16/08/2011

JMJ 2011 : entre records d'inscriptions et polémiques injustifiées

welcome to madrid.JPGLes JMJ 2011 ont démarré. Le monde entier se retrouve à Madrid. Des centaines de milliers de jeunes des cinq continents ont déjà envahi le centre de la capitale espagnole qui accueille ce grand rassemblement international, le 3ème depuis le début du pontificat de Benoît XVI, après Cologne en 2005 et Sydney en 2008 ; six jours de prière, de catéchèses, mais aussi de spectacles, de culture et de fête.

En attendant l’arrivée du Pape jeudi, le coup d’envoi - une messe en plein air ce mardi soir - a été confié à l’archevêque de Madrid. Ce dernier a souhaité placer la messe d’ouverture sous le patronage du fondateur des JMJ, le Pape Jean-Paul II ; il a demandé par ailleurs que des prières soient dites pour les victimes des guerres, pour les jeunes de Terre Sainte et pour les femmes contraintes d’avorter.


Quelques activités sont déjà en place, notamment dans le parc du Retiro, où se tient entre autres une foire des vocations. 200 confessionnaux y ont été installés. 450.000 jeunes se sont inscrits officiellement aux JMJ mais les organisateurs prévoient au moins un million de participants d’ici dimanche, peut-être davantage. Les plus nombreux sont les Italiens, suivis des Espagnols et des Français. Les pays d’Afrique et d’Asie, en revanche, seront sous-représentés, même si un fonds de solidarité alimenté par des contributions des pèlerins a permis à 10.000 jeunes des pays du Sud de faire le voyage. 20.000 volontaires se sont éparpillés dans toute la ville, notamment dans les transports et les lieux fréquentés par les participants. L’affluence de voyageurs dans le métro a déjà augmenté de 43%. Plus de 10.000 agents des forces de l’ordre sont mobilisés. Les tonnes de chapelets, fabriqués en Equateur, s'épuisent déjà, et parmi les objets les plus vendus figurent les gadgets à l’effigie de Benoît XVI.

La parole du Pape est très attendue dans un contexte de crise économique et spirituelle. Sur le thème "Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi", ces JMJ lui permettront de délivrer aux jeunes un message d'encouragement et d'engagement pour la justice et l'éthique dans une époque de désenchantement social et de chômage. A son arrivée à Madrid, jeudi à la mi-journée, Benoît XVI sera accueilli par le roi Juan Carlos. Le Pape passera quatre jours dans la capitale espagnole. Il regagnera dimanche soir la résidence estivale de Castelgandolfo, après la messe finale concélébrée par 60 cardinaux et 800 évêques.

Même si les rapports ont toujours été difficiles depuis 2004 entre l’Église et le gouvernement Zapatero, notamment autour de thèmes tels que le mariage homosexuel, l’avortement, l’euthanasie et l’enseignement de la religion, les autorités locales ont tenu à prendre leurs distances par rapport aux contestations que soulève cet événement. Le maire de Madrid s’est notamment insurgé contre les polémiques suscitées par le prétendu coût de la manifestation. De vives critiques ont été émises, en effet, contre la "démesure" de certaines installations, qui grèveraient les budgets des régions et des municipalités. Le mouvement populaire des Indignés a prévu de se réunir ce mercredi pour protester, avec des associations laïques, contre l’argent dépensé pour la visite du Pape.


En réalité les JMJ seront à coût zéro pour les contribuables : les pèlerins assument 70% des frais et les sponsors privés le reste, tandis que l’affluence qu’elles entraînent devrait rapporter, selon le maire de Madrid, au moins 100 millions d’euros aux entreprises et commerces. 1600 restaurants et boulangeries sont habilités à fournir les repas des pèlerins, et profiteront ainsi directement de l’événement.


Une autre polémique est également soulevé par ces JMJ : un groupe a demandé à la conférence épiscopale de profiter de l'évènement pour condamner publiquement le régime de Franco.

 

(Radio Vatican)

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