08/08/2012

La guerre civile risque de se poursuivre en Syrie après la chute du régime

1_0_611449.jpegL’ancien supérieur du monastère Mar Moussa, en Syrie, le jésuite italien Paolo Dall’Oglio, contraint de quitter le pays en juin dernier, s’est dit favorable à une intervention de l’ONU. Selon lui, la guerre civile risque de se poursuivre après la chute du régime de Bachar Al-Assad. Il est urgent de garantir la protection des populations civiles contre d’éventuels massacres et de favoriser l’ouverture de négociations politiques, sans le régime. 


Sans citer explicitement les Etats-Unis, le père Dall’Oglio a sévèrement critiqué ceux qui utilisent la Syrie à des fins géostratégiques complexes, pour se venger de l’Iran ou pour donner une leçon à la Russie. Il aurait fallu au contraire créer une Syrie neutre et démocratique, un peu comme pour l’Autriche après la Seconde Guerre mondiale. L’Onu devrait intervenir en Syrie pour protéger la population et sauver l’unité du pays.

De son côté le nonce apostolique à Damas a reconnu que la situation était délicate, mais il n’y pas encore d’hostilité antichrétienne. Interrogé par l’agence de presse italienne Adnkronos, après la mort de douze personnes à Homs, chrétiens et alaouites tuées par des rebelles, Mgr Mario Zenari reconnaît qu’il faut être vigilant. Mais à l’heure actuelle, la souffrance des chrétiens est la même que celle des autres syriens. Il n’y a pas eu d’assassinats de chrétiens pour des motifs religieux, pas d’attaques non plus contre les églises. Le nonce invite les chrétiens à construire des ponts, des ponts de paix : c’est leur mission. 


Mgr Zenari indique que les églises sont ouvertes, qu’on y célèbre la messe, que les activités pastorales n’ont pas été réduites. Cependant, les gens ont peur de sortir de chez eux. Interrogé à propos de l’attaque contre le monastère de Mar Moussa, il a précisé que les auteurs étaient un groupe de bandits venus piller. Malheureusement, les armes circulent et il n’y a pas que les rebelles qui s’en servent. Certaines tombent entre les mains de simples criminels et sont parfois utilisées par ailleurs pour des vengeances personnelles.

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