29.10.2011

Benoît XVI dénonce la sorcellerie devant les évêques d'Angola

pape angola.jpgLes évêques d’Angola et de Sao Tome effectuaient ce samedi leur visite ad limina au Vatican. Devant eux Benoît XVI a rappelé ses souvenirs lors de sa visite du pays en mars 2009, mais il a surtout tenu à mettre en garde contre les dérives de certaines religions traditionnelles africaines, qui confinent parfois à la sorcellerie et entrainent de très nombreux jeunes à la mort.

Olivier Bonnel (Radio Vatican) : >> RealAudioMP3 

28.09.2011

Après l'Allemagne, le Bénin, pour la remise d'une exhortation aux évêques d'Afrique

pape.jpgBenoît XVI se rendra en visite pastorale au Bénin du 18 au 20 novembre. Le point d’orgue de ce voyage sera la publication de l’exhortation apostolique post-synodale sur l’Afrique, résultat du Synode qui s’est tenu en octobre 2009 au Vatican. Toutes les conférences épiscopales africaines seront représentées. Pendant cette courte visite, le Pape pourra également se recueillir à Ouidah sur la tombe du cardinal Bernardin Gantin, qui a passé 30 ans à la Curie romaine, notamment en temps que préfet de la Congrégation pour les évêques et que Benoît XVI a bien connu personnellement. Le cardinal Gantin est mort en 2008. 

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04.01.2011

Quel bilan pour Benoît XVI en 2010 ?

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Que s'est-il passé pendant cette année 2010 au Vatican ? Quelques 45 audiences générales se sont tenues sur la parvis de la basilique Saint Pierre ou salle Paul VI ; une assemblée synodale dédiée àa la situation des chrétiens au Moyen Orient fut présidée par le Pape en octobre dernier ; Benoît XVI a convoqué un consistoire et effectué 9 voyages apostoliques dont 5 déplacements hors d’Italie : au Cameroun et en Angola, à Chypre, Malte et au Portugal. Au Royaume-Uni, voyage plus politique, le Pape appela la société civile à ne pas rejeter ou dénigrer la foi catholique.

 

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23.12.2009

"Je pense qu'aujourd'hui aussi l'Eglise devrait ouvrir une cour des Gentils"

"Je pense qu'aujourd'hui aussi l'Eglise devrait ouvrir une cour des Gentils"

C'était la cour du temple de Jérusalem pour les non-juifs. Benoît XVI l'a prise comme symbole du dialogue avec ceux qui sont éloignés de la religion, pour garder vivante en eux la recherche de Dieu. Les passages clés de son discours de Noël à la curie romaine


par Sandro Magister




ROME, le 21 décembre 2009 – Lorsqu’il a souhaité, ce matin, un joyeux Noël à la curie romaine, Benoît XVI s’est en réalité adressé à toute l’Eglise et au monde. Comme les années précédentes, il a voulu mettre en évidence dans son discours de vœux – entièrement de sa main – à la curie les lignes directrices de son pontificat.

En 2005, le thème du discours avait été l'interprétation et la mise en œuvre du concile Vatican II, ainsi que le rapport entre continuité et renouvellement, dans l’Eglise :

> "Réveille-toi, homme..."

En 2006 le pape avait mis au centre de son discours la question de Dieu. De plus, s’appuyant sur son voyage à Istanbul, il avait exprimé de la manière la plus claire sa vision des relations avec l'islam et proposé au monde musulman le parcours déjà accompli par le christianisme en réponse au défi des Lumières :

> Bilan de quatre voyages et d’un an de pontificat

En 2007 Benoît XVI avait traité de l'urgence pour l’Eglise de se mettre en état de mission vers tous les peuples de la terre :

> Surprise: le pape amène la curie au Brésil

En 2008 il avait attiré l'attention sur la plus "oubliée" des personnes de la trinité divine, l’Esprit-Saint "créateur", dont l’empreinte se trouve dans la structure ordonnée du cosmos et de l'homme, qu’il faut admirer et respecter :

> "Veni Creator Spiritus". Pour une écologie de l'homme


Cette année Benoît XVI s’est de nouveau appuyé sur ses derniers voyages, en particulier ceux qu’il a faits en Afrique, en Terre Sainte et en République Tchèque, pour en tirer des leçons originales et parfois surprenantes.

Le pape a dit qu’il avait assisté à une vraie "fête de la foi" au Cameroun et en Angola. Et il a proposé comme exemple à l’Eglise tout entière la joie populaire ainsi que la forte sacralité orientée vers Dieu qu’il a vues magnifiquement exprimées là-bas dans les célébrations liturgiques.

Encore à propos de l'Afrique – à laquelle un synode a été consacré en octobre – le pape a insisté sur la spécificité de l'action de l’Eglise au service de la politique. Il a indiqué que cette spécificité résidait dans la "réconciliation" qui naît de Dieu et se réalise aussi chez les hommes dans le sacrement qui porte ce nom, sacrement tombé en désuétude mais qu’il voudrait faire revivre justement comme "sacrement de l’humanité en tant que telle".

En ce qui concerne son voyage en Terre Sainte, Benoît XVI a insisté sur sa visite à Yad Vashem, symbole du plus profond abîme où soit tombé l’homme et de son plus grand éloignement de Dieu, où cependant le Christ est descendu porter la lumière et la vie, de manière non pas mythique mais réelle.

Enfin, s’appuyant sur son voyage en République Tchèque, pays comportant une majorité d’agnostiques et d’athées, Joseph Ratzinger a lancé une nouvelle évangélisation destinée précisément à ceux qui sont loin de Dieu. Le pape a proposé à l’Eglise d’ouvrir pour eux, comme dans l'ancien temple de Jérusalem, "une sorte de cour des Gentils", où pourraient rester vivantes la recherche et la soif de Dieu.

On trouvera ci-dessous quatre passages clés du discours de vœux adressé par Benoît XVI à la curie romaine le matin du lundi 21 décembre 2009 :



1. AU CAMEROUN ET EN ANGOLA. LA FÊTE DE LA FOI



J’ai été ému par la grande cordialité avec laquelle a été accueilli le successeur de Pierre, le "Vicarius Christi". La joie chaleureuse et l’affection cordiale qui m’ont été manifestées tout au long de mon chemin n’étaient pas simplement destinées à un quelconque hôte fortuit. Rencontrer le pape rendait concrète l’Eglise universelle, la communauté qui englobe le monde et qui est réunie par Dieu à travers le Christ. [...] C’est bien Lui qui est parmi nous, nous l’avons perçu à travers le ministère du successeur de Pierre. Nous étions ainsi élevés au-dessus du simple quotidien. Le ciel était ouvert, c’est ce qui fait d’un jour une fête. Et c’est en même temps quelque chose de durable. Il reste vrai, même dans la vie quotidienne, que le ciel n’est plus fermé ; que Dieu est proche ; que, dans le Christ nous nous appartenons tous les uns aux autres.

Le souvenir des célébrations liturgiques s’est gravé dans ma mémoire de façon particulièrement profonde. Les célébrations de la sainte eucharistie étaient de vraies fêtes de la foi. Je voudrais mentionner deux éléments qui me semblent particulièrement importants. Il y avait tout d’abord une grande joie partagée, qui s’exprimait aussi par le corps, mais de façon disciplinée et orientée par la présence du Dieu vivant. Cela indique déjà le second élément : le sens de la sacralité, du mystère présent du Dieu vivant imprégnait, pour ainsi dire, chaque geste. Le Seigneur est présent, le Créateur, Celui à qui tout appartient, de qui nous provenons et vers qui nous allons. J’ai spontanément repensé aux paroles de saint Cyprien dans son commentaire du Notre Père : "Rappelons-nous que nous sommes sous le regard que Dieu porte sur nous. Nous devons plaire aux yeux de Dieu, à la fois par l’attitude de notre corps et par l’usage de notre voix" ("De dominica oratione" 4 CSEL III 1 p. 269). Oui, il y avait cette conscience d’être en présence de Dieu. Il n’en résulte ni peur ni inhibition, pas même une obéissance extérieure aux rubriques, et cela n’amène pas non plus à se mettre en évidence les uns par rapport aux autres ou à crier de façon indisciplinée. Il y avait plutôt ce que les Pères appelaient "sobria ebrietas" : le fait d’être pleins d’une joie qui en tout cas reste sobre et ordonnée, qui unit les gens de l’intérieur, en les conduisant à la louange communautaire de Dieu, louange qui suscite en même temps l’amour du prochain, la responsabilité réciproque.


2. SYNODE SUR L'AFRIQUE. LE SACREMENT DE LA RÉCONCILIATION



Le synode avait choisi comme thème : l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. C’est un thème théologique et surtout pastoral d’une actualité brûlante, mais on pouvait aussi y voir un thème politique. [...] Les pères synodaux ont-ils réussi à trouver la voie plutôt étroite entre une simple théorie théologique et une action politique immédiate, la voie du "pasteur" ? [...] Des réconciliations sont nécessaires pour une bonne politique, mais elles ne peuvent pas être réalisées uniquement par elle. Ce sont des processus pré-politiques et elles doivent naître d’autres sources.

Le Synode a cherché à examiner en profondeur le concept de réconciliation en tant que devoir pour l’Eglise d’aujourd’hui, en attirant l’attention sur ses diverses dimensions. L’appel de saint Paul aux Corinthiens a aujourd’hui une nouvelle actualité. "Nous sommes en ambassade pour le Christ : c’est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu ! " (2 Co 5, 20). Si l’homme n’est pas réconcilié avec Dieu, il est en conflit avec la création aussi. Il n’est pas réconcilié avec lui-même, il voudrait être autre qu’il n’est et il n’est donc pas même réconcilié avec son prochain. Un autre élément de la réconciliation est la capacité à reconnaître sa faute et à demander pardon, à Dieu et à autrui. Enfin le processus de réconciliation comporte la disponibilité à la pénitence, la disponibilité à souffrir jusqu’au bout pour une faute et à se laisser transformer. En fait également partie la gratuité, dont parle souvent l’encyclique "Caritas in veritate" : cette disponibilité à aller au-delà du nécessaire, à ne pas calculer, mais à aller au-delà de ce que les simples conditions juridiques demandent. En fait partie cette générosité dont Dieu lui-même nous a donné l’exemple.

Pensons à la phrase de Jésus : "Si tu présentes ton offrande à l’autel et que là tu te rappelles que ton frère a un grief contre toi, laisse ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis reviens présenter alors ton offrande" (Mt 5, 23s.). Dieu qui savait que nous ne sommes pas réconciliés, qui voyait que nous avons un grief contre lui, s’est levé et est venu à notre rencontre, bien qu’étant le seul à avoir raison. Il est venu à notre rencontre jusqu’à la croix, pour se réconcilier avec nous. C’est la gratuité : la disponibilité à faire le premier pas. Aller le premier à la rencontre de l’autre, lui offrir la réconciliation, accepter la souffrance éprouvée quand on renonce à avoir raison. Ne pas fléchir dans la volonté de réconciliation : Dieu nous en a donné l’exemple, et c’est la façon de devenir semblables à lui, une attitude dont nous avons un besoin sans cesse renouvelé dans le monde.

Aujourd’hui nous devons acquérir de nouveau la capacité à reconnaître notre faute, nous devons nous débarrasser de l’illusion que nous sommes innocents. Nous devons acquérir la capacité à faire pénitence, à nous laisser transformer, à aller vers l’autre et à nous faire donner par Dieu le courage et la force d’un tel renouvellement. Dans notre monde actuel nous devons redécouvrir le sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Le fait que celui-ci ait en grande partie disparu des habitudes de vie des chrétiens est le symptôme d’une perte de véracité vis-à-vis de nous-mêmes et de Dieu ; une perte qui met en danger notre humanité et diminue notre capacité de paix. Saint Bonaventure estimait que le sacrement de pénitence était un sacrement de l’humanité en tant que tel, un sacrement que Dieu avait institué dans son essence tout de suite après le péché originel avec la pénitence imposée à Adam, même s’il n’a pu trouver sa forme complète que dans le Christ, qui est personnellement la force réconciliatrice de Dieu et a pris sur lui notre pénitence.


3. TERRE SAINTE. LA DESCENTE DE DIEU DANS L'ABÎME


La visite à Yad Vashem a été une rencontre bouleversante avec la cruauté de la faute humaine, avec la haine d’une idéologie aveugle qui, sans aucune justification, a livré à la mort des millions d’êtres humains et par là, en dernière analyse, a aussi voulu chasser Dieu du monde, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Jésus-Christ. C’est donc en premier lieu un monument commémoratif contre la haine, un appel affligé à la purification, au pardon, à l’amour.

C’est ce monument de la faute humaine qui a ensuite rendu bien plus importante la visite aux lieux de mémoire de la foi et fait percevoir leur actualité intacte. En Jordanie nous avons vu l’endroit le plus bas de la terre, près du Jourdain. Comment pourrait-on ne pas se sentir renvoyés à l’expression de la lettre aux Ephésiens, selon laquelle le Christ est "descendu dans les régions inférieures de la terre" (Ep 4, 9). Dans le Christ, Dieu est descendu jusqu’au fin fond de l’être humain, jusqu’à la nuit de la haine et de l’aveuglement, jusqu’à l’obscurité de l’éloignement de l’homme vis-à-vis de Dieu, pour y allumer la lumière de son amour. Il est présent même dans la nuit la plus profonde : "même aux enfers, te voici" ; cette phrase du psaume 139 [138], 8 est devenue une réalité avec la descente de Jésus.

Se rendre sur les lieux du salut, dans l’église de l’annonciation à Nazareth, dans la grotte de la nativité à Bethléem, au lieu de la crucifixion sur le Calvaire, devant le sépulcre vide, témoignage de la résurrection, a donc été comme toucher l’histoire de Dieu avec nous. La foi n’est pas un mythe. C’est une histoire vraie, dont nous pouvons toucher du doigt les traces. Ce réalisme de la foi nous fait particulièrement du bien dans les difficultés actuelles. Dieu s’est vraiment montré. En Jésus-Christ Il s’est vraiment fait chair. En tant que ressuscité Il reste un vrai homme, il ouvre sans cesse notre humanité à Dieu et il est toujours le garant du fait que Dieu est un Dieu proche.


4. PRAGUE. UNE "COUR" POUR CEUX QUI CHERCHENT LE DIEU INCONNU


Les gens qui se considèrent comme agnostiques ou athées doivent aussi avoir une place dans notre cœur de croyants. Peut-être ces gens ont-ils peur quand nous parlons de nouvelle évangélisation. Ils ne veulent pas se voir comme objet de mission, ni renoncer à leur liberté de pensée et de volonté. Mais la question de Dieu continue à exister pour eux aussi, même s’ils ne peuvent pas croire au caractère concret de son attention pour nous. A Paris, j’ai dit que la recherche de Dieu était la cause fondamentale de la naissance du monachisme occidental et, avec lui, de la culture occidentale. Comme premier pas de l’évangélisation, nous devons essayer de maintenir vivante cette recherche ; nous devons faire en sorte que l’homme ne mette pas de côté la question de Dieu comme question essentielle de sa vie. Faire en sorte qu’il accepte cette question et la nostalgie qui s’y cache.

Cela me rappelle la formule empruntée par Jésus au prophète Isaïe, c’est-à-dire que le temple devrait être une maison de prière pour tous les peuples (cf. Is 56, 7 ; Mc 11, 17). Il pensait à ce que l’on appelait la cour des Gentils, qu’il débarrassa d’affaires venues de l’extérieur afin qu’il y ait de l’espace libre pour les Gentils qui voulaient prier là le Dieu unique, même s’ils ne pouvaient pas prendre part au mystère au service duquel l’intérieur du temple était réservé. Un espace de prière pour tous les peuples : on pensait ainsi à ceux qui ne connaissent Dieu, pour ainsi dire, que de loin ; que leurs dieux, leurs rites, leurs mythes ne satisfont pas ; qui désirent le Pur et le Grand, même si Dieu reste pour eux le "Dieu inconnu" (cf. Ac 17, 23). Ils devaient pouvoir prier le Dieu inconnu et ainsi, cependant, être en relation avec le vrai Dieu, même si c’était au milieu d’obscurités de différentes sortes.

Je pense qu’aujourd’hui l’Eglise devrait aussi ouvrir une sorte de "cour des Gentils" où les hommes puissent en quelque s’accrocher à Dieu, sans le connaître et avant d’avoir trouvé l’accès à son mystère, au service duquel est la vie interne de l’Eglise. Au dialogue avec les religions doit aujourd’hui s’ajouter avant tout le dialogue avec ceux à qui la religion est étrangère, à qui Dieu est inconnu et qui, pourtant, ne voudraient pas simplement rester sans Dieu, mais l’approcher au moins en tant qu’Inconnu.



Le texte intégral du discours, sur le site du Vatican :

> La solennità del Santo Natale...



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

29.03.2009

Benoît XVI en Afrique : le vrai voyage

Jean Flouriot est géographe, spécialiste de l’Afrique où il séjourne plusieurs mois par an, consultant de plusieurs administrations africaines : il présente le voyage de Benoît XVI en rapprochant les propos du pape de la réalité de la situation locale.


BENOIT XVI est allé en Afrique comme « père » de l’Église universelle : « Je viens parmi vous comme un pasteur, je viens pour confirmer mes frères et sœurs dans la foi. C’est la mission que le Christ a confiée à Pierre à la dernière Cène, et c’est la mission des successeurs de Pierre. »

Le pape vient aussi en messager de la paix sur un continent trop souvent à la une de l’information pour les violences qui s’y perpètrent : « Et maintenant, je viens moi-même pour remettre l’Instrumentum laboris de la Deuxième Assemblée spéciale, qui se tiendra à Rome en octobre prochain. Les Pères du Synode réfléchiront ensemble sur le thème : L'Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix : “Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde” (Mt 5, 13-14). »

L’évangélisation et la paix par la justice : voilà les deux axes essentiels du voyage de Benoît XVI. Le pape va les décliner devant tous ses interlocuteurs.



Aux évêques, au clergé, aux religieux et religieuses : « annoncer l’Évangile »

Annoncer l’Évangile à tous « car nombreuses sont encore les personnes qui attendent le message d’espérance et d’amour qui leur permettra de connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu ». L’Angola célèbre le 500e anniversaire de son évangélisation : un royaume chrétien occupait le nord du pays aux XVIe et XVIIe siècles. Il a disparu et la pleine évangélisation n’a qu’un peu plus d’un siècle (et, au nord du Cameroun une cinquantaine d’années). Même dans des pays considérés comme « chrétiens » tels l’Angola ou la RD Congo, il n’y a que 50% de baptisés.

« L’annonce de l’Évangile est le propre de l’évêque. » Dans sa mission d’évangélisateur, l’évêque s’appuie sur les prêtres et les personnes consacrées. Envers elles, l’évêque a un devoir de vigilance car « l’authenticité de leur témoignage exige qu’il n’y ait pas d’écart entre ce qu’ils enseignent et ce qu’ils vivent tous les jours ». Le pape se réjouit des nombreuses candidatures au sacerdoce mais demande un « discernement sérieux ». Et surtout, le pape demande aux évêques d’être en communion entre eux et avec leurs prêtres, « d’être pour eux un père et un frère qui les aime, qui les écoute, qui les réconforte dans leurs épreuves, qui porte une attention privilégiée à leur bien-être humain et matériel ». L’évêque n’est pas un « chef », il est un père…

Benoît XVI met aussi en valeur le soutien matériel, moral et spirituel que l’évêque doit apporter aux catéchistes dont le rôle reste essentiel car « par eux se réalise une authentique inculturation de la foi ». Les catéchistes ont été les auxiliaires indispensables des missionnaires, auxquels le pape a rendu hommage, et ils sont encore bien souvent responsables des communautés aussi bien en ville qu’en milieu rural. En effet, les vocations sont nombreuses, les séminaires sont pleins mais il y a encore, proportionnellement, quatre fois moins de prêtres en Afrique qu’en Europe et la moitié des prêtres présents sur le continent sont des étrangers.


Et le travail apostolique est loin d’être terminé. La sorcellerie est omniprésente même chez les chrétiens et, parfois, au sein du clergé :

« Il vous revient, frères et sœurs, dans le sillage des saints et héroïques messagers de Dieu, de présenter le Christ ressuscité à vos concitoyens. Ils sont si nombreux à vivre dans la peur des esprits, des pouvoirs néfastes dont ils se croient menacés ; désorientés, ils en arrivent à condamner les enfants des rues et aussi les anciens, parce que – disent-ils – ce sont des sorciers. Qui ira auprès d’eux pour leur dire que le Christ a vaincu la mort et toutes les puissances des ténèbres (cf. Ep 1, 19-23 ; 6, 10-12) ? »


La beauté et la ferveur des cérémonies liturgiques auront une fois de plus frappé les observateurs et téléspectateurs. Le pape souhaite « que la joie ainsi exprimée ne soit pas un obstacle mais un moyen pour entrer en dialogue et en communion avec Dieu par une réelle intériorisation des structures et des paroles de la liturgie ».

Enfin, « l’Église est une véritable famille de Dieu, réunie dans l’amour fraternel, ce qui exclut tout ethnocentrisme et tout particularisme excessif et contribue à la réconciliation et à la collaboration entre les ethnies pour le bien de tous ». Les rivalités ethniques ne sont pas absentes des structures ecclésiales ; la mission de l’évêque est de « susciter et encourager l’exercice de la charité ».

Aux familles : « la dignité de la femme »

Le 19 mars, fête de saint Joseph, le pape célébrait la messe au stade de Yaoundé devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles. Il a axé son homélie sur le rôle de la famille. On remarquera, au passage, que Benoît XVI respecte scrupuleusement la liturgie : ses homélies « expliquent un aspect des lectures scripturaires… de la messe du jour en tenant compte soit du mystère que l’on célèbre, soit des besoins particuliers des auditeurs [1] ».

Comme ailleurs, la famille est menacée :

« La famille connaît effectivement, dans votre pays et dans le reste de l’Afrique, une période difficile... Les rapports entre générations ont évolué de telle manière qu'ils ne favorisent plus comme avant la transmission des connaissances antiques et de la sagesse héritée des aïeux. Trop souvent, on assiste à un exode rural comparable à celui que de très nombreuses périodes humaines ont connu elles aussi. La qualité des liens familiaux s’en trouve profondément affectée. Déracinés et fragilisés, les membres des jeunes générations, souvent — hélas ! — sans véritable travail, cherchent des remèdes à leur mal de vivre dans des paradis éphémères et artificiels importés dont on sait qu’ils ne parviennent jamais à assurer à l’homme un bonheur profond et durable. Parfois aussi l’homme africain est contraint à fuir hors de lui-même et à abandonner tout ce qui faisait sa richesse intérieure. »


Avec Dieu tout est possible. Il faut espérer contre toute espérance :

« Chers pères et chères mères de famille qui m’écoutez, avez-vous confiance en Dieu qui fait de vous les pères et les mères de ses enfants d’adoption ? Acceptez-vous qu’Il compte sur vous pour transmettre à vos enfants les valeurs humaines et spirituelles que vous avez reçues et qui les feront vivre dans l’amour et le respect de son saint Nom ? Aujourd’hui où tant de personnes sans scrupule cherchent à imposer le règne de l’argent au mépris des plus démunis, il vous faut être très attentifs. L’Afrique en général, et le Cameroun, en particulier, sont en danger s’ils ne reconnaissent pas le Véritable Auteur de la Vie ! Frères et sœurs du Cameroun et de l’Afrique, vous qui avez reçu de Dieu tant de qualités humaines, ayez soin de vos âmes ! Ne vous laissez pas fasciner par de fausses gloires et de faux idéaux ! »


Cet encouragement vaut non seulement pour l’Afrique mais pour toutes les familles du monde affrontant les mêmes difficultés.

A Luanda, Benoît XVI a consacré une rencontre spéciale aux mouvements catholiques pour la promotion de la femme. La femme détient « les sources de la vie ». A Yaoundé, le pape a rappelé que « pour l’Écriture Sainte comme pour la meilleure sagesse de votre continent, l’arrivée d’un enfant est une grâce, une bénédiction de Dieu. L’humanité est aujourd’hui conviée à modifier son regard : en effet, tout être humain, tout petit d’homme, aussi pauvre soit-il, est créé “à l’image et à la ressemblance de Dieu” (Gn 1, 27). Il doit vivre ! La mort ne doit pas l’emporter sur la vie ! La mort n’aura jamais le dernier mot ! »

Il y a encore beaucoup à faire pour que soit reconnue l’égale dignité de l’homme et de la femme : « Je vous exhorte tous à une réelle prise de conscience des conditions défavorables auxquelles ont été – et continuent d’être – soumises de nombreuses femmes, en examinant dans quelle mesure la conduite des hommes, leur manque de sensibilité ou de responsabilité peuvent en être la cause. » À Yaoundé, le pape avait donné saint Joseph comme exemple aux pères de famille : « Comme saint Joseph, chers pères de famille, respectez et aimez votre épouse. »

Mais c’est dans son adresse aux hommes politiques que le Saint-Père se fera le plus précis et le plus exigeant :

« Est particulièrement bouleversant le joug opprimant des discriminations qui pèsent sur les femmes et sur les jeunes filles, sans parler de l’innommable pratique de la violence et de l’exploitation sexuelle qui leur cause tant d’humiliations et de traumatismes. Je dois également mentionner un autre grave sujet de préoccupation : les politiques de ceux qui, dans l’illusion de faire progresser l’“édifice social”, en menacent les fondements mêmes. Combien est amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang des soins de la santé des “mamans” ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive (cf. Protocole de Maputo, art. 14 [2]) ! »


Aux autorités politiques et au corps diplomatique : "la paix par la justice"

Benoît XVI renvoie aux hommes politiques une image fort sombre du continent. La guerre dévore l’Afrique : « La guerre peut détruire tout ce qui est précieux (cf. 2 Ch 36, 19) : des familles, des communautés entières, le fruit du travail des hommes, les espoirs qui guident et soutiennent leurs vies et leur travail ! Une telle expérience est malheureusement trop familière à l’Afrique tout entière : le pouvoir destructeur de la guerre civile, la chute vertigineuse dans le tourbillon de la haine et de la vengeance, le gaspillage des efforts de générations de personnes honnêtes ».

Mais elle n’est pas le seul fléau qui accable le continent : « Nous pensons au fléau de la guerre, aux conséquences cruelles du tribalisme et des rivalités ethniques, à la cupidité qui corrompt le cœur de l’homme, réduit en esclavage les pauvres et prive les générations futures des ressources dont elles auront besoin pour créer une société plus solidaire et plus juste – une société vraiment et authentiquement africaine dans son génie et dans ses valeurs. Et que dire de l’égoïsme insidieux qui fait se replier les individus sur eux-mêmes, divise les familles et, supplantant les grands idéaux de générosité et de dévouement, conduit inévitablement à l’hédonisme, à la fuite vers de faux paradis à travers l’usage de la drogue, à l’irresponsabilité sexuelle, à l’affaiblissement du lien matrimonial, à la destruction des familles et à l’élimination de vies humaines innocentes par l’avortement. »

Benoît XVI ne manie pas la « langue de buis ». Sa parole est forte pour montrer le chemin de la paix par la justice.

« L’Angola sait qu’est arrivé pour l’Afrique le temps d’être le continent de l’espérance. Tout comportement humain droit est espérance en action. Nos actions ne sont jamais indifférentes devant Dieu ; et elles ne le sont pas non plus pour le développement de l’histoire. Chers amis, avec un cœur intègre, magnanime et plein de compassion, vous pouvez transformer ce continent, libérant votre peuple du fléau de l’avidité, de la violence et du désordre en le conduisant sur le chemin indiqué par les principes indispensables à toute démocratie civile moderne : le respect et la promotion des droits de l’homme, un gouvernement transparent, une magistrature indépendante, des moyens de communication sociale libres, une administration publique honnête, un réseau d’écoles et d’hôpitaux fonctionnant de façon adéquate, et la ferme détermination, basée sur la conversion des cœurs, d’éradiquer une fois pour toutes la corruption… les habitants de ce continent demandent à juste titre une conversion profonde, authentique et durable des cœurs à la fraternité. Leur exigence vis-à-vis de ceux qui œuvrent dans la politique, dans l’administration publique, dans les agences internationales et dans les compagnies multinationales est avant tout celle-ci : soyez à nos côtés de façon vraiment humaine, accompagnez-nous, ainsi que nos familles et nos communautés ! »


Aux Africains de prendre leurs responsabilités mais à la communauté internationale de tenir ses promesses : quand les pays riches réaliseront-ils leur promesse de consacrer 0,7% de leur PIB au développement des pays pauvres ?

Le message du pape a été reçu en Afrique par des foules joyeuses et ferventes bien loin des polémiques européennes. Benoît XVI a donné à l’Afrique un message d’espérance. L’Église qui est en Afrique va maintenant se mettre en route pour le synode du mois d’octobre. L’un des objectifs du voyage était la présentation de l’instrumentum laboris de ce synode. Ce document préparé par le conseil spécial pour l’Afrique du synode des évêques fait un tableau des ombres et des lumières de l’Afrique au sud du Sahara. Il nous dit comment l’Église perçoit l’Afrique et son avenir chrétien. Il mérite une chronique spéciale qui paraîtra prochainement.

 

26 mars 2009 | Jean Flouriot

libertepolitique.com

Réflexions après la visite de Benoît XVI en Afrique

AFRIQUE/ANGOLA - « Le Pape a été un missionnaire de l’Evangile et n’a pas voulu être autre chose. Ce doit être le premier point sur lequel méditer » : réflexions après la visite de Benoît XVI

 

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Luanda (Agence Fides) – « Le Pape a été un missionnaire de l’Evangile et n’a pas voulu être autre chose. Ce doit être le premier point sur lequel méditer » souligne don Filiberto Rodríguez, SDB, Supérieur de la Visitatoria salésienne “Mamá Muxima” (ANG), qui à travers l’agence ANS nous communique ses impressions sur la récente visite du Pape Benoît XVI en Angola.

« Mon opinion – écrit don Filiberto - est que la visite du Pape a abondamment satisfait les attentes qu’on avait. Les gens ont fait de grands sacrifices (des kilomètres et des kilomètres de route à pied, sans bus ni métro ni autres moyens de transports) pour se déplacer d’un point à un autre, et ont accompagné le Pape avec enthousiasme. L’Eglise fera une évaluation sérieuse de la préparation, du déroulement et des résultats et prendra note des lignes fondamentales sur lesquelles il faut insister : l’Eglise est sacrement universel de salut, car elle offre à l’humanité la personne de Jésus-Christ.

Le gouvernement a dépensé beaucoup d’argent (les voyages des délégations de tous les diocèses ont été payés par les gouvernements provinciaux, des routes ont été goudronnées, des églises ont été peintes…) et je crois qu’il a obtenu quelques résultats, une image positive de la réalité angolaise devant le monde. L’image a été obscurcie par la mort de deux jeunes filles avant la rencontre des jeunes avec le Pape dans le stade des Coqueiros. Les responsabilités seront mises au clair, mais cela reste un point obscur ».

Don Rodríguez ne manque pas d’exprimer ses critiques à l’égard d’une partie de la presse internationale venue en Afrique à la suite du Pape:

“Ils cherchent du sensationnel. Ils cherchent à vendre leur journal, la population ne les intéresse pas (ils la manipulent en la considérant comme un objet de musée et de marché), ni les buts du voyage du Pape. Nombreux sont les journalistes qui nous ont dit : ‘Nous voulons raconter l’autre visite’. Messieurs les journalistes : les rencontres du Pape avec la foule, c’est ça la visite ! Les autres réalités, venez les voir et les dénoncer pendant l’année, au lieu souvent de nous oublier dans beaucoup de circonstances. Actuellement aucun gouvernement, aucune organisation n’a jamais été, dans le cours de l’histoire, aussi proche des pauvres et de ceux qui souffrent que l’a été et l’est l’Eglise et ses institutions ».

(Agence Fides 27/3/2009)

28.03.2009

Sida : le pape a scientifiquement raison !

 

 

 

Tout a été dit ou presque ces derniers jours sur la réponse du Pape à une question d'un journaliste de France 2. Le préservatif aggrave-t-il le problème du Sida ? C'est la science et l'expérience qui le disent : le pape a raison. Sur le plan personnel et collectif, seule une sexualité responsable peut enrayer la pandémie. Et les faits montrent que l'Afrique est parfois en avance sur les pays occidentaux dits civilisés. Explication par un chercheur en biologie cellulaire.


COMME D'HABITUDE, une phrase a été sortie de son contexte : qui s'en étonnera ? Les premières réactions maladroites de certains n'ont pas amélioré les choses, en particulier la tentative du service de presse du Vatican d'atténuer les mots du Pape en lui faisant dire que cela "risquait" d'accroître (aumentare en italien) le problème. En revanche il a été fort bien dit, surtout par les Africains eux-mêmes, mais aussi par des Européens, que toute cette affaire relevait d’une forme de racisme.

On ne prétendra jamais qu'un Français par exemple, est incapable s’il le souhaite de respecter scrupuleusement la condamnation du préservatif au nom de la morale catholique. En revanche, tous ceux qui ont réagi en s'en prenant souvent violemment au Pape semblent penser qu'un Africain est trop bête pour y parvenir. De même, il a été rappelé ce que le Pape avait commencé par dire, à savoir que plus d'un quart des malades du SIDA sont soignés par des institutions catholiques, bien plus que toutes les ONG réunies (18% des malades). On pourrait demander combien sont soignés par des organisations antireligieuses, ou bien par une fondation Juppé ou Cohn-Bendit ou... la liste est longue !



Le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ?

Oui ou non le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ? Puisque c'est cette phrase qui a été reprise partout, et que tout le reste a été oublié, je voudrais (re)montrer qu'elle est tout simplement vraie. J'examinerai d'abord sa vérité au plan individuel, puis sa portée à l'échelle des populations et enfin sa réalité pour ce qui est de l'épidémie planétaire.

À première vue, on peut penser que le préservatif est efficace pour une personne ne voulant pas devenir séropositive ou ne voulant pas transmettre sa maladie ; je pense en particulier aux couples où l'une des personne est séropositive, et je ne parlerai pas de ce cas en particulier. On peut en effet sans doute démontrer que plus de gens auraient le SIDA aujourd'hui sans le préservatif, dans le climat de laisser-faire sexuel qui est quasiment mondial. Mais on peut encore plus facilement prouver qu'en respectant la morale sexuelle de la loi naturelle, au moins de temps en temps, nul n'est besoin de préservatif.

Cependant, admettons que pour une personne donnée qui décide d'avoir des relations avec une autre personne dont elle ne sait rien, le préservatif soit un pis aller. Pourtant celui-ci n'est efficace qu'à 85% comme contraceptif chez ceux qui l'utilisent systématiquement, et la plupart des méta-analyses indiquent que son efficacité contre le VIH est de l'ordre de 80 à 90 %. Cela signifie que pour 100 personnes qui utilisent systématiquement un préservatif, entre 10 et 20 seront malgré tout contaminées. C'est moins efficace que les méthodes de régulation naturelle des naissances. Pourtant on nous rabâche à longueur de temps que celles-ci ne sont pas fiables, à tel point qu'elles ont été surnommées "roulette vaticane".

Pourtant une sérieuse étude a montré que la méthode symptothermique est fiable à 99,4% sur une durée d'un an pour les femmes ayant respecté scrupuleusement tous les critères, et un taux de 98,2% en moyenne lors de cette étude [1]. En "utilisation parfaite", le préservatif est supposé être fiable à 98% (85% en utilisation normale), tout comme la méthode symptothermique selon le chiffre retenu par l'OMS [2]. Va-t-on pouvoir nous expliquer pourquoi le "risque" d'avoir un enfant dans 2% des cas est jugé inacceptable, alors même qu'on juge tout à fait supportable le risque de contamination par le virus du SIDA dans les mêmes proportions ? Si on ne fait pas confiance à une méthode de régulation naturelle des naissances, il est surréaliste de faire confiance au préservatif.



À l’échelle d’une population

Voyons maintenant ce que disent les statistiques et la littérature scientifique sur l'évolution de l'épidémie de SIDA à l'échelle d'une population. On a récemment appris qu'à Washington, la prévalence de l'infection par le VIH était d'au moins 3%. Manquerait-on de préservatifs à Washington ? Ce chiffre est supérieur à celui de plusieurs pays de l'Afrique sub-saharienne (1,2% au Bénin ; 1,6% au Burkina-Faso ; 1,7 au Libéria ; 3,1 au Nigéria ; 2,1 en Angola, etc.).

La réalité est plus complexe. En effet plusieurs personnalités scientifiques de premier plan ont montré que la première mesure à prendre est la réduction du nombre de partenaires. C'est d'autant plus important si une personne a plusieurs partenaires dans une même période.

Prenons l'individu A qui a deux partenaires B et C. Supposons que B soit séropositif, il peut contaminer non seulement A, mais aussi C. Normalement, B et C ne se connaissant pas, il ne devrait pas y avoir de risque de transmission de la maladie entre eux. Mais les risques augmentent exponentiellement avec le nombre de partenaires simultanés. Au contraire le simple fait d'être fidèle à une personne, au moins pendant un temps, réduit considérablement ce genre de risques. C'est en substance ce que démontre Helen Epstein dans un essai paru en novembre 2008 dans le British Medical Journal [3].

H. Epstein est une journaliste indépendante et spécialiste de santé publique dans les pays en voie de développement, auteur notamment de The Invisible Cure: Why We Are Losing The Fight Against AIDS in Africa. De même, une étude essentielle parue dans Science en 2004 démontre que le succès obtenu en Ouganda a été rendu possible en réduisant considérablement le nombre de partenaires et en retardant l'âge des premières relations [4]. Et cette étude a été confirmée [5]. Autrement dit, fidélité et abstinence sont les clés de la lutte contre l'épidémie de SIDA.

En Ouganda en particulier, la chute de la prévalence de séropositivité a précédé de plusieurs années l'arrivée massive des préservatifs. Les autres pays où une baisse sensible de l'épidémie est directement liée à la réduction du nombre de partenaires incluent le Kenya, Haïti, le Zimbabwe, la Thaïlande et le Cambodge [6]. On pourrait également citer James D. Shelton et son "commentaire" publié dans The Lancet fin 2007 sur les dix mythes de l'épidémie de SIDA parmi lesquels on trouve "les préservatifs sont la solution" [7]. Tout comme Helen Field, Shelton, qui appartient à l'USAID (Agence américaine pour le développement international) recommande avant tout de faire baisser le nombre de partenaires simultanés.

 


Le préservatif donne le goût du risque

Un autre argument a été avancé par Edward C. Green qui est le directeur d'un programme de recherche sur la prévention du SIDA à l'université de Harvard. Il s'est fait remarqué la semaine dernière en prenant fait et cause pour le Pape. Dans un entretien accordé à la revue américaine National Review il a déclaré :

« Le Pape a raison, ou bien disons que tous les indices dont nous disposons vont dans le même sens que ce qu'a dit le Pape [...]. Il a été prouvé que les préservatifs ne sont pas efficaces au niveau d'une population. Il y a un lien récurrent, démontré par nos meilleurs études, y compris les "Demographic Health Surveys" financées par les États-Unis, entre une plus grande disponibilité et utilisation des préservatifs et un taux d'infection au VIH plus élevé (et non moins élevé). Ceci peut être dû en partie au phénomène connu sous le nom de "compensation du risque", ce qui signifie que si quelqu'un utilise une technique de réduction d'un risque comme le préservatif, il perd souvent le bénéfice de cette réduction en compensant, ou prenant plus de risques que s'il n'avait pas utilisé cette technique » [8] (traduction AB).


Cette explication est une des clés pour comprendre pourquoi le préservatif est à long terme une mauvaise solution. Tôt ou tard on se lasse de prendre des précautions, et le résultat se manifeste notamment aujourd'hui à Washington avec une reprise tragique de l'épidémie. Et avant qu'on explique que Green est à la solde du pape, il est bon d'ajouter qu'il est agnostique.

 


À l’échelle de la planète

Passons pour finir à l'échelle de la planète. Nous savons que seuls une réduction drastique du nombre de partenaires, ainsi qu'un âge plus tardif pour le début de l'activité sexuelle sont essentiels pour faire baisser de façon très importante l'épidémie de SIDA. Cela est possible puisqu'en Ouganda on est passé de 25 % à environ 6% de personnes infectées en l'espace de 10-15 ans [4]. Ce qui a pu être fait avec peu de moyens dans un pays souvent en proie à l'instabilité peut être fait ailleurs. L'ennui c'est que pour obtenir l'éradication d'une maladie, il faut que tout le monde joue le jeu. Or il est clair qu'aujourd'hui on ne se donne pas les moyens d'arriver à ce résultat autrement qu'en recherchant des traitements ou un vaccin. En ce sens la promotion du préservatif aggrave donc le problème. Tant que la principale façon de lutter est de promouvoir une solution non fiable dans un cas sur six ou sept au détriment d'un changement de comportement, on n'arrivera jamais à enrayer l'épidémie.

Tous ceux qui s'étonnent que le Pape soit catholique devraient s'apercevoir que son raisonnement, loin d'être idéologique ou simplement moraliste, est scientifiquement le plus valide. Peut-être est-il irréaliste à court terme dans la mesure où la fidélité et l'abstinence sont des valeurs très décriées de nos jours, mais sur le long terme, la seule solution est une prise de conscience de la valeur de la sexualité humaine.

« On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels (Benoît XVI) [9]. »

27 mars 2009 | Albert Barrois

*Albert Barrois est le pseudonyme d’un scientifique, docteur en biologie cellulaire.

 


[1] Frank-Herrmann et al (2007). « The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. » Hum Reprod, 22, 1310-1319.
[2] Document à télécharger (voir le tableau 1).
[3] Epstein H (2008). « AIDS and the irrational. » British Medical Journal, 337, a2638.
[4] Stoneburner & Low-Beer (2004). « Population-level HIV declines and behavioral risk avoidance in Uganda. » Science, 304, 714-718.
[5] Kirby D (2008) « Changes in sexual behaviour leading to the decline in the prevalence of HIV in Uganda : confirmation from multiple sources of evidence », Sex Transm Inf 84; ii35-ii41
[6] Green & Ruark. First Things, avril 2008. First Things est une revue catholique américaine.
[7] Shelton JD (2007). « Ten myths and one truth about generalised HIV epidemics. » The Lancet, 370, 1809-1811.
[8] Dans un article de Kathryn Jean Lopez, publié en ligne le 19 mars.
[9] Suite de la réponse de Benoît XVI.

 

libertepolitique.com

23.03.2009

En Afrique le préservatif, au Brésil l'avortement: Bombes à retardement

... Et, dans la seconde affaire, il y a conflit non seulement entre l'Eglise et l'Etat, mais aussi au sein de la hiérarchie. Rome désavoue un diocèse brésilien, qui répond en accusant le Vatican de ne pas connaître les faits et de mettre la doctrine en doute. Les documents de la dispute

par Sandro Magister





ROME, le 23 mars 2009 – Dans les médias d'Europe et d'Amérique, le voyage de Benoît XVI au Cameroun et en Angola, qui s’achève aujourd’hui, a pratiquement été éclipsé par les polémiques nées d’une phrase qu’il a prononcée à son départ, dans l'avion qui le conduisait à Yaoundé, en réponse à la question d’un journaliste:



"On ne peut pas régler le problème du sida par la distribution de préservatifs: au contraire, le risque est d’aggraver le problème".


Lire :

Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Ce que Benoît XVI a vraiment dit à propos du SIDA

 

Au même moment, une seconde polémique éclatait à partir d’un autre pays du Sud, le Brésil, à cause de l'avortement d’une fillette.

Les contraceptifs et l’avortement sont deux des sujets les plus controversés dans les rapports entre l’Eglise et la modernité. L’Eglise catholique s’est notamment prononcée sur les contraceptifs dans l'encyclique "Humanae vitae" de Paul VI et sur l'avortement dans l'encyclique "Evangelium vitae" de Jean-Paul II.

Sur le premier sujet, la polémique de ces jours derniers a été grossie surtout par les réactions irritées que les propos du pape ont suscitées chez les gouvernements français, allemand, belge et espagnol, la Commission Européenne et des dirigeants de l'ONU et du FMI.

Mais, dans le cas de l’avortement de la petite brésilienne, un conflit au plus haut niveau de la hiérarchie catholique s’est ajouté à la polémique entre l’Etat et l’Eglise.



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A propos du sida, l’Eglise a été accusée pour la énième fois d’en favoriser la diffusion en interdisant le préservatif.

Mais les faits disent qu’en Afrique les initiatives de lutte contre la propagation du sida sont dues pour près d’un tiers à des catholiques. Les préservatifs sont diffusés massivement par des gouvernements, organismes internationaux et ONG; on ne constate pas que les catholiques en empêchent la distribution et l'utilisation, notamment dans le cas d’époux dont l’un est porteur du virus. Mais tout responsable avisé sait qu’ils ne suffisent pas, comme le prouve la diffusion du sida dans les pays riches du Nord où les préservatifs sont à la disposition de tous. L’avis de l’Eglise, confirmé par l'expérience sur le terrain, est qu’à eux seuls les préservatifs ne freinent pas la promiscuité sexuelle, vraie cause de la diffusion du fléau; au contraire ils l’encouragent parfois en créant un sentiment de sécurité trompeur.

C’est pourquoi l’Eglise catholique agit surtout de deux façons contre le sida, comme Benoît XVI l’a rappelé dans sa réponse qui a lancé la polémique: à travers une "humanisation de la sexualité", invitant à limiter celle-ci à l'amour conjugal fidèle, et à travers les soins aux malades. Les enquêtes prouvent que quand l’emploi du préservatif est précédé par une formation au contrôle de la sexualité et par des soins adaptés et gratuits, les résultats sont réconfortants.

Rencontrant à Yaoundé des responsables de la lutte contre le sida puis des malades en traitement, Benoît XVI a comparé l'action de l’Eglise à celle de Simon de Cyrène, le paysan africain qui aida Jésus à porter la croix.

Cette image de proximité vis-à-vis de ceux qui souffrent amène tout droit au second conflit qui a éclaté, ces jours-ci, à propos de l’avortement d’une petite fille.


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"Du côté de la fillette brésilienne": c’est le titre, dans "L'Osservatore Romano" du 15 mars, d’une note en première page signée par l'archevêque Rino Fisichella, président de l’académie pontificale pour la vie et recteur de l’Université Pontificale du Latran.

L'autorité du signataire, l’emplacement du texte et plus encore son contenu font que l’article est sûrement l’un de ceux que la secrétairerie d’état du Vatican a contrôlés et autorisés.

L’article partait du cas d’une fillette brésilienne déjà fertile à 9 ans qui a été violée à plusieurs reprises par son jeune beau-père, s’est trouvée enceinte de jumeaux et que l’on a fait avorter au quatrième mois de grossesse.

Ce cas, a écrit Fisichella, "n’a été rendu public dans les journaux que parce que l’archevêque d’Olinda et Recife s’est empressé d’annoncer l’excommunication des médecins qui ont aidé à interrompre la grossesse". Mais "avant de penser à l’excommunication", il fallait "avant tout défendre, embrasser, caresser" la fillette avec cette "humanité dont nous, hommes d’Eglise, devrions être des annonciateurs experts et des maîtres". Mais "il n’en a pas été ainsi".

L'attaque contre l'archevêque d’Olinda et Recife – diocèse qui fut celui de Helder Camara – ne pouvait pas être plus dure.

En effet les déclarations de l'archevêque sur l’excommunication des auteurs du double avortement ont aggravé le conflit déjà en cours depuis longtemps au Brésil entre l’Eglise et le gouvernement, la première engagée dans une grande campagne de défense de la vie naissante, le second orienté vers une libéralisation encore plus large de l’avortement.

A Rome, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation des évêques, a pris la défense de l'archevêque d’Olinda et Recife dans une interview à "La Stampa".

Au Brésil, la conférence des évêques a fait de même par une note diffusée le 13 mars et par des déclarations de son président, l'archevêque Geraldo Lyrio Rocha, et de son secrétaire, Dimas Lara.

Le nouvel archevêque de Rio de Janeiro, Orani João Tempesta, s’est aussi exprimé dans ce sens, notant entre autres que la mère de la fillette avait dit que "le seul endroit où elle s’était sentie non pas maltraitée mais respectée avait été le bureau de Caritas".

Un soutien autorisé à ce qu’a fait l’Eglise brésilienne est même venu de France. L’évêque de Toulon, Dominique Rey, de retour du Brésil, a déclaré avoir vu de ses yeux "les nombreux témoignages de miséricorde vécue par les communautés chrétiennes qui ont entouré et accompagné la fillette et sa mère".

Mais le Saint-Siège a réagi autrement. En publiant l'article de Fisichella dans "L'Osservatore Romano", il a montré que l’objectif d’aplanir le différend avec l’opinion laïque, le président Luiz Inácio Lula da Silva et son gouvernement passait avant la défense de l’Eglise brésilienne et de sa campagne "pro vie".

Ce qui a eu pour résultat de transporter totalement le conflit à l’intérieur de la hiérarchie et, qui plus est, en ouvrant une controverse sur le jugement à porter sur l’avortement dans des cas semblables.

L'article de Fisichella, en effet, continuait ainsi:


"Du fait de son très jeune âge et de son état de santé précaire, la vie [de la fillette] était sérieusement mise en danger par la grossesse en cours. Que faire en pareil cas? Décision difficile pour le médecin et pour la loi morale elle-même. Des choix comme celui-là se présentent chaque jour [...] et la conscience du médecin se retrouve seule avec elle-même face à l’obligation de décider ce qu’il y a de mieux à faire".


En fin d’article, Fisichella applaudissait ceux qui "ont permis à la fillette de vivre".

Il est vrai que, dans un autre passage, le président de l’académie pontificale pour la vie rappelait que "l'avortement provoqué a toujours été condamné par la loi morale comme un acte intrinsèquement mauvais et cet enseignement reste inchangé de nos jours".

Mais les doutes exprimés précédemment restaient et donnaient sa tonalité à tout l’article. Des doutes visiblement en opposition avec la solidité granitique de ce passage du paragraphe 62 de l'encyclique "Evangelium vitae" de Jean-Paul II:


"Aucune circonstance, aucune finalité, aucune loi au monde ne pourra jamais rendre licite un acte qui est intrinsèquement illicite, parce que contraire à la Loi de Dieu, écrite dans le cœur de tout homme, discernable par la raison elle-même et proclamée par l’Eglise".


***


Le 16 mars, le diocèse d’Olinda et Recife a répliqué à l'article de Fisichella paru dans "L'Osservatore Romano" par des "Eclaircissements" officiels, annoncés très visiblement sur la home page de son site web.

Rome n’a en aucune façon accusé réception. Pas même quand, le 21 mars, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, est revenu sur l’affaire.

Le père Lombardi était ce jour-là à Luanda, à l’occasion du voyage de Benoît XVI au Cameroun et en Angola.

La veille, parlant au corps diplomatique et se référant à l'article 14 du Protocole de Maputo sur la "santé maternelle et reproductive", le pape s’était exclamé sur un ton polémique:


"Combien est amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang des soins de la santé des mamans! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive!".


Rencontrant les journalistes, le père Lombardi a exclu tout lien entre les propos du pape et l’affaire de la fillette brésilienne. Et il a continué ainsi:


"A ce sujet, ce qui compte, ce sont les propos de Mgr Rino Fisichella qui, dans 'L'Osservatore Romano' a déploré l’excommunication annoncée trop rapidement par l'archevêque de Recife. Aucun cas-limite ne doit masquer le vrai sens du discours du Saint-Père, qui se référait à quelque chose de très différent. [...] Le pape n’a absolument pas parlé de l’avortement thérapeutique et n’a pas dit qu’il doit toujours être refusé".


Il est frappant que, près d’une semaine après la diffusion des "Eclaircissements" du diocèse brésilien, le porte-parole officiel du Saint-Siège ait fait comme s’il les ignorait totalement, que ce soit en ce qui concerne la reconstruction des faits opposée ou les objections à caractère doctrinal et moral.

On trouvera ci-après le texte intégral du document du diocèse brésilien:



Eclaircissements du diocèse d’Olinda et Recife



A propos de l’article intitulé "Dalla parte della bambina brasiliana", publié dans "L’Osservatore Romano" du 15 mars, les soussignés déclarent:

1. Les faits de viol n’ont pas eu lieu à Recife comme il est écrit dans l’article, mais dans la ville d’Alagoinha, diocèse de Pesqueira. C’est l'avortement qui a été pratiqué à Recife.

2. Tous – à commencer par le curé d’Alagoinha, soussigné – nous avons traité la fillette enceinte et sa famille avec toute la charité et la tendresse possibles. Dès qu’il a été au courant des événements survenus sur le territoire de sa paroisse, le curé, par sollicitude pastorale, s’est rendu immédiatement au domicile de la famille. Il y a rencontré la fillette et l’a assurée de son soutien et de sa présence face à la situation grave et difficile où elle était. Cette attitude s’est poursuivie chaque jour, d’Alagoinha jusqu’à Recife où a eu lieu le triste événement de l’avortement des deux bébés innocents. Il est donc évident et indubitable que personne n’a pensé en premier lieu à une “excommunication”. Nous avons utilisé tous les moyens à notre disposition pour éviter l’avortement afin de sauver les trois existences. Le curé de la paroisse s’est personnellement associé à tous les efforts du Conseil des Enfants local en vue du bien-être de la fillette et de ses deux enfants. À l’hôpital, lors de ses visites quotidiennes, il a eu une attitude, faite d’attention et de sollicitude, qui a clairement manifesté à l’enfant et à sa mère qu’elles n’étaient pas seules mais que l’Église, représentée par le curé de leur paroisse, leur garantissait toute l’aide nécessaire et la certitude que tout serait fait pour le bien-être de la fillette et pour sauver ses deux enfants.

3. Une fois la fillette transférée dans un hôpital de Recife, nous avons tenté d’utiliser tous les moyens légaux pour éviter l’avortement. L’Église n’a à aucun moment failli dans cet hôpital. Le curé de la paroisse de l’enfant lui a rendu visite chaque jour à l’hôpital, venant d’une ville située à 230 km de Recife, faisant tous les efforts possibles pour que l’enfant et sa mère ressentent la présence de Jésus, le Bon Pasteur qui part à la recherche de la brebis qui a le plus besoin d’aide. L’affaire a donc été traitée par l’Église avec toute l’attention voulue et pas de manière "expéditive" comme le dit l’article.

4. Nous ne sommes pas d’accord avec l’affirmation que "la décision est difficile... pour la loi morale elle-même". La Sainte Église ne cesse de proclamer que la loi morale est très claire: il n’est jamais licite de détruire la vie d’une personne innocente pour sauver une autre vie. Voici les faits objectifs: il y a des médecins qui déclarent explicitement qu’ils pratiquent l’avortement et qu’ils continueront à le pratiquer, tandis que d’autres déclarent avec une fermeté identique qu’ils ne pratiqueront jamais l’avortement. Voici la déclaration écrite et signée d’un médecin catholique brésilien: "Comme obstétricien pendant 50 ans, diplômé de la Faculté nationale de médecine de l’Université du Brésil et ancien directeur du service d’obstétrique de l’hôpital d’Andarai où j’ai exercé pendant 35 ans jusqu’au moment où j’ai pris ma retraite pour me consacrer au diaconat, j’ai accouché 4 524 bébés, dont beaucoup sont nés de mères mineures, et je n’ai jamais eu besoin de recourir à l’avortement pour 'sauver des vies', de même que tous mes confrères, professionnellement sincères et honnêtes et fidèles à leur serment d’Hippocrate".

5. L’affirmation que le fait n’a été rendu public dans les journaux que parce que l’archevêque d’Olinda et Recife s’est empressé d’annoncer l’excommunication, est fausse. Il suffit de constater que l’affaire a été rendue publique à Alagoinha le mercredi 25 février, que l’archevêque a fait sa déclaration à la presse le 3 mars et que l’avortement a été pratiqué le 4 mars. Il serait absurde d’imaginer que, devant un fait aussi grave, la presse brésilienne aurait pu rester silencieuse pendant six jours. Donc, les informations sur la fillette enceinte – "Carmen" – ont été rendues publiques dans les journaux avant que l’avortement n’ait été pratiqué. Ce n’est qu’ensuite que l’archevêque, interrogé par les journalistes le 3 mars, a évoqué le canon 1398 [du code de droit canonique]. Nous sommes convaincus que la révélation de cette peine thérapeutique, l’excommunication, fera du bien à beaucoup de catholiques en les incitant à éviter ce péché grave. Le silence de l’Église aurait été préjudiciable, surtout quand on pense que, chaque année, 50 millions d’avortements sont pratiqués dans le monde et que, rien qu’au Brésil, un million de vies innocentes sont supprimées. Le silence peut être interprété comme une connivence ou une complicité. Si un médecin éprouve une "perplexité de conscience" avant de pratiquer un avortement (ce qui nous semble très improbable), il devrait, s’il est catholique et entend suivre la loi de Dieu, consulter un conseiller spirituel.

6. Autrement dit, cet article constitue une attaque directe contre la défense de la vie de ces trois enfants assurée avec ardeur par l’archevêque José Cardoso Sobrinho. Il montre combien son auteur manquait des bases et des informations nécessaires pour s’exprimer sur ce sujet, en raison de sa totale ignorance des faits. L’hôpital où a été pratiqué l’avortement de cette petite fille est, dans notre état, l’un de ceux où cette opération est constamment pratiquée sous couvert de la "légalité". Les médecins qui ont pratiqué l'avortement de ces jumeaux ont déclaré et continuent à déclarer dans les médias qu’ils ont fait ce qu’ils ont l’habitude de faire "avec une grande fierté". L’un d’entre eux a même déclaré: "Et alors, j’ai déjà été excommunié de nombreuses fois".

7. L’auteur a cru pouvoir parler de ce qu’il ne connaissait pas et, plus grave encore, il n’a pas même pris la peine d’en parler préalablement avec son frère dans l’épiscopat. À cause de cette attitude imprudente, il a provoqué un grand désarroi chez les fidèles catholiques du Brésil. Plutôt que de solliciter son frère dans l’épiscopat, il a choisi de croire à notre presse, souvent anticléricale.

Recife, le 16 mars 2009.

Edvaldo Bezerra da Silva
Vicaire général de l'archidiocèse d’Olinda et Recife

Cicero Ferreira de Paula
Chancelier de l'archidiocèse d’Olinda et Recife

Moisés Ferreira de Lima
Recteur du séminaire archidiocésain

Marcio Miranda
Avocat de l’archidiocèse d’Olinda et Recife

Edson Rodrigues
Curé de la paroisse d’Alagoinha, diocèse de Pesqueira




L'article, paru dans "L'Osservatore Romano" du 15 mars 2009, qui a donné lieu à la déclaration du diocèse d’Olinda et Recife:


Du côté de la fillette brésilienne


par Rino Fisichella


Le débat sur certaines questions est souvent serré et les points de vue différents ne permettent pas toujours de mesurer à quel point l’enjeu est vraiment important. C'est alors qu'il faut s’en tenir à l'essentiel et laisser de côté un moment ce qui ne concerne pas directement le problème. Cette affaire, tout en étant dramatique, est simple. Il y a une fillette innocente que nous devons regarder droit dans les yeux, sans détourner le regard un seul instant, pour lui faire comprendre à quel point on l'aime. Nous l'appellerons Carmen. Ces derniers mois, à Recife, au Brésil, elle a été violée à plusieurs reprises, à l'âge de neuf ans, par son jeune beau-père, et s’est retrouvée enceinte de jumeaux ; sa vie ne sera plus facile. La blessure est profonde car cette violence totalement gratuite l'a détruite intérieurement et lui laissera peu de possibilités, à l'avenir, de regarder les autres avec amour.

Carmen représente une histoire de violence quotidienne; elle n'est apparue dans les pages des journaux que parce que l'archevêque de Recife s'est empressé d'annoncer l'excommunication des médecins qui ont aidé à interrompre sa grossesse. Une histoire de violence qui, hélas, serait passée inaperçue - tellement nous sommes habitués à supporter chaque jour des faits d'une gravité sans égale - sans le tapage et les réactions suscitées par l'intervention de l'évêque. La violence sur une femme, déjà grave en soi, devient encore plus condamnable lorsque celle qui la subit est une petite fille sans défense, avec la circonstance aggravante de la pauvreté et de la misère sociale dans lesquelles elle vit. Il n’y a pas de langage approprié pour condamner de tels faits : ils inspirent souvent un mélange de colère et de rancœur, sentiments qui ne s'apaisent que lorsque la justice est réellement rendue et quand on est sûr que le criminel en question purgera sa peine.

Carmen devait avant tout être défendue, embrassée, caressée avec douceur, pour qu’elle sente que nous étions tous avec elle; tous, sans aucune distinction. Avant de penser à l'excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, hommes d'Eglise, devrions être des annonciateurs experts et des maîtres. Il n'en a pas été ainsi et la crédibilité de notre enseignement s'en ressent, hélas: beaucoup de gens le trouvent insensible, incompréhensible et dépourvu de miséricorde. Il est vrai que Carmen portait en elle d’autres vies, innocentes comme la sienne bien qu'elles aient été le fruit de la violence, qui ont été détruites; mais cela ne suffit pas pour rendre un jugement qui pèse comme un couperet.

Dans son cas, la vie et la mort se sont affrontées. Du fait de son très jeune âge et de son état de santé précaire, sa vie était sérieusement mise en danger par la grossesse en cours. Que faire en pareil cas? Décision difficile pour le médecin et pour la loi morale elle-même. Des choix comme celui-là, même si les cas sont différents, se présentent chaque jour dans les salles de réanimation et la conscience du médecin se retrouve seule avec elle-même face à l’obligation de décider ce qu’il y a de mieux à faire. En tout cas, personne n'arrive à une décision de ce genre avec désinvolture; le seul fait de le penser est injuste et blessant.

Le respect dû au professionnalisme du médecin est une règle qui doit s’appliquer à tous et qui ne peut pas permettre de parvenir à un jugement négatif sans avoir préalablement réfléchi au conflit qui s'est créé en lui. Le médecin porte avec lui son histoire et son expérience. Devoir sauver une vie en sachant que l’on en met une autre en grand danger n’est jamais un choix facile à vivre. Bien sûr, certains s'habituent à ces situations au point de ne plus éprouver la moindre émotion; mais alors le choix d'être médecin se réduit à n'être qu'un métier vécu sans enthousiasme et subi passivement. Mais il serait non seulement incorrect mais injuste de faire d'un seul cas une généralité.

L’histoire de Carmen a posé, une nouvelle fois, un problème moral des plus délicats; le traiter de manière expéditive ne rendrait justice ni à sa personne fragile ni à ceux qui sont impliqués à divers titres dans cette histoire. Comme chaque problème particulier et concret, il mérite cependant qu’on l’analyse dans sa spécificité, sans généralisations. La morale catholique a des principes dont elle ne pourrait pas faire abstraction même si elle le voulait: la défense de la vie humaine dès sa conception en est un. Elle se justifie par le caractère sacré de la vie; en effet, dès le premier instant, chaque être humain porte l'image du Créateur imprimée en lui; c'est pourquoi nous sommes convaincus qu’on doit lui reconnaître la dignité et les droits de tout être humain, le premier d'entre eux étant son intangibilité et son inviolabilité.

L'avortement provoqué a toujours été condamné par la loi morale comme un acte intrinsèquement mauvais et cet enseignement reste inchangé de nos jours, depuis l'aube de l'Eglise. Dans "Gaudium et spes" - document qui manifeste beaucoup d’ouverture et de perspicacité envers le monde contemporain - le concile Vatican II utilise de manière inattendue des mots très clairs et très durs contre l'avortement direct. La collaboration formelle elle-même constitue une faute grave qui, lorsqu'elle est commise, conduit directement hors de la communauté chrétienne. Techniquement, le code de droit canonique utilise l'expression "latae sententiae" pour indiquer que l'excommunication a lieu au moment même ou le fait se produit.

A notre avis, il n'était pas nécessaire d’annoncer aussi vite et avec autant de publicité un fait qui se produit de manière automatique. Ce qui paraît le plus nécessaire en ce moment, c’est un geste témoignant que l’on est proche de ceux qui souffrent. Un acte de miséricorde qui, tout en maintenant fermement le principe, soit capable de regarder au-delà de l’aspect juridique pour parvenir à ce que le droit lui-même prévoit comme but de son existence: le bien et le salut de ceux qui croient à l'amour du Père et de ceux qui accueillent l'Evangile du Christ comme les enfants que Jésus appelait à ses côtés et serrait dans ses bras en disant que le royaume des cieux appartient à ceux qui sont comme eux.

Carmen, nous sommes de ton côté. Nous partageons avec toi la souffrance que tu as éprouvée, nous voudrions tout faire pour te rendre la dignité dont tu as été privée et l'amour dont tu auras encore plus besoin; ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, non pas ceux qui t'ont permis de vivre et qui t'aideront à retrouver l'espérance et la confiance, malgré la présence du mal et la méchanceté de beaucoup de personnes.



Le site web du journal du Saint-Siège:

> L'Osservatore Romano



Le texte original, en portugais, de la déclaration du diocèse d’Olinda et Recife:

> Esclaricimentos sobre o artigo publicado no "L'Osservatore Romano"...


Le commentaire de l’évêque de Fréjus-Toulon, Dominique Rey:

> À propos de l’affaire de la petite fille brésilienne


Tous les discours et homélies du voyage de Benoît XVI en Afrique, sur le site du Vatican:

> Voyage apostolique au Cameroun et en Angola, 17-23 mars 2009




A propos de l’Eglise catholique et du sida, sur www.chiesa:

> Preservativo sì o no: “La Civiltà Cattolica” sbarra la strada (22.5.2006)


Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Ce que Benoît XVI a vraiment dit à propos du SIDA




Traduction française par Charles de Pechpeyrou

17.03.2009

Benoît XVI en Afrique : un hommage au continent tout entier

Editorial du directeur de L’Osservatore Romano


 


ROME, Mardi 17 mars 2009 (ZENIT.org) - En visitant le Cameroun et l'Angola, Benoît XVI rend « un hommage au continent tout entier », a estimé Gian Maria Vian, directeur de L'Osservatore Romano, dans un éditorial publié le 17 mars.

Alors que Benoît XVI rend visite à « deux grands pays de l'Afrique comme le Cameroun et l'Angola », il rend « symboliquement (...) hommage au continent tout entier, et c'est à dessein que l'évêque de Rome utilisera les trois langues occidentales d'échange les plus diffusées (français, anglais, portugais), s'adressant ainsi à tout le peuple africain », a affirmé Gian Maria Vian.

« Le voyage introduira ensuite la seconde assemblée synodale spéciale consacrée à l'Afrique, où le christianisme a des racines très anciennes dans certaines régions - comme surtout en Egypte et en Ethiopie - et une histoire missionnaire importante », a ajouté le directeur de L'Osservatore Romano.

« Sur ces bases, dans les terres d'Afrique, l'Eglise s'est implantée et durant le 20e siècle, elle a su se développer avec des caractéristiques propres », a-t-il ajouté. « Et c'est là que le pape retourne comme témoin du Christ, pour apporter encore une fois l'annonce de l'Evangile et la possibilité de la réconciliation », a-t-il souligné en évoquant les précédentes visites de Paul VI en Ouganda, et de Jean-Paul II qui s'est rendu dans 42 pays africains.

Gian Maria Vian a enfin rappelé que « durant ce voyage Benoît XVI n'est pas seul » car « les prières de très nombreux fidèles qui, surtout ces dernières semaines, lui ont été et lui sont proches, l'accompagnent ».

11.03.2009

Transfiguration de Jésus - Prière pour les femmes - Annonce du voyage en Terre Sainte

VATICAN - « La transfiguration de Jésus a été substantiellement une expérience de prière » rappelle le Pape Benoît XVI à l’'Angélus, en invitant à « trouver en ce temps de Carême des moments prolongés de silence » - Prière du Saint-Père « pour toutes les femmes, pour qu’elles soient toujours plus respectées dans leur dignité et mises en valeur dans leurs possibilités positives » - Annonce du voyage en Terre Sainte

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Rome (Agence Fides) – L’'expérience des Exercices Spirituels, et l’'Evangile de la Transfiguration, ont été au centre du discours que le Pape Benoît XVI a adressé aux fidèles à l’occasion de l’'Angélus, ce dimanche 8 mars, 2° Dimanche de Carême. Les Exercices Spirituels ont été « une semaine de silence et de prière : l’'esprit et le cœoeur ont pu se consacrer entièrement à Dieu, à l’'écoute de sa Parole, à la méditation des mystères du Christ….

« Etablissez les proportions justes, a poursuivi le Saint-Père, mais c'’est un peu ce qui arrive aux apôtres Pierre, Jacques et Jean, quand Jésus les conduisit sur un mont élevé, à part, eux seuls, et, tandis qu’il priait il ‘se transfigura’ : son visage et sa personne apparurent lumineux, resplendissants… Jésus voulait que ses disciples, en particulier ceux qui auraient eu la responsabilité de guider l’'Eglise naissante, fassent une expérience directe de sa gloire divine, pour affronter le scandale de la Croix ».


« La Transfiguration de Jésus, a insisté le Saint-Père, a été substantiellement une expérience de prière. La prière, en effet, atteint son point culminant, et, pour cela devient une source de lumière intérieure, quand l’'esprit de l’'homme adhère à celui de Dieu et que leurs volontés se fondent pour ne former presque qu’une seule chose. Quand Jésus gravit la montagne, il s'’immergea dans la contemplation du dessein d’amour du Père qui l’'avait envoyé dans le monde pour sauver l’'humanité… Jésus voit se profiler devant lui la Croix, le sacrifice extrême nécessaire pour nous libérer de la domination du péché et de la mort. Et, dans son cœoeur, une fois encore, il répéta son ‘Amen’. Il dit ‘Oui, me voici, que soit faite, ô Père ta volonté d’amour. Et, comme cela s’'était produit au Baptême dans le Jourdain, vinrent du Ciel les signes de la complaisance de Dieu Père : la lumière qui transfigura le Christ, et la Voix qui le proclama ‘le Fils Bien-aimé’ (Marc 9, 7) ».


Avant la récitation de l’'Angélus, le Saint-Père avait encore rappelé : « La prière forme la structure portante de notre vie spirituelle », et il avait invité tous les fidèles «  à trouver en ce temps de Carême, des moments prolongés de silence, si possible de retraite, pour revoir sa propre vie à la lumière du dessein d’amour du Père Céleste », en se laissant guider par le Vierge Marie, Maîtresse et Modèle de prière, invoquée sou le titre de Mère de la Confiance et de l’'Espérance.

Après la récitation de l’'Angélus, le Saint-Père a rappelé la Journée Internationale de la Femme qui « nous invite à réfléchir sur la condition de la femme, et à renouveler l’'engagement, pour que, toujours et partout, chaque femme puisse vivre et manifester en plénitude ses propres capacités en obtenant le plein respect pour sa dignité ».

Rappelant que « le Concile Vatican II et le Magistère pontifical s’étaient exprimés dans ce sens », le Saint-Père a souligné le témoignage des Saints, et en particulier à notre époque, celui de Mère Teresa de Calcutta.

« Combien d'’autres femmes travaillent chaque jour, dans le secret, pour le bien de l’'humanité et pour le Royaume de Dieu ! Je vous assure aujourd’hui de ma prière pour toutes les femmes, pour qu’elle soient toujours plus respectées dans leur dignité et mises en valeur dans leurs possibilités positives ».

Puis, le Saint-Père a confié à la prière des fidèles ses prochains voyages apostoliques : du 17 au 23 mars en Afrique, au Cameroun et en Angola, « pour manifester ma proximité concrète et celle de l’'Eglise aux chrétiens et aux populations de ce Continent qui m’'est particulièrement cher ». Du 8 au 15 mai, en Terre Sainte, « pour demander au Seigneur, en visitant les lieux sanctifiés par son passage terrestre, le don précieux de l’'unité et de la paix pour le Moyen-Orient, et pour l’'humanité tout entière ».

 

(Agence Fides, 9 mars 2009)


Le texte du discours du Saint-Père se trouve en plusieurs langues :


http://www.fides.org/ita/magistero/bxvi/angelus_080309.html