28/03/2012

Urgence humanitaire au Sahel : 12 millions de personnes menacées

sahel.jpegLes agences Caritas du « groupe de travail sur le Sahel », réunis à Bamako au Mali ne cachent pas leur inquiétude : une nouvelle catastrophe humanitaire couve dans les pays du Sahel.

Benoît XVI avait déjà appelé à la mobilisation de la communauté internationale. La Caritas se fait aujourd’hui l’écho de cette sollicitation. L’heure est à l’action et à l’intensification des aides en faveur des populations du Sahel. Douze millions de personnes y seraient actuellement menacées, un chiffre qui pourrait bien doubler en cas d’absences de mesures immédiates et efficaces.


Le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, le Tchad dans une moindre mesure, et le Mali, encore plus fragilisé par un récent coup d’Etat, sont les pays directement touchés par la famine et la sécheresse.

Les dangers naturels, auxquels sont exposées les populations, -désertification galopante, carences d’eau-, sont encore exacerbés par l’instabilité politique chronique de cette région. Les guerres sporadiques qui y éclatent poussent les populations, réduites à une extrême pauvreté, à émigrer vers les pays limitrophes.

Pour le frère Albino Vezzoli, religieux des Frères de la Sainte Famille, congrégation missionnaire présente depuis plusieurs décennies en Afrique de l’Ouest, les raisons de cette catastrophe sont multiples : « les changements climatiques, dont les responsables sont les pays industrialisés, rendent aléatoires les précipitations ; la désertification, poursuit-il, est quant à elle, la conséquence directe d’un siècle d’agriculture intensive imposé par le colonialisme européen (…) ». Ajoutées à cela, les guerres civiles qui sévissent en Somalie ou au Soudan, et qui génèrent de fait une instabilité certaine.

Que doit-on craindre en cas d’inaction ? Selon le frère Vezzoli, « la mort, par dénutrition et déshydratation, de douze millions de personnes, surtout des femmes et des enfants ; l’irrésistible exode des masses vers les pays voisins et l’Europe ; l’expansion du Sahara vers la Méditerranée, et le Sud du continent ; la disparition définitive de peuples entiers, de civilisations, de faune et de flore unique ». Les tragédies humaines nées de cette situation, dont est témoin quotidiennement le frère Vezzoli, ne cessent de se multiplier, et la violence a force de loi.

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