02/06/2012

Le Pape expose sa vision de l'éthique politique devant les autorités civiles de Milan

1_0_593322.jpegBenoît XVI poursuit ses rencontres à Milan. Un rendez-vous plus protocolaire cette fois. En début de soirée, ce samedi, au siège de l’archevêché de Milan, le Pape s’est adressé aux autorités civiles de Milan et de la Lombardie. Benoît XVI a offert à ses interlocuteurs une leçon de bonne gouvernance à partir des principes appliqués par le Saint-Patron de Milan, Ambroise, qui après avoir travaillé comme juriste au service de l’État, occupa le siège épiscopal de Milan au IV° siècle, défendant les droits de l’Église face aux empereurs. 


Le compte rendu d'Olivier Bonnel (Radio Vatican) : >> RealAudioMP3 

Aucun homme n’est le maître d’un autre homme. Le pouvoir vient de Dieu. La Justice pour tout gouvernant est la vertu publique par excellence. Mais elle ne suffit pas : c’est l’amour de la liberté qui distingue les bons des mauvais gouvernants. C’est à une véritable leçon d’éthique politique que le Pape s’est livré, sous le signe de Saint Ambroise, éminent juriste, philosophe, évêque et docteur de l’Église. Benoît XVI ne remet pas en cause la laïcité de l’État, mais il en précise les conditions et les contours. Comme il l’avait fait devant le Bundestag en septembre dernier, il critique le positivisme juridique qui prétend bannir toute référence éthique. A partir du moment où l’on dépasse la conception d’un Etat confessionnel, il faut - souligne le Pape - que la législation soient fondée sur la loi naturelle. La liberté n’est pas un privilège mais un droit que le pouvoir civil doit garantir. Dans un État laïc tous doivent pouvoir proposer leur vision de la vie commune, toujours dans le respect de l’autre et dans le contexte de loi qui visent au bien de tous. Une claire allusion aux lois adoptées dans plusieurs pays occidentaux. Enfin s’il est essentiel de bien distinguer les rôles, il faut reconnaître la contribution constructive que l’Église peut apporter à l’État, grâce à son expérience, sa doctrine, ses traditions, ses institutions et ses activités au service de la population. En ces temps de crise, les sociétés ont besoin non seulement de choix technico-politiques courageux - a insisté Benoit XVI - mais aussi de gratuité. 

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