28.08.2010
Etre humble ne veut pas dire être malheureux

A première vue, la leçon qui se dégage de ce passage de l’évangile est claire et simple ; mais à y regarder de près, il y a de quoi être ébranlé.
La première impression, c’est que c’est un plaidoyer en faveur de l’humilité et de la générosité : ne soyez pas imbus de votre importance en occupant les places d’honneur de votre propre initiative ; n’offrez pas l’hospitalité à ceux qui peuvent vous payer en retour.
Je ne dis pas que l’intention de Jésus n’était pas d’enseigner cela, et les pharisiens, si remplis de pompeuse vanité, tout comme nous, avaient certainement besoin de l’entendre, mais il s’agit ici de quelque chose de plus.
Il est intéressant de remarquer que Jésus ne dit pas : "Ne cherchez jamais à être honorés", ou : "Ne cherchez pas de récompense pour vos bonnes actions". C’est ce que les humanistes modernes nous diraient. La vraie vertu, disent-ils, suppose un détachement absolu, même du désir d’être heureux. En fait, certains philosophes modernes reprochent aux chrétiens même de vouloir faire le bien, car c’est en faisant le bien que l’on devient heureux.
Cette critique est totalement dépourvue de fondement. Nous ne pouvons pas tuer notre désir de parvenir à nous épanouir. Ce désir est inné, c’est Dieu qui l’a mis en nous, comme une boussole qui nous indique à tout moment le chemin qui conduit vers lui :
« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).
Le Christ ne condamne donc pas le désir naturel des honneurs et des récompenses, mais il l’élève. Il nous appelle à chercher la vraie récompense d’un bonheur durable qui est le fruit d’une vie d’amitié avec Dieu. Cela implique l’humilité, puisque seuls les humbles sont capables d’une amitié authentique. Nous devrions choisir « la dernière place » maintenant, en servant les autres tant que nous le pouvons, pour être élevés plus tard.
Il n’y pas plus réaliste que Jésus. Il connaît le cœur de l’homme (après tout, c’est lui qui l’a fait), et il cherche, non pas à l’étouffer, mais à le libérer.
L’humilité nous libère pour que les talents que Dieu nous a accordés puissent donner toute leur mesure, car l’humilité nous libère de la peur du qu’en dira-t-on. L’histoire de l’art, de la musique, abonde en exemples...
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18:13 Écrit par Père Walter dans Homélies 2009-2010 (année C) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bible, écriture, évangile, lectures, liturgie, dimanche, temps ordinaire, humilité, bonheur |
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