18.05.2012

Un Parvis des Gentils à Barcelone sous le signe de l'Art

1_0_588717.jpegAprès Paris, Florence, Tirana, Palerme….le parvis des gentils est à Barcelone, en Espagne. Sous les auspices du Conseil pontifical de la Culture, cette initiative vise à promouvoir le dialogue entre croyants et non croyants sur les grandes questions qui interpellent le monde contemporain. A Palerme, au mois de mars, la réflexion s’était focalisée sur la culture de la légalité et sur la société multireligieuse. A Barcelone, terre natale d’artistes de renommée internationale : Dalì, Gaudì, Mirò, Tapiès…, cette nouvelle édition est placée sous le thème « Art, beauté et transcendance ». Deux jours de débats, les 17 et 18 mai, au Musée national d’art de la Catalogne, à l’Université de Barcelone, en la basilique de la Sagrada Familia, chef d’œuvre d’Antonì Gaudì. 

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13.05.2012

Le mauvais temps bouscule le programme du Pape en Toscane

1_0_587566.jpegEn raison du mauvais temps, ce dimanche, Benoît XVI a été contraint de renoncer à la 2° étape de sa visite en Toscane : le sanctuaire franciscain de l’Averne, situé à plus de mille mètres d’altitude, où Saint François a reçu les stigmates en 1224, deux ans avant sa mort. 


Le Pape s’est rendu directement à Sansepolcro, une ville historique fondée il y a mille ans par deux pèlerins de retour de Jérusalem et dont la cathédrale abrite la Sainte Face, un crucifix en bois d’origine carolingienne. A son arrivée, les cloches ont sonné à toute volée. Malgré le mauvais temps, nos cœurs sont pleins de lumière et de joie, a-t-il dit à la population déclenchant un tonnerre d’applaudissements. La foule ne s’était pas laisser décourager par la pluie.

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04.07.2011

Le Pape compte sur les artistes pour "un monde meilleur"

pape art.JPGL’Église catholique souhaite renouer le dialogue avec le monde de l’art. Un nouveau jalon vient d’être posé ce lundi matin, à l’initiative du Conseil pontifical pour la Culture. Benoît XVI a inauguré, au Vatican, une exposition intitulée « la Splendeur de la Vérité, la Beauté de la Charité » qui rassemble des œuvres d’une soixantaine d’artistes du monde entier, un hommage pour le 60° anniversaire de son ordination sacerdotale. L’occasion pour le Pape de tendre la main, une nouvelle fois, aux artistes, le Pape qui a voulu les inviter à être « les défenseurs courageux de la vérité et les témoins de la charité ». 

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17.06.2011

L'Église et l'art se rencontrent pour les 60 ans de sacerdoce de Benoît XVI

benoit xvi ordination sacerdotale.JPGLe 29 juin prochain, Benoît XVI célèbrera le 60ème anniversaire de son ordination sacerdotale. Le Pape, ordonné prêtre pour le diocèse de Freising, en Allemagne, le 29 juin 1951, inaugurera le 4 juillet 2011, au Vatican, dans l’atrium de la Salle Paul VI, une exposition qui lui rend hommage. Il s’agit d’une initiative inédite voulue par le cardinal Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, dans le sillage de l’importante rencontre du Pape avec les Artistes qui s’était tenue le 21 novembre 2009 dans la chapelle Sixtine. A cette occasion, Benoît XVI adressera un discours aux artistes.

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08.12.2009

'Dieu est là'. Voici comment l'Eglise d'Italie se prépare à Noël

"Dieu est là". Voici comment l'Eglise d'Italie se prépare à Noël

En organisant une réunion internationale de philosophes, de savants et d'artistes, avec l'objectif de replacer Dieu au centre d'une culture qui le nie. Tandis que Benoît XVI enseigne que Dieu se révèle non aux savants mais aux "tout-petits"

par Sandro Magister




ROME, le 7 décembre 2009 – Au milieu de ce temps de l’Avent, un événement international a lieu à Rome. Il est centré justement sur ce Dieu "qui est venu, qui vient et qui viendra".

L'événement est organisé par la conférence des évêques d’Italie, plus précisément par le comité pour le projet culturel présidé par le cardinal Camillo Ruini.

Intitulé "Dieu aujourd’hui. Avec lui ou sans lui, cela change tout", il est étroitement lié à ce que Benoît XVI, dans sa mémorable lettre du 10 mars 2009 aux évêques, a indiqué comme "la priorité au-dessus de toutes les autres : rendre Dieu présent dans ce monde et ouvrir aux hommes l'accès à Dieu".

Concrètement, du 10 au 12 décembre, évêques et philosophes, théologiens et savants, artistes et musiciens, poètes et lettrés, hommes et femmes d’orientations mais aussi de croyances différentes, proches ou éloignés de Dieu, se rencontreront devant un vaste public. Mais ils parleront tous de Lui, le Dieu de la Bible, le Dieu trinitaire, le Dieu chrétien, celui qui a le visage humain de Jésus. Ce Dieu qui est exilé de la culture postmoderne, refusé par la science, et qui est pourtant de plus en plus présent dans la réalité que vivent tant d’hommes et de femmes de notre temps.

Parmi les orateurs, des noms connus : le cardinal Ruini, bien sûr, créateur de l’événement, Robert Spaemann, le philosophe allemand qui a justement consacré à la question de Dieu ses essais les plus pénétrants, puis Roger Scruton, Emanuele Severino, Rémi Brague, Aldo Schiavone, Robert Schneider, Antonio Paolucci, Denis Alexander, Giuliano Ferrara, Martin Nowak, Giorgio Israel, Peter van Inwagen, et bien d’autres encore.

Ils parleront de Dieu sous divers angles. "Dieu dans la musique" et "Dieu et la violence", "Création et évolution" et "Dieu au cinéma et à la télévision", "Dieu et les sciences" et "Dieu dans la beauté".

Ce sera aussi un dialogue sans frontières géographiques. "La question de Dieu n’est pas exclusivement occidentale" a déclaré le cardinal Ruini quand il a présenté l'événement à la presse, vendredi 4 décembre au Palais du Capitole. "Le langage scientifique est de plus en plus universel ; il universalise donc aussi sa négation de Dieu. C’est pourquoi l'Occident a une dette envers le monde entier : il doit non pas supprimer les raisons de la foi en Dieu mais se les rendre plus claires. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra dialoguer aussi avec les autres cultures, surtout celles de l'Asie, et ne pas se replier sur soi".

En somme, le pari de l'événement sur "Dieu aujourd’hui", c’est de redonner vie à une rencontre positive entre la foi et la culture d’aujourd’hui, en une sorte d’Aréopage moderne, en recréant l'aventure que Raphaël peignit si merveilleusement à fresque, il y a 500 ans, dans son "Ecole d’Athènes" (photo ci-dessus : détail).

Ses maîtres philosophes vont, chacun à sa façon et par des chemins parfois tortueux, vers ce qu’ils voient sur le mur d’en face : le mystère de l'hostie sacrée, l’Eglise terrestre et céleste, la magnificence de Dieu.

 

***

 

Le programme de l'événement est disponible sur la page web qui lui est consacrée, avec la présentation des orateurs et, au fur et à mesure, le compte-rendu et les textes :

> "Dieu aujourd’hui. Avec lui ou sans lui, cela change tout ", Rome, 10-12 décembre 2009

L’ensemble bénéficiera d’une couverture médiatique par le journal et la chaîne de télévision appartenant à la conférence des évêques d’Italie :

> Avvenire

> TV 2000

Benoît XVI est bien sûr informé de cet événement organisé par l’Eglise italienne et qui aura lieu à quelques pas des palais du Vatican. Il n’y prendra pas la parole. Mais l’harmonie entre cet événement et le magistère de ce pape est si forte qu’elle se manifeste toute seule, y compris sous les formes et aux moments les plus inattendus.

Un exemple très fort de cette harmonie est l'homélie improvisée par Benoît XVI, mardi 1er décembre de bon matin, à la messe qu’il a célébrée avec les membres de la commission théologique internationale, à la Chapelle Pauline.

Le pape a commencé son homélie en commentant l’Evangile du jour, précisément le passage où Jésus rend grâce au Père céleste "parce que tu as caché ces choses aux sages et aux savants et que tu les as révélées aux tout-petits".

Ce mystère de Dieu ignoré et repoussé par la culture dominante et au contraire vivant dans le cœur et l’esprit des "tout-petits" – prêché par le pape Benoît dans cette passionnante homélie – c’est celui qui sera au cœur de l'événement romain de ces jours prochains.



Le mystère révélé aux tout-petits

par Benoît XVI

Rome, Palais Apostolique du Vatican, Chapelle Pauline, le 1er décembre 2009



Chers frères et sœurs, les paroles du Seigneur que nous venons d’entendre dans le passage de l’évangile (Luc 10, 21-24) sont pour nous, théologiens, un défi ou peut-être, pour mieux dire, une invitation à faire un examen de conscience : qu’est-ce que la théologie ? Nous, théologiens, que sommes-nous ? Comment bien faire de la théologie ? Nous avons entendu le Seigneur louer le Père d’avoir caché le grand mystère du Fils, le mystère trinitaire, le mystère christologique, aux sages, aux savants - ils ne l’ont pas connu - mais de l’avoir révélé aux tout-petits, aux "nèpioï", à ceux qui ne sont pas savants, qui n’ont pas une grande culture. C’est à eux qu’a été révélé ce grand mystère.

Par ces paroles, le Seigneur décrit simplement un fait de sa vie ; un fait qui commence dès l’époque de sa naissance, quand les Mages de l’Orient demandent aux gens compétents, aux scribes, aux exégètes, quel est le lieu de la naissance du Sauveur, du Roi d’Israël. Les scribes le savent parce que ce sont de grands spécialistes ; ils peuvent dire tout de suite où naît le Messie : à Bethléem ! Mais ils ne se sentent pas invités à y aller : pour eux cela reste une connaissance académique, qui ne touche pas leur vie ; ils restent en dehors. Ils peuvent donner des informations, mais l’information ne devient pas formation de leur vie.

Puis, pendant toute la vie publique du Seigneur, on trouve la même chose. Il est impossible, pour les savants, de comprendre que cet homme qui n’est pas savant, qui est un galiléen, puisse être vraiment le Fils de Dieu. Il reste inacceptable, pour eux, que Dieu, le grand, l’unique, le Dieu du ciel et de la terre, puisse être présent en cet homme. Ils savent tout, ils connaissent aussi Isaïe 53, toutes les grandes prophéties, mais le mystère reste caché. Au contraire il est révélé aux petits, depuis la Vierge Marie jusqu’aux pêcheurs du lac de Galilée. Ils savent, comme le capitaine romain sous la croix sait : celui-ci est le Fils de Dieu.

Les faits essentiels de la vie de Jésus n’appartiennent pas qu’au passé : ils sont présents, de différentes manières, à toutes les générations. Et ainsi, même à notre époque, au cours des 200 dernières années, on observe la même chose. Il y a de grands savants, de grands spécialistes, de grands théologiens, des maîtres de la foi, qui nous ont enseigné beaucoup de choses. Ils ont pénétré dans les détails de la Sainte Ecriture, de l’histoire du salut, mais ils n’ont pas pu voir le mystère lui-même, le vrai noyau, à savoir que Jésus était réellement Fils de Dieu, que le Dieu trinitaire entre dans notre histoire, à un moment historique déterminé, dans un homme comme nous. L’essentiel est resté caché ! On pourrait facilement citer de grands noms de l’histoire de la théologie de ces 200 dernières années, dont nous avons beaucoup appris, mais pour qui le mystère n’a pas été ouvert aux yeux du cœur.

Au contraire, il y a aussi, à notre époque, des petits qui ont connu ce mystère. Pensons à sainte Bernadette Soubirous ; à sainte Thérèse de Lisieux, avec sa nouvelle lecture de la Bible, "non scientifique" mais qui va jusqu’au cœur de la Sainte Ecriture ; et aussi aux saints et bienheureux de notre de notre temps : sainte Joséphine Bakhita, la bienheureuse Teresa de Calcutta, saint Damien de Veuster. On pourrait en citer tant !

Mais de tout cela naît la question : pourquoi est-ce ainsi ? Le christianisme est-il la religion des sots, des gens sans culture, non formés ? La foi s'éteint-elle là où la raison se réveille ? Comment cela s’explique-t-il ?

Peut-être faut-il regarder encore une fois l’histoire. Ce que Jésus a dit, ce que l’on peut observer dans tous les siècles, reste vrai. Mais il y a une "espèce" de petits qui sont également savants. Au pied de la croix se tient la Vierge Marie, humble servante de Dieu et grande dame éclairée par Dieu. Et aussi Jean, pêcheur du lac de Galilée ; mais c’est ce Jean qui sera appelé à juste titre «le théologien» par l’Eglise, parce qu’il a vraiment su voir et annoncer le mystère de Dieu : avec l’œil de l’aigle il est entré dans l’inaccessible lumière du mystère divin.

Même après sa résurrection, le Seigneur touche, sur le chemin de Damas, le cœur de Saül, un de ces savants qui ne voient pas. Celui-ci, dans la première lettre à Timothée, dit qu’il était «ignorant» à cette époque, malgré sa science. Mais le Ressuscité le touche : il perd la vue et, en même temps, il devient vraiment voyant, il commence à voir. Le grand savant devient un tout-petit et c’est justement pour cela qu’il voit la sottise de Dieu qui est sagesse, une sagesse plus grande que toutes les sagesses humaines.

On pourrait continuer à lire toute l’histoire de cette façon. Encore une seule observation. Ces savants et ces sages, "sophoï" et "synètoï", apparaissent dans la première lecture sous un autre aspect (cf. Isaïe 11, 1-10). Ici "sophia" et "synèsis" sont des dons de l’Esprit-Saint qui reposent sur le Messie, sur le Christ. Qu’est-ce que cela signifie ? On comprend qu’il y a un double usage de la raison et une double manière d’être sages ou petits.

Il y a une façon d’utiliser la raison qui est autonome et se place au-dessus de Dieu, dans toute la gamme des sciences, à commencer par les sciences naturelles, où une méthode adaptée à la recherche de la matière est généralisée : Dieu n’entre pas dans cette méthode, donc Dieu n’existe pas. Il en est ainsi, enfin, même en théologie : on pêche dans les eaux de la Sainte Ecriture avec un filet qui ne permet de prendre que des poissons d’une certaine taille ; ce qui est au-delà de cette taille n’entre pas dans le filet et ne peut donc pas exister. Le grand mystère de Jésus, du Fils fait homme, est ainsi réduit à un Jésus historique : une figure tragique, un fantôme sans chair ni os, un homme qui est resté dans le sépulcre, s’est corrompu et est vraiment un mort. Cette méthode parvient à "capter" certains poissons mais exclut le grand mystère, parce que l’homme se fait lui-même mesure : il a cet orgueil, qui est en même temps une grande sottise parce qu’il absolutise des méthodes qui ne sont pas adaptées aux grandes réalités ; il entre dans cet esprit académique que nous avons vu chez les scribes qui répondent aux Rois mages : cela ne me concerne pas; je reste enfermé dans ma vie, qui n’en est pas changée. C’est la spécialisation qui voit les détails, mais perd de vue l’ensemble.

Et puis il y a l’autre façon d’utiliser la raison, d’être savant : celle de l’homme qui reconnaît qui il est ; il reconnaît sa propre taille et la grandeur de Dieu, en s’ouvrant humblement à la nouveauté de l’action de Dieu. Ainsi, justement parce qu’il accepte sa petitesse, qu’il se fait aussi petit qu’il l’est réellement, il arrive à la vérité. De cette façon, la raison aussi peut exprimer toutes ses possibilités, elle ne s’éteint pas, mais elle s’élargit et devient plus grande. Il s’agit d’une autre "sophia", d’une autre "synèsis", qui n’exclut pas du mystère mais qui est vraiment communion avec le Seigneur en qui résident le savoir, la sagesse, et leur vérité.

Maintenant, nous voulons prier pour que le Seigneur nous donne la vraie humilité. Qu’il nous donne la grâce d’être tout-petits pour pouvoir être vraiment sages ; qu’il nous éclaire, nous fasse voir son mystère de la joie du Saint-Esprit, nous aide à être de vrais théologiens, capables d’annoncer son mystère parce qu’ils sont touchés au fond de leur cœur, au fond de leur vie. Amen.


LES LECTURES COMMENTÉES PAR LE PAPE


Du livre du prophète Isaïe (11, 1-10)

Un rameau sortira du tronc de Jessé
et de ses racines croîtra un rejeton.
Sur lui reposera l'Esprit de Yahweh,
esprit de sagesse et d'intelligence,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte de Yahweh ;
il mettra ses délices dans la crainte de Yahweh.
Il ne jugera point sur ce qui paraîtra à ses yeux
et il ne prononcera point sur ce qui frappera ses oreilles.
Il jugera les petits avec justice,
et prononcera selon le droit pour les humbles de la terre.
Il frappera la terre de la verge de sa bouche
et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.
La justice ceindra ses flancs
et la fidélité sera la ceinture de ses reins.
Le loup habitera avec l'agneau,
la panthère reposera avec le chevreau ;
le veau, le lion et le bœuf gras vivront ensemble
et un jeune enfant les conduira.
La vache et l'ourse iront au même pâturage,
leurs petits auront un même gîte ;
et le lion mangera du fourrage comme le bœuf.
Le nourrisson s'ébattra sur le trou de la vipère
et dans le repaire du basilic l'enfant à peine sevré mettra sa main.
On ne fera point de mal et on ne détruira plus
sur toute ma montagne sainte ;
car le pays sera rempli de la connaissance de Yahweh,
comme le fond des mers par les eaux qui le couvrent.
Et il arrivera en ce jour-là :
a racine de Jessé, élevée comme un étendard pour les peuples,
sera recherchée par les nations,
et son séjour sera glorieux.


De l’Evangile selon Luc (10, 21-24)

Au même moment, il tressaillit de joie par l'Esprit-Saint et il dit : "Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux savants et les as révélées aux tout-petits. Oui, Père, car tel fut ton bon plaisir. Toutes choses m'ont été remises par mon Père ; et personne ne sait ce qu'est le Fils, si ce n'est le Père, ni ce qu'est le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils aura bien voulu le révéler".

Et se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier : "Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l'ont pas entendu".

 

 


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

24.11.2009

L’Église et l’Art, vus par le cardinal Poupard

Quand la foi rencontre l’art, une profonde harmonie se crée, rendant visible l’invisible. C’est le message que Benoît XVI souhaitait transmettre aux artistes qu’il a rencontrés ce samedi 21 novembre dans la Chapelle Sixtine, au Vatican.

 

Benoît XVI rencontre les artistes

Source: SIR/Siciliani Gennari


Des peintres, des écrivains, des poètes, des musiciens, des sculpteurs ou encore des comédiens qui ont répondu présent à l’appel du Pape soucieux de renouveler l’amitié et le dialogue entre l’Église et les artistes. Quarante-cinq ans après la première rencontre de ce type à l’initiative de Paul VI et dix ans après la Lettre de Jean-Paul II aux artistes, quel est aujourd’hui le principal objectif de ce nouveau face à face ?


Hélène Destombes (Radio Vatican) a rencontré le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil Pontifical de la Culture: >>

20.11.2009

A la veille de la rencontre avec les artistes, le pape Benoît fait le guide

A la veille de la rencontre avec les artistes, le pape Benoît fait le guide

Il a consacré une audience générale à l'évocation des cathédrales romanes et gothiques du Moyen Age. Pour expliquer que "la voie de la beauté est la plus fascinante pour s'approcher du mystère de Dieu"


par Sandro Magister




ROME, le 20 novembre 2009 – Demain, à la Chapelle Sixtine, Benoît XVI rencontrera des centaines d’artistes du monde entier, croyants ou non. Son discours est très attendu. Mais il en a donné un avant-goût, mercredi 18 novembre, lors de la catéchèse adressée comme chaque semaine aux fidèles.

La coïncidence dans le temps ne lui a pas échappé. Alors qu’il avait décrit, dans les précédentes catéchèses, des faits et des personnages de la théologie médiévale, le pape a choisi d’évoquer – trois jours avant sa rencontre avec les artistes – ces chefs d’œuvre de l’art et de la foi que sont les cathédrales romanes et gothiques, qui, après l'an 1000 couvrirent l'Europe "d’un blanc manteau de nouvelles églises".

La première leçon que Benoît XVI en a tiré est que l'art et la foi chrétienne s’appellent mutuellement, "parce qu’ils peuvent et veulent l’un et l’autre parler de Dieu, en rendant visible l’Invisible".

La seconde leçon est que la beauté est "la voie la plus attirante et la plus fascinante pour parvenir à rencontrer et aimer Dieu".

Ce sont des thèmes auxquels Ratzinger, en tant que théologien et pasteur, a toujours été très sensible. On trouvera ci-dessous le texte intégral de sa méditation du mercredi 18 novembre.

Mais, pour mieux saisir sa pensée en direct, il est utile de revenir aux propos improvisés qu’il a tenus aux prêtres du diocèse de Bressanone lorsqu’il les a rencontrés pendant l’été 2008.

On s’est habitué à voir en Benoît XVI le pape du "Logos". Ceux qui le critiquent l’accusent de rationalisme. Mais en réalité il est convaincu que "la preuve de la vérité" du christianisme ne se donne pas seulement de manière rationnelle. Pour lui "l'art et les saints sont la plus grande apologie de notre foi".

Voici en effet ce qu’il a dit à ce sujet, ce 6 août, fête de la Transfiguration de Jésus, aux prêtres de Bressanone :

"La raison fournit des arguments tout à fait importants et essentiels, mais il y aura toujours un désaccord quelque part. En revanche, si nous observons les saints – la traînée lumineuse par laquelle Dieu marque l’histoire – nous voyons qu’il y a vraiment là une force du bien qui résiste aux millénaires, que c’est là que se trouve réellement la lumière de la lumière.

De même, si nous contemplons les beautés que la foi a créées, je dirais qu’elles sont simplement la preuve vivante de la foi. [...] Toutes les grandes œuvres d’art – les cathédrales gothiques et les splendides églises baroques – sont un signe lumineux de Dieu et ainsi véritablement une manifestation, une épiphanie de Dieu. [...]

"Nous venons d’écouter le son de l’orgue dans toute sa splendeur et je pense que la grande musique née dans l’Eglise rend la vérité de notre foi audible et perceptible : du chant grégorien à la musique des cathédrales jusqu’à Palestrina et à son époque, jusqu’à Bach et ensuite à Mozart et Bruckner et ainsi de suite… En écoutant toutes ces œuvres – les Passions de Bach, sa Messe en si bémol et les grandes compositions de la polyphonie religieuse du XVIe siècle, de l’école viennoise, de toute la musique, y compris celles des compositeurs moins connus – nous entendons soudain : c’est vrai ! Là où naissent de telles choses, il y a la Vérité. [...]

"L’art chrétien est un art rationnel – pensons à l’art gothique ou à la grande musique, ou encore, justement, à notre art baroque – mais il est l’expression artistique d’une raison beaucoup plus large, où cœur et raison se rencontrent. Voilà la clé. Voilà, je pense, d’une certaine manière, la preuve de la vérité du christianisme : cœur et raison se rencontrent, beauté et vérité se touchent. Et plus nous réussissons nous-mêmes à vivre dans la beauté et dans la vérité, plus la foi pourra redevenir créatrice, y compris à notre époque, et s’exprimer sous une forme artistique convaincante".

Voici sa catéchèse d’il y a deux jours sur les cathédrales romanes et gothiques :



Quand l'Europe se couvrait "d’un blanc manteau de nouvelles églises"

par Benoît XVI

Rome, audience générale du mercredi 18 novembre 2009



Chers frères et sœurs, dans les catéchèses des dernières semaines, j’ai présenté divers aspects de la théologie du Moyen Age. Mais la foi chrétienne profondément enracinée des hommes et des femmes de ce temps-là n’est pas seulement à l’origine de chefs d’œuvre de la littérature théologique, de la pensée et de la foi. Elle a aussi inspiré l’une des plus hautes créations artistiques de la civilisation universelle : les cathédrales, véritable gloire du Moyen Age chrétien.

En effet, pendant environ trois siècles à partir du début du XIe siècle, on voit une extraordinaire ferveur artistique se manifester en Europe. Voici comment un ancien chroniqueur décrit l’enthousiasme et l’ardeur au travail de cette époque : "Il est arrivé que dans le monde entier, mais surtout en Italie et dans les Gaules, on a commencé à reconstruire les églises, même si beaucoup d’entre elles, étant encore en bon état, n’avaient pas besoin d’une telle restauration. C’était comme un concours entre les peuples ; on aurait cru que le monde, se dépouillant de ses guenilles, voulait se vêtir partout d’un blanc manteau de nouvelles églises. En somme, presque toutes les cathédrales, beaucoup d’églises de monastères et même des oratoires de villages, furent alors restaurés par les fidèles" (Rodolphe le Glabre, Historiarum 3, 4).

Divers facteurs ont contribué à cette renaissance de l’architecture religieuse. Tout d’abord, des conditions historiques plus favorables, comme une sécurité politique accrue, accompagnée d’une augmentation constante de la population et du développement progressif des villes, des échanges et de la richesse. De plus, les architectes trouvaient des solutions techniques de plus en plus élaborées pour accroître les dimensions des édifices, tout en garantissant leur solidité et leur majesté.

Toutefois c’est surtout grâce à l’ardeur et au zèle spirituel du monachisme en pleine expansion qu’ont été élevées des églises abbatiales où la liturgie pouvait être célébrée avec dignité et solennité et où les fidèles attirés par la vénération des reliques des saints, buts d’incessants pèlerinages, pouvaient s’arrêter pour prier.

C’est ainsi que sont nées les églises et cathédrales romanes, caractérisées par un développement longitudinal, en longueur, des nefs afin d’accueillir de nombreux fidèles ; des églises très solides, aux murs épais, aux voûtes de pierre et aux lignes simples et essentielles.

Une nouveauté est l’introduction de sculptures. Les églises romanes étant le lieu de la prière monastique et du culte rendu par les fidèles, les sculpteurs, plutôt que de se préoccuper de la perfection technique, veillaient surtout à la finalité éducative. Puisqu’il fallait susciter dans les âmes des impressions fortes, des sentiments qui puissent inciter à fuir le vice, le mal, et à pratiquer la vertu, le bien, le thème récurrent était la représentation du Christ comme juge universel, entouré des personnages de l’Apocalypse.

En général ce sont les portails des églises romanes qui offrent cette représentation, pour souligner que le Christ est la Porte qui mène au Ciel. Les fidèles, en franchissant le seuil de l’édifice sacré, entrent dans un temps et un espace différents de ceux de la vie ordinaire. Au-delà du portail de l’église, ceux qui croyaient au Christ, souverain, juste et miséricordieux, pouvaient, selon l’intention des artistes, avoir un avant-goût de la béatitude éternelle dans la célébration de la liturgie et dans les actes de piété accomplis à l’intérieur de l’édifice sacré.

Aux XIIe et XIIIe siècles, un autre type d’architecture s’est répandu, à partir du nord de la France, pour la construction des édifices sacrés. C’était le gothique, qui avait deux caractéristiques nouvelles par rapport au roman : l’élan vertical et la luminosité.

Les cathédrales gothiques offraient une synthèse de foi et d’art harmonieusement exprimée dans le langage universel et fascinant de la beauté, qui suscite aujourd’hui encore l’émerveillement. L’introduction des voûtes ogivales reposant sur de robustes piliers permit d’augmenter notablement leur hauteur. L’élan vers le haut voulait inviter à la prière et était lui-même une prière. La cathédrale gothique entendait traduire ainsi, dans ses lignes architecturales, la soif que les âmes ont de Dieu.

De plus, grâce aux nouvelles solutions techniques adoptées, les murs extérieurs pouvaient être percés et embellis de vitraux polychromes. Autrement dit, les fenêtres devenaient de grandes images lumineuses, très aptes à instruire le peuple dans la foi. Elles racontaient – scène par scène – la vie d’un saint, une parabole, ou d’autres épisodes bibliques. Depuis les vitraux colorés, un flot de lumière se déversait sur les fidèles pour leur raconter l’histoire du salut et les impliquer dans cette histoire.

Un autre mérite des cathédrales gothiques est que toute la communauté chrétienne et civile participait à leur construction et à leur décoration, chacun à sa façon mais de manière harmonieuse ; les humbles et les puissants y participaient, les analphabètes et les savants, parce que, dans cette maison commune, tous les croyants étaient instruits dans la foi. La sculpture gothique a fait des cathédrales une "Bible de pierre", représentant les épisodes de l’Evangile et expliquant les contenus de l’année liturgique, de la Nativité à la Glorification du Seigneur.

De plus, à cette époque, la perception de l’humanité du Seigneur se répandait de plus en plus et les souffrances de sa Passion étaient représentées de façon réaliste : le Christ souffrant, "Christus patiens", devint une image aimée de tous, capable d’inspirer la piété et le repentir des péchés. Les personnages de l’Ancien Testament étaient également présents et leur histoire devint ainsi familière, comme partie de l’unique et commune histoire du salut, aux fidèles qui fréquentaient les cathédrales,.

Avec ses visages pleins de beauté, de douceur, d’intelligence, la sculpture gothique du XIIIe siècle révèle une piété heureuse et sereine, qui se plaît à répandre une dévotion sincère et filiale envers la Mère de Dieu, parfois vue comme une jeune femme souriante et maternelle, mais surtout représentée comme la souveraine du ciel et de la terre, puissante et miséricordieuse. Les fidèles qui remplissaient les cathédrales gothiques aimaient y trouver aussi des expressions artistiques rappelant les saints, modèles de vie chrétienne et intercesseurs auprès de Dieu.

Les manifestations "laïques" de la vie ne manquaient pas ; voici qu’apparaissent, çà et là, des représentations des travaux des champs, des sciences et des arts. Tout était orienté vers Dieu et lui était offert dans le lieu où se célébrait la liturgie.

On peut mieux comprendre le sens qui était attribué à une cathédrale gothique en lisant le texte de l’inscription gravée sur le portail central de Saint-Denis, à Paris : "Passant, toi qui veux louer la beauté de ces portes, ne te laisse éblouir ni par l’or, ni par la magnificence, mais plutôt par le rude labeur. Ici brille une œuvre célèbre, mais veuille le ciel que cette œuvre célèbre qui brille fasse resplendir les esprits, afin que, avec les vérités lumineuses, ils s’acheminent vers la vraie lumière, où le Christ est la véritable porte".

Chers frères et sœurs, je voudrais maintenant souligner deux aspects de l’art roman et gothique qui sont également utiles pour nous.

Le premier aspect est que les chefs d’œuvre artistiques nés en Europe dans les siècles passés sont incompréhensibles si l’on ne tient pas compte de l’âme religieuse qui les a inspirés. Un artiste qui a toujours témoigné de la rencontre entre esthétique et foi, Marc Chagall, a écrit que "pendant des siècles, les peintres ont trempé leur pinceau dans cet alphabet coloré qu’était la Bible". Quand la foi - en particulier quand elle est célébrée dans la liturgie - rencontre l’art, une harmonie profonde se crée, parce que l’une et l’autre peuvent et veulent parler de Dieu, en rendant visible l’Invisible. Je voudrais partager cela lors de la rencontre du 21 novembre avec les artistes, en leur proposant à nouveau cette amitié entre la spiritualité chrétienne et l’art, souhaitée par mes vénérés prédécesseurs, en particulier par les Serviteurs de Dieu Paul VI et Jean-Paul II.

Le second aspect est que la force du style roman et la splendeur des cathédrales gothiques nous rappellent que la "via pulchritudinis", la voie de la beauté, est un chemin privilégié et fascinant pour s’approcher du Mystère de Dieu. Qu’est-ce que la beauté - que les écrivains, les poètes, les musiciens, les artistes contemplent et traduisent dans leur langage - sinon le reflet de la splendeur du Verbe éternel fait chair ? Saint Augustin affirme : "Interroge la beauté de la terre, interroge la beauté de la mer, interroge la beauté de l’air qui se dilate et se diffuse. Interroge la beauté du ciel, interroge l’ordre des étoiles, interroge le soleil, qui avec sa splendeur éclaire le jour ; interroge la lune, qui avec sa clarté atténue les ténèbres de la nuit. Interroge les bêtes sauvages qui se déplacent dans l’eau, celles qui marchent sur terre, celles qui volent dans les airs : âmes qui se cachent, corps qui se montrent ; visible qui se fait conduire, invisible qui conduit. Interroge-les ! Tous te répondront : Regarde-nous : nous sommes beaux ! Leur beauté les fait connaître. Cette beauté changeante, qui l’a créée, sinon la Beauté Immuable ?" (Sermo CCXLI, 2 : PL 38, 1134).

Chers frères et sœurs, que le Seigneur nous aide à redécouvrir la voie de la beauté comme l’un des itinéraires, peut-être le plus attirant et le plus fascinant, pour parvenir à


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Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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18.11.2009

Benoît XVI rappelle que les cathédrales sont la vraie gloire du Moyen Âge

La beauté est peut-être l’itinéraire « le plus attrayant et fascinant pour réussir à rencontrer et aimer Dieu ». C’est ce qu’ a affirmé Benoît XVI ce mercredi matin à l’Audience générale qui a eu lieu dans la salle Paul VI, au Vatican.

 

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Après avoir parlé au cours des semaines passées de la théologie médiévale qui a donné naissance à des chefs-d’œuvre de la littérature, de la pensée et de la foi chrétiennes, le Pape a tenu à rappeler que la foi a aussi inspiré une des créations artistiques les plus élevées de la civilisation universelle : les cathédrales, vraie gloire du Moyen-Age chrétien.


Le Pape s’est également tourné en pensée vers les artistes qu’il rencontrera samedi prochain dans la Chapelle Sixtine au Vatican. À la fin de l’audience, il a lancé un appel en faveur de l’enfance souffrante, vingt ans après l’adoption de la Convention ONU sur les droits de l’enfant.

 

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Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>



Résumé de la catéchèse en langue française

 
     Chers Frères et Sœurs,

     La foi chrétienne a inspiré une des créations artistiques les plus élevées de la civilisation universelle : les cathédrales, vraie gloire du Moyen-Âge chrétien. Ce fut surtout grâce à l’ardeur et au zèle spirituel du monachisme que furent élevées des églises abbatiales, où la liturgie pouvait être célébrée avec dignité et solennité et où les fidèles pouvaient s’arrêter pour prier. Ainsi naquirent les églises et les cathédrales romanes. Par la suite, les cathédrales gothiques ont été une synthèse de foi et d’art, exprimée harmonieusement dans le langage universel et fascinant de la beauté, traduisant ainsi l’élancement de l’âme vers Dieu. Tous participaient à la construction et à la décoration de cette maison commune où les croyants étaient instruits dans la foi. Aujourd’hui, ces chefs-d’œuvre nés en Europe sont incompréhensibles si on ne tient pas compte de l’âme religieuse qui les a inspirés. Quand la foi rencontre l’art une profonde harmonie se crée, parce que les deux peuvent et veulent parler de Dieu, rendant visible l’Invisible. C’est ce que je voudrais partager lors de ma rencontre avec les artistes le 21 novembre prochain. Que le Seigneur nous aide à redécouvrir la beauté comme chemin pour aller à la rencontre de Dieu !


     * * *

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     C’est avec plaisir que je vous accueille ce matin chers pèlerins de langue française. Je salue particulièrement les membres de la Conférence des Évêques latins dans les Régions arabes. Que la beauté de la création et des œuvres d’art, si nombreuses à Rome, vous aide tous à rencontrer et à aimer Dieu ! Avec ma Bénédiction Apostolique !

16.11.2009

La grande polyphonie romaine revient à Saint-Pierre

La grande polyphonie romaine revient à Saint-Pierre

Pas en concert mais pendant une messe. Sous la direction de Domenico Bartolucci, le plus génial interprète vivant de la musique de Palestrina. Chassé il y a douze ans de la direction du chœur de la Chapelle Sixtine, il est enfin réhabilité aujourd’hui, sous le pontificat de Benoît XVI


par Sandro Magister




ROME, le 16 novembre 2009 – Parmi les arts qui seront représentés, samedi 21 novembre à la Chapelle Sixtine, à la rencontre très attendue avec le pape Benoît XVI, la musique est peut-être celui qui a le plus souffert du divorce entre les artistes et l’Eglise.

L’Eglise est la première à souffrir en matière de musique. En effet les chefs d’œuvre de la peinture, de la sculpture et de l'architecture chrétiennes restent toujours à la disposition de tous même s’ils sont ignorés et incompris, mais la grande musique disparaît littéralement des églises si plus personne ne la joue.

Et l’on peut effectivement parler d’une disparition quasi générale à propos des trésors de la musique liturgique latine que sont le chant grégorien, la polyphonie, l'orgue.

Heureusement, au moment même où le pape cherchera à renouer avec l'art un rapport fructueux, l'orgue et la grande musique polyphonique donneront à nouveau le meilleur d’eux-mêmes dans les basiliques de Rome.

On les entendra non seulement sous forme de concerts, mais aussi au cœur de l’action liturgique.

Le sommet sera atteint le soir du jeudi 19 novembre, à l’heure où le soleil enflamme l'abside de Saint-Pierre. Ce jour-là verra le retour solennel à la basilique, pour diriger une messe chantée, du plus grand interprète vivant de l’école romaine, celle qui depuis Giovanni Pierluigi da Palestrina – que Giuseppe Verdi appelait le "père éternel" de la musique occidentale – est arrivée jusqu’à nos jours.

Cet interprète d’exception, c’est Domenico Bartolucci, "maître perpétuel" du chœur de la Chapelle Sixtine, celui du pape, pendant des décennies. A 93 ans, il dirige toujours la musique de Palestrina avec un art qui tient du miracle.

Témoin vivant du bannissement de la musique liturgique occidentale mais aussi de sa possible renaissance, Bartolucci a dirigé pour la dernière fois une messe complète de Palestrina à Saint-Pierre en la lointaine année 1963 et le chœur de la Chapelle Sixtine en 1997, année de sa destitution brutale. Après son départ la Sixtine est tombée à un niveau misérable.

Mais voici son retour – puissamment symbolique – à la basilique construite sur la tombe du premier des apôtres.

A la messe du 19 novembre à Saint-Pierre, Bartolucci dirigera non pas des œuvres de Palestrina mais des polyphonies de sa composition, qui alterneront avec le chant grégorien de la messe "des Anges". Ce qui prouvera que l’on peut recourir au trésor de la meilleure tradition musicale latine tout en respectant les canons de la liturgie moderne postconciliaire, comme le veut justement Benoît XVI, à la fois profond théologien de la liturgie et grand connaisseur en musique. Le rêve secret de Bartolucci est bien sûr de rediriger enfin l'emblématique "messe du pape Marcel" de Palestrina lors d’une messe célébrée par Benoît XVI à Saint-Pierre.

On attend désormais avec une impatience croissante qu’un changement de chef du chœur de la Chapelle Sixtine réponde rapidement à ces souhaits.


***



Le cadre dans lequel Bartolucci reviendra diriger une messe à Saint-Pierre est celui du Festival International de Musique et d’Art Sacrés, qui a lieu chaque automne dans les basiliques de Rome et en est cette année à sa VIIIe édition.

Le programme de cette année a deux points focaux : la polyphonie romaine et la musique pour orgue.

L'inauguration aura lieu mercredi 18 novembre à la basilique Saint-Jean de Latran, avec un concert placé sous le signe de Palestrina et dirigé par Bartolucci lui-même.

Un autre moment placé sous le signe de l’école polyphonique romaine, réinterprétée de façon moderne, sera l'oratorio "Paolo e Fruttuoso" composé et dirigé par Valentino Miserachs Grau, chef du chœur de la basilique Sainte-Marie-Majeure et président de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée, le "conservatoire" du Vatican.

Second point focal, l'orgue. La Fondation Pro Musica e Arte Sacra vient d’achever la restauration du grand orgue Tamburini de la basilique Saint-Ignace de Loyola à Rome. Son inauguration sera marquée par quatre concerts successifs auxquels participeront les organistes qui ont supervisé la restauration, Goettsche, Paradell et Piermarini, ainsi que des virtuoses de l'orgue mondialement connus comme Leo Krämer et Johannes Skudlik.

L'orgue, instrument-roi de la musique liturgique, est présent dans d’innombrables églises mais il est trop négligé, ce qui est impardonnable. Toutefois la musique non liturgique sera aussi au programme, avec des œuvres de Mendelssohn, Mozart et Schubert. L'octuor de cordes et vents du Wiener Philarmoniker jouera le 20 novembre, à la basilique Sainte-Marie-Majeure, le sublime Octuor en fa majeur de Schubert.

Le Wiener Philarmoniker est toujours présent aux Festivals de Musique et d’Art Sacré. C’est, parmi les grands orchestres mondiaux, celui qui associe le plus la musique sacrée à la musique profane.

Pour le Festival de l’an prochain, le Wiener Philarmoniker s’est déjà engagé à exécuter à la basilique romaine de Saint-Paul Hors les Murs, le 26 octobre 2010, la Neuvième Symphonie de Bruckner et un extrait de "Tristan et Isolde" de Wagner.



Le programme détaillé des concerts dans les basiliques de Rome :

> VIII Festival Internazionale di Musica e Arte Sacra, 18-22 novembre 2009


Un livre tout juste paru, contenant des essais critiques, interviews et documents relatifs au Maestro Bartolucci :

"Domenico Bartolucci e la musica sacra del Novecento", sous la direction d'Enzo Fagiolo, Armelin Musica, Padoue, 2009, 248 pp., 29,00 euros.

Les trois derniers CD qu’il a enregistrés (le troisième est sur le point de sortir), avec des musiques pour chœur a cappella de Palestrina, Victoria, Lassus, Morales et Bartolucci lui-même :

> La polifonia della scuola romana, prima edizione

> La polifonia della scuola romana, seconda edizione

> La polifonia della scuola romana, terza edizione


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Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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05.11.2009

France : Le salon « Religio » ouvrira ses portes le 7 novembre

France : Le salon « Religio » ouvrira ses portes le 7 novembre

 

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ROME, Mercredi 4 Novembre 2009 (ZENIT.org) - Pour sa quatorzième édition, le Salon Religio, manifestation annuelle destinée au clergé et à tous les chrétiens en responsabilité, aura lieu du samedi 7 au lundi 9 novembre 2009 au Parc des Expositions de Rennes.

« Cette édition est organisée avec le soutien des diocèses de la Province ecclésiastique de Rennes ainsi qu'avec le partenariat des principaux médias chrétiens », souligne un communiqué.

Cette année, le salon sera d'une part composé d'un salon « Culture et expressions chrétiennes » rassemblant des structures d'Eglises, des organisations chrétiennes, des éditeurs (livres, musique et presse) et des structures oeuvrant dans le domaine du voyage religieux et de la formation chrétienne.

Il comprendra par ailleurs une branche destinée aux responsables de paroisses et communautés, regroupant des structures dans les domaines de l'aménagement d'églises, des objets liturgiques et cadeaux religieux, de l'art sacré et des services pour les paroisses et les communautés.

Un programme de 12 conférences et débats animés par des journalistes, des responsables de diocèses et des spécialistes des domaines abordés est par ailleurs prévu. Ainsi, des ateliers seront organisés le samedi 7 sur des thèmes tels que « Quelle catéchèse aujourd'hui pour les enfants et leurs familles ? », « Comment être chrétien aujourd'hui ? » ; ou encore le lundi 9 sur le thème « Paroisses, communiquez ! ».

Par ailleurs, le dimanche 8, un grand débat sera proposé sur « Spiritualités et religions : quel dialogue ? », animé par des journalistes des journaux La Croix et de Panorama.

Durant le Salon, seront proposés un programme de présentation d'artistes (musiciens, comédiens...), et d'autres animations.

L'accès à cette manifestation (salon, conférences et animations) est gratuit.