13/12/2012

L'apocalypse qui ne viendra pas (du moins pas pour l'instant)

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Depuis toujours, les hommes s'interrogent sur l'origine et le destin de leur existence. « D'où venons-nous et où allons-nous? » est la question qui a traversé les millénaires.

Nous pouvons souvent apporter des réponses irrationnelles à cette interrogation. Dans les médias et sur internet, il est question ces jours-ci de la fin du monde, que les mayas auraient prédite pour le 21 décembre 2012. En faisant une recherche sur Google, 40 millions de résultats apparaissent pour ces paroles. Selon cette « prophétie », devrait avoir lieu un alignement des planètes et du soleil avec le centre de la voie lactée, ainsi qu'une inversion des pôles magnétiques du champ terrestre. Il ne vaut pas la peine de débattre du fondement scientifique de ces affirmations (évidemment fausses).

En 2003, alors que je tenais à l'université de Tegucigalpa, au Honduras, un cours d'astronomie extragalactique – il ne s'agit pas de l'étude des joueurs du Real Madrid mais des galaxies! –  j'ai eu l'occasion de visiter les ruines du centre Maya de Copán, et d'apprécier de près la grande capacité d'observation du ciel que possédaient ces peuples. Dans tous les cas, ils ne se demandaient pas si la terre ou le soleil était au centre du cosmos. Ils étaient plus intéressés à trouver un « schéma » répétitif d'observations passées à reproduire pour le futur. Dans la culture maya, le temps avait une dimension cyclique et répétitive. L'astronomie était développée en fonction de la politique et de la religion, avec l'obsession des cycles temporels.

Aussi fascinante que puisse être l'étude de l'astronomie maya, je voudrais réfléchir ici sur le destin du cosmos. Nous savons que l'univers a commencé il y a environ 14 milliards d'années. Et nous savons également qu'il est composé de 4% de matière « ordinaire », 23% de matière obscure et 73% d'énergie obscure. Selon les données les plus fiables qui y ont été observées, il s'étend continuellement et cette expansion est accélérée par l'énergie obscure.

Cette explication scientifique présuppose une période où l'univers, à ses tout premiers instants, a traversé une phase d'expansion exponentielle, c'est-à-dire extrêmement rapide. C'est la théorie qui a été appelé « inflation ». Si ce modèle est correct, dans un avenir très lointain – je veux parler de milliards de milliards d'années – l'univers finira par se « déchirer ».

Voilà ce que la cosmologie peut dire jusqu'ici, avec un certain fondement scientifique,  en ce qui concerne l'avenir de l'univers. Il est bon de répéter que notre compréhension, même si elle est assez avancée, n'est pas complète. A ce jour, nous ne connaissons pas la nature physique de la matière obscure, ni de l'énergie obscure. Toutefois, nous sommes capables de mesurer les effets qu'elles produisent. Selon les spéculations de certains cosmologues, l'univers pourrait même ne pas avoir de conclusion unique, mais plutôt des fins multiples, c'est-à-dire que certaines de ses parties finiraient à des moments divers.

Dans la vision chrétienne, l'univers et l'histoire ont un sens. Au plus profond de l'être humain, il y a la conviction fondamentale que la mort ne peut avoir le dernier mot. La cosmologie nous montre que l'univers s'achemine vers un état final de froid et d'obscurité; le message chrétien nous enseigne en revanche que dans la résurrection finale, celle du dernier jour, Dieu reconstituera chaque homme, chaque femme et tout l'univers.

Cette réalité future est exprimée dans les paroles de l'Apocalypse de saint Jean l'apôtre: « Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle... Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu » (21, 1.3).

L'Apocalypse est un texte prophétique, non une information scientifique sur l'avenir du cosmos et de l'homme. C'est une prophétie parce qu'elle nous montre le fondement intime et l'orientation de l'histoire. Dans le contexte historique où elle a été écrite, l'auteur sacré cherche à encourager la communauté des chrétiens qui endure des persécutions.

L'histoire humaine (et cosmique) possède un sens qui lui a été donné par Dieu-avec-nous. Même si nous ne sommes pas persécutés, nous avons toujours besoin d'encouragement. La Parole de Dieu nous rappelle que nous allons vers un avenir fondamentalement bon, malgré les crises de tout genre dans lesquelles nous sommes plongés. Parce qu'elle nous assure que dans le Christ il y a un avenir pour l'humanité et pour l'univers.

José G. Funes

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