05/06/2011

L'Europe risque la régression si elle se ferme à la transcendance

pape zagreb.JPGBenoît XVI est allé à la rencontre de la société civile, ce samedi soir à Zagreb, il s’est adressé aux « milieux qualifiés de la société croate et au Corps diplomatique » - communautés religieuses, institutions politiques, scientifiques et culturelles, secteurs artistique, économique, et sportif - un rendez-vous qui figure généralement au programme de ses visites en Europe. L’occasion pour le Pape de souligner les enjeux de l’avenir des sociétés européennes. 


Écoutez le compte-rendu de Thomas Chabolle (Radio Vatican) : >> RealAudioMP3 

La rencontre, temps fort de ce court déplacement, s'est déroulée dans un lieu symbolique pour l’identité nationale et culturelle de la Croatie, le théâtre national de Zagreb. Parmi les personnalités présentes : le métropolite de Zagreb, de l'Église orthodoxe serbe, le grand rabbin de Croatie et le chef de la communauté musulmane de Croatie.


Benoît XVI avait choisi comme thème central de son discours, celui de la conscience, fondamental pour une société libre et juste, la conscience « clé de voute pour l’élaboration culturelle et pour la construction du bien commun ». Et c’est un diagnostic sans complaisance que le Pape a établi en analysant « la crise de l’Occident ».


En Europe, selon lui, on constate que les grandes conquêtes de l’époque moderne - la liberté de conscience, les droits humains, la liberté de la science - risquent de s’auto-annuler si la raison et la liberté se ferment à leur fondement transcendant. La qualité de la vie sociale et civile, la qualité de la démocratie dépendent en bonne partie de ce point « critique » qu’est la conscience. Si celle-ci est réduite au domaine du subjectif, où sont reléguées la religion et la morale, la crise de l’Occident n’a pas de remède et l’Europe est destinée à la régression. Si au contraire la conscience est redécouverte comme lieu de l’écoute, de la vérité et du bien, lieu de la responsabilité devant Dieu et devant les frères en humanité alors il y a de l’espérance pour l’avenir. 


Le Pape a alors rappelé que c’est dans la formation des consciences que l’Église offre à la société sa contribution la plus personnelle et la plus précieuse. Elle enseigne la logique de la gratuité, le sens de la communauté fondée sur le don, non sur l’intérêt économique ou sur l’idéologie, mais sur l’amour…. pour la construction d’une cité qui soit accueillante et hospitalière, et en même temps qui ne soit pas vide, ni faussement neutre, mais riche de contenus humains, à la forte consistance éthique. Et Benoît XVI a insisté une fois encore sur l’urgence de rappeler les racines chrétiennes de nombreuses institutions européennes, ne serait-ce que pour la vérité historique, et de les valoriser dans la société actuelle. 

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