20.01.2010

Haïti - Après le séisme, quels signes d'espoir malgré la situation tragique?

Cinq personnes - un homme, deux femmes et deux enfants - ont été dégagées vivantes des décombres à Port-au-Prince au cours des dernières 24 heures, le jour même où les sauveteurs américains ont décidé de mettre un terme à leurs opérations de recherches, à une semaine du séisme qui a dévasté la partie occidentale de l'île d'Hispaniola.

 


Selon la chaîne CNN, les recherches viennent également d'être suspendues au Caribbean Market, grand supermarché de la capitale haïtienne où cinq personnes avaient été retrouvées vivantes dimanche dernier. Le problème reste entier concernant les aides internationales, qui, massivement accumulées à l'aéroport de Port-au-Prince, connaissent de grandes difficultés de coordination, tel que l'a admis le président haïtien René Préval.

Dans la seule commune de Pétionville, des dizaines de milliers de rescapés attendent encore, dans des conditions d'hygiène précaires, de recevoir une assistance : 14.000 habitants sont installés sur la Place St-Pierre, 11.000 sur la Place Boyer, plusieurs milliers à Péguyville et plus de 10.000 autres au Parc Ste-Thérèse, selon madame le maire Claire Lydie Parent. La plupart d'entre eux proviennent des bidonvilles de Cité Soleil et Delmas :

"Nous faisons de notre mieux pour les aider, parce que tous les gens qui se trouvent sur les sites devront un jour retourner chez eux, sauf que le délai de ce retour n’est pas encore fixé. Mais pour ceux qui ont tout perdu, nous les encourageons à aller dans les villes de provinces jusqu’à ce que la situation devienne normale", a précisé Mme Parent.

Les États-Unis devraient parachuter mercredi de nouveaux ravitaillements, après les aides lâchées des avions lundi dernier : ainsi, deux tonnes d'eau et de vivres devraient être larguées dans la journée de mardi sur la ville côtière de Jacmel - à 40 kilomètres au sud de la capitale -, partiellement endommagée par le séisme du 12 janvier dernier. La population s'efforce néanmoins de recouvrer la normalité :

"Aujourd'hui et hier nous avons constaté que le trafic avait un peu repris malgré le manque d'essence, nous avons vu quelques transports publics. (…) Les gens se rendent au centre-ville soit retrouver un proche, un ami ou un parent. (…) Quelques bureaux et supermarchés tentent également de rouvrir leurs portes. Les activités économiques reprennent principalement dans les zones de Pétionville et de Delmas", indique Radio Métropole, tout en précisant que "les bus pour la province ont doublé leurs tarifs", tout comme ceux qui desservent les aires périphériques jusqu'au centre de la capitale.

La circulation reprend également peu à peu à Carrefour, dans la banlieue sud de Port-au-Prince, à Pétionville et à Delmas, le plus important étant de survivre, tel que le soulignent des sources d'informations locales. Près de 70.000 corps ont été jusque là enterrés dans des fosses communes, et, si le ministre de l'Intérieur, Paul-Antoine Bien-Aimé, a admis qu'il serait impossible de connaître le nombre exact des victimes, le chef des forces américains à Haïti, le général Ken Keen, envisage de son côté un bilan final allant de 150.000 à 200.000 morts.

En attendant, dans l'Est de l'île d'Hispaniola, la Conférence épiscopale dominicaine a appelé la communauté internationale à redoubler ses efforts en faveur du peuple haïtien, qualifiant de "honteuse" l'extrême pauvreté dans laquelle vit le pays limitrophe.

"La République Dominicaine s'est entièrement mobilisée pour l'urgence à Haïti ; pas un foyer ou une entreprise privée ou une institution publique n'a pas donné quelque chose ou envoyé une contribution économique. (…) Très nombreux sont les Dominicains qui interviennent concrètement dans les opérations de secours à la recherche de rescapés ; ceux de la Défense Civile ont été les premiers arrivés, dans les hôpitaux de campagne et pour le transport des blessés dans des hôpitaux dominicains", indiquent à la MISNA des sources humanitaires de Saint Domingue.

"Le soutien logistique de la République Dominicaine - ajoutent les sources - est fondamental : tous les ravitaillements en eau et essence passent par ici. Le gouvernement devra tôt ou tard s'occuper du problème des réfugiés mais aucune frontière n'a encore été fermée, malgré ce qu'ont pu écrire certains journaux".

En attendant, les hommes de la 82ème division américaine ont atterri dans l'enceinte du palais présidentiel de Port-au-Prince - symbole de l'État qui s'est effondré lors de la secousse -, confirmant la volonté de suprématie des États-Unis dans la gestion de la crise, qui suscitent les virulentes critiques de nombreux Haïtiens, qui y voient une atteinte à leur souveraineté nationale, et d'autres nations mobilisées pour porter secours aux rescapés et qui se sont dernièrement vu refuser l'autorisation d'atterrir à l'aéroport de la capitale.

En attendant, le conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé mardi à l'unanimité le déploiement à Haïti - où l'ONU est présente depuis 2004 par le biais de sa mission Minustah - de 3500 soldats et policiers pour contribuer au maintien de l'ordre et protéger les convois humanitaires.

Pendant ce temps, ledit Club de Paris, qui rassemble 19 des principaux pays bailleurs de fonds, a sollicité ses membres d'accélérer les procédures d'annulation de la dette bilatérale de Haïti : un engagement qui avait déjà été pris le 8 juillet dernier pour un montant total de 214 millions de dollars. Le communiqué de l'organisme met également l'accent sur la nécessité d'annuler la dette de Haïti au vu du nouvel endettement inévitable du pays pour répondre aux exigences de sa reconstruction.

 

(MISNA)

18.05.2009

Benoît XVI confie ses premières impressions aux journalistes

Le dialogue interreligieux, l’œcuménisme et la paix


ROME, Vendredi 15 mai 2009 (ZENIT.org) - Le dialogue interreligieux - exigence interne de la foi -, l'œcuménisme et la paix, voila trois axes de son pèlerinage de paix que Benoît XVI a développés dans l'avion devant les journalistes qui l'ont accompagné dans le Boeing 777 de la compagnie israélienne El Al, pendant le retour de Tel Aviv à Rome, au terme de son pèlerinage en Terre Sainte. Nous publions ci-dessous le texte de la déclaration du pape.

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Chers amis,

Merci de votre travail. J'imagine que ça a été difficile, avec tant de problèmes, de déplacements, etc., et je voudrais vous remercier d'avoir accepté toutes des difficultés pour informer le monde sur ce pèlerinage, pour inviter ainsi les autres aussi au pèlerinage en ces lieux saints.

J'ai déjà fait un bref résumé de ce voyage dans le discours de l'aéroport, je ne voudrais pas ajouter grand chose. Je pourrais évoquer tant, tant de détails : l'émouvante descente au point le plus bas de la terre, au Jourdain, qui est aussi pour nous un symbole de la descente de Dieu, de la descente du Christ dans les endroits les plus profonds de l'existence humaine.

Le Cénacle où le Seigneur nous a donné l'eucharistie, où a eu lieu la Pentecôte, la descente de l'Esprit Saint ; le Saint-Sépulcre, tant d'autres impressions, mais cela ne me semble pas le moment de le faire.

Il y a peut-être trois impressions fondamentales. La première, que j'ai trouvée partout, dans tous les milieux, musulmans, chrétiens, juifs : une volonté décidée au dialogue interreligieux, à la rencontre, à la collaboration entre les religions.

Et il est important que tous voient cela, non seulement comme une action, disons, pour des motifs politiques dans une situation donnée, mais comme un fruit du coeur même de la foi, parce que croire en un Dieu unique qui nous a tous créés, croire en ce Dieu qui a créé l'humanité comme une famille, croire que Dieu est amour, et qui veut que l'amour soit la force dominante dans le monde, implique cette rencontre, cette nécessité de la rencontre, de la collaboration en tant qu'une exigence de la foi même.

Second point : j'ai trouvé aussi un climat œcuménique très encourageant. Nous avons eu tant de rencontres avec le monde orthodoxe dans une grande cordialité ; j'ai pu aussi parler avec un représentant de l'Eglise anglicane et deux représentants luthériens, et l'on voit que précisément ce climat de la Terre Sainte encourage aussi l'œcuménisme.

Troisième point : il y a de grandes difficultés, nous le savons, nous l'avons vu et entendu.  Mais j'ai aussi vu qu'il y a chez tous un profond désir de paix. Les difficultés sont plus visibles et nous ne devons pas nous cacher les difficultés : elles existent et doivent encore être clarifiées. Mais le désir commun de paix, de fraternité n'est pas autant visible, et je crois que nous devons parler de cela aussi, encourager tous dans cette volonté de trouver à ces difficultés des solutions certainement pas faciles.

Je suis venu en pèlerin de la paix. Le pèlerinage est un élément essentiel de nombreuses religions, et justement il en est ainsi de l'islam, du judaïsme et du christianisme. C'est aussi l'image de notre existence, qui est une marche vers Dieu et ainsi également vers la communion de l'humanité.

Je suis venu en pèlerin et j'espère que beaucoup suivront ces traces et qu'ainsi ils encourageront les peuples de cette Terre sainte à l'unité, et deviendront aussi des messagers de paix. Merci.

© Copyright du texte original en italien : Librairie Editrice du Vatican

Traduit de l'italien par Zenit