03/04/2012

Les conversions au christianisme fleurissent en Iran

iran.conversions.JPGEn Iran, le nombre de musulmans qui se convertissent au christianisme explose ; il y a 40 ans, les chrétiens d’origine musulmane était estimé à 400, aujourd’hui, il seraient pas moins de 370 000. Une information révélée par l'ONG protestante américaine Portes Ouvertes. La croissance est particulièrement flagrante dans les villes, où les programmes télévisés chrétiens jouent un rôle important dans ce développement. Selon l’ONG ce phénomène est particulièrement répandu parmi les jeunes générations. 

Le vaticaniste italien Marco Tosatti, qui reprend l'information sur le site Vatican Insider, évoque le témoignage de prêtres et religieux en voyage au Moyen Orient et dans la péninsule arabique. De plus en plus, ceux-ci sont contactés dans les zones « extraterritoriales » des aéroports par des jeunes qui leur posent des questions et désirent entrer en contact avec des religieux chrétiens. 


Marco Tosatti relève par ailleurs un renouveau d’intérêt pour le zoroastrisme, une religion monothéiste antérieure à l'Islam, perçue par les jeunes comme "ni arabe, ni nationale, ni perse".

Ce phénomène de conversions massives concernerait surtout les confessions protestantes non traditionnelles : un mouvement d’Églises domestiques qui aurait engendré de nombreux rassemblements secrets, en particulier dans les grandes villes. Selon les agences de presse, rien qu’à Téhéran, la demande de Bibles se monte à 5000 par mois. Grâce aux émissions télévisées par satellite et à internet, on estime que 90 % de la population iranienne peut avoir accès aux programmes chrétiens. 

Une situation que le gouvernement iranien tente de contrer. Le pays est classé au cinquième rang de l’index publié par Portes Ouvertes sur les pays considérés comme les plus repressifs envers les chrétiens dans le monde.

Dans son article, Marco Tosatti souligne aussi que la montée du christianisme en Iran est notamment liée au fait que les Iraniens prennent conscience du visage réel de l’islam, religion officielle du pays ; la population se méfie du gouverment et des leaders, après les élections truquées de 2009 où Mahmoud Ahmadinejad a été reconfirmé à la présidence.

Le président de Portes Ouvertes, Car Moeller, estime quant à lui que le phènomène ne se limite pas seulement à l’Iran : "dans tout le Moyen Orient, affirme-t-il, l’Église « invisible » granditInvisible parce que le passage de l’Islam au christianisme est dangereux , pour ne pas dire impossible dans cette région. Les « Hommes et femmes en raison de la situation spirituelle dans laquelle ils vivent, se tournent vers la foi en Jésus-Christ, un choix qui peut leur fait courir des risques mortels" précise t-il. 

Pour tenter d'enrayer ce phénomène, le gouvernement iranien a decidé d’interdire les cultes et messes en langue vernaculaire et de n’autoriser que les langues liturgiques des Églises officiellement tolérées comme l’arménien.

Le « Farsi Christian News Network » (FCNN), un portail d'information sur les chrétiens iraniens, affirme que les fonctionnaires du Tribunal islamique ont mis en garde les responsables anglicans : s’ils continuent à célébrer en farsi le vendredi, jour sacré pour les musulmans, leur église sera bombardée « comme cela arrive en Irak tous les jours ». Le FCNN précise que deux autres églises qui faisaient des services religieux en langue locales, ont été contraintes à renoncer. De la même manière, les leçons du samedi et la catéchèse pour les nouveaux chrétiens ont été interdites, alors qu’elles se tenaient depuis des décennies sans aucune limitation officielle, de la part des Assemblées de Dieu à Téhéran. Le ministère de la Sécurité de l’Etat, dont dependent ces décisions, n’a pas voulu commenter ce changement de politique.

Ispahan, la 3è ville du pays, est depuis quelque semaines le symbole de la répression du pouvoir iranien. Sept leaders chrétiens ont été récemment arrêtés et leur materiel religieux, ordinateurs et autres documents confisqués. 


(Radio Vatican)

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