03.09.2009

L’année sacerdotale concerne aussi les prêtres qui ont quitté le sacerdoce

L’année sacerdotale concerne aussi les prêtres qui ont quitté le sacerdoce

Selon le cardinal Tarcisio Bertone

 

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ROME, Vendredi 28 Août 2009 (ZENIT.org) - Durant l'année sacerdotale, Benoît XVI veut aussi entrer en contact avec les prêtres qui ont quitté leur ministère.

C'est ce qu'a affirmé le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat, dans une interview publiée par l'édition italienne de L'Osservatore Romano, le 28 août. Le cardinal révèle aussi la manière dont est née l'idée de convoquer cette initiative.

« Je me rappelle qu'après le Synode des évêques sur la Parole de Dieu, il y avait sur la table du pape une proposition précédemment présentée, pour une année de prière qui devait être liée à la réflexion sur la Parole de Dieu », a expliqué le cardinal.

Toutefois, a-t-il ajouté, « le souvenir du 150e anniversaire de la mort du curé d'Ars et l'émergence des problématiques qui ont touché tant de prêtres, ont poussé Benoît XVI à promulguer l'Année sacerdotale ».

Par cette année, a déclaré le cardinal Bertone, le pape veut montrer « une attention spéciale aux prêtres, aux vocations sacerdotales » et encourager « dans tout le peuple de Dieu un mouvement d'affection toujours plus grand et de proximité envers les ministres ordonnés ».

« L'Année sacerdotale suscite un grand enthousiasme dans toutes les Eglises locales et un mouvement extraordinaire de prière, de fraternité envers et parmi les prêtres et de promotion de la pastorale des vocations », a ajouté le cardinal.

« Le dialogue, jusqu'alors engourdi, se fortifie entre évêques et prêtres, et une attention spéciale se développe aussi envers les prêtres réduits à une condition marginale dans l'action pastorale », a-t-il poursuivi.

Le secrétaire d'Etat souligne que cette Année devrait aussi permettre « une reprise de contact, d'aide fraternelle ou la possibilité de rejoindre les prêtres qui, pour différents motifs, ont abandonné l'exercice du ministère ».

« Les saints prêtres qui ont peuplé l'histoire de l'Eglise ne manqueront pas de protéger et de soutenir le chemin de renouvellement proposé par Benoît XVI », a-t-il conclu.

01.07.2009

Saint Paul : La complémentarité, un principe vital de la vie ecclésiale


Saint Paul : La complémentarité,
un principe vital de la vie ecclésiale

P. Hermann Geissler FSO




Le plan de Dieu avec les hommes

I. L'Eglise, Corps du Christ

L'unité dans la diversité

L'unité dans le Christ

L'unité dans la complémentarité



II. Vivre la complémentarité

« Avoir soin les uns des autres »

« Distribuant les dons à chacun en particulier »

« Pour l'utilité commune »

« Ne pas comparer, mais discerner »

« Souffrir avec - se réjouir avec »

 « Une voie excellente entre toutes »

« Portez les fardeaux les uns des autres »



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«L'union fait la force!» comme nous l'apprend une maxime connue. De nos jours on parle souvent d'unité et de communauté. De nombreuses personnes se rendent à nouveau compte combien nous dépendons les uns des autres, combien nous avons impérativement besoin les uns des autres, combien la collaboration et l'entraide réciproques sont importantes. Cette conscience nouvelle, qui, certes, ne surgit pas partout avec la même intensité et qui va à l'encontre du penchant de maintes personnes vers l'individualisme, correspond à ce que le Créateur à déposé dans la nature humaine.


Le plan de Dieu avec les hommes

« Et Dieu créa l'homme à son image; il le créa à l'image de Dieu: il les créa mâle et femelle » (Gn 1,27). La création de la personne humaine couronne la création. Dieu a tout créé pour les hommes et l'homme a été créé pour reconnaître et aimer Dieu et pour gérer la terre en son nom, de façon responsable.

De cette grande tâche l'homme doit s'acquitter dans la complémentarité. La Bible le montre clairement avec les mots suivants: « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui » (Gn 2, 18). La femme, que Dieu façonna en la tirant d'une côte de l'homme et qu'il amena à l'homme, le faisant s'écrier plein d'admiration et d'amour : « Celle-ci cette fois est os de mes os et chair de ma chair! » Selon le plan de Dieu les hommes et les femmes doivent exister les uns pour les autres. Cette complémentarité se montre particu­lièrement dans le mariage, qui porte fruits dans les enfants et qui pose le fondement de la société. Il s'agit néanmoins d'un principe qui est d'une importance fondamentale pour la vie commune en général et à tous les niveaux.

Il est vrai que le péché originel, par lequel l'homme a perdu l'amitié avec Dieu, a sérieusement compliqué la complémentarité entre les hommes. La vie commune de l'homme et de la femme n'est plus marquée par l'harmonie originelle, mais par la concupiscence et la domination (cf. Gn 3, 16). Le lien entre les hommes n'est plus caractérisé uniquement par l'amour et le respect, il l'est aussi par l'envie et la jalousie, de sorte que Caïn tue son frère Abel (cf. Gn 4). Les hommes sont devenus orgueilleux; ils veulent construire une tour dont le sommet touche le ciel. Mais Dieu rejette leur langage. Ils ne se comprennent plus et deviennent des ennemis les uns des autres (cf. Gn 11). L'histoire entière montre combien la concorde entre les hommes et les peuples est difficile et combien il s'agit souvent plutôt d'une simple coexistence, oui, même souvent d'un état de conflit.

Dieu n'a toutefois pas abandonné les hommes après le péché originel. Il a élu la famille d'Abraham et plus tard le peuple d'Israël, pour attirer les hommes à nouveau à lui et pour leur révéler sa volonté. Quand la plénitude des temps arriva Il envoya son Fils, parce qu'Il voulut réconcilier les hommes et les rassembler dans une famille. Cette famille, c'est l'Église. Dans son sein, la complémentarité par la grâce de la Rédemption n'est non seulement possible, mais elle est aussi une source de bénédictions multiples. Cela nécessite, certes, une foi profonde et la volonté de se laisser renouveler con­tinuellement.

Dans les réflexions suivantes, qui résument l'en­seignement de l'Église sur la complémentarité, quelques conseils pratiques nous sont donnés. Nous nous lais­sons surtout guider par l'apôtre Saint Paul. En même temps nous écoutons quelques paroles de Mère Julia, Fondatrice de la Famille Spirituelle « L'Œuvre ». Elle a souvent rappelé l'importance de la complémentarité.


I. L'Eglise, Corps du Christ

Saint Paul utilise plusieurs images pour rendre le mystère de l'Église intelligible. Dans ses épîtres, il la compare à un corps, dont la tête est le Christ et dont nous, les fidèles, sommes les membres. Que signifie cette comparaison?


L'unité dans la diversité


Le corps humain est composé de différents membres qui ont des tâches différentes. « Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs. Si le pied disait: "Puisque je ne suis pas la main, je ne suis pas du corps," en serait-il moins du corps pour cela? Et si l'oreille disait: "Puisque je ne suis pas l'œil, je ne suis pas du corps," en serait-elle moins du corps pour cela? » (1 Co 12, 14-16). Cette diversité des membres est vitale pour le corps. « Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe? S'il était tout entier ouïe, où serait l'odorat? Mais Dieu a placé chacun des membres dans le corps, comme il l'a voulu. Si tous étaient un seul et même membre, où serait le corps? Il y a donc plusieurs membres et un seul corps » (1 Co 12, 17-20). Même s'il y en a beaucoup, tous les membres du corps s'appartiennent et forment « un seul corps » (1 Co 12, 12).

L'apôtre applique ces pensées à l'Église. La diversité des membres s'y montre par la variété des peuples, des milieux, des langues et des classes: « soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres » (1 Co 12, 13). L'Eglise est ouverte à tous les hommes, races et nations. La spé­cificité des hommes n'est pas abolie, mais purifiée et sanctifiée. Dans l'Église il y a aussi une pluralité de services et de grâces que Dieu accorde dans sa bonté. Il a « établi dans l'Eglise premièrement des apôtres, deu­xièmement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont les dons de guérir, d'assister, de gouverner » (1 Co 12, 28). La plupart des membres de l'Église vivent en tant que croyants laïques au milieu du monde; certains servent l'édification du corps dans une tâche hiérarchique (pape, évêques, prêtres et diacres): d'autres sont appelés à suivre Jésus dans la vie con­sacrée; partout le Seigneur offre une plénitude de talents, de dons et de charismes, dont plusieurs sont visibles, d'autres deviennent moins visibles, mais n'en sont pas moins importants pour autant.

Cette diversité est nécessaire pour le Corps du Christ. Si l'Église excluait certains peuples, milieux ou professi­ons, elle ne serait plus vraiment catholique. Si dans son sein il n'y avait plus de fidèles laïques elle ne pourrait plus pénétrer le monde du levain de l'Evangile. Sans officiants les sacrements vitaux ne seraient plus admini­strés. Sans femmes et hommes consacrés il nous man­querait le témoignage d'une imitation radicale du Christ. Sans les dons multiples que l'Esprit de Dieu offre aux fidèles, l'Église serait plus pauvre et elle ne pourrait plus accomplir certaines tâches ou rendre tel ou tel service.

Si nous considérons cela, nous voyons que l'Église est une communauté d'une grande diversité. Cette diversité est une richesse. En même temps nous devons prendre garde à préserver l'unité dans toute la nécessaire diversité.

 

L'unité dans le Christ


Les membres du corps humain forment une unité, parce qu'ils ont la même tête et sont unifiés par elle. Cela va de même avec l'Église: le Christ « est la Tête du Corps de l'Eglise » (Col 1, 18).

Le Christ est notre Rédempteur. Saint Paul écrit: « Dieu a voulu que toute la plénitude habitât en lui; et il a voulu réconcilier par lui toutes choses avec lui-même, celles qui sont sur la terre, et celles qui sont dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 19-20). C'est sur la croix que le Seigneur nous a réconciliés avec le Père.

Les sacrements nous unissent au Christ crucifié et ressuscité dans son Corps, l'Église. Le Concile Vatican II enseigne à ce sujet: « Dans ce corps, la vie du Christ se répand dans les croyants, qui par les sacrements sont unis d'une façon mystérieuse mais réelle, au Christ souffrant et glorifié » (Lumen Gentium, 7). Cela vaut surtout pour le baptême, par lequel nous formons « un seul corps » (1 Co 12, 13) et pour l'Eucharistie par laquelle notre union avec le Christ dans son Église s'approfondit continuellement: « Le pain, que nous rompons, n'est-il pas une communion au Corps du Christ? Puisqu'il y a un seul pain, nous formons un seul corps, tout en étant plusieurs; car nous participons tous à un même pain » (1 Co 10, 16-17).

En ce sens, le prêtre prie dans la troisième prière eucharistique: "Quand nous serons nourris de ton Corps et de ton Sang et remplis de l'Esprit Saint, accorde-nous d'être un seul corps et un seul esprit dans le Christ. »

En tant que membres du Corps de l'Église - souvent très différents les uns des autres - nous pouvons toutefois être 'un' et rester unis, parce que nous sommes unis dans le Christ par l'Esprit Saint. Lui, la Tête de l'Église, est la source de notre unité. De lui nous devons toujours implorer à nouveau le don de l'unité.

 

L'unité dans la complémentarité


Les membres du Corps sont unis au Christ, mais aussi les uns avec les autres. « Car, de même que nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi nous qui sommes plusieurs, nous ne faisons qu'un seul corps dans le Christ, et chacun en particulier nous sommes membres les uns des autres » (Rm 12, 4-5).

Les différents membres de l'Église ont besoin les uns des autres. C'est pourquoi saint Paul écrit: « L'œil ne peut pas dire à la main: 'Je n'ai pas besoin de toi'; ni la tête dire aux pieds: 'Je n'ai pas besoin de vous.' Au contraire, les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont plus nécessaires » (1 Co 12, 21-22). Les membres qui paraissent insignifiants sont de grande valeur pour Dieu: « Dieu a disposé le corps de manière à donner plus de respect à ce qui est moins digne, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres » (1 Co 12, 24-25). Les membres du corps partagent leurs souffrances et leurs joies. « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui » (1 Co 12, 26).

Dans le Corps de l'Église, nous dépendons les uns des autres. Personne ne peut dire à l'autre: « Je n'ai pas besoin de toi, tu n'as pas d'importance à mes yeux. » Dieu veut que nous nous soucions les uns des autres, que nous nous soutenons et confortons, que nous portons la souffrance ensemble et que nous partageons les joies. C'est ce que nous voulons dire quand nous parlons de complémentarité.

Le pape saint Clément I écrit dans son épître aux Corinthiens (37, 4): « Il y a toujours une espèce de lien et là dedans se trouve l'utilité. » Cela apparaît si nous pensons par exemple à un orchestre. Les différents musiciens qui le forment ensemble, ne peuvent être de simples solistes. Ils doivent jouer en harmonie - chacun avec son instrument et selon ses capacités. Le niveau d'un orchestre et la valeur des musiciens dépendent de la qualité de la consonance des différents instruments. Celle-ci pose de grandes exigences. Il en va de même pour l'Église. Le pape Benoît XVI y fait allusion dans son encyclique Spe Salvi. Comme il note « Le péché est compris par les Pères comme destruction de l'unité du genre humain, comme fragmentation et division. ... Et ainsi, la 'Rédemption' apparaît vraiment comme le rétablissement de l'unité, où nous nous retrouvons de nouveau ensemble, dans une union qui se profile dans la communauté mondiale des croyants » (N° 14).

Mère Julia écrit sur l'unité et la complémentarité entre les membres de l'Église: « La lumière de la complé­mentarité est un grand don et un appel constant. »  En quoi consiste ce don de la complémentarité ? Quelles sont les attitudes requises? En quoi consistent les dangers et les tentations ?

 


II. Vivre la complémentarité

« Avoir soin les uns des autres »


Chaque homme, et encore plus chaque chrétien, a des responsabilités. Aujourd'hui l'on dit souvent que chacun doit suivre sa propre voie, surtout dans le domaine religieux ou moral. Des questions de foi ou de mœurs sont une « affaire privée », qui ne regarde personne. Chacun doit faire ce qu'il croit être bien selon sa propre conscience: l'un croit à Jésus, un autre à Buddha; l'un est contre l'avortement, un autre trouve l'interruption de grossesse légitime dans certaines situations. Et toutes ces opinions doivent être tolérées comme étant équivalentes.

Cette attitude est fausse. Elle méconnait que les questions de foi et de mœurs ne sont pas simplement des affaires subjectives où chacun peut avoir son opinion. Il y a en effet des réponses exactes à ces questions qui orientent notre vie et il y a des réponses fausses qui nous égarent. Dans la révélation, Dieu nous a offert les réponses qui nous montrent le droit chemin et nous guident vers la béatitude. La plupart de ces réponses  sont accessibles, non seulement à la foi, mais aussi à la raison.

L'opinion que la foi est une affaire privée est erronée parce qu'elle nous incite à l'individualisme et à l'in­différence: si chacun peut devenir bienheureux à sa façon, nous ne devons pas nous soucier d'autrui. En réalité nous ne sommes pas seulement responsables pour nous-mêmes, mais nous le sommes aussi pour les autres. C'est pourquoi, en tant que membres de l'Église, nous avons le devoir de prendre « également soin les uns des autres » (1 Co 12, 25). Transmettre la foi aux enfants doit être un souhait ardent des parents. Les prêtres et les consacrés doivent être intérieurement pressés à tout donner pour que le Christ puisse prendre forme dans le cœur des hommes. Et en tant que membres du Corps du Christ, nous sommes tous invités à prier les uns pour les autres, à prendre à cœur les intentions de l'Église universelle et à témoigner de la Bonne Nouvelle.

 

« Distribuant les dons à chacun en particulier »


Il existe une merveilleuse abondance de dons dans l'Église. Saint Paul évoque certains de ces dons dans la première épître au Corinthiens: par exemple le don de « sagesse », c'est-à-dire la possibilité de voir les événe­ments de la vie à la lumière du Crucifié; ensuite le don de « connaissance », le don de connaître le Christ dans l'intimité du cœur et de l'aimer; puis le don d'une foi forte, qui aide à rester fidèle dans la foi même dans les situations difficiles; enfin il y a aussi le don de guérison ou encore le don de reconnaître les signes du temps prophétiquement, de discerner les esprits etc. « Tous ces dons » c'est, comme dit l'apôtre, « le seul et même Esprit qui les produit, les distribuant à chacun en particulier, comme il lui plaît » (1 Co 12, 8-11).

L'Esprit Saint offre aussi à chacun de nous ses dons particuliers : l'un peut très bien se mettre à la place des autres; un autre se distingue par son aptitude d'en­thousiasmer les enfants et les jeunes; un autre sait comment il faut consoler les malades et les souffrants, encore un autre a de grands talents d'organisation etc. Nous devons être reconnaissants pour cette richesse de dons.

Accueillons ces dons avec empressement. Ils viennent de l'Esprit de Dieu qui les distribue comme il lui plaît. Il importe de ne pas envier les dons des autres, mais de les respecter. Mère Julia nous encourage dans ce sens: « Notre vie doit être remplie du respect de la Majesté de Dieu et de sa miséricorde, du respect des dons du Saint-Esprit, du respect du Plan de Dieu sur toute personne et du respect de la réponse de chacun exprimée par son libre choix. »

 

« Pour l'utilité commune »


Les dons que Dieu distribue aux membres du Corps du Christ ne nous sont pas offerts pour en tirer un profit personnel. Chaque don est donné « pour l'utilité commune » (1 Co 12,7). Si les hommes se croient importants à cause de leurs dons, alors ils n'ont pas compris l'essentiel. En plus ils sont injustes envers Dieu, car avec ses dons ils se glorifient eux-mêmes.

Pour bien employer nos dons nous devons être humbles et serviables. L'humilité nous rend conscients de ce que nous sommes devant Dieu: ses créatures qu'il a comblées de la richesse de sa Vie et de ses dons. La serviabilité nous aide à accueillir nos dons avec gratitude, à les développer par la foi, l'amour et le don de soi, et à les employer pour le bien des autres. En ce sens le chemin de la complémentarité est un chemin de vertus, exigeant, mais qui produit beaucoup de fruits: il nous préserve d'une vue unilatérale, d'exagérations et de jugements erronés. Sur ce chemin nous gagnons souvent du temps et ensemble nous trouvons plus rapidement des solutions. C'est un chemin sur lequel nous pouvons mûrir, nos dons peuvent s'épanouir, notre foi grandir et l'Esprit Saint peut nous combler de sa lumière. Il contribue à faire de nous une bénédiction les uns pour les autres et à être utiles les uns pour les autres, même pour les défunts à travers la prière et le saint sacrifice de la Messe.

Saint Paul nous encourage à suivre ce chemin en imitant le Christ : « Si donc il est quelque encou­ragement dans le Christ, s'il est quelque consolation de charité, s'il est quelque communauté d'esprit, s'il est quelque tendresse et quelque compassion, rendez ma joie parfaite: ayez une même pensée, un même amour, une même âme, un même sentiment. Ne faites rien par esprit de rivalité ou par vaine gloire; mais que chacun, en toute humilité, regarde les autres comme au-dessus de soi; chacun ayant égard, non à ses propres intérêts, mais à ceux des autres. » (Ph 2, 1-4).

 

« Ne pas comparer, mais discerner »


Mère Julia a dit: « Qui vit de la Lumière de Dieu ne compare pas mais discerne! » Avec cette parole elle nous rend attentifs à une attitude malsaine très répandue: la comparaison égoïste avec les autres. Celui qui compare ainsi ses propres dons avec ceux des autres, devient soit orgueilleux, s'il pense que ses dons valent plus que ceux des autres, soit envieux, jaloux ou découragé, si les dons des autres lui semblent meilleurs.

La lumière de la foi nous dit, au contraire, que tous les dons viennent de Dieu et que nous devons discerner. L'Esprit Saint offre tel don à l'un et telle qualité à l'autre. De là l'importance de nous compléter et de nous servir mutuellement avec les dons qui nous ont été attribués.

Il importe que nous employions nos propres dons dans notre famille, nos paroisses et nos communautés, avec foi et de façon engagée. Femmes et hommes, ouvriers et savants, personnes consacrées et prêtres: personne de nous ne peut tomber dans le piège de la comparaison égoïste et convoiter les dons des autres comme c'est le cas dans le féminisme radical, le cléricalisme, l'intel­lectualisme, le pragmatisme et beaucoup d'autres « ‑ismes ». Nous sommes appelés à servir avec nos propres dons, à édifier le Corps du Christ et à remplir le monde de la Bonne Nouvelle.

 

« Souffrir avec - se réjouir avec »


L'unité des membres du Corps du Christ est si grande que saint Paul peut écrire: « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui » (1 Co 12, 26).

Si d'aucuns perdent la foi ou ne pratiquent plus, si des consacrés, des prêtres ou des personnes mariées luttent avec des problèmes, si d'autres sont dévoyés du bon chemin, si certains sont touchés par de graves maladies ou par la souffrance, alors cela ne peut pas nous laisser indifférents. Parce que nous aimons l'Église et ses membres, ces situations doivent nous interpeller et nous presser à faire ce que nous pouvons pour aider les personnes concernées: par la prière confiante et pa­tiente, par sa propre fidélité, par un acte de foi, par une lettre, par exemple, à certaines personnes en détresse, par une conversation ouverte ou par d'autres gestes de participation.

Les membres de l'Eglise se distinguent aussi par la capacité de se réjouir pour les autres et avec eux. Cette capacité semble parfois moins présente que la capacité de souffrir avec les autres. Est-ce peut-être l'envie qui diminue la capacité de se réjouir sincèrement des autres?  La plus grande joie de saint Paul était que les autres puissent ouvrir leur cœur pour le Christ. C'est pourquoi il écrit aux Philippiens: « Je rends grâces à mon Dieu toutes les fois que je me souviens de vous, et dans toutes mes prières pour vous tous, c'est avec joie que je lui adresse ma prière, à cause de votre concours unanime pour le progrès de l'Evangile, depuis les pre­miers jours jusqu'à présent » (Ph 1, 3-5).

 

« Une voie excellente entre toutes »


Les dons ont une grande importance dans le Corps du Christ. Ils ne sont pourtant pas la chose la plus importante. Après avoir rappelé aux Corinthiens la nécessité d'employer les dons correctement, saint Paul écrit: « Je vais vous montrer une voie excellente entre toutes. » Cette voie c'est la charité, sans laquelle chaque don, aussi éminent qu'il soit, est sans valeur et futile.

Saint Paul décrit l'amour de façon incomparable: « La charité est patiente, elle est bonne; la charité n'est pas envieuse, la charité n'est point inconsidérée, elle ne s'enfle point d'orgueil; elle ne fait rien d'inconvenant, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne tient pas compte du mal; elle ne prend pas plaisir à l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout » (1 Co 13, 4-7).

La charité rend la complémentarité facile. Elle bannit l'orgueil, l'envie et la jalousie, les plus grands ennemis de la complémentarité et elle encourage l'humilité, le respect et la serviabilité. Elle nous stimule à ne pas utiliser nos talents et nos dons pour nous-mêmes, mais pour la glorification de Dieu, l'édification de l'Église et le bien du prochain.

De saint Paul Mère Julia a appris «que la valeur de notre vie et son rayonnement surnaturel ne dépendent pas de la mesure de notre activité, mais bien plutôt de l'amour qui nous anime. C'est cet amour, infusé dans nos cœurs par l'Esprit Saint, qui nous rend capables de découvrir Dieu en tout et en tous » . L'amour aide aussi à vivre le principe de la complémentarité dans toute sa plénitude afin que la beauté et la force intérieure de l'Église rayonne et que la complémentarité soit utile pour de nombreuses personnes.

 

« Portez les fardeaux les uns des autres »


« Ensemble nous sommes plus forts ! » Si nous em­ployons nos propres talents avec empressement et nous nous aidons mutuellement dans cette voie, alors nous devenons une bénédiction les uns pour les autres. La complémentarité nous rend forts - aussi et surtout si nous faisons l'expérience de nos propres faiblesses et limites. C'est un principe qui renouvelle la vie de l'Église. Elle est une clé du bonheur des hommes car nous sommes créés pour vivre en communauté. Saint Paul nous invite à suivre le Christ sur le chemin de la com­plémentarité: « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la parole du Christ. » (Ga 6, 2).


Agence Fides 27/6/2009; Directeur Luca De Mata


30.06.2009

'Les ossements de saint Paul sont authentiques'

Un sondage a été effectué dans le sarcophage de Saint-Paul-hors-les-Murs

Homélie de clôture de l’Année Saint-Paul

 


ROME, Dimanche 28 juin 2009 (ZENIT.org) - Un sondage a été effectué dans le sarcophage de Saint-Paul-hors-les-Murs, annonce Benoît XVI : les résultats confirment la tradition séculaire.

Benoît XVI a en effet conclu ce soir, en la basilique papale de Saint-Paul-hors-les-Murs, l'Année Saint-Paul, lors des premières vêpres de la solennité des saints patrons de l'Eglise de Rome, Pierre et Paul. Une année qui a marqué le bimillénaire de la naissance de l'Apôtre des Nations.

Dans son homélie, Benoît XVI a confirmé ce que la rumeur annonçait déjà en mai 2007 : un sondage a été effectué dans le sarcophage de pierre, qui se trouve sous l'autel et son baldaquin.

« L'année commémorative de la naissance de saint Paul se conclut ce soir, a rappelé Benoît XVI. Nous sommes rassemblés auprès de la tombe de l'apôtre dont le sarcophage, conservé sous l'autel papal, a récemment fait l'objet d'une analyse scientifique attentive », a annoncé le pape.

Benoît XVI a décrit ainsi l'enquête et son résultat : « dans le sarcophage, qui n'a jamais été ouvert depuis tant de siècles, a été pratiquée une toute petite perforation pour introduire une sonde spéciale, grâce à laquelle ont été relevées des traces d'un tissu précieux en lin coloré de pourpre, laminé d'or fin, et d'un tissu de couleur bleu avec des filaments de lin ».

Mais ce n'est pas tout. Le pape ajouté que l'on a relevé « la présence de grains d'encens rouge », de « substances protéiques et calcaires » et de « fragments d'os », qui ont été soumis à l'examen du carbone 14 effectué « par des experts ignorant leur provenance » : ils ont conclu qu'il s'agissait d'ossements appartenant à « une personne ayant vécu entre le 1er et le 2e siècle ».

Pour Benoît XVI, « cela semble confirmer la tradition unanime et incontestée qu'il s'agisse des restes mortels de l'apôtre Paul ».

« Tout ceci, a confié le pape, remplit notre esprit d'une émotion profonde. Beaucoup de personnes ont, au cours de ces mois, suivi les voies - extérieures et intérieures plus encore - que l'Apôtre a parcourues pendant sa vie : la voie de Damas, à la rencontre du Ressuscité, les voies du monde méditerranéen,  qu'il a traversé, avec le flambeau de l'Evangile, rencontrant contradictions et adhésions, jusqu'au martyre, par lequel il appartient pour toujours à l'Eglise de Rome ».

Rappelons que le sarcophage a été mis à jour en décembre 2006, à la suite de la campagne de quatre ans de fouilles conduites des archéologues du Vatican sous la direction de Giorgio Filippi. Elles avaient permis de mettre au jour cette inscription en latin : « Paul apôtre martyr » (« Paulo Apostolo Mart »). Mais le sarcophage, en pierre, de quelque 25 cm d'épaisseur n'a pas été ouvert.

Le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de la basilique papale, a indiqué, vendredi dernier, que les travaux impliqueraient le déplacement de l'autel et du baldaquin, et qu'elles n'étaient donc pas possibles pendant l'Année Saint-Paul.

« Nous avons effectué des radiographies, mais les parois du sarcophage étaient trop épaisses pour que l'on puisse voir quelque chose », a-t-il précisé lors d'une conférence de presse faisant le bilan de l'année Saint-Paul, laissant à Benoît XVI l'annonce du résultat, ce dimanche, des sondages plus précis effectués en mai 2007.

La plaque de marbre indiquant le nom de l'apôtre est percée de trois trous qui servaient peut-être à faire passer des mouchoirs ou des linges, selon la pratique - du vivant de Paul - décrite dans les Actes des apôtres:

« Dieu faisait par les mains de Paul des miracles peu ordinaires, à tel point même qu'on appliquait sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché son corps : les maladies les quittaient alors et les esprits mauvais s'en allaient » (Actes 19, 11-12).

Anita S. Bourdin

28.06.2009

L’année Saint-Paul arrive à sa fin, mais la flamme brûlera encore

Un bilan par le cardinal di Montezemolo

 

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ROME, Vendredi 26 juin 2009 (ZENIT.org) - L'année Saint-Paul arrive à sa fin, symboliquement la Porte Pauline de la basilique romaine Saint-Paul-hors-les-Murs sera refermée, mais la lampe des pèlerins allumée sous le portique de la basilique papale continuera de brûler. Plus encore, l'année sacerdotale à peine commencée « ne pourra pas ne pas se baser sur les écrits de Saint-Paul », a fait observer le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de la basilique.

A l'occasion de la prochaine clôture de l'Année Saint-Paul, le cardinal di Montezemolo a en effet présenté ses « réflexions » aux journalistes ce vendredi 26 juin, au Vatican. Il était accompagné de M. Pier Carlo Visconti, délégué pour l'administration de la basilique papale.

« Avec la clôture de l'Année Saint-Paul, et avec le début de l'Année sacerdotale, à peine inauguré par le Saint-Père Benoît XVI, le monde chrétien est fortement invité accueillir le message de Paul, l'Apôtre des Nations, qui (...) continue aujourd'hui aussi à parler à toutes les Nations, dans les différents continents », a souligné le cardinal di Montezemolo.

Pour le cardinal archiprêtre, les « bienfaits » de l'année Saint-Paul se « prolongeront » pendant l'Année sacerdotale, a insisté l'archiprêtre de la basilique Saint-Paul.

Autre prolongement : les travaux entrepris pour l'Année Saint-Paul. Le cardinal di Montezemolo a annoncé la réalisation d'un espace archéologique de mille mètres carrés au-dessus duquel seront réalisés des bâtiments nécessaires à l'organisation de la basilique. Le cardinal di Montezemolo étant le premier archiprêtre de la basilique papale, a ses bureaux pour le moment à l'intérieur de l'abbaye bénédictine dont els moines assurent la prière liturgique quotidienne et l'accueil des pèlerins dans quatre confessionnaux pour conférer le sacrement de la réconciliation.

Du point de vue quantitatif, le cardinal a fait état de la visite de 18.600 pèlerins pour la seule journée du 1er mai 2009. Le pèlerinage le plus nombreux de l'année a été celui du diocèse italien d'Aversa, et son évêque, Mgr Mario Milano, avec 6.000 pèlerins, tandis que la célébration qui a rassemblé le plus de personnes, a été les obsèques de Chiara Lubich qui a rassemblé à Saint-Paul quelque vingt mille personnes.

En tout, le bilan du cardinal archiprêtre est « tout à fait positif » et même « au-delà des prévisions les meilleures ».

Benoît XVI, approuvant un projet de Jean-Paul II, avait en effet souhaité donner « une nouvelle vitalité » à la basilique Saint-Paul, d'où à la fois le nomination du cardinal archiprêtre et l'Année Saint-Paul. Les deux principaux objectifs du pape, étaient, a rappelé le cardinal di Montezemolo, de « faire mieux connaître et méditer le très riche message » de l'apôtre, d'une part, et d'autre part, « développer différents programmes à dimension œcuménique ».

De fait, la basilique et le monastère Saint-Paul ont une tradition œcuménique. L'année Saint-Paul a vu aussi le pèlerinage de chrétiens d'autres confessions, notamment de tradition orthodoxe. Le pape lui-même a ouvert l'année Saint-Paul le 28 juin 2008 en présence du patriarche œcuménique Bartholomaios Ier, a rappelé le cardinal.

Le cardinal di Montezemolo a souligné l'apport « doctrinal » de Benoît XVI lui-même - « grand docteur de l'Eglise », a souligné le -, dans ses « catéchèses » du mercredi sur saint Paul, « ses nombreux discours, interventions, citations, références, à l'occasion de rencontres et d'événements innombrables » pendant cette année thématique, jalonnée également d'événements culturels et musicaux.

Pour sa part, l'ingénieur Visconti a souligné, au niveau international, l'augmentation du nombre des baptêmes, qui a doublé par exemple en Chine pendant l'Année Saint-Paul, tandis que dans le monde, les enfants baptisés en cette année ont reçu le nom de l'apôtre des Nations plus souvent que les années précédentes.

De fait, comme le cardinal di Montezemolo l'a également rappelé, l'Année Saint-Paul a eu une dimension internationale dès le début et sera conclue par sept cardinaux, envoyés spéciaux de Benoît XVI en des lieux spécialement liés à la mission de l'apôtre : la Terre-Sainte, Damas, Tarse, Chypre, Athènes, Malte et le Liban (cf. Zenit du 21 juin 2009).

26.06.2009

Le sacerdoce, grâce extraordinaire pour le prêtre, l’Eglise et le monde

Une « année » pour la redécouvrir

 

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ROME, Mercredi 24 juin 2009 (ZENIT.org) - Le sacerdoce constitue une « grâce extraordinaire » non seulement pour le prêtre, mais aussi pour l'Eglise et pour le monde, fait observer Benoît XVI.

Le pape a en effet consacré sa catéchèse du mercredi à l'ouverture de l'année sacerdotale, inaugurée, vendredi dernier, 19 juin, au Vatican.

« Vendredi dernier, en la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, j'ai eu la joie d'inaugurer l'année sacerdotale, décidée à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de la « naissance au ciel » du Curé d'Ars, saint Jean-Marie Vianney », a rappelé le pape.

Benoît XVI a rapproché l'exemple du Curé d'Ars de la mission en saint Paul, en soulignant l'importance de leur « communion au Christ » : « Alors que se conclut l'Année consacrée à l'Apôtre Paul, modèle extraordinaire de l'évangélisateur qui a accompli de nombreux voyages pour répandre l'Evangile, cette nouvelle année jubilaire nous invite à nous tourner vers un humble curé qui a réalisé son service pastoral dans un petit village. Tous deux ont en commun une identification totale avec leur ministère et une profonde communion au Christ ».

Benoît XVI a aussi rappelé le « but » de cette année sacerdotale qui est « d'aider les prêtres à tendre vers la perfection spirituelle dont dépend surtout l'efficacité de leur ministère, à redécouvrir et à renforcer la conscience de la grâce extraordinaire que le ministère ordonné représente pour celui qui l'a reçu, pour l'Eglise et pour le monde ».

Là aussi, le pape a insisté sur l'union au Christ en disant : « Profondément uni au Verbe de Dieu, qui en s'incarnant est devenu serviteur, le prêtre, lui appartient ».

Car c'est de cette appartenance que découle son minsitère au service des baptisés : « Pour cette raison, il est aussi au service des hommes. Il est ministre de leur salut, de leur bonheur, de leur authentique libération, en accueillant en lui-même la volonté du Christ, dans la prière et dans le « cœur à cœur » avec lui », a ajouté le pape.

En s'adressant aux francophones, le pape a salué spécialement « le groupe de la Mission catholique vietnamienne de Paris » et « les jeunes de l'école de la Croix de Paris ».

Il a exprimé ce vœu pour l'année sacerdotale : « Que le témoignage du Curé d'Ars vous aide à mieux comprendre l'importance du ministère du prêtre dans la vie de l'Église et du monde, et à répondre généreusement aux appels du Seigneur ».

 

Lire le texte intégral :

 

Benoît XVI, L’Année sacerdotale et le curé d’Ars

17.06.2009

La dimension « cosmique » du Corpus Domini (Saint-Sacrement)

Angélus du dimanche 14 juin


ROME, Dimanche 14 juin 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous les paroles de Benoît XVI avant et après l'Angélus de ce dimanche 14 juin.

 


AVANT L'ANGELUS

Chers frères et sœurs,

On célèbre aujourd'hui dans différents pays, dont l'Italie, le Corpus Domini, la fête de l'Eucharistie, au cours de laquelle le Corps du Seigneur est solennellement porté en procession. Que signifie pour nous cette fête ? Elle ne fait pas seulement penser à l'aspect liturgique : en réalité, le Corpus Domini, est un jour qui implique une dimension cosmique, le ciel et la terre.

Il évoque avant tout - au moins dans notre hémisphère - cette saison si belle et parfumée où le printemps se transforme en été, où le soleil est fort dans le ciel et où dans les champs mûrit le blé. Les fêtes de l'Eglise, comme les fêtes juives, sont liées au rythme du soleil, des semences et de la moisson.

Cela ressort en particulier de la solennité d'aujourd'hui, au centre de laquelle il y a le signe du pain, fruit de la terre et du ciel. C'est pourquoi le pain eucharistique est le signe visible de Celui en qui ciel et terre, Dieu et homme sont devenus une seule chose. Et ceci montre que le rapport avec les saisons n'est pas quelque chose de purement extérieur pour l'année liturgique.

La solennité du Corpus Domini est intimement liée à Pâques et à la Pentecôte : la mort et la résurrection de Jésus et l'effusion de l'Esprit Saint en sont les présupposés. Elle est en outre immédiatement liée à la fête de la trinité, célébrée dimanche dernier.

C'est seulement parce que Dieu lui-même est relation qu'il peut y avoir avec lui un rapport ; et c'est seulement parce qu'il est amour qu'il peut aimer et être aimé. Ainsi, le Corpus Domini est une manifestation de Dieu, une attestation que Dieu est amour. Cette fête nous parle de l'amour divin d'une façon unique et particulière, de ce qu'il est et de ce qu'il fait. On dit, par exemple, qu'il se régénère en se donnant, qu'il se reçoit en se donnant, qu'il ne s'épuise pas et qu'il ne se consume - comme le chante l'hymne de saint Thomas d'Aquin : « nec sumptus consumitur ».

L'amour transforme toute chose, et l'on comprend donc qu'aujourd'hui, au centre de la fête du Corpus Domini, il y a le mystère de la transsubstantiation, signe de Jésus-Charité, qui transforme le monde. En le regardant, en l'adorant, nous disons : « Oui, l'amour existe, et puisqu'il existe, les choses peuvent changer, en mieux, et nous pouvons espérer ». C'est l'espérance qui vient de l'amour du Christ qui nous donne la force de vivre et d'affronter les difficultés.

C'est pourquoi nous chantons, tout en portant le Saint-Sacrement en procession, nous chantons et nous louons Dieu qui s'est révélé en se cachant dans le signe du pain rompu. Nous avons tous besoin de ce pain, parce que le chemin vers la liberté, la justice et la paix est long et fatiguant.

Nous pouvons imaginer avec quelle foi et quel amour, la Vierge a reçu et adoré dans son cœur la sainte eucharistie ! A chaque fois, c'était pour elle comme revivre tout le mystère de son Fils Jésus : de sa conception à sa résurrection. « Femme eucharistique », c'est ainsi que mon vénéré et bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II l'a appelée. Apprenons d'elle à renouveler continuellement notre communion avec le Corps du Christ pour nous aimer les uns les autres comme lui nous a aimés.

 


APRES L'ANGELUS

Du 24 au 26 de ce mois se tiendra à New York la Conférence des Nations unies sur la crise économique et financière et son impact sur le développement. J'invoque sur les participants de cette conférence, et sur les responsables de la chose publique et du sort de la planète, l'esprit de sagesse et de solidarité humaine afin que la crise économique et financière actuelle se transforme en occasion capable de favoriser une plus grande attention à la dignité de toute personne humaine et de promouvoir une distribution équitable du pouvoir de décision et des ressources, avec une attention particulière au nombre de pauvres, hélas, toujours croissant.

En ce jour où, en Italie et dans de nombreuses autres nations, on célèbre la fête du Saint-Sacrement, « Pain de la vie », comme je viens de le mentionné, je désire rappeler spécialement les centaines de milliers de personnes qui souffrent de la faim. Il s'agit d'une réalité absolument inacceptable qui a du mal à diminuer en dépit des efforts de ces dernières décennies. Je souhaite donc qu'à l'occasion de la prochaine conférence de l'ONU, et au siège des institutions internationales, on prenne des mesures en accord avec toute la communauté internationale et que l'on fasse les choix stratégiques, parfois difficiles à accepter, qui sont nécessaires pour assurer à tous, actuellement et à l'avenir la nourriture fondamentale et une vie digne.

Vendredi prochain, en la solennité du Sacré Cœur, Journée de la sanctification sacerdotale, s'ouvrira l'Année sacerdotale, que j'ai voulue, à l'occasion du 150e anniversaire de la mort du saint curé d'Ars. Je confie à vos prières cette nouvelle initiative spirituelle qui suivra l'année Saint-Paul qui désormais arrive à sa conclusion. Puisse cette nouvelle année jubilaire constituer une occasion propice pour approfondir la valeur et l'importance de la mission sacerdotale et pour demander au Seigneur de faire à son Eglise le don de nombreux et saints prêtres.

Après la prière de l'Angélus, le pape a également salué les pèlerins en différentes langues. Voici ce qu'il a dit en français :

Je vous salue cordialement, chers pèlerins francophones. En ce dimanche, de nombreux pays célèbrent la solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Ce don que le Seigneur fait de lui-même pour la vie du monde est la source de tout amour. C'est un précieux héritage que nous sommes invités à accueillir pour en vivre nous-mêmes. Prenez le temps de le recevoir avec ferveur comme un trésor et d'y adorer le Christ réellement présent. Avec ma Bénédiction apostolique.

© Copyright du texte original plurilingue : Librairie Editrice du Vatican
Traduction : Zenit

28.05.2009

Expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel

EUROPE/ITALIE - Des expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel: une journée d’étude à l’Urbanienne

 

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Rome (Agence Fides) – “Communication interculturelle, routes et stratégie de communication en temps de crise”: c’est le titre de la journée d’étude organisée par l’Université pontificale urbanienne, en conclusion du Master de niveau I en communication sociale. Plusieurs voies pour réfléchir et raconter des expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel. Mais pas seulement de la théorie. Les étudiants du master ont voulu aussi offrir une dégustation de plats et de boissons typiques de quelques-uns de leurs pays, comme le Brésil, l’Inde, l’Italie, la R.D. Congo, le Rwanda, le Soudan et le Togo.

Cecilia Rinaldini, journaliste Rai, ayant l’expérience du programme sur Radio 1 “Planète oubliée”, a parlé de trois risques que court le journaliste quand il doit informer sur les pays pauvres ou en voie de développement: “Il faut avant tout faire très attention à ne pas perpétuer le point de vue eurocentrique, et penser que ce sont toujours les autres qui ont besoin de nous, de notre aide, de notre argent, de notre savoir. Nous avons au contraire beaucoup à apprendre des dits pays pauvres ». Un danger supplémentaire à éviter, selon la journaliste, est de raconter et de parler « selon un style folkloriste, réduisant la réalité à une tradition populaire, de sorte de confirmer des clichés et des stéréotypes ». Enfin un autre risque pour les journalistes « est de rester prisonnier des demandes et des pressions des ONG et des autres réalités mineures qui à peine comprennent-elles qu’elles ont une occasion de montrer leur talent dans la coopération, qu’elles nous poursuivent jusqu’à l’épuisement ».

Le thème de la communication à une époque transculturelle a été abordé par Filomeno Lopes, de la Guinée Bissau, philosophe et journaliste de Radio Vatican: “le problème de la transculturalité, malheureusement, a émergé surtout comme dérivé des immigrations. C’est seulement à cause de la présence « problématique » de nombreux immigrés en Italie qu’on commence maintenant à aborder le problème. Mais en réalité il est présent depuis l’origine de l’humanité. Nous sommes faits tous égaux, puis nous acquérons et nous construisons notre identité dans la rencontre avec l’autre, avec la culture de l’autre. Ma culture – a conclu Lopes - n’est pas le centre mais le pont pour rencontrer les autres ». Le programme de la journée prévoit aussi un spectacle théâtral sur la figure de saint Paul, sous la direction des étudiants du master.


(Agence Fides 26/5/2009)

16.05.2009

Dieu veut te parler: Homélie 6° dimanche de Pâques Année B 2009

Suivre le Christ, cela n'est pas compliqué.  Jésus exprime en une seule phrase ce que cela veut dire. Cette phrase, c'est le commandement nouveau qui résume tout son enseignement : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." Si nous faisons cela, nous sommes sur la voie du Christ, et nous ferons l'expérience de la joie et de la paix que Dieu seul peut nous donner.

Pour simplier encore les choses (car, nous le savons, nous avons tendance à compliquer les choses sans aucune nécessité), Jésus explique exactement ce qu'il entend par le mot "amour", un mot dont le démon essaie toujours de travestir le sens. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." En d'autres mots, l'amour consiste à se donner soi-même. Plus il y a de l'amour, et plus on se donne. Si nous nous mettons au service des autres, si nous vivons pour donner et non pour prendre, si nous sommes disposés à souffrir pour d'autres puissent se réjouir, alors nous pouvons nous dire disciples du Seigneur.

Mais Jésus est encore allé plus loin pour être sûr que nous comprenions bien. Il ne s'est pas contenté d'expliquer le sens du véritable amour avec des paroles ; il l'a fait aussi en actes, par ses souffrances et sa mort. Il a accepté les moqueries, les humiliations, la torture, le rejet, l'injustice, les incompréhensions, la trahison, et, finalement, la mort, non pas parce qu'il était trop faible pour résister, mais pour nous montrer ce que signifie le véritable amour : don de soi, oubli de soi avec générosité. Jésus Christ, suspendu à la croix, portant le poids de nos péchés, ne pensant pas à lui-même mais aux hommes et aux femmes qu'il est venu sauver, implorant le pardon de leurs fautes jusqu'au bout, donnant sans compter, sans rien espérer en retour : voilà la conception que Dieu se fait de l'amour. Est-ce la nôtre ?



En novembre 2008 est sorti à Hollywood un film mettant en scène un jeune vampire : "Twilight"...

 

 

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Aimer : vision chrétienne du travail

24.03.2009

En prison pour le Christ, libres pour aimer

EUROPE/ITALIE - “En prison pour le Christ, libres d’aimer” : la XVIIe Journée de prière et de jeûne pour les Missionnaires martyrs du 24 mars s’inspire de Saint Paul

 

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Rome (Fides) – Le 24 mars, jour de l’anniversaire de l’assassinat de Mgr Oscar A. Romero, Archevêque de San Salvador (1980), on évoque aussi, à l’initiative du Mouvement missionnaire des jeunes des Œuvres Pontificales Missionnaires italiennes, tous les missionnaires ayant été tués dans le monde. L’initiative, née en 1993, s’est étendue à plusieurs autres pays : nombreux sont les diocèses et les instituts religieux qui consacrent des initiatives particulières à évoquer leurs missionnaires martyrs et avec eux tous ceux qui ont versé leur sang pour l’Evangile.

Pendant l’Année paulinienne, le thème choisi pour la XVIIe Journée de prière et de jeûne en mémoire des missionnaires martyrs, invite cette année à réfléchir sur l’expérience missionnaire de l’Apôtre des Gentils : « Dans ses écrits, Paul revendique plusieurs fois avoir subi sous différentes formes des souffrances pour le Christ, et en même temps avoir aussi souffert à cause de sa « préoccupation pour toutes les Eglises », pour lesquelles il invoquait du Seigneur, avec une souffrance presque physique, le don de la fidélité à l’Evangile reçu », écrit don Gianni Cesena, Directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires en Italie, en présentant le matériel réalisé pour la Journée.

« Nous pensons que derrière chaque missionnaire martyr, tué, enlevé ou persécuté – poursuit don Cesena - il y a les souffrances constantes de leurs communautés, la précarité de la vie quotidienne, les menaces pour de nombreux et humbles témoins de l’Evangile, notamment des laïcs, qui ne bénéficient pas de mobilisation de foules ou de journaux et dont la défense est souvent confiée à la seule voix des missionnaires qui partagent chaque tournure de ces situations, motivés seulement par la force de l’amour. Enchaînés pour le Christ, libres d’aimer : saint Paul n’est pas seulement l’auteur, mais aussi l’exemple fort de ce message. Il demande une solidarité incontestable avec les communautés souffrantes, mais demande aussi à chacun de nous de réaliser dans la prière, dans le jeûne et dans la vie, cette intercession qui n’est pas une résignation aux disputes, aux négations des droits, aux logiques de la violence, mais qui est de rester présent, trouvant des gestes et des rapports de réconciliation, et ayant à l’esprit la parole mystérieuse que Jésus réserve à ceux qui sont perdants aux yeux du monde, mais bienheureux aux yeux de Dieu : « Bienheureux êtes vous quand ils vous insulteront, vous persécuteront, et en mentant, diront toute sorte de mal contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous et exultez, car grande est votre récompense dans les cieux. Ainsi en effet ont-ils persécuté les prophètes avant vous » (Mt 5,11-12)”.

Parmi les indications pour la célébration de la Journée, le Mouvement missionnaire des jeunes rappelle que « la prière et le jeûne, dans la tradition chrétienne, sont des œuvres d’amour et de communion avec Dieu et avec l’Eglise ; les vivre à l’occasion de la journée de prière et de jeûne en mémoire des missionnaires martyrs signifie prier Dieu pour qu’il soutienne les missionnaires et les communautés chrétiennes qui vivent encore aujourd’hui la discrimination et la persécution ». Puis ils invitent les Communautés paroissiales et de vie consacrée, les séminaires, les noviciats, à utiliser pour la veillée, le chemin de croix, l’adoration eucharistique et la célébration œcuménique, le matériel préparé pour l’occasion, non seulement le 24 mars mais les jours précédents et suivants ; à créer dans l’église le coin du martyre en utilisant une croix, un drap rouge (qui pourrait être exposé aussi devant la porte principale), un rameau d’olivier avec les noms des missionnaires tués ; à sonner les cloches à 15 heures le 24 mars pour inviter à la méditation sur le sacrifice du Christ et des nombreux hommes et femmes de bonne volonté ; à planter un arbre en mémoire de ceux qui ont tout donné par amour. Les familles peuvent allumer un cierge rouge devant la fenêtre ou exposer un drap rouge comme souvenir visible du temps que nous vivons ; à accomplir un geste de réconciliation : entre mari et femme, parents et enfants, frères et sœurs, entre voisins, entre membres de la même famille ; à offrir le jeûne pour soutenir le projet de solidarité proposé cette année. Malades et souffrants peuvent offrir leur souffrance en mémoire des missionnaires tués pour l’annonce de l’Evangile, pour soutenir le travail apostolique de ceux qui travaillent dans tous les coins de la terre, et pour demander au Seigneur le don de saintes et nombreuses vocations missionnaires. Les jeunes sont invités à donner leur sang et à visiter ceux qui sont seuls et opprimés par la souffrance : à l’hôpital, dans une maison de repos, en prison, avec les malades ou les personnes âgées seules chez elles.

Cette année le projet de solidarité que l’on souhaite réaliser, avec les offrandes recueillies lors de la Journée de prière et de jeûne en mémoire des missionnaires martyrs, concerne un centre pour jeunes filles aux aptitudes diverses, certaines mêmes abandonnées par leurs famille, géré par les Sœurs Brignolines en Inde, dans l’état du Kerala.

(Agence Fides 23/3/2009)

14.03.2009

Dieu veut te parler: Homélie 2° dimanche du Carême Année B 2009




1. « Détruisez ce sanctuaire. » La purification du Temple est racontée au milieu du Carême, afin que nous réfléchissions sur ce que sont un vrai culte et la vraie maison de Dieu. Deux accents principaux marquent l'évangile :
- le fouet inexorable de Jésus qui chasse tout trafic de la maison de prière de son Père,
- et la preuve qu'il offre de son pouvoir, preuve qui lui est réclamée : le vrai Temple, celui de son corps, détruit par les hommes, sera rebâti en trois jours.

Tant que cela n'est pas arrivé, tant que la mort et la résurrection sont encore à venir, l'ancienne maison de Dieu doit servir uniquement à la prière. Le Dieu de l'Ancienne Alliance ne pouvait pas tolérer à côté de lui des dieux étrangers, surtout pas le dieu Mammon.

Les deux lectures éclairent l'évangile, la première explique le premier accent, la seconde le deuxième accent...

 

 

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La Croix ... une folie ?

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