14/12/2012

Comme une petite encyclique

1_0_550332.jpeg

En raison de sa vision étendue, on a tenté de qualifier de petite encyclique le message pour la Journée mondiale de la paix. Le cadre du texte est fourni par deux événements d’il y a un demi-siècle: le début du Concile Vatican II , ouvert le 11 octobre 1962, et  Pacem in terris, du 11 avril 1963, la dernière encyclique de Jean XXIII qui indiqua les quatre fondements — vérité, liberté, amour, justice — d’une coexistence pacifique.

Le contexte mondial est marqué par des conflits et des vents de guerre, provoqués et renforcés par des phénomènes dénoncés à plusieurs reprises, pas seulement par le Saint-Siège, et à nouveau énumérés: de la déréglementation du capitalisme financier au terrorisme, jusqu’aux fondamentalismes et aux fanatismes qui défigurent le visage authentique de la religion. Il ne faut toutefois pas se résigner à la dureté inspirée par les critères de pouvoir ou de profit, répète une fois de plus le Pape, qui relance et renouvelle l’un des slogans les plus efficaces de Paul VI, parfait pour un tweet: «La paix n’est pas un rêve, elle n’est pas une utopie: elle est possible».

Le présupposé de la paix est la reconnaissance de la loi morale naturelle, blessée par des tendances que veulent codifier des libre-arbitres comme le prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie, qui sont en revanche des menaces au droit fondamental à la vie. De la même façon, les tentatives de rendre juridiquement équivalentes à la structure naturelle du mariage des formes d’unions diverses, le déstabilisent de fait et nuisent à son rôle social irremplaçable.

De façon explicite, le texte du Pape déclare que ces principes ne sont pas des vérités de foi et ne dérivent pas du droit primordial à la liberté religieuse, mais sont inscrits dans la nature humaine, reconnaissables par la raison et communs à toute l’humanité. L’action de l’Eglise en vue de les promouvoir n’est donc pas confessionnelle, «mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse». Cet accent n’est certes pas nouveau, mais il apparaît très significatif aujourd’hui et il retentit comme une confirmation évidente de la ligne des catholiques qui, dans divers pays, ont été et sont capables de favoriser, dans cette bataille culturelle en défense de principes communs à tous, la convergence de croyants et non-croyants de diverses appartenances religieuses et idéales. C’est ce qui a lieu en France où, autour des positions de l’Eglise catholique contraire au mariage homosexuel, se retrouvent les orthodoxes et les protestants, les juifs, les musulmans et les intellectuels laïcs.

Dans ce même sens, l’édification de la paix est aidée également par la reconnaissance du principe de l’objection de conscience face à des lois qui introduisent des attentats à la dignité humaine comme l’avortement et l’euthanasie, tandis que la liberté religieuse — thème particulièrement cher également aux Eglises sœurs de l’orthodoxie, comme l’a souligné le patriarche Bartholomée en la fête de saint André — doit être promue non  seulement comme la liberté par rapport à des contraintes de tout type, mais, d’un point de vue positif, comme liberté d’expression publique de la religion.

A côté des thèmes biopolitiques et de ceux qui concernent la dimension sociale incontournable de la foi, Benoît XVI situe la critique du libéralisme radical et de la technocratie et la défense du droit au travail. Pour souhaiter que des thèmes tels que l’organisation éthique des marchés et la crise alimentaire demeurent au cœur de l’agenda politique international. Mais dans la conviction que le rôle de la famille et celui de l’éducation demeurent fondamentaux. Sur un thème, la paix, qui concerne véritablement tout le monde.

Les commentaires sont fermés.