09/10/2012

Première matinée de travail au Synode des évêques

1_0_628037.jpegLes débats ont commencé dans la matinée du 8 octobre au Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. C’est la XIII° assemblée générale ordinaire, la V° assemblée synodale depuis le début du pontificat de Benoît XVI. 262 Pères Synodaux participent à l’assemblée. 251 étaient présents lundi matin. Les plus nombreux sont les Européens. La majorité ont été élus. 40 ont été nommés par le Saint-Père. Dans l’assemblée siègent aussi des délégués fraternels, trois Invités spéciaux, 45 experts et 49 auditeurs. 


La première matinée a été marquée par une méditation du Pape, un mot de salut d’un des trois présidents-délégués, Mgr John Tong Hon, évêque de Hong-Kong, l’introduction du Secrétaire général du Synode, Mgr Nikola Eterovic, et la « Relatio ante disceptationem », le rapport avant le débat général, prononcé par le Rapport général, le cardinal Donald William Wuerl, archevêque de Washington


Les chrétiens doivent surmonter le Syndrome de l'embarras


Une salle bondée. Pas une seule place de libre. L’Eglise mobilise ses forces pour affronter le tsunami de la sécularisation. La formule a été lancée par le Rapporteur général, chargé de planter le décor. Le cardinal Donald William Wuerl, archevêque de Washington, l’a fait avec une efficacité toute américaine en allant droit au but, sans atermoiements. Selon lui, la crise remonte aux années 70-80 : catéchèse insuffisante ou incomplète, aberrations dans la pratique liturgique, ignorance religieuse, baisse de la pratique sacramentelle, herméneutique de la discontinuité ; et puis les péchés de quelques uns qui ont encouragé une méfiance à l’égard de certaines structures fondamentales de l’Eglise. 


Selon le cardinal Wuerl, une grande partie des fidèles n’était pas préparée à faire face à la vague séculariste. C’est donc l’Eglise elle-même qui doit faire son examen de conscience. Les chrétiens doivent retrouver l’audace et la confiance, « recapturer » leur identité et l’authenticité de leur foi. Il faut – souligne l’archevêque de Washington, qui manie bien l’art de la formule - surmonter le «syndrome de l’embarras » qui vient du manque de confiance dans la vérité de la foi et dans la sagesse du magistère. 


Ramener au bercail les brebis égarées


Mais cette Eglise n’est pas moribonde. Les premiers intervenants soulignent au contraire que ce Synode arrive au bon moment : des jeunes de plus en plus nombreux cherchent des réponses que le monde ne peut leur apporter. Autre source d’optimisme : le foisonnement des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés. En introduisant les travaux, le Secrétaire général du Synode, Mgr Nikola Eterovic, a évoqué la parabole de la brebis égarée. Car l’objectif prioritaire de cette assemblée c’est bien de ramener au bercail ceux qui se sont éloignés. 


Un des présidents délégués, l’évêque de Hong Kong, vient d’un contexte différent : son diocèse compte plus de mille catéchistes volontaires ; plus de 3 000 adultes ont été baptisés lors de la veillée pascale. C’est la peur de vivre sous le régime communiste qui a ramené les non pratiquants vers l’Église. Mgr John Tong Hon a expliqué que le mot crise est composé des deux idéogrammes « danger » et « opportunité ». 


Retour à la case départ ?


Au cours d’une conférence de presse, à la mi-journée, Mgr Claudio Maria Celli qui préside la Commission pour l’Information fera part aux journalistes de sa préoccupation : celle de trouver un langage adapté pour présenter l’Evangile dans la culture des hommes d’aujourd’hui. Certains déjà proposent le modèle des premières communautés chrétiennes. Un retour aux sources en quelque sorte.


Quant à Benoît XVI, il fustige la tiédeur de certains chrétiens et recommande deux points essentiels : confession et charité.


(Synthèse réalisée par Romilda Ferrauto)

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