14/11/2012

Un rapport de "Justice et paix" accablant pour le Vietnam

1_0_638833.JPGLa Commission ‘Justice et Paix’ de l'Eglise catholique au Vietnam a publié un rapport critiquant sévèrement, d’un point de vue moral, la société vietnamienne actuelle. Il dénonce notamment le développement de la corruption et de la violence, ainsi que la répression de la liberté d’expression et de religion dans le pays. 


Le rapport, destiné à la Conférence épiscopale du Vietnam, constate que l’application de la loi reste souvent arbitraire au Vietnam, surtout au niveau régional. Certains cas d’arrestations violent les lois du pays ainsi que les conventions internationales que le gouvernement s’est engagé à respecter. La situation s’est encore détériorée depuis le précédent rapport de ’Justice et Paix’, en mai 2012.


Le document, publié le 1er novembre 2012, a été traduit et diffusé le 14 novembre 2012 par l’agence d’information des missions étrangères de Paris, Eglises d’Asie. Il juge "irrationnelles et totalement injustes" les sentences infligées à trois jeunes chrétiens à Vinh, le 20 septembre 2012, ainsi qu’à trois blogueurs, le 24 septembre à Hô-Chi-Minh-Ville. Ces verdicts sont, selon le texte, un "exemple concret de violation du droit à la liberté d’expression et à la liberté de la presse".


Violence et corruption en augmentation


’Justice et Paix’ note que les autorités n’ont pas la volonté de se conformer à la loi et à la justice. Elles sont accusées de protéger les intérêts d’investisseurs ou de différents groupes privilégiés. Pour justifier ce comportement, les contestataires sont généralement accusés d’avoir été incités à protester par "des forces hostiles" à l’Etat.


Les autorités auraient de plus en plus souvent recours à des ‘voyous’ pour rétablir l’ordre. Ce phénomène aurait pour effet d’intensifier la violence dans la société.


La corruption est devenue "un fléau national" note le rapport. Et elle a pour moteur essentiel les organes dirigeants. Le Vietnam fait aujourd’hui partie des nations "les moins transparentes" du monde. En outre Le trafic des êtres humains, la traite des femmes, jusqu’ici clandestins, sont devenus "officiels".


La population laissée sans défense face à la "menace chinoise"

La population n’est pas informée du véritable contenu des "arrangements" et des "pactes" conclus avec la Chine voisine, assure le document. Ces "liens amicaux" menaceraient l’indépendance et la souveraineté nationale. Ils auraient des "conséquences néfastes" pour les Vietnamiens, aussi bien dans le domaine politique qu’économique. "Les agissements de Pékin consistant à affirmer leur souveraineté en mer de Chine témoignent de son intention d’établir une ‘Grande Chine’ ", assure le rapport. ’Justice et Paix’ fustige la répression du pouvoir à l’encontre des individus qui s’élèvent contre l’influence chinoise.
Religion réprimée

Dans bon nombre de régions, les lois relatives à la liberté religieuse sont appliquées de façon arbitraire, explique le rapport. La célébration de cérémonies religieuses et la création de centres religieux en dehors des édifices existants restent des opérations très complexes. Elles dépendent entièrement du bon vouloir d’autorités régionales souvent réfractaires.
Une éducation ’aliénante’

Dans la société vietnamienne actuelle, l’homme est ‘aliéné’, considéré comme un outil au service d’objectifs politiques et économiques. Le système éducatif est en train de former des hommes instrumentalisés plutôt que des personnes libres, capables de responsabilité et d’initiative.


Le rapport de ’Justice et Paix’ note également qu’une réelle société civile n’a pas encore fait son apparition au Vietnam. (Apic)


(Photo: un chantier immobilier à Hanoï )

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