26/07/2012

Les évêques réunis à Alep, où pourrait se jouer une bataille décisive

1_0_608073.JPGA Alep, la capitale économique syrienne, où la bataille pourrait être décisive pour la survie du régime, les évêques catholiques se sont réunis pour débattre notamment de la situation dramatique des déplacés et de l’avenir des communautés chrétiennes. Une courte réunion prévue de longue date. Interrogé par l’Agence Fides, Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque d’Alep pour les Grecs catholiques, a affirmé que si l’Occident veut rendre service à la population syrienne il doit encourager le dialogue entre les parties et soutenir le plan Annan pour une solution pacifique. Il doit éviter de soutenir les groupes armés car parmi eux se trouvent des fondamentalistes. Pour Mgr Jeanbart, la population syrienne est divisée : aucun des belligérants n’a la majorité absolue : la solution c’est donc le dialogue. Ce n’est pas en fournissant des armes qu’on favorisera la démocratie. Quant aux chrétiens – explique-t-il – ils ont peur de perdre ce qu’ils ont obtenu au cours des 70 dernières années : le respect du pluralisme et la liberté religieuse. L’assemblée a décidé de convoquer une nouvelle rencontre œcuménique avec tous les leaders chrétiens samedi, catholiques, orthodoxes et protestants, toujours au siège de l'archevêché grec-melkite. Ils prieront ensemble pour la paix en Syrie et aborderont des questions urgentes comme la protection des chrétiens et l’aide humanitaire à la population qui souffre. 

Selon l'AFP, la bataille faisait rage ce jeudi matin dans plusieurs secteurs d'Alep, la deuxième ville du pays devenue un enjeu décisif dans le conflit entre rebelles et forces gouvernementales qui s'opposent dans des violences meurtrières depuis plus de 16 mois. Selon des sources catholiques, les quartiers chrétiens sont pour l'instant épargnés. 


Mercredi, dans un discours devant le Parlement de Bosnie, pays des Balkans qui a connu un génocide en 1995 à Srebrenica, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a exhorté la communauté internationale à ne plus tarder à s’unir et à agir pour faire cesser le massacre en Syrie. Lors d'un débat consacré à la situation au Moyen-Orient, la Russie a mis en garde mercredi soir les Occidentaux contre "les conséquences probablement catastrophiques" d'une approche hors cadre onusien de la crise syrienne.

Caritas suisse a lancé un appel urgent en faveur des réfugiés syriens. 


Des dizaines de milliers de Syriens ont fui vers les pays voisins pour échapper aux violences et à une situation humanitaire qui ne cesse de s’aggraver. Au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Irak, ils vivent dans une situation précaire, qui se détériore de jour en jour, accueillis dans des hébergements de fortune, des garages ou des granges, dans les écoles, les mosquées ou sous une tente. Pour l’essentiel, il s’agit de femmes, avec des enfants, qui n’ont pris que le strict nécessaire. Ils ont épuisé toutes leurs économies et ceux qui les accueillent ont des moyens largement insuffisants. Caritas suisse a pris en charge plus de 3 000 réfugiés. Avec ses partenaires au Liban et en Jordanie, elle distribue des denrées alimentaires, des vêtements, des couvertures… mais les besoins se multiplient. Caritas Suisse lance un appel aux dons

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