23/05/2012

L'Eglise engagée en faveur d’une couverture de santé universelle

1_0_590335.jpegMgr Zygmunt Zimowski, chef de la Délégation du Saint-Siège à la 65e Assemblée mondiale de la santé, qui se tient actuellement à Genève, rappelle l’engagement de l’Église en faveur d’une couverture de santé universelle. Dans un discours prononcé ce mercredi, le Président du Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé, a reclamé un effort supplémentaire de la part de la communauté internationale en matière de couverture sanitaire, notamment en soutenant les institutions sanitaires de l’Église. Il en existe 120.000 dans le monde a affirmé le prélat. L’Église catholique constitue ainsi dans de nombreux pays pauvres, un partenaire significatif de l’État dans la fourniture de services de santé. Elle opère aussi dans les régions éloignées, en faveur des couches les plus défavorisées de la population, mettant ainsi à leur disposition des prestations sanitaires qui, sans cette aide, seraient hors de leur portée. Mgr Zimowski a ainsi demandé aux États de consentir à ces organisations et institutions d’apporter leur contribution à l’universalisation de l’accès aux soins et ce sans qu’elles soient obligées de développer des activités pour elles moralement inadmissibles.


Communication de Mgr Zygmunt Zimowski, chef de la Délégation du Saint-Siège 
à la 65ème Assemblée mondiale de la santé.
Genève, 21-26 mai 2012 



Madame le Président,


1. Notre délégation, avec les délégations d’autres pays, désire confirmer la résolution concernant les Structures soutenables pour le financement de la santé et la couverture universelle d’assistance et de services de santé (AMS 64.9) qui encourage notamment les États membres à assurer une couverture universelle et l’accès aux services de santé à tous les citoyens sur la base des principes d’équité et de solidarité. Comme l’a souligné le pape Benoît XVI, « dans le domaine de la santé également, partie intégrante de l’existence de chacun et du bien commun, il est important d’instaurer une véritable justice distributive qui garantisse à tous, sur la base des besoins objectifs, des soins appropriés. Par conséquent, le monde de la santé ne peut se soustraire aux règles morales qui doivent le gouverner, sous peine de devenir inhumain » (1).

L’objectif de la communauté internationale consiste à permettre à chaque personne de bénéficier des services de santé sans courir le risque de s’exposer à des difficultés économiques (AMS 58.33). Malgré les progrès réalisés dans certains pays, le trajet qui nous sépare de cet objectif est encore long. C’est pourquoi un engagement plus grand à tous les niveaux est nécessaire afin d’assurer que le droit à la santé devienne effectif en encourageant l’accès aux soins de santé de base. Dans ce but, la délégation du Saint-Siège soutien l’insertion de la question de la couverture universelle dans les rencontres au plus haut niveau concernant le développement sanitaire ou social, ainsi que son intégration comme priorité dans le programme de développement global.

Lors du récent Forum sur la couverture de santé universelle qui s’est tenu dans la ville de Mexico, le 2 avril 2012, on a observé qu’un nombre plus important de pays, en particulier les pays aux économies émergentes, va en direction d’une couverture globale des besoins de santé, et cela est très encourageant. Les résultats obtenus dans ces pays ne sont pas simplement le fruit de ressources financières, mais, comme on l’a remarqué, une santé meilleure pour un plus grand nombre de leurs citoyens a été garantie grâce à de bonnes politiques promouvant l’équité. Voilà pourquoi, notre délégation croit fermement que, dans l’effort de promouvoir la couverture universelle, des valeurs fondamentales comme l’équité, les droits humains et la justice sociale doivent devenir des objectifs explicites à atteindre.

2. En second lieu, Madame le Président, les pays aux revenus faibles ou moyens ont démontré que le progrès dans la couverture universelle n’est pas une prérogative des seuls pays aux revenus élevés. Néanmoins, la plupart des pays aux revenus peu élevés a besoin du soutien de la communauté internationale, en particulier des pays industrialisés et d’autres partenaires pour le développement, afin de surmonter le manque de fonds pour la santé. La délégation du Saint-Siège veut donc réitérer l’appel en faveur d’une plus grande solidarité et d’un engagement global dans l’aide au développement de la santé. « Dans cette perspective – dit le Saint-Père – les pays économiquement plus développés devront faire leur possible pour destiner de plus grands quotas de leur produit interne brut pour les aides au développement, en respectant les engagements qui ont été adoptés à ce sujet au niveau de la communauté internationale » (2). 

3. Au niveau de chaque pays, enfin, le progrès vers la couverture universelle ne peut être uniquement l’effort de l’État. Il demande le soutien de la société civile et des différentes Réalités associatives et communautaires dont la contribution à la prestation des services de santé est fondamentale. En même temps, les États doivent reconnaître et soutenir généreusement, selon «le principe de subsidiarité, les initiatives qui naissent des différentes forces sociales et qui associent spontanéité et proximité avec les hommes ayant besoin d’aide» (3). Les organisations fondées sur la foi et les institutions sanitaires de l’Église, inspirées par la charité, font partie à plein titre de ces forces vives qui opèrent dans le contexte de la santé.

Avec plus de 120.000 institutions sociales et sanitaires présentes dans le monde (4), l’Église catholique constitue, dans de nombreux pays économiquement faibles, un partenaire significatif de l’État dans la fourniture de services de santé. En effet, elle opère aussi dans les régions éloignées, en faveur des couches les plus pauvres de la population, mettant ainsi à leur disposition des prestations sanitaires qui, autrement, seraient hors de leur portée. Nous considérons, alors, qu’un engagement fort en mesure de consentir à ces organisations et institutions d’apporter leur contribution à l’ universalisation de l’accès aux soins mérite la reconnaissance et le soutien aussi bien de l’État que de la communauté internationale; et ce sans qu’elles soient obligées à développer des activités pour elles moralement inadmissibles. Par conséquent, le pape Benoît XVI demande « aux organismes internationaux de les reconnaître et de les aider dans le respect de leur spécificité et dans un esprit de collaboration. »

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