10.11.2010
Indonésie - La corruption, l'intolérance, la pauvreté : les défis de la nation qui reçoit Obama
Jakarta (Agence Fides) - “Le président Obama a vécu en Indonésie et la connaît bien : nous lui demander de travailler en Asie et dans le monde, pour construire la paix et l’harmonie avec l’Islam” : c’est ce que déclare à Fides Son Exc. Mgr Johannes Pujasumarta, évêque de Bandung et secrétaire général de la Conférence épiscopale de l’Indonésie, lors de la visite du président Obama, actuellement en Indonésie, dans la deuxième étape de sa tournée asiatique. Au nom de la Conférence épiscopale, Mgr Pujasumarta retrace dans une interview à Fides les défis majeurs – l’intolérance, la corruption, la pauvreté – dans le pays musulman le plus peuplé dans le monde. Ici vit une minorité chrétienne (environ 10%), qui promeut les valeurs du pluralisme, le dialogue, le respect, la liberté, la démocratie, la dignité humaine.
14:25 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, indonesie, islam, johannes pujasumarta, bandung, eveques, conference episcopale, intolerance, corruption, pauvrete, musulmans, pluralisme, dialogue, respect, liberte, democratie, dignite humaine |
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15.06.2010
Vers la fin de l'exploitation du pétrole offshore ?
Avec la marée noire qui continue dans le Golfe du Mexique, le développement du pétrole offshore est remis en cause. Barack Obama, le président américain, a d’ailleurs prolongé de six mois le moratoire qui interdit d’octroyer des permis de forages en eaux profondes. Une restriction qui devrait en théorie contraindre les compagnies pétrolières à renforcer leur sécurité.

Pour autant ce type d’exploitation est loin de tomber en désuétude car il représente encore un tiers de la production mondiale de pétrole.
Retour sur l’avenir de l’exploration offshore avec Jérémy Drisch (photo), il est doctorant en droit international public à l’université de Poitiers et spécialiste des questions frontalières: >>
Un dossier réalisé par Thomas Chabolle (Radio Vatican)
17:12 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : universites, maree noire, moratoire, golfe du mexique, petrole, offshore, barack obama, etats-unis, forages, compagnies petrolieres, bp, securite, jeremy drisch, droit international public, poitiers |
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12.04.2010
Il faut sauver le catholique Kennedy. Une réponse à Mgr Chaput
L'archevêque de Denver a accusé ce président d'avoir fait sortir la religion de la sphère publique. Le professeur Diotallevi répond : "L'Église ne gagne rien à trop s'appuyer sur le pouvoir politique, même quand il est amical"
par Sandro Magister

ROME, le 11 avril 2010 – La réfutation par l'archevêque de Denver, Charles J. Chaput, du célèbre discours où John Kennedy avait expliqué aux Américains, il y a juste cinquante ans, que le catholique qu’il était pouvait être un bon président, est de celles qui laissent une trace.
Le réquisitoire de Chaput a été publié intégralement quelques heures après que l'archevêque l'eut prononcé, le 1er mars 2010, à la Baptist University de Houston, la ville même où Kennedy avait prononcé son discours :
> La doctrine du catholique Kennedy? À oublier
Chaput compte parmi les personnalités les plus influentes de l'épiscopat des États-Unis. Avec le cardinal Francis George, archevêque de Chicago et président de la conférence des évêques des États-Unis, il est l’un des leaders du nouveau courant de l’Église catholique américaine, en grande harmonie avec Benoît XVI. Un groupe dont fait également partie le nouvel archevêque coadjuteur de Los Angeles, José Horacio Gómez, nommé il y a quelques jours par le pape dans ce diocèse qui est le plus grand du pays.
Et bien, d’après Chaput, le catholique Kennedy aurait contribué par ce discours non pas à assurer une présence plus efficace de la foi chrétienne dans la sphère publique, mais à provoquer une désastreuse séparation de l’Église et de l’État, à confiner la foi religieuse dans le secret des consciences et en définitive à la vider de son contenu.
Autrement dit, le catholique Kennedy aurait favorisé un modèle de société s’inspirant davantage de la "laïcité" [en français dans le texte] agressive à la française que de la "religious freedom" qui caractérise l'Amérique.
La controverse n’est pas seulement académique. Depuis que Barack Obama est président, elle est au centre de la confrontation entre la politique qu’il mène et les prises de position de l'épiscopat catholique américain, surtout en ce qui concerne la vie, la famille et l'éducation.
C’est une controverse qui traverse et divise également le monde catholique, aux États-Unis et ailleurs. Chaput a-t-il raison de réfuter aussi durement Kennedy ?
Depuis Rome, un chercheur très compétent en ce domaine, le professeur Luca Diotallevi, répond à l’archevêque de Denver à travers la note publiée ci-dessous.
Diotallevi enseigne la sociologie à l'Université Rome III et il a été senior fellow du Center for the Study of World Religions de la Harvard Divinity School. Il a publié récemment, aux éditions Rubbettino, un livre consacré précisément aux questions discutées par Chaput : "Una alternativa alla laicità" [Une alternative à la laïcité].
Dans cet ouvrage et dans d’autres, Diotallevi a toujours accordé une attention et une prédilection particulières au modèle américain de "religious freedom".
Il ne prend pas, à proprement parler, la défense de Kennedy mais il critique la critique que Chaput fait de celui-ci. C’est d’autant plus intéressant que le professeur Diotallevi est le vice-président du comité scientifique des "Settimane sociali" [Semaines sociales] des catholiques italiens et le spécialiste des sciences politiques le plus écouté par la conférence des évêques d’Italie, présidée hier par le cardinal Camillo Ruini et aujourd’hui par le cardinal Angelo Bagnasco.
ON PEUT SÉPARER L’EGLISE DE L’ETAT, C’EST MÊME UN DEVOIR
par Luca Diotallevi
Dans une conférence, Mgr Charles J. Chaput a affirmé qu’il y a un lien de cause à effet entre le célèbre discours prononcé par John F. Kennedy en 1960 à Houston, devant une assistance de pasteurs protestants, et le courant "secular" qui s’est ensuite répandu dans la culture américaine à la fin des années 60 et dans les années 70. Cette conférence mérite d’être commentée.
Pour faire court, je me limiterai à proposer deux observations critiques et deux axes de recherches.
La première observation critique concerne le caractère "secular" du discours de Kennedy. Nous savons par les historiens que l’une des sources de ce texte était une note préparée pour le futur président par le théologien jésuite John Courtney Murray qui, au cours du concile Vatican II, allait jouer un rôle décisif dans la rédaction de la déclaration "Dignitatis humanae". C’était déjà alors l’un des grands spécialistes des rapports entre la doctrine sociale de l’Église et la théorie et la pratique politiques contemporaines ; John Kennedy lui avait donc demandé dans quelles conditions un catholique pouvait ou non assumer une fonction publique comme celle de président des Etats-Unis d'Amérique, pour laquelle il s’apprêtait à faire campagne. Le discours ayant été influencé par cette source – facile à retrouver – on peut difficilement le considérer comme "secular". Bien entendu, l’influence d’une source ne dispense pas d’analyser le texte en soi, mais elle justifie une certaine prudence dans son interprétation.
La seconde observation critique concerne la “culture protestante” dont Kennedy se serait rapproché par ce discours. Les pasteurs protestants auxquels il s’adressait à cette occasion étaient tout sauf “laïcistes", tout sauf tièdes quant à la possibilité de manifester l'expérience chrétienne dans tous les aspects de la vie publique. Un homme politique expérimenté comme John Kennedy n’aurait jamais affronté un public de ce genre, dont il espérait obtenir l’approbation, en proposant une atténuation ou une suppression de la dimension publique de l’expérience chrétienne. Il serait tout à fait nécessaire de faire une analyse approfondie des sources, y compris religieuses bien sûr, de la culture "secular" qui, au cours des années qui ont suivi, se sont manifestées avec vigueur dans la vie publique aux Etats-Unis. Mais une telle analyse devrait menée en étant capable de faire une distinction entre les nombreuses composantes du “monde protestant” d’Amérique du Nord et en particulier de celui des années 50.
Voici maintenant deux réflexions à caractère plus général qui constituent une invitation à poursuivre et à approfondir la recherche et la confrontation.
La première est que le mot "Église" revient souvent dans le discours de Mgr Chaput. Son utilisation dans le domaine empirique – si on veut l’employer en lui donnant un sens compatible avec celui qui lui est attribué dans le domaine théologique par le magistère catholique – est très compliquée, même si elle n’est certainement pas impossible. Mgr Chaput rejette la séparation absolue entre l’Église et l’État ; il insiste sur l’opposition entre ceux qui veulent marginaliser l’Église et ceux qui, au contraire, veulent la remettre en position d’influencer plus ou moins directement tous les domaines de la vie sociale. Dans mon essai "Una alternativa alla laicità" [Une alternative à la laïcité], pour faire apparaître la différence entre le modèle français de la "laïcité" [en français dans le texte] et le modèle anglo-saxon de la liberté religieuse, j’ai jugé opportun de ne jamais utiliser le concept d’Église, parce qu’il est trop vaste. En effet, pour ne donner que trois exemples, l'action du baptisé qui prend et exerce des responsabilités politiques est une manifestation de l’Église ; une intervention publique de l'épiscopat est une manifestation de l’Église ; l'exercice d’un pouvoir ecclésiastique comme la nomination d’un évêque ou la validité dans l'ordre civil d’un mariage célébré selon un rite religieux est une manifestation de l’Église. La séparation des pouvoirs politiques et des pouvoirs religieux – question dont je me suis occupé et à laquelle Mgr Chaput donne également de l’importance – n’implique en aucune manière une séparation radicale entre toute forme d’action chrétienne (et par là même ecclésiale) et toute forme d’action politique ou plus généralement publique.
Les deux premiers exemples que je viens de citer (l’action du baptisé qui fait de la politique et la déclaration publique faite par l’épiscopat) ne sont absolument pas remis en cause par la séparation entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux. C’est seulement dans des cas analogues à ceux du troisième exemple que le critère de séparation des pouvoirs devient significatif. Donc, pour en revenir à l’intervention de Mgr Chaput, parler d’"Église" en général n’aide pas à comprendre quelles organisations on imagine pour l’espace public et en particulier quels sont les modèles de rapports entre politique et religion qui sont soutenus et quels sont ceux qui sont critiqués. Chaput propose notamment une interprétation des deux premiers points du premier amendement de la constitution des États-Unis d’Amérique qui pourrait s’avérer contre-productive et constituer une sorte de “but marqué contre son camp”.
La question est encore plus urgente aujourd’hui parce que l’extraordinaire et constant engagement de l’Église catholique en faveur de la liberté religieuse – depuis la déclaration "Dignitatis humanae" de Vatican II jusqu’à Benoît XVI, en passant par Paul VI et Jean-Paul II – fait que l’Église voit précisément dans la formation et la mise en œuvre d’un régime de séparation entre pouvoir politique et pouvoir religieux ("ne pas obliger, ne pas empêcher") un signe des racines et de l’influence chrétienne sur le contexte social qui adopte ce régime.
La seconde réflexion concerne le risque que certaines des prises de position "evangelical" ou néoconservatrices les plus répandues dans le monde protestant américain, mais aussi dans certaines franges du monde catholique, adoptent le modèle de la Westphalie, c’est-à-dire qu’elles tendent à proposer un rapport entre politique et religion dans lequel la religion devient un instrument (même s’il est précieux et bien rémunéré) de la politique.
Dans certains passages de sa conférence, Mgr Chaput semble accepter le schéma selon lequel il faut renoncer à la séparation de l’Église et de l’État si l’on ne veut pas d’institutions politiques neutres. Mais ce qui fait de la liberté religieuse une alternative à la "laïcité" [en français dans le texte], c’est justement, avant tout, le fait qu’elle montre le caractère trompeur de cette alternative sèche entre séparation et non-neutralité. Si on l’abandonne, on s’expose en outre à un risque grave. Accepter ou demander qu’un État ne soit pas séparé d’une Église signifie ouvrir de nouveau les portes à une possible soumission de la religion - et éventuellement de l’Église - à ce pouvoir politique.
La liberté religieuse – dans la version de la constitution et de l’histoire des Etats-Unis, comme dans la version britannique ou dans celle de "Dignitatis humanae" – montre au contraire la possibilité d’une séparation du pouvoir politique et du pouvoir religieux sans neutralité des institutions politiques et sans insignifiance publique de l’Église.
La liberté religieuse refuse les bases mêmes de la "laïcité" [en français dans le texte]. Alexis de Tocqueville a probablement été le premier Européen à comprendre qu’aux États-Unis l’Église “régnait” sur les consciences de manière différente parce qu’on y trouvait une entente entre esprit religieux et esprit de liberté qui était inconnue en Europe continentale.
Une caractéristique du christianisme est qu’il relativise tout pouvoir politique par sa simple présence sur la scène publique sous la forme d’une Église (cf. J. Ratzinger, "L’unità delle nazioni" [L’unité des nations], Éditions Morcelliana, Brescia, 2009, p. 34). Au-delà des apparences, l’Église et l’Évangile ne gagnent rien à faire trop de concessions au pouvoir politique, même quand il est amical. L’Église et l’Évangile doivent continuer à animer une attitude – comme on a défini celle de Jésus et de la génération apostolique – "ni anarchiste ni zélote".
C’est précisément là que se trouve l’une des racines du modèle de la liberté religieuse et de son fonctionnement. Ce régime est le signe de la source chrétienne d’une cohabitation courtoise. Il est, en même temps, la condition pour que participent à cette cohabitation d’autres gens qui ne partagent pas la même foi, mais qui – dans les limites de ce que l’enseignement social de l’Église appelle "ordre public" – peuvent jouir des hauts niveaux de liberté que cette foi et sa force historique accordent à toute personne en vertu de sa dignité.
Le texte intégral du discours prononcé par John F. Kennedy, le 12 septembre 1960, devant la Greater Houston Ministerial Association :
> "While the so called religious issue..."
Le plus récent essai du professeur Diotallevi sur ces questions :
Luca Diotallevi, "Una alternativa alla laicità", Éditions Rubbettino, Soveria Mannelli, 2010, 162 pages, 14,00 euros.
Et une synthèse de cet ouvrage par l’auteur lui-même, publiée dans la revue "Vita e Pensiero" [Vie et Pensée] de l'Université Catholique de Milan :
> Se possiamo non dirci laici [Si nous pouvons ne pas nous dire laïcs]
A propos du livre "Render Unto Caesar" [Rendez à César] de l'archevêque Charles J. Chaput :
> Comment faire de la politique quand on est catholique. L'aide-mémoire de Denver
A propos d’un récent appel de personnalités américaines de différentes confessions chrétiennes :
> La "Déclaration de Manhattan" : le manifeste qui secoue l'Amérique (25.11.2009)
Un article paru sur www.chiesa, il y a un an, à propos de la question de la laïcité, avec des références à la visite de Nancy Pelosi à Benoît XVI et à l’affaire Eluana Englaro, et aussi avec des textes des cardinaux Camillo Ruini et Angelo Scola et des professeurs Ernesto Galli della Loggia et Pietro De Marco :
> La laïcité en danger. Deux cardinaux à son secours (23.2.2009)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou. (13.8.2008)
www.chiesa
17:42 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : universites, barack obama, denver, john f kennedy, baptist university, houston, francis george, chicago, vie, famille, education, rome, luca diotallevi, sociologie, rome iii, senior fellow, center for the study of world religions, harvard divinity school, editions rubbettino, archeveques, religion, etat, professeur diotallevi, eglise, politique, charles j chaput, etats-unis, catholiques, conference des eveques, eglise catholique, pape, benoit xvi, jose horacio gomez, los angeles, separation de l eglise et de l etat, foi, societe, episcopat, una alternativa alla laicita, religious freedom, settimani sociali, italie, sciences politiques, camillo ruini, angelo bagnasco, secular, histoire, theologie, theologiens, jesuites |
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09.04.2010
La dénucléarisation vue par le président de Pax Christi-France
Les États-Unis et la Russie ont signé à Prague un nouveau traité de réduction de leurs arsenaux nucléaires, soit une diminution de 30 % par rapport au précédent accord, passé à Moscou en 2002.
Barack Obama et Dmitri Medvedev ont salué à Prague un événement « historique », une « nouvelle page » dans les relations russo-américaines. Il faut noter que la réduction des arsenaux est considérable.
L’Église catholique travaille depuis longtemps en faveur de l’élimination des armes nucléaires. Le Saint-Siège est partie prenante au Traité de non-prolifération des armes nucléaires pour encourager à cultiver la paix. En septembre dernier, Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les États appelait tous les États qui ne l’avaient pas encore fait à ratifier le traité d’interdiction complète des essais nucléaires, expression d’une culture du conflit et de la mort.

Monseigneur Marc Stenger (photo), président de Pax Christi-France, expose la position de l’Église catholique sur ce sujet délicat qu’est la dénucléarisation: >>
Propos recueillis par Faustine Prévot (Radio Vatican).
09:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prague, arsenaux nucleaires, eglise catholique, saint-siege, etats-unis, traite de non-proliferation, paix, russie, armes nucleaires, armement, dominique mamberti, culture, culture de la mort, marc stenger, pax chr, moscou, barack obama, dimitri medvedev |
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18.03.2010
UE-USA, comment améliorer le dialogue ?
Un président américain populaire, l’application, enfin, du traité de Lisbonne pour mieux faire fonctionner l’Union Européenne, tout semblait réuni pour relancer le dialogue entre deux acteurs majeurs de l’ordre international : l’Europe et les États-Unis.
Or, il n’en est rien. L’Europe est toujours aussi inexistante sur la scène internationale et Barack Obama a même annulé sa participation au sommet USA/UE qui doit se tenir en mai prochain.
Pour améliorer le dialogue entre le vieux et le nouveau continent, le think thank "Notre Europe" lance un groupe de haut-niveau sur l’avenir du partenariat euro-américain. Un groupe qui rassemble d’anciens ministres et chefs de gouvernements européens.

Pourquoi et comment ? Réponses avec Sami Andoura (photo), chercheur membre de "Notre Europe": >> 
Radio Vatican
20:59 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ue, usa, union europeenne, etats-unis, barack obama, dialogue, europe, sommet, vieux continent, nouveau continent, think thank, notre europe, partenariat euro-americain, gouvernements, sami andoura |
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14.01.2010
Séisme à Haïti: la zone de Jacmel gravement touchée et dans l'attente d'aide
Au fil des heures, des "dégâts énormes" sont également signalés à Jacmel, ville portuaire de 40.000 habitants située à 40 kilomètres au sud de la capitale Port-au-Prince.

"La ville de Jacmel est détruite entre 60 et 80 %. On compte déjà des dizaines de morts et particulièrement des gens de la connaissance de nous tous et beaucoup de gens sont encore sous les décombres", indique Zidor Fednel, dirigeant local, au portail d'informations Haiti press network. "On est en train de mettre en place des campements pour lesquels on n'était pas prêts.
La presse internationale, particulièrement la presse francophone, ne parle pas de Jacmel qui est a plus de la moitié dévastée", ajoute-t-il dans un message diffusé via Internet. Comme pour Port-au-Prince, aucun bilan précis ne peut encore être dressé. Les communications téléphoniques avec Haïti sont toujours interrompues et les principaux médias locaux gardent le silence, à l'exception de quelques brèves mises à jour faites tout au plus de photographies de milliers de rescapés contraints de passer leur seconde nuit dehors, au milieu de bâtiments rasés au sol et de corps sans vie.

"Port-au-Prince ressemble à un immense champ de bataille", observe de son côté Radio Kiskeya. On apprend qu'un temple protestant s'est écroulé alors que de nombreux fidèles se trouvaient à l'intérieur, pendant que s'allonge la liste des bâtiments gouvernementaux, des écoles, des universités, des lieux de culte et des centres commerciaux n'ayant pas tenu le coup.
De plus, l'institut géophysique américain vient d'enregistrer une nouvelle secousse de magnitude 4,7 sur l'échelle de Richter à 50 kilomètres environ de la capitale, à 10 kilomètres de profondeur.
En attendant, le président haïtien René Preval a confirmé mercredi soir la disparition du chef de la mission locale de l'Onu (Minustah), Hedi Annabi. De même, Michelle Montas, ancienne porte-parole de l'Onu mais surtout personnalité emblématique de la lutte contre les dictatures et la mauvaise gouvernance haïtienne, serait elle aussi portée disparue, tel que l'a confirmé le porte-parole des Nations Unies, Martin Nesirsky.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a averti que le bilan des victimes serait l'un des plus élevés des dernières années, tandis que l'ex-président américain Bill Clinton, représentant spécial de l'Onu à Haïti, a sollicité toutes les contributions possibles de la communauté internationale.
À l'issue de la tragique journée de mercredi, le Premier ministre Jean-Max Bellarive a évoqué un bilan provisoire de plus de 100.000 victimes, alors que le Comité international de la Croix Rouge (Cicr) estime qu'un tiers des neuf millions de Haïtiens pourraient avoir besoin d'une assistance. La gouverneure générale, Michaëlle Jean, a quant à elle invité la population haïtienne a s'armer de courage, alors que la nation commençait à peine à se relever du passage de plusieurs ouragans en 2008. Le président du Brésil Luiz Ignácio Lula da Silva a quant à lui appelé le président des États-Unis, Barack Obama, à "accélérer" les opérations de secours, réitérant l'entière disponibilité de son pays - sous l'égide duquel est placée la Minustah - à participer à la reconstruction de Haïti.
Pendant ce temps, les marques de solidarité internationales se multiplient, du Canada à Cuba, en passant par l'Union européenne, le Venezuela et la Chine. Selon les Nations Unies, en dépit de dizaines de nouvelles répliques, l'aéroport de Port-au-Prince serait "pleinement opérationnel" et devrait permettre aux autorités compétentes de réceptionner les aides internationales.
Selon Kimberley Shoaf, directrice du Centre sur la Santé publique et les catastrophes à l'Université de Californie (Ucla), un des problèmes les plus urgents consiste actuellement dans les complications dues à l'inhalation de la poussière des bâtiments effondrés et à la consommation d'eau non potable.
MISNA
17:26 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : haiti, seisme, tremblement de terre, jacmel, port-au-prince, haiti press network, zidor fednel, radio kiskeya, rene preval, onu, minustah, hedi annabi, michelle montas, martin nesirsky, hilary clinton, bill clinton, jean-max bellarive, cicr, comite international de la croix rouge, michaelle jean, bresil, luiz ignacio lula da silva, barack obama, canada, cuba, union europeenne, venezuela, chine, areroport, kimberley shoaf, ucla |
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10.12.2009
Barack Obama, le président en guerre prix Nobel de la Paix
En fin de semaine dernière le président américain annonçait sa nouvelle stratégie pour la guerre en Afghanistan, aujourd’hui il se rend à Oslo pour la remise de son prix Nobel de la Paix.
(Reuters/Kevin Lamarque)
Après deux mandats de Georges Bush, l’élection de Barack Obama, premier noir président des Etats-Unis avait suscité de très grands espoirs. Mais un an après son arrivé au pouvoir la réalité laisse parfois perplexe. Pour ne prendre qu’un exemple : Guantanamo. La prison ne pourra vraisemblablement pas être fermée avant la fin du mois de janvier comme il l’avait promis.
Jean Etienne de Linares est délégué général de l’ACAT France. Il est interrogé par Mathilde Auvillain (Radio Vatican) >>
16:31 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, prix nobel de la paix, oslo, afghanistan, georges bush, etats-unis, guantanamo, jean etienne de linares, acat, france |
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24.11.2009
Réforme du système de santé aux USA : l’Église s’oppose au financement public de l’IVG
Les évêques des États-Unis ont vivement réagi à la nouvelle mouture de la réforme du système de santé chère au président Obama. Ce dossier a franchi une étape dans la nuit de samedi à dimanche.

Le Sénat américain a voté le lancement du débat qui devrait débuter le 30 novembre. Le texte, de plus de 2 000 pages, est loin de faire l’unanimité : les élus républicains, persuadés que cette réforme va coûter très cher, promettent de mener un long combat avant son éventuelle adoption. Pour sa part, l’Église catholique demande un réexamen sur deux points essentiels : le financement public de l’IVG et l’objection de conscience.
02:56 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, eveques, sante, barack obama, senat, republicains, eglise catholique, objection de conscience, ivg |
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11.10.2009
Père Damien: Obama exprime son admiration
"Je tiens à exprimer ma profonde admiration pour la vie du Bienheureux Damien de Veuster, qui sera canonisé ce dimanche par Sa Sainteté le Pape Benoit XVI. Je tiens aussi à transmettre mes meilleurs vœux au Royaume de Belgique et aux Belges, qui peuvent être fiers de compter le Père Damien parmi leurs héros", a déclaré le Président américain Barack Obama dans un message diffusé à Bruxelles par l'ambassade des Etats-Unis.

La statue du Père Damien au Capitole à Washington
"Le Père Damien a aussi gagné une place très spéciale dans le cœur des Hawaïens. Je me souviens de nombreuses histoires quand j'étais enfant au sujet de son œuvre au secours des lépreux qui étaient rejetés par tous. Suivant l'exemple de l'action de Jésus en faveur des lépreux, le Père Damien a remis en question la stigmatisation de cette maladie, donnant la parole aux lépreux qui étaient considérés comme des parias, et finalement sacrifiant sa propre vie pour leur rendre leur dignité", a ajouté le Prix Nobel de la Paix.
"Au moment où des millions de gens de par le monde souffrent de maladies, en particulier de l'épidémie HIV/SIDA, nous devrions prendre exemple sur le Père Damien et prendre soin de ces malades", a-t-il souligné.
www.rtlinfo.be
13:20 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : damien de veuster, lepreux, pere damien, sida, hiv, canonisation, barack obama, hawai |
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08.10.2009
La hache de l'évêque frappe Obama. Et la curie au Vatican
La hache de l'évêque frappe Obama. Et la curie au Vatican
Dans un article-choc publié à Rome, l'évêque de Denver, Charles J. Chaput, critique le président américain et les hommes d'Eglise qui l'encensent, en particulier le cardinal de curie Cottier. Mais la secrétairerie d'état du Vatican est aussi en discussion
par Sandro Magister
ROME, le 8 octobre 2009 – "Je défendrai toujours avec force le droit des évêques de me critiquer", avait assuré Barack Obama la veille de sa rencontre du 10 juillet avec Benoît XVI.
Certes. Quelque 80 évêques catholiques des Etats-Unis sont ouvertement en désaccord avec lui sur des sujets cruciaux, au premier rang desquels la défense de la vie. Parmi eux, le cardinal Francis George, président de la conférence des évêques et archevêque de Chicago, la ville d’Obama.
Il y a aussi l’évêque de Denver, Charles J. Chaput, 65 ans, indien, franciscain de l'ordre des capucins, auteur, il y a un an, d’un livre au titre révélateur : "Render unto Caesar. Serving the Nation by Living Our Catholic Beliefs in Political Life". Il est juste de rendre à César ce qui lui revient. Mais on sert son pays en vivant sa foi catholique dans la vie politique.
Chaput est mécontent qu’à Rome, le Vatican mette une sourdine aux critiques de l’Eglise des Etats-Unis contre Obama. Il n’a pas aimé, en particulier, les louanges immodérées adressées au président américain en juillet – au moment de la rencontre d’Obama avec le pape – par un vénérable cardinal de curie, le Suisse Georges Cottier, pro-théologien de la maison pontificale, dans un article paru dans la revue "30 Jours".
"30 Jours" est une revue de géopolitique ecclésiastique très lue à la curie et dirigée par le plus "curial" des hommes politiques italiens à longue carrière, le sénateur à vie Giulio Andreotti. Rédigée en six langues, elle touche tous les diocèses du monde et reflète fidèlement les politiques réalistes de la diplomatie vaticane.
Ayant lu l'article enthousiaste du cardinal Cottier – enthousiaste surtout en ce qui concerne le discours d’Obama à l'université catholique Notre Dame – et avant cela un précédent éditorial de "L'Osservatore Romano", très élogieux aussi, sur les 100 premiers jours du président américain, y compris "en faveur de la maternité", Chaput a estimé qu’il était de son devoir d’y répondre.
Il a pris sa plume et répondu point par point. A Obama, au cardinal Cottier, à la secrétairerie d’état du Vatican. Pas dans un journal américain, mais dans un journal imprimé à Rome, pour que le Vatican voie son article.
Sa réponse est parue le 6 octobre dans "il Foglio", le quotidien d'opinion dirigée par Giuliano Ferrara, qui n’est pas catholique mais très attentif au rôle public des religions et de sympathies nettement "ratzingériennes".
L'article de l’évêque de Denver occupait toute la troisième page, sous le titre: "La hache de guerre de l’évêque indien – Charles J. Chaput contre Notre Dame et contre l'illustre cardinal séduit par le pro-avortement Obama".
Le texte est reproduit ci-dessus avec son titre original.
Ce même 6 octobre, "il Foglio" publiait, en première page, une interview du cardinal George, qui était à Rome pour présenter son nouveau livre : "The Difference God Makes - A Catholic Vision of Faith, Communion, and Culture [La différence que fait Dieu - Une vision catholique de la foi, de la communion et de la culture]".
Dans cette interview, le cardinal déclarait notamment :
"Aujourd’hui, notre problème majeur en tant qu’Eglise est de faire savoir à la société qu’il existe une hiérarchie de valeurs. Prenons la question de l'avortement et de la vie en général. La voix de l’Eglise est écoutée aux Etats-Unis mais elle y est également très combattue. Et les critiques contre l’Eglise ont un motif : notre société considère que l'individualisme et la liberté de choix sont la valeur la plus importante à protéger. Aujourd’hui le libre arbitre vaut plus que la vie."
Et aussi :
"La morale de l’Eglise sur certains sujets n’a jamais changé. L'Osservatore Romano – c’est vrai – peut avoir écrit dix lignes favorables à Obama, un cardinal peut avoir parlé avec enthousiasme de l'actuelle administration américaine, mais, au-delà des trouvailles journalistiques, un point reste clair : l’Eglise ne peut se trahir elle-même".
La politique, la morale et un président. Une vision américaine
par Charles J. Chaput
Une grande force de l’Eglise réside dans sa vision globale. A cet égard, le récent essai du cardinal Georges Cottier sur le président Barack Obama ("La politique, la morale et le péché originel", publié dans "30 Jours" n° 5, 2009) a apporté une contribution précieuse au débat catholique sur le nouveau président américain. Notre foi nous unit à travers les frontières. Ce qui se passe dans un pays peut avoir un impact dans beaucoup d’autres. L’opinion du monde sur les leaders américains n’est pas seulement appropriée, elle est bienvenue.
Mais le monde ne vit et ne vote pas aux Etats-Unis. Les Américains, si. Dans chaque pays, ce sont les évêques locaux qui connaissent le mieux les réalités pastorales, parce qu’ils dirigent les fidèles. Donc, à propos des dirigeants américains, les réflexions d’un évêque américain peuvent sûrement avoir un intérêt. Elles peuvent approfondir le jugement positif du cardinal en offrant une perspective différente.
Je précise que je ne parle ici qu’à titre personnel, pas au nom des évêques des Etats-Unis en tant que corps constitué, ni au nom de tout autre évêque. Je n’entends pas non plus me référer au discours du président Obama sur le monde musulman, que le cardinal Cottier mentionne dans son essai. Il faudrait pour cela un autre article.
Je vais me concentrer sur le discours du président à l’Université Notre Dame lors de la cérémonie de remise des diplômes et sur les remarques du cardinal Cottier à propos de la pensée du président. Cela pour deux raisons.
La première : des gens de mon diocèse font partie - en tant qu’étudiants, diplômés ou parents - de la communauté nationale de Notre Dame. Tout évêque s’intéresse à la foi des personnes confiées à ses soins et Notre Dame n’a jamais été une simple université catholique locale. C’est une icône de l’expérience catholique américaine.
La seconde : lorsque l’évêque du diocèse où se trouve Notre Dame - publiquement soutenu par environ 80 autres évêques et 300 000 laïcs de tout le pays - désapprouve avec vigueur la présence d’un orateur, quel qu’il soit, les gens raisonnables doivent en conclure que cet orateur, ou au moins sa participation à l’événement litigieux, pose un vrai problème. Ces gens raisonnables peuvent aussi décider de s’en remettre au jugement des pasteurs catholiques les plus proches de l’affaire.
Malheureusement, et involontairement, le texte du cardinal Cottier sous-évalue la gravité de ce qui est arrivé à Notre Dame. Il surévalue aussi l’accord de la pensée d’Obama avec la doctrine catholique.
Il faut rappeler ici plusieurs points importants.
Premièrement, l’opposition à l’intervention du président Obama à l’Université Notre Dame n’a rien à voir avec la question de savoir s’il est bon ou mauvais. C’est évidemment un homme très doué. Il a de bons instincts moraux et politiques et son dévouement à sa famille est admirable. Ce sont des choses qui comptent. Mais hélas il en est d’autres qui comptent aussi : sa position sur des sujets de bioéthique essentiels, entre autres l’avortement, diffère nettement de la position catholique. C’est bien pour cela qu’il bénéficie depuis des années de l’appui de grandes organisations qui défendent le “droit à l’avortement”. On parle beaucoup, dans certains cercles religieux, de la sympathie du président pour la doctrine sociale catholique. Mais la défense du fœtus est une exigence de justice sociale. Il n’y a pas de “justice sociale” si les plus jeunes et les plus faibles d’entre nous peuvent être légalement tués. De bons programmes en faveur des pauvres sont sûrement essentiels, mais ils ne peuvent pas constituer une justification de cette violation fondamentale des droits de l’homme.
Deuxièmement, à un autre moment et dans d’autres circonstances, le conflit de Notre Dame aurait pu se dissiper facilement si l’université avait simplement demandé au président de faire une conférence ou un discours. Mais, alors que les évêques américains avaient déjà exprimé leur vive préoccupation face aux politiques pro-avortement de la nouvelle administration, l’Université Notre Dame a fait de la présence du président le clou de la cérémonie de remise des diplômes et lui a en outre remis un diplôme de docteur honoris causa en droit – malgré ses positions très inquiétantes à propos de la loi sur l’avortement et d’autres questions sociales liées à celle-là.
La vraie raison de la préoccupation des catholiques quant à l’intervention d’Obama à Notre Dame se trouve dans ses votes et discours ouvertement négatifs sur l’avortement et autres questions controversées. Par ses initiatives, l’Université Notre Dame a négligé et violé les directives formulées par les évêques américains dans “Catholics in Political Life”. Dans ce texte de 2004, les évêques invitaient les organismes catholiques à ne pas attribuer d’honneurs à des fonctionnaires gouvernementaux en désaccord ouvert avec la doctrine de l’Eglise sur des sujets graves.
Le vif débat qui, au printemps dernier, a divisé les milieux catholiques américains à propos de la distinction attribuée à Barack Obama par l’Université Notre Dame ne portait donc pas sur la politique partisane, mais sur des questions graves de foi catholique, d’identité et de témoignage religieux, ce que le cardinal Cottier, écrivant hors du contexte américain, peut avoir mal perçu.
Troisièmement, le cardinal note à juste titre des points de contact entre la recherche d’un “terrain politique commun” souvent affirmée par Obama et l’aspiration catholique au “bien commun”. Ces deux objectifs (la recherche d’un terrain politique commun et celle du bien commun) peuvent souvent coïncider. Mais ils ne sont pas identiques et peuvent diverger fortement dans la pratique. Ce que l’on appelle les politiques de “terrain commun” en matière d’avortement peut en réalité attaquer le bien commun parce qu’elles impliquent une fausse unité : elles établissent une plate-forme d’accord public trop étroite et trop faible pour supporter le poids d’un véritable consensus moral. Le bien commun ne peut jamais être favorisé par l’acceptation du meurtre des faibles, à commencer par les enfants encore à naître.
Quatrièmement, le cardinal Cottier rappelle avec raison à ses lecteurs le respect mutuel et l’esprit de coopération qu’exige la citoyenneté dans une démocratie pluraliste. Mais le pluralisme n’est jamais une fin en soi ni une excuse de l’inaction. Comme Obama lui-même l’a dit dans son discours à l’Université Notre Dame, la santé de la démocratie dépend de gens de convictions qui se battent fermement sur le terrain public pour ce en quoi ils croient : de façon pacifique et légale, mais avec vigueur et sans s’excuser.
Malheureusement, le président a ajouté une remarque curieuse : “La grande ironie de la foi est qu’elle admet nécessairement le doute… Ce doute ne doit pas nous éloigner de notre foi, mais il doit nous rendre humbles”. Bien sûr, c’est très vrai en un certain sens : de ce côté de l’éternité, le doute fait partie de la condition humaine. Mais le doute est absence de quelque chose ; ce n’est pas une valeur positive. S’il empêche les croyants d’agir sur la base des exigences de leur foi, il devient une faiblesse fatale.
L’habitude du doute s’adapte trop commodément à une sorte de “scepticisme baptisé” : un christianisme qui n’est guère plus qu’une vague loyauté tribale et un vocabulaire spirituel commode. Trop souvent, dans l’histoire américaine récente, le pluralisme et le doute sont devenus un alibi pour la léthargie politique et morale des catholiques. Peut-être l’Europe est-elle différente. Mais il me semble que l’actuel moment de l’Histoire (il réunit les catholiques américains et européens) ne ressemble pas du tout aux circonstances sociales que durent affronter les anciens législateurs chrétiens cités par le cardinal. Ces hommes avaient la foi, mais aussi le zèle nécessaire (tempéré par la patience et l’intelligence) pour incarner dans la culture le contenu moral de leur foi. Autrement dit, ils ont construit une civilisation modelée par la foi chrétienne. Ce qui arrive aujourd’hui est tout à fait différent.
Le texte du cardinal Cottier témoigne de la générosité de son esprit. J’ai notamment été frappé par le bien qu’il pense de l’“humble réalisme” du président Obama. J’espère qu’il a raison. Les catholiques américains veulent qu’il ait raison. L’humilité et le réalisme sont le terrain où une politique de bon sens, modeste, à l’échelle humaine, et morale peut se développer. Reste à savoir si le président Obama sera capable de diriger le pays de cette façon. Nous avons le devoir de prier pour lui, afin qu’il puisse le faire et qu’il le fasse.
Le quotidien romain qui a publié l'article de l’évêque Charles J. Chaput :
> Il Foglio
Et le reportage de www.chiesa avec l'article pro-Obama du cardinal Georges Cottier, publié par la revue internationale "30 Jours", auquel Chaput a répondu :
> Bienvenue à Obama. Le Vatican lui joue un prélude de fête (5.7.2009)
A propos du dernier livre de l’évêque Chaput, "Render unto Caesar" :
> Comment faire de la politique quand on est catholique. L'aide-mémoire de Denver (13.8.2008)
D’autres reportages de www.chiesa à propos des hauts et des bas dans les relations entre Obama et l’Eglise catholique :
> Obama diplômé à Notre Dame. Mais les évêques lui font repasser l'examen (26.5.2009)
> Ange ou démon? Au Vatican, Obama est l'un et l'autre (8.5.2009)
A propos des frictions entre la secrétairerie d’état du Vatican et les conférences des évêques des Etats-Unis, d'Italie et d’autres pays :
> L'Eglise, Obama et Berlusconi. La confusion au pouvoir (31.8.2009)
Autre texte relatif aux divergences entre la secrétairerie d’état du Vatican et les épiscopats nationaux, une analyse de Sandro Magister dans le quotidien "il Foglio" du 29 septembre 2009 :
> Il j'accuse di Magister. Perché la Realpolitik di Bertone non è in sintonia col papa
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
17:25 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, charles j chaput, capucins, renderunto cesar serving the nation by living our catholic beli, politique, foi catholique, rome, the difference god makes - a catholic vision of faith, droits de l homme, cardinaux, 30 jours, giulio andreotti, notre dame, osservatore romano, secretairerie d etat, il foglio, giuliano ferrara, avortement, individualisme, liberte de choix, libre arbitre, morale, president, musulmans, peche originel, catholics in political life, barack obama, benoit xvi, francis george, defense de la vie, chicago, denver, vatican georges cottier, doctrine sociale, justice sociale, pauvres, pluralisme, democratie |
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