30.06.2009

Viêt-Nam : Les évêques vietnamiens invitent Benoît XVI

Visite ad limina

 

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Cathédrale de Saïgon


ROME, Lundi 29 juin 2009 (ZENIT.org) - Lors de leur visite ad limina à Rome, les évêques vietnamiens ont invité Benoît XVI à accomplir un voyage dans leur pays, indique Eglises d'Asie, l'agence des Missions étrangères de Paris.

Le 27 juin 2009, à midi, le pape Benoît XVI a reçu les trois archevêques (dont un cardinal) et les 26 évêques du Vietnam venus à Rome pour y accomplir leur visite ad limina. Bien que l'adresse au pape prononcée par le président de la Conférence épiscopale vietnamienne, Mgr Pierre Nguyên Van Nhon, à cette occasion et la réponse de Benoît XVI aient été relativement courtes, les thèmes abordés dans les deux textes (1) ont touché à des aspects concrets de la situation actuelle de l'Eglise de ce pays d'Asie. Mgr Nhon, à la fin de son allocution, a fait part à son interlocuteur du désir des pasteurs et du laïcat au Vietnam de l'accueillir sur le sol de leur pays et, plus particulièrement, au centre de pèlerinage marial de La Vang.

L'adresse du président de la Conférence épiscopale a été surtout consacrée à présenter au Souverain Pontife l'année jubilaire 2010, que l'Eglise du Vietnam s'apprête à vivre à partir du 29 novembre 2009, fête des saints martyrs du Vietnam. L'évêque a précisé que cette année était destinée à commémorer le 350ème anniversaire de la création des deux premiers vicariats apostoliques au Tonkin et en Cochinchine (la partie nord et la partie sud du Vietnam), dont les deux premiers responsables furent Mgr François Pallu et Mgr Pierre Lambert de La Motte, fondateurs des Missions Etrangères de Paris, ainsi que le 50ème anniversaire de l'établissement de la hiérarchie au Vietnam en 1960, alors que le Vietnam était encore divisé en deux Etats. Cette commémoration, a ajouté l'actuel responsable de la Conférence épiscopale, ne vise pas à enfermer la communauté catholique dans son passé mais à la guider « sur les chemins nouveaux du temps présent et de l'avenir ». L'Eglise du Vietnam se trouve en effet aujourd'hui à un nouveau tournant de son histoire, qui exige d'elle qu'elle « grandisse dans la foi, se construise dans la charité et s'engage résolument dans l'évangélisation du monde (...) ».

Dans son allocution aux évêques vietnamiens (1), le pape a témoigné d'une grande connaissance des réalités de l'Eglise du Vietnam. Il a fait un éloge appuyé du cardinal Pham Dinh Tung, ancien archevêque de Hanoi, récemment décédé ; il a commenté la dernière lettre commune de  la Conférence épiscopale ainsi que la première de 1980 ; il a longuement évoqué l'année sainte 2010, dont il a répété et approuvé les objectifs.

Benoît XVI s'est également montré très au courant des problèmes et difficultés rencontrés par la communauté catholique au Vietnam. Un paragraphe du discours du pape était consacré aux rapports de l'Eglise et de la communauté politique. L'Eglise, souligne le pape, doit « prendre une juste part à la vie de la nation, au service de tout le peuple ». En outre, « l'Eglise ne peut jamais se dispenser de l'exercice de la charité en tant qu'activité organisée des croyants ». Le pape n'a pas répondu publiquement à l'invitation à accomplir en voyage au Vietnam, formulée par le président de la Conférence épiscopale. Mais peut-être cette réponse sera-t-elle donnée discrètement et par d'autres voies.

(1)            Ces deux textes ont été publiés en français dans le Bulletin de presse du Saint-Siège (27 juin 2009) ; une traduction vietnamienne par le P. Tran Duc Anh a été diffusée par Radio Vatican, émissions en langue vietnamienne.

©  Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.

Viêt-Nam: Floraison des vocations sacerdotales et religieuses

Visite ad limina, discours de Benoît XVI


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ROME, Dimanche 28 juin 2009 (ZENIT.org) - « La floraison des vocations sacerdotales et religieuses, notamment dans la vie consacrée féminine, est un don de la part du Seigneur pour votre Eglise. Rendons grâce à Dieu pour leurs charismes propres que vous encouragez en les respectant et en les promouvant », déclare Benoît XVI aux évêques du Viêt-Nam, soulignant l'importance de l'année sacerdotale.

Nous publions ci-dessous le discours de Benoît XVI aux évêques du Viêt-Nam qu'il a reçu samedi au Vatican, au terme de leur visite ad limina.

***

Monsieur le Cardinal,

Chers Frères dans l'Épiscopat,

C'est avec grande joie que je vous accueille, pasteurs de l'Eglise catholique qui est au Viêt-Nam. Notre rencontre prend une signification particulière en ces jours où l'Eglise tout entière célèbre la solennité des Apôtres Pierre et Paul, et elle est pour moi de grand réconfort car je connais les liens profonds de fidélité et d'amour que les fidèles de votre pays nourrissent pour l'Eglise et pour le Pape.

C'est auprès des tombeaux de ces deux Princes des Apôtres, que vous êtes venus manifester votre communion avec le Successeur de Pierre et renforcer l'unité qui doit toujours demeurer entre vous et qui doit grandir encore. Je remercie le Président de votre Conférence épiscopale, Mgr Pierre Nguyên Van Nhon, évêque de Dalat, pour les aimables paroles qu'il m'a adressées en votre nom. Permettez-moi de saluer particulièrement les Évêques qui ont été nommés depuis votre dernière visite ad limina. Je voudrais aussi faire mémoire du vénéré Cardinal Paul Joseph Pham Dinh Tung, Archevêque de Hà Nôi pendant de nombreuses années. Avec vous, je rends grâce à Dieu pour le zèle pastoral qu'il a déployé avec humilité dans un amour paternel profond pour son peuple et une grande fraternité pour ses prêtres. Que l'exemple de sainteté, d'humilité, de simplicité de vie des grands pasteurs de votre pays soient pour vous des stimulants dans votre ministère épiscopal au service du peuple vietnamien, auquel je voudrais manifester ma profonde estime.

Chers Frères dans l'épiscopat, il y a quelques jours a débuté l'Année du Sacerdoce. Elle permettra de mettre en lumière la grandeur et la beauté du ministère des prêtres. Je vous saurais gré de bien vouloir remercier les prêtres diocésains et religieux de votre cher pays pour leur vie consacrée au Seigneur et pour leurs efforts pastoraux en vue de la sanctification du Peuple de Dieu. Ayez souci d'eux, soyez pour eux pleins de compréhension et aidez-les à compléter leur formation permanente. Pour être un guide authentique et conforme au cœur de Dieu et à l'enseignement de l'Eglise, le prêtre doit approfondir sa vie intérieure et tendre à la sainteté comme l'humble curé d'Ars l'a montré. La floraison des vocations sacerdotales et religieuses, notamment dans la vie consacrée féminine, est un don de la part du Seigneur pour votre Eglise. Rendons grâce à Dieu pour leurs charismes propres que vous encouragez en les respectant et en les promouvant.

Dans votre Lettre pastorale de l'année dernière vous avez montré une attention particulière aux fidèles laïcs en mettant en évidence le rôle de leur vocation dans le domaine familial. Il est souhaitable que chaque famille catholique, enseignant aux enfants à vivre en accord avec une conscience droite, dans la loyauté et la vérité, devienne un foyer de valeurs et de vertus humaines, une école de foi et d'amour pour Dieu. Quant à eux, les laïcs catholiques devraient démontrer par leur vie basée sur la charité, l'honnêteté, l'amour du bien commun, qu'un bon catholique est aussi un bon citoyen. Pour cela vous veillez attentivement à leur bonne formation en promouvant leur vie de foi et leur niveau culturel afin qu'ils puissent servir efficacement l'Eglise et la société. Je voudrais confier de manière particulière à votre sollicitude les jeunes, notamment les jeunes ruraux qui sont attirés par la ville pour y poursuivre des études supérieures et pour y trouver du travail. Il serait souhaitable de développer une pastorale appropriée pour ces jeunes migrants internes en commençant par renforcer, là aussi, la collaboration entre les diocèses d'origine des jeunes et les diocèses d'accueil et en leur prodiguant des conseils éthiques et des directives pratiques.

L'Eglise qui est au Viêt-Nam se prépare actuellement à la célébration du cinquantième anniversaire de l'érection de la hiérarchie épiscopale vietnamienne. Cette célébration qui sera marquée tout spécialement par l'Année jubilaire 2010 pourra lui permettre de partager avec enthousiasme la joie de la foi avec tous les Vietnamiens en renouvelant ses engagements missionnaires. A cette occasion le peuple de Dieu doit être invité à rendre grâce pour le don de la foi en Jésus-Christ. Ce don a été accueilli généreusement, vécu et témoigné par de nombreux martyrs, qui ont voulu proclamer la vérité et l'universalité de la foi en Dieu. En ce sens, le témoignage rendu au Christ est un service suprême que l'Eglise peut offrir au Viêt-Nam et à tous les peuples d'Asie, parce qu'il répond à la recherche profonde de la vérité et des valeurs qui garantissent le développement humain intégral (cf. Ecclesia in Asia). Devant les nombreux défis que ce témoignage rencontre actuellement, une collaboration plus étroite est nécessaire entre les différents diocèses, entre les diocèses et les congrégations religieuses, de même qu'entre ces dernières elles-mêmes.

La Lettre Pastorale que votre Conférence épiscopale a publiée en 1980, insiste sur « l'Eglise du Christ au milieu de son Peuple ». En apportant sa spécificité - l'annonce de la Bonne Nouvelle du Christ -, l'Eglise contribue au développement humain et spirituel des personnes, mais également au développement du pays. Sa participation à ce processus est un devoir et une contribution importante surtout au moment où le Viêt-Nam connaît une progressive ouverture à la communauté internationale.

Vous savez comme moi qu'une saine collaboration entre l'Eglise et la communauté politique est possible. A ce propos, l'Eglise invite tous ses membres à s'engager loyalement pour l'édification d'une société juste, solidaire et équitable. Elle n'entend nullement se substituer aux responsables gouvernementaux, souhaitant seulement pouvoir, dans un esprit de dialogue et de collaboration respectueuse, prendre une juste part à la vie de la nation, au service de tout le peuple. En participant activement, à la place qui lui revient et selon sa vocation spécifique, l'Eglise ne peut jamais se dispenser de l'exercice de la charité en tant qu'activité organisée des croyants et, d'autre part, il n'y aura jamais une situation dans laquelle on n'aura pas besoin de la charité de chaque chrétien, car l'homme, au-delà de la justice, a et aura toujours besoin de l'amour (Deus caritas est, n. 29). En outre, il me semble important de souligner que les religions ne présentent pas un danger pour l'unité de la nation, car elles visent à aider l'individu à se sanctifier et, à travers leurs institutions, elles désirent se mettre généreusement et de manière désintéressée au service du prochain.

Monsieur le Cardinal, chers Frères dans l'épiscopat, à votre retour dans votre pays, transmettez le salut chaleureux du Pape aux prêtres, aux religieux, aux religieuses, aux séminaristes, aux catéchistes et à tous les fidèles, surtout aux plus pauvres et à ceux qui souffrent physiquement et spirituellement. Je les encourage vivement à demeurer fidèles à la foi reçue des Apôtres dont ils sont les témoins généreux dans des conditions souvent difficiles et à démontrer l'humble fermeté que l'Exhortation apostolique « Ecclesia in Asia » (n. 9) leur a reconnu comme une caractéristique. Que l'Esprit du Seigneur soit leur guide et leur force ! Vous confiant à la protection maternelle de Notre-Dame de La-Vang et à l'intercession des saints Martyrs du Viêt-Nam, j'accorde à tous une affectueuse Bénédiction apostolique.

Texte original: Français

Exhortation de Benoît XVI aux Romains

Angélus du 29 juin, solennité des SS. Pierre et Paul

 

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ROME, Lundi 29 juin 2009 (ZENIT.org) - En ce jour de fête de leurs saints patrons, Pierre et Paul, Benoît XVI s'est spécialement adressé aux « Romains » lors de l'angélus de ce 29 juin, leur demandant la fidélité à leur héritage chrétien.

Le pape a ensuite souligné la dimension « universelle » de cette célébration, après la messe de remise du pallium à 34 archevêques du monde entier, célébrée en la basilique Saint-Pierre, en présence d'une délégation du patriarcat de Constantinople.

***

Chers frères et sœurs,

Nous célébrons aujourd'hui solennellement les saints apôtres Pierre et Paul, patrons spéciaux de l'Eglise de Rome : Pierre, le pêcheur de Galilée, qui « a été le premier à confesser la foi dans le Christ (...) et a constitué la première communauté avec les justes d'Israël » ; Paul, l'ancien persécuteur des chrétiens, « qui a éclairé les profondeur du mystère (...) le maître et le docteur, qui a annoncé le salut à toutes les nations » (cf. Préface de la messe d'aujourd'hui). Dans une de ses homélies à la communauté de Rome, le pape saint Léon le Grand affirmait : « Voici tes Pères et tes vrais Pasteurs, qui t'ont fondée afin que tu sois introduite dans le Royaume céleste » (Sermon I, in Nat. App Petri et Pauli, PL 54, 422).

A l'occasion de cette fête je voudrais adresser une salutation chaleureuse et spéciale, avec mes souhaits fervents, à la communauté diocésaine de Rome, que la Providence divine a confiée à mes soins, en tant que Successeur de l'apôtre Pierre. J'étends volontiers cette salutation à tous les habitants de notre métropole et aux pèlerins et aux touristes qui la visite en ces jours, également en concomitance avec la clôture de l'Année Paulinienne.

Chers frères et sœurs, que le Seigneur vous bénisse et vous protège par l'intercession des saints Pierre et Paul ! En tant que votre pasteur, je vous exhorte à rester fidèles à la vocation chrétienne et à ne pas vous conformer à la mentalité de ce monde - comme l'écrivait l'Apôtre des gentils, justement aux chrétiens de Rome - , mais à vous laisser toujours transformer et renouveler par l'Evangile, pour suivre ce qui est vraiment bon et agréable à Dieu (cf. Rm 12,2).

C'est pourquoi je prie constamment afin que Rome garde vivante sa vocation chrétienne non seulement en conservant inaltéré son immense patrimoine spirituel et culturel, mais aussi afin que ses habitants puissent traduire la beauté de la foi reçue dans des façons de penser et d'agir concrets, et offrent ainsi à ceux qui, pour différentes raisons, viennent en cette ville, une atmosphère chargée d'humanité et de valeurs évangéliques. C'est pourquoi, avec les paroles de saint Pierre, je vous invite, chers frères et sœurs, disciples du Christ, à être des « pierres vivantes », assemblées autour de lui, qui est la « pierre vivante rejetée par les hommes mais choisis et précieuse devant Dieu » (cf. 1 Pi 2,4).

La solennité d'aujourd'hui revêt aussi un caractère universel : elle exprime l'unité et la catholicité de l'Eglise. Voilà pourquoi chaque année, à cette date, les nouveaux archevêques métropolitains viennent à Rome pour recevoir le pallium, symbole de communion avec le Successeur de Pierre. Je renouvelle par conséquent ma salutation aux frères dans l'épiscopat qui ont accompli ce geste ce matin dans la basilique et aux fidèles qui les ont accompagnés.

Je salue également avec une vive cordialité la délégation du patriarcat de Constantinople qui, comme chaque année, est venue à Rome pour la célébration de la Saint-Pierre Saint-Paul. Que notre commune vénération de ces martyrs soit le gage chez les chrétiens de toutes les régions du monde d'une communion toujours plus pleine et plus consciente.

Invoquons pour cela l'intercession maternelle de Marie, la Mère de l'unique Eglise du Christ, par la traditionnelle prière de l'Angélus.

© Copyright du texte original plurilingue : Librairie Editrice du Vatican

Traduction : Zenit

'Les ossements de saint Paul sont authentiques'

Un sondage a été effectué dans le sarcophage de Saint-Paul-hors-les-Murs

Homélie de clôture de l’Année Saint-Paul

 


ROME, Dimanche 28 juin 2009 (ZENIT.org) - Un sondage a été effectué dans le sarcophage de Saint-Paul-hors-les-Murs, annonce Benoît XVI : les résultats confirment la tradition séculaire.

Benoît XVI a en effet conclu ce soir, en la basilique papale de Saint-Paul-hors-les-Murs, l'Année Saint-Paul, lors des premières vêpres de la solennité des saints patrons de l'Eglise de Rome, Pierre et Paul. Une année qui a marqué le bimillénaire de la naissance de l'Apôtre des Nations.

Dans son homélie, Benoît XVI a confirmé ce que la rumeur annonçait déjà en mai 2007 : un sondage a été effectué dans le sarcophage de pierre, qui se trouve sous l'autel et son baldaquin.

« L'année commémorative de la naissance de saint Paul se conclut ce soir, a rappelé Benoît XVI. Nous sommes rassemblés auprès de la tombe de l'apôtre dont le sarcophage, conservé sous l'autel papal, a récemment fait l'objet d'une analyse scientifique attentive », a annoncé le pape.

Benoît XVI a décrit ainsi l'enquête et son résultat : « dans le sarcophage, qui n'a jamais été ouvert depuis tant de siècles, a été pratiquée une toute petite perforation pour introduire une sonde spéciale, grâce à laquelle ont été relevées des traces d'un tissu précieux en lin coloré de pourpre, laminé d'or fin, et d'un tissu de couleur bleu avec des filaments de lin ».

Mais ce n'est pas tout. Le pape ajouté que l'on a relevé « la présence de grains d'encens rouge », de « substances protéiques et calcaires » et de « fragments d'os », qui ont été soumis à l'examen du carbone 14 effectué « par des experts ignorant leur provenance » : ils ont conclu qu'il s'agissait d'ossements appartenant à « une personne ayant vécu entre le 1er et le 2e siècle ».

Pour Benoît XVI, « cela semble confirmer la tradition unanime et incontestée qu'il s'agisse des restes mortels de l'apôtre Paul ».

« Tout ceci, a confié le pape, remplit notre esprit d'une émotion profonde. Beaucoup de personnes ont, au cours de ces mois, suivi les voies - extérieures et intérieures plus encore - que l'Apôtre a parcourues pendant sa vie : la voie de Damas, à la rencontre du Ressuscité, les voies du monde méditerranéen,  qu'il a traversé, avec le flambeau de l'Evangile, rencontrant contradictions et adhésions, jusqu'au martyre, par lequel il appartient pour toujours à l'Eglise de Rome ».

Rappelons que le sarcophage a été mis à jour en décembre 2006, à la suite de la campagne de quatre ans de fouilles conduites des archéologues du Vatican sous la direction de Giorgio Filippi. Elles avaient permis de mettre au jour cette inscription en latin : « Paul apôtre martyr » (« Paulo Apostolo Mart »). Mais le sarcophage, en pierre, de quelque 25 cm d'épaisseur n'a pas été ouvert.

Le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de la basilique papale, a indiqué, vendredi dernier, que les travaux impliqueraient le déplacement de l'autel et du baldaquin, et qu'elles n'étaient donc pas possibles pendant l'Année Saint-Paul.

« Nous avons effectué des radiographies, mais les parois du sarcophage étaient trop épaisses pour que l'on puisse voir quelque chose », a-t-il précisé lors d'une conférence de presse faisant le bilan de l'année Saint-Paul, laissant à Benoît XVI l'annonce du résultat, ce dimanche, des sondages plus précis effectués en mai 2007.

La plaque de marbre indiquant le nom de l'apôtre est percée de trois trous qui servaient peut-être à faire passer des mouchoirs ou des linges, selon la pratique - du vivant de Paul - décrite dans les Actes des apôtres:

« Dieu faisait par les mains de Paul des miracles peu ordinaires, à tel point même qu'on appliquait sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché son corps : les maladies les quittaient alors et les esprits mauvais s'en allaient » (Actes 19, 11-12).

Anita S. Bourdin

28.06.2009

L’année Saint-Paul arrive à sa fin, mais la flamme brûlera encore

Un bilan par le cardinal di Montezemolo

 

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ROME, Vendredi 26 juin 2009 (ZENIT.org) - L'année Saint-Paul arrive à sa fin, symboliquement la Porte Pauline de la basilique romaine Saint-Paul-hors-les-Murs sera refermée, mais la lampe des pèlerins allumée sous le portique de la basilique papale continuera de brûler. Plus encore, l'année sacerdotale à peine commencée « ne pourra pas ne pas se baser sur les écrits de Saint-Paul », a fait observer le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de la basilique.

A l'occasion de la prochaine clôture de l'Année Saint-Paul, le cardinal di Montezemolo a en effet présenté ses « réflexions » aux journalistes ce vendredi 26 juin, au Vatican. Il était accompagné de M. Pier Carlo Visconti, délégué pour l'administration de la basilique papale.

« Avec la clôture de l'Année Saint-Paul, et avec le début de l'Année sacerdotale, à peine inauguré par le Saint-Père Benoît XVI, le monde chrétien est fortement invité accueillir le message de Paul, l'Apôtre des Nations, qui (...) continue aujourd'hui aussi à parler à toutes les Nations, dans les différents continents », a souligné le cardinal di Montezemolo.

Pour le cardinal archiprêtre, les « bienfaits » de l'année Saint-Paul se « prolongeront » pendant l'Année sacerdotale, a insisté l'archiprêtre de la basilique Saint-Paul.

Autre prolongement : les travaux entrepris pour l'Année Saint-Paul. Le cardinal di Montezemolo a annoncé la réalisation d'un espace archéologique de mille mètres carrés au-dessus duquel seront réalisés des bâtiments nécessaires à l'organisation de la basilique. Le cardinal di Montezemolo étant le premier archiprêtre de la basilique papale, a ses bureaux pour le moment à l'intérieur de l'abbaye bénédictine dont els moines assurent la prière liturgique quotidienne et l'accueil des pèlerins dans quatre confessionnaux pour conférer le sacrement de la réconciliation.

Du point de vue quantitatif, le cardinal a fait état de la visite de 18.600 pèlerins pour la seule journée du 1er mai 2009. Le pèlerinage le plus nombreux de l'année a été celui du diocèse italien d'Aversa, et son évêque, Mgr Mario Milano, avec 6.000 pèlerins, tandis que la célébration qui a rassemblé le plus de personnes, a été les obsèques de Chiara Lubich qui a rassemblé à Saint-Paul quelque vingt mille personnes.

En tout, le bilan du cardinal archiprêtre est « tout à fait positif » et même « au-delà des prévisions les meilleures ».

Benoît XVI, approuvant un projet de Jean-Paul II, avait en effet souhaité donner « une nouvelle vitalité » à la basilique Saint-Paul, d'où à la fois le nomination du cardinal archiprêtre et l'Année Saint-Paul. Les deux principaux objectifs du pape, étaient, a rappelé le cardinal di Montezemolo, de « faire mieux connaître et méditer le très riche message » de l'apôtre, d'une part, et d'autre part, « développer différents programmes à dimension œcuménique ».

De fait, la basilique et le monastère Saint-Paul ont une tradition œcuménique. L'année Saint-Paul a vu aussi le pèlerinage de chrétiens d'autres confessions, notamment de tradition orthodoxe. Le pape lui-même a ouvert l'année Saint-Paul le 28 juin 2008 en présence du patriarche œcuménique Bartholomaios Ier, a rappelé le cardinal.

Le cardinal di Montezemolo a souligné l'apport « doctrinal » de Benoît XVI lui-même - « grand docteur de l'Eglise », a souligné le -, dans ses « catéchèses » du mercredi sur saint Paul, « ses nombreux discours, interventions, citations, références, à l'occasion de rencontres et d'événements innombrables » pendant cette année thématique, jalonnée également d'événements culturels et musicaux.

Pour sa part, l'ingénieur Visconti a souligné, au niveau international, l'augmentation du nombre des baptêmes, qui a doublé par exemple en Chine pendant l'Année Saint-Paul, tandis que dans le monde, les enfants baptisés en cette année ont reçu le nom de l'apôtre des Nations plus souvent que les années précédentes.

De fait, comme le cardinal di Montezemolo l'a également rappelé, l'Année Saint-Paul a eu une dimension internationale dès le début et sera conclue par sept cardinaux, envoyés spéciaux de Benoît XVI en des lieux spécialement liés à la mission de l'apôtre : la Terre-Sainte, Damas, Tarse, Chypre, Athènes, Malte et le Liban (cf. Zenit du 21 juin 2009).

27.06.2009

Dieu veut te parler - Homélie du 13° dimanche du Temps Ordinaire B



Jaïre, « un chef de synagogue », vient tout juste d'apprendre la pire des nouvelles qu'un père aimant peut recevoir : « Ta fille vient de mourir. » Avec ces quelques mots s'effondre son espoir comme un château de sable balayé par une déferlante. L'angoisse d'un avenir sans sa fille chérie, le vide laissé par sa mort, tous ces sentiments s'imposent à lui comme les portes d'une prison. C'est à se moment-là, probablement le plus dramatique de sa vie, que Jésus fixe son regard sur lui, peut-être lui met la main sur les épaules, et puis lui dit : « Ne crains pas, crois seulement ».

Des paroles étranges, n'est-ce pas ? La réalité de la perte de sa fille est inexorablement évidente, indéniable. Et pourtant Jésus lui dit que la foi en la bonté de Dieu peut tout arranger. Il lui dit que la foi, cette force invisible du croyant, est plus puissante que les tempêtes de la vie dans un monde déchu.


Si nous pouvions bien retenir cette seule leçon, cela pourrait transformer notre vie....

 

Pour lire la suite :

 

Foi et Prière peuvent changer le monde

Intention de prière missionnaire du mois de juillet - commentaire

INTENTION MISSIONNAIRE - « Pour que l’Eglise soit germe et noyau d’une humanité réconciliée et réunie dans l’unique famille de Dieu, grâce au témoignage de tous les fidèles dans chaque pays du monde » - Commentaire de l’Intention missionnaire proposée par le Saint-Père pour le mois de juillet 2009

 

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Rome (Agence Fides) – Une des conséquences du péché de l’homme a été la division. Déjà dans le livre de la Genèse nous pouvons observer que Babel représente la séparation, fruit de l’orgueil de l’homme (Gn 11, 1-9). Les hommes, qui désiraient construire de leurs mains un parcours vers le ciel, finirent par détruire leur capacité même de se comprendre les uns les autres.

C’est pourquoi une partie importante de la mission rédemptrice du Christ est de réunir, d’unifier. En premier lieu le Christ réunit « les enfant de Dieu dispersés ». Jésus est « le Bon Pasteur », qui réunit les brebis dispersées d’Israël. Cependant cette mission unificatrice n’est pas limitée au seul Israël. Elle s’adresse à tous les peuples de la terre. Saint Paul affirme qu’« il n’y a plus juif ni gentil, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car nous sommes tous un dans le Christ Jésus ». Cette unité se manifeste et se réalise dans l’Eucharistie, car « nous formons tous un seul Corps puisque nous mangeons un seul pain ».

Puisque le péché a produit une double séparation (il a séparé l’homme de Dieu et de ses frères), la nouvelle naissance dans le Christ présente un double aspect : elle nous réconcilie avec Dieu dans son Sang, et elle fait de nous un seul corps.

L’histoire de l’Eglise a été témoin de nombreuses divisions et schismes, depuis ses origines. Mais la séparation de nos frères orthodoxes et protestants s’avère particulièrement douloureuse. En même temps, la société civile a été marquée par des luttes fratricides et des incompréhensions entre les peuples.

Récemment, on a enregistré dans différents pays des guerres entre ethnies, qui ont provoqué de nombreuses victimes. Aujourd’hui encore, comme toujours, le cœur de l’homme continue à avoir besoin d’un Rédempteur qui extirpe de lui le germe de la haine et de la séparation, fruit du péché. L’Eglise du Christ, à la fois sainte et ayant besoin de salut, a le devoir de poursuivre cette mission rédemptrice, d’être dans le monde signe d’unité et source de communion.

Le Pape Benoît XVI affirme: « Etre ensemble a été la condition mise par Jésus pour accueillir le don de l’Esprit Saint; le présupposé de leur entente a été une prière prolongée. Nous trouvons de cette façon ébauchée une formidable leçon pour toute communauté chrétienne. On pense parfois que l’efficacité missionnaire dépend principalement d’une programmation attentive et ensuite d’une intelligente mise en œuvre par un engagement concret. Certes, le Seigneur demande notre collaboration, mais avant toute réponse de notre part, son initiative est nécessaire : c’est son Esprit le vrai protagoniste de l’Eglise » (Homélie, 4 juin 2006).

Saint Luc écrit que le jour de la Pentecôte les apôtres se trouvaient réunis avec Marie. Dans la prière avec Elle, par la puissance de l’Esprit, se manifeste la force unificatrice de l’Eglise. Pour que grandisse la conscience que les hommes de toutes les nations sont une famille, il est nécessaire qu’ils prennent conscience d’être des enfants de Dieu. Au-dessus de toute distinction de culture, de condition sociale, de race ou de nation, il y a la vérité qui rend tous les hommes égaux : nous sommes des enfants de Dieu, créés à son image et à sa ressemblance, rachetés par le sang du Christ.

Tous les fidèles chrétiens, dispersés sur toute la terre, vivant leur filiation divine, se convertissent en témoin et en créateurs de l’unité. L’Eglise, dont le modèle et l’exemple est Marie, doit apprendre d’Elle à avoir un cœur de plus en plus ouvert à tous. Sa maternité doit se refléter dans la maternité de l’Eglise.

Quand le Seigneur ressuscité se présente aux disciples après la Résurrection, il souffle sur eux pour leur donner le don de l’Esprit, et dit : « A qui vous pardonnerez les péchés, ils seront pardonnés, à qui vous ne les pardonnerez pas, ils ne seront pas pardonnés ». Pour qu’un homme puisse être instrument de réconciliation, il doit avoir expérimenté dans son cœur la joie d’avoir été réconcilié avec Dieu dans le Christ, d’avoir reçu le pardon des péchés. Seuls ceux qui vivent en communion de vie avec Dieu peuvent être source de communion. Seul celui qui a été réconcilié peut être source de réconciliation au milieu d’une unité divisée dans la profondeur du cœur. Comme le dit le Seigneur : c’est du cœur de l’homme que sortent les homicides, les vols, etc. C’est le cœur de l’homme qui a besoin d’être réconcilié, unifié, guéri. C’est pourquoi la mission de l’Eglise est d’offrir la réconciliation de Dieu avec les hommes, dans le Christ, en annonçant comme saint Paul : « Au nom du Christ nous vous supplions : laissez-vous réconcilier avec Dieu ».

(Agence Fides 26/6/2009)

Dieu veut te parler - Lectures 13° Dimanche du temps Ordinaire B

1ère lecture : Dieu n'a pas fait la mort (Sg 1, 13-15; 2, 23-24)


Lecture du livre de la Sagesse

Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il a créé toutes choses pour qu'elles subsistent ; ce qui naît dans le monde est bienfaisant, et l'on n'y trouve pas le poison qui fait mourir. La puissance de la mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle.
Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une imagede ce qu'il est en lui-même.
La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon, et ceux qui se rangent dans son parti en font l'expérience.





Pour lire les autres lectures : Praedicatho



26.06.2009

Le sacerdoce, grâce extraordinaire pour le prêtre, l’Eglise et le monde

Une « année » pour la redécouvrir

 

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ROME, Mercredi 24 juin 2009 (ZENIT.org) - Le sacerdoce constitue une « grâce extraordinaire » non seulement pour le prêtre, mais aussi pour l'Eglise et pour le monde, fait observer Benoît XVI.

Le pape a en effet consacré sa catéchèse du mercredi à l'ouverture de l'année sacerdotale, inaugurée, vendredi dernier, 19 juin, au Vatican.

« Vendredi dernier, en la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, j'ai eu la joie d'inaugurer l'année sacerdotale, décidée à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de la « naissance au ciel » du Curé d'Ars, saint Jean-Marie Vianney », a rappelé le pape.

Benoît XVI a rapproché l'exemple du Curé d'Ars de la mission en saint Paul, en soulignant l'importance de leur « communion au Christ » : « Alors que se conclut l'Année consacrée à l'Apôtre Paul, modèle extraordinaire de l'évangélisateur qui a accompli de nombreux voyages pour répandre l'Evangile, cette nouvelle année jubilaire nous invite à nous tourner vers un humble curé qui a réalisé son service pastoral dans un petit village. Tous deux ont en commun une identification totale avec leur ministère et une profonde communion au Christ ».

Benoît XVI a aussi rappelé le « but » de cette année sacerdotale qui est « d'aider les prêtres à tendre vers la perfection spirituelle dont dépend surtout l'efficacité de leur ministère, à redécouvrir et à renforcer la conscience de la grâce extraordinaire que le ministère ordonné représente pour celui qui l'a reçu, pour l'Eglise et pour le monde ».

Là aussi, le pape a insisté sur l'union au Christ en disant : « Profondément uni au Verbe de Dieu, qui en s'incarnant est devenu serviteur, le prêtre, lui appartient ».

Car c'est de cette appartenance que découle son minsitère au service des baptisés : « Pour cette raison, il est aussi au service des hommes. Il est ministre de leur salut, de leur bonheur, de leur authentique libération, en accueillant en lui-même la volonté du Christ, dans la prière et dans le « cœur à cœur » avec lui », a ajouté le pape.

En s'adressant aux francophones, le pape a salué spécialement « le groupe de la Mission catholique vietnamienne de Paris » et « les jeunes de l'école de la Croix de Paris ».

Il a exprimé ce vœu pour l'année sacerdotale : « Que le témoignage du Curé d'Ars vous aide à mieux comprendre l'importance du ministère du prêtre dans la vie de l'Église et du monde, et à répondre généreusement aux appels du Seigneur ».

 

Lire le texte intégral :

 

Benoît XVI, L’Année sacerdotale et le curé d’Ars

25.06.2009

LA COMMUNICATION DE L’EGLISE - RADIOS CATHOLIQUES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES POUR LA MISSION (fin)

Entretien avec le Professeur l'Abbé José Maria La Porte,

expert des Fondements de la Communication Institutionnelle de l'Eglise

à l'Université Pontificale de la Sainte Croix (Santa Croce)

 

 

Comment aborder la communication du point de vue ecclésial ?

            Pour certains aspects, l'Eglise communique depuis deux mille ans, ce n'est pas une nouveauté. Elle a communiqué avec la prédication, avec les Pères de l'Eglise, avec les Saints qui ont écrit, avec les biographies ; elle a communiqué avec l'art.

 

 

Et à présent, quels sont les traits distinctifs de la communication institutionnelle de l'Eglise?

            Il faut voir, à présent, au XXI° siècle, comment réussir à mieux communiquer en exploitant les moyens que nous avons à notre disposition. Communiquer institutionnellement l'Eglise, veut dire approfondir les éléments essentiels de sa propre identité, et chercher à les faire devenir culture ; étant donné que, au XXI° siècle, la culture est « médiatique », il faut communiquer la foi institutionnellement et médiatiquement ; ne pas utiliser seulement les moyens pour proclamer l'Evangile, certes, mais aussi créer une culture. En ce sens, le « projet Culturel » de la Conférence Episcopale Italienne est intéressant.

 

 

Et comment ?

            L'Eglise communique comme sujet de communication quand elle réalise la communication par ses propres canaux officiels, et, comme objet de communication, quand elle devient un thème de la communication, comme dans le cas de journaux ou de radios ou de télévision ou de pages web, qui n'ont rien à voir avec l'Eglise, mais qui parlent d'elle, d'aspects liés à sa mission. En ce sens, si l'Eglise réussit à créer une image adéquate, elle réussira à présenter la foi de manière adéquate, y compris dans des contextes apparemment différents. Dans les deux cas, comme objet et comme sujet, l'Eglise a de très grandes possibilités de communiquer la foi, de manière adéquate.

 

 

De quelle manière l'Eglise Catholiques, par ses représentants, communique-t-elle aujourd'hui le Message dont elle est dépositaire ?

            L'Eglise intervient dans le débat public, de manière officielle, par ses représentants. Cette communication officielle a un rôle, contre contrepoint moral du débat public. Mais il existe aussi une communication non officielle, également importante, en ligne avec le Concile Vatican II, que réalisent les fidèles laïcs, soit parce qu'ils prennent part aux moyens de communication, soit parce qu'ils sont destinataires de l'information.

 

 

Quel est le rôle des laïcs ?

            Par leur rôle professionnel dans les moyens d'information, ils peuvent réaliser un journalisme ouvert à la charité, et réussir à proposer la foi de manière attrayante. Ils ont aussi un rôle essentiel comme destinataires de la communication des moyens de communication, parce qu'ils seront critiques avec les nouvelles qui ne présenteraient les qualités requises, quand on parle de foi.

 

 

Quelle valeur a (et a eu) le langage utilisé, et comme change-t-il selon les différents moments que traversent la société et la culture, et selon les endroits où travaille l'Eglise?

            Le langage est une clef, et il l'a toujours été dans l'histoire de l'Eglise. Il fait partie des problèmes institutionnels, mais il est aussi un point positif ; il y a le fait d'avoir un « dépôt » qui ne peut changer, un dépôt qui est dynamique et statique en même temps ; dynamique, parce qu'il sert de source d'inspiration ; et statique, parce qu'il devient un point ferme, comme un indicateur, comme un signal dans la voie de l'histoire.

 

 

Par exemple ?

            Saint Paul, dont les Lettres ont été décisive dans le genre littéraire épistolaire, de nombreux mouvements artistiques qui se sont créés comme fruit de la foi des gens au cours des siècles, la Chapelle Sixtine elle-même, ont, à la racine une source d'inspiration qui est le Message révélé, une sève qui alimente les possibilités d'expressions et les possibilités artistiques des hommes, et les élève à un niveau supérieur.

 

 

En est-il ainsi au XXI° siècle?

            La particularité du XXI° siècle, c'est que l'Eglise doit parvenir à transmettre ce dépôt qu'elle possède, dans un contexte médiatique, sans avoir peur, tout comme elle n'a pas eu peur auparavant. Actuellement, la société est sécularisée, et il y a des problèmes complexes ; mais, même quand l'Eglise a commencé à se servir de l'imprimerie, de la presse, par exemple, il y avait les guerres de religion, des problèmes sociaux, et tout un continent à peine découvert, et, toutefois, même dans ce contexte difficile, l'imprimerie, la presse,  a servi à répandre la Bible.

 

 

 

Comment se relient le langage des moyens de communication et le langage de la foi?

            La foi est capable de vivifier chaque réalité humaine, y compris les moyens qui se sont développés durant les dernières décennies. Le langage est une clef, et chaque moyen qui doit vivifier ce langage est créé et développé et a un langage propre. Pour sa part, la foi a une dynamique et une nature particulières et elle doit l'amener au-delà ; il ne s'agit pas seulement d'une adaptation mutuelle ; mais la foi devient un vrai moteur de développement des langages de la communication. Il y a un langage des moyens de communication qui doit être vécu, qui doit être relié avec le langage humain et avec le langage de la foi ; il faut les mettre en rapport, parce que tous les trois sont des sources créatives. Le résultat de cette interaction est beaucoup plus que la simple somme de tous les trois.

 

 

Mais la communication du Message chrétien n'est pas seulement institutionnelle...

            Quand l'Eglise communique du point de vue institutionnel, elle doit trouver des moyens pour présenter cette communication, trouver des exemples et des témoignages où ce message est incarné dans les personnes. Pour communiquer la fidélité matrimoniale, un communiqué ne suffit pas ; l'expérience d'un couple qui a célébré 50 années de mariage est probablement plus utile ! De cette manière, on parle d'amour et aussi de foi.

 

 

Quelle est l'influence de l'expérience vécue des nombreux témoins de la foi?

            Quand le chrétien travaille dans les moyens de communication, ou est spectateur de ces moyens de communication, il doit savoir montrer de manière authentique sa propre foi et ne pas avoir peur. Il faut trouver, comme stratégie de communication institutionnelle aussi, la foi incarnée dans les personnes, c'est-à-dire faire voir et toucher comment la Grâce de Dieu agit dans les personnes concrètes, parce qu'elle renvoie à l'Eglise et à Dieu. L'expérience, par exemple, des volontaires ou des missionnaires, exprime non seulement la solidarité et le désir de bien faire leur travail là où ils se trouvent, mais laisse entrevoir une autre perspective, la foi en Dieu, vraie motivation pour consacrer sa vie aux autres. Le problème, c'est de trouver des exemples de ces personnes qui, par leur attitude et leur manière d'agir, te font entrevoir le mystère de Dieu, te changent, et t'aident. Il faut surtout trouver des exemples de jeunes qui travaillent et se dévouent concrètement.

 

 

De nombreux côtés, se manifeste la critique contre l'Eglise Catholique d'être peu moderne et même d'être obscurantiste, trop conservatrice : les méthodes de communication de l'Eglise sont-elles actuelles et adaptées aux exigences de l'homme du Troisième Millénaire ?

            Le thème religieux, y compris pour les moyens de communication, n'a pas vu diminuer son intérêt. Au fond, c'est un préjugé de penser que l'Eglise est obscurantiste, une préjugé fondé sur la logique minorité/majorité. Pour moi, en ce moment, les vrais progressistes sont les chrétiens, parce qu'ils n'ont pas peur de changer des choses que certains considèrent comme inamovibles. S'il y a quelqu'un de progressiste et qui se défie de la raison, c'est précisément le chrétien qui vit la foi de l'Eglise, comme le montre le Discours de Ratisbonne, où Benoît XVI n'a pas eu peur de parler de foi et de raison. Il est obscurantiste celui qui ne veut pas mettre sur le terrain la raison, dialoguer, affronter les vrais problèmes.

 

 

Mais pensez-vous que ces idées sont communiquées ?

            Il y a du chemin à faire. C'est là, certainement, pour l'Eglise, un moment passionnant pour communiquer. La foi n'est pas bien vue de la part d'un secteur de la société, qui, souvent, n'est pas ouvert aux questions essentielles de l'homme, un secteur qui alimente des groupes de pression très souvent minoritaires, alors que les personnes réelles voient la foi d'un bon œil : un exemple est la mort de jean Paul II. Comme le déclare un Consulteur du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, il y a une différence entre l'opinion publique et l'opinion publiée, c'est-à-dire que bien souvent ce qui est publié ne reflète pas du tout l'opinion des gens du commun.

 

 

Les méthodes de communication de l'Eglise sont-elles actuelles et adaptées aux exigences de l'homme du Troisième Millénaire?

            Je crois que les moyens officiels de communication de l'Eglise, même s'ils se sont grandement développés, ont encore du chemin à faire, alors que l'initiative des catholiques pris en particulier est vraiment à l'avant-garde. Sur Internet, par exemple, il y a beaucoup de choses, même petites, une partie de la vie elle-même, des nouvelles, des blogs, des forums sur l'Eglise et sur le pape, un mouvement qui part du bas et qui va de l'avant du point de vue de la communication.

 

 

Dans quelle direction l'Eglise peut-elle améliorer et développer ses capacités dans le domaine de la communication ?

            Avant tout, par la formation des personnes qui travaillent dans les bureaux qui font la communication institutionnelle, par la sensibilité de la communication et par l'amour pour la profession de journaliste ; ensuite, en formant les laïcs qui travaillent dans les milieux de la communication, en leur donnant un soutien pour vivre leur foi en toute intégrité. Enfin, en aidant à la formation d'un critère moral chez tous ceux qui bénéficient des moyens de communication. Le problème consiste à aider les chrétiens à exprimer leur foi de mille manières possibles.

 

 

La nécessité d'utiliser les moyens de communication sociale et les nouvelles technologies risque-t-elle d'affaiblir la force du Message chrétien ?

            Jamais comme aujourd'hui, le Message de la foi n'est parvenu à arriver en tous lieux. L'Eglise réussit à arriver beaucoup plus loin qu'auparavant. De toute façon, les moyens de communication sociale ne sont pas des moyens absolus ; Internet ne pourra pas remplacer la diffusion personnelle de la foi, parce que la foi aura toujours besoin du rapport humain, du témoignage, d'une catéchèse, d'un parcours, d'une communauté des croyants.

 

 

Comment se comporte alors un bon « medium » catholique ?

            Le « medium » par excellence est ce qui se pense et se conçoit comme complément et comme service ; un site Internet catholique peut aider les personnes à s'approcher de la foi, de la prière ; c'est un moyen extraordinaire, très utile, grâce auquel de nombreuses personnes connaissent le Pape, des catholiques d'autres endroits dans le monde, chose qui, jusqu'il y a peu de temps, était impossible. Le problème peut se présenter si l'on fait d'Internet un remplacement des moyens utilisés précédemment, si l'on enlève la dimension interpersonnelle de l'annonce, de la direction, spirituelle, de la formation. L'important, c'est qu'un moyen de communication ne veuille pas remplacer les autres canaux grâce auxquels la foi se développe, mais qu'il en soit un complément et un service. La potentialité est, de toute façon, extraordinaire, y compris du point de vue de la création d'une culture catholique.

 

 

D'où provient une certaine « méfiance » de l'Eglise vis-à-vis de la télévision?

            Les moyens, en soi, ne sont ni négatifs ni positifs; cela dépend du message qu'ils véhiculent. Dans une société sécularisée, la télévision prend un rôle négatif, si les programmes ne sont pas de qualité, et si les personnes passent trop d'heures devant la télévision ; en outre, très souvent, la manière avec laquelle les moyens d'information, et surtout la télévision, regardent les questions de l'Eglise, est superficielle ; souvent, les émissions de télévision veulent un représentant de l'Eglise pour les débats, mais ce n'est pas pour chercher la vérité sur les arguments traités.

 

 

Et cela suppose-t-il une barrière ?

            On se trouve en difficulté devant un moyen de communication qui veut faire du spectacle, qui simplifie, qui dramatise, qui a besoin de synthétiser en une minute deux mille ans d'histoire. La barrière n'est pas avec les moyens, mais avec la culture de la superficialité et du double langage de certaines personnes qui interviennent dans les moyens de communication, et qui y prennent part ; pour eux, fréquemment, les religions et la foi représentent une difficulté, mais cela n'est pas un problème qui touche au moyen de communication. Le vrai problème est culturel et idéologique ; en outre des clichés se sont formés dans la communication, qui ne sont pas vrais.

 

 

Le moyen de la Radio possède-t-il encore la force de communication et la force missionnaire dont l'Eglise a besoin?

            Oui, parce que chaque moyen a son propre public, et surtout en plusieurs endroits d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine. La Radio continue à être le seul et unique moyen, pour des raisons liées à la géographie et à leur propre histoire.

 

 

Et quand arrivera le satellite?

            Je crois que la Radio continuera à avoir son public, même si la télévision arrive en ces endroits, parce qu'elle a un caractère immédiat important ; c'est un moyen chaud, qui permet l'intimité du Message, on se concentre sur les paroles et non pas sur les images ; c'est un véhicule extraordinaire. Le problème vient quand on fonctionnalise trop la Radio et que l'on n'est pas créatif, quand on pense que le moyen de communication en soi, est tout. En revanche, non, la Radio est comme un orchestre : tu dois parvenir à retirer le meilleur de ce moyen de communication ; et si tu es créatif, tu parviendras aussi à avoir une forte audience, un grand nombre d'auditeurs.

 

 

Seulement avec des programmes religieux?

            Faire une Radio chrétienne ne veut pas dire faire une Radio confessionnelle; être des journalistes chrétiens ne veut pas dire parler seulement de foi, mais dire la vérité, et faire un travail de professionnels. Plusieurs Radios Catholiques sont des points de référence en Europe, en Afrique, et en Amérique Latine. La Radio a vraiment une potentialité extraordinaire, aujourd'hui encore.

 

 

En particulier, dans le siècle passé et dans le siècle actuel, le rapport entre la communication et le Pontificat a été très étroit : quels sont, à votre avis, les pas les plus innovateurs qu'on réalisés les Souverains Pontifes dans le domaine de la communication ?

            Me viennent à l'esprit les premières images cinématographiques du, Pape qui se promène dans les Jardins du vatican en 1898 (Léon XIII°) ou la création de Radio Vatican (Pie XI), ou le fait que Paul VI soit le fils d'un directeur de journal ; mais Jean Paul II et Benoît XVI ont eu une grande influence dans les moyens de communication.

 

 

Dans quel sens ?

            Ils sont allés au-delà de vouloir présenter le Magistère de l'Eglise dans les moyens de communication. Jean Paul II a présenté l'Eglise comme thème d'intérêt dans un domaine public ; il a éliminé en partie les préjugés sur la foi, qui existent chez plusieurs professionnels de l'information ; il a beaucoup voyagé, il est allé à l'étranger, il a dialogué avec les journalistes ; en un certain sens, il était lui-même le Message, comme témoin ; et, sous son Pontificat, la communication a été très renforcée et développée.

 

 

Et Benoît XVI ?

            Il s'agit de deux Pontifes différents, mais très médiatiques. Benoît XVI est lié non pas au moyen comme moyen, mais à ses contenus, à la capacité d'entrer dans le débat public sur des arguments spécifiques. Comme le disait récemment un journaliste vaticaniste, la chose qui surprend positivement, c'est que, avec la possibilité d'intervenir sur des questions morales publiques, en même temps, dans son Magistère ordinaire, il met toujours la liturgie au centre ; on peut dire qu'il ne suit pas « le programme des moyens de communication », mais la logique du message proposé par la liturgie. Et, dans le même temps, il n'a pas peur d'aborder certaines questions quand c'est nécessaire, même si cela peut apparaître comme impopulaire, parce qu'il va toujours à l'essentiel.

 

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Réalisé par P.C. - Agence Fides 30/05/2009; Directeur Luca de Mata


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