19/06/2012

L'Eglise doit se renouveler et adopter un nouveau langage pour annoncer l'Evangile

1_0_597666.JPGL’Instrumentum Laboris, le document de travail du prochain Synode des évêques a été présenté à la presse, ce mardi 19 juin. Consacrée à “la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi” la XIII° assemblée générale ordinaire du Synode se déroulera du 7 au 28 octobre au Vatican. Le document est le résultat des réponses aux Lineamenta, un questionnaire détaillé envoyé à toutes les Eglises locales, aux Dicastères de la Curie, à l’Union des Supérieurs généraux, et à d’autres institutions et communautés. Il se compose d’une introduction, de quatre chapitres et d’une conclusion.

Eclairage Romilda Ferrauto (Radio Vatican) : >> RealAudioMP3 

50 ans après l’ouverture du Concile Vatican II, on constate chez les chrétiens une crise de confiance à l’égard des valeurs qui leur ont été transmises ; ils ne sont pas prêts à adhérer totalement et sans conditions à la vérité de la Révélation. La foi, vécue de manière individuelle et intime s’affaiblit. Il est impératif de réagir à cette situation. L’Eglise doit donc trouver de nouveaux outils, un nouveau langage, mais aussi se renouveler de l’intérieur pour faire passer son message dans les nouveaux déserts du monde. 


Le document invite à se débarrasser d'un certain nombre de fausses certitudes aujourd'hui répandues parmi les chrétiens : comme, par exemple, de considérer que l'évangélisation est une atteinte à la liberté des hommes ; ou qu'il est suffisant d'agir en faveur de la justice, de la liberté, de la paix, de la solidarité, sans rien faire pour favoriser les conversions au Christ. Autre mise en garde : pour évangéliser, l'Eglise doit être crédible ; elle doit se présenter comme une vraie communauté fraternelle et pas comme une entreprise ; elle n'a pas à mettre en place des stratégies de communication efficaces, mais plutôt se renouveler en se mesurant avec les péchés de certains de ses membres. 


Le deuxième chapitre analyse en détail les mutations sociales de ces dernières années avec leurs ombres et leurs lumières : la sécularisation, la perte du sens du sacré, la remise en questions des valeurs....et propose une série de pistes d'actions : charité et témoignage de vie ; dialogue œcuménique et interreligieux ; redynamisation des paroisses avec le concours des laïcs baptisés, des communautés et des mouvements ; pastorale des vocations et formation adéquate des séminaristes et des novices. Le document souligne l’importance des catéchistes et évoque la possibilité de créer pour eux un ministère stable au sein de l’Eglise. Il propose des priorités pour raviver l'action pastorale : les missions populaires, la préparation au mariage, l'éducation des jeunes.....L’intégration des différents charismes est encouragée.


Le texte appelle les chrétiens à faire leur auto-critique et à dénoncer leur apostasie silencieuse ; il pointe sévèrement du doigt l'Eglise elle-même, ses infidélités et ses scandales, son manque de sensibilité à l'égard des problèmes des hommes d'aujourd'hui, la bureaucratisation excessive des structures ecclésiastiques.... Si les fidèles s'éloignent de la pratique chrétienne, c'est aussi parce que l'accompagnement spirituel est défaillant. 
Le défi à relever est bien de ramener la question de Dieu dans la société contemporaine mais pour transmettre la foi, il y croire et la vivre. La tâche s’annonce difficile. Les chrétiens sont appelés à être des témoins intrépides de l’Evangile et à vivre avec une force tranquille leur identité de fils de Dieu. L’Eglise est appelée à se purifier et à réparer les erreurs commises.


Enfin l'Evangile est présenté comme un remède qui fortifie la joie et la vie et combat la peur. D'où ce rappel du célèbre "N'ayez pas peur" lancé par Jean-Paul II. 



Le secrétaire général du Synode des évêques est satisfait : les réponses au questionnaire envoyé à tous les épiscopats reflètent la réalité des églises locales. Mgr Nikola Eterović reconnaît cependant qu’il y aura des défis à relever, des difficultés à partager dans un dialogue fraternel, des pistes à trouver pour les surmonter et pouvoir annoncer l’Evangile aux hommes d’aujourd’hui et aux nouvelles générations. Jean-Paul II – rappelle-t-il - affirmait que l’évangélisation devait se renouveler dans l’ardeur, l’expression et les méthodes. L’Eglise est appelée à redynamiser sa pastorale ordinaire, elle doit atteindre, en priorité, les baptisés qui n’ont pas été suffisamment évangélisés ou qui se sont éloignés de l’Eglise et leur montrer l’actualité de l’Evangile. Et puisque la nouvelle évangélisation passe par la conversion, Mgr Eterović est convaincu que le prochain synode aidera l’Eglise à surmonter ses difficultés actuelles et qu’il suscitera une nouvelle Pentecôte dans l’Eglise et dans la société. Le Secrétaire général du Synode compte aussi sur les nouvelles technologies pour transmettre la richesse du christianisme.


Isabella Piro (Radio Vatican) l’a interrogé pour nous : >>RealAudioMP3 

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