16/04/2011

Dossier Vangheluwe : communiqué du Saint-Siège

roger vangheluwe.JPGRéponse du Père Lombardi, Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, aux questions des journalistes à propos de l’interview accordée par l’ancien évêque de Bruges, en Belgique, Mgr Vangheluwe :


« La déclaration des évêques belges exprime de manière efficace les sentiments de stupeur et de préoccupation suscités par l’interview accordée par l’ancien évêque de Bruges, Mgr R. Vangheluwe. De son côté le Saint-Siège suit attentivement la situation, en étant conscient de sa gravité et rassemble les éléments nécessaires en vue d’une évaluation approfondie ». 


Le Saint-Siège apporte donc son soutien à l'Église de Belgique et tient à indiquer de manière claire qu'il a conscience de la gravité de la situation.


En début de semaine, le Père Federico Lombardi, avait publié une mise au point à propos de la situation de l’ancien évêque de Bruges. Dans le cadre de la procédure concernant Mgr Roger Vangheluwe, expliquait le Père Lombardi, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a décidé – comme cela a déjà été communiqué par la Nonciature Apostolique à Bruxelles – que l’ancien évêque de Bruges devait quitter la Belgique et se soumettre à un traitement spirituel et psychologique. Durant cette période, il ne pourra pas exercer publiquement le ministère sacerdotal et épiscopal. Le traitement psychologique a été décidé par la Congrégation pour obtenir d’autres éléments de diagnostic et de pronostic utiles pour poursuivre et conclure la procédure canonique, en vue d’une décision définitive. Celle-ci demeure de la compétence de la Congrégation et devra être approuvée par le Saint-Père.


Cette décision tiendra évidemment compte des divers aspects du dossier, à commencer par la souffrance de la victime et les exigences de la justice. 


La procédure est donc encore en cours, et, en tout état de cause, la décision de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est à considérer comme une étape interlocutoire et non définitive.


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Il y a un an, Roger Vangheluwe, démissionnait de sa charge d’évêque de Bruges, à cause de faits de pédophilie dont il s’est rendu coupable durant des années. Récemment contraint par le Vatican à quitter la Belgique et à suivre un traitement psychologique et spirituel, l’ancien évêque a donné une interview controversée à la chaîne de télévision commerciale belge VT4. Il y reconnaît avoir en réalité abusé de deux de ses neveux, et non pas d’un seul. Mais surtout le prélat semble ne pas avoir pris toute la mesure de la gravité de ses actes, niant être pédophile, et ne semblant pas envisager son retour à l’état laïc. Cette interview a provoqué une avalanche de réactions scandalisées, notamment celle du ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, qui a appelé l'Eglise "à adopter les mesures qui s'imposent pour mettre fin au comportement irresponsable de l'ex-évêque", jugeant "particulièrement déplacé" son déballage télévisé, qui représente une "gifle à ses victimes".


Les évêques belges ont eux aussi réagi et exprimé toute leur désapprobation dans un communiqué. En voici le texte intégral :


“ Nous tenons à exprimer notre stupéfaction face à l’interview donnée par Roger Vangheluwe aux chaînes commerciales VT4 et VTM, le soir de ce jeudi 14 avril et souhaitons expressément nous en distancier. Nous sommes extrêmement choqués de la manière dont il minimalise et excuse les faits commis et les conséquences pour les victimes, leur famille, les croyants et plus largement toute la société. C’est inacceptable. Roger Vangheluwe ne semble toujours pas mesurer l’extrême gravité de ses actes.


Cette interview ne correspond aucunement à ce qui lui a été demandé par Rome. Nous lui faisions confiance concernant son retrait dans le silence à l’étranger en vue d’une réflexion sur ses actes et du suivi du traitement spirituel et psychologique imposé par Rome.


Cette interview est extrêmement blessante pour les victimes, leur famille et tous ceux qui sont confrontés à la problématique de l’abus sexuel. Pour les fidèles aussi, elle est une gifle. Tout comme nous, ils sont indubitablement désespérés et déconcertés.


Le ton de l’interview est en totale contradiction avec les efforts entrepris ces derniers mois pour prendre au sérieux la problématique de l’abus sexuel, écouter les victimes et déterminer les mesures adéquates.”



Bernard Decottignies a joint par téléphone Mgr Harpigny, évêque de Tournai et référent pour l’Eglise de Belgique du côté francophone pour les affaires d’abus sexuels. Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

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