31.03.2010

Haïti attend toujours sa reconstruction

Les Haïtiens ont besoin d’aide pour la reconstruction de leur pays meurtri par le séisme dévastateur du 12 janvier dernier. Plus de cent pays et plusieurs organismes internationaux doivent se retrouver, ce mercredi, au siège de l’ONU, à New York, lors d’une conférence internationale des donateurs pour Haïti. L’aide internationale stagne ; l’appel de fonds de l’ONU n’a été financé qu’à hauteur de 48%.

En ce qui concerne les propriétés de l’Église catholique, le grand séminaire interdiocésain de Port-au-Prince s’est complétement effondré. 80% des écoles catholiques, la cathédrale, l’archevêché, une cinquantaine d’églises, des chapelles, des presbytères, ainsi que les bâtiments de Radio Soleil et de Télé Soleil ont été détruits. Si la situation s’améliore lentement, par un certain retour des institutions de l’État, l’insécurité est toujours présente dans les rues. Quelque 4 000 prisonniers se sont échappés des prisons à la faveur du séisme. On ne compte plus les viols à la nuit tombée ! Beaucoup d’institutions catholiques, de presbytères, d’écoles, de couvents et de collèges ont été pillés.

 

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crédit : Katie Orlinsky/Caritas. 2010

 

Écoutez Mgr Dumas (photo), le président de Caritas Haïti : il nous livre son sentiment quant au plan de reconstruction gouvernemental: >>

Propos recueillis par Thomas Chabolle (Radio Vatican).

Les célébrations de la Semaine sainte

Nous sommes entrés dans la Semaine sainte, qui nous permet de suivre les dernières étapes de la vie du Christ, le mystère de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, sommet de la vie chrétienne.

 

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Une semaine qui nous pousse aussi à être plus attentifs aux détresses qui nous entourent, à réfléchir au sens de notre vie quotidienne, à accueillir l’Esprit de Dieu, avec une joie profonde et une espérance renouvelée.


À Rome, Benoît XVI présidera comme chaque année les rites liturgiques de cette Semaine Sainte qui nous conduisent au cœur du mystère du salut, du dessein providentiel d’amour conçu par Dieu pour sauver l’humanité.

Armance Bourgois (Radio Vatican): >>

 

Notez bien que ces célébrations sont à suivre intégralement et en direct sur ce blog (voir les lecteurs à gauche).

30.03.2010

Benoît XVI loue la fécondité du ministère de Jean-Paul II au cinquième anniversaire de sa mort

Benoît XVI s’est entretenu en privé, ce mardi, avec l’archevêque de Cracovie, le cardinal Stanisław Dziwisz, ancien secrétaire de son prédécesseur le Pape Jean-Paul II à qui il a rendu un nouvel hommage lundi soir, à quelques jours du cinquième anniversaire de sa mort. La messe a été célébrée avec quelques jours d’avance car le 2 avril coïncide cette année avec le Vendredi saint.

 

Orlando, FL Bishop Wenski Residence Lady of Czestochowa w Pope   John Paul II Faces

Copyright © 2004-2005 Conrad Pickel Studio, Inc.
Vero Beach, Florida


Devant quelque 5 000 fidèles et des prélats venus du monde entier, Benoît XVI a insisté sur la fécondité du ministère de Jean-Paul II, sur sa capacité de faire généreusement le don de soi, sans réserve, sans mesure ni calcul. Son affaiblissement physique – a-t-il noté – n’a jamais entamé sa foi solide comme un roc, son espérance lumineuse, sa charité fervente. Il s’est laissé consumer pour le Christ, pour l’Église, pour le monde entier : « il a vécu la souffrance jusqu’au dernier moment par amour et avec amour ». Le 2 avril, à 13h30, de jeunes Polonais et Italiens iront prier sur la tombe de Jean-Paul II dans la crypte de la basilique Saint-Pierre.



(Radio Vatican)

Une messe pour le cinquième anniversaire de la mort de Jean-Paul II

Benoît XVI a présidé, ce lundi soir en la Basilique Saint Pierre, une messe pour les cinq ans de la mort de Jean-Paul II, le 2 avril 2005.

 

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Il y a 5 ans, fin mars 2005, des milliers de fidèles réunis place Saint-Pierre assistaient aux derniers jours de Jean-Paul II. Depuis la messe de Pâques, le 27 mars 2005, au cours de laquelle le Pape était apparu plus que jamais éprouvé et souffrant, la presse italienne n’avait cessé de s’interroger sur l’état de santé du Pape, désormais incapable de s’exprimer. Trois jours plus tard, le directeur du Bureau de Presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, annonçait officiellement la pose d’une sonde gastrique afin d’aider le Pape à s’alimenter. Le 31 mars, en fin de soirée, une septicémie se déclara, accompagnée d’un arrêt cardiaque aggravant fortement l’état de santé de Jean-Paul II. Le lendemain, les problèmes respiratoires du Pape polonais s’aggravaient. Et ils ne feront que s’aggraver encore et encore... Le 2 avril, le Vatican, qui indiquait que Jean-Paul II était atteint d’une forte fièvre, reconnaissait la détérioration de son état de santé au fil de la journée. Dans la soirée du 2 avril, une nouvelle fois, un chapelet était récité par la foule sous les fenêtres du Pape. Au terme de cette prière, le substitut de la Secrétairerie d’Etat, Mgr Sandri, annonçait aux fidèles que Jean-Paul II venait de s’éteindre dans ses appartements privés, « à 21h37 ». Ce soir-là, la place Saint-Pierre fut occupée toute la nuit par des jeunes en prière, et la ville de Rome commençait à se préparer à l’afflux de centaines de milliers de pèlerins pour les funérailles.

 

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Écoutez Alain Vircondelet (photo), biographe de Jean Paul II: >>

 

Propos recueillis par Thomas Chabolle (Radio Vatican).

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Commentaire de l’Intention Missionnaire d'avril 2010

INTENTION MISSIONAIRE - “Pour que les chrétiens persécutés à cause de l’Evangile, soutenus par l’Esprit Saint, persévèrent dans le témoignage fidèle de l’amour de Dieu pour l’humanité entière” - Commentaire de l’Intention missionnaire d’avril 2010

 

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Rome (Agence Fides) – Le Seigneur a lui-même annoncé à ses disciples la persécution, qui a été une constante dans l’histoire de l’Eglise. Dans la mesure où les chrétiens sont fidèles au message du Christ, ils sont fréquemment persécutés, même par la violence physique. Il existe une dimension prophétique et d’appel à la conversion qui est inhérente à l’annonce de l’Evangile. Il est important de souligner que cette dimension prophétique de la foi ne doit pas être manipulée pour être mise au service d’idéologies étrangères à l’Evangile : il s’agit d’une prophétie directement liée à la foi et au message de salut que propose le Christ.

Dès le début de la prédication évangélique, nous rencontrons déjà dans la figure du Précurseur un modèle de fidélité à la vérité de Dieu, prêchée même au risque de sa vie. Saint Etienne est le second dans la longue liste des témoins du Christ, jusqu’à répandre son sang. On peut observer qu’un « fil rouge » parcourt toute l’histoire de l’Eglise, où la persécution et la croix ont toujours été présentes.

Nos frères qui souffrent dans leur chair la persécution, la prison, l’abandon et beaucoup d’autres souffrances, sont certainement pour nous un appel à sortir de notre confort et de la médiocrité qui porte fréquemment atteinte à nos vies. Quand croire au Seigneur Jésus commence à s’avérer commode, il y a quelque chose qui manque dans notre suite du Maître. Sans doute dans la société occidentale, d’autres techniques de persécutions sont habituellement utilisées, non pas physiques, mais morales, à travers le dénigrement de l’Eglise et de ses ministres, notamment du Saint-Père, par les moyens de communication. Dieu le permet parce que cela aussi sert à notre bien et à notre sainteté. En effet d’une part cela nous engage à faire un examen de conscience et à nous convertir, si réellement quelque chose ne va pas selon l’Evangile, de l’autre cela doit nous conduire à imiter nos frères persécutés. Ils nous donnent le témoignage d’une cohérence et d’une liberté qui ne se laissent pas intimider par les pressions du monde, tant morales que physiques. Si ceux qui croient au Christ, par peur des persécutions de tout type, taisent la vérité de l’Evangile, que ce soit dans le domaine de la défense de la vie humaine ou pour défendre la grandeur de la sexualité dans toute sa vérité, ou dans le domaine des injustices sociales, alors ils ont trahi leur foi.

Les chrétiens persécutés témoignent de la force de l’Esprit Saint. Le Paraclet soutient par la puissance de l’amour la faiblesse de ceux qui l’invoquent et croient sans réserve au Seigneur, de ceux qui sont disposés à tout quitter et à tout perdre pour le témoignage de la foi. Ils sont des témoins de l’amour qui vainc la violence, du pardon qui abat le mur de la vengeance, de la miséricorde qui conquiert par la force de l’amour les ennemis et les persécuteurs.

Nous pouvons affirmer que les chrétiens persécutés sont une source continuelle d’authenticité dans l’Eglise. Ils nous montrent par leurs souffrances la vérité de leur foi et de leur confiance en le Seigneur. Grâce à cette croix, acceptée avec paix et amour, l’Eglise se renouvelle dans l’authenticité et dans la fraîcheur d’un amour authentique pour le Christ crucifié, d’un amour disposé à tout donner et à tout perdre. Nos frères persécutés nous rappellent la vérité des paroles de l’Apôtre Paul : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, le danger, l’épée… ? Dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs grâce à Celui qui nous a aimés » (cf. Rm 8, 35-37).

Dans son Message pour la Journée missionnaire de 2009, le Pape Benoît XVI a écrit :

« La participation à la mission du Christ, en effet, caractérise aussi la vie des annonciateurs de l’Evangile, auxquels est réservé le même destin qu’à leur Maître. ‘Rappelez-vous de la parole que je vous ai dite : un esclave n’est pas plus grand que son patron. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuterons vous aussi’ (Jn 15,20). L’Eglise se place sur la même voie et subit le même sort que le Christ, car elle n’agit pas sur la base d’une logique humaine, ou comptant sur les raisons de la force, mais en suivant le chemin de la Croix, et en se faisant, en obéissance filiale au Père, témoin et compagne de voyage de cette humanité ». (n.4).

(Agence Fides 29/03/2010)

Dieu veut te parler - Lectures pour le Jeudi Saint

1ère lecture : L'agneau pascal (Ex 12, 1-8.11-14)


Lecture du livre de l'Exode

 

 

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Dans le pays d'Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
« Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l'année. Parlez ainsi à toute la communauté d'Israël : le dix de ce mois, que l'on prenne un agneau par famille, un agneau par maison.
Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l'agneau d'après ce que chacun peut manger. Ce sera un agneau sans défaut, un mâle, âgé d'un an. Vous prendrez un agneau ou un chevreau.
Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour du mois. Dans toute l'assemblée de la communauté d'Israël, on l'immolera au coucher du soleil.
On prendra du sang, que l'on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera.
On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.
Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c'est la Pâque du Seigneur.
Cette nuit-là, je traverserai le pays d'Égypte, je frapperai tout premier-né au pays d'Égypte, depuis les hommes jusqu'au bétail. Contre tous les dieux de l'Égypte j'exercerai mes jugements : je suis le Seigneur.
Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d'Égypte.
Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C'est une loi perpétuelle : d'âge en âge vous la fêterez. »




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29.03.2010

Attaques contre le pape : le décryptage du sociologue Massimo Introvigne

Sous le titre « Cosa c'è dietro gli scandali ? », le sociologue italien Massimo Introvigne (photo) démonte dans l’Osservatore romano le mécanisme de la « panique morale » entrepris par ceux qui veulent discréditer l’Église dans sa lutte contre la permissivité morale. Un document exceptionnel traduit par Liberté politique.

 

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On reparle de prêtres pédophiles, de rumeurs et d’allégations qui se rapportent à l'Allemagne, en persistant à tenter d'impliquer des personnes proches du Pape. Je crois que la sociologie a beaucoup à dire et ne devrait pas garder le silence par crainte de déplaire. Le débat actuel sur les prêtres pédophiles — considéré du point de vue du sociologue — est un exemple typique de « panique morale ». Le concept est né dans les années 1970 pour expliquer la manière dont certains problèmes sont l'objet d'une « hyperconstruction sociale ».

 

 

Panique morale

Plus précisément, la « panique morale » a été définie comme un problème socialement construit, caractérisé par une amplification systématique des données réelles, tant dans la représentation médiatique que dans le débat politique. D’autres faits saillants ont été cités comme typique de la « panique morale ». D’abord, les problèmes sociaux qui existent depuis des décennies sont reconstruits dans les médias et les discours politique comme des « nouveautés », objet d'une prétendue croissance spectaculaire récente. Deuxièmement, leur impact est amplifié par le folklore des statistiques qui, bien que non confirmées par des études scientifiques, se répètent d'un milieu à l’autre pour inspirer les campagnes médiatiques.

Philip Jenkins a souligné le rôle des entrepreneurs de « panique morale » dont les intentions ne sont pas toujours déclarées. La « panique morale » n'est bonne pour personne. Fausser la perception des problèmes compromet l'efficacité des mesures qui devraient les résoudre. Soyons clairs : la « panique morale » remplit à ses débuts les conditions objectives d’un réel danger. Pas en inventant l'existence d'un problème, mais en exagérant les données statistiques. Dans une série d'études précieuses, Jenkins a montré que la question des prêtres pédophiles est peut-être l'exemple le plus typique de « panique morale ». Ses deux éléments caractéristiques sont : un chiffre réel au départ, suivi d’une exagération de ces données par le truchement des ambigus « entrepreneurs moraux ».

 

 

Les chiffres

Tout d'abord, les chiffres réels. Il y a des prêtres pédophiles. Certaines affaires, à la fois scandaleuses et abjectes, ont abouti à des condamnations définitives, les accusés n'ayant jamais été innocentés. Ces affaires — aux États-Unis, en Irlande, Australie — expliquent les paroles sévères du pape et sa demande de pardon aux victimes. Même si ces affaires étaient seulement au nombre de deux — malheureusement, elles sont bien plus nombreuses — ce serait toujours deux affaires de trop. Mais puisque demander pardon — une démarche à la fois digne et nécessaire — ne suffit pas, nous devons intervenir pour que ces affaires ne se reproduisent pas, qu’elles soient deux ou deux cent vingt mille, qu’elles soient plus ou moins nombreuses chez les prêtres et les religieux catholiques ou dans d’autres catégories de personnes. Les sciences sociales sont souvent accusées de travailler sur des chiffres froids, mais elles n’oublient pas que derrière chaque chiffre il y a un être humain.

Les chiffres, bien que non suffisants, sont nécessaires. Ils sont la condition préalable d'une analyse adéquate. Pour comprendre comment on est passé d’une réalité tragique donnée à une « panique morale », il est nécessaire de se demander comment de nombreux prêtres sont devenus pédophiles. Les données les plus complètes ont été recueillies dans les États-Unis, en 2004, quand la Conférence des évêques catholiques a commandé une étude indépendante, au John Jay College of Criminal Justice, City University de New York, une université catholique reconnue comme la plus autorité académique aux États-Unis dans le domaine de la criminologie.

Cette étude nous apprend que, de 1950 à 2002, 4392 prêtres américains (sur plus de 109.000) ont été accusés de relations sexuelles avec des mineurs. Parmi ceux-ci, un peu plus d'une centaine ont été condamnés par les tribunaux civils. Le faible nombre de condamnations prononcées par l'État découle de plusieurs facteurs. Dans certains cas, les victimes réelles ou présumées ont dénoncé des prêtres déjà morts ou dont les faits étaient prescrits. Dans d'autres, l’accusation, y compris dans sa dimension canonique, ne relève pas de la violation d’une loi civile : c'est le cas, par exemple, dans plusieurs États américains, du prêtre qui a une relation avec un — ou plusieurs — mineur de plus de 16 ans consentants.

Mais il y a eu également eu nombreux cas sensationnels de prêtres accusés malgré leur innocence. Ces cas se sont en effet multipliés depuis 1990, certains cabinets d'avocats ayant obtenu des transactions en millions de dollars sur la base de simples soupçons. Lancer un appel à la « tolérance zéro » est justifié, mais il ne devrait y avoir non plus aucune tolérance pour ceux qui calomnient les prêtres innocents. Ajoutons qu’aux États-Unis, les chiffres ne changent pas de manière significative avec la période 2002-2010, l'étude du John Jay College parlant déjà du « déclin remarquable » des affaires de pédophilie dans les années 2000.

Les enquêtes depuis ont été rares, et il y a eu très peu de condamnations, en raison des mesures rigoureuses introduites tant par les évêques des États-Unis que par le Saint-Siège. L'étude du John Jay College dit-elle, comme on le dit souvent, que 4% des prêtres américains sont des « pédophiles » ? Pas du tout. Selon cette étude, 78,2 % des chefs d'accusation concernent des mineurs qui ont passé l’âge de la puberté. Avoir des relations sexuelles avec un mineur de dix-sept ans n'est certainement pas une bonne chose, encore moins de la part d’un prêtre, mais ce n'est pas de la pédophilie. Ainsi, les prêtres accusés de pédophilie aux États-Unis sont en fait 958 en 42 ans, soit 18 par an.

On compte 54 condamnations en un peu plus d'un an. Le nombre de condamnations de prêtres et de religieux dans d'autres pays a été semblable à celui des États-Unis, même si aucun pays ne dispose d’étude aussi approfondie que celle du Collège John Jay. On cite souvent un certain nombre de rapports gouvernementaux irlandais qualifiant d’« endémique » les abus dans les orphelinats et les internats (masculins), dirigés par des diocèses et des ordres religieux, et il ne fait aucun doute que les cas d'abus sexuel d'enfants ont été très sérieux.

L'examen systématique de ces rapports montre aussi que de nombreuses accusations portent seulement sur l'utilisation de moyens de correction excessive ou violente. Le soi-disant Rapport Ryan de 2009 — très ferme contre l'Église catholique — a examiné des internats et des orphelinats sur une période ayant recueilli 250.000 élèves, période où l’on a enregistré 253 accusations d'inconduite sexuelle sur des garçons et 128 sur des filles, toutes non attribuées à des prêtres, religieux ou religieuses, de nature et de gravité diverses, concernant rarement des enfants pré-pubères, et ayant encore plus rarement abouti à des condamnations.

 

 

Pseudo-découvertes

La controverse de ces dernières semaines sur les situations qui ont surgi en Allemagne et en Autriche, est typique de la « panique morale ». Ces affaires sont présentées comme de « nouveaux » faits, datant de nombreuses années, dans certains cas datant de plus de trente ans et en partie déjà connues. Le fait que — avec une insistance particulière pour ce qui touche la Bavière, d’où vient le Pape — on présente à la une des journaux des événements de 1980 comme s’ils s’étaient produits hier, avec des arguments spécieux, en concentrant les attaques sous la forme d’annonces quotidiennes de nouvelles « découvertes », montre bien comment la « panique morale » est orchestrée des « entrepreneurs moraux », de manière organisée et systématique.

L’affaire qui « implique le Pape » — comme certains journaux l’ont titré — [1] est caractéristique de la méthode. On s’intéresse à un prêtre de Essen, déjà coupable d'abus sexuel, qui a été reçu en 1980 dans l'archidiocèse de Münich et Freising, dont le pape actuel était l’archevêque. L’affaire est apparue en 1985 et a été jugée par un tribunal allemand en 1986, assurant, notamment, que la décision d’accueillir ce prêtre par l'archevêché n'a pas été prise par le cardinal Ratzinger, qui ne le connaissait même pas, ce qui n'est pas étrange dans un grand diocèse avec une bureaucratie complexe.

Qu’aujourd'hui, un journal allemand décide d’exhumer l'affaire pour en faire une actualité vingt-quatre ans après les faits, devrait interroger. La question troublante — pourquoi sembler sur la défensive plutôt que consoler les victimes — est moins importante que celle de savoir si la condition de prêtre catholique implique un risque de devenir pédophile ou d'abuser sexuellement des mineurs (les deux cas, comme on l’a vu, ne coïncident pas parce que l'agresseur d'un adolescent n’est pas un pédophile) et que ce risque est plus élevé que dans l’ensemble de la population.

 

 

Célibat ou permissivité, le vrai coupable

Répondre à cette question est cruciale pour découvrir les causes du phénomène pour ensuite le prévenir. Selon les études de Jenkins, si l'on compare au États-Unis l'Église catholique des grandes confessions protestantes, on découvre que la présence de pédophiles est — selon cette dénomination — de deux à dix fois plus importante parmi les membres du clergé protestant que parmi les prêtres catholiques. La question est pertinente car elle montre que le problème n'est pas le célibat : la majorité des pasteurs protestants sont mariés. Dans le même temps que des centaines de prêtres américains ont été condamnés pour abus sexuel de mineurs, le nombre de professeurs d'éducation physique et d’entraîneurs sportifs d'équipes de jeunes — dont la grande majorité sont mariés — reconnus coupables du même crime par les tribunaux américains, a approché les 6000.

Les exemples pourraient se multiplier, et pas seulement aux États-Unis. Selon des rapports réguliers du gouvernement des États-Unis, pour près des deux tiers des enfants victimes de violences sexuelles, les coupables ne sont pas des étrangers ou des enseignants — notamment des prêtres et des pasteurs — mais des membres de la famille : beaux-pères, oncles, cousins, frères et malheureusement, parents. Des données similaires existent dans de nombreux autres pays.

Bien qu'il soit politiquement incorrect de le dire, il y a un chiffre qui est beaucoup plus important : plus de 80 % des pédophiles sont des homosexuels, des hommes qui abusent d'autres hommes. Et — pour citer une fois de plus Jenkins — plus de 90% des prêtres catholiques condamnés pour abus sexuel de mineurs et pédophilie, sont homosexuels. Si l'Église catholique rencontre effectivement un problème, ce n'est pas sur le célibat, mais sur une certaine tolérance de l'homosexualité, surtout dans les séminaires des années soixante, quand on a ordonné alors la grande majorité des prêtres aujourd’hui reconnus coupables d'abus sexuels. C'est un problème que Benoît XVI corrige vigoureusement.

Plus généralement, le retour à la morale, l’ascèse, la méditation sur la vraie nature de la prêtrise et sa grandeur sont l'antidote à la tragédie de la pédophilie. Surtout en cette année sacerdotale […].

Les affaires douloureuses dont il est question ces dernières semaines ne sont pas toujours inventées, c’est juste un retour en arrière de vingt, voire trente ans. Pourquoi déterrer des affaires anciennes en 2010, des affaires connues, au rythme d'une par jour, des attaques de plus en plus directement tournées contre le Pape — des attaques, d’autant plus paradoxales quand on sait la très grande sévérité du cardinal Ratzinger, puis de Benoît XVI, sur ce sujet ?

Les « entrepreneurs de la morale » veulent organiser la panique, cela apparaît toujours plus clairement, et non mettre au centre la véritable protection des enfants. La lecture de certains articles montre comment un lobby très puissant tente de discréditer à l'avance la voix de l'Église sur l’accusation la plus infâme, pour qu’il soit maintenant, malheureusement, plus facile d'encourager ou tolérer la pédophilie.

Massimo Introvigne


© Osservatore romano, 18 mars 2010, traduction française Liberté politique.

libertepoltique.com


[1] Cf. Le Monde du 26 mars titre : « Pédophilie : le pape au cœur du scandale » (Ndlr).

En ce dimanche des Rameaux, Benoît XVI s'inquiète de la tension qui agite Jérusalem

En ce dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, Benoit XVI a présidé une messe solennelle sur le parvis de la basilique Saint Pierre précédée d’une procession.

 

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Le dimanche des Rameaux, qui rappelle l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, nous introduit dans la semaine Sainte qui précède la fête de Pâques.

 

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L’occasion pour le Pape de s’inquiéter une fois encore de la situation de tension qui prévaut à Jérusalem.

Bernard Decottignies (Radio Vatican): >>

28.03.2010

Le P. Cantalamessa aux prêtres : les scandales n´auront pas le dernier mot

Troisième prédication de Carême


ROME, Vendredi 26 mars 2010 (ZENIT.org) - Dieu invitait le prêtre Jérémie qui s'apitoyait sur son sort, à la conversion. Le Christ fait de même aujourd'hui avec ses prêtres. En cette période de crise provoquée par les révélations d'abus sexuels à travers le monde, le Christ rappelle au prêtre qu'il connaît ses « épreuves » et sa « pauvreté » mais que s'il « reste fidèle », il lui donnera « la couronne de vie ».

C'est ce qu'a affirmé en substance le P. Raniero Cantalamessa, ofmcap, prédicateur de la Maison pontificale, dans sa troisième prédication de Carême, prononcée ce vendredi matin, en présence du pape Benoît XVI et de la curie romaine, dans la chapelle Redemptoris Mater, au Vatican.

« Quelle est la réponse de Dieu au prophète et prêtre en crise ? Non pas 'Mon pauvre petit, tu as raison, comme tu es malheureux !' », mais « 'Si tu reviens, et que je te fais revenir, tu te tiendras devant moi ; si de ce qui est vil tu tires ce qui est noble, tu seras comme ma bouche » (Jr 15, 19). En d'autres termes : conversion ! », a déclaré le P. Cantalamessa.

Après avoir expliqué, dans les prédications précédentes, que le ministère sacerdotal est d'abord un don, une grâce, le prédicateur de la Maison pontificale a expliqué quel est le devoir, l'appel « qui jaillit de ce don ». Cet appel, c'est « la conversion ».

Il invite les prêtres à un examen de conscience, citant la Lettre de Benoît XVI pour l'indiction de l'Année sacerdotale dans laquelle le pape propose le saint Curé d'Ars comme modèle de pauvreté sacerdotale. « 'Il était riche pour donner aux autres, et bien pauvre pour lui-même'. Son secret, c'était 'de tout donner et de ne rien garder' », a-t-il expliqué.

Le P. Cantalamessa a mis en garde contre la tentation de l'argent, du confort, de s'approprier la foi et tout décider, au lieu d'être plutôt des « coopérateurs de la joie des gens ». Il a mis en garde contre la tiédeur en disant : « La tiédeur d'une partie du clergé, le manque d'ardeur et l'inertie apostolique : voilà, je crois, ce qui affaiblit l'Eglise, plus encore que les scandales occasionnels de quelques prêtres qui font davantage de bruit, mais contre lesquels il est plus facile de prendre des mesures ».

Le prédicateur capucin a rappelé que Dieu connaît les « épreuves » et la « pauvreté » du prêtre mais qu'il l'invite à la fidélité et à l'espérance car s'il « reste fidèle jusqu'à la mort » Dieu lui donnera « la couronne de vie » (Lettre de saint Paul à l'Eglise de Smyrne).

Il a poursuivi en expliquant que si le prêtre sait chercher l'approbation de Dieu et non celle des hommes « ce sera le monde qui cherchera (sa) faveur ».

« Je ferai de toi, pour ce peuple-là, un rempart de bronze fortifié », a-t-il déclaré en citant les paroles de Dieu au prophète Jérémie, et en ajoutant : «  cette parole s'adresse maintenant à vous, Saint-Père ». « Ils lutteront contre toi, mais ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi » (Jr 15, 19-20), a-t-il ajouté.

Il a poursuivi en soulignant que « le Christ souffre plus que nous de l'humiliation de ses prêtres et de l'affliction de son Eglise ». « S'il le permet, a-t-il dit, c'est parce qu'il connaît le bien qui peut en sortir, en vue d'une plus grande pureté de son Eglise. Si elle fait preuve d'humilité, l'Eglise sortira plus resplendissante que jamais de cette guerre ! L'acharnement des médias - nous le voyons aussi dans d'autres cas - finit à la longue par obtenir l'effet contraire à celui qu'ils désiraient ».

Il a conclu en rappelant que l'invitation du Christ : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai », s'adresse aujourd'hui à ses prêtres.

« Le plus beau fruit de cette année sacerdotale sera un retour au Christ, un renouvellement de notre amitié avec lui. Dans son amour, le prêtre trouvera tout ce dont il est humainement privé et 'cent fois plus', selon sa promesse », a-t-il affirmé.

Il a exhorté le prêtre à remercier Dieu pour son sacerdoce en disant : « Merci Seigneur, parce que un jour tu nous a séduits, merci parce que nous nous sommes laissés séduire, merci parce que tu nous donnes la possibilité de revenir à toi et tu nous rattrapes après chaque tentative de fuite. Merci parce que tu nous confies « la garde de tes parvis » (Za 3, 7) et tu fais de nous « ta bouche ». Merci pour notre sacerdoce ! »

Gisèle Plantec

Pour le texte intégral de la prédication du P. Cantalamessa, cliquer sur le logo Praedicatho:

 

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La femme africaine, un pilier de l'agriculture mal considéré

Ce sont les femmes qui assurent la subsistance des familles en Afrique. Cette affirmation se vérifie surtout dans le secteur agricole, le plus important de l’économie du continent.

 

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/media/images/rubrique-environnement/actualite-durable/recolte-du-riz-pres-de-tombouctou-au-mali/167319-1-fre-FR/recolte-du-riz-pres-de-tombouctou-au-mali_940x705.jpg

Récolte du riz près de Tombouctou, au Mali | 19/10/2007 |
© Atlantide Phototravel/Corbis

Les Africaines travaillent ainsi plus que les hommes. Elles assurent ainsi 70 % de la production vivrière et commerciale d’Afrique. Cette position prédominante dans le processus de production ne leur assure pourtant pas les mêmes droits qu’aux hommes. Elles ne peuvent pas hériter de la terre qu’elles cultivent par exemple.


Les différences entre sexes demeurent donc considérables notamment en matière d’échange de technologies ou d’allocation des terres. Pour lutter contre ces inégalités, les politiques sexospécifiques sont lentes à gagner du terrain. Pourtant, l’avenir de l’homme semble bien être la femme en Afrique.


Écoutez le témoignage d’Elisabeth Atangana, camerounaise et présidente de la plateforme régionale des organisations paysannes de l’Afrique centrale: >>

Propos recueillis par Lucas Duran (Radio Vatican)

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