30.04.2009
Evêques de France: Déclaration en vue des élections européennes
« S’informer » mais aussi « voter », enjeux et responsabilité

ROME, Mercredi 29 avril 2009 (ZENIT.org) - « S'informer » mais aussi « voter », « Promouvoir la paix », « Développer la solidarité » et « Changer nos modes de vie » : par ces quatre invitations argumentées, les évêques de France invitent les catholiques à ne pas bouder les urnes européennes lors du scrutin. Ils mettent en évidence les enjeux et les responsabilités de chaque citoyen.
Ces élections européennes se dérouleront du 4 au 7 juin, dans les 27 États membres de l'Union européenne. Ce sont les septièmes élections européennes au suffrage universel direct.
Suivant les dispositions du traité de Nice, elles doivent permettre l'élection de 736 députés européens, représentant plus de 500 millions d'habitants et environ 375 millions d'électeurs dans les 27 États membres de l'Union. Il s'agit des plus grandes élections transnationales jamais organisées.
Le nouveau Parlement européen se réunira en juillet 2009.
Pour tout renseignement sur ces élections, on peut aussi se rendre sur le site Internet spécial élections 2009 mis en place par le Parlement européen.
Déclaration des évêques de France en vue des élections européennes
S'informer et voter
Les élections des membres du Parlement européen auront lieu, en France, le dimanche 7 juin prochain. Même si les sentiments des Français à l'égard de l'Europe restent partagés, ces élections revêtent un enjeu d'importance, surtout dans les circonstances actuelles.
Le Parlement européen est le seul organe de l'Union européenne à être élu au suffrage universel direct, depuis 1979. Voter est toujours un devoir pour le citoyen mais, pour ne pas se tromper d'enjeu, cela nécessite une information sérieuse.
Promouvoir la paix
Depuis plus de cinquante ans, le développement de l'Union européenne a été un facteur de paix et de prospérité pour l'ensemble des pays qui en ont été les fondateurs ou qui l'ont rejointe, au fil des élargissements.
Aujourd'hui l'Europe est confrontée, comme le reste du monde, à la crise financière et à ses graves conséquences économiques. Bien des peurs, des crispations identitaires ou des tentations de repli sur les particularismes nationaux ou régionaux peuvent se faire jour, alors que l'issue ne peut se trouver que dans la concertation et dans une plus grande solidarité, compte tenu de l'imbrication de plus en plus forte de nos économies.
Développer la solidarité
Derrière la crise financière se profile aussi une crise de société. Une société individualiste creuse l'écart entre riches et pauvres et accentue l'exclusion des plus faibles. La solidarité doit s'exprimer dans un modèle social qui respecte pleinement la dignité de tout homme, en particulier du plus faible, dans chaque pays comme au sein de l'Union. L'homme n'est pas seulement un consommateur ou un producteur mais il porte aussi des valeurs sociales, familiales, culturelles et spirituelles.
Nous ne pouvons pas réclamer uniquement la solidarité pour nous-mêmes ou la limiter aux frontières de l'Union. Elle doit aussi se concrétiser dans l'action extérieure de l'Europe, dans sa politique de développement, des migrations et de l'environnement.
Changer nos modes de vie
La construction d'un tel modèle de société ne se fera pas spontanément et aucun Etat ne peut le faire seul. Cette construction demande des changements importants dans nos modes de vie et de consommation. Elle implique donc des décisions et des arbitrages politiques courageux, au niveau national comme au niveau européen.
Aujourd'hui plus que jamais, il est important que la France envoie au Parlement européen des femmes et des hommes de conviction qui s'engagent à y défendre le respect de tout homme et de tout l'homme.
Les évêques de France
04:23 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, europe, elections, eveques, parlement europeen, societe, solidarite, paix, crise, economie |
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29.04.2009
Ce que la Bible n'a jamais raconté: exposition artistique consacrée aux livres apocryphes
Une grande exposition artistique consacrée aux livres apocryphes. C'est-à-dire aux histoires et aux personnages dont les Ecritures canoniques ne parlent pas. Non pour invalider les Evangiles et l'Eglise, mais pour les rendre plus proches de nous
par Sandro Magister

ROME, le 28 avril 2009 – L’exposition de l’an dernier était consacrée à la Genèse, celle de l’année précédente à l'Apocalypse. Elles ont toutes les deux attiré à Illegio, petit bourg de montagne dans les Alpes Carniques, un grand nombre de visiteurs, ravis d’y admirer des chefs d’œuvre artistiques venus d’importants musées d'Italie et du monde. Le succès a été tel que l’exposition sur l'Apocalypse a été reprise, à Rome, par les Musées du Vatican.
Cette année, du 24 avril au 4 octobre, ce sont les Apocryphes qui sont exposés à Illegio, ces mémoires et ces légendes qui ne figurent pas dans les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament mais qui sont entrés dans la tradition chrétienne, repris par l'art et représentés aussi dans de nombreuses églises.
Bien des épisodes et des personnages de l’histoire sainte, à commencer par le bœuf et l’âne près de Jésus nouveau-né, ont été transmis en dehors des textes canoniques de la Bible. On peut citer la naissance et l’enfance de Marie avec ses parents Anne et Joachim, son mariage avec Joseph, le nom et les faits et gestes des Mages, les détails de la fuite en Egypte, la "dormition" de la Vierge et son assomption au ciel.
Les 80 œuvres réunies à Illegio, inspirées des Apocryphes, sont dues à des artistes de premier plan comme Brueghel et Le Guerchin, Dürer et Le Caravage. De ce dernier, l’exposition présentera pendant les premières semaines le splendide "Repos pendant la fuite en Egypte" conservé au Musée Doria Pamphili de Rome: tandis que Marie et l’enfant Jésus dorment, un ange accompagne au violon un motet dont le texte est tiré du Cantique des Cantiques. Joseph tient la partition, l’âne regarde et écoute, extasié.
Sur la couverture du catalogue de l’exposition, édité par Skira, figure un tableau du Guerchin datant de 1628 qui représente la rencontre de Jésus ressuscité et de sa mère, ce que les Evangiles ne racontent pas non plus.
Le choix de consacrer l’exposition aux Apocryphes n’est pas sans liens avec l’utilisation actuelle de certains textes extra-scripturaires. Du "Da Vinci Code" à l’histoire de Judas, il y a aujourd’hui tout un pullulement de livres et de films visant essentiellement à invalider les Evangiles: ces livres et films se présentent comme porteurs d’une "vérité cachée", occultée par les Evangiles eux-mêmes et par l’Eglise.
Ce côté "vérité cachée" appartenait déjà aux textes apocryphes de type gnostique des premiers siècles. Il n’est pas étonnant qu’il retrouve du succès aujourd’hui, avec le gnosticisme antichrétien moderne.
Les œuvres d'art exposées à Illegio montrent au contraire qu’une bonne partie des Apocryphes a eu et peut encore avoir un tout autre rôle: pas de s’opposer aux Evangiles canoniques et de les invalider, mais d’en étendre le récit, d’en enrichir la compréhension, de nourrir la dévotion, en continuité pour l’essentiel avec la trame fondatrice des Saintes Ecritures.
Raison de plus pour explorer le vaste ensemble des écrits extra-canoniques. C’est ce que fait ci-dessous, de façon captivante, l'archevêque Gianfranco Ravasi, spécialiste mondialement réputé de la Bible et de la littérature connexe, président du conseil pontifical pour la culture.
Ravasi est l’un de ceux qui ont présenté officiellement au public l’exposition d’Illegio sur les Apocryphes, le 23 avril, à l’ambassade d'Italie près le Saint Siège, à Rome. Son intervention a également été publiée dans "L'Osservatore Romano" du 24 avril 2009, sous le titre: "Le chant du coq rôti et la conversion de Ponce Pilate".
Ravasi étudie surtout les développements que les Apocryphes ont donnés aux récits de la Passion. La conversion de Ponce Pilate est l’un de ces développements: elle est entrée à tel point dans la tradition que l’Eglise d’Ethiopie vénère comme un saint le procurateur romain qui condamna Jésus à mort.
Pâques selon les textes apocryphes. Judas, Pilate, Marie
par Gianfranco Ravasi
Paradoxalement, il n’est pas difficile d’organiser une exposition ayant comme fil conducteur les évangiles apocryphes, comme le prouve justement la grandiose exposition ouverte le 24 avril à Illegio, petite ville du Frioul rendue célèbre par ses événements artistiques extraordinaires.
En effet cette littérature a eu un succès extraordinaire justement dans l'art et la tradition populaires. Le mot "apocryphes" – littéralement, en grec, les livres "cachés – recouvre en effet une immense production littéraire et religieuse, parfois de faible qualité, parallèle mais autonome par rapport à l'Ancien et au Nouveau Testament qui contiennent, eux, les livres "canoniques", ceux que le judaïsme et le christianisme reconnaissent comme textes sacrés, inspirés par Dieu. Ces documents sont aussi présents dans la dernière phase du judaïsme vétérotestamentaire et constituent un chapitre de la littérature religieuse juive elle-même.
Les apocryphes juifs regroupent au moins 65 textes différents, composés entre le IIIe siècle avant Jésus-Christ et le IIe siècle et relevant de contextes et de genres divers. Par exemple, des écrits apocalyptiques comme les trois livres d’Enoch différents sont importants parce qu’ils offrent un témoignage varié mais décisif sur de nombreuses concepts du judaïsme. Egalement significatifs, les "testaments" mis dans la bouche de divers personnages bibliques comme les différents patriarches, ou bien Job, Moïse et Salomon. Il y a aussi une série d’œuvres à caractère philosophique ou sapiential, comme le vieux récit d’Achikar, d’origine babylonienne, adopté et transformé par le monde juif et devenu très populaire. On trouve aussi un grand nombre de prières, d’odes, de psaumes, dont certains ont été retrouvés à Qumran, sur les bords de la mer Morte, lors de l’une des plus célèbres découvertes du siècle dernier. A enregistrer aussi des ajouts ou approfondissements libres de textes bibliques comme la "Vie d’Adam et Eve" ou l’histoire d’amour entre Joseph et Asenet.
L’exposition d’Illegio met en scène des représentations artistiques liées aux apocryphes chrétiens qui cherchent à recréer la vie de Jésus, souvent très librement, créant de nouveaux Evangiles, mais il ne manque pas d’Apocalypses ou d’Actes de différents apôtres et de lettres sur le modèle de celles de saint Paul. Cela forme une masse importante d’écrits chrétiens, nés surtout de la piété populaire mais aussi dans des milieux cultivés: nous pensons aux écrits gnostiques égyptiens. Ils furent très tôt contestés, malgré leur désir affiché de s’aligner et de compléter les livres canoniques. Cette exclusion, d’ailleurs souvent motivée du fait de leur qualité théologique discutable et de leur créativité historique fantaisiste, n’a pas empêché leur entrée dans la dévotion populaire, dans l’histoire même de la théologie, dans la liturgie, et surtout dans la tradition artistique des siècles suivants.
Entrons donc nous aussi, comme des voyageurs étonnés, dans cette forêt de pages, d’images, de coups de théâtre, de symboles, de fantaisies. On découvre, par exemple, les "divines bêtises" de Jésus enfant: il fait mourir et ressusciter ses camarades de jeu ou les transforme en chevreaux, il paralyse le professeur qui va le frapper à cause de son savoir trop pédant, mais il sait guérir les morsures de vipère, il retire de fours ou de puits, par un prodige, des enfants qui y sont tombés, il arrange sans travail manuel un lit sorti de guingois de la menuiserie de Joseph.
Parmi les dizaines de parcours qui s’offrent à nous dans cette forêt littéraire, choisissons-en un qui nous conduise à l’événement de la Pâque du Christ, le temps liturgique que nous vivons. En effet une énorme masse de récits décrit les heures de la semaine que l’on appellera ensuite "sainte". Nous ne suivrons que quelques uns des acteurs de ces jours sombres et glorieux, en faisant donc abstraction des différents sujets présentés à l’exposition frioulane.
***
Le premier que nous rencontrons est le traître Judas Iscariote, un personnage qui a continué à générer de nouveaux "apocryphes" jusqu’à nos jours, avec différents romans et œuvres de divers auteurs modernes. Pour les apocryphes anciens, l’histoire de celui qui trahit Jésus a des racines lointaines et très fantaisistes.
Fils du prêtre Caïphe, Judas montra dès son plus jeune âge – d’après "l’Evangile arabe de l'enfance du Sauveur", un apocryphe très cher aux chrétiens d'Orient et même aux musulmans – des signes de possession diabolique. Mais, selon un texte copte égyptien, sa femme avait pris chez elle pour l’allaiter le fils nouveau-né de Joseph d'Arimathie, l’homme qui allait offrir sa tombe de famille pour y déposer le cadavre de Jésus. Quand Judas rentra chez lui avec les trente deniers de la trahison, ce bébé ne voulut plus téter le lait. Son père Joseph fut alors convoqué: à peine son fils le vit-il que, par un prodige, il se mit à crier: "Viens, papa, tire moi des mains de cette femme qui est une bête sauvage. Hier, à la neuvième heure, ils ont reçu le prix du sang du Juste". En effet, toujours selon les textes apocryphes, c’est sa femme qui avait poussé Judas à trahir par goût du lucre: elle forçait déjà depuis longtemps son mari à voler dans la caisse commune des disciples qui, comme on peut le lire dans l’Evangile canonique de Jean (12, 6), était effectivement gérée par Judas.
Mais la scène la plus étonnante est racontée dans les Mémoires ou Evangile de Nicodème, célèbre apocryphe grec qui nous est aussi parvenu en version copte et latine, peut-être du début du IIe siècle. Judas, après avoir trahi Jésus, rentre chez lui, sombre et décidé à se suicider. Sa femme cherche à le convaincre de ne pas se pendre, sûre que le Christ ne pourra jamais ressusciter. Comme elle fait rôtir un coq pour le repas, elle parie avec son mari: "Si ce coq rôti peut chanter, alors Jésus pourra ressusciter. Mais, tandis qu’elle parlait, le coq écarta les ailes et chanta trois fois. Alors Judas, pleinement convaincu, fit un nœud coulant avec la corde et alla se pendre".
C’est bien sûr une reprise sous une forme surréelle et extrême du thème évangélique du coq qui chante au moment du reniement de Pierre. Mais d’autres apocryphes peignent la mort de Judas comme une explosion de son corps démesurément gonflé – libre référence à Actes des Apôtres 1, 18 – et représentent son âme qui erre désespérément dans l'Amenti, c’est-à-dire aux enfers.
***
Une floraison apocryphe était inévitable en ce qui concerne un autre protagoniste des dernières heures terrestres de Jésus dans le récit évangélique, le procurateur romain Ponce Pilate. Vers 155, l’écrivain et martyr chrétien Justin appelait "Actes de Pilate" ces Mémoires de Nicodème dont nous venons de parler. On y trouve une reconstitution très vivante du procès fait par le Romain au Christ contre qui les chefs d’accusation retenus sont sa naissance illégitime, fruit de relations coupables, et ses violations de la loi, surtout celle du repos sabbatique. Mais cédons la parole au narrateur antique qui exalte déjà la grandeur surhumaine du Christ. "Pilate appela un huissier et lui dit: Amène-moi Jésus ici, mais doucement! L’huissier sortit et, reconnaissant Jésus, il l’adora, étendit par terre le tissu qu’il avait en main et lui dit: Seigneur, marche là-dessus et viens, parce que le gouverneur te demande. [...] Quand Jésus entra chez Pilate, les aigles des enseignes que tenaient les porte-étendard baissèrent la tête et adorèrent Jésus". Puis défilent devant Pilate les témoins à décharge: aveugles, paralytiques, un bossu, l'hémorroïsse, tous guéris par Jésus, ainsi que Nicodème, membre du Sanhédrin juif.
Entre alors en scène la femme même du procurateur, dont les différents apocryphes donnent même le nom, Claudia Procula ou Procla: "Vous savez – dit Pilate aux accusateurs de Jésus – que ma femme est proche de vous par sa vision du judaïsme. Les Juifs répondirent: Oui, nous le savons! Pilate: Et bien ma femme m’a envoyé un message: Qu’il n’y ait rien entre toi et ce juste! Cette nuit, en effet, j’ai beaucoup souffert à cause de lui. Alors les Juifs répondirent à Pilate: Est-ce que nous ne t’avons pas dit que c’était un magicien? C’est lui qui a envoyé un songe à ta femme".
On voit bien, ici, que la base narrative de l’Evangile canonique de Matthieu (27, 19) est étoffée par des ajouts colorés. A ce point du récit, Pilate – selon l’Evangile de Pierre, qui a été appelé "le plus ancien récit non canonique de la Passion du Christ" (écrit vers 100 et retrouvé seulement en 1887 en Haute-Egypte dans la tombe d’un moine) – "se leva; aucun Juif ne se lava les mains, ni Hérode ni aucun des juges". Donc seul Pilate se lave les mains, proclamant symboliquement son innocence. Puis, toujours selon les Mémoires de Nicodème, "il ordonna de tirer le rideau devant sa chaise curule et dit à Jésus: Ton peuple t’accuse de prendre le titre de roi. C’est pourquoi j’ai décrété que, pour respecter la loi des pieux empereurs, tu serais flagellé puis mis en croix dans le jardin où tu as été capturé. Dismas et Gestas, deux malfaiteurs, seront crucifiés avec toi". C’est ainsi qu’apparaissent les noms improbables des deux compagnons de crucifixion de Jésus, anonymes selon Lc 23, 39-43.
Mais c’est surtout la vie ultérieure de Pilate qui déchaînera la fantaisie des apocryphes, y compris aux temps modernes: citons le "Procurateur de Judée" d’Anatole France, "Le point de vue de Ponce Pilate" de Paul Claudel, la "Femme de Pilate" de Gertrud von Le Fort, le "Ponce Pilate" de Roger Caillois, le "Pilate" de Friedrich Dürrenmatt, "Le Maître et Marguerite" de Mikhail A. Boulgakov et d’autres.
On possède depuis l'antiquité chrétienne un rapport apocryphe de Pilate aux empereurs Tibère et Claude avec réponses des destinataires, une lettre de Pilate à Hérode et une "Paradosis" de Pilate, c’est-à-dire une hypothétique "transmission" historique de ses faits et gestes. Il y avait même des apocryphes païens à son sujet : l’historien chrétien Eusèbe de Césarée déplorait que l'empereur Maximin Daïa eût fait distribuer dans les écoles, en 311, de faux mémoires de Pilate "pleins de blasphèmes contre le Christ" et ordonné que les élèves l’apprennent par cœur pour les inciter à la haine du christianisme. Mais les apocryphes chrétiens s’acharnèrent en particulier sur la mort de Pilate avec des résultats contradictoires.
D’une part, la “Paradosis” citée plus haut décrit la fin tragique de Pilate pendant une partie de chasse avec l'empereur. "Un jour, à la chasse, Tibère poursuivait une gazelle; mais celle-ci s’arrêta devant l’entrée d’une caverne. Pilate s’avança pour voir. Tibère, entre temps, avait lancé une flèche pour frapper l'animal, mais celle-ci traversa l'entrée de la caverne et tua Pilate".
Plus impressionnante est la fin racontée par un autre texte et devenue populaire au Moyen Age: Pilate se suicida à Rome d’un coup de son précieux poignard. Jeté avec un poids dans le Tibre, le cadavre dut être repêché: il attirait les esprits mauvais, ce qui rendait dangereuse la navigation sur le fleuve. Transporté à Vienne en France et immergé dans le Rhône, il dut être récupéré pour la même raison et enterré à Lausanne. Mais là aussi, son corps étant plein de démons, il fallut l’exhumer à nouveau et le jeter dans un puits naturel, en haute montagne.
D'autre part, la tradition apocryphe chrétienne loue au contraire la conversion de Pilate, qui meurt martyr, décapité par ordre de Tibère, et est accueilli au ciel par le Christ. Ce n’est pas sans raison que l’Eglise éthiopienne a inscrit à son calendrier liturgique le procurateur romain qu’elle vénère comme saint.
Sa femme Claudia Procula connaîtra le même sort. Voici en effet une autre version de la mort de Pilate, selon la "Paradosis" déjà citée. "Le commandant Labius, chargé de l'exécution capitale, trancha la tête de Pilate et un ange du Seigneur la recueillit. Sa femme Procula, voyant l'ange prêt à prendre la tête de son mari, fut transportée de joie et rendit le dernier soupir. Ainsi elle fut enterrée avec son mari Pilate de par la volonté et la bienveillance de Notre Seigneur Jésus-Christ". La conversion du procurateur avait eu lieu à l’occasion de la résurrection du Christ, d’après l’Evangile de Gamaliel, ouvrage copte du Ve siècle. En effet, "entré dans la tombe du Christ, Pilate prit les bandelettes, les embrassa et, de joie, fondit en larmes. Puis il se tourna vers un de ses capitaines qui avait perdu un œil à la guerre et pensa: Je suis sûr que ces bandelettes rendront la vue à son œil. Approchant de lui les bandelettes, il lui dit: Est-ce que tu ne sens pas, frère, le parfum de ces bandelettes? Cela ne sent pas le cadavre mais la pourpre royale imprégnée d’aromates suaves. [...] Le capitaine prit ces bandelettes et se mit à les embrasser en disant: Je suis sûr que le corps que vous avez enveloppé est ressuscité des morts! A l’instant où son visage les toucha, son œil guérit et vit la joyeuse lumière du soleil comme avant. Ce fut comme si Jésus avait mis sa main sur lui, comme pour l’aveugle-né".
***
Dans beaucoup d’Evangiles apocryphes un chapitre particulier est réservé aux témoins de la résurrection, qui sont multipliés par rapport aux Evangiles canoniques et qui deviennent spectateurs d’éclatantes épiphanies. Voici comment Pilate lui-même raconte son expérience d’après l’Evangile de Gamaliel déjà cité: "J’ai vu Jésus à côté de moi! Sa splendeur dépassait celle du soleil et toute la ville en était illuminée, sauf la synagogue des juifs. Il me dit: Pilate, tu pleures peut-être parce que tu as fait flageller Jésus? N’aie pas peur! Je suis le Jésus qui est mort sur la croix et le Jésus qui est ressuscité des morts. Cette lumière que tu vois est la gloire de ma résurrection qui inonde de joie le monde entier! Cours donc à mon tombeau: tu trouveras les bandelettes qui sont restées là et les anges qui les gardent; jette-toi dessus et embrasse-les, deviens le champion de ma résurrection et tu verras à mon tombeau de grands miracles: les paralytiques marchant, les aveugles voyant et les morts ressuscitant. Sois fort, Pilate, pour être illuminé par la splendeur de ma résurrection que les Juifs nieront". Et en effet Pilate, arrivé au tombeau du Christ – comme on l’a déjà vu – ira de surprise en surprise, rencontrant même le larron ressuscité.
Il y a donc, dans les écrits apocryphes, un "autre" Christ ressuscité qui rencontre une foule de gens par rapport au récit bien plus sobre et rigoureux des Evangiles canoniques.
Par exemple une apparition est réservée à l’apôtre Barthélémy dans l’évangile apocryphe qui porte son nom: à cette occasion, Jésus révèle tous les secrets de l'Hadès, où il a passé le temps écoulé entre sa mort et le matin de Pâques. Dans un autre texte, c’est Joseph d'Arimathie qui rencontre le Seigneur ressuscité. Arrêté par les Juifs parce qu’il a offert son tombeau pour Jésus, il voit Jésus et le larron repenti s’avancer dans les ténèbres de sa cellule: "Une lumière aveuglante resplendit dans la pièce, le bâtiment fut soulevé à ses quatre angles, un passage s’ouvrit et je sortis. Nous partîmes pour la Galilée, autour de Jésus brillait une lumière insoutenable pour l’œil humain et le larron dégageait un agréable parfum, celui du paradis". Pierre, au-delà des apparitions pascales "canoniques", fait aussi, sur la route de Rome, une extraordinaire rencontre, racontée par les Actes de Pierre, un apocryphe composé entre 180 et 190, et devenue la base de "Quo Vadis?", le célèbre roman composé par le Polonais Henryk Sienkiewicz entre 1894 et 1896.
***

Autre tradition apocryphe particulièrement vivace: celle qui concerne Marie, la mère de Jésus. Les Evangiles canoniques ne disent rien de sa rencontre avec le Ressuscité. En fait, après la scène du Calvaire (Jn 19, 25-27) on passe à celle des Actes des Apôtres selon laquelle les disciples de Jésus "étaient tous d’un même cœur assidus à la prière" avec Marie "à l’étage supérieur de la maison [de Jérusalem] où ils habitaient" (1, 13-14) sans rien ajouter à propos de la rencontre entre le Ressuscité et sa Mère. Les apocryphes suppléent abondamment à ce manque.
Reprenons l’Evangile de Gamaliel. Marie, prostrée de douleur, reste à la maison et c’est Jean qui l’informe de la sépulture de son Fils. Mais elle ne se résigne pas à rester loin du tombeau de Jésus et, en larmes, elle dit à Jean: "Même si le tombeau de mon Fils était glorieux comme l'arche de Noé, je n’éprouverais aucun réconfort si je ne pouvais pas la voir pour y pleurer. Jean répondit: Comment pouvons-nous y aller? Devant le tombeau il y a quatre soldats de l'armée du gouverneur qui montent la garde! [...] Mais la Vierge ne se laissa pas arrêter et, le dimanche de grand matin, elle se rendit au tombeau. Arrivée en courant, elle regarda autour d’elle et vit la pierre qui avait été roulée, dégageant le tombeau! Alors elle s’exclama: Ce miracle a eu lieu en faveur de mon Fils! Elle se pencha en avant, mais ne vit pas le corps de son Fils dans le tombeau. Quand le soleil parut, tandis que le cœur de Marie était mélancolique et triste, elle sentit que le tombeau était envahi par un parfum d’aromates venu de l'extérieur: on aurait dit celui de l'arbre de vie! La Vierge se retourna et, près d’un buisson d’encens, elle vit Dieu debout, habillé d’un splendide vêtement de pourpre céleste".
Mais Marie ne reconnaît pas son Fils dans ce personnage glorieux. Alors commence un dialogue semblable à celui de l’Evangile de Jean (20, 11-18) entre Marie-Madeleine et le Christ ressuscité et le mystère s’éclaircit enfin: "Ne te trouble pas, Marie, regarde bien mon visage et sois convaincue que je suis ton Fils". Et Marie répondra en lui souhaitant une "heureuse résurrection", en s’agenouillant pour l’adorer et lui baiser les pieds.
Un autre témoignage, encore plus fastueux, de l'apparition du Ressuscité à sa mère est conservé dans un fragment copte du Ve-VIIe siècle, traduction d’un texte plus archaïque. "Le Sauveur apparut sur le grand char du Père du monde entier et dit dans la langue de sa divinité: Maricha, marima, Tiath, c’est-à-dire: Mariam, mère du Fils de Dieu! Mariam en comprenait le sens; alors elle se tourna et répondit: Rabbuní, Kathiath, Thamioth, ce qui veut dire: Fils de Dieu! Le Sauveur lui dit: Salut à toi, qui as donné la vie au monde entier! Salut, ma mère, mon arche sainte, ma ville, ma demeure, mon vêtement de gloire dont je me suis habillé en venant au monde! Salut, ma cruche pleine d’eau sainte! Tout le paradis se réjouit de tes mérites. Je te le dis, Marie, ma mère: celui qui t’aime aime la vie. Puis le Sauveur ajouta: Va trouver mes frères et dis-leur que je suis ressuscité des morts et que j’irai à mon Père, qui est le vôtre, à mon Dieu, qui est le vôtre. [...] Marie dit à son Fils: Jésus, mon Seigneur et mon Fils unique, avant de monter aux cieux chez ton Père, bénis-moi parce que je suis ta mère, même si tu ne veux pas que je te touche! Et Jésus, notre vie à tous, lui répondit: Tu seras assise avec moi dans mon royaume. Alors, le Fils de Dieu s’éleva dans son char de chérubins, tandis que des myriades d’anges chantaient: Alléluia! Le Sauveur étendit la main droite et bénit la Vierge".
Avec ce texte, nous nous trouvons désormais dans un autre domaine, celui de la dévotion mariale, particulièrement chère aux Eglise d'Orient. L'accent est mis sur la mariologie, laissant à l’arrière-plan la référence christologique.
***
La riche série d’exemples que nous avons donnée – même si elle porte sur une seule phase de l’histoire de Jésus-Christ – n’explique pas tout, à cause du grand nombre de thèmes et des répercussions des diverses situations ecclésiales que révèlent les pages apocryphes. Mais elle démontre de façon indiscutable la qualité radicalement différente - en termes de crédibilité historique et de rigueur théologique - des écrits canoniques néotestamentaires, preuve de leur essentialité thématique et de leur sobriété narrative.
Par contraste, l'élaboration de la "gnose" – selon laquelle le salut n’est donné que par la connaissance – répandue surtout en Egypte, est significative. Elle introduira, par exemple, dans l’Evangile de Thomas une série de phrases ou de paroles de Jésus évangéliques et extra-évangéliques, dont certaines ont un grand intérêt historique, mais elle ouvrira aussi la voie à des spéculations théologiques discutables, souvent très élaborées et sophistiquées et parfois extravagantes.
En positif, on peut dire que ce qui domine c’est un fort sens de la grandeur de l'événement christologique et une vive conscience de l'identité chrétienne. Dans un apocryphe égyptien gnostique, connu sous le nom d’Evangile de Philippe, on lit: "Si tu dis: Je suis Juif! Personne ne s’émeut. Si tu dis: Je suis Romain! Personne ne tremble. Si tu dis: Grec, barbare, esclave, homme libre! Personne ne s’agite. Mais si je dis: Je suis chrétien! Le monde tremble".
Le site de l’exposition, avec toutes les informations:
> Apocrifi. Memorie e leggende oltre i Vangeli
L’organisateur de l’exposition est le Comité de San Floriano, animé par don Alessio Geretti, vicaire de la paroisse et spécialiste de l'art chrétien.
L’article consacré par www.chiesa à la précédente exposition sur la Genèse:
> Miracle à Illegio, petit village de montagne (30.5.2008)
Autres articles de www.chiesa sur des sujets similaires:
> Focus ARTS ET MUSIQUE
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
04:20 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bible, illegio, brueghel, passion, ponce pilate, claudia procula, exposition, livres apocryphes, le guerchin, durer, le caravage, da vinci code, judas, gnose, gnosticisme, antichretien, evangiles canoniques, ecriture, gianfranco ravasi, culture, italie, osservatore romano, ethiopie, justin, anatole france, paul claudel, gertrud von le fort, robert caillois, friedrich durenmatt, mikhail a boulgakov, eusebe de cesaree, gamaliel, quo vadis, henryk sienkiewicz, vierge marie |
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25.04.2009
Dieu veut te parler: Homélie 3° dimanche de Pâques B

Le mot préféré de Jésus après sa résurrection est le mot "paix". C'est une des premières paroles quand il apparaît à ses apôtres, comme dans le passage que nous venons d'entendre: "La paix soit avec vous!"
Chaque fois que la sainte messe est célébrée, nous entendons ces mêmes paroles qui s'adressent à nous dans notre vie de tous les jours, juste avant de recevoir le corps et le sang vivant, ressuscité, de Jésus dans la Communion, quand le célébrant dit :
"Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes apôtres: 'Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix' ; ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église ; pour que ta volonté s'accomplisse, donne-lui toujours cette paix et conduis-là vers l'unité parfaite, toi qui règnes pour les siècles des siècles."
L'assemblée répond alors : "Amen". Après quoi le prêtre ajoute :
"Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous."
L'assemblée répond :
"Et avec votre esprit."
Noez que Jésus n'a jamais prononcé cette salutation de paix avant sa résurrection. Mais après, il la répète sans cesse, parce qu'il sait que nous en avons besoin. La paix du Christ est l'antidote pour la maladie la plus endémique de notre société moderne et sécularisée : le stress, la dépression, l'angoisse. Nous tous, dans une mesure plus ou moins grande, en sommes affectés.
Pour lire la suite :
22:23 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, bible, parole de dieu, homelie, paques, temps pascal, liturgie, paix |
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Dieu veut te parler: lectures du 3° dimanche de Pâques B
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc Evangile : Le Christ ressuscité envoie les Apôtres en mission(Lc 24, 35-48)
Acclamation : Le Seigneur ressucité est apparu à ses Apôtres, il leur a donné sa paix.
Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ?
Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement.Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
Il le prit et le mangea devant eux. Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.
Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour,
et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins. »
05:15 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, bible, liturgie, dimanche, paques, evangile, emmaus |
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24.04.2009
L'amour qui pardonne

Rome (Agence Fides) – « Ressuscité, Jésus donna aux siens une nouvelle unité, plus forte qu'auparavant, invincible, fondée, non sur les ressources humaines, mais sur la miséricorde divine, qui les a fait se sentir tous aimés et pardonnés par lui. C'est donc l'amour miséricordieux de Dieu qui unit solidement, aujourd'hui comme hier, l'Eglise et qui fait de l'humanité une seule famille ; l'amour divin, qui, par Jésus, crucifié et ressuscité, pardonne nos péchés et nous renouvelle intérieurement. Animé par cette conviction intime, mon bien-aimé prédécesseur, Jean-Paul II, a voulu consacrer ce dimanche, qui est le 2e dimanche de Pâques, à la Miséricorde divine, et il a indiqué à tous le Christ ressuscité comme la source de la confiance et de l'espérance, en accueillant le message spirituel transmis par le Seigneur à sainte Faustine Kowalska, synthétisé dans l'invocation : ‘Jésus, j'ai confiance en toi !’ (Benoît XVI, Regina Caeli du 19 avril 2009) ».

Dans chaque coeur humain, il y a un désir très profond de liberté, que Dieu a mis dans l’être de l’homme, créé à son image et à sa ressemblance. Un bonheur, un amour, qui ne soit pas sous le signe de cette liberté, est impensable. Quand nous étions enfants, la foi demeurait dans notre cœur, parce que nous étions libres, libres vis-à-vis de nous-mêmes, vis-à-vis du monde, et vis-à-vis de l’expérience volontaire et personnelle du péché. On goûtait la saveur typique de la vraie liberté des enfants de Dieu.
Nous avons tous besoin de la Divine Miséricorde pour devenir à nouveau libres d’aimer : Dieu et nos frères. Seule la Miséricorde de Dieu a, en effet, le pouvoir de nous libérer de nos péchés, qui nous barrent la route du bonheur. Jésus, le soir de sa Résurrection précisément, en apparaissant aux Apôtres dans le Cénacle, a voulu transmettre, par eux et par leurs successeurs, à tous les prêtres, le pouvoir immense de pardonner les péchés par le Sacrement de la Réconciliation (cf. Jean 20, 19-23).
Ce n’est certainement pas un hasard que, précisément, dans les temps forts de l’Année Liturgique, que ce soit l’Avent avec Noël, que ce soit le Carême avec Pâques, les fidèles ressentent le besoin particulier d’aller se confesser, comme s’ils étaient attirés mystérieusement par le mystère ineffable de la Miséricorde Divine. A Sainte Faustine Kowalska elle-même, à propos de la Confession, c’est-à-dire au tribunal de la Miséricorde, Jésus indique une vérité des plus consolantes :
« « Dis aux âmes où elles doivent chercher la consolation, c'est au tribunal de la miséricorde; c'est là qu'ont lieu les plus grands miracles qui se renouvellent sans cesse. Point n'est besoin, pour obtenir ce miracle de faire de lointains pèlerinages, ni de faire étalage d'un quelconque cérémonial, mais il suffit de se jeter avec foi aux pieds de celui qui tient ma place, de lui dire sa misère et le miracle de la miséricorde divine se manifestera dans toute sa plénitude. Même si cette âme était en décomposition comme un cadavre, et même si humainement parlant il n'y avait plus aucun espoir de retour à la vie, et que tout semblait perdu, il n'en est pas ainsi selon Dieu, le miracle de la miséricorde divine redonnera vie à cette âme dans toute sa plénitude. O malheureux, qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la miséricorde divine; en vain vous appellerez, il sera déjà trop tard ». (1448)
Quelle joie immense que de retrouver la liberté perdue avec le péché. D’esclaves, on redevient libres, de morts, on redevient vivants. C’est pourquoi ceux qui font l’expérience d’une vraie conversion, par le pardon inconditionnel du Père, se sentent « renaître » à une vie nouvelle. Combien de fois, de la bouche même des convertis – et nous sommes tous à l’être toujours plus - on a recueilli l’exclamation suivante : « Je suis devenu une autre personne ! ». Oui, quand la liberté pour le bien pour le beau et pour le vrai, redevient une compagne de vie, quand il y a la liberté vis-à-vis du vice et du péché – qui pousse à faire le mal que nous ne voulons pas faire, et à ne pas faire le bien que nous désirons faire – alors, la joie se met de nouveau aux côtés de la liberté, et le cœur éprouve le bonheur d’être redevenu libre pour Dieu, le Bien Suprême.
La Divine Miséricorde est la voie d’accès à la vraie liberté de l’homme. C’est cette vie de grâce elle-même qui, en vertu du pardon demandé et donné, rouvre au pécheur la porte à la vérité : vérité sur Dieu, sur soi-même. Par sa Résurrection, le Seigneur nous a donné, dans la Divine Miséricorde, la possibilité de voir tous nos péchés remis, si toutefois nous le Lui demandons humblement. Chaque fois que nous allons recevoir le Sacrement de la Réconciliation, nous entrons en contact vivant avec le mystère de la Miséricorde Divine, et, par l’intermédiaire du prêtre qui nous donne l’absolution, nous rencontrons ce même amour qui pardonne, ressenti et reçu par les Apôtres au Cénacle, le soir de Pâques : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez » (Jean 20, 23). Dans cette Parole de Jésus, se trouve la dimension immense de l’Amour Miséricordieux de Dieu pour nous !
(Agence Fides, 22 avril 2009)
12:04 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : misericorde, faustine kowalska, benoit xvi, jean paul ii, saints, pretres, coeur, reconciliation, sacrements, peches, amour, pologne, annee liturgique, confession, paques, resurrection |
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21.04.2009
Mgr. Giuseppe Betori: défenseur spécial de la ville de Florence
La ville de Florence a un défenseur spécial: son évêque
Nommé récemment, Giuseppe Betori a inauguré un nouveau style pastoral, très engagé dans la sphère publique, avec la défense de la vie humaine comme priorité. En fait il a actualisé un modèle épiscopal classique dans l'histoire de l’Eglise. Pietro De Marco l'analyse et l'interprète
par Sandro Magister

ROME, le 21 avril 2009 – Florence est pour le monde entier une ville phare. Comme capitale artistique, mais aussi comme laboratoire de fortes expériences chrétiennes, individuelles ou collectives. Elle l’a sûrement été pendant une grande partie du XXe siècle.
Le nouvel exemple qu’offre aujourd’hui Florence au monde catholique – et pas qu’en Italie – est lié au rôle joué par son archevêque.
Originaire d'Ombrie et bibliste de formation, Giuseppe Betori, 62 ans, est archevêque de Florence depuis le 8 septembre 2008. Antérieurement, il a été, en tant que secrétaire général de la conférence des évêques d’Italie, CEI, le bras droit du cardinal Camillo Ruini qui en était président, puis de son successeur, le cardinal Angelo Bagnasco.
L'été dernier, alors que sa nomination était dans l’air mais pas encore officiellement décidée, bon nombre de prêtres et de laïcs florentins ont signé une lettre ouverte demandant que le nouvel évêque soit un homme de "patience" et de "pardon", qu’il renonce à "parler avec aigreur et pour condamner" et qu’il instaure "un climat de liberté et de respect réciproque" entre l’Eglise et la société civile.
On devine facilement que ce profil d’évêque ne correspondait pas à celui que les signataires de la lettre attribuaient de manière polémique à Betori.
En tout cas, c’est lui que Benoît XVI a envoyé à Florence. Dans sa première interview au journal du diocèse, Betori a annoncé qu’il agirait pour "une foi capable d’être un élément de culture". Et d’ajouter: "Rien de ce qui est humain n’est étranger à l’Eglise. Il y aura donc une parole de l’Eglise à propos de toute la vie de la ville. Ce qui est humain peut et doit être éclairé par l’Evangile".
Début octobre, peu de temps avant son entrée en fonctions, il a eu un débat public avec la philosophe Roberta de Monticelli. Elle avait annoncé qu’elle quittait l’Eglise catholique précisément à cause de Betori qui, "au nom de l’Eglise d’Italie", avait condamné l'autodétermination à propos de l'interruption anticipée de la vie. Elle l’a accusé de nier "diaboliquement" "la possibilité même de toute morale: la conscience et sa liberté". Betori lui a répondu, dans le quotidien de la CEI, "Avvenire", par un éditorial calme intitulé: "Moi aussi, je demande la liberté de conscience, qui est autre chose que l'autodétermination".
Le 26 octobre, peu après son entrée en fonctions, il a été voir des petits malades à l'hôpital pédiatrique "Enrico Meyer" de Florence où un congrès avait lieu sur le thème: "Le nouveau-né est-il une personne?" avec comme orateur le néonatologiste néerlandais Eduard Verhagen, promoteur de "traitements de fin de vie" pour les bébés. L'archevêque a critiqué l'orientation du congrès qu’il a jugée "inquiétante".
Le soir du 20 novembre, il a participé à une veillée de prière pour Eluana Englaro, la jeune femme réduite à l’état végétatif que la justice italienne avait permis de faire mourir par interruption de l'alimentation et de l'hydratation, comme l’avait demandé son père: un cas très semblable à celui de Terri Schiavo aux Etats-Unis. A cette occasion, Betori a prononcé une allocution défendant avec force le maintien en vie d’Eluana: son premier acte public solennel de nouvel archevêque de la ville, sur une question également politique.
Le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, prêchant sur la place du Dôme, il a dit: "Nous sommes troublés de voir différentes personnes mettre en question, de différentes façons, la dignité intangible de l’être humain, surtout là ou il vit dans la fragilité, lors de l’apparition et de l’achèvement naturel de la vie".
Le 23 janvier, au conseil pastoral diocésain, il a cité, parmi les objectifs de l’Eglise de Florence, le retour à "la visibilité de la vie croyante au quotidien" et la réduction de la fracture survenue entre foi et culture au cours des décennies précédentes.
Dans l’intervalle, on avait mis fin à la vie d’Eluana Englaro. Elle n’était pas de Florence. Mais quelques jours après, le 9 mars, le conseil municipal de cette ville, sur proposition d’un conseiller socialiste, a décidé de faire Giuseppe Englaro, le père d’Eluana qui avait voulu sa mort, citoyen d’honneur "en tant que symbole d’excellent enseignement, de grande intégrité morale, de courage humain et civil, pour la défense de la légalité de la laïcité de l’Etat, de l’humanité, de la civilisation". Une décision prise de justesse, avec beaucoup de voix contre.
Moins d’une heure plus tard, la réponse de l’archevêché arrivait: une note officielle, résolument critique:
"Cette décision est offensante pour la partie non négligeable de la ville qui, au cours du drame d’Eluana, a exprimé des orientations bien différentes de celles dont M. Giuseppe Englaro et le groupe qui l’a soutenu étaient porteurs. Mais l’offense la plus grave a été commise envers les parents, frères, amis et volontaires qui, en Italie, se rassemblent autour de plus de 2 500 êtres chers vivant des situations proches de celle à laquelle Eluana a été arrachée de force, des gens qui ont au contraire besoin qu’on les soutienne dans leur dévouement, leurs efforts et leur espérance".
Il en est résulté une discussion publique très vive. Le président du conseil municipal, Eros Cruccolini, a écrit à l’archevêché une lettre pour défendre la justesse de la décision. Betori a répondu en confirmant "que c’est justement l’amour pour cette ville qui exige qu’un évêque, en conscience, exprime son désaccord si nécessaire, comme dans le cas présent".
Un autre échange par écrit a eu lieu juste avant la cérémonie où Giuseppe Englaro a été fait citoyen d’honneur. L'archevêque, invité à assister à la cérémonie, a refusé.
La dispute est encore vive. Au niveau national, elle se mêle à la discussion qui accompagne l'élaboration par le parlement italien d’une loi sur la fin de vie, accélérée précisément par la décision de justice concernant Eluana Englaro.
Mais ce qui est nouveau à Florence, c’est justement le rôle, sans précédent au cours des dernières décennies, que joue l’évêque.
La nouveauté est double. Tout d’abord par l'engagement direct de l’évêque dans la ville, y compris sur le terrain politique. Ensuite par le sujet de son engagement public, qui est la défense de la vie humaine en tant que telle: un sujet sur lequel une partie des évêques, du clergé et des laïcs catholiques est très peu désireuse de s’opposer à "l’esprit du temps".
Cette double nouveauté doit être analysée et interprétée, notamment en raison de sa valeur d’exemple. C’est ce que fait ci-dessous le professeur Pietro De Marco, florentin et expert reconnu du catholicisme de sa ville:
Sur l’évêque comme défenseur de la ville, lors des invasions modernes de barbares
par Pietro De Marco
1. La situation actuelle de l’Eglise de Florence que dirige l'archevêque Giuseppe Betori me paraît présenter un caractère exemplaire pouvant avoir des répercussions internationales. Ce que l’on voit à Florence, c’est la renaissance d’un ancien rôle: celui de l’évêque comme "defensor civitatis", défenseur de la ville, et "consul Dei", consul de Dieu, cette dernière appellation ayant été donnée au pape Grégoire le Grand.
Bien sûr, quelque chose de ce rôle de l’évêque apparaît périodiquement, en temps de guerre ou de révolution. Le cardinal Clemens August von Galen fut lui aussi appelé, pour son témoignage dans l’Allemagne hitlérienne, "defensor civitatis" et "consul Dei", comme jadis les Pères de l’Eglise "parmi les hordes de barbares". Ou bien cela apparaît dans des situations de grave conflit social, comme pour l’évêque Oscar Romero en Amérique Latine. Mais le cas de Florence est intéressant aussi parce qu’il n’a ni le côté exceptionnel d’un acte héroïque ni ce style "engagé" aussi cher aux cultures de libération que rarement original, avec souvent des effets doctrinaux et pastoraux négatifs.
Au centre du cas de Florence, il y a des questions anthropologiques, bioéthiques et biopolitiques qui n’ont pas grand-chose à voir avec les sujets habituels de discussion politique et économique. Sur les questions de la vie, l’Eglise est tout à fait originale et seule; elle est irremplaçable. En ce sens, le cas de Florence a une portée exemplaire, qui pourrait provoquer ou encourager des agitations du même genre dans d’autres diocèses.
2. Les médias laïcs ont utilisé la métaphore footballistique de l'intervention "croche-pied" pour définir la forme et le fond du communiqué que l’archevêché de Florence a publié le 9 mars et qui critique l’attribution, par la municipalité, de la citoyenneté d’honneur à Giuseppe Englaro, père d’Eluana, la jeune femme réduite à l’état végétatif et qu’une décision de justice avait fait mourir de faim et de soif quelques semaines plus tôt.
Ce geste public de critique est cohérent avec le style de gouvernement de l’Eglise qui se dessine de semaine en semaine à Florence. Le communiqué de l’archevêché affirmait: "La prétention d’un groupe de conseillers municipaux de faire un choix au nom de toute une ville est un acte de mépris envers les représentants du peuple minoritaires et envers une minorité présumée de citoyens, ce qui provoque une profonde déchirure de la cohabitation". Et encore: on a voulu "montrer par un dernier acte d’arrogance [d’un conseil municipal en fin de mandat – ndlr] qu’il était possible d’exercer le pouvoir de façon abusive, en méprisant ceux qui ont d’autres idées et pensent que la vie est un bien dont on ne peut disposer parce qu’il est sacré”.
Certains ont même comparé le communiqué de la curie épiscopale à une proclamation intimidatrice, à un "diktat" auquel le conseil municipal de la ville aurait dû se soumettre. Des mots comme "proclamation" et "diktat" ne sont pas nouveaux. Des commentateurs faisant autorité les ont également utilisés contre le cardinal Angelo Bagnasco, président de la conférence des évêques d’Italie, qui est intervenu au même moment dans l’affaire d’Eluana. Désormais, en Italie, le mécanisme et le vocabulaire d’opposition à l’Eglise catholique sont standardisés et automatiques.
On en vient donc à se demander aussi pourquoi ceux qui, plus modérés, ont utilisé la métaphore sportive du "croche-pied" ont en tout cas évoqué un comportement qui oblige l'arbitre à siffler une faute. La réponse implique l’histoire civile et religieuse de l’Italie au cours du dernier demi-siècle.
Pour plusieurs raisons, toute intervention publique de la hiérarchie catholique est perçue et censurée comme un comportement fautif ou "uncorrect". Depuis des décennies, les catholiques italiens se sont habitués au silence de leur clergé et de leurs évêques dans le domaine public. En fait, ils se sont habitués à quelque chose de plus: à ce que les évêques ne parlent en public, éventuellement, que pour approuver les valeurs et rhétoriques civiles dominantes, comme pour affirmer leur accord, leur conformité à celles-ci. En effet, les voix d’évêques n’ont pas manqué pour dénoncer les "maux" du pays, mais elles évoquaient principalement des sujets civils à propos desquels l’Eglise s’alignait, souvent avec un certain retard, sur les forces politiques et morales "crtitiques".
Mais sur les sujets directement liés à l'anthropologie chrétienne, c’est le silence qui prévaut. Les évêques ont longtemps confié le "discernement critique" sur ces sujets, ainsi que son expression publique, au magistère ordinaire des derniers papes et aux déclarations de la conférence des évêques d’Italie. Ainsi, sans s’en rendre compte, les évêques laissent à la société civile – et notamment aux cultures politiques d’opposition et de protestation – la mission de donner la légitimité "politique" à l'autorité épiscopale.
Même si les exceptions n’ont pas manqué, ce "politiquement correct" existe depuis longtemps, à la satisfaction visible des administrations et des forces politiques. Une telle façon d’agir a fait naître des règles du jeu tacites. L'opinion publique les a assimilées de manière variable, tel ou tel arbitre estimant qu’il peut donner un coup de sifflet dès qu’un évêque semble "incorrect".
Mais il y a plus. Une opinion publique qualifiée, y compris catholique, a confondu cette "correctness" ecclésiastique dans la sphère publique avec un équilibre idéal entre autorités politiques et spirituelles. Réalisant ainsi dans les faits et les coutumes une "privatisation" abusive de la nature publique spécifique de l’Eglise, à laquelle celle-ci ne peut pas renoncer.
La doctrine moderne de la "laïcité" fait dépendre la neutralité de l’Etat du caractère privé de l’Eglise et de sa non-ingérence, de son innocuité politique, dont l’Etat serait juge. Mais l’Eglise catholique n’est pas ainsi par essence, elle n’est pas réductible à cela. Elle ne l’était pas quand elle a innervé l'Europe et l'Occident, elle ne l’est pas devenue après Luther ou Locke, ni avec la Révolution française ou sous la menace des religions politiques et des révolutions totales du XXe siècle.
Cette présence magistérielle et civilisatrice de l’Eglise catholique, la nécessité qu’elle apparaisse comme telle dans la sphère publique, n’ont jamais tout à fait disparu ; en fait, depuis plusieurs années, elles sont à nouveau présentes et visibles sur la scène mondiale. Selon les sociologues, c’est l’un des phénomènes les plus symptomatiques de l'âge "post-séculier". Le pontificat de Jean-Paul II et, en Italie, le gouvernement innovant de la conférence des évêques exercé par le cardinal Camillo Ruini ont mis sous nos yeux cette présence publique renouvelée de l’Eglise. Mais l'accoutumance de certaines parties de la société civile et la neutralisation de la visibilité et de l’autorité de l’Eglise tentée par les cultures laïcistes aboutissent encore à faire ressentir la présence magistérielle et civilisatrice de la hiérarchie catholique comme une exception, une transgression et même une contrainte.
3. Passons à Florence et à son évêque. Dès les premiers siècles du christianisme, l’évêque est à la fois le centre de la vie liturgique, par elle-même publique, et une autorité civile particulière, en cohérence avec son ministère qui est de "superviser". Bernard Flusin, historien de l’antiquité tardive, a écrit: "La liste des domaines où l’évêque est appelé à intervenir est impressionnante". Même s’il n’est pas un seigneur territorial, l’évêque est un "defensor civitatis", avec un rôle d’équilibrage par rapport aux fonctionnaires impériaux. A travers les évêques, l’Eglise donne aux fonctions d’assistance et de gouvernement une nouvelle visibilité institutionnelle par rapport aux systèmes préchrétiens: les évêques organisent le culte, instruisent, secourent les pauvres, influencent l’espace urbain. L’évêque, dans le cadre de sa ville, détient des pouvoirs définis juridiquement qui le mettent à la tête de la communauté urbaine face au pouvoir civil. D’autres historiens, dont Luce Pietri, le confirment: "Ses titres le proclament garant de la justice et protecteur des faibles, souvent en opposition avec la juridiction" civile. C’est le ministre de l'aide.
Par la suite, ces caractéristiques de longue période ont été actualisées et adaptées aux organisations de l’état moderne et des démocraties pluralistes, mais elles n’ont pas disparu et restent des éléments constitutifs. C’est si vrai, si évident pour la conscience publique et les calculs des gouvernants que, quand les devoirs de l’évêque envers la "polis" s’expriment sous forme d’activités sociales de "suppléance", ils sont appréciés, recherchés, loués. Quand au contraire la sollicitude de l’évêque – qui en elle-même ne vise pas au bien-être mais répond au commandement évangélique absolu et tend en définitive au salut des âmes même quand elle secourt les corps – s’adresse à d’autres protecteurs, décisifs, du bien-être spirituel et moral des citoyens, et qu’elle le fait avec autorité, à voix haute, elle est sifflée comme "incorrecte".
Ce ne sont pourtant que des moments distincts du même mandat et de la même fonction. Le communiqué de l’archevêché est, quant au fond, la première lettre de l’archevêque Giuseppe Betori à la ville et à propos de la ville. C’’est un acte de sollicitude du pasteur, qui se fait "garant de la justice et protecteur des faibles" sur le terrain anthropologique, y compris en opposition avec les pouvoirs. Il analyse la réalité et met en garde contre les dangers. Le rappel au "respect des rôles et des autonomies réciproques" que comporte la lettre envoyée à l’archevêque par le président du conseil municipal de Florence, montre une médiocre connaissance de ce devoir épiscopal.
4. Le débat public qui en est résulté – inédit à Florence comme est inédite dans cette ville, depuis un demi-siècle, la prise publique de responsabilités par un évêque en opposition avec les autorités civiles – constitue un modèle de nouveau style ecclésial, au moins en Europe. Ce changement n’a pas manqué de susciter des objections.
On a remarqué que le style "orthodoxe" de Betori n’est pas en harmonie avec Florence, parce que "Florence est atypique, ce n’est pas la ville de l'orthodoxie". Cette conviction relève d’une sorte de mythe romantique et Renaissance d’une Florence "hérétique", qui a eu un certain succès même au XXe siècle. Mais justement l’histoire récente du catholicisme florentin, que beaucoup de gens connaissent y compris hors d’Italie, n’a rien à voir avec ce mythe. Giorgio La Pira, maire de Florence, dont le procès de béatification est en cours, était un "pleureur" (mot qui désignait au XVe siècle les disciples du moine rigoriste Savonarole) très orthodoxe, très soumis à l’Eglise et au pape. Après l’ère La Pira, ce puissant courant catholique s’est dissous dans le silence public, entre marginalité, clandestinité à la Nicodème et conformisme progressiste. Mais aujourd’hui, Betori étant évêque, le temps des silences et des chuchotements est passé pour l’Eglise.
Le président du conseil municipal de la ville a affirmé que les décisions prises à la majorité d’un organisme électif, "expression concrète de la volonté de la ville", ne peuvent jamais être considérées comme "négatives". Mais il a ainsi confondu légalité et légitimité politique. La lutte entre groupes et courants de la majorité progressiste qui administre Florence a produit une décision à portée idéologique, militante, prise pour influencer par des rites civils (l’attribution de la citoyenneté d’honneur au père d’Eluana Englaro) l'opinion publique et la conduire à un choix irréfléchi en faveur de l'euthanasie, donc sur des frontières éthiques d’une extrême gravité. De plus une petite majorité de conseillers a utilisé des pouvoirs et outils légaux pour s’opposer au gouvernement national et à l’Eglise alors même qu’à Rome le parlement était en train d’élaborer une loi sur le "testament biologique". Un geste politique dans lequel il est difficile de ne pas voir – comme l’a fait l’évêque – "un prétexte, une offense, une destruction" pour le gouvernement de la ville, autant que pour l'éthique publique. Demain, quelles autres décisions pourront être prises en prenant appui, symboliquement, sur le "citoyen Englaro", et avec l'apport de ce qu’il reste de désapprobation catholique?
L’évêque de Florence, désireux de voir se réaliser la "iustitia" au sens profond de la politique chrétienne, a rendu ses concitoyens conscients de cette anomalie éthico-politique. Il a agi malgré la pression contraire exercée par une opinion publique comprenant même des membres de l’Eglise: celle qui s’oppose à l’Eglise "des condamnations" au nom de la "médecine de la miséricorde".
Cette dernière pression est une alliée objective des polémiques laïques contre "l’Eglise du non", ridiculement montrée du doigt comme une Eglise de la peur et du conservatisme. De même ce que l’on appelle "l’opinion publique ecclésiale" fait preuve d’une surdité totale (souvent traduite en pratique pastorale) en ce qui concerne le combat bioéthique de l’Eglise et des derniers papes. Toujours encline à parler d’ouverture à l’espérance, cette opposition intra-ecclésiale ignore que l’espérance de l'homme repose sur la cohérence anthropologique et la responsabilité universaliste, pas sur un minimalisme de modèles destiné à pourvoir miséricordieusement aux cas particuliers. Elle ignore que, du point de vue ecclésiologique, la responsabilité d’un curé, conditionnée par l'immédiateté des "mondes vitaux" de ses fidèles est une chose et celle du pape et des évêques en est une autre. L'immédiateté des mondes vitaux ne peut pas devenir un article de foi.
5. Il y a une autre objection: pourquoi le récent réveil des hiérarchies catholiques se produit-il seulement ou prioritairement dans le domaine de la bioéthique et de la biopolitique? Je réponds qu’il n’est pas important de dire ici que ce n’est pas le cas, comme on pourrait pourtant le faire. Je crois en effet que cette priorité doit exister.
Le domaine bioéthique et biopolitique est si crucial que c’est plutôt l'absence de ces questions dans la prédication chrétienne ordinaire qui paraîtrait coupable. Il y a des milieux, y compris catholiques, à qui les questions de bioéthique semblent brûler les lèvres et qui préfèrent qu’on en parle ailleurs, c’est-à-dire que ce soit la hiérarchie qui en parle, suivie par des groupes "fondamentalistes". Mais le silence sur ces questions est coupable, parce qu’aucun catholique n’est dispensé de comprendre que le défi des biotechnologies ne résulte pas seulement de besoins thérapeutiques et n’aboutit pas seulement à réduire une pathologie ou une souffrance. C’est un défi anthropologique au plein sens du terme, c’est-à-dire un défi à l'existence et au sens de l'homme comme créature.
Ce que nous appelons depuis quelque temps anthropologie théologique a été pendant des siècles une partie du traité "de Deo creante et elevante". Il ne peut en être autrement. Si elles ne sont pas fondées sur le Dieu créateur, les sciences et les philosophies de l'homme et du "bios" deviennent les connaissances et les techniques d’un jeu vidéo joué sur l'homme réel.
Les implications du défi, le fréquent cynisme nihiliste à la Peter Singer, la rêverie sur le post-humain sont si récurrents et explicites aujourd’hui que seule une "différence chrétienne" émerveillée par l'innocence du monde peut ne pas en prendre acte. Au contraire cette frontière est d’une priorité absolue pour la responsabilité chrétienne. Si l'homme n’est pas pensé comme créature, on ne peut raisonner de manière sensée sur ses actes. La théorie qui calcule, avant ou après la naissance, le "meilleur intérêt" de l'être humain porteur d’un handicap ou gravement malade, est encore plus exemplaire par sa vacuité théorique que par son inhumanité. Quel serait le meilleur intérêt pour un être imparfait ou en mauvaise santé? De ne plus exister. Quelle merveilleuse perfection, quel bonheur nous rendrions au fœtus, au bébé, au malade, au vieillard, en les supprimant! La conviction irraisonnée que le meilleur intérêt d’un être exigerait et justifierait son élimination est, à elle seule, l’indice extraordinaire d’une dérive suicidaire. Benoît XVI l'a montré.
6. A tout cela l’évêque catholique a pour premier devoir de dire avec autorité "non", "je m’oppose" (comme dans le "Court récit sur l'Antéchrist" de Soloviev), sans être surpris s’il se trouve seul dans sa sollicitude ultime pour l'homme: parce que l’Eglise est unique et universelle dans la communauté des hommes, comme son mandat et sa certitude, depuis l'origine. Un "non" dit sans pathos apocalyptique. Avec des arguments et des analyses, en distinguant celles qui sont techniques et celles qui sont méthodiques. Avec la sagesse de ceux qui ont construit et assuré la raison de l'Occident.
Il n’y a donc aucune "sacralisation du biologique" dans la réponse catholique à la crise bioéthique, contrairement à ce que disent certains critiques. Toute vie dont s’occupent la raison et l'amour catholique est toujours l’homme entier, ce qui est beaucoup plus que le vivant qui apparaît au biologiste ou au clinicien en tant que tels. Et il n’y a rien à sacraliser, puisque cet entier est déjà "sacré".
Ce sont des évidences difficilement contestables. Mais il reste, préoccupante, l’incapacité répandue – pour ne pas dire la réticence catholique – à comprendre et à expliquer la primauté radicale, aujourd’hui, de l'annonce anthropologique. Le lien avec la grande tradition apologétique semble coupé. La docilité confuse d’une grande partie de la culture catholique envers les campagnes médiatiques contre "l’Eglise du non" n’est pas la preuve d’un fructueux "dialogue avec le monde", mais plutôt celle d’une situation de dépendance intellectuelle et politique. Mais des évêques combattants pourront nous faire sortir d’Egypte.
La méditation de l'archevêque de Florence, Giuseppe Betori, à la veillée de prière du 20 novembre 2008 pour la défense de la vie d’Eluana Englaro:
> La prima volta di Betori a Firenze. Su Eluana
Les textes intégraux de la décision par laquelle, le 9 mars 2009, le conseil municipal de Florence a conféré la citoyenneté d’honneur au père d’Eluana Englaro qui a voulu la mort de celle-ci. Et la réponse de l’archevêché:
> Firenze ha un cittadino in più, "ad honorem". L'arcivescovo vota contro
Le dialogue d’octobre dernier entre l'archevêque de Florence et la philosophe Roberta de Monticelli, sur la liberté de décider l'interruption anticipée de la vie:
> Roberta de Monticelli sbatte la porta e se ne va. Betori la riapre
Les deux précédents articles de www.chiesa sur la spécificité du catholicisme florentin, comportant tous les deux des commentaires du professeur Pietro De Marco:
> Florence contre Rome: un catholicisme mal à l'aise (25.6.2007)
> A Florence, les catholiques réécrivent leur histoire (26.6.2008)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou
(www.chiesa)
17:07 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anthropologie, liberte, avvenire, eduard verhagen, culture, eros cruccolini, clerge, laics, esprit du temps, consul dei, clemens august von galen, barbares, oscar romero, amerique latine, bioethique, biopolitique, luther, florence, italie, giuseppe bertori, pietro di marco, sandro magister, camillo ruini, angelo bagnasco, eveque, benoit xvi, eglise, etat, laicite, evangile, roberta de monticelli, philosophie, conscience, autodetermination, enrico meyer, pediatrie, eluana englaro, terri schiavo, etats-unis, defense de la vie, euthanasie, defensor civitatitis, gregoire le grand, economie, medias, conseillers municipaux, football, locke, revolution francaise, jean paul ii |
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18.04.2009
Dieu veut te parler : Homélie pour le Dimanche de la Miséricorde B (2° dimanche de Pâques)
Il y a huit jours, nous avons contemplé dans l'émerveillement, avec le milliard trois cent millions de catholiques à travers le monde (comme le font près de deux cent millions d'orthodoxes aujourd'hui) le mystère de la Résurrection du Seigneur.
Nous tournons maintenant les yeux vers ce petit groupe d'Apôtres qui, huit jours après Pâques, se retrouvent ensemble dans la chambre haute. Jésus leur apparaît encore une fois dans la gloire de son corps ressuscité.
Remarquons d’abord cette mention de la "peur des Juifs". On la retrouve un certain nombre de fois dans l’évangile de Jean. Chaque fois, il est question de l’incapacité ou du refus de parler du Christ ou de prêcher l'Évangile. Par exemple, lorsque que Jésus vient au Temple, le jour de la Fête des Tentes, incognito, parce qu'Hérode veut le tuer, les foules se demandent qui Il est, mais personne ne parle de lui ouvertement "par peur des Juifs". Lorsque Jésus guérit un homme né aveugle et que les Pharisiens interrogent les parents de cet homme, ils refusent de répondre, "par peur des Juifs". Joseph d'Arimathie, qui s'occupa de la mise au tombeau de Jésus, était un disciple de Jésus, mais en secret, "par peur des Juifs". Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons donc les disciples réunis, mais ne disant pas un mot de Jésus, "par peur des Juifs". C’est normal : ils n’ont pas encore reçu l’Esprit.
"Jésus vint, et il était là au milieu d'eux." Ensuite il regarde les Apôtres dans les yeux, souffle sur eux, et leur donne le pouvoir et la mission de pardonner les péchés en son nom. C'est le point de départ du sacrement de la confession, le sacrement qui permettra de ramener toutes les brebis égarées au bercail du Bon Pasteur.
Et huit jours plus tard, de nouveau : "Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux." La première chose que fait Jésus, c'est de partir à la recherche de la brebis égarée : il invite Thomas, en proie au doute, de toucher ses plaies glorieuses, purifiant misréricordieusement son coeur de toute hésitation qui le séparait encore du reste de la petite Église naissante.

Près de vingt siècles après cette rencontre de Jésus ressuscité avec ses Apôtres, au cours du Grand Jubilé de l'An 2000, le Pape Jean Paul II établira le premier dimanche après Pâques comme une Fête en l'honneur de la Miséricorde divine dans l'Église universelle, pour donner suite à une requête du Seigneur lui-même au cours de plusieurs apparitions à une religieuse polonaise, sainte Faustine Kowalska.
Rien que la pensée de la Miséricorde de Notre Seigneur doit nous remplir de confiance et d'espérance ... mais aussi d'humilité ! Car si le Christ a tant désiré répandre la Bonne Nouvelle de sa Miséricorde sans bornes aujourd'hui, c'est parce que nous en avons bien besoin, et davantage qu'à d'autres époques ! C'est parce que le péché est une réalité désastreuse dans notre vie et dans notre monde, causant des dégâts si importants que le Christ seul peut les réparer. Voilà ce que l'on pourrait appeler le revers de la médaille de l'institution de la Fête de la Miséricorde divine il y a neuf ans : la réalité de notre péché, de notre péché d'aujourd'hui ! ...
Pour lire la suite :
21:52 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, bible, parole de dieu, homelie, liturgie, paques, temps pascal, miseridorde, fete de la misericorde, jesus misericordieux, soeur faustine, kowalska, jesus j ai confiance en vous, jean paul ii, peche, confession |
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Dieu veut te parler: Lectures 2° dimanche de Pâques (Fête de la Miséricorde)
1ère lecture : Le partage dans la communauté des premiers chrétiens (Ac 4, 32-35)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
C'est avec une grande force que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la puissance de la grâce était sur eux tous.
Aucun d'entre eux n'était dans la misère, car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient,
et ils en apportaient le prix pour le mettre à la disposition des Apôtres. On en redistribuait une part à chacun des frères au fur et à mesure de ses besoins.
04:38 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, ecriture, bible, liturgie, dimanche, paques, misericorde |
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11.04.2009
Dieu veut te parler: Homélie Jour de Pâques

ÉgIise des hommes, Église des femmes. Dans l'évangile, les deux plus importants disciples, Pierre, le ministère ecclésial, et Jean, l'amour ecclésial, sont troublés par Marie de Magdala, qui, la première, a vu le tombeau ouvert. Les deux disciples courent « ensemble », est-il dit, et pourtant pas ensemble, parce que l'amour est plus rapide, plus insouciant, que le ministère, qui doit se soucier de beaucoup de choses. Mais l'amour cède le pas pour l'examen au ministère, c'est Pierre d'abord qui voit le suaire plié et juge qu'aucun vol ne peut avoir été commis ici. Cela suffit pour céder la place à l'amour qui « voit et croit » ; qui croit non pas a proprement parler à la résurrection, mais à la vérité de tout ce qui s'est passé avec Jésus. C'est jusque-là que parviennent les deux représentants symboliques de l'Église : ce sont, des choses vraies qui sont arrivées, la foi en Jésus est justifiée, malgré tout ce qui demeure impénétrable dans la situation.
Cette foi devient vraie foi en la résurrection d'abord seulement chez la femme qui ne « s'en retourne pas » chez elle, mais reste constamment à l'endroit où le mort a disparu et le cherche ...
Pour lire la suite :
20:00 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, ecriture, bible, dimanche, veillee paques, resurrection, homme, femme, liturgie |
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Dieu veut te parler: lectures Jour de Pâques
1ère lecture : Les apôtres témoins de la Résurrection (Ac 10, 34a.37-43)

Lecture du livre des Actes des Apôtres
Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.
Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice.
Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts.
Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts.
C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »
19:36 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bible, liturgie, evangile, ecriture, dimanche, resurrection, paques |
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