31.05.2009

L’Esprit Saint libère de la peur, explique Benoît XVI

Homélie de la messe de Pentecôte


ROME, Dimanche 31 mai 2009 (ZENIT.org) - « L'Esprit de Dieu (...) chasse la peur ; il nous fait connaître et sentir que nous sommes entre les mains d'une Toute-Puissance d'amour : quoi qu'il arrive, son amour infini ne nous abandonne pas », affirme Benoît XVI dans son homélie de la Pentecôte.

Benoît XVI a présidé ce matin, à 10 h en la basilique saint-Pierre, la messe de la solennité de la Pentecôte. La liturgie était embellie par la présence du Chœur de la cathédrale de Cologne et de l'Orchestre de chambre de Cologne qui ont accompagné la prière par l'interprétation de la dernière messe - messe brève - de Joseph Haydn, « Harmoniemesse », dans le cadre du bicentenaire de la mort du grand compositeur.

Le pape fait observer que l'Esprit Saint libère les apôtres de la peur de la mort : « A la Pentecôte, lorsque l'Esprit Saint se posa sur eux, ces hommes sortirent sans peur et commencèrent à annoncer à tous la bonne nouvelle du Christ crucifié et ressuscité. Ils n'avaient pas peur, parce qu'ils se sentaient entre les mains du plus fort ».

Après avoir évoqué l'Esprit Saint qui libère de la pollution de l'esprit et du cœur à l'instar d'un grand vent qui permet de respirer à pleins poumons, Benoît XVI a développé l'image du feu de l'Esprit Saint.

Mais le Christ lui-même a apporté ce feu dans le don de lui-même, non comme Prométhée du mythe antique qui l'arrachait aux dieux.

Pourtant en quelque sorte le pape dénonçait un usage prométhéen du feu, citant les tragédies comme Hiroshima et Nagasaki, ou d'autres événements plus quotidiens : « On pourrait, disait-il, trouver de nombreux exemples, moins graves et pourtant tout aussi symptomatiques dans la réalité de chaque jour ».

Il a fait observer que « l'Ecriture Sainte nous révèle que l'énergie capable de mettre le monde en mouvement n'est pas une force anonyme et aveugle, mais l'action de 'l'Esprit de Dieu qui planait sur les eaux' (Gn 1, 2) au début de la création ».

Voici donc le don fait par le Christ : « Jésus Christ a 'apporté sur la terre' non pas la force vitale qui l'habitait déjà, mais l'Esprit Saint,  c'est-à-dire l'amour de Dieu qui 'renouvelle la face de la terre' en la purifiant du mal et en la libérant de la domination de la mort. Ce 'feu' pur, essentiel et personnel, le feu de l'amour est descendu sur les apôtres, réunis dans la prière avec Marie au Cénacle, pour faire de l'Eglise le prolongement de l'œuvre rénovatrice du Christ ».

 

Anita S. Bourdin

 

homélie de la Pentecôte: texte ingégral

30.05.2009

Dieu veut te parler - Homélie pour la Pentecôte B 2009




Nous aimons tous les feux d'artifice. Ils sont spectaculaires, impressionnants, exaltants. La première Pentecôte de l'Eglise fut accompagnée d'une sorte de feu d'artifice éblouissant. Les Apôtres et les autres chrétiens « se trouvaient réunis tous ensemble ». Nous ne savons pas avec certitude à quel endroit. C'était probablement à l'intérieur ou à proximité du Temple de Jérusalem, puisque, aussitôt après le feu d'artifice, la foule a commencé à se rassembler. Peut-être était-ce au même endroit où Jésus et les Apôtres avait mangé la Dernière Cène. Nous ne le savons pas avec certitude.

Ils se trouvaient donc à un même endroit, lorsque soudain « il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ensuite apparurent des flammes de feu, venues d'on ne sait où, flottant dans les airs et se posant sur chacun de ceux qui étaient présents.


Mais le feu d'artifice ne s'est pas arrêté là. Voilà que, tout à coup, les chrétiens commencèrent à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas. Pendant ce temps, une foule, composée de pèlerins en provenance du monde entier et venus à Jérusalem pour la fête, s'était rassemblée. Chacun entendait les chrétiens annoncer l'Evangile dans sa propre langue. C'était un spectacle haut en couleurs.


Mais nous serions dans l'erreur si nous pensons que ce feu d'artifice est caractéristique de la manière dont l'Esprit Saint agit d'ordinaire. En fait, c'est exactement le contraire qui est vrai ...

 

 

Pour lire la suite de l'homélie :


L'Esprit Saint déploie ses ailes dans le silence

La Pentecôte sur le Mont Athos

Voyage sur la montagne sainte de l'Eglise orthodoxe. Accompli et raconté pour la première fois en 1997. C'est-à-dire maintenant, cette année. Parce que, sur le Mont Athos, le temps de la terre ne fait qu'un avec l'aujourd'hui éternel du ciel


par Sandro Magister





MONT ATHOS – Arrêtez vos montres, lorsque vous verrez le sommet du Mont Athos émerger des brumes de la mer Egée. Là-bas en effet, on vit dans un autre temps. On a conservé le calendrier julien, en retard de 13 jours par rapport au calendrier latin qui a envahi le reste du monde. Les heures ne se comptent pas à partir de minuit mais du coucher du soleil. Et ce n’est pas sous le soleil de midi, mais dans l’obscurité de la nuit que le Mont Athos vit et palpite le plus. De chants, de lumières, de mystères.

Le Mont Athos est une vraie terre sainte, qui inspire la crainte de Dieu. Il n’est pas fait pour tout le monde. En tout cas pas pour les femmes, qui forment déjà une bonne moitié de l’humanité. La dernière pèlerine autorisée y a mis le pied il y a seize siècles. Elle s’appelait Galla Placidia et a donné son nom à une église de Ravenne aux mosaïques bleu et or. Etre la fille du grand Théodose, empereur chrétien de Rome et Constantinople, ne lui a servi à rien. Elle était entrée dans un monastère du Mont Athos mais une icône de la Vierge lui ordonna: arrête-toi! Et la Vierge la somma de quitter la montagne qui, depuis lors, allait être interdite aux femmes. Depuis le XIe siècle – dit-on – même les animaux femelles – vaches, chèvres, lapines – n’osent plus gravir impunément la montagne sainte.


OURANOUPOLIS


Ouranoupolis – la cité du ciel – est le dernier village grec avant la limite sacrée. Ce poste frontière est très spécial. Des panneaux en tôle émaillée vous avertissent jusqu’au dernier moment que vous ne vous en sortirez pas indemne si vous êtes une femme déguisée en homme ou si l’on découvre que vous n’avez pas les permis requis. La sainte épistasie – le gouvernement des moines – vous enverra vers un tribunal en Grèce, ce dernier étant toujours très sévère sur la défense de l’extraterritorialité du Mont Athos et des lois de cette théocratie autonome, inscrites dans la constitution grecque et reconnues sur le plan international.

Des moines en sueur, vêtus d’une soutane et d’un couvre-chef cylindrique, contrôlent la foule de visiteurs à la recherche d’un laissez-passer. Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, dit l’Evangile. Et rares sont les visas d’entrée marqués chaque matin du sceau de la Vierge. Celui qui reçoit enfin le “parchemin“ qui autorise la visite se dirige sans tarder vers le quai d’embarquement. En effet, on n’entre au Mont Athos que par voie maritime, au moyen d’embarcations baptisées de noms de saints.

Le débarquement se fait dans un petit port situé au milieu de la péninsule et dénommé Daphné, comme la nymphe d’Apollon. De là, on peut apercevoir le lointain Mont Olympe quand le vent se lève, mais mieux vaut l’oublier. Un vieil autobus ventru, couleur terre jusque sur ses fenêtres, se traîne le long de la route qui monte en direction de Kariès, centre administratif du Mont Athos et siège de la sainte épistasie.


KARIÈS


Kariès abrite la gendarmerie et quelques ruelles. Des boutiques proposent des graines d’épeautre, des icônes, des grains d’encens et des soutanes de moines. On y trouve aussi le terminus de l’autobus et un restaurant. Et puis une cabine téléphonique, dont on pressent que c’est la première et la dernière.

Karies est un village étrange, inhabité. Les quelques hommes qu’on y voit ne sont là que pour peu de temps: moines itinérants, gendarmes, ouvriers journaliers, voyageurs égarés. A partir de là, le parcours se fera à pied. Des heures de marche sur des routes non goudronnées, sans ombre, dans des nuages de poussière impalpable comme du cacao. Ou bien dans des camionnettes louées par un autre de ces étranges Grecs qui sont là provisoirement. Ou encore en sautant au passage d’une des jeeps dont disposent les monastères les plus modernes.

En tout cas, vous allez souffrir. L’Athos est réservé aux caractères bien trempés et ascétiques. Vous êtes immédiatement mis à l’épreuve. A chaque jour de visite son chemin de croix: poussière, cailloux, précipices. Sur votre précieux permis, en effet, il est écrit que vous ne pouvez pas vous arrêter plus d’une nuit dans un monastère. Entre eux, des heures de marche. On n’échappera pas au pèlerinage.


LA GRANDE LAURE


Mais lorsque vous arrivez, épuisés, dans l’un des vingt grands monastères, vous êtes au paradis. La Grande Laure – le premier des vingt dans l’ordre hiérarchique – vous accueille entre ses murs suspendus entre ciel et terre, à la pointe de la péninsule, juste au pied de la montagne sainte. Un jeune moine apparaît, qui vous retire votre permis et votre passeport. Il réapparait, tel l’ange de l’Apocalypse, après une demi-heure d’attente silencieuse, et vous tend un verre d’eau fraiche, vous propose un doigt de liqueur anisée, un morceau de fruit confit et un café à la turque, épicé. C’est le signe que vous êtes admis parmi les invités. On vous attribue un lit dans une chambre pour six aux murs plusieurs fois centenaires ainsi que des draps fraîchement lavés et un essuie-main. Dès lors, vous vivrez comme les moines.

Ou bien vous ferez comme il vous plaira. Les monastères du Mont Athos ne sont pas comme ceux de l’Occident, des citadelles closes de murs où chaque mouvement, chaque mot sont soumis à des règles collectives. Sur le Mont Athos, il y a de tout pour tout le monde. L’ermite solitaire sur son rocher en surplomb, qui reçoit de temps en temps de la nourriture au moyen d’un panier. Les anachorètes retirés dans leurs masures perdues entre genêts et arbousiers, à flanc de montagne. Les itinérants, toujours en déplacement et toujours agités. Les cénobites solennels qui vivent en communauté sous la direction d’un abbé, que l’on appelle ici higoumène. Les monastères villages où chaque moine vit un peu à son rythme.

La Grande Laure compte parmi ces derniers. Ses murailles renferment des places, des ruelles, des églises, des pergolas, des fontaines, des moulins. Les cellules forment un bloc, comme dans une kasbah orientale. Les murs crépis sont d’un bleu soutenu, tandis que le rouge est la couleur sacrée des églises. Quand retentit l’appel à la prière, lancé par des cloches qui font entendre sept sons différents et par les planches de bois que l’on martèle, les moines se dirigent vers le catholicon, l’église centrale. Mais si quelqu’un souhaite prier ou manger seul, rien ne lui interdit de rester dans sa cellule. Cela vaut aussi pour le visiteur, à ceci près que ce dernier ne dispose que de peu d’alternatives. A l’heure des vêpres, il accourt, impatient. A l’heure de la prière de la nuit, il essaie, vite ramené en arrière par le sommeil. A l’heure de la liturgie du matin, il essaie encore, vaguement étourdi.

Ou enivré? Il y a un parfum d’Orient, de Byzance, à la Grande Laure. Il y a un arôme de cyprès et d’encens, une fragrance de cire d’abeille, de reliques, d’antiquités mystérieusement proches. Car les moines du Mont Athos ne souffrent pas du temps. Ils y parlent de leurs saints. De saint Athanase qui a planté deux cyprès au centre de la Lavra. Qui a construit le catholicon avec une force herculéenne. Qui a modelé le monachisme athonite. Comme s’il n’était pas mort en l’an mil mais tout juste hier, comme s’ils l’avaient rencontré en personne il y a peu de temps.

Des saints, des siècles, des empires, des cités terrestres et célestes, tout semble flotter et couler sans aucune distance. Au centre de la nef, les trésors du monastère sont offerts à la vénération du visiteur: coffrets en or et en argent, sertis de saphirs et de rubis, contenant la ceinture de la Vierge, le crâne de saint Basile le Grand, la main droite de saint Jean Chrysostome. La lumière du couchant les éclaire, les fait vibrer. Tout comme s’éclairent les fresques de Théophane, maître de l’école crétoise du début du XVIe siècle, les majoliques bleues sur les murs, les nacres de l’iconostase, du lutrin, de la chaire.

Après les vêpres, on sort du catholicon en procession pour entrer dans le réfectoire, situé de l’autre côté de la place. Edifié comme une église, il contient lui aussi des fresques du grand Théophane. C’est la même liturgie qui continue. L’higoumène prend place au centre de l’abside. Depuis le pupitre, un moine lit – il chante presque – des histoires de saints. On mange de la nourriture bénite, des soupes et des légumes dans de la vaisselle ancienne en fer. Les jours de fête, l’on boit du vin de couleur ambrée sur d’épaisses tables en marbre sculptées en forme de corolle, qui reposent elles-mêmes sur des piliers en marbre. Elles sont vieilles de mille ans mais rappellent les dolmens de la préhistoire. La sortie se fait aussi en procession. Un moine tend à chacun du pain béni, qu’un autre encense avec tant d’art que l’on en garde longtemps le parfum dans la bouche.


VATOPÉDI


Dans la hiérarchie des vingt monastères, celui de Vatopédi suit la Grande Laure. Il domine la mer parmi de douces collines qui rappellent vaguement la Toscane. C’est ici, dit-on, qu’Arcadius, fils de Théodose, aborda lors d’un naufrage. C’est aussi de là que sa sœur Galla Placidia dut repartir vers le large, devenant ainsi la première femme à qui l’accès au Mont Athos ait été refusé.

Autant la Laure est rustique, autant Vatopédi est raffiné. Trop, même, à certains moments de son histoire passée: opulent et décadent. Il y a quelques années encore, il hébergeait des moines sodomites, déshonneur du Mont Athos. Puis un énergique coup de balai a été donné par une poignée de moines rigoristes venus de Chypre, qui ont banni ces réprouvés et imposé la règle cénobitique. Aujourd’hui Vatopédi est à nouveau l’un des monastères les plus florissants. Il accueille de jeunes novices, dont certains viennent de la lointaine Amérique où leurs parents, orthodoxes, avaient émigré.

Vatopédi est l'aristocratie du Mont Athos. Comme le dit solennellement l'higoumène Ephrem, à la barbe cuivrée, aux yeux clairs et à la voix mélodieuse: "Le Mont Athos est unique. C’est le seul état monastique dans le monde". Mais si c’est une cité céleste sur terre, alors tout doit y être sublime. Par exemple les liturgies: à Vatopédi elles le sont vraiment. Spécialement lors des grandes fêtes: Pâques, Epiphanie, Pentecôte. Le pèlerin doit renoncer au sommeil et ne manquer, pour rien au monde, ses merveilleux offices de nuit.

L’église en elle-même est très suggestive: elle est en forme de croix grecque, comme toutes les église du Mont Athos, et décorée de fresques merveilleuses par les maîtres macédoniens du XIVe siècle, avec une iconostase éblouissante d'ors et d'icônes. Mais c’est le chant qui donne vie à tout: un chant à plusieurs voix, un chant mâle, sans instruments, que l’on entend sans interruption pendant sept ou dix heures d’affilée parce que plus la fête est importante, plus elle se prolonge tard dans la nuit, un chant tantôt puissant, tantôt murmuré, comme une marée qui monte et descend.

Il y a deux chœurs pour guider le chant: deux groupes de moines, réunis chacun dans une partie du transept autour d’un lutrin à colonne. Le maître de chœur entonne la strophe et le chœur en saisit le motif et le fait fleurir en mélodies et en accords. Quand le maître de chœur traverse la nef à pas rapides pour aller du premier chœur au second, son manteau léger à petits plis se gonfle et forme deux ailes majestueuses. Il paraît voler, comme les notes.

Et puis il y a les lumières. Le monastère a l’électricité, mais pas l’église. Ici les seules lumières sont des flammes: des myriades de petits cierges. Les allumer, les éteindre, les déplacer fait aussi partie du rite. Dans chaque catholicon du Mont Athos, un lustre en forme de couronne royale pend de la coupole centrale, par de longues chaînes. Sa circonférence est égale à celle de la coupole. La couronne, de cuivre, de bronze ou de laiton brillants, est ornée alternativement de cierges et d’icônes. On y pend des œufs géants qui symbolisent la résurrection. Le lustre descend si bas qu’on l’effleure presque, juste devant l'iconostase qui délimite le saint des saints. D’autres lustres fastueux et dorés descendent des voûtes des bras du transept.

Lors des liturgies solennelles, il y a le moment où on allume toutes les lumières: celles des lustres et celles de la couronne centrale; puis on fait osciller fortement les premiers, tandis que l’on fait tourner la grande couronne sur son axe. Cette danse des lumières dure au moins une heure, avant de s’apaiser peu à peu. La palpitation des mille petites flammes, le scintillement des ors, le cliquetis des métaux, le changement de couleur des icônes, l'onde sonore du chœur qui accompagne ces galaxies d’étoiles dont la rotation rappelle celle des sphères célestes, tout cela fait étinceler la véritable essence du Mont Athos: le fait qu’il est tourné vers les mystères surnaturels.

Aujourd’hui, quelles liturgies occidentales, catholiques, sont capables d'initier à de tels mystères et d'enflammer les cœurs simples à propos de choses célestes? Joseph Ratzinger, hier comme cardinal et aujourd’hui comme pape, a raison de détecter dans la vulgarisation de la liturgie le point faible du catholicisme actuel. Au Mont Athos, le diagnostic est encore plus radical: à force d'humaniser Dieu, les Eglises d'Occident le font disparaître. "Notre Dieu n’est pas celui de la scolastique occidentale", affirme Gheorghios, higoumène du monastère athonite de Grigoríu. "Un Dieu qui ne déifie pas l'homme ne peut avoir aucun intérêt, qu’il existe ou non. C’est dans ce christianisme fonctionnel, accessoire, que l’on trouve la plupart des causes de la vague d’athéisme que connaît l’Occident".

Vassilios, higoumène de l'autre monastère d’Ivíron, lui fait écho: "Pour les Occidentaux, c’est l’action qui prime et ils nous demandent comment nous pouvons rester pendant tant d’heures à l’église sans rien faire. Je réponds: que fait l'embryon dans le sein de sa mère? Rien, mais comme il est dans le ventre de sa mère, il se développe et grandit. C’est pareil pour le moine. Il garde le lieu saint dans lequel il se trouve et ce même lieu le garde et le façonne. Le miracle, c’est que nous sommes en train d’entrer au paradis, ici et maintenant. Nous sommes au cœur de la communion des saints".


SIMONOS PETRA


Simonos Petra est un autre des monastères qui sont à la tête de la renaissance athonite. Il se dresse sur un éperon rocheux, entre le sommet du Mont Athos et la mer, avec des terrasses à pic sur le précipice. Elisée, l'higoumène, revient tout juste d’un voyage dans les monastères de France. Il apprécie Solesmes, rempart du chant grégorien. Mais il juge l’Eglise occidentale trop "prisonnière d’un système", trop "institutionnelle".

Le Mont Athos est au contraire - selon lui - le lieu des esprits libres, des grands charismatiques. Au Mont Athos "le logos épouse la praxis", la parole épouse les faits. "Le moine doit montrer que les vérités sont des réalités. Vivre l’Evangile de manière parfaite. Voilà pourquoi la présence du moine est si essentielle pour le monde. Saint Jean Climaque écrivait: les anges sont lumière pour les moines, les moines sont lumière pour les hommes".

Simonos Petra fait école, y compris hors des limites du Mont Athos. Il est à l’origine d’un monastère de moniales - elles sont à peu près 80 - au cœur de la péninsule de Chalcidique, puis d’un autre près de la frontière gréco-bulgare. Et il a créé trois autres noyaux monastiques jusqu’en France. C’est un monastère cultivé, doté d'une riche bibliothèque. En pleine nuit, ses 80 moines, avant l’office qui précède l’aube, veillent en cellule pendant trois à cinq heures, lisant et méditant les livres des Pères.

Le Mont Athos ne dort pas. Son temps est entièrement consacré aux sphères angéliques. Même les visiteurs les plus blasés ont du mal à en partir. A Daphné, on reprend le ferry. Le grondement cadencé des moteurs vous remet à l’heure de la vie ordinaire. La jeune grecque qui, la première, vous sert le café à Ouranoupolis, vous fait l’effet d’une apparition. Elle a la fulgurante beauté d'une Victoire de Samothrace.


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

www.chiesa

Dieu veut te parler - Lectures pour la Pentecôte (messe du jour)

1ère lecture : La venue de l'Esprit Saint sur les disciples (Ac 2, 1-11)

 


Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,
de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »


 


Pour lire les autres lectures :


Praedicatho

06:30 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, ecriture, bible, liturgie, pentecote | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

29.05.2009

Etudier la Loi de Dieu jusqu’à l’aube: La Pentecôte juive, 50 jours après Pessah

ROME, Jeudi 28 mai 2009 (ZENIT.org) - « La coutume de se réunir la nuit de Shavouot pour étudier la Torah jusqu'à l'aube est très répandue » : la fête juive de la Pentecôte, « Shavouot » est célébrée demain, 29 mai. A cette occasion, nous publions cette présentation de la Pentecôte juive mise en ligne par le site « Un Echo d'Israël ». Bonne fête de Pentecôte à tous nos lecteurs juifs.

 

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La fête de Shavouot est célébrée 50 jours après Pessah, la Pâque juive. Il s'agit de la deuxième des 3 grandes fêtes de pèlerinage du judaïsme.

Les noms de la fête expliquent déjà sa signification, sa liturgie et les coutumes (les fleurs, l'étude la nuit) achèvent d'en découvrir le sens.


I. Les noms de la fête

1. ‘Hag ha-qatsir : « fête de la moisson. » La fête est en effet au début de l'été, à la fin de la moisson de blé (cf. Ex 23,16)

2. Yom ha-bikourim : « jour des prémices » (Nb 28, 26)

3. ‘Hag ha-shavouot : « la fête des semaines » ; cette appellation fait allusion à la période de l'‘Omer puisqu'elle se situe à la fin de la computation des 7 semaines selon Dt 16, 9-10 (cf. Ex 34, 22).

En Lv 23, 15-21, le décompte des sept semaines est explicité ; il se fait à partir du lendemain du shabbat. La tradition orthodoxe, a compris le terme ‘shabbat' au sens de jour chômé. Le compte se fait donc dès le premier jour de Pessah, ce qui place Shavouot le 6 siwan. Par contre, pour les sadducéens, les esséniens et plus tard les caraïtes, le mot shabbat désigne le 7ème jour de la semaine (le samedi). Par conséquent, pour eux, Shavou‘ot tombe toujours un dimanche (coutume reprise par les samaritains).

4. ‘Atseret : « conclusion » On trouve ce terme pour désigner notre fête dans la mishnah (Rosh hashanah 1,2) Cela se rapporte à l'arrêt du peuple devant le Sinaï lors du don de la Torah, et la conclusion de la Pâque. Les deux éléments étant liés puisque Dieu a fait sortir Israël d'Egypte à Pessah pour leur donner la Torah au Sinaï. 5. Zman matan toratenou : « temps du don de notre Torah. » La liturgie emploie un terme qui lui est propre : « temps du don de notre Torah ». Le lien entre Shavou‘ot et le don de la Torah n'est explicite qu'à partir de l'an 150 de notre ère, mais il se déduit de la Torah (simple coïncidence de dates.)


II. La liturgie de Shavouot

A l'époque du Christ, les agriculteurs montaient pour offrir les prémices de leur récolte en action de grâce. A la suite de la destruction du 2nd Temple en 70 ap. J.-C., la fête se recentra sur la commémoration de l'Alliance au Sinaï, du don de la Torah et du décalogue.

Les prières de Shavouot sont celles des shalosh regalim (trois fêtes de pèlerinage), avec la mention de deux des noms de la fête : hag ha-shavouot et zman matan toratenou. De même que pour toute fête, un office supplémentaire (moussaf) est ajouté en fin de matinée. Le Hallel complet est récité, comme aux autres fêtes de pèlerinage.

Le rouleau de Ruth. Une des raisons du choix de Ruth est que l'histoire racontée dans le livre a pour arrière-plan les travaux agricoles de l'époque de Shavouot. Par ailleurs, une tradition rapporte que le roi David (descendant de Ruth) serait né et mort le jour de Shavouot. C'est pour cette raison que, dans certaines communautés, des passages des psaumes sont lus l'après-midi.


III. Coutumes et traditions liés à Shavouot.

La fête de Shavou‘ot n'a pas de commandements spéciaux qui lui soient rattachés. Il n'y a pas de traité sur cette fête, ni dans la mishnah ni dans le talmud. Néanmoins, des minhagim (coutumes) se sont fixés au long des siècles.


A. Décoration de fleurs

Les synagogues sont ornées de fleurs et de plantes vertes pour rappeler que nous sommes à l'époque des moissons. Il est possible d'y voir le rappel des cérémonies d'offrande des prémices à l'époque du Temple.

 

http://fanfan18.unblog.fr/files/2008/04/loukhot3.jpg


B. Le tiqoun de la nuit de nuit de Shavouot

La coutume de se réunir la nuit de Shavouot pour étudier la Torah jusqu'à l'aube est très répandue. Cette étude, appelée tiqoun (réparation), doit réparer la défaillance de ceux qui n'eurent par la force de veiller lorsque le Saint béni soit-il, donna la Torah au Sinaï. Mais cette veille consiste en premier lieu à attendre l'heure où les ancêtres d'Israël reçurent les paroles divines. L'origine de cette coutume est à chercher dans la kabbale du XVIème siècle. Le but est de revivre l'expérience du Sinaï dans le feu et dans la joie.


Source : Ziv, bulletin de la commission judaïsme de la Communauté des Béatitudes.

Ethiopie: Inculturation, liturgie, pédagogie missionnaire et promotion du clergé autochtone

AFRIQUE/ÉTHIOPIE - Inculturation, liturgie, pédagogie missionnaire et promotion du clergé autochtone dans les écrits du Cardinal Guglielmo Massaja durant ses 35 ans de mission en Haute Éthiopie


Roma (Agence Fides) – “Le missionnaire – peut-on lire dans les Mémoires historiques du Vicariat apostolique de Galla – doit considérer le pays où il est envoyé comme son propre pays, l’aimer comme sa propre patrie, et faire pour lui tout ce qu’il peut”. Jusqu’à il y a quelques années, de telles pages étaient inconnues et on savait seulement que le Cardinal Guglielmo Massaja (1809-1889) avait écrit, entre 1880 et 1886, une œuvre monumentale de 3 908 pages autographes, conservées dans les Archives Secrètes Vaticanes.

Ce fut le Pape Léon XIII qui demanda au missionnaire capucin – premier Vicaire Apostolique de la Haute Éthiopie – de raconter dans un livre ses nombreux voyages et ses périples dans son apostolat parmi le peuple Galla. Mes trente-cinq ans de mission dans la Haute Éthiopie (12 volumes publiés entre 1885 et 1895, par la typographie Polyglotte de la Propagande de la Foi) furent un vrai best-seller de la littérature missionnaire internationale, avec des traductions en français en 188, en espagnol entre 1943 et 1959 et une réimpression italienne dans une édition économique entre 1921 et 1930. Mais il restait encore beaucoup à publier.

En plus des Leçons grammaticales sur la langue Galle, déjà éditées à Paris en 1867, la partie épistolaire était réduite à seulement 134 lettres et le même manuscrit avait subi une complète révision de son contenu et de son style. Après 25 ans de recherches dans une centaine d’archives et de bibliothèque, en 1978, le Père Antonino Rossi, OFM cap, fut en mesure de publier 5 volumes de Lettres et écrits mineurs, contenant 1 239 documents, pour un total de 2 185 pages. L’édition rend possible une chronologie sûre et fournit un témoignage plus détaillé des événements racontés dans Mes trente-cinq ans. Parmi les destinataires des lettres, le savant met en évidence la présence de personnages illustres de cette époque : les papes Pie IX et Léon XIII, les empereurs Napoléon III et Jean IV, les rois Victor-Emmanuel II et Menelik II, les explorateurs Horace Antinori et Antoine d’Abbadie, les Vicaires Apostoliques Justin de Jacobis et Daniel Comboni. En 1984, le Père Rosso s’occupa de la publication intégrale et fidèle du texte autographe relié en 5 volumes et conservé jusqu’alors dans le fond “Mission” des Archives Secrètes du Vatican. Il en est résulté une œuvre extrêmement abondante, en 6 volumes et 2 317 pages, intitulée : Mémoires historiques du Vicariat Apostolique de Galla (1854-1880). Les extraits portés au jour ont mis en relief l’intention proprement missiologique du manuscrit, l’intérêt pour des thèmes encore d’actualité liés à l’inculturation, à la liturgie, à la pédagogie et au clergé autochtone.

Pour approfondir ces thèmes, le Comité National pour les célébrations du Bicentenaire de la naissance du Cardinal Guglielmo Massaja, a organisé un Rassemblement d’études dans le Collège Franciscain International Saint Lorenzo de Brindisi à Rome, du 9 au 10 juin 2009.


(Agence Fides 27/5/2009)

28.05.2009

La famille brésilienne de plus en plus vulnérable

AMERIQUE/BRESIL - Pèlerinage national pour la famille au Sanctuaire d’Aparecida : “nous demandons à la Vierge d’étendre son manteau sur la famille brésilienne, de plus en plus vulnérable”

 

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Aparecida (Agence Fides) – Près de 30.000 personnes ont participé dimanche 24 mai à la messe célébrée au Sanctuaire de Notre-Dame d’Aparecida (Brésil) à l’occasion du Pèlerinage national en faveur de la Famille (cf. Fides 20/4/2009).


Organisée par la Commission épiscopale de la Pastorale pour la vie et la famille de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) sur le thème « Famille disciple et missionnaire au service de la vie », l’initiative avait comme objectif principal de réveiller la conscience sur l’importance, la valeur, et la centralité de la famille au milieu des crises actuelles, et d’augmenter et de renforcer les liens familiaux présents dans les directives générales de l’Action évangélisatrice de l’Eglise au Brésil et dans le Document d’Aparecida.


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La CNBB a choisi cette date car le mois de mai a été déclaré par l’Organisation des Nations Unies (ONU) mois des familles. L’importance religieuse d’Aparecida pour le Brésil et le fait que Marie soit la patronne de la ville ont conduit à choisir ce lieu pour l’évènement, qui a été transmis par les radios catholiques de tout le pays.

Au programme des activités, samedi 23 à 19 heures, une messe a été célébrée dans la Basilique nationale, suivie d’une procession aux flambeaux. Dimanche 24 a eu lieu le « Grand rassemblement en faveur de la famille ». A 8 heures la messe a été célébrée dans la basilique, suivie d’une rencontre en faveur de la famille, avec des témoignages et des exhibitions musicales.

“Nous venons demander à la Mère de Dieu et notre Mère qu’elle étende son manteau sur les familles brésiliennes, de plus en plus vulnérables à cause des grandes difficultés qu’il faut affronter de nos jours” a affirmé Son Exc. Mgr Geraldo Lyrio Rocha, Archevêque de Mariana et Président de la CNBB, dans son homélie. L’archevêque a ajouté que la famille « est le lieu où l’on apprend les vertus, les valeurs, les critères et les attitudes qui sont nécessaires pour une authentique cohabitation sociale ». Et il a rappelé que la famille « existe seulement dans le mariage entre un homme et une femme, et par conséquent ne doit pas être confondue avec d’autres formes de cohabitation ».

Pour renforcer l’institution de la famille, a poursuivi le président de la CNBB, « il est nécessaire de promouvoir une pastorale de la famille intense et vigoureuse ». En ce sens, selon Mgr Lyrio Rocha “il est important de multiplier les Associations familiales qui soient capables de dialoguer avec les différentes instances du pouvoir public”. Il est en même temps nécessaire que le pouvoir public s’engage de façon décisive pour promouvoir des mesures qui respectent, valorisent et protègent les familles ».

Puis il a aussi rappelé l’importance des médias dans ce domaine, lesquels « doivent diffuser une programmation plus adaptée à la croissance et au développement des nouvelles générations, stimulant la création d’un projet de vie digne et positive, réduisant la banalité et la vulgarité, l’agressivité et la violence, et promouvant une culture de respect, de dialogue et d’amitié ».

L’Archevêque de Mariana a conclu son homélie en suppliant la Vierge d’Aparecida d’accompagner toutes les familles dans leur pèlerinage terrestre, leur enseignant à vivre dans la joie et dans l’union sur le modèle de la famille de Nazareth.

(Agence Fides 26/5/2009)

Intention missionnaire pour le mois de juin

INTENTION MISSIONNAIRE - “Pour que les Églises particulières opérant dans des régions touchées par la violence soient soutenues par l’amour et par la proximité de tous les catholiques du monde” - Commentaire sur l’Intention Missionnaire donnée par le Saint Père, pour le mois de juin 2009

 

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Cité du Vatican (Agence Fides) – Même si tous les peuples de la terre forment une seule famille, et ont Dieu comme origine et comme but communs, ils continuent à être dans de nombreux coins de la planète des foyers de violence armée, parfois entre des membres d’une même nation. Au milieu de ces situations, les chrétiens continuent à témoigner la paix de Jésus-Christ, non sans grande difficultés. Les divisions externes sont le résultat de la division présente dans le cœur de l’homme qui, éloigné de Dieu, oriente les relations humaines selon son désir de pouvoir, de jouissance égoïste ou d’enrichissement injuste.

Le Christ et notre paix. Quand Il se présente ressuscité à ses disciples, il leur montre les blessures de ses mains et de son côté transpercé et leur dit : “La paix soit avec vous !” (Jn 20,21). Jésus a pris sur lui a violence du péché pour la transformer, à travers sa miséricorde, en pardon et en paix, en unité et en communion. Le témoignage du service et de la charité, du pardon et de la réconciliation, sont d’une vibrante actualité dans le monde, en particulier dans ces coins de la planète où se déroule de manière particulièrement présente la rupture, l’agression des uns contre les autres et enfin la division.

Le cœur du chrétien doit être comme le Cœur du Christ. Saint Paul exhortait les Philippiens à avoir “les mêmes sentiments que le Christ”. Cela nous oblige à ne pas rester indifférents devant les souffrances de nos frères qui subissent la guerre, la persécution à cause de leur foi, de leur ethnie et de leurs origines. Benoît XVI affirme que grâce aux moyens de communications de masse on peut connaître de manière quasi immédiate les situations de nécessité dans les autres parties du monde. Cela signifie surtout “un appel à partager les situations et les nécessités”. Et il continue : “le moment actuel réclame une nouvelle disponibilité pour secourir notre prochain dans le besoin” (Deus Caritas est, 30).

La charité ne peut se réduire à un vague “sentimentalisme de compassion”. Nous ne pouvons pas, comme dit Saint Jean dans sa première épître, “aimer seulement des lèvres”, c’est-à-dire avec des paroles. La charité doit se faire œuvre, donation, témoignage vrai de l’amour du Christ. Le Saint Père rappelle même que cette proximité doit être “concrète”. Quand l’amour de l’Église, du Corps du Christ, est vrai et profond, il se produit ce que dit Saint Paul : “si un membre souffre, tous les autres membres souffrent avec lui” (1 Co 12, 26). C’est pour orienter concrètement une charité vécue que le Saint Père affirme : “D’autre part – c’est là un aspect provocant et dans le même temps encourageant du processus de globalisation – cela met à notre disposition d’innombrables instruments pour prêter une aide humanitaire à nos frères dans le besoin, avec les derniers systèmes modernes pour la distribution de la nourriture et des vêtements, comme aussi l’offre de logement et d’accueil. En surmontant les frontières des communautés nationales, la sollicitude pour le prochain tend ainsi à élargir ses horizons au monde entier” (ibidem).
La charité est toujours le témoignage vivant du Christ dans le monde, expression concrète de son amour pour les hommes. Il est certain que la grande pauvreté de nombreux hommes est justement le manque de Dieu. Il n’est pas rare que ce soit ce vide de Dieu qui génère l’opposition et la rupture. La croix du Christ et ses blessures glorieuses sont la garantie d’une paix durable. C’est lui qui a détruit le mur de la division, en faisant des deux peuples un seul. Il n’y a plus ni juif, ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, parce que tous nous sommes sauvés par le Christ Jésus. Vers Lui, le Prince de la Paix, nous nous tournons avec insistance dans la prière de ce mois, pour que tous les hommes désirent collaborer à l’édification de son Royaume sur cette terre, un Royaume de justice et de grâce, de vérité, d’amour et de paix.

(Agence Fides 27/5/2009)

Expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel

EUROPE/ITALIE - Des expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel: une journée d’étude à l’Urbanienne

 

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Rome (Agence Fides) – “Communication interculturelle, routes et stratégie de communication en temps de crise”: c’est le titre de la journée d’étude organisée par l’Université pontificale urbanienne, en conclusion du Master de niveau I en communication sociale. Plusieurs voies pour réfléchir et raconter des expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel. Mais pas seulement de la théorie. Les étudiants du master ont voulu aussi offrir une dégustation de plats et de boissons typiques de quelques-uns de leurs pays, comme le Brésil, l’Inde, l’Italie, la R.D. Congo, le Rwanda, le Soudan et le Togo.

Cecilia Rinaldini, journaliste Rai, ayant l’expérience du programme sur Radio 1 “Planète oubliée”, a parlé de trois risques que court le journaliste quand il doit informer sur les pays pauvres ou en voie de développement: “Il faut avant tout faire très attention à ne pas perpétuer le point de vue eurocentrique, et penser que ce sont toujours les autres qui ont besoin de nous, de notre aide, de notre argent, de notre savoir. Nous avons au contraire beaucoup à apprendre des dits pays pauvres ». Un danger supplémentaire à éviter, selon la journaliste, est de raconter et de parler « selon un style folkloriste, réduisant la réalité à une tradition populaire, de sorte de confirmer des clichés et des stéréotypes ». Enfin un autre risque pour les journalistes « est de rester prisonnier des demandes et des pressions des ONG et des autres réalités mineures qui à peine comprennent-elles qu’elles ont une occasion de montrer leur talent dans la coopération, qu’elles nous poursuivent jusqu’à l’épuisement ».

Le thème de la communication à une époque transculturelle a été abordé par Filomeno Lopes, de la Guinée Bissau, philosophe et journaliste de Radio Vatican: “le problème de la transculturalité, malheureusement, a émergé surtout comme dérivé des immigrations. C’est seulement à cause de la présence « problématique » de nombreux immigrés en Italie qu’on commence maintenant à aborder le problème. Mais en réalité il est présent depuis l’origine de l’humanité. Nous sommes faits tous égaux, puis nous acquérons et nous construisons notre identité dans la rencontre avec l’autre, avec la culture de l’autre. Ma culture – a conclu Lopes - n’est pas le centre mais le pont pour rencontrer les autres ». Le programme de la journée prévoit aussi un spectacle théâtral sur la figure de saint Paul, sous la direction des étudiants du master.


(Agence Fides 26/5/2009)

27.05.2009

La Lettre du Pape Benoît XVI à l’Eglise en Chine proposée sous forme de Compendium

VATICAN - La Lettre du Pape Benoît XVI à l’Eglise en Chine est proposée sous forme de Compendium, pour en faciliter la compréhension et répondre aux questions les plus fréquentes sur la vie de l’Eglise en Chine

 

教宗本笃十六世
致在中华人民共和国的天主教会的
主教、司铎、度奉献生活者及教友的信
纲要


Rome (Agence Fides) – Pour le deuxième anniversaire de la « Lettre au Evêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs de l’Eglise Catholique en République Populaire de Chine », du Pape Benoît XVI, publiée le 27 mai 2007, en la solennité de la Pentecôte, le Saint-Siège donne à l’Eglise de Chine un nouvel instrument pastoral, qui propose à nouveau le contenu de cette Lettre du Saint-Père, sous forme de Compendium, avec questions et réponses.

Comme le souligne le Communiqué de la Salle de Presse du Saint-Siège, ce compendium utilise le genre littéraire du catéchisme avec questions et réponses, présentant ainsi sous une forme plus facilement accessible à un plus grand nombre de personnes, les éléments fondamentaux de la Lettre du Pape Benoît XVI, avec de larges extraits, et des renvois à ce texte.

Le Compendium comprend 22 questions et deux Appendices. Dans l’Introduction, il rappelle la structure et les contenus fondamentaux de la Lettre de 2007, et déclare : « Cette Lettre est non seulement intelligible et raisonnable… et manifeste les sentiments authentiques d’un Pasteur et d’un Père »

Les premières questions du Compendium (qui est rédigé en anglais et en chinois, avec des caractères simplifiés et traditionnels), concernent les destinataires, la finalité et la structure de la Lettre du Saint-Père ; et, en suivant l’articulation de cette Lettre, on s’interroge sur la situation actuelle de l’Eglise, et sur les questions préalables fondamentales pour le dialogue entre le Saint-Siège et le Gouvernement chinois. Une grande place est accordée aux questions concernant les catholiques qui souffrent en Chine à cause de leur foi, en soulignant combien le Saint-Père apprécie leur témoignage, tel qu’il l’a exprimé dans la Lettre de 2007.

Les lignes directrices indiquées par le Souverain Pontife pour la vie de l’Eglise en Chine, et en particulier l’engagement pour surmonter les divisions et les tensions du passé, mais aussi la question pratique de la nomination des Evêques, sont des questions qui occupent la place centrale dans la succession des questions ; les réponses comprennent de nombreuses notes explicatives

La dernière série des questions concerne les limites des Diocèses, l’administration des paroisses, la formation des jeunes prêtres, les vocations sacerdotales et religieuses, les laïcs et la famille, les vocations missionnaires.

Le premier Appendice du Compendium aborde la question des « pouvoirs » révoqués, en établissant que dans le cas où les situations le demanderaient, l’Evêque diocésain ou celui qui gouverne le Diocèse pour le moment, « peut demander des pouvoirs nouveaux et mis à jour, à la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples » : après avoir examiné les demandes, elle jugera s’il faut les soumettre ou non au Saint-Père.

Le deuxième Appendice est consacré à la célébration de la Sainte Messe. En cas de nécessité, étant toujours valable ce qui est déclaré par le Code de Droit Canon, le prêtre « peut célébrer l’Eucharistie dans les maisons des fidèles ». Pour ce qui concerne le nombre de Messes que peut célébrer chaque jour un prêtre, on doit s’en tenir à ce qui a été établi par le Droit Canon, étant bien entendu qu’il est possible de demander des dérogations pour des cas exceptionnels. Enfin, sont toujours valables les indications de la Congrégation pour le Clergé, contenues dans la Décret « Mos Jugiter », ainsi que les normes du Décret Conciliaire « Presbyterorum Ordinis » pour ce qui concerne l’offrande faite pour l’application de la Sainte Messe à des intentions déterminées.

(Agence Fides, 26 mai 2009)




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