15/11/2012

Puiser à la sève vitale du christianisme

papa.jpgLe christianisme est la « sève vitale » à laquelle puiser pour promouvoir « le renouvellement des consciences » et « l’orientation unanime vers le bien commun ». L’invitation adressée par Jean-Paul II le 14 novembre 2002 aux membres du Parlement italien qui l’accueillirent lors d’une séance commune au Palais de Montecitorio a été relancée par Benoît XVI dans un message – signé par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat – envoyé aux présidents du sénat de la République italienne, Renato Schifani, et de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, à l’occasion de la cérémonie commémorative de la visite du Pape il y a dix ans.

Dans le message, le Pape rappelle que précisément à un moment comme celui-ci, marqué par les lourdes conséquences de la crise économique, le christianisme peut offrir un « patrimoine spirituel et éthique » en mesure d’orienter l’action des responsables du bien public. D’où le souhait que « la collaboration constante entre l’Italie et le Saint-Siège, ainsi qu’entre l’Etat et l’Eglise qui est en Italie continue à soutenir le chemin de la nation italienne, en particulier les familles, dans leur rôle éducatif et social primordial, et tous les citoyens, en particulier dans le sens de la responsabilité civile ».

Dans la catéchèse, lors de l’Audience générale de ce matin, mercredi 14 novembre, dans la salle Paul VI, le Pape a également fait référence à la nécessité de ramener la question de Dieu au cœur de l’existence quotidienne de l’homme. Comment est-il possible de dépasser – s’est-il demandé – le scepticisme, l’indifférence, la conviction que l’on puisse vivre comme si Dieu n’existait pas ? On ne peut le faire qu’en aidant l’homme à redécouvrir la capacité de contempler la beauté de la création, à relire la signification de la soif d’infini que chaque homme porte en lui, à retrouver le sens de la vie de foi comme voie qui conduit à la rencontre  avec Dieu.

« L’initiative de Dieu – a affirmé Benoît XVI – précède toujours toute initiative de l’homme ». Donc, « ce n’est pas nous qui possédons la Vérité après l’avoir cherchée, mais c’est la Vérité qui nous cherche ». Le Pape a ensuite mentionné cette forme d’« athéisme pratique » qui imprègne la société contemporaine, dans laquelle « on ne nie pas la vérité de la foi ou des rites religieux, mais on les considère simplement sans importance pour l’existence quotidienne, détachés de la vie, inutiles ». Tel est le plus grand danger à affronter aujourd’hui, celui que le Pape a défini comme « réductionnisme », c’est-à-dire la tendance à réduire l’homme, séparé de Dieu, à une seule dimension, celle horizontale ». « En voilant la référence à Dieu – a-t-il mis en garde – on a également obscurci l’horizon éthique, pour laisser place au relativisme » , et on a utilisé une conception ambiguë de la liberté « qui au lieu d’être libératrice finit par attacher l’homme à des idoles ».

C’est  à cet homme que, « avec douceur et respect », a averti le Pape, le christianisme doit donner des réponses. Et, citant saint Augustin, il a indiqué les voies à suivre : le monde, l’homme, la foi. Sans oublier que le christianisme « avant d’être une morale ou une éthique, est l’avènement de l’amour ». 


2012-11-14 L’Osservatore Romano

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