16/10/2011

'L’Esprit Saint est le moteur de l’Evangélisation': entretien avec le Père Vito del Prete, Secrétaire général de l’Union pontificale missionnaire

evangelisation, esprit saint, omnis terra, internet,concile, vatican ii, mission, argent, evangile, paolo manna, union missionnaire du clerge, vito del prete, pime, upm, agence fides, Cité du Vatican (Agence Fides) – « L’Evangélisation aujourd’hui doit faire confiance à l’Esprit Saint qui est le moteur de la mission et non pas tant aux moyens humains tels que l’argent. Si, dans le cadre de la mission, la mentalité qui prévaut est celle qui veut s’en remettre à l’argent, l’Evangile ne fera pas un pas en avant : c’est ce que rappelait déjà le Bienheureux Père Paolo Manna, fondateur de l’Union missionnaire du Clergé : c’est en ces termes provocateurs que le Père Vito del Prête, PIME, Secrétaire général de l’Union pontificale missionnaire (UPM), intervient au cours du Mois missionnaire dans le cadre d’un entretien accordé à l’Agence Fides, traçant les grandes lignes de l’avenir de l’animation et de la formation missionnaire dans le monde.


Quelles sont les racines de l’œuvre de formation et d’animation que réalise l’UPM ?


L’UPM naît au cours des premières années du siècle passé suite à la crise de l’Evangélisation grâce à une intuition du Bienheureux Père Paolo Manna, PIME. Celui-ci se plaignait du fait que la mission ad gentes constituait « une affaire marginale de l’Eglise, confiée seulement à un petit groupe de courageux missionnaires. Le Père Manna voulait que la missio ad gentes devienne une urgence pour toute l’Eglise et il interpellait au premier chef les Evêques et les prêtres. Tant que ceux-ci ne seront pas formés à la mission, passionnés par l’annonce du Royaume de Dieu, disait-il, l’Evangile ne fera pas un pas en avant. Il pensa ainsi instituer l’Union missionnaire du Clergé (qui devint par la suite l’UPM) avec pour mission spécifique de prier, d’animer et de former le clergé dans un sens missionnaire. Si les Pasteurs ont la passion missionnaire, le peuple de Dieu l’aura également.


Comment se déroule aujourd’hui le travail de l’œuvre ?


L’intuition du Père Manna est encore valide aujourd’hui malgré les proclamations et les documents du Concile Vatican II qui a souligné combien toute l’Eglise est missionnaire. Quelques expériences positives existent : des prêtres et des laïcs fidei donum et un fort mouvement laïc missionnaire. Mais la nécessité d’animer les Pasteurs afin qu’ils se convainquent du fait que la vocation au sacerdoce ministériel et à l’épiscopat est essentiellement missionnaire demeure. L’Eglise ne devient pas missionnaire mais elle l’est de par sa constitution. Il faut dire qu’après un moment d’enthousiasme qui a suivi Vatican II, on a enregistré un moment de stagnation, si bien que le Bienheureux Pape Jean Paul II a parlé de « crise de la mission », due à différents facteurs : la nouvelle culture, le relativisme, la crise d’identité du monde occidental mais en substance à une crise de la foi.


Quels sont les défis principaux au sein de cette œuvre sur les différents continents ?


Former les Pasteurs est la priorité absolue. Les jeunes Eglises, desquelles repart la vitalité du Christianisme aujourd’hui, le demandent. L’Afrique, bénie au travers d’une floraison notable de vocations, n’a pas encore une tradition en matière de formation missionnaire et manque de formateurs qualifiés. Et en Afrique, les Pasteurs sont une référence non seulement pour la communauté ecclésiale mais également pour l’ensemble de la communauté civile. L’Asie est mieux équipée, avec du personnel qualifié pour la formation mais dans certains pays, les Eglises locales doivent se contenter de se que permettent les gouvernements : le Laos, la Corée du Nord, la Birmanie, la Chine continentale n’accordent pas de visas d’entrée à du personnel extérieur pouvant aider à la formation. L’Amérique latine souffre en revanche non pas tant du manque de spécialisations universitaires mais parfois des lacunes affectant le témoignage chrétien, lacunes qui en minent la crédibilité.


Quels instruments de formation utilise l’UPM ?


L’UPM, qualifiée d’âme des autres Œuvres pontificales missionnaires (OPM), offre une spiritualité apostolique à toutes les activités d’Evangélisation. L’Evangile progresse grâce à l’Esprit Saint et non pas grâce à l’argent. L’UPM fait en sorte que le travail des autres Œuvres ne soit pas simplement une action d’administration. Nous organisons des cours destinés aux formateurs, aux Evêques, aux prêtres, aux théologiens qui arrivent du monde entier au Centre international d’animation missionnaire (CIAM), à Rome. Nous assurons également la promotion de semaines de formation dans les différentes Eglises locales. Un autre instrument à notre disposition est constitué par la revue « Omnis Terra », s’adressant à tous les responsables de l’Evangélisation et un Cours d’études sur la mission, fait de fascicules, que nous voudrions rendre rapidement disponible sur Internet. (PA) (Agence Fides 15/10/2011)

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