31.12.2009

Dieu veut te parler - Homélie pour la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, Journée mondiale de la Paix

sainte marie mere



Tout le monde veut la paix. Nous voulons la paix de l’esprit, la paix du cœur, la paix dans nos familles, la paix dans le monde. La paix, l’équilibre, l’ordre sont indispensables pour la croissance, la prospérité. Un jardin ne peut pas fructifier dans un cyclone. Le cœur de l’homme et les sociétés humaines ne peuvent pas davantage s’épanouir dans des conflits violents.


Le Jour de l’An est un jour où même les plus pessimistes parmi nous ressentent au moins une petite chiquenaude d’optimisme, un petit souffle d’espérance. Nous espérons que la nouvelle année sera meilleure que la précédente – meilleure pour nous, pour nos familles, pour le monde. C’est pour surfer en quelque sorte sur cette vague d’optimisme naturel que l’Eglise a instauré en 1968 la Journée Mondiale de la Paix chaque premier janvier.


Mais un désir naturel de paix ne suffit pas pour établir une vraie paix, une paix durable, que ce soit dans nos cœurs, dans nos familles ou dans le monde. Seul le Christ peut apporter la vraie paix. Lui seul peut venir à bout de toutes les divisions, des antagonismes, des blessures qui sont la terre nourricière des conflits. Comme l’affirme notre Pape Benoît XVI dans son encyclique Spe salvi (n. 31) :


« Dieu est le fondement de l'espérance – non pas n'importe quel dieu, mais le Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu'au bout – chacun individuellement et l'humanité tout entière. »



C’est le message central de Noël. Dieu est venu pour être notre Sauveur, car nous en avions bien besoin. Le Christ est venu pour nous apporter la paix que nous désirons tant, car nous ne pouvons pas réaliser cette paix par nous-mêmes. La bénédiction que Dieu enseigne à Moïse dans la première lecture de ce jour était aussi une promesse, et Dieu a tenu cette promesse en nous donnant son Fils.


« Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix ! »


De nos jours il est de bon ton de dire que toutes les religions se valent. Mais toutes les religions ne se valent pas. Jésus Christ est l’unique Sauveur. Il n’y a qu’un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, la Bienheureuse Trinité, Père, Fils et Saint Esprit. Et la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité s’est fait homme. Croire en lui, le suivre, espérer en lui, ce n’est pas la même chose que de suivre Bouddha, Confucius ou Mahomet ou de croire en Krishna ou en Shiva. Bien sûr nous devons respecter toutes les croyances, mais nous les respectons parce que le Christ nous a révélé qu’il a créé tous les hommes à son image et à sa ressemblance, et que tous sont aimés du Père et sauvés par son Fils ! Jésus est l’unique Sauveur. Voilà ce que nous croyons. N’en doutons jamais!


Tous les chrétiens ne sont pas des saints, mais la foi chrétienne, seule, a donné naissance à la notion de la dignité humaine universelle et aux droits de l’homme...

 

 

Pour lire la suite de l'homélie :

 

Le Christ, notre unique espérance pour la paix

White Christmas by Jean Toots Thielemans, Antwerp 20th Dec 2009

 


White Christmas by Jean Toots Thielemans - Antwerp 20th Dec 2009

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Dieu veut te parler - Lectures pour la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu

Evangile : Jésus fils de Marie (Lc 2, 16-21)


Acclamation : Jadis, par les prophètes, Dieu parlait à nos pères ; aujourd'hui sa parole vient à nous en son Fils. (He 1, 1-2)


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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception.


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Pour les autres lectures :

 

Praedicatho

30.12.2009

Hommage au père Olivier de la Brosse, dominicain

C’est ce mardi qu’ont eu lieu les obsèques du Père Olivier de la Brosse (photo), décédé il y a une semaine à Paris à l’âge de 78 ans.

 

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Ce religieux dominicain a passé plusieurs années de sa vie à Rome où il a été professeur de théologie et conseiller culturel de l’ambassade de France près le Saint-Siège, avant de regagner la France où il a été pendant trois ans porte-parole de la Conférence épiscopale. Le Père de la Brosse est l’auteur de nombreux ouvrages dont La France et le Saint-Siège.

 

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Nous lui rendons hommage en compagnie d’un de ses proches, le père Alain Carron de la Carrière (photo), lui-même dominicain. C’est lui qui prononça l’homélie de la messe de funérailles, ce mardi. >>

Le père Alain Carron de la Carrière était interrogé par Thomas Chabolle (Radio Vatican).


Le Père Olivier de la Brosse est enterré au couvent de l’Annonciation à Paris

L'affaire des moines de Tibhirine relancée ?

Treize ans après l’enlèvement et la mort des sept moines trappistes de Tibhirine, du monastère Notre-Dame de l’Atlas, en Algérie, la vérité n’est toujours pas connue.

 

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Enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, les soupçons puis la version officielle ont pointé du doigt le GIA, le Groupe Islamique Armé. Mais les déclarations en juin dernier d’un ancien attaché de défense français à Alger à l’époque des faits, relance l’affaire.

Selon le général François Buchwalter, le GIA ne serait pas responsable de la mort des moines. Le président français Nicolas Sarkozy s’est depuis engagé à faire toute la lumière sur cette affaire. Quelles seront les conséquences de ce rebondissement sur l’enquête judiciaire et sur le procès en béatification des moines ?

Écoutez l’éclairage d’Hélène Destombes (Radio Vatican) : >>

30.000 jeunes se retrouvent en Pologne sous les auspices de la communauté de Taizé

30.000 jeunes vont se retrouver cette semaine en Pologne sous les auspices de la communauté de Taizé. Cette nouvelle étape du pèlerinage de confiance sur la terre, lancé il y a 30 ans par le fondateur de la communauté, frère Roger, se déroulera du 29 décembre au 2 janvier dans la ville de Poznan.

 

Source: Taizé


Au programme : des carrefours de réflexion, des débats, des moments de prières. Pendant 5 jours, les jeunes venus de toute l’Europe, mais aussi d’autres continents, seront appelés à réfléchir sur des questions de société et de vie intérieure et en particulier sur le thème de la liberté. Dès leur arrivée, ils recevront la Lettre de Chine de frère Aloïs. Le prieur de Taizé a passé trois semaines auprès des chrétiens chinois une expérience qu’il souhaite partager avec les jeunes.

 

Frère Alois, lors de la rencontre précédente à Bruxelles

Source: KerkNet

 

Le frère Aloïs est interrogé par Hélène Destombes (Radio Vatican) : >>

29.12.2009

Catholiques, revenez à la maison!

AMERIQUE/Etats-Unis - Catholiques, pour Noël “retournez à la maison”, dans votre paroisse!

 

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Atlanta (Agence Fides) – Pour l’Avent et pour Noël, l’association catholique “Catholic Come Home” (CCH), en collaboration avec de nombreux diocèses catholiques des Etats-Unis d’Amérique, diffuse des communiqués télévisés pour encourager les catholiques qui se sont éloignés de la foi et de la pratique religieuse à revenir “à la maison” dans leurs paroisses.

Selon le Pew Forum on Religion and Public Life, un américain sur quatre se déclare catholique, mais seulement 25 pour cent des catholiques participent à la messe tous les dimanches, et 1 américain sur 10 se déclare “ex catholique”.


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Les communiqués transmis sont de trois types, varient de 30 secondes à 2 minutes, sont transmis dans le prime-time et présentent l’Eglise catholique selon plusieurs points de vue: l’un montre tout ce que l’Eglise a offert et continue d’offrir de bon à la société, un autre présente une personne qui à la fin de sa vie s’interroge sur la façon dont elle l’a vécue, d’autres communiqués sont de brefs témoignages de personnes retournées à la pratique de la foi. Plusieurs autres diocèses ont déjà programmé l’émission pour le Carême prochain. Dans l’archidiocèse de Chicago, les communiqués seront transmis par les plus grands réseaux de la région, en anglais, en polonais et en espagnol.

L’association“Catholic Come Home” (CCH), dont le siège est à Atlanta, a été fondé par Tom Peterson, qui après être lui-même “revenu à la maison” dans l’Eglise catholique, s’est senti appelé à organiser des initiatives destinées à promouvoir l’évangélisation et la sainteté de la vie humaine. Ses premiers messages télévisés ont été transmis dans les circuits télévisés en 1998, en préparation du Grand Jubilé de l’an 2000.

En 2008 la CCH a transmis ses communiqués et a utilisé son site interactif pendant trois semaines pendant le Carême, dans le diocèse de Phoenix, en Arizona, et on calcule qu’environ 3.000 catholiques du diocèse sont revenus à l’Eglise. Tom Peterson a souligné qu’“aucune équipe de marketing n’aurait pu atteindre ces résultats. Il s’agit vraiment d’un mouvement d’apostolat suscité et guidé par l’Esprit Saint. Notre invitation au fond est simple: nous sommes catholiques, bienvenus à la maison!”

(Agence Fides 21/12/2009)





http://www.catholicscomehome.org/

Le secret de l'évangélisation


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Maître de Francfort, Sainte Anne avec la Vierge et le Christ Enfant. 1511-1515. National Gallery, Londres.


“C’est la contemplation du Visage du Christ qui fait surgir la passion irrésistible de Le proclamer et de Le donner aux autres, et qui rend capable de Le reconnaître présent dans le visage des pauvres et des marginaux.”


(Benoît XVI, Message aux Oeuvres Pontificale Missionnaires, 6 mai 2009) 

28.12.2009

Jésus, Marie et Joseph ont connu la maison récemment découverte à Nazareth

Jésus, Marie et Joseph ont connu la maison récemment découverte à Nazareth

Entretien avec le directeur de l´Association Marie de Nazareth


ROME, Vendredi 25 décembre 2009 (ZENIT.org) - Une maison du temps de Jésus vient d'être découverte à Nazareth (cf. Zenit du 20 décembre) à l'endroit où l'Association « Marie de Nazareth » est actuellement en train de construire un centre international multimédia consacré à Marie. Pour mieux comprendre le contexte de cette découverte et ses enjeux, ZENIT a interviewé Olivier Bonnassies, directeur exécutif de l'Association.


ZENIT - L'annonce, par les archéologues israéliens de l'Israël Antiquities Authority, de la découverte d'une maison du temps de Jésus à Nazareth a fait le tour du monde. Dans quel contexte cela s'est-il produit ?

O. Bonnassies - L'Association Marie de Nazareth que nous avons créée en France en mai 2001 construit en ce moment le Centre international Marie de Nazareth, qui proposera bientôt aux pèlerins, aux touristes et aux habitants de la Terre Sainte, de découvrir le mystère de la Mère de Dieu et l'ensemble de la foi chrétienne à partir de parcours multimédias modernes. Nous avons pour cela acheté 3 bâtiments en face de la Basilique de l'Annonciation, au cœur de Nazareth, et 2 autres bâtiments, de l'ancienne école Saint Joseph, sont loués aux Sœurs de Saint Joseph de l'Apparition. La cour de cette ancienne école a été creusée d'environ 3 mètres pour les travaux actuellement en cours, et les ouvriers sont tombés sur des murs anciens. Les travaux ont donc été stoppés et les archéologues israéliens sont alors intervenus.


ZENIT - Comment se sont déroulées les fouilles ?

O. Bonnassies - Elles se sont faites à nos frais, sous la direction de M. Dror Barshod, directeur du District Nord de l'Israël Antiquities Authority. La responsable des fouilles, Yardenna Alexandre, et son équipe, ont commencé par fouiller un premier carré de 10 mètres de côté environ en septembre 2009. Comme les résultats se sont révélés très intéressants, un deuxième carré a été dégagé, entre novembre et décembre 2009. Yardenna est une grande spécialiste qui a travaillé dans la plupart des derniers chantiers de Galilée et ses conclusions ont été validées par le P. Eugenio Alliata, qui est le meilleur spécialiste franciscain, ainsi que par le P. Frédéric Manns, du Studium Biblicum Franciscanum, qui suit aussi les choses de très près. Aujourd'hui, après avoir pris conseil auprès d'eux, nous envisageons évidemment de poursuivre les recherches sur les autres parties de la cour d'entrée, pour dégager un autre des murs de la maison, mais nous allons attendre la saison sèche, pour faire les choses dans les meilleures conditions. Ce sera plus facile pour trouver des monnaies ou d'autres céramiques.


ZENIT - Qu'est-ce qui a été découvert sur place ?

O. Bonnassies - Le plus intéressant est d'avoir retrouvé un grand nombre de poteries et de céramiques qui datent toutes de la période hellénistique (entre -300 et -67 avant Jésus-Christ) et de la période romaine tardive (de -67 au 1er siècle après Jésus-Christ), ainsi que les restes des murs d'une maison composée de plusieurs petites pièces et d'une cour, qui date aussi de la période hellénistique et de la période romaine tardive. Très intéressants aussi les ustensiles de cuisine en pierre retrouvés, caractéristiques des familles juives pieuses à cause des règles de pureté rituelles (cf. Traité Mishna Kelim). Il y avait déjà de nombreux éléments à Nazareth pour attester de l'existence de cette petite ville juive au temps du Christ, mais on n'avait jusqu'ici jamais découvert les restes d'une maison. Et celle-ci est située à 100 mètres à peine du lieu de l'Annonciation !


ZENIT - Ces découvertes se situent en effet en un lieu spécialement bien placé !

O. Bonnassies - C'est quelque chose que nous n'avions pas remarqué tout de suite, mais le futur Centre international Marie de Nazareth sera situé au centre d'un tout petit quadrilatère d'à peine 300 mètres de côté, qui définit, selon la Tradition, le cœur du cadre de vie historique de la vie de Jésus et de la Sainte Famille, pendant trente ans à Nazareth : entre la maison de Marie, l'atelier de Joseph, la Synagogue, et le Tombeau du Juste, souvent aussi attribué à Joseph.


ZENIT - Pouvez-vous décrire rapidement ces lieux et les découvertes archéologiques qui y ont été faites ?

O. Bonnassies - Le plus important lieu de Nazareth est évidemment la grotte de l'Annonciation, creusée dans la roche, qui est, selon la grande Tradition de l'Eglise, le lieu de l'annonce de l'Ange Gabriel à la Vierge Marie. C'est au dessus de ce lieu saint qu'est construite la Basilique de l'Annonciation, au cœur de Nazareth et de son mystère. « L'Ange entra chez elle » dit l'Evangile. La maison de Marie s'appuyait avec trois murs sur cette roche, comme beaucoup d'habitation de Galilée, et comme la maison qui vient d'être découverte : les parties creusées dans la roche, « bâties sur le roc » comme dit l'Evangile, sont solides, fraîches l'été et tempérées l'hiver. Mais les départs de murs qu'on voit creusés dans la roche ont été vidés. On a retrouvé aussi une dizaine de citernes creusées dans la roche dans ce périmètre, ce qui prouve le souci de toujours d'économiser et de bien utiliser l'eau. Le niveau du premier siècle est visible jusqu'à l'extérieur de la Basilique. Le P. Bagatti, qui a conduit les fouilles pour les franciscains dans les années 60 a publié deux ouvrages sur les découvertes de Nazareth. On a retrouvé là des céramiques du 1er siècle en petit nombre et beaucoup d'autres du III° siècle. Le numéro du Monde de la Bible consacré à Nazareth résume bien tout cela.


ZENIT - Et quels sont les autres éléments archéologiques retrouvés à 100 mètres de là, sous l'Eglise Saint Joseph ?

O. Bonnassies - On a retrouvé sous l'Eglise Saint Joseph des bains rituels pas faciles à dater mais certainement très anciens. Une tradition orale attribue ce lieu à Saint Joseph, parce que ce serait l'atelier de Joseph. Cela peut paraître léger mais il faut vraiment se garder de mépriser les traditions orales locales. Mgr Marcuzzo, évêque latin à Nazareth, qui accompagne le projet « Marie de Nazareth » nous rappelle souvent que ces traditions sont très sérieuses et qu'elles n'ont jamais été prises en défaut par l'archéologie. Au contraire, les découvertes archéologiques les ont toujours confortées.


ZENIT - Y a-t-il des exemples ?

O. Bonnassies - Il y en a un très beau, à Nazareth même : lorsque les Sœurs de Nazareth se sont installées ici au XIX° siècle, elles ont acheté un terrain qui était connu localement comme celui du « Tombeau du Juste », mais aucun élément ne pouvait laisser penser à la vérité de cette tradition. Les Sœurs croyaient même qu'on leur disait cela simplement pour leur faire payer le terrain plus cher ! Mais quelques dizaines d'années plus tard, une sœur qui travaillait le sol a vu celui-ci se dérober sous elle et elle est tombée d'un étage, découvrant une cavité, qui s'est révélée de l'époque croisée. Les chercheurs alertés se sont mis à creuser et à fouiller parce que les éléments croisés sont le plus souvent construit sur des ruines byzantines, qui elles-mêmes sont bâties sur des éléments importants du 1er siècle. Les découvertes locales que l'on peut aujourd'hui visiter (en demandant aux Sœurs de Nazareth !) ont été vraiment impressionnantes et 4 niveaux ont été dégagés, avec des maisons, des citernes, des mikvés (bains rituels) et une voie romaine au dessous de laquelle, au plus bas, se trouve un magnifique tombeau princier du 1er siècle, creusé dans la roche et fermé avec une pierre à rouler. Il y avait bien ici un « Tombeau du Juste » et ce tombeau pourrait très bien être celui de Joseph, le Juste (Mt 1,19), digne d'un prince de la maison royale de David. On y a retrouvé aussi des céramiques du 1er siècle.


ZENIT - Comment en être sûr ?

O. Bonnassies - Il n'y a pas de preuves formelles, mais le début du projet « Marie de Nazareth » a commencé par une prière à Saint Joseph sur le Tombeau du Juste, et elle a été immédiatement exaucée ! Ce Tombeau est le troisième côté du quadrilatère.


ZENIT - Et quel est le quatrième ?

O. Bonnassies - La Synagogue de Jésus, à côté de laquelle se trouve l'Eglise Melkite. L'édifice que nous voyons aujourd'hui date de la fin du XVIII° siècle, et il n'y a eu aucunes fouilles en ce lieu, mais il y a une tradition. C'est ici qu'on se souvient que Jésus priait à la Synagogue et qu'elle représentait aussi un lieu très important pour lui, comme sa maison, son atelier de travail et le Tombeau de son père putatif. Le Centre marial que nous construisons aura la grâce de se situer au beau milieu de ces quatre lieux de vénération de la mémoire du Christ et de sa Mère, au cœur du mystère de Nazareth. Il faut se souvenir de l'homélie marquante de Paul VI, en 1964, qui est restée ici dans toutes les mémoires : « Nazareth est l‘école où l'on commence à comprendre la vie de Jésus : l'école de l'Evangile. Ici, on apprend à regarder, à écouter, à méditer (...). Oh, comme nous voudrions redevenir enfant et nous remettre à cette humble école de Nazareth, comme nous voudrions, près de Marie, recommencer à acquérir la vraie science de la vie et la sagesse supérieure des vérités divines ! Mais nous ne faisons que passer. Il nous faut laisser ce désir de poursuivre ici l'éducation, jamais achevée, à l'intelligence de l'Evangile, mais nous ne partirons pas sans avoir recueilli à la hâte et comme à la dérobée, quelques brèves leçons de Nazareth. Leçons de silence, de vie familiale, de prière, de travail » (le 5 janvier 1964)


ZENIT - Jésus a donc connu la maison qui a été découverte ?

O. Bonnassies - Jésus a passé ici l'essentiel des trente premières années de sa vie, comme l'Evangile l'atteste. On ne peut pas imaginer un seul instant qu'il n'ait pas parfaitement connu cette maison située si près de ses lieux de vie. Jésus, Marie et Joseph ont connu cette maison.


ZENIT - Quelles sont les autres découvertes faites à l'occasion de ces fouilles ?

O. Bonnassies - Lorsque nous avons commencé les travaux du Centre marial, on nous avait signalé une citerne creusée dans la roche à 50 m de la cour de l'école. Nous en avons trouvé deux autres, dont une très grande, de 7 mètres de haut et de 4 mètres de large. Les archéologues israéliens en ont trouvé une autre, qui n'est pas encore totalement dégagée, et à côté de laquelle se trouve un trou taillé dans la roche, sans doute pour poser les jarres qu'on remplissait d'eau.

Il y a aussi une cachette, creusée dans la roche, qu'on a retrouvé dissimulée sous une pierre taillée, et entièrement vide. On peut y mettre 5 à 6 personnes.

Enfin, en plus des restes de la période hellénistique et romaine, il y a un épais mur mamelouk du XV° siècle, moins intéressant sur le plan archéologique, qui sera peut-être enlevé.


ZENIT - Y a-t-il d'autres lieux remarquables à Nazareth sur le plan archéologique ?

O. Bonnassies - En dehors des 5 lieux dont nous venons de parler, qui sont tous dans le périmètre proche du Lieu saint de l'Annonciation, il y a un autre lieu très antique : c'est la Fontaine de Nazareth, située à 500 mètres de la maison de Marie, vers le nord. On pense que le village antique s'étalait entre ces deux lieux : de la Fontaine au Tombeau du Juste, car les tombeaux étaient à l'extérieur des villes, pour des raisons de pureté rituelle. La Fontaine date certainement aussi du temps du Christ : les fouilles réalisées en l'an 2000 en ce lieu ont permis de retrouver un « cardo », une voie romaine, qui passe à côté. Une très belle Eglise orthodoxe est bâtie sur ce lieu où une tradition évoque une première rencontre de la Vierge avec l'Ange Gabriel, avant l'Annonciation.


ZENIT - Y a-t-il autre chose encore ?

O. Bonnassies - Oui, il y a beaucoup de choses à Nazareth. Il faut aussi signaler la découverte à partir de 2003 de thermes d'une taille impressionnante, à 4,5 m en dessous du sol, à 50 mètres de la Fontaine. Les céramiques et monnaies retrouvées sont arabes et musulmanes, comme aux thermes de Jéricho de l'époque Omeyyade, qui imitent les thermes romains de Bet Shéan, avec des hypocaustes différents. On peut les dater du 7° ou 8° siècle mais la taille des fours à bois confirme qu'il y avait depuis les origines et jusqu'à cette époque de très grandes forêts autour de Nazareth, pour permettre le chauffage régulier de si grandes quantités d'eau. Ces forêts ont disparu à l'époque moderne, à cause d'un impôt sur les arbres imposé par un Sultan et de coupes systématiques pour alimenter les chemins de fer. Tout cela a changé en quelques décennies le climat et l'environnement qui est devenu désertique et rocailleux, mais il faut se représenter la Nazareth antique d'une toute autre manière. Comme un pays où vraiment « ruisselle le lait et le miel » comme dit la Bible. C'était le grenier d'Israël avec une terre très fertile. L'historien juif Flavius Josèphe, en témoigne dans sa relation de la Guerre des juifs : « La Galilée est, dans toute son étendue, grasse, riche en pâturages, plantée d'arbres variés, sa fécondité encourage même les plus paresseux à l'agriculture. Aussi le sol a-t-il été mis en valeur tout entier par les habitants : aucune parcelle n'est restée en friche. Il y a beaucoup de villes, et les bourgades mêmes sont si abondamment peuplées, grâce à la fertilité du sol, que la moindre d'entre elles compte encore quinze mille habitants » (Guerre des juifs 3,42-43)


ZENIT - Ce n'est pas l'idée qu'on se fait de Nazareth et de la Terre Sainte aujourd'hui !

O. Bonnassies - Nous nous faisons beaucoup de fausses idées ! Par exemple, dans l'Evangile, Nazareth est toujours appelée une ville, du grec "Polis", et non un village, du grec "Komé ", ce qui suppose déjà une certaine taille, entre 50 et 100 maisons d'après les estimations. Autre exemple, au niveau de la topographie : si les collines n'ont sans doute pas beaucoup bougé dans leur forme générale, la route qui longe la Basilique de l'Annonciation était jusqu'au XVIII° siècle un ravin dans lequel coulait un petit ruisseau. Autre idée reçue à corriger : tous les restes du 1er siècle retrouvés ici comme à Jérusalem montrent la qualité des constructions, des pierres taillées, des objets, qui sont la marque d'une civilisation très accomplie, loin des caricatures que l'on en fait parfois dans les images ou dans les films, qui montrent le peuple de Jésus et de Marie vivant comme des primitifs dans des taudis à peine construits ou dans la saleté.


ZENIT - Quel est le cœur du mystère de Nazareth ?

O. Bonnassies - Il faut venir le découvrir sur place, le demander aux habitants ou à la Sœur de l'accueil du couvent des Clarisses de Nazareth, qui en parle magnifiquement ! On peut dire avec elle que Dieu a choisi un lieu tout simple. Lorsqu'elle était jeune fille, et fiancée à Joseph, la Vierge Marie vivait heureuse, à Nazareth, dans cette petite ville de campagne, loin du monde, et sans autre désir qu'une vie très simple, sous le regard de Dieu, à l'écoute de sa Parole. Elle aurait été très heureuse de vivre toute sa vie ainsi, très simplement, à Nazareth, dans la prière, l'attente du Messie et la méditation des promesses faites à son Peuple. Mais Dieu l'a choisie, entre toutes les femmes, pour son projet éternel. C'est en cet humble lieu de Nazareth qu'il a voulu que se réalise l'attente de tous les siècles. C'est ici que l'Eternel a voulu entrer dans le temps et changer le cours de l'Histoire des hommes. Et c'est au Oui de Marie à son Oui qu'Il a voulu suspendre tout le salut du monde.


ZENIT - Nazareth reste donc à visiter ?

O. Bonnassies - Oui, c'est la ville de l'Incarnation, là où il y a le plus de chrétiens en Terre Sainte. Lors du dernier voyage du Saint Père Benoît XVI en Terre Sainte, c'est à Nazareth qu'il y a eu le plus grand engouement populaire et la joie la plus enthousiaste, parce que Nazareth est la ville de Terre Sainte où les chrétiens sont les plus nombreux, les plus présents et les plus vivants. Jean-Paul II lors de son passage en l'an 2000 avait fait aussi de sa visite à Nazareth, le 25 mars, le sommet de son pèlerinage, puisque le grand Jubilé célébrait le 2000ème anniversaire de l'Incarnation, ici, à Nazareth, dans le sein de la Vierge Marie. Comme Charles de Foucauld, nous avons tous besoin de revenir à Nazareth et d'y demeurer, pour grandir avec Jésus, entre Marie et Joseph, dans la simplicité, l'humilité et la louange.


ZENIT - Et où en est le projet Marie de Nazareth ?

O. Bonnassies - Le Centre international Marie de Nazareth devrait ouvrir ses portes fin 2010, mais la chapelle qui est située au sommet, sur les terrasses, avec une vue imprenable sur la Basilique, sera consacrée dès le 25 mars 2010, par le Patriarche Latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal accompagné de plusieurs évêques de Terre Sainte. C'est une manière de continuer à tout confier d'abord à la Providence de Dieu parce qu'il faudra encore beaucoup d'efforts et beaucoup de travail pour tout terminer !

Joie à Nazareth après la découverte d’une maison du temps de Jésus

Joie à Nazareth après la découverte d’une maison du temps de Jésus

Pourquoi cette maison a-t-elle été gardée et pas les autres ? s’interroge Mgr Marcuzzo

 


ROME, Jeudi 24 décembre 2009 (ZENIT.org) - La récente découverte d'une maison datant du temps de Jésus, à Nazareth, près de la grotte de l'Annonciation, réjouit les chrétiens de cette région. En même temps, ils s'interrogent : Pourquoi cette maison a-t-elle été conservée et d'autres, à côté, ne l'ont pas été ?

C'est la question que se pose Mgr Giacinto Boutros Marcuzzo, évêque auxiliaire et vicaire patriarcal pour Israël du patriarcat latin de Jérusalem, chargé en particulier de Nazareth, dans cet entretien à ZENIT. L'occasion aussi pour lui d'adresser, depuis Nazareth, tous ses vœux de fin d'année « à toute la famille de ZENIT, à tous les lecteurs, à tous les amis de ZENIT ».


ZENIT : Mgr Marcuzzo, quelle importance donnez-vous à la découverte pour la première fois, à Nazareth, d'une maison datant de l'époque de Jésus ?

Mgr Marcuzzo : Ce n'est pas tout à fait la première découverte du temps de Jésus, c'est peut-être la plus récente d'une habitation du temps de Jésus. Bien entendu, il y en avait d'autres, qui ont été malheureusement détruites au cours de l'histoire et nous savons que nous avons déjà la fameuse grotte de l'Annonciation qui était quand même une habitation, avec toutes les grottes qui étaient à côté. Donc, on peut toujours en visiter quelques unes. On a quelques restes aussi chez les sœurs de Nazareth autour de ce qu'on appelle le tombeau du Juste, traditionnellement connu comme le tombeau de saint Joseph, mais c'est peut-être légèrement plus tardif.

Les ruines de cette maison seraient, par contre, celles d'une maison datant vraiment du temps du Christ. Alors ça c'est le premier intérêt, absolument prioritaire. Deuxièmement, cette maison se trouve au centre de quatre endroits très bien connus. Donc cette maison a certainement été le passage de Jésus, de la Sainte Famille, de Marie de Nazareth, de saint Joseph, puisqu'elle se trouve à peine à quelques mètres, au maximum 100 mètres, de la grotte de l'Annonciation, autant de la grotte de saint Joseph ou de l'Eglise de Saint Joseph, presque autant de la fameuse synagogue du temps de Jésus, et aussi quelques 100 mètres, peut-être même un peu plus, du tombeau du Juste. Donc c'était un endroit central.

Troisièmement, l'intérêt de cette découverte, qui a été saluée avec un certain enthousiasme aussi par les archéologues israéliens eux-mêmes, et bien sûr par nous aussi, par l'association Marie de Nazareth, par le Chemin neuf qui est la communauté chargée de l'accueil de ce centre, c'est que cette maison a été conservée, gardée, alors que d'autres maisons à côté ont été détruites. Pourquoi celle-ci a-t-elle été conservée ? Ce fait suscite en nous des questions qui sont intéressantes. On n'a pas de réponse. Mais pourquoi a-t-on a gardé les murs de cette maison ? pourquoi celle-ci et pas d'autres à côté ?

Bien sûr, malheureusement d'un certain côté, mais heureusement d'un autre côté, en des temps ultérieurs par rapport aux temps primitifs, donc des premiers siècles, d'autres murs ont été élevés sur ce mur ou bien à côté de ce mur, durant la période Mamelouk par exemple. Pourquoi a-t-on voulu construire précisément sur ce mur ? Petit à petit, on aura peut-être des réponses.

Pour le moment, nous nous contentons de nous réjouir de cette découverte archéologique qui confirme vraiment l'existence, s'il y en avait besoin bien sûr, de Nazareth au temps du Christ.


ZENIT : Des spécialistes doutaient-ils encore de l'existence de Nazareth au temps de Jésus ?

Mgr Marcuzzo : Certains spécialistes disent que Nazareth n'existait peut-être pas au temps du Christ et que c'est seulement très tardivement que Nazareth aurait pris une certaine ampleur, une certaine considération. Or maintenant nous avons la preuve que non. On a des restes du temps du Christ, ce qui veut dire que Nazareth était un centre habité, que Nazareth existait bien. Mais pour nous c'est surtout une confirmation des endroits saints. La tradition qui continue.

C'est une petite preuve qui complète ce que nous connaissons déjà et qui est gardée par les franciscains depuis des siècles, par la tradition chrétienne locale.


ZENIT : Cette découverte permet-elle de déterminer enfin si Nazareth était un petit village ou une grande ville à l'époque de Jésus ?

Mgr Marcuzzo : Non, peut-être pas une grande ville mais un gros village. Notre découverte nous permet d'élargir un peu les espaces de ce village qui était probablement un gros village. Mais là aussi nous n'avons pas encore assez d'informations précises.


ZENIT : Mgr Marcuzzo, quels sont vos sentiments après cette découverte ?

Mgr Marcuzzo : Pour moi comme pour tous les chrétiens de Terre Sainte, et pour tous les amis de la Terre Sainte, elle est la confirmation que Nazareth existait bien. Mais derrière cette affirmation il faut bien sûr mettre un contenu. Et cette Nazareth, comme contenu, avait des événements de l'histoire du salut que nous connaissons bien : l'annonciation, l'incarnation, la sainte famille, la vie de Jésus pendant trente ans...

Deuxièmement, il y a pour moi aussi une considération ecclésiale : la communauté chrétienne qui, vous le savez, a toujours essayé de garder les lieux. Pourquoi cette maison a-t-elle été gardée ? Parce que pour la toute première communauté chrétienne du I, II et IIIème siècle, celle-ci avait une signification. Il y avait donc une communauté chrétienne qui a voulu maintenir, garder, animer et transmettre le message d'un lieu saint, et ce message aujourd'hui, nous Eglise de Terre Sainte, nous le retrouvons, nous le recueillons, nous le vivons et le continuons.

Cette considération ecclésiale qui n'est pas la plus petite, est pour moi, comme évêque, comme prêtre, de Terre Sainte, assez intéressante.

Enfin, cette découverte est certainement un encouragement pour le nouveau centre Marie de Nazareth qui est en train de se construire, car l'association française Marie de Nazareth a mis tout son cœur, tous ses efforts, tous ses moyens, pour préparer ce centre international Marie de Nazareth juste à côté de la Basilique de l'Annonciation, à côté du couvent des franciscains.

Cette petite découverte est certainement un grand encouragement pour le centre, pas simplement pour faire venir les pèlerins visiter l'archéologie mais pour montrer que ce lieu saint, ce centre, est bâti sur un lieu très historique, très ancien qui lui donne un intérêt encore supplémentaire.


ZENIT : Comment la nouvelle a-t-elle été accueillie sur place, à Nazareth ?

Mgr Marcuzzo : Nous sommes dans l'exultation et la joie de cette découverte qui , même si elle est petite, est quand même une confirmation de notre ancienneté, de notre enracinement dans cet endroit. Plus nous trouvons de l'archéologie qui montre la présence biblique et christologique, mariale ou ecclésiale, plus notre communauté, bien sûr, se sent encouragée par des preuves qui ne sont pas, dans ce cas-là, théologiques, mais archéologiques et qui ont besoin d'être précisées, déterminées.

Ceci est très important pour notre communauté, même pour les défis qu'elle doit affronter dans la vie de chaque jour et pour les grands défis qu'elle doit affronter aussi en Terre Sainte.


ZENIT : Et les habitants comment réagissent-ils ?

Mgr Marcuzzo : Il faut faire une petite distinction. Disons que le milieu israélien juif est absolument conquis par cette petite découverte. Car cette maison est une maison du temps de Jésus, donc une maison juive. On y a découvert aussi de la poterie, de la céramique et d'autres passages, d'autres signes, qui montrent bien la vie quotidienne d'un juif à Nazareth au temps de Jésus.

Tout ceci pourrait aussi révéler, mais là nous allons peut-être trop loin, quoique les archéologues en parlent, quelques étapes de l'histoire de la communauté juive de Nazareth. L'archéologue, la fameuse Yardenna Alexandre, nous a dit tout simplement que le trou qui était sous une maison était probablement une cachette, utilisée en l'an 69-70 au temps du passage de l'armée romaine quand il y a eu la rébellion contre les romains. Donc, la communauté juive locale regarde ça avec beaucoup d'intérêt.

Quant à la communauté musulmane, pour le moment celle-ci n'a pas encore été informée amplement, à part quelques uns qui l'ont bien sûr été. Mais la communauté musulmane est très contente du centre de Marie de Nazareth, donc tout ce qu'on trouve dans ce centre, qui donne une base biblique à ce que nous croyons et à notre histoire du salut, est apprécié par les musulmans. Car vous savez, les musulmans eux-mêmes se lient au projet de Dieu biblique du fameux enchaînement des prophètes. Donc, tout ce qu'on trouve de biblique va très bien, même pour les musulmans. Donc, je crois que cette petite découverte va être source de joie aussi pour notre communauté musulmane locale.


ZENIT : Noël approche. Comment sera-t-il célébré à Nazareth ?

Mgr Marcuzzo : Je crois que Noël est toujours la même fête de Noël et c'est toujours une fête nouvelle qui a un message nouveau. Cette année, nous sommes toujours dans l'atmosphère de la visite du pape. Et nous vivons encore le Noël de cette année dans le climat de cette visite, avec toutes les significations officielles bien sûr, mais surtout pastorales, spirituelles et bibliques qu'elle nous a données.

Mais nous vivons cette fête de Noël aussi à la lumière d'une béatification qui a eu lieu le 22 novembre dernier, comme vous le savez, d'une religieuse palestinienne de Jérusalem (Sœur Marie-Alphonsine) morte à Aïn-Kârim, la ville de la Visitation, qui a fondé les sœurs locales, palestiniennes, jordaniennes, du Moyen Orient, connues sous le nom de sœurs du saint-Rosaire de Jérusalem. Cette béatification a été pour nous un grand moment d'oxygène, de lumière, d'encouragement et d'animation de la communauté .

Et puis nous vivons toujours dans un moment de grand espoir, de foi, par rapport à la paix. Car la paix est notre grand problème en Terre Sainte. Que nous soyons en Palestine, directement intéressés à la question, que nous soyons en Israël, que nous soyons arabes ou juifs, que nous soyons étrangers, tout le monde est concerné par ce fameux problème de conflit, et donc de paix et de justice.

Nous souhaitons vraiment que cette fête soit une occasion pour trouver plus de paix, plus de chemins de paix, de voies de paix, et que l'on puisse, l'année prochaine, vraiment fêter une fête de la paix.

Malheureusement cette année, on ne peut pas dire que c'est pleinement une fête de paix puisque nous souffrons encore de ce problème qui nous dérange et dérange la population, les communautés, les familles, du matin au soir.

Nous avons vraiment besoin que les hommes de bonne volonté, que les responsables, les politiciens chargés des relations entre les peuples, se convertissent vraiment à la paix et qu'ils aient, comme dit notre patriarche dans son message de Noël cette année (cf. ZENIT du 23 décembre), le courage de la paix. Nous avons peur de la paix ! Ayons le courage de faire la paix. La paix est certainement toujours une aventure, un risque, mais qui mérite d'être risqué car de cette décision, de cette initiative, de cette paix, ne peut sortir que du bien.

Je souhaite à vous tous, et à toute la famille de ZENIT, à tous les lecteurs, à tous les amis de ZENIT, tous mes meilleurs vœux avec ma bénédiction de Nazareth. De la fenêtre de mon bureau, je regarde la basilique de l'Annonciation illuminée pour Noël et j'envoie une bénédiction toute spéciale en Marie et en Jésus à vous tous et à tous les croyants de bonne volonté.

Propos recueillis par Isabelle Cousturié

18:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nazareth, jesus, maison, noel, giacinto boutros marcuzzo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

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