26.11.2006

DE L'APOSTASIE AU TEMOIGNAGE-LE CHRIST ROI DE L'UNIVERS (Jn 18, 33-37)

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 18, 33-37)

18
33  Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
34  Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ?
35  Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? »
36  Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. »
37  Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. »
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christ.roi.B.L

 

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19.11.2006

APOCALYPSE: SAVOIR CE QUE PARLER VEUT DIRE (Mc 13, 24-32)

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 13, 24-32)

13

24i  Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « En ces temps-là, après une terrible détresse, le soleil s’obscurcira et la lune perdra son éclat.
25  Les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées.
26  Alors on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire.
27  Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, de l'extrémité de la terre à l'extrémité du ciel.
28  Que la comparaison du figuier vous instruise : Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l'été est proche.
29  De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l'homme est proche, à votre porte.
30  Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive.
31  Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.
32  Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.

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33eT.O.B.L

 

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12.11.2006

LE TRESOR DE LA PAUVRE VEUVE (Mc 12, 38-44)

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 12, 38-44)

12
38i  Dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à sortir en robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques,
39  les premiers rangs dans les synagogues, et les places d'honneur dans les dîners.
40  Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement : ils seront d'autant plus sévèrement condamnés. »
41  Jésus s'était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes.
42  Une pauvre veuve s'avança et déposa deux piécettes.
43  Jésus s'adressa à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde.
44  Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. »


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32eT.O.B.L

 

 

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BONNE SEMAINE AVEC LE SEIGNEUR !!!

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10.11.2006

RECETTE POUR EVITER LE STRESS ET LE SENTIMENT DE VIDE

Revenons encore une fois à l'évangile de dimanche dernier. Un scribe demande à Jésus quel est l'essentiel de la Loi. A l'aide de la réponse de Jésus, avons-nous pu discerner quel était l'essentiel dans notre vie de cette semaine? Sans doute êtes-vous comme moi: vous avez un agenda surchargé, et même si vous n'avez pas d'agenda, à la fin d'une journée (ou d'une semaine), vous constatez que vous n'avez pas pu faire quantité de choses que, pourtant, vous aviez perçues comme urgentes...

Ce problème, que tout le monde connaît, était justement le thème sur lequel devait intervenir un "expert" devant des cadres supérieurs de plusieurs grosses entreprises américaines, réunis pour un séminaire: "Comment planifier efficacement son temps?"

pierres

 

Mais au lieu de faire un savant exposé, il décide de faire simplement une petite expérience: il pose sur la table un grand vase en verre vide. Doucement il place dans le vase des cailloux de la taille d'une balle de tennis, jusqu'à ce que le vase soit rempli. Alors il demande: "Le vase est-il plein?", et tous répondent: "Oui!"

Après un moment de silence, il dit: "Etes-vous sûrs?" Et il sort de dessous la table une boîte remplie de gravillon. Il le verse délicatement par-dessus les cailloux, en secouant légèrement le vase, pour que le gravillon descende bien jusqu'au fond du vase. "Le vase est-il plein cette fois?", demande-t-il. Devenus plus prudents, certains répondent: "Peut-être pas encore..." "Bien", dit le vieux professeur. Il se penche à nouveau sous la table et sort cette fois un sac de sable qu'il verse prudemment dans le vase. Le sable remplit tous les espaces entre les cailloux et le gravillon. Il demande une nouvelle fois: "Le vase est-il plein, cette fois?" Tous répondent sans hésiter: "Non!". En effet, dit le conférencier, et il prend une carafe d'eau qu'il vide dans le vase jusqu'à ce qu'il soit rempli jusqu'au bord.

Alors il lève les yeux vers son auditoire et demande: "Quelle est la grande vérité que j'ai voulu vous enseigner en faisant cette expérience?" Quelqu'un, en pensant au thème du séminaire, répond: "Pour nous montrer que, lorsque notre agenda est plein, on peut toujours, avec un peu de bonne volonté, prendre un engagement supplémentaire". "Non, répond l'expert, ce n'est pas ça. Cette expérience nous montre que si l'on ne met pas dans le vase les gros cailloux d'abord, on ne réussira plus à les faire entrer par la suite."

Il y eut un long moment de silence durant lequel tout le monde réalisa l'évidence de cette affirmation. Puis le professeur reprit: "Quels sont les gros cailloux, quelles sont les priorités dans votre vie? La santé? La famille? Les amis? Votre travail? Une bonne cause? La chose à retenir est de mettre d'abors ces gros cailloux dans votre agenda. Car si vous donnez la priorité à mille et une autres choses (le gravillon, le sable...) qui se présentent à vous durant la semaine, vous remplirez votre vie de futilités et vous n'arriverez jamais à faire ce qui vous tient vraiment à coeur. N'oubliez donc pas de vous poser souvent la question: 'Quels sont les gros cailloux dans ma vie?' et de les planifier dans votre agenda en premier lieu." Puis, d'un geste amical, l'orateur salua l'auditoire et quitta la salle. La conférence était terminée.

Dans l'évangile, Jésus nous enseigne que les deux cailloux les plus gros, c'est d'aimer Dieu, avant tout, et d'aimer son prochain ensuite. Mettre ces deux cailloux dans le vase d'abord, signifie: commencer chaque jour par un temps de prière et chaque semaine par la messe dominicale. Encore faut-il se souvenir que le dimanche n'est pas le dernier, mais le premier jour de la semaine, n'est-ce pas... ? Le "weekend", c'est le samedi.

Ensuite il ne faudra pas oublier de mettre le deuxième caillou, en remplissant la journée d'amour pour tous ceux que le Seigneur placera sur notre route. Tout le reste viendra ensuite, et le vase de votre vie sera bien rempli. Après une vie stressante, vous n'aurez pas un sentiment de vide.

 

17:36 Écrit par Père Walter dans Homélies 2006 (année B) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dimanche, homelies, evangile | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

08.11.2006

 SUFFIT-IL D'AIMER?

Ce 7 novembre Benoît XVI a repris le fil de la visite ad limina des évêques suisses qui avait dû être interrompue en 2005 par l'hospitalisation de Jean-Paul II.

Dans son discours final, il y a un passage important qui pourra éclairer non seulement les catholiques suisses, mais aussi ceux d'une grande partie de toute l'Europe occidentale:

 

"L'Église dans votre pays fait face à des défis liés à la situation culturelle et pastorale qui est en grande partie celle de toute l'Europe occidentale. Le progrès de la sécularisation et du relativisme entraîne non seulement une diminution de la fréquentation des sacrements, surtout de la participation à la Messe dominicale, mais aussi une mise en question des valeurs morales proposées par l'Église." 

Avant d'aller plus loin, pensons à l'Evangile de dimanche dernier au sujet du commandement de l'amour...

"Je pense en particulier à la crise profonde de l'institution du mariage et de la famille, et au nombre croissant de divorces, aux nombreux avortements, à la possibilité d'unions entre personnes de même sexe: tout cela constitue un signe évident de déchristianisation. Beaucoup de nos contemporains vivent comme si Dieu n'existait pas. Dans une telle société, on a plus que jamais besoin de votre voix d'évêques. Vous êtes appelés à faire entendre la Parole de Dieu et le message chrétien, qui aident à comprendre l'homme et le sens de son existence, prenant soin qu'il y ait entre vous, dans les prises de position nécessaires sur les questions théologiques et morales, unité et unanimité."

L'amour de Dieu et du prochain est placé par Jésus au sommet de la hiérarchie des valeurs morales. Cela ne veut dire en aucun cas qu' "il suffit d'aimer", au sens où l'amour dispenserait de toutes les autres vertus. De même qu'en matière de dogme, le mystère de la Sainte Trinité, qui se trouve au sommet de la hiérachie des vérités de la foi, n'exclut pas les autres mystères, mais, au contraire, les entraîne, de même l'amour bien compris n'exclut pas mais nécessite et favorise au contraire les autres vertus. Lisons maintenant la suite du discours de Benoît XVI:

"Même parmi les catholiques pratiquants, on note un affaiblissement de la foi. C'est pour vous une expérience douloureuse de voir des fidèles, et malheureusement dans certains cas des prêtres, mettre en question des points de la doctrine et de la discipline de l'Église. Certains s'arrogent même le droit de choisir, en matière de foi, les enseignements qui, selon eux, seraient admissibles et ceux qui peuvent être refusés. Le devoir fondamental de l'Évêque, Pasteur et Maître de la Foi, est d'inviter les fidèles à accepter pleinement l'enseignement de l'Église. Avec l'aide du Christ, je vous exhorte à annoncer l'Évangile avec courage et sérénité, « à temps et à contretemps » (2 Tm 4, 2)."

Arrêtons avec cette conception faussement angélique et irénique de l'amour qui n'est qu'un alibi pour se dispenser d'assumer pleinement tout ce que demande la condition humaine en ce monde. Un jour, avec la grâce de Dieu, nous serons au Ciel. Alors, oui, mais alors seulement, il suffira d'aimer.

03:21 Écrit par Père Walter dans Homélies 2006 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, vie theologale, societe, morale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

05.11.2006

ÉCOUTER ET AIMER: LA CONJUGAISON DE JÉSUS

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 12, 28-34)

12

28i Un scribe, s'avança vers Jésus et lui demanda: "Quel est le premier de tous les commandements?" 29 Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. 30 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. 31 Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » 32 Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. 33 L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. » 34 Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

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31TOB2006L

 

 

 

 

 

 

 

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01.11.2006

JE CROIS À LA SAINTE ÉGLISE CATHOLIQUE

tous.saints

 

L'homélie sera en ligne dès ce mercredi 1er novembre

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29.10.2006

DEDICACE, OEUVRE DE DIEU OUBLIEE

Év. selon saint JeanChapitre 2

13 Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem. 14 Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. 15 Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, 16 et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » 17 Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment. 18 Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? » 19 Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » 20 Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » 21 Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.

 

22 Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

 

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En Belgique et en France on célèbre en ce dimanche la solennité de la Dédicace des églises dont on ignore la date de consécration.

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mediator

 

Construction du Temple de Jérusalem
 
Jean Mansel, Fleur des Histoires, France, XVe siècle
Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 55, folio 70v.
 

"Du sage Salomon de sa grant magnificence du riche temple et du riche palais qu'il fist faire en la cite de jherusalem".

03:46 Écrit par Père Walter dans Homélies 2006 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bapteme, liturgie, fetes du seigneur, eglises | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

21.10.2006

LA FOLIE DES GRANDEURS (Mc 10, 35-45 - 29me dimanche B)

 Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 10, 35-45)

10
35  Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
36  Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
37  Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. »
38  Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
39  Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.
40  Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
41  Les dix autres avaient entendu, et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.
42  Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
43  Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
44  Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :
45  car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

 

29 T.O.B.L

 

L'homélie est en ligne dès dimanche 22 octobre, 13h00 GMT, sur mon blog :

 

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Chaque jour de la semaine, vous y trouverez aussi un texte pour "ruminer" l'évangile du dimanche.

 

Bon appétit ... et bonne digestion !

14:12 Écrit par Père Walter dans Homélies 2006 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, homelies | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

14.10.2006

Pour entrer dans la vie : faire ou accueillir ? (Mc 10, 17-30)

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 10, 17-30)

10

17  Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
18  Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul.
19  Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
20  L'homme répondit : « Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
21  Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
22  Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.
23  Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! »
24  Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu.
25  Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »
26  De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
27  Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
28  Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
29  Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des soeurs, une mère, un père, des enfants ou une terre,
30  sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, soeurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.



28e T.O.B.L

 

Avec l’évangile de ce dimanche nous arrivons à la fin de la section morale de Marc qui a commencé au chapitre 8, verset 31 où, en réponse à la foi de Pierre, Jésus avait annoncé pour la première fois sa Passion et sa Résurrection. Cette première annonce est suivie d’un appel adressé à la foule avec les disciples : Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même ; qu’il prenne sa croix et qu’il me suive (v. 34). La morale chrétienne consiste donc foncièrement à suivre Jésus, le Messie. Jésus nous est présenté comme le Maître (9, 17.38 ; 10, 17.20) qui enseigne avec l’autorité de Dieu en personne : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoutez-le (9, 7). La morale chrétienne est une morale révélée qui est bien plus qu’un ensemble de préceptes qui viendraient s’ajouter à la morale naturelle. Elle consiste dans une communauté de vie avec Jésus. Il faut donc prendre garde de ne jamais séparer le dogme de la morale, Jésus de la vie chrétienne, sous peine de tout confondre … et d’envoyer tout promener. En résumé : pas de Jésus sans vie chrétienne et pas de vie chrétienne sans Jésus !

 

Remarquez aussi que le décor de cette section est double. Imaginez cela comme dans une pièce de théâtre : nous nous trouvons en alternance « en chemin » et « à la maison ». Le chemin, c’est cette route où Jésus marche à la tête de ses disciples, qui le suivent tant bien que mal vers la Croix et la Résurrection. La maison, c’est le lieu où il leur donne une formation, et où il répond patiemment à leurs questions, car souvent, ils ne comprennent pas. Pour nous, le chemin, c’est le monde dans lequel nous devons témoigner de notre foi par notre manière d’agir ; la maison, c’est l’Eglise où nous trouvons une nourriture tant nécessaire pour l’approfondissement de notre foi.

 

Puisque nous arrivons à la fin de cette section, ce sera pour nous l’occasion de la relire dans son ensemble sous un angle que nous n’avons pas encore regardé de manière explicite. Je ne vous dirai rien de révolutionnaire. C’est tout ce qu’il y a de plus classique dans la spiritualité chrétienne. Cette section aborde l’agir chrétien en trois points principaux qui recoupent les principaux domaines de la vie humaine et chrétienne.

 

Dans une première scène qui se déroule à la maison (de Pierre ?) à Capharnaüm (9, 33-50), c’est la question de savoir qui est le plus grand, de savoir qui est pour nous et qui est contre nous. C’est la question du pouvoir, de la vie « politique ».

 

Avec le chapitre 10 (l’évangile de dimanche dernier), c’est la question du mariage et du divorce. C’est le domaine de la vie familiale.

 

Enfin, et c’est l’évangile d’aujourd’hui, c’est le passage de l’homme qui avait de grands biens. C’est le domaine de la vie économique.

 

On voit très bien l’actualité de toutes ces questions encore dans notre monde d’aujourd’hui. (J’ai envie de dire quand même qu’alors que la politique et l’économie font l’objet de nombreux discours, la famille, elle, est le parent pauvre…, mais passons…)

 

Tout cela, S. Marc le présente de manière très concrète et très vivante, à partir d’évènements précis de la vie quotidienne dans l’entourage de Jésus. La vie du monde et la vie chrétienne ne sont pas cloisonnées. Dans la vie de l’Eglise, on retrouve aussi le domaine de la politique, de la famille et de l’argent, c’est évident ! Ces trois domaines recouvrent tout naturellement  ce qu’il est convenu d’appeler les trois conseils évangéliques : l’obéissance dans la communauté, la chasteté par rapport au mariage, et la pauvreté par rapport aux richesses. Tout cela est nécessaire pour pouvoir entrer dans le Royaume, pour entrer dans la vie, pour être heureux.

 

Cela suppose un dépassement de la loi. Car loi ne suffit pas. Si la loi suffisait, cela voudrait dire que nous n’aurions pas besoin de Jésus. Or, nous l’avons vu dans la question du mariage et du divorce, Jésus nous appelle à un dépassement des disputes juridiques. Dans le mariage, si quelqu’un ne commet pas l’adultère, c’est bien. Mais suivre Jésus, c’est encore autre chose. Non pas que pour suivre Jésus, il soit interdit de se marier. C’est une conception trop étroite, et même carrément erronée, du conseil évangélique de la chasteté, qui s’adresse à tout le monde, à chacun selon son état de vie, dans le mariage ou dans la vie célibataire.

 

L’homme de l’évangile d’aujourd’hui (S. Marc ne dit pas que c’est un « jeune homme » mais « un homme ») était-il marié ou pas ? Ce que nous savons, c’est que quand Jésus lui rappelle les commandements, notamment celui qui dit : ne commets pas d’adultère, l’homme répond : Maître, j’ai observé ces commandements depuis ma jeunesse. Mais quand Jésus l’appelle le suivre, il devint sombre et s’en alla tout triste.

 

Voilà donc un homme qui veut avoir en héritage la vie éternelle, qui a observé les commandements depuis sa jeunesse. Et pourtant, Jésus lui dit : Une seule chose te manque (sous-entendu : car observer les commandements, cela ne suffit pas pour entrer dans la vie, pour trouver ce bonheur que tu cherches). Cette chose, qui est la plus importante, qu’est-ce que c’est ? Autrement dit : qu’est-ce qui manque à la morale naturelle (l’observance des commandements)  pour être chrétienne ?

 

Première réponse : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel. Bien sûr. C’est une bonne réponse, mais elle est incomplète. Ce qui intéresse l’homme, ce n’est pas d’avoir un trésor dans le ciel. Ce n’est pas si mal d’avoir un trésor dans le ciel, mais à quoi cela sert-il si on n’y entre pas, si on n’a pas le ciel en héritage ? Or, c’est bien cela qui intéresse l’homme. Et il est évident que si on veut avoir en héritage la vie éternelle, il vaut mieux y avoir un trésor. Mais, je répète, à quoi bon le trésor si on n’a pas l’héritage ?

 

Alors je pense que vous savez quelle est l’autre réponse qui doit venir compléter la première : puis viens et suis-moi. Très bien ! Mais comme c’est exigeant ! Il ne suffit donc pas de distribuer aux pauvres ce qu’on a ? – Non ! Cela suffit peut-être pour avoir le Prix Nobel de la Paix, mais pas pour aller au ciel. –  Comment ? Mais vous demandez des choses impossibles, inhumaines ! – Impossibles, oui, pour l’homme, mais pas pour Dieu. Jésus le dit lui-même. Ecoutez bien : Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible pour Dieu.

 

Remarquez la nuance avec la parole précédente : Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! … Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu !  L’homme peut faire ce qui est difficile, et Jésus n’est pas venu pour nous en dispenser. Mais ce que l’homme ne peut pas faire, est possible à Dieu. Donc, seul Dieu peut le faire.

 

Qu’est-ce qui est non pas impossible mais difficile à l’homme ? C’est de se détacher des richesses, c’est de renoncer à ses biens, c’est de partager avec les pauvres. Un garçon du catéchisme remarquait à ce propos avec beaucoup de perspicacité : « Un chameau se soucie tout autant de passer par le trou d’une aiguille qu’un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » Je serais tenté de modifier légèrement cette remarque, et de dire qu’un chameau se soucie tout autant de passer par le trou d’une aiguille qu’un riche de partager ses biens avec les pauvres ». On se soucie bien davantage de voler que de partager… Partager, c’est difficile. Sinon on ne donnerait pas un Prix Nobel à ceux qui le font. Mais ce qui est difficile surtout, même quand on a le Prix Nobel, c’est d’admettre que malgré tout ce qu’on peut faire avec la pus grande générosité et la plus haute technicité, et qui est déjà très difficile, on ne trouve pas une solution satisfaisante pour « mettre fin à la faim », si je peux dire. Cela est terriblement difficile, d’autant plus que l’on est riche, non seulement en argent et en biens, mais surtout en intelligence, en savoir-faire et en générosité.

 

Dans l’évangile, S. Marc nous dit cela très finement mais avec beaucoup de force, si l’on prend la peine de l’écouter avec attention. Alors encore un petit effort…

 

La question de l’homme était : que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? La réponse de Jésus est : Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Evangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions et, dans le monde à venir, la vie éternelle. La difficulté pour entrer dans le Royaume, ce n’est pas tant d’apprendre à faire, que d’apprendre à recevoir ce que l’on ne peut pas faire, après avoir tout essayé pour le faire ! C’est sur cette difficulté qu’ont buté déjà nos premiers parents, alors qu’ils étaient encore dans l’état de justice originelle. Ils ont voulu accaparer le fruit que seul Dieu pouvait leur donner.

 

La grâce de l’Esprit Saint, le Père des pauvres, vient au secours de notre faiblesse. Mais nous devons reconnaître cette faiblesse. Pour notre orgueil, c’est terriblement difficile, mais pas impossible, du moins si l’on veut suivre Jésus. Car sans lui, nous ne pouvons rien faire, ni dans le domaine de la politique, ni dans celui de la famille, ni dans celui de l’économie. L’obéissance, la chasteté et la pauvreté ne sont pas d’abord des choses à faire, mais des grâces à recevoir des mains du Maître de l’impossible. Recevoir, c’est le privilège de l’enfant. C’est bien l’enfant qui est au cœur de toute cette partie de l’évangile. L’enfant, c’est celui qui sait accueillir ce qu’il n’arrive pas à faire lui-même, tant qu’il ne peut pas le faire lui-même. La grâce n’est pas un oreiller de paresse, mais un apprentissage difficile de l’humilité confiante. Ce n’est pas sans raison qu’à Fatima, il y a quatre-vingt-dix ans, d’abord l’ange, et ensuite la Vierge Marie se sont adressé à trois enfants pour rappeler au monde entier, menacé par la guerre et par le communisme, l’urgence de la prière et de la pénitence.

 

Pour prolonger cette méditation de l'évangile, vous trouverez chaque jour de la semaine un texte que je publie sur mon site :

 

"Homélies à temps et à contretemps" 

http://www.homelie.biz/.

 

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22:57 Écrit par Père Walter dans Homélies 2006 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : homelies, evangile, morale, societe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |