02/04/2011

Côte d'Ivoire : échos et analyses

cote-d'ivoire.JPGLa Côte d’Ivoire s’enfonce dans la guerre. Selon l’AFP, les tirs d'armes lourdes ont repris samedi matin à Abidjan autour des derniers bastions tenus par les combattants restés fidèles au président sortant Laurent Gbagbo. La capitale économique de la Côte d’Ivoire est livrée aux pillages alors que l'Onu parle de massacres à grande échelle dans l'ouest. L’organisation Human Rights Watch appelle le président reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, à empêcher ses forces de commettre des actes de représailles contre les partisans de son rival. 


De leur côté, l es militaires fidèles à Laurent Gbagbo ont appelé à la mobilisation des troupes pour la "protection des institutions de la République", dans un message lu sur la télévision d'Etat.

Retrouvez les interviews réalisées ces jours derniers par la rédaction :

Comment expliquer l’efficacité des forces d'Alassane Ouattara? L’éclairage d’Antoine Glaser, écrivain et journaliste spécialiste de l’Afrique : >> RealAudioMP3 

Il est interrogé par Thomas Chabolle (Radio Vatican).

Les actes de vengeance sont une des peurs de la population civile qui continue de fuir les combats. Des violences intercommunautaires auraient fait au moins 800 morts le 29 mars à Duékoué, ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire tombée le même jour aux mains des forces fidèles à Alassane Ouattara, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).


Nous avons joint le père Cyprien Ahouré, salésien, de la mission catholique de Duékoué. Il évoque une situation dramatique et réclame de l’aide pour faire face à cet afflux massif de déplacés : >> RealAudioMP3 

Des propos recueillis par Hélène Destombes (Radio Vatican)

Après deux jours de détention, le père Richard Kissi, directeur de la Caritas à Abidjan a été libéré ce jeudi. C'est ce qu'a annoncé l’ONUCI, la mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Après une intervention de l’ONU, le prêtre et les séminaristes ont retrouvé l’archevêché d’Abidjan où ils prennent actuellement du repos. Ils avaient été enlevés mardi par des membres du commando invisible, réputé proche d’Alassane Ouattara. On ne sait rien pour le moment des motivations des ravisseurs ni dans quelles conditions s’est déroulée la libération. Depuis 2002, c’est la première fois que la Caritas est prise pour cible dans cette crise sans fin, comme nous l’explique Marianne Le Gall-Diongue, chargé de projet partenariat avec l’Afrique de l’Ouest au Secours Catholique à Paris. RealAudioMP3 
Des propos recueillis par Xavier Sartre.

A l'audience générale, ce mercredi, devant des milliers de personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre, Benoît XVI a lancé un appel en faveur de la Côte d'Ivoire, théâtre d'affrontements violents entre les forces du président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara et celles du président sortant Laurent Gbagbo. Il a annoncé que le cardinal Peter Kodwo Turkson, président de la commission Justice et paix, se rendrait en Côte d’Ivoire prochainement afin qu’il manifeste sa solidarité et celle de l’Église universelle aux victimes du conflit, et encourage à la réconciliation et à la paix.

Écoutez l'appel du Pape : >>RealAudioMP3 

Un appel salué par les évêques ivoiriens. Interrogé par l’Agence Fides de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, l’archevêque d’Abidjan, Mgr Jean-Pierre Kutwa, a remercié le Pape au nom de tout l’épiscopat, en souhaitant que sa voix soit écoutée. Mgr Kutwa indique que la situation humanitaire échappe désormais à tout contrôle.

Monseigneur Alexis Touabli, évêque d’Agboville, près d'Abidjan, déplore cette violence mais ne voit aucun risque de dérapage en conflit interreligieux : >> RealAudioMP3 

Des propos recueillis par Marie-Angès Georges (Radio Vatican).


Texte de l'appel du Pape


"Depuis longtemps, a affirmé le Pape à l'audience générale, ma pensée va souvent aux populations de la Côte d’Ivoire, traumatisées par de douloureuses luttes internes et de graves tensions sociales et politiques.


Alors que j’exprime ma proximité à tous ceux qui ont perdu un être cher et souffrent de la violence, je lance un appel pressant afin que soit engagé le plus vite possible un processus de dialogue constructif pour le bien commun. L’opposition dramatique rend plus urgent le rétablissement du respect et de la cohabitation pacifique. Aucun effort ne doit être épargné dans ce sens".

Mais cette guerre est-elle légitime ?


Nous avons posé la question à Rinaldo de Pagne, chercheur à International Crisis Group : >>RealAudioMP3 

Des propos recueillis par Marie Duhamel (Radio Vatican)

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