07/08/2012

Vietnam : le calvaire de trois blogueurs chrétiens

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L’ouverture du procès de trois blogueurs chrétiens au Vietnam, prévue ce mardi, a été reportée à une date ultérieure. Aucune raison officielle n’a été fournie. Le 30 juillet, la mère de l’un des accusés s’était immolée par le feu, devant les bureaux du Comité populaire de Bac Lieu, pour protester contre la détention de sa fille, incarcérée depuis septembre dernier. Un geste spectaculaire pour mobiliser les médias et l’opinion publique. Elle était elle-même harcelée par la police et n’avait jamais été autorisée à revoir sa fille. 


Les trois blogueurs encourent une peine pouvant aller de 7 à 20 ans de prison. Ils sont jugés pour « distorsion de la vérité et propagande contre l’Etat et le Parti » communiste. Ta Phong Tan, ancienne policière catholique, s’était taillé une réputation sur le web pour avoir dénoncé les carences et les injustices du système judiciaire. Elle avait notamment révélé les violations des droits de l’homme dans l’univers carcéral qu’elle connaissait de par son ancienne profession. Phan Thanh Hai a écrit sur les tensions sino-vietnamiennes en mer de Chine méridionale, une question très sensible. Hanoi est engagé dans une partie de bras de fer avec son voisin et ennemi chinois. Le troisième blogueur, Nguyen Van Hai, a écrit sur la corruption. Ils avaient publié leurs textes sur un site en ligne, le club des journalistes libres, interdit au Vietnam. 


A Genève, le Comité des Nations Unies pour les droits de l’homme a épinglé le Vietnam pour les restrictions imposées à la liberté d’expression. Les Etats-Unis, quant à eux, ont demandé au Vietnam de relâcher les trois blogueurs. La répression contre les dissidents, en particulier contre les chrétiens, s’est intensifiée. Selon le dernier rapport de Reporters sans Frontières, du 12 mars 2012, le Vietnam est classé parmi les Etats exerçant la cyber censure la plus forte. 

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