19/12/2012

Editorial européen : Les jeunes et l'œcuménisme

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Quand fin décembre se tiendra à Rome la rencontre annuelle de Taizé, nous serons témoins d’une forme d’œcuménisme concret, réel. Les théologiens en discutent et en débattent en devant tenir compte de questions importantes liées à notre foi. Dans les églises locales pourtant existe déjà tant d’œcuménisme tangible et vrai, et nous ne pouvons en faire abstraction, parce que la Communauté de Taizé n’est pas seulement théorie, mais représente aussi la vie de foi concrète.


L’œcuménisme qui caractérise Taizé est spécifique. Si l’on regarde de manière superficielle, les confessions et les différences qui la caractérisent pourraient apparaître peu importantes. Mais cela ne correspond pas à la vérité. A Taizé, comme à l’occasion de ses réunions annuelles, on rencontrera une génération de personnes qui veulent voir, et voient de fait, seulement ce qui unit. C’est une génération qui vit diverses traditions, celle de l’Eglise catholique, mais aussi celle de l’Eglise orientale ou de la Réforme. Dans de telles occasions, n’est pas simplement unit ce qui peut être adapté, mais l’on adopte toutes les manières de rapprochement à Dieu et aux communautés des croyants.


Les jeunes sont à la recherche de Dieu et ils le cherchent en communion. Pour cela existent le chant, les formes monastiques de la communauté, le lieu qui revêt une signification particulière, ainsi que l’expérience de l’échange naturel entre personnes du même âge, et surtout l’approche internationale : les générations se rencontrent au-delà des frontières, qui en de telles circonstances ne représentent plus une ligne de séparation. Et cet œcuménisme ne se crée pas dans le cadre d’activités ou de discussions. Il naît au contraire dans la recherche commune de Dieu. La tradition définit ce lieu « silence », comme l’a indiqué Benoît XVI lors de la solennité de l’Immaculée Conception :


« Ce qui est vraiment grand passe souvent inaperçu et le silence tranquille se révèle plus fécond que l’agitation frénétique qui caractérise nos villes, mais que – toutes proportions gardées – on connaissait déjà dans les villes importantes comme la Jérusalem d’alors. Cet activisme qui nous rend incapables de nous arrêter, d’écouter le silence dans lequel le Seigneur fait entendre sa voix discrète ». 


C’est toujours impressionnant de voir comment les nouvelles générations montrent à leurs aînés le chemin pour trouver Dieu dans un tel silence, et comment accueillir Jésus dans notre propre vie. Taizé apporte la paix et la tranquillité dans la prière et dans l’écoute, à travers la musique, l’interprétation des Saintes Ecritures et par la rencontre. Taizé garde les personnes en dehors de la frénésie du quotidien. Et tout cela en communauté, dans le signe de l’œcuménisme.


La communion dans la foi à travers la recherche commune de Dieu, sans qu’elle soit sujette au stress et au rythme frénétique de tous les jours. Voilà ce qu’apportera Taizé à Rome en ce mois de décembre.

Bernd Hagenkord, SJ

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