03.04.2012
Les conversions au christianisme fleurissent en Iran
En Iran, le nombre de musulmans qui se convertissent au christianisme explose ; il y a 40 ans, les chrétiens d’origine musulmane était estimé à 400, aujourd’hui, il seraient pas moins de 370 000. Une information révélée par l'ONG protestante américaine Portes Ouvertes. La croissance est particulièrement flagrante dans les villes, où les programmes télévisés chrétiens jouent un rôle important dans ce développement. Selon l’ONG ce phénomène est particulièrement répandu parmi les jeunes générations.
Le vaticaniste italien Marco Tosatti, qui reprend l'information sur le site Vatican Insider, évoque le témoignage de prêtres et religieux en voyage au Moyen Orient et dans la péninsule arabique. De plus en plus, ceux-ci sont contactés dans les zones « extraterritoriales » des aéroports par des jeunes qui leur posent des questions et désirent entrer en contact avec des religieux chrétiens.
18:04 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iran, conversions, islam, arabes, zoroastrisme, religions, monotheisme, eglises domestiques, teheran, bibles, saellite, interenet, gouverenement, mahmoud ahmadinejad, carl moeller, moyen orient, jesus, christ, cultes, armenien, farsi christian news network, fcnn, tribunal islamique, anglicans, farsi, irak, catechese, assemblees de dieu, ispahan, repression, christianisme, chretiens, musulmans, ong, protestants, portes ouvertes, television, jeunes, marco tossati, vaticaniste, vatican insider, pretres, religieux, peninsule arabique |
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05.04.2011
Le cardinal Sandri préoccupé pour les chrétiens du monde arabe
Le monde arabe est en ébullition : de la Libye à la Syrie, de la Tunisie au Yémen, en passant par l’Egypte, la Jordanie, l’Algérie …. Les peuples arabes, notamment les jeunes générations, revendiquent la liberté et la démocratie, dénoncent le chômage et la corruption et renversent des régimes qui semblaient inébranlables. Pas un jour ne passe sans que la rue arabe ne fasse parler d’elle, la contestation prenant souvent une tournure violente.
19:25 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : monde arabe, libye, syrie, tunisie, yemen, egypte, jordanie, algerie, arabes, liberte, democratie, chomage, corruption, contestation, politique, chretiens, fondamentalisme, musulmans, vatican, paques |
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03.02.2011
La Jordanie, après la Tunisie et l'Egypte ?
16:54 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, egypte, jordanie, abdallah ii, premier minsitre, maarouf bakhit, silamistes, arabes, hala zureiqat, medias, television |
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22.01.2011
Al-Azhar : le Vatican opte pour la prudence et la poursuite du dialogue
La nouvelle est tombée en milieu de matinée. Le conseil de l’académie de recherche islamique de l’université Al Azhar, la plus haute institution de l'islam sunnite dont le siège est au Caire, a décidé de geler sine die son dialogue avec le Vatican. La décision a été prise au terme d’une réunion extraordinaire. Une réaction aux appels répétés de Benoît XVI sur la nécessaire protection des minorités chrétiennes au Moyen-Orient.
04:24 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : al ahzar, islam, sunnites, dialogue, vatican, pape, benoit xvi, moyen-orient, egypte, ambassadeurs, saint-siege, arabes, minorites |
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27.12.2010
Bethléem a retrouvé le sourire
17:27 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bethleem, gaza, cisjordanie, peleringages, jena paul ii, israel, palestiniens, territoires occupes, arabes, jordanie, nativite, kevin morton, congregation, saint joseph de l'apparition, ecoles, enfants |
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01.04.2010
Les nouveaux catholiques d'Israël
Ils sont 50 000, venus de pays lointains, pour effectuer les travaux les plus humbles. Avec une première victime, un Thaïlandais tué par une roquette tirée depuis Gaza
par Sandro Magister

ROME, le 1er avril 2010 – Dans son homélie du dimanche des Rameaux, Benoît XVI a rappelé son pèlerinage de l’an dernier en Terre Sainte et sa triple finalité : voir et toucher les lieux de la vie de Jésus, se faire messager de paix, apporter son soutien aux chrétiens qui vivent en Israël et dans les régions voisines.
Depuis quelques années, il y a beaucoup plus de chrétiens en Israël mais presque personne ne le sait. Et ce sont des nouveaux arrivants. Le Vendredi Saint, jour où les catholiques du monde entier collectent des dons destinés à aider leurs frères de Terre Sainte, leur est aussi consacré.
On estime qu’en Israël les nouveaux arrivants de confession catholique sont 50 000, soit près du double des 27 000 catholiques de souche arabe déjà installés dans le pays et appartenant au patriarcat latin de Jérusalem, et des 500 catholiques de la petite communauté de souche juive.
Par exemple, les catholiques qui remplissent la paroisse Saint-Joseph de Haïfa, le samedi soir, sont de nouveaux arrivants. Près de l’autel ils tiennent haut l’étendard d’El Shaddaï, mouvement charismatique très populaire aux Philippines. Ils viennent en effet de ce pays lointain et sont employés comme personnel de service dans les maisons et hôtels de la région.
Il en est de même à Jérusalem, à Beersheva, ou à Jaffa, point de référence pour les catholiques de la grande agglomération de Tel Aviv. Il y a beaucoup de monde aussi, à Herzlya, pour la messe célébrée dans une salle offerte par l'ambassadeur du Nigéria, autre pays d’où proviennent de nouveaux arrivants.
Les nouveaux arrivants sont des travailleurs étrangers ayant un permis de séjour valable cinq ans. En 2008 le gouvernement israélien a autorisé 30 000 entrées. Le groupe le plus nombreux, 5 800, est venu de Thaïlande ; 5 800 autres sont venus de Russie, d’Ukraine, de Moldavie et d’autres pays de l'ex-Union Soviétique ; 5 500 des Philippines ; 2 700 de l'Inde ; 2 300 du Népal ; 2 300 de Chine ; 1 400 de Roumanie ; et ainsi de suite pour d’autres pays.
Mais il y a aussi les clandestins. Beaucoup d’entre eux, surtout des Soudanais et des Erythréens, utilisent la voie terrestre, en passant par le désert du Sinaï. Ils entrent en si grand nombre que le gouvernement israélien a décidé d’ériger un mur à la frontière avec l'Égypte.
Les Thaïlandais, le plus nombreux des groupes d’immigrés réguliers, travaillent surtout dans l'agriculture. L’attention a été attirée sur leur présence, le 18 mars dernier, par la mort de l’un d’eux, tué par une roquette Qassam tirée depuis la Bande de Gaza alors qu’il travaillait à la campagne.
"Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie, a envoyé sur place l’un de ses journalistes, qui y a réalisé l’enquête reproduite ci-dessous.
L'auteur est déjà connu des lecteurs de www.chiesa grâce à un reportage réalisé, il y a deux ans, dans l'Orissa, l’état de l’Inde dans lequel les chrétiens sont le plus en danger.
Israël. Les nouveaux immigrés sous les roquettes
par Giorgio Bernardelli
Il s’appelait Manee Singueanphon et avait 33 ans. Trois ans plus tôt, il avait laissé sa famille en Thaïlande et était venu travailler en Israël, dans les serres du moshav Netiv Ha’asara, village agricole situé à 400 mètres à peine de la frontière avec la Bande de Gaza. Il a été tué le 18 mars, alors qu’il travaillait sur l’exploitation agricole, mortellement blessé par les éclats d’une roquette Qassam tirée depuis Gaza par un groupe de miliciens palestiniens.
Cette victime de la flambée de violence qui a récemment frappé la Terre Sainte venait donc de l’autre bout du monde. Le drame a mis en évidence l’aspect le moins visible du conflit qui ensanglante le Moyen-Orient. Parce que ceux qui travaillent dans les moshavim situés sur la frontière vivent en première ligne, partageant les souffrances et les dangers de cette guerre sans fin, bien qu’ils ne soient ni Israéliens ni Palestiniens.
Ce n’est pas un hasard si la victime est justement un Thaïlandais : en effet les travailleurs qui ont remplacé les Palestiniens comme main d’œuvre dans les serres israéliennes proviennent en très grande majorité de ce pays d’Extrême-Orient. Ce processus a commencé au milieu des années 90 mais il a connu une forte accélération à partir de la seconde Intifada.
Les Thaïlandais arrivent en Israël par l’intermédiaire de sociétés de main d’œuvre, agences de placement du marché mondial du travail. Les exploitations agricoles du Neguev qui ont besoin de personnel à des tarifs compétitifs pour leurs cultures de fleurs, de fruits ou de légumes destinées à l’exportation s’adressent, à Tel Aviv, au représentant d’une société qui se trouve à Bangkok. Celui-ci va alors recruter des paysans dans les villages de son pays. Il en trouve à coup sûr parmi les propriétaires de champs trop petits pour nourrir correctement leurs familles. Il leur propose d’aller travailler dans les serres en Israël, où ils pourront mettre de côté un peu d’argent. Il leur parle de 50 000 dollars en cinq ans, durée maximum de validité du visa fourni par les autorités israéliennes pour motif de travail. Entre temps, toutefois, le paysan doit donner son champ en hypothèque au propriétaire de l’agence pour payer son voyage et la "commission". Et, la première année, les 800 dollars que le travailleur enverra chaque mois à sa famille en Thaïlande serviront uniquement à payer cette dette.
On devine que c’est à peu près ce qui est arrivé à Manee Singueanphon en lisant les déclarations de ses dix collègues interviewés par le "Jerusalem Post" au lendemain de sa mort à Netiv Ha’asara. C’était un homme bon, qui aimait beaucoup sa femme, ont raconté les Thaïlandais au journaliste, qui a tout de suite remarqué la boîte en carton dans laquelle ils recueillaient un peu d’argent pour la veuve. Ils lui ont aussi dit ce qu’ils font quand l’alarme retentit parce qu’une roquette Qassam arrive : ils se jettent par terre et espèrent qu’elle va tomber ailleurs ; ensuite ils recommencent à travailler.
Aujourd’hui combien y a-t-il de Thaïlandais dans cette situation en Israël ? On parle de quelques dizaines de milliers. Selon les données du bureau central des statistiques, 10 600 Thaïlandais sont entrés en Israël avec un visa de travail en 2007, l’année où Singueanphon est arrivé au Moyen-Orient. Presque tous de sexe masculin et, pour les trois quarts d’entre eux, âgés de 15 à 34 ans. Pour 2008, en revanche, il n’y a eu que 5 800 nouvelles entrées en provenance de Thaïlande. Mais la même source indique aussi que, ces deux années là, 16 100 Thaïlandais ont quitté Israël pour rentrer à Bangkok.
Donc les arrivées et les départs s’équilibrent à peu près. C’est une donnée caractéristique de la dynamique de la main d’œuvre étrangère en Israël. En effet les étrangers ne peuvent rester dans le pays plus de cinq ans. Et s’ils perdent leur travail, ils ne peuvent en trouver un autre dans un domaine différent de celui pour lequel ils ont été recrutés. Mais tout cela n’est vrai que sur le papier. En réalité un système de ce genre – dicté par le souci des Israéliens de ne pas porter atteinte par la démographie à l’identité juive de l’état – n’est pas du tout adapté aux exigences du marché du travail. De fait, le phénomène des clandestins se répand dans le pays.
Les chiffres à ce sujet sont controversés. Les dernières estimations officielles – publiées en décembre dernier par le gouvernement Netanyahu – donnent un total de 255 000 travailleurs étrangers, soit 10,4 % de la force de travail israélienne, mais comprenant une bonne moitié d’illégaux. Mais on dit beaucoup que les clandestins sont encore plus nombreux en réalité : certains vont jusqu’à parler de 370 000 travailleurs étrangers. Les professions sont réparties par ethnie de manière assez rigide : Thaïlandais et Népalais dans l’agriculture ; Philippines, Ukrainiennes et Moldaves comme domestiques et aides à domicile ; Indiens dans les restaurants, tandis que, depuis quelques années, les Chinois sont plus nombreux que les Roumains dans le bâtiment.
Il y a aussi la question des enfants d’immigrés. Selon la réglementation israélienne, ils ne devraient tout simplement pas exister : la loi dit que les nouveaux nés doivent être ramenés dans leur pays d’origine au plus tard trois mois après la naissance, sous peine d’annulation du visa de travail de la mère. Un système particulièrement dur, conçu pour décourager encore plus la présence stable des étrangers en Israël. Mais beaucoup d’enfants sont restés. Il y en a 1 200 qui sont nés et ont grandi en Israël. Ils parlent mieux l’hébreu que la langue de leurs parents, beaucoup vont même à l’école, mais ce sont des clandestins. Ils devaient être expulsés mais il a été décidé d’attendre au moins jusqu’à la fin de l’année scolaire. La cour suprême israélienne devrait se prononcer sur la question.
Il y a tout cela derrière la mort de Manee Singueanphon, paysan thaïlandais qu’Israël a considéré, au moins un jour, comme l’un des siens.
Le journal de la conférence des évêques d’Italie qui a publié l'enquête de Giorgio Bernardelli le 26 mars 2010 :
> Avvenire
L'appel du Vatican pour la collecte de cette année en faveur des chrétiens de Terre Sainte :
> Avec la préparation de la Pâque...
Et le rapport de la Custodie de Terre Sainte sur les opérations réalisées grâce à la collecte de 2009 :
> La Custodia di Terra Santa...
L'homélie prononcée par Benoît XVI le 28 mars 2010, dimanche des Rameaux, avec ses références à la Terre Sainte :
> "Cari fratelli e sorelle..."
Tous les articles de www.chiesa relatifs aux chrétiens en Israël et à des sujets connexes :
> Focus JUIFS
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
18:54 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beersheva, moldavie, haifa, union sovietique, inde, nepal, chine, roumanie, clandestins, soudan, erythree, pelerinage, jesus, paix, chretiens, vendredi saint, jerusalem, patricarcat latin, arabes, juifs, saint joseph, paroisses, mouvement charismatique, philippines, personnel de service, jaffa, tel aviv, nigeria, permis de sejour, thailande, russie, ukraine, bande de gaza, avvenire, italie, eveques, israel, catholiques, pape, benoit xvi, terre sainte, el shaddai, sinai, egypte, qassam, journalistes, orissa, giorgio bernardelli, roquettes, immigres |
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20.08.2009
Reportage en Judée et en Samarie: la Hilltop Youth
Les jeunes des collines. Reportage en Judée et en Samarie
Voyage chez les colons israéliens de la dernière génération. Anarchistes et visionnaires, ils bravent les interdits gouvernementaux et l'hostilité non seulement arabe mais internationale. "Nous sommes le peuple de la Bible. Ici, nous sommes revenus chez nous". Une grande enquête sur le terrain
par Sandro Magister
ROME, le 20 août 2009 – Ce sont les enfants et les petits-enfants des premiers colons envoyés par les gouvernements israéliens pour "faire fleurir le désert" dans les territoires disputés après la guerre des Six Jours de 1967. Ils ont la Bible à la main et le fusil à l’épaule, beaucoup d’enfants, une vie de sacrifices, un esprit nationaliste et religieux.
Ils sont environ 300 000. Dans un discours au Caire, le président américain Barack Obama a dit qu’ils étaient le principal obstacle à la paix entre "deux peuples et deux états" qui est aussi l'objectif de la politique vaticane.
En ce qui concerne les trois quarts d’entre eux, l'obstacle ne paraît pas insurmontable. Ils vivent à proximité de la Ligne Verte qui date du vieil armistice entre Israël et la Jordanie, à l’est de Jérusalem et dans les grandes implantations d’Ariel, Gush Etzion, Ma'aleh Adumim, Givat Zeev, Latrun, qui ne représentent pas plus de 5% des territoires disputés, négociables.
Mais il y a les autres, 50 000 personnes qui vivent dans de petites ou très petites implantations de quelques centaines ou dizaines d’habitants, ou dans les outposts, les avant-postes.
Les avant-postes, situés dans les endroits les plus inaccessibles et les plus perdus, sont la nouvelle forme des implantations. Il y en a maintenant une centaine. Ils se sont multipliés ces dernières années, avec la Hilltop Youth, la "jeunesse des collines", nouvelle générations de colons, et ils sont tous illégaux. Les jeunes les construisent, l’armée israélienne les détruit. Mais il en ressurgit sans cesse de nouveaux.
Qui sont ces jeunes des collines ? Comment vivent-ils ? Quelle vision biblique les anime ? Pourquoi s’aventurent-ils là ? Accepteront-ils de s’en aller ?
Le reportage qui suit répond à ces questions. Il est de Giulio Meotti, dont les lecteurs de www.chiesa ont pu lire une enquête-choc - traduite en plusieurs langues, elle a fait le tour du monde - sur la Rotterdam musulmane.
L'article est paru le 8 août 2009 dans le quotidien "il Foglio", avec une suite dans le même journal le 13 août. En septembre, Meotti publiera un livre-enquête sur Israël.
"Notre devoir, c’est de construire des petits paradis"
par Giulio Meotti
"Nous sommes revenus à la maison", proclame le panneau à l’entrée de Givat Assaf, un avant-poste israélien qui porte le nom d’un colon juif tué par les Palestiniens. Voici comment le leader de la communauté, Benny Gal, explique leur présence : "A cet endroit précis, il y a 3 800 ans, la terre d'Israël a été promise au peuple juif. Si on nous chasse d’ici, l'aéroport international Ben Gourion sera en danger".
Givat Assaf est l’un des points d’appui de la "Hilltop Youth", la jeunesse des collines, cette deuxième génération de colons qui est en train d’organiser la résistance à l'évacuation des implantations jugées illégales, les "outposts", qui sont au cœur des tractations entre le premier ministre israélien Netanyahu et l'administration Obama.
Pour ces jeunes, la renaissance juive passe par la confrontation au coude à coude avec les Arabes, comme au début du XXe siècle. Les règles du processus de paix ne semblent pas les perturber. Les soldats israéliens, avec qui les colons partagent unités et uniformes, doivent entraîner ceux-ci de force quand l'ordre d’évacuation arrive de Jérusalem. Ceux qui restent vivent main dans la main avec la mort. En avril dernier, l’un de ces jeunes a été tué à coups de hache. En cas de conflit ce n’est pas la loi de l’Etat qui compte, mais celle du Seigneur. C’est comme la frontière américaine de l'épopée western.
Il ne faut pas y voir un phénomène d’extrême-droite, catégorie sans signification en Israël. Quand Ariel Sharon était premier ministre, 44 avant-postes ont été créés. Selon les données de Peace Now, 39 autres ont été construits sous Rabin, Peres et Barak, les protagonistes des négociations d’Oslo. Les dirigeants travaillistes n’ont presque rien fait pour empêcher la multiplication des avant-postes, qu’Israël ne considère pas comme des enclaves rebelles, du moins si l’on en juge par les importantes forces de sécurité consacrées à leur protection. Certains ont des routes pavées, des arrêts d’autobus, des synagogues et même des terrains de sport. Les installations vont du simple container placé en haut d’une colline ou de quelques rangées de baraques, jusqu’à de véritables installations en préfabriqué, du type après-séisme. Pour la prière du shabbat il faut un minyan, le quorum nécessaire de dix hommes. Cela suffit pour créer un outpost. C’est ainsi que dix familles péruviennes converties au judaïsme se sont fixées dans un avant-poste tout proche de l'implantation d’Efrat, entre Bethléem et Hébron.
David Ha'ivri, originaire de Long Island et l’un des leaders de la jeunesse des collines, vit avec sa femme et ses enfants à Kfar Tapuach. Le village est célèbre pour le miel qui y est produit mais surtout parce qu’il est cité dans la Bible, au chapitre 12 du livre de Josué. C’est l’une des trente villes conquises par les Juifs à leur arrivée, il y a des milliers d’années. Aujourd’hui c’est l’une des implantations de pointe en Cisjordanie, que les colons appellent, comme dans la Bible, Judée et Samarie. La "Hilltop Youth" regroupe des jeunes nés et élevés dans les colonies, qui ont décidé d’abandonner le toit paternel dans les grandes agglomérations pour aller s’installer au sommet des collines. Les synagogues où ils prient sont souvent bâties en terre séchée. Ils construisent leur maison de leurs propres mains, sont célibataires ou jeunes mariés, parents depuis très peu de temps. Ils se considèrent comme la nouvelle avant-garde des colons. Leur devise est : "Construisons et le permis viendra". Ils vivent à une portée de fusil des Arabes. Ils se déplacent à cheval ou à âne. C’est une nouvelle génération dont le nationalisme mystique s’associe à l’esprit pionnier et à l'ascétisme, elle rejette l’esprit de consommation des grandes villes de la côte et vit d’idéologie et d’ardeur. Les femmes portent le mitpahat, équivalent juif, moins enveloppant et plus délicat, du tchador islamique. Les hommes ont les cheveux au vent, des anglaises sur les côtés du visage et des chemises à carreaux.
"Ce sont des jeunes qui incarnent l'idéologie de la Torah et le sacrifice de soi", nous explique Ha'ivri. "Le salut d’Israël et du peuple juif ne peut pas venir de politiciens qui pensent que la lutte pour la terre est un jeu tactique. Il y a dix ans, nous avons commencé à créer des avant-postes. Ce sont de très jeunes couples qui ont décidé d’être des pionniers comme leurs parents, ils croient au sionisme, ils sont idéalistes, prêts à renoncer à une existence confortable dans les grandes villes ou dans les grandes colonies. Ils veulent être autosuffisants, avec toutes les limites que cela comporte".
Shani Simkovitz, américaine, mère de cinq enfants, dirige la Gush Etzion Foundation. "C’est une terre disputée, à négocier, pas une terre occupée", explique-t-elle. "Il y a plus de 3 000 ans, nos pères nous ont donné une terre, qui n’est ni Rome, ni New-York, mais celle-ci : la terre juive. On nous a envoyés ici pour construire, cultiver, vivre, on nous a toujours soutenus, surtout Rabin, Peres et les autres travaillistes. Jusqu’à aujourd’hui. Mes enfants sont nés ici, mais il n’y a plus de terre où construire légalement, le gouvernement n’accorde plus de permis de construire depuis longtemps, c’est pour cela que naissent les outposts. Les avant-postes sont des extensions de communautés existantes. Mais c’est pareil à Jérusalem, où des milliers d’Israéliens habitent au-delà de la Ligne Verte".
Un autre leader des collines vit dans un groupe de caravanes accrochées au mont Artis, appelé Pisgat Yaakov, "la colline de Jacob", un endroit isolé l’hiver parce qu’il y neige beaucoup. Parmi trente familles se trouve celle de Yishai Fleischer, fondateur de Kumah, une organisation d’aide à l’alyah, l’immigration des Juifs en Israël, et responsable d’un programme de radio qui a beaucoup de succès. "Notre vie est idyllique et proche de la nature, la région est très belle, au milieu des montagnes", nous dit Yishai. "Nos pères ont marché jusqu’ici il y a 3 000 ans, nous sommes un peu des nouveaux hippies. Nous travaillons la terre. Il y a beaucoup de musique, de religion, c’est une vie heureuse. Nous prions, nous méditons, nous menons une vie spirituelle. Nous sommes le peuple aborigène. Je vivais à New-York ; comme étudiant, je croyais au sionisme et j’ai décidé que c’était ici que je devais vivre. Nous avons ce dont nous avons besoin. Nous nous sentons des pionniers, nous sommes de vrais sionistes. Beaucoup de mes amis sont très religieux et travaillent dans le high tech. Nos enfants grandissent avec des valeurs authentiques". Yishai admet qu’il mène une vie très dangereuse. "Je hais les pistolets ; je circule armé, cela ne veut pas dire que je dois m’en servir, mais je dois protéger ma famille. Notre village étant cité plusieurs fois dans la Bible, il attire beaucoup de gens. Vous vivez à Rome, c’est une ville sainte pour votre peuple ; le mien est né et a grandi en Israël. Ici, nous sentons que nous faisons partie de la terre et du ciel. Nous avons grandi en sachant que le prochain pas, c’est nous qui le ferions".
Yishai sait bien que les Israéliens qui vivent sur la côte n’aiment pas les colons. "Nous sommes isolés dans l'opinion publique, mais nous travaillons chaque jour pour améliorer notre image. Aujourd’hui, le nationalisme n’est pas "cool", il n’est pas politiquement correct. Je ne m’attends pas à conquérir le cœur des gens qui ne vivent pas ici. C’est simple : ici, c’est notre terre. Selon les règles internationales, selon la Bible, selon l’histoire. Nous vivons une époque excitante où le peuple juif revient chez lui. En nous réveillant, le matin, nous ne pensons pas à la paix, mais à mener une vie heureuse, digne et pleine d’amour. Nous devons être vigilants, il y a des gens qui veulent nous tuer parce que nous sommes Juifs. Ils ont la même idéologie que les nazis. Les Européens ne se sont pas intéressés au sort des Juifs il y a 60 ans : qu’ils restent loin de nous aujourd’hui ! Nous savons pourquoi nous sommes ici, nous avons une mission que nous accomplissons chaque jour. Notre place, c’est ici".
Voici comment David Ha'ivri décrit les jeunes des collines : "Beaucoup sont agriculteurs ou bergers, il y a des étudiants, ce sont tous des pionniers qui vivent dans des zones désertiques, vides, inhabitées ; il n’y a pas de Palestiniens à qui on ait pris quoi que ce soit. Les colons plantent des arbres, cultivent la terre, font venir l’eau, les aliments, l’électricité. Dans les grandes implantations, la sécurité est bien organisée mais, dans ces communautés de quelques familles, le poids de la sécurité est énorme. La deuxième génération est beaucoup plus attachée à la terre que la première ; ils sont nés ici, leur sang vient d’ici. Ils sont même plus religieux que leurs pères".
Beaucoup de ces avant-postes ont été créés dans les années où les Palestiniens avaient tué un colon. C’est ainsi qu’Itay Zar vit aujourd’hui dans un outpost qui porte le nom de son frère tué. Vingt familles, une douzaine de boîtes de métal, quarante enfants et un manège pour chevaux. "Nous ne sommes pas venus ici pour nous amuser. Il y avait le désert, aujourd’hui la terre produit". Le leader spirituel de l'outpost, Ariel Lipo, dit que leur devoir est de construire de "petits paradis".
Maoz Esther, sept baraques de tôle et cinq familles, près de Ramallah, a été le premier avant-poste dans le collimateur de Netanyahu depuis son arrivée au pouvoir. Il a déjà été déplacé trois fois. Et reconstruit trois fois. La dernière, il y a quelques jours. Quand le leader de la communauté, Avraham Sandack, est arrivé sur cette hauteur, il venait directement de l’une des colonies démantelées à Gaza par Ariel Sharon. Il étudie pour devenir rabbin et, pour le moment, il fait le ménage dans une synagogue. "Notre esprit est le même que celui de nos pères", nous dit Avraham. "Il y a deux ans, au moment de la fête de Hanukkah, nous sommes partis d’une implantation voisine et nous avons construit une maison de pierre. Une maman toute seule avec ses trois fillettes a passé deux mois sur la colline. Elles n’avaient ni l’électricité ni l’eau. Mais elles savaient qu’elles appartenaient à la terre d'Israël. Dans la Bible il est question de cette terre, à cause de la prophétie du royaume de Dieu. Cela nous donne des forces pour progresser. Hier, nous avons commencé à reconstruire ce que l'armée a détruit. Ici, nous réussissons à être équitables avec notre âme. Ici il y a quelque chose de métaphysique. Dieu n’est pas au ciel ou quelque part. Dieu fait partie de nous, il est dans toute notre vie".
Le quotidien qui a publié l’enquête :
> Il Foglio
Tous les articles de www.chiesa sur ce thème :
> Focus JUIFS
Le reportage de Giulio Meotti sur Rotterdam islamisée, également publié dans "il Foglio" et repris par www.chiesa :
> L'Eurabie a une capitale : Rotterdam (19.5.2009)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
17:29 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eurabie, ben gourion, netanyahu, soldats, israel, colons, jeunes, anarchistes, arabes, bible, peuple de la bible, guerre des six jours, nationalisme, religion, vatican, barack obama, le caire, ligne verte, jordanie, jerusalem, ariel, gudh etzion, ma aleh adumim, givat zeev, latrun, hilltop youth, giulio meotti, rotterdam, musulmans, il foglio, givat assaf, palestiniens, benny gal, peuple juif, paix, armee, western, extreme-droite, ariel sharon, peace now, rabin, peres, barak, oslo, travaillistes, enclaves, synagogues, shabbat, minyan, priere |
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28.07.2009
Les musulmans à l'école de la démocratie. Avec la télévision comme professeur
Les musulmans à l'école de la démocratie. Avec la télévision comme professeur
Tandis qu'au Vatican l'on se demande si la démocratie est compatible ou pas avec l'islam, les reality shows et les soap opéras triomphent sur les chaînes de télévision arabes. Une grande enquête en analyse les messages. Et les ambiguïtés
par Sandro Magister
ROME, le 27 juillet 2009 – Au moment où la Grande-Bretagne accepte sur son territoire, au nom du multiculturalisme, quelque 80 tribunaux islamiques alternatifs ayant comme norme non la Common Law britannique mais la charia – avec tout ce que celle-ci comporte de polygamie, de répudiation, de soumission de la femme et d’absence de liberté religieuse – on se demande au Vatican si la démocratie est compatible ou pas avec l'islam.
Cette information venant de Grande-Bretagne semble donner raison aux pessimistes. Mais au Vatican on a plutôt une vision positive quant à la possibilité pour les Etats musulmans de devenir de véritables démocraties libérales, reconnaissant les libertés fondamentales et la parité de droits entre hommes et femmes.
C’est ce qui ressort de l'article d’ouverture du dernier numéro de "La Civiltà Cattolica", la revue des jésuites de Rome, qui est imprimée après contrôle de la secrétairerie d’état du Vatican.
L'auteur de l’article est le jésuite Giovanni Sale, historien, et son titre est : "Islam et démocratie".
Après avoir affirmé qu’il n’y a aujourd’hui que deux Etats musulmans où l’on entrevoie des éléments de démocratie, le Liban et la Turquie, le père Sale passe méthodiquement en revue les thèses qui, en Occident, se disputent le terrain :
"Sur ce sujet délicat, les analystes occidentaux se répartissent en trois catégories : les 'optimistes', eux-mêmes divisés en 'gradualistes et 'réalistes' (qui soulignent les exigences de la Realpolitik au plan international), les pessimistes et les sceptico-possibilistes".
D’après le père Sale, le chef de file des optimistes gradualistes est Bernard Lewis, historien à Princeton.
Les optimistes réalistes sont les néoconservateurs arrivés sur le devant de la scène pendant la présidence Bush et décidés à implanter la démocratie dans les pays musulmans, mais également prêts à s’allier avec des régimes despotiques amis.
Le maître à penser des pessimistes est Samuel Huntington, qui estime qu’entre le monde musulman et la démocratie il y a une antinomie irréductible, qui produit un choc de civilisations.
Enfin les sceptico-possibilistes soutiennent que la démocratie ne doit pas être implantée dans les pays arabes par l’extérieur mais qu’elle ne peut naître et grandir dans ces pays que par l’intérieur. Toutefois beaucoup d’obstacles s’opposent à cette évolution, notamment le facteur religieux.
En conclusion, l'article de "La Civiltà Cattolica" rejette à la fois la thèse du choc des civilisations et celle, néoconservatrice, de l'exportation de la démocratie y compris par les armes.
En revanche elle montre qu’elle partage à la fois la thèse optimiste gradualiste de Bernard Lewis et l'avertissement des sceptico-possibilistes quant aux obstacles qu’il faut surmonter, dont le premier est l’obstacle religieux :
"L’Islam et la démocratie peuvent devenir compatibles à condition que l’élément religieux, avec toute sa richesse de contenus et d’expériences, serve de simple point de référence éthique et moral à l'action de l'interprète de la science sociale, sans prétendre dicter des normes à l’Etat et à la politique".
Dans son article, le père Sale met en valeur l’analyse du monde musulman par Daniel Pipes, consultant de la Maison-Blanche du temps de Bush. Selon Pipes, il existe, à côté d’un vaste ensemble de fondamentalistes radicaux, une population encore plus large de musulmans dont l’hostilité à l'Amérique et à l'Occident tient plus au milieu social dans lequel ils vivent qu’à une conviction enracinée, et enfin une autre population de musulmans "modérés" non hostiles aux valeurs occidentales. Pipes – considéré comme un "faucon" – souligne l'importance "d’un engagement culturel et civique qui encourage les musulmans modérés à travailler à un profond changement démocratique et civique des sociétés musulmanes".
***
Mais alors qu’on discute, en Occident et dans les instances dirigeantes de l’Eglise catholique, de la possible évolution démocratique de l'islam, que se passe-t-il dans le monde musulman ? Quelle image les musulmans ont-ils de l'Occident ? Comment le voient-ils ?
Une réponse très intéressante à cette question est fournie par une recherche réalisée récemment sur les programmes des télévisions des pays arabes.
Cette recherche, très approfondie, a été coordonnée par Donatella Della Ratta avec la collaboration de Roberta Nunnari et Naman Tarcha. Ses résultats se trouvent dans un volume publié en Italie aux éditions Gangemi, sous le titre : "Media arabi e cultura nel Mediterraneo".
Les surprises – qu’une enquête Gallup de 2002 avait déjà fait entrevoir - sont nombreuses : alors que les spectateurs d’Al Jazira – malgré l'orientation antiaméricaine de cette célèbre chaîne – se révélaient les plus favorables aux modes de vie occidentaux, les plus hostiles étaient les spectateurs des chaînes de divertissement, c’est-à-dire justement celles qui proposent des programmes et des reality shows de style occidental.
Parmi les quelque 500 chaînes arabes étudiées par Donatella Della Ratta et ses collaborateurs, les moins contrôlées par l’état sont les libanaises, captées dans beaucoup d’autres pays. On y trouve de tout : depuis les programmes férocement opposés aux Etats-Unis et à Israël d’Al Manar, la chaîne du Hezbollah, jusqu’aux reality shows de LBC, la première chaîne arabe à présenter des programmes du type "Star Academy", "Survivor" et "La Ferme".
Le prototype mondial des reality shows, le "Grand Frère", présenté il y a quelques années par une chaîne de Bahrein, a été annulé après le premier épisode, suite à un flot de protestations. Mais les autres reality shows ont rencontré un succès croissant. Avec des effets politiques inattendus.
Par exemple, quand le demi-finaliste libanais de "Star Academy" fut éliminé au profit de son adversaire syrien, Beyrouth fut envahie par des manifestations de protestation contre la Syrie.
Et quand la finale de "Superstar" opposa un concurrent syrien à un jordanien, les compagnies téléphoniques d’état des deux pays firent assaut d’offres de réductions et de bonus auprès de leurs abonnés, pour les inciter à téléphoner pour soutenir leur "héros national".
Selon certains analystes arabes, le vote par téléphone portable dans les reality shows "est la première forme réelle de démocratie participative dans le monde arabe, un essai d’élections libres".
Mais ce n’est pas tout. Le reality show "Star Academy" a fait naître un double satirique intitulé "Irhab Academy", académie du terrorisme. Les concurrents sont des acteurs qui présentent de manière grotesque différents profils de terroriste, chacun ayant sa spécialité diabolique. L'auteur est Abdallah Bijiad Al Otibi, ancien extrémiste qui se consacre à la lutte télévisuelle contre le terrorisme.
D’autres programmes télévisés qui connaissent un grand succès dans les pays arabes sont les musalsalat, les séries de fiction. La discussion sur les problèmes les plus brûlants, totalement bannie des journaux télévisés officiels, trouve à s’exprimer dans la trame des fictions : de la polygamie au divorce, de la violence infligée aux femmes à l'homosexualité, du terrorisme aux relations avec l'Occident.
La Syrie est leader de cette production. L’un des principaux auteurs est Najdat Ismael Anzour, fils du premier metteur en scène de cinéma muet syrien. L’une de ses séries de fiction, diffusée pendant le Ramadan de 2007 – le mois où il y a le plus de téléspectateurs – a abordé la question des caricatures de Mahomet. A un moment donné, l’un des personnages demande à un autre, qui est très scandalisé par les caricatures :
"Dis-moi, je t’en prie, ce qui offense le plus notre religion : un étranger qui dessine des caricatures banales comme celles-là ? Ou un musulman qui se fait sauter avec une ceinture explosive au milieu d’innocents ?".
Bien sûr il ne faut pas négliger le fait qu’il y a des fictions férocement hostiles à l'Occident et à Israël.
Il ne faut pas non plus oublier que les spots publicitaires contribuent aussi à la pénétration des modèles occidentaux. Celui de Coca-Cola, très sexy, très aguicheur, avec Nancy Ajram, la pop star arabe la mieux payée et la plus discutée du moment, a connu un vif succès.
Selon certains analystes, tout cela montre qu’un processus de sécularisation envahit le monde musulman. Les tabous tombent, les idées circulent, les modes de vie se différencient, les modèles occidentaux font des émules.
Cependant cela n’est pas complété par un vrai renouvellement de la société civile, par son développement selon une tendance pluraliste, par sa démocratisation.
Une "voie musulmane vers la démocratie" est possible : c’est la conclusion de l’article de "La Civiltà Cattolica". Mais "c’est une voie entièrement à étudier et à mettre en œuvre".
Le livre :
"Media arabi e cultura nel Mediterraneo", sous la direction d’Ornella Milella et Domenico Nunnari, Editions Gangemi, Rome, 2009.
La revue des jésuites de Rome, imprimée après contrôle des autorités vaticanes, qui a publié – dans le numéro daté du 4 juillet 2009 – l'article du père Giovanni Sale, "Islam et démocratie" :
> La Civiltà Cattolica
Tous les articles de www.chiesa sur ce sujet :
> Focus ISLAM
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
04:25 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : charia, musulmans, democratie, grande-bretagne, common law, polygamie, multiculturalisme, repudiation, femmes, liberte religieuse, vatican, islam, la civilta cattolica, jesuites, rome, giovanni sale, islam et democratie, liban, turquie, realpolitik, bernard lewis, princeton, bush, samuel huntington, religions, ethique, morale, daniel pipes, mason-blanche, television, donatella della ratta, romerta nunnari, naman tarcha, media arabi e cultura nel metiterraneo, gallup, al jazira, reality shows, etatszs-unis, arabes, israel, al manar, hezbollah, lbc, star academy, survivor, la ferme, grand frere, bahrein, beyrouth, syrie |
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07.05.2009
Le plus difficile pour le Pape en Terre Sainte
Le plus difficile pour le pape en Terre Sainte: conquérir les chrétiens
Les Israéliens l'ont invité, les musulmans l'ont demandé. Mais pas ses fidèles locaux, qui ont exprimé les plus importantes oppositions à son voyage. Les motifs de leur refus. Et les inconnues
par Sandro Magister
ROME, le 6 mai 2009 – Le dimanche précédant son départ pour la Terre Sainte, sur la place Saint-Pierre pleine de fidèles, Benoît XVI a indiqué en quelques mots le but de son voyage:
"Par ma visite, je me propose de soutenir et d’encourager les chrétiens de Terre Sainte, qui sont confrontés chaque jour à de nombreuses difficultés. En tant que successeur de l’apôtre Pierre, je leur ferai sentir la proximité et l’appui de tout le corps de l’Eglise. Je me ferai aussi pèlerin de paix, au nom du Dieu unique, Père de tous les hommes. Je témoignerai de l’engagement de l’Eglise catholique en faveur de ceux qui cherchent à pratiquer le dialogue et la réconciliation, pour arriver à une paix stable et durable dans la justice et le respect mutuel. Enfin ce voyage ne pourra pas ne pas avoir une grande importance œcuménique et interreligieuse. Jérusalem est, à cet égard, la ville-symbole par excellence: c’est là que le Christ est mort pour réunir tous les enfants de Dieu dispersés".
D’après ces propos – répétés à l'audience générale du mercredi 6 mai – le pape compte d’abord, pour promouvoir en Terre Sainte la paix et le dialogue entre les peuples et les religions, sur les chrétiens qui vivent là-bas.
Un pari audacieux. D’une part parce que, dans cette région, les chrétiens sont une infime minorité, moins de 2% de la population juive et arabe. Mais aussi parce que ces chrétiens locaux sont ceux qui ont montré le plus de scepticisme à l'annonce du voyage du pape. Beaucoup, y compris des prêtres et des évêques, ont contesté l'opportunité de sa visite.
Il a fallu un gros travail pour adoucir ce front du refus. Le patriarche latin de Jérusalem, Fouad Twal, l'a confirmé dans une interview: les raisons des opposants ont été exposées à Benoît XVI lui-même.
La grande crainte des opposants était que le voyage du pape – y compris en raison de ses positions très avancées dans le dialogue religieux avec le judaïsme – ne tourne à l’avantage politique d’Israël.
Benoît XVI a fermement résisté. De son côté, la diplomatie vaticane a tout fait pour tranquilliser les opposants.
Voilà qui explique, par exemple, la bienveillance témoignée par le Vatican au grand ennemi d’Israël, l'Iran, pendant et après la très controversée conférence de Genève sur le racisme, bienveillance que beaucoup d’observateurs ont jugée excessive.
Cela explique peut-être aussi le silence des autorités vaticanes et du pape lui-même à propos de la pendaison furtive de la jeune iranienne Delara Dalabi à Téhéran. Dans ces cas à retentissement mondial, le Saint-Siège prend presque toujours la parole pour défendre les victimes de violations des droits de l’homme: cette fois, il a décidé de se taire.
***
A noter que l'Iran traite à son tour le Saint-Siège avec une bienveillance inhabituelle. En avril 2008, recevant le nouveau nonce apostolique à Téhéran, l'archevêque Jean-Paul Gobel, le président Ahmadinejad a défini le Vatican comme une force positive pour la justice et la paix dans le monde.
Peu après il a envoyé à Rome une délégation de haut niveau dirigée par un descendant direct du prophète Mahomet, Mahdi Mostafavi, président de l'Islamic Culture and Relations Organization de Téhéran et ancien vice-ministre des Affaires étrangères, un homme de confiance et "conseiller spirituel" qu’il rencontre "au moins deux fois par semaine".
Pendant trois jours, du 28 au 30 avril, cette délégation iranienne a eu avec une délégation vaticane compétente des entretiens à huis clos sur le thème "Foi et raison dans le christianisme et dans l'islam", qui se sont conclus par une rencontre avec Benoît XVI.
Il y a en Iran une toute petite communauté catholique, soumise à un contrôle étouffant. Cela aussi explique le "réalisme" que manifeste la diplomatie vaticane dans ce pays, comme dans d’autres pays musulmans. Pour sauver ce qui peut l’être, la réserve est jugée plus efficace que la protestation ouverte.
Par exemple, le Vatican n’a stigmatisé les anathèmes répétés d’Ahmadinejad contre l'existence d’Israël qu’une fois, à mots couverts, dans un communiqué de la salle de presse, le 28 octobre 2005. Depuis cette date lointaine, silence.
Mais le "réalisme" diplomatique n’explique pas tout. Les anathèmes antijuifs d’Ahmadinejad sont familiers à une partie significative des chrétiens arabes qui vivent en Terre Sainte. Pour eux aussi, l'existence même d’Israël est la cause de tous les maux.
Il faut se rappeler que de telles idées existent non seulement chez les chrétiens arabes, mais aussi chez des représentants connus de l’Eglise catholique qui vivent hors de la Terre Sainte et à Rome.
L’un d’eux, par exemple, est le jésuite Samir Khalil Samir, égyptien de naissance, islamologue des plus écoutés au Vatican, qui a écrit, il y a deux ans, dans un "décalogue" pour la paix au Moyen-Orient:
"La racine du problème israélo-palestinien n’est ni religieuse ni ethnique, elle est purement politique. Le problème remonte à la création de l’état d’Israël et au partage de la Palestine en 1948 – après la persécution organisée systématiquement contre les juifs – décidé par les grandes puissances sans tenir compte des populations présentes en Terre Sainte. Voilà la vraie cause de toutes les guerres qui ont suivi. Pour remédier à une grave injustice commise en Europe contre un tiers de la population juive mondiale, l’Europe elle-même, appuyée par les autres nations les plus puissantes, a décidé et commis une nouvelle injustice contre la population palestinienne, innocente du martyre des juifs".
Cela dit, le père Samir affirme en tout cas que l'existence d’Israël est aujourd’hui un fait indéniable, indépendamment de son péché originel. C’est aussi la position officielle du Saint-Siège, depuis longtemps favorable à ce qu’il y ait deux états, israélien et palestinien.
Ce n’est pas tout. D’après le père Samir, les chrétiens arabes qui vivent en Terre Sainte sont, bien que peu nombreux, "les seuls qui puissent promouvoir la paix dans la région, parce qu’ils ne veulent pas aborder la question en termes religieux, mais en termes de justice et de légalité".
En effet, selon le père Samir, le conflit arabo-israélien ne cessera pas tant qu’il continuera à être une guerre religieuse entre le judaïsme et l’islam. Ce n’est qu’en le ramenant à ses aspects politiques et "laïcs" que l’on pourra parvenir à la paix. Et les chrétiens sont les mieux outillés pour cela.
***
A la veille du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte, le père Samir a développé ces idées quant au rôle des chrétiens dans la région dans une interview à l’hebdomadaire italien "Tempi".
Il a notamment dit:
"Déjà la Nahdah, la renaissance arabe qui a eu lieu au XIXe siècle et au début du XXe, a été essentiellement l’œuvre des chrétiens. Aujourd’hui, un siècle plus tard, cela recommence, même si les chrétiens sont minoritaires dans les pays arabes. Aujourd’hui le 'nouveau' dans la pensée arabe provient du Liban, où l’interaction entre chrétiens et musulmans est plus vive. Il y a ici cinq universités catholiques, en plus des universités islamiques et d’état. Des radios, des télévisions, des journaux et revues chrétiens fonctionnent, où s’expriment musulmans, laïcs et chrétiens. Aujourd’hui l’impact culturel des chrétiens au Moyen-Orient passe par les moyens de communication: le Liban est devenu le plus grand centre de publication de livres de tout le monde arabe; on y imprime des livres saoudiens, marocains… Les musulmans eux-mêmes comprennent que les chrétiens sont les groupes les plus actifs et les éléments les plus dynamiques culturellement, comme c’est souvent le cas pour les minorités. Les chrétiens du Liban ou des autres pays du Moyen-Orient ont aussi des liens et des contacts avec l’Occident, ce qui rend fondamental leur rôle culturel. Au Liban, en Jordanie, mais aussi en Arabie Saoudite, de nombreux musulmans, y compris des leaders faisant autorité, l’ont dit publiquement: nous ne voulons pas que les chrétiens s’en aillent de nos pays parce qu’ils sont une partie essentielle de nos sociétés".
A cette vision optimiste le père Samir ajoute naturellement un avertissement: dans les pays musulmans, les chrétiens sont presque partout menacés. A commencer par l'Arabie Saoudite, autre état vis-à-vis duquel le Saint Siège mène sans préjugés une politique "réaliste" dont le point culminant a été, le 6 novembre 2007, l'accueil de son roi au Vatican avec tous les honneurs, en passant sous silence les violations systématiques des droits de l’homme dans ce pays.
Pour revenir au dossier israélo-palestinien, un autre grand connaisseur de la région, le franciscain Pierbattista Pizzaballa, Custode de Terre Sainte, porte un jugement plus pessimiste sur le rôle des chrétiens. Aujourd’hui, selon lui, "politiquement, les chrétiens ne comptent plus" dans le conflit israélo-palestinien.
De plus, ils sont les plus froids dans leur réaction à la visite du pape, bien que celui-ci les ait mis en tête des objectifs de son voyage.
Une tâche difficile attend Benoît XVI en Terre Sainte. Plus que les Israéliens qui l’ont invité, plus que la monarchie jordanienne qui lui ouvre grand les portes, il devra surtout conquérir les chrétiens locaux.
Le programme du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte, minute par minute, sur le site du Vatican:
> Pélerinage 8-15 mai 2009. Programme
A propos des rapports politiques entre le Vatican et Israël, sur www.chiesa:
> A Gaza le Vatican hisse le drapeau blanc (4.1.2009)
Et entre le Vatican et l'Iran:
> Quand les turbans iraniens rendent hommage au pasteur de Rome (7.5.2008)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
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04:01 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, voyage, israel, terre sainte, paix, dialogue, juifs, arabes, eveques, pretres, patriarche, jerusalem, fouad twal, politique, vatican, iran, geneve, delara dalabi, teheran, saint-siege, jean-paul gobel, ahmadinejad, mahomet, mahdi mostafavi, islamic culture and relations organazation, foi, raison, islam, musulmans, salim khalil samir, egypte, islamologue, tempi, nahdah, universites, moyen-orient, liban, jordanie, arabie saoudite, droits de l homme, pierbattista pizzaballa |
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11.03.2008
Sur les bons et les méchants
"Il aime la nuit et Jésus Christ nous aime,
nous qui étions dans les ténèbres."


"Je sais bien que vous n'êtes pas la copie conforme l'un de l'autre. Et je sais aussi qu'il se trouve de nombreux juifs dans le monde qui méprisent ce qu'Israël est en train de faire, en votre nom, au peuple palestinien. Je félicite avec conviction ces juifs de conscience pour leur moralité et leur décence humaine. Ces personnes honnêtes nous permettent de garder l'espoir que compter sur la moralité juive n'est pas une cause perdue. Mais il existe aussi une multitude de juifs qui se retrouvent transformés en soldats des ténèbres et défenseurs du mal. Il y a des juifs qui demandent sans aucune honte la destruction totale du peuple palestinien. Malheureusement, ces psychopathes ne sont pas des éléments isolés ou marginaux. Au contraire, ils sont respectés par des centaines de milliers de disciples".
[Extrait de l'incipit de l'article "Mon message aux juifs", publié sur le site “Uruknet.info” et signé par "Khalid Amayreh de Jérusalem-est occupée". Vers la fin du texte, l'auteur demande aux juifs de ne pas se laisser influencer par les "représentants américains qui vous disent "tuez, tuez, tuez et nous serons à vos côtés… ces politiciens immoraux vivent à des milliers de miles de distance mais nous sommes obligés d'être proches voire citoyens du même État". L'article est précédé de la phophoto d'une porte sur laquelle ont été dessinées deux étoiles de David, symbole d'Israël, ainsi que d'un slogan qui rappelle les slogans nazis dans les ghettos juifs, il y a des décennies de cela : "Kill arabs", "Tuez les arabes". Khalid Amayreh a passé le baccalauréat et un master en journalisme dans deux universités américaines, il a travaillé pour la chaîne de télévision arabe Al-Jazeera et écrit sur le Proche-Orient et la Palestine depuis des années.]
19:15 Écrit par Père Walter dans La pensée du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : israel, paix, dialogue, arabes, juifs |
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