21/03/2012

Toulouse : Juifs et Musulmans rejettent l'amalgame entre l'islam et le terrorisme

toulouse.JPGMoins de 48 heures après la fusillade de Toulouse, le tueur présumé a été localisé dans une zone résidentielle non loin de l'école juive d’Ozar Hatorah. Une opération de l’unité d’élite de la police est en cours pour l’interpeller. L’homme de 24 ans est retranché dans un pavillon, il se revendique d’Al-Qaeda et dit avoir voulu venger les enfants palestiniens. 


Les représentants juifs et musulmans de France ont immédiatement mis en garde contre les amalgames entre religion et violence. Le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, a déclaré que les tueries de Toulouse et Montauban étaient "en contradiction totale avec les fondements" de l'islam.


"Les musulmans de France sont offensés par cette revendication d'appartenance à cette religion" par le suspect, a déclaré le responsable musulman avant d'être reçu par le président Nicolas Sarkozy en même temps que le président du Conseil représentatif des institutions juives, Richard Prasquier. A leur arrivée à l'Elysée avant cet entretien, les deux représentants musulman et juif ont rejeté côte à côte tout "amalgame" entre l'islam de France et l'islamisme dont se réclamerait le suspect. "Notre venue ensemble" montre "un chose capitale: il est absolument exclu de faire l'amalgame entre ce personnage et la mouvance islamiste jihadiste, al-qaïdiste qu'il représente et l'islam de France, qui est une religion comme toutes les autres religions", a dit M. Prasquier. "Parmi les ennemis de cet homme, il y a justement les musulmans de France", a-t-il ajouté. "Cela étant, il faut éviter toute complaisance à l'égard de ces mouvances qui représentent vraiment un danger pour notre République", a ajouté M. Prasquier (avec AFP) 

L'Autorité palestinienne rejetait également ce matin toute justification de la tuerie de Toulouse par le sort des enfants palestiniens. "Il est temps que ces criminels arrêtent de revendiquer leurs actes terroristes au nom de la Palestine et de prétendre défendre la cause de ses enfants, qui ne demandent qu'une vie décente, pour eux-mêmes et tous les enfants du monde", a affirmé le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, dans un communiqué de ses services.

"L’horreur de cet acte, comme l’abjection des assassinats des parachutistes à Montauban et à Toulouse ces derniers jours, incite les chrétiens à s’unir aux familles et aux différentes communautés touchées par ces événements, dans la prière". C'est le message du Conseil des Eglises chrétiennes en France qui affirme partager la douleur de la communauté juive après la fusillade meurtrière. Le CECEF exprime toute sa solidarité aux familles des victimes, aux élèves et aux enseignants de l’établissement scolaire. "Que la concorde ne soit pas ébranlée par ces actes d’une extrême violence. Gardons-la fermement enracinée dans les valeurs de respect et de fraternité, fondements de la société française" poursuit ce message envoyé au soir de la tragédie.

Lundi soir, le Saint-Siège avait condamné fermement cette attaque. Le père Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint Siège avait déclaré : "L'attentat de Toulouse qui est à l’origine de la mort d’un enseignant et de trois enfants juifs est un acte horrible et ignominieux, qui s’ajoute à d’autres actes récents de violence absurde qui ont touché la France. Cet acte suscite une profonde indignation et la plus ferme condamnation et exécration notamment pour l’âge et l’innocence des jeunes victimes et parce que cela s’est produit dans une institution éducative juive pacifique. Comme l’a déjà affirmé l’archevêque de Toulouse, nous exprimons aux familles des victimes et à la communauté juive notre plus vive participation, notre préoccupation pour ce fait horrible et notre solidarité spirituelle la plus profonde." 

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