08/05/2012

La personne n'est pas une marchandise : un congrès contre la traite à Rome

esclavage.JPGLe trafic des personnes est l’activité illégale la plus lucrative dans le monde après le commerce illégal des armes et implique 2,4 millions de personnes par an : un défi de taille pour la communauté internationale. La question a été abordée lors d’une conférence internationale ce mardi à Rome, organisée par la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, sous les auspices du Conseil pontifical Justice et Paix, et avec la participation du Conseil pour les Migrants et les personnes en déplacement. 70 personnes environ venues d’une vingtaine de pays : des officiers de police, des diplomates, des humanitaires, des religieux, unis pour lutter contre ce fléau.


Romilda Ferrauto (Radio Vatican) : >> RealAudioMP3 

Pour eux, l'Occident c'est l'Eldorado où ils pourront mener une vie meilleure. Des trafiquants sans scrupules se chargent de les tromper : au Nigéria, en Moldavie, en Thaïlande, en Albanie…. ils promettent monts et merveilles, procurent les permis nécessaires et demandent à être remboursés une fois sur place. C’est le début de l’enfer : la prostitution, pour les uns, l’endettement à vie pour d’autres, le travail forcé, l’exploitation domestique. Privés de leurs papiers, logés dans des lieux insalubres, dans un environnement étranger, parfois hostile, ils tombent sous l’emprise économique et psychologique des trafiquants et finissent par perdre jusqu’à leur identité. 


La traite des êtres humains est une activité criminelle qui génère des profits estimés à 32 milliards de dollars par an. La moyenne d’âge des victimes est de 25 ans. Elles ont peur de s’adresser aux autorités officielles. Les ONG et les responsables religieux sont souvent leur premier contact, désormais reconnus comme des partenaires de choix. Le but de la conférence de Rome était d’ailleurs d’intensifier la collaboration entre l’Eglise catholique et la justice et de mettre en place une stratégie de prévention. Car il ne suffit pas de libérer les victimes des entraves de l’esclavage, encore faut-il les accompagner sur le long chemin de la réintégration et de la réhabilitation, et protéger les migrants, exposés à de nombreux risques. Pour les experts, il est essentiel d’agir en amont : les injustices, la pauvreté et le sous-développement, c’est le terreau sur lequel prospèrent tous les trafics. Ce combat passe aussi par la promotion de la dignité humaine et par un travail d’éducation en profondeur. La personne - a souligné le cardinal Turckson, président du Conseil pontifical Justice et Paix - n’est pas une marchandise corvéable à merci. 

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