18.05.2012

Cardinal Schönborn, La foi de Marie soutient toute l'Eglise

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ROME, jeudi 17 mai 2012 (ZENIT.org) –  La foi de Marie soutient toute l’Eglise, a rappelé le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et président de la Conférence épiscopale d’Autriche, en rendant hommage à la Vierge de Fatima.

L’archevêque de Vienne a présidé mardi dernier, 15 mai, une messe en la paroisse romaine de Sainte-Marie-des-Grâces-aux-Fornaci  qui accueille jusqu’au 20 mai la statue de Notre-Dame de Fatima, en pèlerinage dans la capitale italienne depuis le 13 mai.

Le cardinal Schönborn, en présence donc de la Statue de Marie et des reliques de deux des trois pastoureaux de Fatima, les  bienheureux François et Jacinthe, a invité les fidèles à une réflexion sur la place centrale de la Mère de Dieu et dans la vie de l’homme, spécialement en ce mois de mai qui lui est consacré.

Après la messe, le cardinal a accordé cet entretien exclusif à Radio Vatican et à Zenit.

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09.05.2011

Benoît XVI à Venise : le cardinal Scola dresse un bilan positif

pape cardinal scola.JPGBenoît XVI a appelé les catholiques à ne pas céder à la peur des autres, à respecter les étrangers et les personnes venues de loin, à ne pas les considérer comme une menace, à instaurer une convivialité fondée sur l’amitié et le respect. Son court déplacement dans le Nord-est de l’Italie, les 7 et 8 mai a été un véritable succès.

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07.05.2011

Le Pape dans le nord-est de l'Italie, confluence de terres chrétiennes

pape.JPGBenoît XVI se rend ce samedi dans le Nord-est de l’Italie. Il sera ce week-end à Aquilée puis à Venise. Ce déplacement du Pape marquera l’ouverture officielle des préparatifs du second congrès ecclésial régional. De nombreuses délégations italiennes mais aussi autrichiennes, slovènes, croates et allemandes sont attendues, notamment pour assister à la messe en plein air célébrée dimanche matin à Mestre, en présence d’une cinquantaine d’évêques et de 700 prêtres.

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14.04.2011

'Youcat', le Catéchisme de l'Église catholique pour les jeunes

youcat.JPGPrès de dix ans après le « Catéchisme de l’Église catholique », l’Église publie « Youcat », c'est-à-dire « Youth catechism », un catéchisme pour les jeunes qui expose l’ensemble de la foi dans un langage adapté. Ce livre de 300 pages, dont Benoît XVI a rédigé la préface, se présente sous forme de questions-réponses, avec des références au Catéchisme original et de commentaires explicatifs.

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29.06.2010

Les cardinaux Bertone, Schönborn et Sodano convoqués par le Pape pour apaiser la polémique

Parmi les diverses crises qui ont émaillé la vie de l’Église ces derniers mois, il y en a une particulièrement douloureuse qui a opposé deux cardinaux, Christoph Schönborn, Archevêque de Vienne et Angelo Sodano, ancien secrétaire d’État, le premier ayant accusé le second d’avoir employé une formule maladroite le jour de Pâques lorsque dans un message public de soutien au Pape il avait employé le terme «jacasserie».

 

http://hocsigno.files.wordpress.com/2008/11/schoenbornchristoph.jpg

Le cardinal Schönborn


Le cardinal Schönborn avait par ailleurs critiqué sa gestion lorsqu’il était Secrétaire d’État du scandale de pédophilie impliquant l’ancien archevêque de Vienne, Mgr Groer. Un sommet réunissant autour du Pape les cardinaux Schönborn et Sodano s’est tenu ce lundi matin en présence de l’actuel Secrétaire d’Etat le cardinal Bertone. Un communiqué officiel a été publié à l’issue de cette réunion.

Le cardinal Schönborn avait souhaité s’entretenir personnellement avec le Pape au sujet de la situation actuelle de l’Église en Autriche. Et en particulier, il tenait à clarifier le sens exact de ses récentes déclarations sur certains aspects de la discipline ecclésiastique actuelle et son point de vue sur l’attitude adoptée par la Secrétairerie d’État et notamment par le Secrétaire d’État de Jean-Paul II vis-à-vis du cardinal défunt Hans Hermann Groër, archevêque de Vienne de 1986 à 1995.

 

http://www.bbc.co.uk/portuguese/especial/images/05_papasucessores/00585_sodano.jpg

Le cardinal Sodano


Après un entretien en tête à tête, la conversation s’est poursuivie en présence de l’ancien Secrétaire d’État de Jean-Paul II, le cardinal Angelo Sodano, Doyen du Sacré Collège, et du Secrétaire d’État actuel, Tarcisio Bertone. Cette 2e partie a permis de clarifier et de résoudre des malentendus très répandus et en partie provoqués par des propos tenus par le Cardinal Christoph Schönborn, qui a exprimé ses regrets au sujet des interprétations auxquelles ses paroles ont donné lieu. Dans un communiqué, le Saint-Siège rappelle

- que dans l’Église le Pape est le seul compétent quand il s’agit de porter des accusations contre un cardinal ; les autres instances peuvent être consultées, toujours dans le respect dû aux personnes

- que la parole «jacasserie» a été interprétée de manière erronée comme un manque de respect pour les victimes des abus sexuels. A cet égard, le cardinal Angelo Sodano partage les mêmes sentiments, plusieurs fois exprimés par le Pape, de compassion pour les victimes et de condamnation du mal qui leur a été fait. Ce terme, employé au début de la célébration pascale présidée par Benoît XVI était une citation de l’homélie prononcée par le Pape le dimanche des Rameaux et se rapportait «au courage qui ne se laisse pas intimider par les jacasseries des opinions dominantes».

Évoquant avec grande affection sa visite pastorale en Autriche, le Pape a adressé par l’intermédiaire du Cardinal Christoph Schönborn, ses salutations et ses encouragements à l’Église d'Autriche et à ses pasteurs en confiant à la protection céleste de Marie, tant vénérée à Mariazell, le chemin d’une communion ecclésiale renouvelée: >>

 


(Radio Vatican)

25.04.2010

L'Eglise en tant qu'institution possède un droit à s'exprimer publiquement

"L'Eglise respecte la liberté pour tous de penser autrement qu'elle ; elle aimerait aussi que soit respecté son droit d'expression".

Benoît XVI a insisté à plusieurs reprises sur ce point dans le discours qu’il avait réservé à l'ambassadeur de Belgique près le Saint Siège, Charles Ghislain, venu lui présenter ses lettres de créances ce samedi.

Le Pape a aussi exhorté le pays à s'illuster dans la recherche du consensus autant sur la scène européenne qu'intérieure…

Détail de ce discours, Marie Duhamel (Radio Vatican): >>


ROME, Jeudi 4 mars 2010 (ZENIT.org) - M. Charles Ghislain (photo) est depuis le 1er mars le nouvel ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège, annonce l'agence de presse catholique de Belgique « CathoBel ».


http://www.catho.be/fileadmin/user_upload/image/medium/Depeches_Cathobel_Ghislain_charles_ambassStSiege__1626.jpg


M. Ghislain succède à M. Frank E. De Coninck qui occupait cette fonction depuis octobre 2006.

M. Ghislain était, depuis 2007 ambassadeur itinérant pour l'Ouzbékistan, l'Arménie et la Géorgie, la résidence administrative se trouvant à Bruxelles.

Marié, père de 3 enfants, Charles Ghislain est né à Uccle (Bruxelles) le 28 novembre 1951. Il est licencié en sciences politiques, et commerciales et en Droit maritime et aérien.

Sa carrière diplomatique a commencé en 1978, comme attaché d'ambassade à Vienne (Autriche). Il a été ensuite secrétaire d'ambassade en Hongrie (1979), premier secrétaire d'ambassade à Madrid (Espagne, 1983), conseiller et premier collaborateur de l'ambassadeur à Washington (EU, à partir 1988), directeur d'Europe-Amérique du Nord pour les relations bilatérales économiques aux Affaires étrangères à Bruxelles (à partir de 1992) et à partir 1995 adjoint au Représentant permanent auprès de l'OCDE à Paris (France).

En 1999, il a été ambassadeur de Belgique en Algérie et de 2002 à 2007, Représentant permanent auprès du Conseil de l'Europe.

© CathoBel/Kerknet

21.03.2010

Belgique : Première « Marche pour la vie » le 28 mars 2010

Un événement international

 

marche pour la vie


ROME, Vendredi 19 mars 2010 (ZENIT.org) - Une marche internationale « pour la Vie » est organisée à Bruxelles, à l'initiative d'étudiants, le dimanche 28 mars à l'occasion des 20 ans de la dépénalisation de l'avortement en Belgique (avril 1990).

Les organisateurs publient cette invitation internationale :

« Les jeunes de Belgique sont spécialement invités à se joindre à de nombreux jeunes de différents pays d'Europe (France, Espagne, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Italie, Ukraine...) pour affirmer ensemble que les femmes confrontées à une grossesse non désirée doivent être soutenues et aidées à garder leur enfant plutôt que de se voir proposer un avortement. Les femmes méritent mieux que l'avortement !
 
« Dans un pays où près de 18 033 avortements sont pratiqués chaque année, cette Marche veut contribuer à briser la loi du silence sur la souffrance et les séquelles psychologiques qu'éprouvent de nombreuses femmes après avoir vécu un avortement, souvent contre leur gré et suite à des pressions économiques, sociales, familiales ou médicales.

« Nous voulons attirer l'attention des responsables politiques sur la nécessité de prendre des mesures concrètes d'accompagnement qui permettraient aux femmes de garder leur enfant et de l'élever dans de bonnes conditions. Car l'avortement ne peut être considéré comme une solution acceptable dans une société juste.

« La Marche pour la vie du 28 mars sera silencieuse, en signe de respect, et tout symbole d'obédience politique en sera banni.

« Des orateurs venus de différents pays européens prendront la parole.

« Nous nous rassemblerons à 14h30 le dimanche 28 mars 2010 Place Royale. Toutes et tous, jeunes et moins jeunes, sont les bienvenus ».

13.03.2010

A propos des cas d'abus sexuels sur mineurs

CITE DU VATICAN, 9 MAR 2010 (VIS). Voici la note du père Federico Lombardi, SI, Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, sur les cas d'abus sexuels commis sur des mineurs dans les institutions ecclésiastiques:

 

Depuis quelques mois, le grave problème des abus sexuels sur mineurs dans des institutions gérées par des organismes ecclésiastiques et par des personnes ayant des responsabilités dans l'Eglise, en particulier des prêtres, touche l'Eglise et la société irlandaise. Récemment, le Saint-Père a montré son intérêt, notamment au cours deux rencontres, d'abord avec les plus hauts représentants de l'épiscopat, ensuite avec tous les évêques ordinaires, et prépare la publication d'une lettre sur ce sujet pour l'Eglise en Irlande.

 

Toutefois, au cours de ces dernières semaines, le débat sur les abus sexuels sur mineurs touche aussi l'Eglise dans certains pays d'Europe centrale (Allemagne, Autriche, Pays-Bas). Quelques simples considération peuvent être faites sur ce sujet.

 

Les principales institutions ecclésiastiques concernées (la Province des jésuites allemands - première à être concernée par le cas du Collège Casinius de Berlin -,la conférence épiscopale allemande, la conférence épiscopale autrichienne, la conférence épiscopale hollandaise...) ont décidé de réagir à ce problème avec rapidité et fermeté. Donnant la preuve d'une volonté de transparence, elles ont, dans un certain sens, accéléré la mise à jour du problème en invitant les victimes à parler, même dans des cas assez anciens. Elles ont ainsi affronté les questions de la bonne façon en commençant par reconnaître ce qu'il s'est passé, se préoccuper des victimes et des conséquences des actes accomplis contre elles. En outre, elles se sont basées sur les directives déjà existantes et ont prévu de nouvelles orientations pour décider d'une stratégie de prévention, afin de tout mettre en œuvre pour qu'à l'avenir de tels faits ne se reproduisent plus.

 

Ces faits mobilisent l'Eglise dans l'élaboration de réponses appropriées et s'insèrent dans un contexte et une problématique plus large concernant la protection des enfants et des jeunes contre les abus sexuels dans la société. Les fautes commises dans les institutions et par des responsables ecclésiaux sont évidemment particulièrement répréhensibles, au vu de la responsabilité éducative et morale de l'Eglise. Mais toutes les personnes objectives et informées savent que le problème est beaucoup plus large, et qu'il n'est pas juste de concentrer ces accusations sur l'Eglise seulement. Ainsi, par exemple, des statistiques récemment fournies par les autorités compétentes en Autriche disent que, sur une même période de temps, les cas avérés dans les institutions dirigées par l'Eglise étaient au nombre de 17, alors que 150 autres étaient recensés dans d'autres institutions. Il serait bon de se préoccuper aussi de ceux-là.

 

D'ailleurs, en Allemagne, des initiatives ont été prises, promues par le Ministère de la famille, pour convoquer une table ronde des divers pôles éducatifs et sociaux, pour affronter le sujet dans une perspective complexe et adéquate. L'Eglise est naturellement prête à y participer et à s'y engager. Sa douloureuse expérience peut être d'un apport utile pour les autres. Le Chancelier, Mme Merkel, a justement donné acte à l'Eglise en Allemagne pour son engagement sérieux et constructif.

 

En plus de ces considérations, rappelons encore que l'Eglise est insérée dans la société civile dans laquelle elle y assume ses responsabilités, mais qu'elle a aussi un ordonnancement spécifique distinct, canonique, qui répond à sa nature spirituelle et sacramentelle, et dont les procédures judiciaires et pénales sont d'une autre nature (par exemple, elle ne prévoit pas de peines pécuniaires ou de privation de liberté, mais l'empêchement d'exercer le ministère, la privation des droits dans le cadre ecclésiastique, etc). En droit canonique, le crime d'abus sexuels sur mineurs a toujours été considéré comme un des plus graves entre tous, ce que les normes canoniques ont constamment réaffirmé, en particulier la Lettre "De delictis gravioribus" de  2001, souvent citée de façon inopportune comme la cause d'une "culture du silence". Qui sait et comprend de quoi il s'agit, sait qu'elle a été un signal déterminant pour rappeler la gravité du problème à l'épiscopat et donner une impulsion réelle à l'élaboration de directives sur ce sujet.

 

En conclusion, il est évident que l'Eglise traverse actuellement un grave problème et il ne faut pas renoncer à faire tout ce qui est possible pour obtenir enfin des résultats positifs en vue d'une meilleure protection de l'enfance et de la jeunesse dans l'Eglise et dans la société et de purification pour l'Eglise.

OP/ABUS SEXUELS/LOMBARDI                                   VIS 100309 (720)

10.03.2010

Le Saint-Siège publie une note au sujet des débats sur les abus sexuels

À la suite de l’avalanche de révélations concernant des abus sexuels commis sur des mineurs par des membres du clergé, en Irlande, puis en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, et à la suite des accusations portées parfois de manière inopportune, le Saint-Siège a décidé de sortir de sa réserve. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a publié ce mardi un long texte présenté comme une série de réflexions.

L’Église – reconnaît-il – traverse une période difficile, mais ce qui est dit sur son compte n’est pas toujours vrai ou juste. De plus, elle n’est pas la seule institution concernée et il serait contre-productif de se limiter aux seuls cas attribués à des membres du clergé.

Claire Malapert (Radio Vatican): >>

 

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Vous trouverez ci-après l'intégrale de la note du père Federico Lombardi (photo) :

Depuis quelques mois, le grave problème des abus sexuels sur mineurs dans des institutions gérées par des organismes ecclésiastiques et par des personnes ayant des responsabilités dans l'Église, en particulier des prêtres, touche l'Église et la société irlandaise. Récemment, le Saint-Père a montré son intérêt, notamment au cours de deux rencontres, d'abord avec les plus hauts représentants de l'épiscopat, ensuite avec tous les évêques ordinaires, et prépare la publication d'une lettre sur ce sujet pour l'Église en Irlande.

Toutefois, au cours de ces dernières semaines, le débat sur les abus sexuels sur mineurs touche aussi l'Église dans certains pays d'Europe centrale (Allemagne, Autriche, Pays Bas). Quelques simples considération peuvent être faites sur ce sujet.


Les principales institutions ecclésiastiques concernées (la Province des jésuites allemands – première à être concernée par le cas du Collège Casinius de Berlin –,la Conférence épiscopale allemande, la Conférence épiscopale autrichienne, la Conférence épiscopale hollandaise...) ont décidé de réagir à ce problème avec rapidité et fermeté. Donnant la preuve d'une volonté de transparence, elles ont, dans un certain sens, accéléré la mise à jour du problème en invitant les victimes à parler, même dans des cas assez anciens. Elles ont ainsi affronté les questions de la bonne façon en commençant par reconnaître ce qui s'est passé, se préoccuper des victimes et des conséquences des actes accomplis contre elles. En outre, elles se sont basées sur les directives déjà existantes et ont prévu de nouvelles orientations pour décider d'une stratégie de prévention, afin de tout mettre en œuvre pour qu'à l'avenir de tels faits ne se reproduisent plus.

Ces faits mobilisent l'Église dans l'élaboration de réponses appropriées et s'insèrent dans un contexte et une problématique plus large concernant la protection des enfants et des jeunes contre les abus sexuels dans la société. Les fautes commises dans les institutions et par des responsables ecclésiaux sont évidemment particulièrement répréhensibles, au vu de la responsabilité éducative et morale de l'Église. Mais toutes les personnes objectives et informées savent que le problème est beaucoup plus large, et qu'il n'est pas juste de concentrer ces accusations sur l'Église seulement. Ainsi, par exemple, des statistiques récemment fournies par les autorités compétentes en Autriche disent que, sur une même période de temps, les cas avérés dans les institutions dirigées par l'Église étaient au nombre de 17, alors que 150 autres étaient recensés dans d'autres institutions. Il serait bon de se préoccuper aussi de ceux-là.

D'ailleurs, en Allemagne, des initiatives ont été prises, promues par le Ministère de la famille, pour convoquer une table ronde des divers pôles éducatifs et sociaux, pour affronter le sujet dans une perspective complexe et adéquate. L'Église est naturellement prête à y participer et à s'y engager. Sa douloureuse expérience peut être un apport utile pour les autres. Le Chancelier, Mme Merkel, a justement donné acte à l'Église en Allemagne pour son engagement sérieux et constructif.

En plus de ces considérations, rappelons encore que l'Église est insérée dans la société civile dans laquelle elle y assume ses responsabilités, mais qu'elle a aussi un ordonnancement spécifique distinct, canonique, qui répond à sa nature spirituelle et sacramentelle, et dont les procédures judiciaires et pénales sont d'une autre nature (par exemple, elle ne prévoit pas de peines pécuniaires ou de privation de liberté, mais l'empêchement d'exercer le ministère, la privation des droits dans le cadre ecclésiastique, etc.). En droit canonique, le crime d'abus sexuels sur mineurs a toujours été considéré comme un des plus graves entre tous, ce que les normes canoniques ont constamment réaffirmé, en particulier la Lettre « De delictis gravioribus » de 2001, souvent citée de façon inopportune comme la cause d'une « culture du silence ». Qui sait et comprend de quoi il s'agit, sait qu'elle a été un signal déterminant pour rappeler la gravité du problème à l'épiscopat et donner une impulsion réelle à l'élaboration de directives sur ce sujet.

En conclusion, il est évident que l'Église traverse actuellement un grave problème et il ne faut pas renoncer à faire tout ce qui est possible pour obtenir enfin des résultats positifs en vue d'une meilleure protection de l'enfance et de la jeunesse dans l'Église et dans la société et de purification pour l'Église.

(Traduction : Vatican Information Service)

24.02.2010

Le rabbin qui étudiait Jésus

Ce juif Jésus qui changea la vie du grand rabbin de Rome

Il la changea au point que celui-ci se fit baptiser dans l'Église catholique. Son livre "Le Nazaréen" a été réédité et a fait dans "L'Osservatore Romano" l'objet d'une critique signée par une chercheuse juive. Au même moment, le second volume du "Jésus de Nazareth" du pape va être imprimé

par Sandro Magister




ROME, le 24 février 2010 – Le premier à qui il a annoncé qu’il avait fini d’écrire son livre sur Jésus a été un rabbin juif. C’était le jour après sa visite à la synagogue de Rome, le 18 janvier dernier.

Le rabbin, c’est l'Américain Jacob Neusner ; l'auteur du livre, c’est Benoît XVI.

Le premier volume du "Jésus de Nazareth" du pape Joseph Ratzinger a été publié il y a trois ans. Le second et dernier volume de cet ouvrage, consacré à la passion et à la résurrection de Jésus et aux Évangiles de l'enfance, est maintenant prêt à être traduit et imprimé.

Mais au même moment, par une coïncidence significative, la réimpression d’un autre livre important sur Jésus, intitulé "Il Nazareno" et écrit il y a plus de 70 ans par un grand rabbin italien, est sortie ces jours-ci en Italie.

Ce n’est pas tout. Le 20 février, "L'Osservatore Romano" a publié, sous la signature d’une chercheuse réputée, Anna Foa, professeur d’histoire à l'Université de Rome "La Sapienza" et juive, une critique très positive de cette nouvelle édition du livre.

Cette critique marque aussi un changement important. L'auteur du livre, Israel Zoller, fut grand rabbin de la communauté juive de Rome et, en 1945, il se convertit à la foi catholique.

Sa conversion retentissante troubla fortement la communauté juive de Rome et d’Italie. Qui laissa tomber sur lui un silence qui a duré des décennies.

Par sa critique dans le "journal du pape", Anna Foa a définitivement mis fin à ce silence, mais elle a aussi indiqué que déjà "une reconnaissance de la messianité du Christ semblait paraître entre les lignes" de ce livre, même s’il avait été écrit plusieurs années avant la conversion de son auteur.


***


Israel Zoller naît en 1881 à Brody, alors village de la Galicie austro-hongroise et aujourd’hui situé en territoire polonais. À 6 ans, il émigre avec sa famille à Stanislavov, l'actuelle Ivano-Frankovsk, en Ukraine. Il étudie à Lviv puis à Florence. Il s’installe en Italie et change son nom en Zolli. Il devient grand rabbin de Trieste et enseigne la littérature juive à l'université de Padoue. S’étant installé à Rome, il est élu grand rabbin et directeur du collège rabbinique. Il démissionne au début de 1945 et demande en février de cette année à être baptisé dans l’Église catholique, sous le prénom d’Eugenio, celui du pape d’alors, Pie XII. Il meurt en 1956.

Son autobiographie, écrite en 1947 et réimprimée en Italie il y a six ans, aide beaucoup à comprendre le parcours et la signification de sa conversion à la foi chrétienne.

Dès l’enfance, pour lui, Jésus était présent avec tout son mystère, dans un monde rappelant les tableaux de Chagall, le peintre juif qui est né et a aussi vécu dans les régions aux confins de l'Europe orientale et de la Russie (photo) : il y a le village, la synagogue, le maïs sur la neige, l’école juive avec son maître sévère, les coqs sur les toits... Et beaucoup de figures volantes dans le ciel étoilé : les personnages de la Bible.

Mais, justement, il y a aussi Jésus, dès le début. Il y a le crucifix dans la maison du camarade de classe :


"Pourquoi a-t-il été crucifié, Lui ? Pourquoi nous, garçons, devenons-nous si différents devant Lui ? Non, non, Il ne peut pas avoir été méchant. Peut-être était-il, peut-être n’était-il pas – qui sait ? – le Serviteur de Dieu dont nous avons lu les chants à l’école. Je ne sais rien, mais je suis sûr d’une chose : Lui, il était bon, et alors... Et alors, pourquoi l’ont-ils crucifié?".


Il y a dès le début les Évangiles et le Nouveau Testament :


"Tout seul, je lisais l’Évangile et j’en éprouvais un plaisir infini. Quelle surprise pour moi au milieu du pré verdoyant : 'Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis'. Et du haut de la croix : 'Père, pardonne-leur'. Le Nouveau Testament est vraiment un testament... nouveau ! Tout cela me paraissait extraordinairement important. Des enseignements du type : 'Bienheureux les cœurs purs' et la prière sur la croix traçaient une ligne de démarcation entre le monde des idées anciennes et un nouveau cosmos moral. Eh oui ! Ici surgit un monde nouveau. Les formes sublimes du Royaume des Cieux se dessinent, celles des persécutés qui n’ont pas persécuté, mais aimé".


Le baptême viendra plusieurs années après. Et il apparaît dans l'autobiographie comme la floraison messianique naturelle d’une souche juive restée vivace, riche en destinée dès l’origine.

Israel Zoller, devenu ensuite Eugenio Zolli, a préfiguré dans sa vie l’apparition d’une relation fraternelle entre christianisme et judaïsme qui est aujourd’hui devenue le programme du chef suprême de l’Église.

Une relation fraternelle qui se joue entièrement sur la différence capitale entre les deux croyances : la reconnaissance de Jésus comme "mon Seigneur et mon Dieu".

Cette même différence est mise en lumière par Benoît XVI dans le chapitre relatif au Discours sur la Montagne du premier volume de son "Jésus de Nazareth", où son ami le rabbin Jacob Neusner symbolise le juif pieux qui refuse d’accepter la divinité de Jésus, alors comme aujourd’hui.

Mais voici, ci-dessous, la critique d’"Il Nazareno" du rabbin Zolli par Anna Foa, juive, publiée dans "L'Osservatore Romano" du 20 février 2010.



Le rabbin qui étudiait Jésus

par Anna Foa



Le livre "Il Nazareno" d’Eugenio Zolli a été publié en 1938, par l'Istituto delle Edizioni Accademiche d’Udine. Israel Zolli, qui deviendra ensuite Eugenio, était alors grand rabbin de Trieste et n’avait pas encore succédé – ce serait un an plus tard – comme grand rabbin de Rome au rabbin David Prato, chassé en 1938 parce que sioniste. Quelques mois après la publication de ce livre, les lois racistes de Mussolini firent de Zolli - né à Brody, en Galicie, mais qui avait grandi en Italie - un apatride et le jetèrent dans les dures années de la persécution. Sept ans plus tard, en février 1945, Israel Zolli se convertit au catholicisme, provoquant un grand scandale dans le monde juif italien et aussi beaucoup de bruit chez les non-juifs. Il prit comme prénom de baptême celui du pape Pacelli et devint ainsi Eugenio Zolli.

Il s’agit donc d’un livre sur Jésus-Christ écrit par un rabbin de premier plan qui était destiné à devenir peu après - malgré ce livre et malgré le vague parfum d’hérésie qui l’entourait depuis plusieurs années - grand rabbin de la communauté juive de Rome.

Le livre est-il une préfiguration du parcours postérieur de l'auteur, une anticipation de son baptême ultérieur ? Ou reflète-t-il un parcours d’études exégétiques largement répandu dans le monde juif, avec cette attention portée à la figure de Jésus-Christ qui caractérise une grande partie de la pensée exégétique juive européenne à partir de la seconde moitié du XIXe siècle ?

C’est dans cette seconde perspective qu’Alberto Latorre, l’éditeur du livre, place celui-ci lorsqu’il analyse, dans son ample et précieuse postface, les études juives et chrétiennes sur le Christ au cours des décennies cruciales du début du XXe siècle et qu’il replace le travail de Zolli dans ce contexte.

Le rabbin de Trieste parle de Jésus et des rapports entre le premier christianisme et la culture rabbinique de l’époque avec des accents et des thèses qui ne diffèrent pas de celles de Chayes et Margulies, ses maîtres du collège rabbinique de Florence. Il a suscité bien moins de polémiques que le livre de Joseph Klausner sur "Jésus le Nazaréen" qui fut attaqué, lors de sa parution en hébreu à Jérusalem en 1921, à la fois par les juifs orthodoxes et par les chrétiens, comme l’écrivain Amos Oz, petit-neveu de Klausner, le rappelle dans un intéressant passage de l’un de ses romans que Latorre reprend dans sa postface.

Ce domaine d’études était abondamment abordé par les chercheurs juifs de toute l’Europe, en particulier ceux de la zone allemande, héritiers de la Science du Judaïsme et liés aux courants réformés, qui soulignaient fortement la judéité de Jésus et mettaient en relief les correspondances entre le judaïsme rabbinique et le premier christianisme. Mais il était également privilégié par les chercheurs chrétiens, protestants en particulier, dans l’Allemagne du XIXe siècle, au sein de l’école de Tubingen et des écoles de théologie libérale ultérieures, et, au début du nouveau siècle, les chercheurs catholiques modernistes se l’étaient approprié.

Ce contexte était lié à la méthode historico-critique d’exégèse biblique, qui intéressait vivement les deux parties.

Si tel était le climat culturel dans lequel est né le puissant ouvrage de Zolli, il faut aussi dire que c’est un climat qui recevait très peu d’apports du monde juif italien. Font exception le collège rabbinique de Livourne où Élie Benamozegh enseigna pendant la seconde moitié du XIXe siècle, celui de Florence avec son noyau de professeurs venus de Galicie et Trieste, ville de l’empire des Habsbourg culturellement et jusqu’en 1918 politiquement, ouverte à tous les courants culturels de la Mitteleuropa, dont le courant psychanalytique, avec Weiss, n’était pas le moindre. Zolli, qui avait fait ses études à Florence et avait été rabbin pendant vingt ans à Trieste, eut des rapports très étroits avec ces deux villes.

Mais la culture juive italienne était loin de ces courants culturels plus vastes, liés à l'expérience des études allemandes et à l'empreinte que leur a laissée le mouvement réformé juif.

Elle ne partageait pas leur intérêt pour la figure historique de Jésus, pour les catégories juives de sa prédication et, en général, pour les racines juives du christianisme. Son approche était plus traditionnelle et locale ; à ce moment de l’histoire, elle réunissait judaïsme italien et études exégétiques catholiques, elles aussi très éloignées - sauf pour quelques personnalités plus liées au modernisme - du système exégétique historico-critique répandu dans le reste de l'Europe.

Dans son livre, qui réunissait des contributions déjà en partie publiées dans la revue de Raffaele Pettazzoni, "Studi e materiali di storia delle religioni" [Études et matériaux d’histoire des religions], et dans celle du moderniste Ernesto Buonaiuti, "Ricerche religiose" [Recherches religieuses], Zolli utilisait, en plus de la méthode historico-critique, l'analyse comparative des religions.

Dans ses conclusions, il s’écartait significativement à la fois de l'exégèse juive consolidée et des dogmes de l’Église catholique. Il soulignait fortement la ressemblance de la prédication de Jésus avec le judaïsme, il affirmait l’existence d’une rédaction originelle des Évangiles en hébreu et en araméen, il disait que le terme nazaréen ne venait pas de Nazareth – argument utilisé par les tenants de la non-historicité de Jésus – et il faisait dériver l'eucharistie d’une évolution du "seder" pascal juif.

De plus, dans le texte, une reconnaissance de la messianité du Christ semblait paraître entre les lignes. Sûrement, il y aurait eu de quoi susciter les réactions opposées des juifs et des catholiques. Mais ces réactions ne se sont pas produites. Selon l’éditeur du livre, Latorre, le monde catholique ne souhaitait pas attirer l'attention sur un livre "si difficile à déchiffrer et à classer", à un moment où la crise moderniste s’était calmée depuis peu et où le climat antisémite rendait dangereux tout débat sur des sujets aussi brûlants.

L’Église préféra donc passer le livre sous silence ou presque (si l’on excepte les critiques globalement positives des jésuites de "La Civiltà Cattolica"), allant jusqu’à renoncer à faire un usage apologétique d’un texte dans lequel un rabbin connu semblait admettre de manière voilée la messianité du Christ.

En ce qui concerne l’absence d’objections du côté juif, le contexte historique de la parution du livre - celui des lois raciales de 1938 - n’incitait pas à poser des questions si délicates, surtout dans les mois cruciaux de 1938-1939 où il y avait dans l’Église des gens qui, comme le père Agostino Gemelli, semblaient souhaiter une rencontre entre les doctrines racistes et l’Église catholique.

En revanche le livre fut très apprécié par le monde universitaire, en Italie et à l’étranger. En novembre 1938, Ernesto Buonaiuti en publia une critique enthousiaste dans "Ricerche Religiose".

Au-delà des questions strictement exégétiques, le livre met sous les yeux du lecteur actuel de nombreux points strictement historiques et renvoie de nombreuses questions sur l’histoire d’Israel/Eugenio Zolli et sur la nature même de sa conversion.

Cette conversion a certainement été le fruit d’un choix médité, le résultat d’un parcours long et difficile. C’est aussi une conversion qui s’est limitée à accentuer et à mettre en valeur d’autres points mais n’a pas paru changer profondément la qualité de son discours de base : une analyse rigoureusement critique des textes bibliques, qui le mettait au-dessus de toute orthodoxie, qui le conduisait à accentuer les liens historiques entre judaïsme rabbinique et christianisme et à trouver dans la figure du juif Jésus la clé de ce moment complexe de passage et de transformation.

"Le Nazaréen" appartient à la phase juive des travaux de recherche de Zolli, mais les changements introduits par la conversion dans ses travaux de critique ultérieurs ont été très rares et peut-être motivés uniquement par des raisons d’obéissance et de prudence.

Ainsi se démêlait, entre Wissenschaft juive et modernisme chrétien, le parcours religieux et scientifique, deux moments indissolublement entrelacés, de l'œuvre de Zolli.

Un personnage-frontière que les juifs, blessés à juste titre par sa défection, n’ont pas compris, et que l’Eglise de l’après-guerre, à une époque qui était encore à des années-lumière des ouvertures judéo-chrétiennes, a préféré laisser de côté.

"Le Nazaréen" est le fruit le plus élevé de cet être qui se situait aux confins, parmi les diverses orthodoxies.


Le livre :

Eugenio Zolli, "Il Nazareno. Studi di esegesi neotestamentaria alla luce dell'aramaico e del pensiero rabbinico", sous la direction d’Alberto Latorre, San Paolo, Milan, 2009, 618 pages, 42,00 euros.


Le journal du Saint-Siège qui a publié, le 20 février, la critique du livre de Zolli par Anna Foa :

> L'Osservatore Romano


A propos de ces sujets, sur www.chiesa :

> Focus JUIFS


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa