficile... Les rapports entre générations ont évolué de telle manière qu'ils ne favorisent plus comme avant la transmission des connaissances antiques et de la sagesse héritée des aïeux. Trop souvent, on assiste à un exode rural comparable à celui que de très nombreuses périodes humaines ont connu elles aussi. La qualité des liens familiaux s’en trouve profondément affectée. Déracinés et fragilisés, les membres des jeunes générations, souvent — hélas ! — sans véritable travail, cherchent des remèdes à leur mal de vivre dans des paradis éphémères et artificiels importés dont on sait qu’ils ne parviennent jamais à assurer à l’homme un bonheur profond et durable. Parfois aussi l’homme africain est contraint à fuir hors de lui-même et à abandonner tout ce qui faisait sa richesse intérieure. »


Avec Dieu tout est possible. Il faut espérer contre toute espérance :

« Chers pères et chères mères de famille qui m’écoutez, avez-vous confiance en Dieu qui fait de vous les pères et les mères de ses enfants d’adoption ? Acceptez-vous qu’Il compte sur vous pour transmettre à vos enfants les valeurs humaines et spirituelles que vous avez reçues et qui les feront vivre dans l’amour et le respect de son saint Nom ? Aujourd’hui où tant de personnes sans scrupule cherchent à imposer le règne de l’argent au mépris des plus démunis, il vous faut être très attentifs. L’Afrique en général, et le Cameroun, en particulier, sont en danger s’ils ne reconnaissent pas le Véritable Auteur de la Vie ! Frères et sœurs du Cameroun et de l’Afrique, vous qui avez reçu de Dieu tant de qualités humaines, ayez soin de vos âmes ! Ne vous laissez pas fasciner par de fausses gloires et de faux idéaux ! »


Cet encouragement vaut non seulement pour l’Afrique mais pour toutes les familles du monde affrontant les mêmes difficultés.

A Luanda, Benoît XVI a consacré une rencontre spéciale aux mouvements catholiques pour la promotion de la femme. La femme détient « les sources de la vie ». A Yaoundé, le pape a rappelé que « pour l’Écriture Sainte comme pour la meilleure sagesse de votre continent, l’arrivée d’un enfant est une grâce, une bénédiction de Dieu. L’humanité est aujourd’hui conviée à modifier son regard : en effet, tout être humain, tout petit d’homme, aussi pauvre soit-il, est créé “à l’image et à la ressemblance de Dieu” (Gn 1, 27). Il doit vivre ! La mort ne doit pas l’emporter sur la vie ! La mort n’aura jamais le dernier mot ! »

Il y a encore beaucoup à faire pour que soit reconnue l’égale dignité de l’homme et de la femme : « Je vous exhorte tous à une réelle prise de conscience des conditions défavorables auxquelles ont été – et continuent d’être – soumises de nombreuses femmes, en examinant dans quelle mesure la conduite des hommes, leur manque de sensibilité ou de responsabilité peuvent en être la cause. » À Yaoundé, le pape avait donné saint Joseph comme exemple aux pères de famille : « Comme saint Joseph, chers pères de famille, respectez et aimez votre épouse. »

Mais c’est dans son adresse aux hommes politiques que le Saint-Père se fera le plus précis et le plus exigeant :

« Est particulièrement bouleversant le joug opprimant des discriminations qui pèsent sur les femmes et sur les jeunes filles, sans parler de l’innommable pratique de la violence et de l’exploitation sexuelle qui leur cause tant d’humiliations et de traumatismes. Je dois également mentionner un autre grave sujet de préoccupation : les politiques de ceux qui, dans l’illusion de faire progresser l’“édifice social”, en menacent les fondements mêmes. Combien est amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang des soins de la santé des “mamans” ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive (cf. Protocole de Maputo, art. 14 [2]) ! »


Aux autorités politiques et au corps diplomatique : "la paix par la justice"

Benoît XVI renvoie aux hommes politiques une image fort sombre du continent. La guerre dévore l’Afrique : « La guerre peut détruire tout ce qui est précieux (cf. 2 Ch 36, 19) : des familles, des communautés entières, le fruit du travail des hommes, les espoirs qui guident et soutiennent leurs vies et leur travail ! Une telle expérience est malheureusement trop familière à l’Afrique tout entière : le pouvoir destructeur de la guerre civile, la chute vertigineuse dans le tourbillon de la haine et de la vengeance, le gaspillage des efforts de générations de personnes honnêtes ».

Mais elle n’est pas le seul fléau qui accable le continent : « Nous pensons au fléau de la guerre, aux conséquences cruelles du tribalisme et des rivalités ethniques, à la cupidité qui corrompt le cœur de l’homme, réduit en esclavage les pauvres et prive les générations futures des ressources dont elles auront besoin pour créer une société plus solidaire et plus juste – une société vraiment et authentiquement africaine dans son génie et dans ses valeurs. Et que dire de l’égoïsme insidieux qui fait se replier les individus sur eux-mêmes, divise les familles et, supplantant les grands idéaux de générosité et de dévouement, conduit inévitablement à l’hédonisme, à la fuite vers de faux paradis à travers l’usage de la drogue, à l’irresponsabilité sexuelle, à l’affaiblissement du lien matrimonial, à la destruction des familles et à l’élimination de vies humaines innocentes par l’avortement. »

Benoît XVI ne manie pas la « langue de buis ». Sa parole est forte pour montrer le chemin de la paix par la justice.

« L’Angola sait qu’est arrivé pour l’Afrique le temps d’être le continent de l’espérance. Tout comportement humain droit est espérance en action. Nos actions ne sont jamais indifférentes devant Dieu ; et elles ne le sont pas non plus pour le développement de l’histoire. Chers amis, avec un cœur intègre, magnanime et plein de compassion, vous pouvez transformer ce continent, libérant votre peuple du fléau de l’avidité, de la violence et du désordre en le conduisant sur le chemin indiqué par les principes indispensables à toute démocratie civile moderne : le respect et la promotion des droits de l’homme, un gouvernement transparent, une magistrature indépendante, des moyens de communication sociale libres, une administration publique honnête, un réseau d’écoles et d’hôpitaux fonctionnant de façon adéquate, et la ferme détermination, basée sur la conversion des cœurs, d’éradiquer une fois pour toutes la corruption… les habitants de ce continent demandent à juste titre une conversion profonde, authentique et durable des cœurs à la fraternité. Leur exigence vis-à-vis de ceux qui œuvrent dans la politique, dans l’administration publique, dans les agences internationales et dans les compagnies multinationales est avant tout celle-ci : soyez à nos côtés de façon vraiment humaine, accompagnez-nous, ainsi que nos familles et nos communautés ! »


Aux Africains de prendre leurs responsabilités mais à la communauté internationale de tenir ses promesses : quand les pays riches réaliseront-ils leur promesse de consacrer 0,7% de leur PIB au développement des pays pauvres ?

Le message du pape a été reçu en Afrique par des foules joyeuses et ferventes bien loin des polémiques européennes. Benoît XVI a donné à l’Afrique un message d’espérance. L’Église qui est en Afrique va maintenant se mettre en route pour le synode du mois d’octobre. L’un des objectifs du voyage était la présentation de l’instrumentum laboris de ce synode. Ce document préparé par le conseil spécial pour l’Afrique du synode des évêques fait un tableau des ombres et des lumières de l’Afrique au sud du Sahara. Il nous dit comment l’Église perçoit l’Afrique et son avenir chrétien. Il mérite une chronique spéciale qui paraîtra prochainement.

 

26 mars 2009 | Jean Flouriot

libertepolitique.com

Réflexions après la visite de Benoît XVI en Afrique

AFRIQUE/ANGOLA - « Le Pape a été un missionnaire de l’Evangile et n’a pas voulu être autre chose. Ce doit être le premier point sur lequel méditer » : réflexions après la visite de Benoît XVI

 

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Luanda (Agence Fides) – « Le Pape a été un missionnaire de l’Evangile et n’a pas voulu être autre chose. Ce doit être le premier point sur lequel méditer » souligne don Filiberto Rodríguez, SDB, Supérieur de la Visitatoria salésienne “Mamá Muxima” (ANG), qui à travers l’agence ANS nous communique ses impressions sur la récente visite du Pape Benoît XVI en Angola.

« Mon opinion – écrit don Filiberto - est que la visite du Pape a abondamment satisfait les attentes qu’on avait. Les gens ont fait de grands sacrifices (des kilomètres et des kilomètres de route à pied, sans bus ni métro ni autres moyens de transports) pour se déplacer d’un point à un autre, et ont accompagné le Pape avec enthousiasme. L’Eglise fera une évaluation sérieuse de la préparation, du déroulement et des résultats et prendra note des lignes fondamentales sur lesquelles il faut insister : l’Eglise est sacrement universel de salut, car elle offre à l’humanité la personne de Jésus-Christ.

Le gouvernement a dépensé beaucoup d’argent (les voyages des délégations de tous les diocèses ont été payés par les gouvernements provinciaux, des routes ont été goudronnées, des églises ont été peintes…) et je crois qu’il a obtenu quelques résultats, une image positive de la réalité angolaise devant le monde. L’image a été obscurcie par la mort de deux jeunes filles avant la rencontre des jeunes avec le Pape dans le stade des Coqueiros. Les responsabilités seront mises au clair, mais cela reste un point obscur ».

Don Rodríguez ne manque pas d’exprimer ses critiques à l’égard d’une partie de la presse internationale venue en Afrique à la suite du Pape:

“Ils cherchent du sensationnel. Ils cherchent à vendre leur journal, la population ne les intéresse pas (ils la manipulent en la considérant comme un objet de musée et de marché), ni les buts du voyage du Pape. Nombreux sont les journalistes qui nous ont dit : ‘Nous voulons raconter l’autre visite’. Messieurs les journalistes : les rencontres du Pape avec la foule, c’est ça la visite ! Les autres réalités, venez les voir et les dénoncer pendant l’année, au lieu souvent de nous oublier dans beaucoup de circonstances. Actuellement aucun gouvernement, aucune organisation n’a jamais été, dans le cours de l’histoire, aussi proche des pauvres et de ceux qui souffrent que l’a été et l’est l’Eglise et ses institutions ».

(Agence Fides 27/3/2009)

28.03.2009

Les processus du métissage : une contribution possible à la vie en commun entre personnes et cultures

Rome (Agence Fides) - “Le métissage n’est pas une confusion de culture, ni un pur ‘mélange’ d’identité. Il n’est pas non plus une stratégie politique pour affronter le fait d’une rencontre continuelle entre et de cultures”. C’est l’idée principale que Paolo Gomarasca a voulu synthétiser dans son très récent travail universitaire intitulé “métissage : vie en commun ou confusion?”, présenté mercredi 25 mars à l’ambassade italienne près le Saint-Siège, à Rome.


métissage


Le professeur Khaled Fouad Allam, intellectuel musulman algérien, intervenu lors de la présentation du livre, a voulu préciser qu’il vit en première personne cette rencontre de culture et d’identité pour avoir épousé une femme catholique. “La diversité culturelle, l’intégration sociale et la démocratie, c’est-à-dire la ‘gouvernance’ de cette rencontre”, a affirmé Allam, sont trois routes à parcourir pour comprendre et évaluer ce phénomène qui demande aussi d’éviter la “confusion des langages”. Dans l’histoire, il y a eu différentes manières de traiter la diversité. “La méthode française, a rappelé le chercheur, a été celle d’assimiler, contrairement à celle anglaise qui a été communautaire”. Aujourd’hui, nous sommes appelés à trouver un langage et une manière politique d’affronter la diversité.

Pour David Sassoli, journaliste à la Rai, “le monde chrétien est à l’origine du métissage” et c’est pour cela qu’il “offre de profondes indications sur le parcours à entreprendre, en ayant pour but le genre humain et qui manifeste bien les fois religieuses : l’unité”.



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Mais les cultures ne sont pas des blocs monolithes, mais plutôt “des processus ininterrompus d’aide à la compréhension et d’échange avec les autres cultures”. C’est pourquoi le cardinal Angelo Scola (photo), patriarche de Venise, a souligné dans son intervention que le problème “n’est pas de refuser un processus qui, avec la bonne volonté de tous, ne demande la permission d’arriver ; ni de promouvoir ingénument l’idée que nous sommes tous hybrides et que la chose est pour tous un avantage”. Fondamentalement, il s’agit “d’évaluer si les processus de métissage représentent une contribution possible à la vie entre personnes et cultures”.

“Le mot métissage – a rappelé le patriarche – n’est pas une indication sur la manière de procéder mais plutôt une explication sur un fait qui est sous les yeux de tous. L’idée est née quand j’ai visité certaines villes du Mexique et en regardant la réalité des Mexicains, j’ai spontanément parlé de métissage, presque sans connaître sa signification, que j’ai ensuite approfondie et précisée. Dans ce processus, le point central est que ce sont les personnes qui ‘font le métissage’, ce n’est pas une chose abstraite. C’est pourquoi la catégorie du témoignage – a conclu le cardinal – me semble la plus véritable pour exprimer cette rencontre d’identité et de culture. C’est dans le témoignage que chacun s’expose à son identité pour rencontrer l’autre. Comme l’a montré Jésus-Christ qui s’est ‘révélé’ en nous laissant toute liberté, jusqu’à accepter la croix.”

(Agence Fides 26/3/2009)



Lire aussi :

Sida : le pape a scientifiquement raison !

 

 

 

Tout a été dit ou presque ces derniers jours sur la réponse du Pape à une question d'un journaliste de France 2. Le préservatif aggrave-t-il le problème du Sida ? C'est la science et l'expérience qui le disent : le pape a raison. Sur le plan personnel et collectif, seule une sexualité responsable peut enrayer la pandémie. Et les faits montrent que l'Afrique est parfois en avance sur les pays occidentaux dits civilisés. Explication par un chercheur en biologie cellulaire.


COMME D'HABITUDE, une phrase a été sortie de son contexte : qui s'en étonnera ? Les premières réactions maladroites de certains n'ont pas amélioré les choses, en particulier la tentative du service de presse du Vatican d'atténuer les mots du Pape en lui faisant dire que cela "risquait" d'accroître (aumentare en italien) le problème. En revanche il a été fort bien dit, surtout par les Africains eux-mêmes, mais aussi par des Européens, que toute cette affaire relevait d’une forme de racisme.

On ne prétendra jamais qu'un Français par exemple, est incapable s’il le souhaite de respecter scrupuleusement la condamnation du préservatif au nom de la morale catholique. En revanche, tous ceux qui ont réagi en s'en prenant souvent violemment au Pape semblent penser qu'un Africain est trop bête pour y parvenir. De même, il a été rappelé ce que le Pape avait commencé par dire, à savoir que plus d'un quart des malades du SIDA sont soignés par des institutions catholiques, bien plus que toutes les ONG réunies (18% des malades). On pourrait demander combien sont soignés par des organisations antireligieuses, ou bien par une fondation Juppé ou Cohn-Bendit ou... la liste est longue !



Le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ?

Oui ou non le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ? Puisque c'est cette phrase qui a été reprise partout, et que tout le reste a été oublié, je voudrais (re)montrer qu'elle est tout simplement vraie. J'examinerai d'abord sa vérité au plan individuel, puis sa portée à l'échelle des populations et enfin sa réalité pour ce qui est de l'épidémie planétaire.

À première vue, on peut penser que le préservatif est efficace pour une personne ne voulant pas devenir séropositive ou ne voulant pas transmettre sa maladie ; je pense en particulier aux couples où l'une des personne est séropositive, et je ne parlerai pas de ce cas en particulier. On peut en effet sans doute démontrer que plus de gens auraient le SIDA aujourd'hui sans le préservatif, dans le climat de laisser-faire sexuel qui est quasiment mondial. Mais on peut encore plus facilement prouver qu'en respectant la morale sexuelle de la loi naturelle, au moins de temps en temps, nul n'est besoin de préservatif.

Cependant, admettons que pour une personne donnée qui décide d'avoir des relations avec une autre personne dont elle ne sait rien, le préservatif soit un pis aller. Pourtant celui-ci n'est efficace qu'à 85% comme contraceptif chez ceux qui l'utilisent systématiquement, et la plupart des méta-analyses indiquent que son efficacité contre le VIH est de l'ordre de 80 à 90 %. Cela signifie que pour 100 personnes qui utilisent systématiquement un préservatif, entre 10 et 20 seront malgré tout contaminées. C'est moins efficace que les méthodes de régulation naturelle des naissances. Pourtant on nous rabâche à longueur de temps que celles-ci ne sont pas fiables, à tel point qu'elles ont été surnommées "roulette vaticane".

Pourtant une sérieuse étude a montré que la méthode symptothermique est fiable à 99,4% sur une durée d'un an pour les femmes ayant respecté scrupuleusement tous les critères, et un taux de 98,2% en moyenne lors de cette étude [1]. En "utilisation parfaite", le préservatif est supposé être fiable à 98% (85% en utilisation normale), tout comme la méthode symptothermique selon le chiffre retenu par l'OMS [2]. Va-t-on pouvoir nous expliquer pourquoi le "risque" d'avoir un enfant dans 2% des cas est jugé inacceptable, alors même qu'on juge tout à fait supportable le risque de contamination par le virus du SIDA dans les mêmes proportions ? Si on ne fait pas confiance à une méthode de régulation naturelle des naissances, il est surréaliste de faire confiance au préservatif.



À l’échelle d’une population

Voyons maintenant ce que disent les statistiques et la littérature scientifique sur l'évolution de l'épidémie de SIDA à l'échelle d'une population. On a récemment appris qu'à Washington, la prévalence de l'infection par le VIH était d'au moins 3%. Manquerait-on de préservatifs à Washington ? Ce chiffre est supérieur à celui de plusieurs pays de l'Afrique sub-saharienne (1,2% au Bénin ; 1,6% au Burkina-Faso ; 1,7 au Libéria ; 3,1 au Nigéria ; 2,1 en Angola, etc.).

La réalité est plus complexe. En effet plusieurs personnalités scientifiques de premier plan ont montré que la première mesure à prendre est la réduction du nombre de partenaires. C'est d'autant plus important si une personne a plusieurs partenaires dans une même période.

Prenons l'individu A qui a deux partenaires B et C. Supposons que B soit séropositif, il peut contaminer non seulement A, mais aussi C. Normalement, B et C ne se connaissant pas, il ne devrait pas y avoir de risque de transmission de la maladie entre eux. Mais les risques augmentent exponentiellement avec le nombre de partenaires simultanés. Au contraire le simple fait d'être fidèle à une personne, au moins pendant un temps, réduit considérablement ce genre de risques. C'est en substance ce que démontre Helen Epstein dans un essai paru en novembre 2008 dans le British Medical Journal [3].

H. Epstein est une journaliste indépendante et spécialiste de santé publique dans les pays en voie de développement, auteur notamment de The Invisible Cure: Why We Are Losing The Fight Against AIDS in Africa. De même, une étude essentielle parue dans Science en 2004 démontre que le succès obtenu en Ouganda a été rendu possible en réduisant considérablement le nombre de partenaires et en retardant l'âge des premières relations [4]. Et cette étude a été confirmée [5]. Autrement dit, fidélité et abstinence sont les clés de la lutte contre l'épidémie de SIDA.

En Ouganda en particulier, la chute de la prévalence de séropositivité a précédé de plusieurs années l'arrivée massive des préservatifs. Les autres pays où une baisse sensible de l'épidémie est directement liée à la réduction du nombre de partenaires incluent le Kenya, Haïti, le Zimbabwe, la Thaïlande et le Cambodge [6]. On pourrait également citer James D. Shelton et son "commentaire" publié dans The Lancet fin 2007 sur les dix mythes de l'épidémie de SIDA parmi lesquels on trouve "les préservatifs sont la solution" [7]. Tout comme Helen Field, Shelton, qui appartient à l'USAID (Agence américaine pour le développement international) recommande avant tout de faire baisser le nombre de partenaires simultanés.

 


Le préservatif donne le goût du risque

Un autre argument a été avancé par Edward C. Green qui est le directeur d'un programme de recherche sur la prévention du SIDA à l'université de Harvard. Il s'est fait remarqué la semaine dernière en prenant fait et cause pour le Pape. Dans un entretien accordé à la revue américaine National Review il a déclaré :

« Le Pape a raison, ou bien disons que tous les indices dont nous disposons vont dans le même sens que ce qu'a dit le Pape [...]. Il a été prouvé que les préservatifs ne sont pas efficaces au niveau d'une population. Il y a un lien récurrent, démontré par nos meilleurs études, y compris les "Demographic Health Surveys" financées par les États-Unis, entre une plus grande disponibilité et utilisation des préservatifs et un taux d'infection au VIH plus élevé (et non moins élevé). Ceci peut être dû en partie au phénomène connu sous le nom de "compensation du risque", ce qui signifie que si quelqu'un utilise une technique de réduction d'un risque comme le préservatif, il perd souvent le bénéfice de cette réduction en compensant, ou prenant plus de risques que s'il n'avait pas utilisé cette technique » [8] (traduction AB).


Cette explication est une des clés pour comprendre pourquoi le préservatif est à long terme une mauvaise solution. Tôt ou tard on se lasse de prendre des précautions, et le résultat se manifeste notamment aujourd'hui à Washington avec une reprise tragique de l'épidémie. Et avant qu'on explique que Green est à la solde du pape, il est bon d'ajouter qu'il est agnostique.

 


À l’échelle de la planète

Passons pour finir à l'échelle de la planète. Nous savons que seuls une réduction drastique du nombre de partenaires, ainsi qu'un âge plus tardif pour le début de l'activité sexuelle sont essentiels pour faire baisser de façon très importante l'épidémie de SIDA. Cela est possible puisqu'en Ouganda on est passé de 25 % à environ 6% de personnes infectées en l'espace de 10-15 ans [4]. Ce qui a pu être fait avec peu de moyens dans un pays souvent en proie à l'instabilité peut être fait ailleurs. L'ennui c'est que pour obtenir l'éradication d'une maladie, il faut que tout le monde joue le jeu. Or il est clair qu'aujourd'hui on ne se donne pas les moyens d'arriver à ce résultat autrement qu'en recherchant des traitements ou un vaccin. En ce sens la promotion du préservatif aggrave donc le problème. Tant que la principale façon de lutter est de promouvoir une solution non fiable dans un cas sur six ou sept au détriment d'un changement de comportement, on n'arrivera jamais à enrayer l'épidémie.

Tous ceux qui s'étonnent que le Pape soit catholique devraient s'apercevoir que son raisonnement, loin d'être idéologique ou simplement moraliste, est scientifiquement le plus valide. Peut-être est-il irréaliste à court terme dans la mesure où la fidélité et l'abstinence sont des valeurs très décriées de nos jours, mais sur le long terme, la seule solution est une prise de conscience de la valeur de la sexualité humaine.

« On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels (Benoît XVI) [9]. »

27 mars 2009 | Albert Barrois

*Albert Barrois est le pseudonyme d’un scientifique, docteur en biologie cellulaire.

 


[1] Frank-Herrmann et al (2007). « The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. » Hum Reprod, 22, 1310-1319.
[2] Document à télécharger (voir le tableau 1).
[3] Epstein H (2008). « AIDS and the irrational. » British Medical Journal, 337, a2638.
[4] Stoneburner & Low-Beer (2004). « Population-level HIV declines and behavioral risk avoidance in Uganda. » Science, 304, 714-718.
[5] Kirby D (2008) « Changes in sexual behaviour leading to the decline in the prevalence of HIV in Uganda : confirmation from multiple sources of evidence », Sex Transm Inf 84; ii35-ii41
[6] Green & Ruark. First Things, avril 2008. First Things est une revue catholique américaine.
[7] Shelton JD (2007). « Ten myths and one truth about generalised HIV epidemics. » The Lancet, 370, 1809-1811.
[8] Dans un article de Kathryn Jean Lopez, publié en ligne le 19 mars.
[9] Suite de la réponse de Benoît XVI.

 

libertepolitique.com

27.03.2009

Etats-Unis: Appel des évêques catholiques pour l’objection de conscience

Le cardinal George craint une dérive « despotique »


http://www.catholicregister.org/images/stories/international_people/cardinalGeorge.jpg


ROME, Jeudi 26 mars 2009 (ZENIT.org) - Le cardinal Francis George (photo) craint une dérive « despotique » : il l'affirme dans un message vidéo publié par le site Internet des évêques catholiques des Etats-Unis, dans lequel il lance un appel en faveur de l'objection de conscience.

Le cardinal George, président de la conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, invite les catholiques à demander à l'administration américaine de maintenir la clause d'objection de conscience pour les travailleurs dans le domaine de la santé, en particulier dans le cas de l'avortement et de l'euthanasie.

En effet, le 27 février, l'administration du président Obama a annoncé son intention de supprimer ce droit à l'objection de conscience.

C'est vital, indique l'archevêque de Chicago, pour éviter que le gouvernement ne fasse passer notre pays « de la démocratie au despotisme ».

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