06.04.2012
Syrie : Les chrétiens célèbrent Pâques dans la discrétion
Depuis plus d'un an, pas un jour ne passe en Syrie sans de nouvelles effusions de sang, violences, attaques du régime et contre le régime. Pris en tenaille dans ce conflit, les chrétiens de Syrie vont célébrer les fêtes de Pâques dans la discrétion. Le nonce apostolique sur place, formule l'espoir qu'à l'occasion des célébrations pascales, les syriens puissent connaître "la résurrection, la réconciliation, la paix" et tourner la page de la violence et de la mort.
18:04 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : homs, freres mineurs, libye, irak, afghanistan, diplomatie, paix, moyen-orient, vendredi saint, giancarlo la vella, mario zenari, aide a l'eglise en detresse, aed, custodie, pierbattista pizzabella, terre sainte, patriarches, antioche, gregoire iii laham, bachar al assad, politique, syrie, chretiens, violence, paques, nonce, resurrection, mort |
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03.05.2011
Ben Laden éliminé : les chrétiens doivent-ils avoir peur ?
La communauté internationale redoute des représailles après l’annonce de la mort d’Oussama Ben Laden, tué au Pakistan par un commando des forces spéciales américaines. Plusieurs pays ont considérablement renforcé leurs mesures de sécurité. Les chrétiens pakistanais, en particulier, ont peur d’être la cible d’attaques. Le directeur de la CIA s’est dit presque certain que les cellules d'Al-Qaïda allaient chercher à le venger. Tout en saluant la mort de Ben Laden, les pays occidentaux estiment que la lutte antiterroriste devra se poursuivre. Les minorités chrétiennes, qui vivent dans les pays à majorité musulmane, doivent-elles avoir peur ? Mathilde Auvillain (Radio Vatican) a posé la question à Mgr Michael Fitzgerald, ancien président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux et actuellement nonce apostolique au Caire.
20:18 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : communaute internationale, ben laden, pakistan, oussama ben laden, chretiens, cia, al-qaida, occident, terrorisme, lutte antiterroriste, musulmans, michael fitzgerald, conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le caire, afghanistan, kandahar, yves boyer |
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02.05.2011
La mort de Ben Laden, une victoire contre le terrorisme ?
Le terroriste le plus recherché de la planète est mort. Oussama Ben Laden, chef d’Al Qaïda, commanditaire des attentats contre les tours jumelles à New York le 11 septembre 2001, a été éliminé par les services secrets américains. C’est une « victoire » américaine dans la guerre contre le terrorisme. Depuis qu’il avait échappé il y a dix ans à l'intervention des troupes américaines en Afghanistan, Ben Laden avait été localisé pour la dernière fois par des témoins en novembre 2001 à Kandahar dans le sud afghan, mais c’est finalement au Pakistan que les hommes de la CIA l’ont retrouvé. Quelles conséquences pourra avoir la disparition de Ben Laden sur la progression du terrorisme dans le monde? Et sur la politique étrangère et de défense américaine ?
20:10 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ben laden, terrorisme, al qaida, new york, attentats, tours jumelles, afghanistan, kandahar, pakistan, cia, politique, defense, etats-unis, yves boyer, recherche strategique |
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28.03.2011
Un représentant du Saint-Siège à la conférence de Londres sur la Libye
Le nonce apostolique à Londres, Mgr Antonio Mennini, assistera, en qualité d’Observateur, à la conférence internationale sur la Libye, qui se tiendra le mardi 29 mars, dans la capitale britannique. La conférence rassemblera les ministres des Affaires étrangères de plus de 35 pays, en présence du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, du secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, et du président de l’Union africaine Jean Ping. Il s’agira de la première réunion du groupe de contact politique sur l'opération militaire en Libye.
16:35 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nonce, londres, antonio mannini, libye, ministres, affaires etrangeres, one, ban ki moon, otan, anders fogh rasmussen, union africaine, jean ping, operation militaire, coalition, insurges, turquie, colonel kadhafi, irak, afghanistan, moscou |
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05.08.2010
Benoît XVI acclamé par des dizaines de milliers de jeunes en liesse
Une place Saint-Pierre noire de monde en dépit de la chaleur estivale. Près de 60.000 jeunes et adolescents de 17 pays européens sont venus rencontrer Benoît XVI, ce mercredi matin à Rome, dans le cadre d’un rassemblement organisé par l’association «Coetus Internationalis Ministrantium». Des servants d’autel, garçons et filles, âgés de 12 à 25 ans. C’était la première audience générale du Pape après la pause du mois de juillet. Mais ces jeunes étaient venus aussi manifester leur soutien au Pape et leur confiance après la tourmente qui s’est abattue ces derniers mois sur l’Église catholique. Un Pape visiblement touché par la chaleur et la joie des jeunes après la tourmente qui s’est abattue ces derniers mois sur l’Eglise catholique.
08:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunes, pape, benoît xvi, russie, pakistan, afghanistan, catastrophes |
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26.02.2010
L'idéologie talibane
Existerait-il une internationale islamiste et terroriste ? Une question récurrente, face à la multiplication des foyers islamistes somaliens, afghans, yéménites ou pakistanais.

Deux fers de lance seraient à son service, le réseau terroriste Al Qaida et le mouvement des talibans pour mener la guerre contre l’Occident et ses valeurs.


Mais pas de guerre sans idéologie. Quelle est celle des talibans ? Eléments de réponse avec Olivier Roy (photo), politologue et spécialiste de l’Islam: >>
Dossier réalisé par Olivier Tosseri (Radio Vatican).
10:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : terrorisme, somalie, afghanistan, pakistan, al qaida, talibans, ideologie, olivier roy, politologue, l islam mondialise, yemen, islamisme |
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14.01.2010
Le réseau diplomatique du Saint-Siège. Dernière arrivée: la Russie
Le réseau diplomatique du Saint-Siège. Dernière arrivée: la Russie
En un demi-siècle, le nombre d'ambassadeurs du pape dans le monde a doublé. Les relations diplomatiques bilatérales ont triplé. Manquent à l'appel la Chine, l'Arabie Saoudite et quelques autres états. Le double jeu du Vietnam: tout en traitant avec le Vatican, il agresse les catholiques
par Sandro Magister

ROME, le 14 janvier 2010 – S’adressant, il y a trois jours, aux ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège, Benoît XVI a dit que l’Eglise de Rome "garde ses portes ouvertes à tous et souhaite avoir avec tous des relations qui contribuent au progrès de la famille humaine".
Il a rappelé avec satisfaction que des relations diplomatiques complètes ont enfin été établies avec la Russie elle-même.
Et l’on espère – a laissé entendre le pape – qu’il en sera bientôt de même avec le Vietnam (malgré les violences anticatholiques de ces derniers jours à Hanoï, diplomatiquement passées sous silence par les organes d’information du Vatican).
Le jour même du discours du pape aux ambassadeurs, la secrétairerie d’état du Vatican a diffusé une brève note d’information indiquant les nouveautés de 2009 en matière de relations diplomatiques.
La Russie, dernière arrivée, porte à 178 le nombre d’états qui entretiennent aujourd’hui des relations diplomatiques complètes avec le Saint-Siège. S’y ajoutent l'Union Européenne, l’Ordre Souverain et Militaire de Malte et, sous une forme spéciale, l'Organisation de Libération de la Palestine. Mais aussi les nombreuses organisations intergouvernementales et les programmes internationaux auxquels le Saint-Siège participe comme observateur ou comme membre.
Le Saint-Siège a signé des concordats, accords et conventions de toutes sortes avec beaucoup de ces états et organismes. Par exemple, l’an dernier, avec le Land allemand de Schleswig-Holstein, l'Autriche et le Brésil.
Très peu d’états, donc, n’ont pas de rapports diplomatiques avec l’Eglise de Rome. Parmi eux, en plus du Vietnam, il y a la Chine populaire et l'Arabie Saoudite.
Dimanche 10 janvier, veille de la rencontre du pape avec les ambassadeurs, "Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie, a publié une vue d’ensemble précise du réseau diplomatique du Vatican dans le monde.
L'auteur est un vaticaniste des mieux préparés. Voici ce qu’il a écrit.
Les 16 états qui manquent à l’appel. Et les dernières données sur les ambassadeurs et les nonces
par Gianni Cardinale
En 1978, le Saint-Siège avait des relations diplomatiques complètes avec 84 états. En 2005, ils étaient 174. Avec Benoît XVI, ils sont passés à 178.
Sous son pontificat, des relations ont en effet été établies en 2006 avec le Monténégro nouveau-né, en 2007 avec les Emirats Arabes Unis et en 2008 avec le Botswana. Enfin, le 9 décembre, est venu le tour de la Fédération de Russie, avec qui existaient déjà des relations de nature spéciale, comme celles qui perdurent avec l’Organisation pour la Libération de la Palestine.
Parmi les pays avec lesquels le Saint-Siège a des relations diplomatiques, il y a aussi la Chine-Taïwan. Toutefois, depuis 1979, ce n’est plus un nonce qui y réside, mais un simple "chargé d’affaires par intérim". Et cela en attendant de pouvoir transférer enfin la nonciature à Pékin.
La Chine populaire est en effet le plus grand des pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Mais ce n’est pas le seul. Outre le Kosovo – au statut international encore controversé – le Saint-Siège n’entretient pas encore de relations avec 16 états, asiatiques pour la plupart et souvent à majorité musulmane.
Dans 9 de ces pays - Afghanistan, Arabie Saoudite, Bhoutan, Chine populaire, Corée du Nord, Maldives, Oman, Tuvalu et Vietnam – pas de représentant du Vatican. Dans 7 autres, il y a des délégués apostoliques, c’est-à-dire des représentants pontificaux auprès des communautés catholiques locales mais pas auprès des gouvernements. Trois de ces pays sont africains : Comores, Mauritanie et Somalie. Et quatre sont asiatiques : Brunei, Laos, Malaisie, Myanmar.
Le Saint-Siège a quand même déjà eu des contacts formels avec certains de ces pays. Des représentants de l’Afghanistan, de l’Arabie Saoudite, de la Malaisie, d’Oman et du Vietnam ont en effet assisté à la messe de début de pontificat de Benoît XVI. Et aux funérailles solennelles de Jean-Paul II, les représentants de Brunei et de la Somalie ont manifesté leur présence.
Avec le Vietnam, les négociations tendant à l’établissement de relations diplomatiques complètes ont formellement commencé. La visite du président Minh Triet au Vatican, le 11 décembre, a été encourageante à cet égard. En ce qui concerne la Chine, des contacts officieux existent entre des personnalités de la secrétairerie d’état, l’ambassadeur de Pékin en Italie, et les responsables du Bureau pour les affaires religieuses du régime chinois.
La diplomatie pontificale a aussi commencé à travailler à l’établissement de relations avec Oman. Mais certains états musulmans semblent réfractaires à toute discussion. C’est le cas de l’Arabie Saoudite – le culte catholique y est toujours officiellement interdit, même si l’audience accordée par le pape au roi Abdallah, le 6 novembre 2007, a été un signal positif – ou des Maldives, qui n’acceptent même pas l’entrée sur leur territoire de prêtres qui pourraient assister les nombreux touristes catholiques présents dans l’archipel.
Actuellement les ambassadeurs près le Saint-Siège d’environ 80 pays résident à Rome. Les autres sont des diplomates qui résident dans d’autres capitales d’Europe. Le Saint-Siège n’accepte pas d’ambassadeurs accrédités en même temps près l'Italie. Un autre signe de l’intérêt diplomatique croissant pour le Saint-Siège est que, sous le pontificat de Benoît XVI, les ambassadeurs d’Australie, du Cameroun, des Seychelles et du Timor Oriental se sont installés à Rome.
Il y a aujourd’hui dans le monde 101 nonces apostoliques en activité, certains s’occupant de plusieurs pays. Près de la moitié, 50, sont italiens, un pourcentage en baisse par rapport au passé (en 1961, 48 nonces sur 58 étaient Italiens, soit 83 % ; et en 1978, 55 sur 75, soit 73 %). Cette baisse devrait se poursuivre puisque, sous le pontificat de Benoît XVI, 26 nonces à leur première nomination ont été élevés à l’épiscopat, dont seulement 10 Italiens (38 %).
Toutefois les représentants pontificaux dans des pays importants ecclésiastiquement et politiquement comme la France, l’Espagne, les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil, la Colombie, Israël (Jérusalem et Palestine), la Russie et l’Italie elle-même, sont encore Italiens.
Les autres nonces viennent, pour la plupart, du reste de l’Europe (27, dont 7 Espagnols, 6 Polonais, 5 Français, 3 Suisses), mais aussi d’Asie (14, dont 6 Indiens et 4 Philippins), d’Amérique du Nord (6, venant tous des Etats-Unis), d’Afrique (3) et d’Amérique latine (1).
Avec Benoît XVI, le réseau de nonciatures a été renforcé en Afrique, où ont été créés deux nouveaux postes : au Burkina Faso en 2007 et au Libéria en 2008. Et la Libye a décidé de donner son accord pour la construction d’une nonciature à Tripoli. Encore des signes de l’intérêt – réciproque – du Saint-Siège pour un continent parfois oublié par les grandes puissances.
Le journal de la conférence des évêques d’Italie qui a publié l'article :
> Avvenire
Le discours adressé, le 11 janvier 2010, par Benoît XVI au corps diplomatique :
> "Cette rencontre traditionnelle du début de l’année..."
La note d’information diffusée le même jour par la secrétairerie d’état :
> Nota informativa, 11 gennaio 2010
Sur le site du Vatican, la liste des états et des organismes internationaux avec lesquels le Saint-Siège entretient des relations :
> Relations bilatérales et multilatérales du Saint-Siège
Et la liste des concordats et des accords signés depuis 1929 jusqu’à aujourd’hui, avec les documents correspondants :
> Concordati e accordi della Santa Sede
Des informations sur les récentes agressions anticatholiques au Vietnam, passées sous silence par "L'Osservatore Romano" pour des raisons de prudence diplomatique :
> Asia News
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
17:07 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maldives, brunei, malaisie, saint-siege, dipolomatie, russie, eglise catholique, relations diplomatiques, hanoi, union europeenne, ordre souverain et militaire de malte, accords, schleswig-holstein, autriche, avvenire, botswana, federation de russie, chine-taiwan, pekin, kosovo, musulmans, afghanistan, bhoutan, laos, myanmar, chine, arabie saoudite, vietnam, vatican, pape, benoit xvi, rome, violence, anticatholique, organistaion de liberation de la palestine, concordats, conventions, bresil, italie, nonces, pontificat, montenegro, emirats arabes unis, coree du nord, oman, tuvalu, delegues apostoliques, comores, mauritanie, somalie |
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10.12.2009
Barack Obama, le président en guerre prix Nobel de la Paix
En fin de semaine dernière le président américain annonçait sa nouvelle stratégie pour la guerre en Afghanistan, aujourd’hui il se rend à Oslo pour la remise de son prix Nobel de la Paix.
(Reuters/Kevin Lamarque)
Après deux mandats de Georges Bush, l’élection de Barack Obama, premier noir président des Etats-Unis avait suscité de très grands espoirs. Mais un an après son arrivé au pouvoir la réalité laisse parfois perplexe. Pour ne prendre qu’un exemple : Guantanamo. La prison ne pourra vraisemblablement pas être fermée avant la fin du mois de janvier comme il l’avait promis.
Jean Etienne de Linares est délégué général de l’ACAT France. Il est interrogé par Mathilde Auvillain (Radio Vatican) >>
16:31 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, prix nobel de la paix, oslo, afghanistan, georges bush, etats-unis, guantanamo, jean etienne de linares, acat, france |
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20.08.2009
Les humanitaires à l'honneur: entretien avec Jacky Mamou
Le 19 août est désormais classé journée mondiale de l’aide humanitaire. Les Nations Unies ont voulu rendre hommage aux travailleurs humanitaires qui ont perdu leur vie en assistant des populations. Une date qui n’est pas un hasard, puisque le 19 août 2003, 22 membres des Nations Unies, dont le chef du bureau irakien de l'organisation Sergio Vieira de Mello, ont trouvé la mort dans un attentat à Bagdad…
Une spécialiste des affaires humanitaires de la Mission intégrée des Nations Unies pour le Timor-Leste discute avec le chef d’un camp pour personnes déplacées, de l’acheminement de l’aide humanitaire.
Photo ONU/ Martine Perret, 2 avril 2009
Des victimes qui symbolisent une nouvelle réalité de terrain: la violence, de plus en plus meurtrière, des besoins qui ne cessent d’augmenter, des désastres climatiques exponentiels, une criminalité rampante et impunie. 2008 a atteint des records en terme de violences avec 260 travailleurs humanitaires victimes d'enlèvements et attaques, dont 122 ont trouvé la mort.
Souvent perçus comme des agents occidentaux, les humanitaires sont même devenus des cibles dans les pays à fort taux de kidnapping. Les pays les plus dangereux sont le Soudan, le Tchad, l'Afghanistan, le Pakistan et surtout la Somalie.
Jacky Mamou, président du collectif Urgence Darfour et ancien président de Médecins du Monde, revient sur le sens de cette initiative.
Cliquer ici pour écouter sur Radio Vatican: >>
Face à cette inquiétante évolution, Caritas Internationalis souhaite mettre l'accent sur les grands principes de base de l'aide humanitaire : l'impartialité (une aide basée sur des besoins réels, sans distinction de race, de religion ou de conviction politique), la neutralité (ne pas prendre parti dans les hostilités), l'humanité (tout être humain doit être traité humainement dans le respect de l'individu) et l'indépendance (définir et mettre en oeuvre ses propres politiques, indépendamment des politiques ou des actions gouvernementales).
« En Afghanistan tout comme au Zimbabwe, en Géorgie, à Gaza, au Sri Lanka ou au Soudan, nous avons constaté que le libre accès aux zones de conflit ainsi que le respect du travail humanitaire étaient régulièrement bafoués. Or, il s'agit là de conditions essentielles pour pouvoir secourir les victimes de situations d'urgence. Nous demandons donc aux parties en conflit de profiter de cette première Journée Humanitaire Mondiale pour honorer leurs engagements, tels que définis dans la Convention de Genève » déclare Jan Weuts, coordinateur d'urgences de Caritas Internationalis
06:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aide humanitaire, nations unies, sergio vieira de mello, bagdad, soudan, tchad, afghanistan, pakistan, somalie, jacky mamou, urgence darfour, medecins du monde, caritas internationalis, zimbabwe, georgie, gaza, sri lanka, convention de geneve, journ, irak |
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23.05.2009
Tous les chemins mènent à Rome. Même ceux qui viennent d'Asie
C'est ce que l'ambassadeur du Japon a expliqué à des diplomates de 16 pays d'Asie, réunis au Vatican pour étudier la politique internationale du Saint-Siège. Parce que la papauté aussi "est une grande puissance", même si elle est spéciale. Voici le texte inédit de sa conférence
par Sandro Magister
ROME, le 22 mai 2009 – Le cours se terminera demain par la remise des diplômes à 17 diplomates de 16 pays d'Asie. Il a commencé le 11 mai à l’Université Pontificale Grégorienne et s’est poursuivi par des sessions dans les palais du Vatican, les intervenants étant les plus illustres représentants de la politique du Saint-Siège.
Le sujet traité était en effet: "L’Eglise catholique et la politique internationale du Saint-Siège".
Lors du cours de 2007, le premier de la série, les élèves venaient de 19 pays musulmans de la Méditerranée et du Moyen-Orient. L’an dernier, ils venaient de 22 pays d'Afrique. Cette année, c’était le tour de l’Asie, avec des diplomates venus d’Afghanistan, d’Australie, du Bangladesh, du Cambodge, de Timor-Est, d’Indonésie, du Japon, de Corée, du Laos, de Malaysia, du Myanmar, des Philippines, du Sri Lanka, de Taïwan, de Thaïlande, du Vietnam.
Manquaient à l’appel les géants du continent: l'Inde et la Chine. Le Pakistan n’était pas présent non plus. Mais les organisateurs – au premier rang desquels le jésuite Franco Imoda, ancien recteur de l’Université Grégorienne – sont quand même satisfaits. Parmi les élèves figurent les représentants de pays asiatiques qui ne brillent pas par le respect de la liberté religieuse et qui n’ont même pas de relations avec le Vatican, mais qui ont tout de même jugé nécessaire d’étudier le sujet directement à la source, au quartier général du catholicisme mondial.
Le cours a été organisé par la Fondation Grégorienne et par l'Institut International Jacques Maritain, avec l’appui de quatre universités: l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, la Georgetown University de Washington, la Libera Università Maria Santissima Assunta de Rome et la Sophia University de Tokyo. Le tout sous le patronage du Saint-Siège.
La partie initiale du cours a eu lieu à Rome et la partie finale à Turin, ville de l'industrie automobile où ont vécu de grands saints "sociaux" comme saint Jean Bosco. Les élèves ont pu y visiter des réalisations catholiques dans les domaines les plus variés, comme le Cottolengo pour l'assistance aux handicapés lourds et l'Arsenal de la Paix. Le dernier jour, ils ont fait une excursion au monastère de Bose et rencontré le prieur, Enzo Bianchi.
L'Asie est le continent le plus imperméable au christianisme, qui n’y est présent en masse que dans des lieux bien délimités, alors que dans d’autres endroits il est l’objet d’une forte opposition.
Le programme, très dense, comportait une conférence de l'ambassadeur près le Saint-Siège d’un grand pays asiatique, le Japon.
Son intervention, qui a eu lieu à l’Université Pontificale Grégorienne le 15 mai, est rapportée ci-dessous presque en entier. Elle est d’un grand intérêt parce qu’elle reflète la vision qu’a du Saint-Siège et de la papauté le représentant d’un pays dont la culture et les traditions sont très éloignées du christianisme.
Kagefumi Ueno, l'ambassadeur, est un penseur de formation bouddhiste et shintoïste. Il est en poste à Rome depuis novembre 2006.
L'Asie et le Saint-Siège
par Kagefumi Ueno

En Asie, où des religions comme le bouddhisme, l'hindouisme, le taoïsme, le shintoïsme et l'islam sont dominants, le christianisme est généralement perçu comme "étranger" et les chrétiens sont minoritaires, sauf exceptions. Au Japon, par exemple, les catholiques représentent moins de 0,5 % de la population et il est très peu probable que ce chiffre augmente dans un proche avenir.
Dans ces conditions, les pays asiatiques ne donnent pas la priorité à leurs relations diplomatiques avec le Saint-Siège (ou avec le Vatican, terme que j’emploierai souvent pour faire court). Beaucoup d’entre eux n’ont établi de relations avec le Vatican que dans les dernières décennies. Le Japon a été l’un des premiers, puisqu’il l’a fait en 1942. Le Vatican y avait déjà établi un représentant 23 ans auparavant, en 1919, mais seulement pour les affaires religieuses, comme c’est aujourd’hui le cas pour la Malaysia, le Myanmar, Brunei et le Laos. De plus, beaucoup des pays asiatiques qui entretiennent des relations diplomatiques avec le Vatican n’ont pas de représentant à Rome. Ils chargent des relations avec le Vatican leurs ambassadeurs dans des pays proches comme la Suisse ou l’Allemagne. Certains pays asiatiques n’ont toujours pas établi de relations diplomatiques, comme la Malaysia, le Myanmar, le Vietnam, le Laos. Et dans les pays qui ont un représentant à Rome, le poste d’ambassadeur près le Saint-Siège est parmi les moins recherchés.
Pour comprendre les relations entre l’Asie et le Vatican, il est donc inévitable d’analyser les différences religieuses et culturelles. Feu le cardinal Hamao, un Japonais, avait souligné, il y a quelques années, qu’entre l’Asie et le Saint-Siège il y a une grande distance non seulement physique mais morale. Cette distance est-elle franchissable? Je crois qu’il est peu probable que ce sentiment de distance soit substantiellement diminué dans l’avenir proche, parce que les deux parties représentent des civilisations très anciennes et ont peu de motifs de les changer d’urgence.
La question est alors de savoir s’il est justifiable pour les Asiatiques de rendre plus prioritaires leurs relations diplomatiques avec le Vatican, étant entendu que le sentiment d’éloignement religieux entre les deux parties apparaît impossible à combler à brève échéance.
Ma réponse est: "Oui, c’est justifiable". Je vais dire pourquoi.
POURQUOI JE SUIS ARRIVE AU VATICAN
Avant d’aborder le sujet, je voudrais parler un peu de moi. Au cours des 10 ou15 dernières années, j’ai écrit bon nombre d’articles et d’essais dans des journaux et des revues, généralement pour comparer des cultures et des civilisations, et j’ai participé à des conférences et des séminaires au Japon et à l’étranger. En général mes interventions sont fondées sur ma philosophie bouddhiste-shintoïste.
J’ai étudié les cultures parce que je pense que, si nous ne connaissons pas les différences culturelles, et surtout les religions qui ont un impact substantiel sur les relations internationales, nous diplomates ne sommes pas capables de comprendre les pays dans lesquels nous travaillons.
Il y a trois ans, j’ai publié un livre d’études comparatives sur les "civilisations polythéistes" et les "civilisations monothéistes", dans lequel j’ai soutenu que, en général, la vision religieuse a un impact non négligeable sur la politique et la diplomatie.
Par un développement naturel de mon livre, j’ai souhaité discuter de sujets de civilisation avec le clergé de l’Eglise catholique, de préférence au Vatican. Voilà pourquoi, il y a trois ans, j’ai demandé à mon gouvernement de m’envoyer à Rome. "Vous êtes sûr?" m’a demandé avec un air étonné le vice-ministre auquel j’avais adressé ma demande. "Tout à fait sûr" ai-je répondu. Un mois plus tard, j’étais nommé.
Une fois en poste, à chaque fois que je rencontrais un responsable du Vatican, je lui parlais de mon souhait de dialoguer sur des questions de civilisation avec des hommes d’Eglise. Un jour, un cardinal m’a dit: "Mon cher ambassadeur, vous êtes vraiment au bon endroit, parce que c’est nous qui avons créé la civilisation occidentale". En quarante ans de vie diplomatique, c’était la première fois que je rencontrais quelqu’un qui s’exprimait avec autant de franchise.
Au cours des deux ans et demi qui ont suivi, j’ai eu des discussions sur des sujets de civilisation avec des personnalités de l’Eglise, à Rome. J’ai donné des interviews, écrit des essais, donné des cours sur les religions et les cultures. J’en suis satisfait. Mais il y a un problème. Je n’ai pas eu assez de temps pour écrire et étudier. Pourquoi?
SURPRISE. LE VATICAN OCCUPE PLUS QU’ON NE LE CROIT
La raison est que le Vatican mène une telle masse d’activités dont Tokyo doit être informé, que j’ai été occupé au-delà de ce que j’avais prévu. Je ne parle pas des activités religieuses mais des activités non religieuses. Après tout, comme ambassadeur d’un pays non chrétien, je ne suis pas tenu de suivre les affaires religieuses, mais seulement les non religieuses. Pourtant, je suis toujours occupé parce que le pape reçoit souvent des chefs d’état ou de gouvernement, des dirigeants d’organismes internationaux. Beaucoup d’entre eux viennent de pays non chrétiens. Je dois donc rédiger un rapport. Au cours des trois dernières années, par exemple, tous les chefs d’état ou de gouvernement des pays du G8 ont été reçus en audience par le pape, sauf le premier ministre japonais. Leurs rencontres avec le pape font l’objet d’une forte couverture par les médias internationaux, en plus de celle des médias nationaux, publicité qui à son tour encourage d’autres leaders à se rendre chez le pape. De ce point de vue, le Vatican exerce une sorte de magnétisme, il est un centre d’action internationale et de diplomatie. Quelques mois après mon entrée en fonctions, j’étais convaincu que le Vatican est un acteur important de la communauté internationale, même quand les aspects religieux sont laissés de côté.
QUATRE RAISONS POUR QU’UN PAYS AIT DES DIPLOMATES A ROME
D’après mon expérience, il y a au moins quatre raisons de penser que le rôle international du Vatican est élevé et significatif, ce qui justifie que même des pays non chrétiens aient des diplomates en poste ici, à Rome. Je vais exposer ces raisons l’une après l’autre.
Facteur 1. Le pouvoir moral
Début janvier 2007, quelques mois après mon arrivée ici, tous les diplomates, dont moi et mon épouse, ont été invités par le pape à écouter son discours de début d’année sur la situation internationale, dans la Salle Royale du Palais Apostolique, là où trois jeunes représentants japonais rencontrèrent le pape Grégoire XIII en 1595, dix ans à peine avant que le Japon n’interdise le christianisme. Dans la Salle Royale, comme chaque année, le pape s’est adressé aux diplomates en français. Son discours a duré environ trois quarts d’heure. Presque toutes les questions importantes ont été abordées, depuis des sujets globaux comme la pauvreté, le désarmement, les actions de paix, le règlement des conflits, les droits de l’homme, les minorités, les migrations, le changement climatique, jusqu’aux problèmes régionaux en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et ainsi de suite. Le pape a traité environ 45 sujets importants. Le lendemain, son message était transmis dans le monde entier, avec un impact sur la société internationale, tandis que mes services rédigeaient un rapport détaillé pour Tokyo.
A travers son message, j’ai vu la volonté du pape de jouer un rôle de "gardien" de la société internationale. Si l’on écoute son discours sans savoir qui parle, on peut penser que l’auteur est le secrétaire général des Nations Unies. Oui, les deux personnages ont un rôle semblable, en ce sens que le pape et le secrétaire général de l'ONU jouent tous les deux un rôle important de "gardiens de la morale internationale".
Bien sûr, les discours du pape retiennent l’attention du monde parce qu’il représente 1,1 milliard de catholiques. Mais, plus fondamentalement, on pense que son pouvoir moral et son autorité morale ont été renforcés à partir du moment où, en 1870, le Vatican a perdu presque tout son territoire. Jusqu’à cette époque, les possessions du Saint-Siège s’étendaient à la moitié de l’Italie et, en ce sens, il était une puissance temporelle comme l’Espagne et la France. En tant qu’état temporel, il avait des intérêts financiers à protéger. Il avait le devoir de protéger des citoyens et un territoire. Il avait des intérêts nationaux dont il devait prendre soin. Mais la perte de son territoire l’a libéré de ses "intérêts nationaux". Quand on écoute le président des Etats-Unis ou celui de l’Inde, on interprète naturellement leurs discours comme concernant leurs intérêts nationaux. Mais quand le pape parle d’affaires internationales, on n’interprète plus ses discours comme cachant les intérêts nationaux du Vatican. Cela permet au Saint-Siège de parler des questions internationales d’un point de vue humanitaire, éthique, moral. Paradoxalement, en perdant son pouvoir séculier, le Vatican a accru son pouvoir moral.
Compte tenu du fait que les discours du pape sont diffusés par les médias à l’échelle mondiale, on peut aussi dire que le pape est l’un des "opinion leaders" les plus significatifs et les plus efficaces.
Les messages du pape retiennent-ils l'attention des grandes puissances et des autres acteurs internationaux majeurs, sa voix a-t-elle un impact sur eux ? Ma réponse est double. C’est "non" à court terme et "oui" dans une perspective plus longue. On sait que Jean-Paul II avait exprimé avec force ses objections au président Bush avant que celui-ci ne décide d’attaquer l'Irak en 2003. Sur le moment, l'appel du pape n’avait pas été pris en considération par les Etats-Unis, mais cela n’avait pas diminué la valeur des paroles et des actes du pape. En fait, le fait que le pape ait fait une proposition que les Etats-Unis n’ont pas voulu écouter démontre le rôle important du Saint-Siège. Je suis convaincu que la communauté internationale a besoin d’un gardien moral comme lui ou le secrétaire général de l'ONU. Personne d’autre ne peut le remplacer dans ce rôle. En ce sens, le pape doit être considéré comme une ressource, un bien public international. Pas parce qu’il est le chef de l’Eglise catholique, mais parce qu’il est capable de diffuser partout des messages humanitaires, moraux.
En mars 2009, mon gouvernement a invité au Japon Mgr Mamberti, le ministre des Affaires étrangères du Vatican. Il a eu deux heures et demie d’entretien avec le ministre japonais des Affaires étrangères, H. Nakasone, qui a abordé presque toutes les grandes questions internationales. Après l’entretien, Nakasone m’a dit qu’il avait apprécié et aimé le dialogue avec le Vatican, qu’il avait trouvé direct et un peu différent des dialogues avec les états temporels. En particulier, il avait été frappé par la vision qu’avait le Vatican de la crise économique mondiale, à savoir que cette crise avait été causée et aggravée parce que les milieux financiers avaient cherché exagérément leur intérêt, en laissant de côté toute considération morale. La visite de Mgr Mamberti a été d’autant plus importante que c’était la première visite officielle d’un ministre des Affaires étrangères du Vatican au Japon depuis l’établissement des relations diplomatiques, il y a 67 ans.
Facteur 2. Le pouvoir de faire circuler les messages
En novembre 2006, j’ai présenté au pape mes lettres de créance émanant de l'empereur du Japon. Pendant environ un quart d’heure, j’ai eu avec lui une agréable conversation en tête à tête dans sa bibliothèque privée. Notre conversation a porté, entre autres, sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Le jour même et le lendemain, une grande partie des médias du monde, nationaux et internationaux, grands et petits, ont parlé de notre conversation, en donnant bien sûr plus d’importance aux propos du pape. En Corée, c’était le sujet d’ouverture des journaux télévisés du soir, avec mon épouse et moi en kimono. Les reportages de la télévision coréenne ont été retransmis par la télévision japonaise.
La nouvelle a été diffusée non seulement par les grands médias mais aussi par de très nombreux médias catholiques locaux du monde entier, en Asie, dans les deux Amériques, en Europe, etc.
Par la suite, j’ai donné des interviews au quotidien du Saint-Siège, "L'Osservatore Romano" et à des sources comme Zenit, "Inside the Vatican" et EWTN. A nouveau, j’ai constaté que les interviews que j’avais accordées à Rome étaient évoquées et diffusées en de nombreux points de chaque continent par les médias catholiques locaux. Par exemple, le réseau télévisuel EWTN est relié à des centaines de chaînes aux USA et en Amérique latine. Donc, une déclaration faite sur EWTN atteint de nombreux endroits des deux Amériques.
De ce point de vue, j’ai découvert que le Vatican a de bonnes raisons d’être "provoqué" par les diplomates asiatiques.
Facteur 3. Le pouvoir intellectuel
Un autre aspect surprenant est la fréquence des séminaires et colloques organisés par divers organismes et institutions du Vatican, avec la participation de cerveaux du monde entier.
Par exemple, l’académie pontificale des sciences tient son assemblée de chercheurs tous les deux ans. En novembre dernier, elle a tenu une session plénière sur "L'évolution de l'univers et des êtres humains", au cours de laquelle d’éminents savants de nombreux pays ont discuté de ce sujet pendant quatre jours selon différents points de vue scientifiques. Ayant assisté à quelques séances, j’ai été impressionné. Après l'inauguration de la session plénière, le pape a remis une médaille à une douzaine de nouveaux membres, dont un chercheur japonais et trois ou quatre prix Nobel.
Ces deux dernières années, des séminaires qui m’ont intéressé concernaient l'islam, les droits de l’homme, le darwinisme, le soin des enfants, l'eugénisme, etc.
Bref, le Vatican dispose d’un système qui donne au pape accès aux opinions des meilleurs cerveaux du monde, ce qui enrichit encore ses messages et renforce ses pouvoirs moraux.
En ce sens, le Vatican n’est pas qu’un état, c’est aussi un ensemble de "think tanks", eux-mêmes en réseau avec de nombreux "think tanks" éminents du monde entier. Le Saint-Siège fonctionne comme un carrefour d’intellectuels, qui donne à ceux-ci l’occasion de discuter et d’échanger des points de vue. Dans ce contexte aussi, le Vatican offre des biens publics.
A ce sujet, une difficulté devrait être traitée, spécialement en ce qui concerne les diplomates asiatiques : beaucoup de ces séminaires ont lieu uniquement en italien, rarement en anglais. Cela peut décourager certains diplomates asiatiques d’y participer. Si ce système était changé, beaucoup d’entre eux seraient plus attirés et s’y rendraient.
Facteur 4. Le pouvoir de l’information
Parce que l’Eglise catholique est présente presque partout dans le monde en tant qu’Eglise universelle et qu’il y a des prêtres et des religieuses catholiques à peu près partout, l’Eglise catholique en général et le Vatican en tant que son "hub" – passent pour être informés de tout ce qu’il se passe d’important dans le monde.
Beaucoup d’ambassadeurs en poste ici disent que c’est le "poste d’écoute". Par exemple, les Etats-Unis ont établi des relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 1984. Pas en 1884! En tout cas, dès le milieu du XIXe siècle, on discutait avec animation, à Washington, pour savoir s’il fallait ou non avoir des relations officielles avec le Vatican. Ceux qui étaient pour affirmaient que, au Vatican, si l’on participait à des dîners et des réceptions tous les soirs, on pouvait être informé de la situation en Europe. La majorité des protestants répugnaient beaucoup à se lancer. Il a encore fallu 130 ans avant que les relations officielles ne soient établies.
Même chose au Japon. Le Vatican ayant établi un délégué à Tokyo pour les affaires religieuses en 1919, on a commencé à y discuter pour savoir s’il fallait ou non établir des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Ceux qui étaient pour assuraient que c’était opportun parce que le Vatican passe pour être une source fiable d’informations. Mais les chefs religieux du bouddhisme et du shintoïsme étaient contre. Il a fallu encore 23 ans avant que les relations diplomatiques ne soient finalement établies.
Mais, même si le Vatican a des "oreilles énormes", cela ne garantit pas que tout le monde ait accès à ses informations. Les diplomates du Vatican ressemblent à la description qu’en font beaucoup d’ambassadeurs: calmes, discrets, prudents, mais surtout précautionneux. Il faut être très habile pour leur faire dire quelque chose de substantiel.
UN MOT POUR CONCLURE
Illustres collègues diplomates, Un ambassadeur occidental m’a dit: "Par la taille, le Vatican est petit comme la Principauté de Monaco, mais par l’influence il est grand comme la Chine". Un autre ambassadeur l’a décrit comme "la plus petite des grandes puissances". Compte tenu de cela, les pays d'Asie qui n’ont pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège ou ceux qui n’ont pas à Rome d’ambassadeur résident sont invités à étudier les avantages de s’établir ici, en dehors de la distance religieuse et culturelle qui les sépare.
On pourrait m’objecter que faire abstraction des éléments religieux du Vatican est trop artificiel. Mais je suis convaincu que ma manière de voir peut s’avérer convaincante, en ce sens qu’elle me permet de démontrer qu’il est opportun que le Vatican ait des liens avec les pays d’Asie, pas en tant que quartier général du catholicisme mais en tant qu’important acteur diplomatique.
Bref, la haute stature internationale du Vatican est une "réalité du présent". Jusqu’à maintenant, beaucoup de pays d’Asie semblent l’avoir négligé ou sous-estimé. Il serait bon qu’ils portent sur cette réalité un regard un peu plus stratégique et qu’ils fassent un net pas en avant.
On pourrait en dire autant à propos du Vatican. Le rôle international accru de beaucoup de pays asiatiques est également une "réalité du présent", que le Vatican semble avoir quelque peu négligé jusqu’à présent. Peut-être parce que le Vatican reste trop eurocentrique, bien qu’il se dise universel. La faible présence et la faible représentativité des diplomates asiatiques en poste ici sont peut-être en partie dues à l’attention limitée (je veux dire l’attention diplomatique) que le Vatican a jusqu’à présent accordée à ce continent. Un exemple symbolique est le fait qu’à ce cours pour diplomates asiatiques il n’y a d’ambassadeur ni de New Delhi ni de Pékin. Dans beaucoup d’autres forums internationaux, les Asiatiques sont beaucoup plus présents.
A cet égard, il serait souhaitable que le Vatican prenne des initiatives pour inviter les diplomates asiatiques à se lier d’amitié. Il serait bon qu’il agisse de plus en plus pour accroître et stimuler l’intérêt des Asiatiques pour le Vatican dans les années à venir. Mais comment?
Il y a deux domaines dans lesquels, à mon avis, le Vatican peut intensifier son approche et, par là, accroître l’intérêt qu’il inspire aux Asiatiques.
Le premier élément-clé est de comprendre plus en profondeur les mentalités des Asiatiques, en étudiant leurs langues et leurs cultures, comme le fit au Japon, il y a plus de quatre siècles, A. Valignano, jésuite et missionnaire italien originaire de Chieti.
Le second est une condition minimum, à introduire au moins dans le milieu diplomatique: passer de l'italien à l’anglais comme langue de travail prioritaire ici à Rome. Un recours excessif à l'italien peut décourager les diplomates asiatiques de chercher des contacts avec le Vatican, alors qu’un recours plus important à l’anglais les faciliterait.
En un mot, si le Saint-Siège n’a pas de rapports plus intenses avec l'Asie, il ne peut pas être vraiment "universel".
Cela dit, je ne pense pas que l’effort pour renforcer les relations n’incombe qu’au Vatican. Des initiatives asiatiques sont également indispensables. Il devrait y avoir une symétrie d’initiatives. Après tout, les relations ne peuvent devenir plus profondes, plus larges et plus rapprochées que quand les deux parties, les Asiatiques et le Vatican, et non une seule partie, font davantage pour renforcer et améliorer leurs relations.
Une dernière remarque avant de terminer. Si je ne me suis pas référé aux dialogues interreligieux menés par le Vatican et d’autres institutions catholiques – dialogues en eux-mêmes tout à fait valables – c’est parce que, pour esquisser un modèle simple et compréhensible hors du Vatican, j’ai jugé raisonnable d’exclure les facteurs religieux et de me concentrer uniquement sur les aspects non religieux.
Les articles consacrés par www.chiesa aux deux cours précédents, en 2007 et 2008:
> Une formation pour les diplomates africains: voilà comment est faite l'Eglise (19.6.2008)
> Les diplomates musulmans vont à l'école. Chez les jésuites (18.6.2007)
Les actes du cours de 2007 ont été publiés en un volume, sous la direction de la Fondation Européenne Dragan:
Franco Imoda, Roberto Papini (éd.), "The Catholic Church and the International Policy of the Holy See / L'Eglise Catholique et la Politique Internationale du Saint-Siège", Editions Nagard, Milan, 2008, 344 pp., 10,00 euros.
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
15:58 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean bosco, japon, ambassadeur, saint-siege, politique, paute, diplomates, universite pontificale gregorienne, vatican, politique internationale, musulmans, moyen-orient, afrique, asie, afghanistan, australie, bangladesh, cambodge, timor-est, indonesie, coree, laos, malaysie, myanmar, philippines, sri lanka, taiwan, thailande, vietnam, inde, chine, pakistan, liberte religieuse, catholicisme, fondation gregorienne, jacques maritain, rome, georgetown university, libera universita maria santissima assunta, sophia university, tokyo, turin, cottolengo, arsenal de la paix, bose, enzo bianchi, kagefumi ueno, bouddhiste, shintoiste, bouddhisme |
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