23.05.2012
Audience générale : "Que la profonde réalité de la paternité de Dieu réchauffe notre cœur"
Benoît XVI a poursuivi, ce mercredi matin, lors de l’audience générale au Vatican son cycle de catéchèses sur la prière. Le Pape s’est attardé sur le lien qui unit les chrétiens à Dieu : « une relation de confiance filiale ». Benoît XVI a rappelé que le christianisme n’était pas une religion basée sur la peur mais « une religion de confiance et d’amour envers le Père qui nous aime » et il a invité les fidèles à apprendre « à goûter la beauté d’être des enfants de Dieu. »
16:57 Écrit par Père Walter dans Actualité, Catéchèses du Pape | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, vatican, audience, catechese, confiance, peur, beaute, enfants de dieu, dieu pere, grandeur, priere, absence du pere, enfants, societe |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
18.05.2012
Un Parvis des Gentils à Barcelone sous le signe de l'Art
Après Paris, Florence, Tirana, Palerme….le parvis des gentils est à Barcelone, en Espagne. Sous les auspices du Conseil pontifical de la Culture, cette initiative vise à promouvoir le dialogue entre croyants et non croyants sur les grandes questions qui interpellent le monde contemporain. A Palerme, au mois de mars, la réflexion s’était focalisée sur la culture de la légalité et sur la société multireligieuse. A Barcelone, terre natale d’artistes de renommée internationale : Dalì, Gaudì, Mirò, Tapiès…, cette nouvelle édition est placée sous le thème « Art, beauté et transcendance ». Deux jours de débats, les 17 et 18 mai, au Musée national d’art de la Catalogne, à l’Université de Barcelone, en la basilique de la Sagrada Familia, chef d’œuvre d’Antonì Gaudì.
17:03 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : artistes, dali, gaudi, miro, tapies, art, beaute, transcendance, debats, catalogne, musees, universite, basilique, sagrada familia, antoni gaudi, laurent mazas, incarnation, spiritualite, cardinaux, gianfranco ravasi, metaphysique, bible, liturgie, esthetique, choristes, musique, polyphinie, jeunes, laics, intellectuels, paris, florence, tirana, palerme, barcelone, espagne, conseil pontifical de la culture, dialogue, non croyants, croyants, monde contemporain, societe |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
04.05.2012
Lettre aux prêtres du monde entier : les abus sexuels ont défiguré l'Eglise
Pour servir l’Eglise, les prêtres doivent tendre à la sainteté. C’est le message central d’une lettre publiée par la Congrégation romaine pour le Clergé. Le texte, qui porte la signature du cardinal-Préfet Mauro Piacenza, ne manque pas d’évoquer les fautes commises par certains prêtres qui ont humilié le sacerdoce aux yeux du monde, qui ont trahi la grâce qu’ils avaient reçue avec leur ordination et qui ont jeté l’ombre du soupçon sur leurs confrères. La lettre, envoyée aux prêtres du monde entier, appelle au repentir et au pardon. Mais au-delà des crimes horribles que constituent les actes pédophiles, le cardinal Piacenza s’inquiète aussi de l’attiédissement du ministère apostolique, de la fatigue, du manque d’enthousiasme.
22:56 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pretres, congregation pour le clerge, clerge, mauro piacenza, cardinaux, abus sexuel, pedophilie, tiedeur, fatique, enthousiasme, atheisme, beaute, adoration, trinite, evangelisation, amour, dieu, saint esprit, concile, vatican ii |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
01.09.2011
Commentaire de l’Intention missionnaire de septembre 2011
16:48 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : intentions de priere, priere, asie, pape, evangile, evangelisation, foi, ferveur, beaute, joie |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
31.08.2011
Audience générale : certaines expressions artistiques ouvrent les portes « vers la beauté suprême, vers Dieu »
Lors de l’audience générale, ce mercredi, à Castelgandolfo, le Pape s’est attardé dans sa catéchèse sur le sens profond de l’art. Benoît XVI a invité les fidèles très nombreux, rassemblés sur la place de la Liberté, à s’interroger face à l’intime émotion ressentie devant une œuvre d’art, qu’il s’agisse d’une sculpture, d’une peinture, d’une poésie ou encore d’un morceau musical. Il existe, a souligné le Pape, certaines expressions artistiques qui sont de réelles voies menant à Dieu, à la beauté suprême.
22:46 Écrit par Père Walter dans Catéchèses du Pape | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : audience, castelgandolfo, pape, benoit xvi, art, sculpture, peinture, poesie, musique, beaute, beaute supreme |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
31.05.2011
L'Église : sujet authentique de la liturgie
Le Vatican a publié ce mardi 31 mai un message du Pape à l’Institut pontifical de Musique Sacrée qui fête ses 100 ans d’existence. Un message sous la forme d’une lettre au cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique et donc grand Chancelier de l'Institut. L’Institut pontifical de Musique Sacrée a été fondé par le Pape Pie X, qui souhaitait favoriser le retour à la grande tradition de l’Église contre l’influence exercée par la musique profane. Benoît XVI, qui aime la musique liturgique, s’était rendu dans les locaux de l’Institut en 2007.
17:47 Écrit par Père Walter dans Actualité, liturgie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vatican, pape, benoit xvi, musique, zenon grocholewski, congregation pour l'education catholique, institut pontifical de musique sacree, pie x, priere, beaute, culture, chant gregorien, polyphonie, schola cantorum, creativite, liturgie, tradition, progres |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
02.06.2010
Le Pape appelle à prier pour les victimes suite à l’assaut au large de Gaza

Lors de l'audience générale le Pape est revenu sur les évènements liés à Gaza, il a déclaré :
«Je suis avec une profonde inquiétude les tragiques évènements qui se sont déroulés à proximité de la bande de Gaza. Je tiens à exprimer mes vives condoléances aux victimes des ces douloureux évènements, qui préoccupent tout ceux qui ont à cœur la paix dans la région. Encore une fois, je souhaite redire avec force que la violence ne résous pas les conflits, mais en aggrave les conséquences dramatiques et engendre encore plus de violence. J’appelle tous les responsables politiques au niveau local comme international afin qu’ils recherchent sans relâche des solutions justes à travers le dialogue, afin de garantir aux populations de la région de meilleurs conditions de vie, dans la concorde et la sérénité. Je vous invite à vous unir à ma prière pour les victimes, pour leurs familles et tous ceux qui souffrent. Que le Seigneur soutienne les efforts de ceux qui ne manquent pas d’œuvrer pour la réconciliation et la paix». >>

Le Pape a consacré ce merecredi sa catéchèse à Saint Thomas d'Aquin: >>
Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française :
«Sœurs et frères, je poursuis ma catéchèse sur les grands théologiens du Moyen-âge. Surnommé le Docteur Angélique à cause de la sublimité de sa pensée et de la pureté de sa vie, Thomas est né vers 1224 à Aquin, près du Mont Cassin. Désireux très tôt d’embrasser l’idéal dominicain, il connut l’opposition de sa famille. Une fois majeur, il se mit sous la conduite de Saint Albert le Grand qui devint son maître et son grand ami. En étudiant Aristote, il démontra l’harmonie naturelle entre la foi chrétienne et la raison. Il enseigna la dogmatique à Paris, qui vit le début de sa prodigieuse production littéraire qui culmine dans la Summa Theologiae, la Somme théologique avec ses célèbres quaestiones. Pour Thomas, la charité est principalement l’amitié de l’homme pour Dieu, et pour les êtres qui lui appartiennent. Il composa aussi des hymnes liturgiques au Saint Sacrement. Sa grande humilité l’entraînait à considérer la grandeur et la beauté de Dieu infiniment supérieures à toute pensée sur la foi. Il encouragea les prédicateurs à parler avec simplicité et ferveur. Préoccupé jusqu’à la fin par la justesse de sa doctrine, Thomas eut un dialogue émouvant avec le Crucifié qui lui dit : « Tu as bien parlé de moi, Thomas ! Quelle sera ta récompense ? », le Saint répondit d’une manière exemplaire pour nous tous : « rien d’autre que toi, Seigneur ».

Le Pape a également ajouté : « Je confie à votre prière, chers pèlerins francophones, mon Voyage Apostolique à Chypre et tous les Chrétiens du Moyen Orient. Priez aussi pour les prêtres et les séminaristes. Puisse le Seigneur Jésus vous accompagner dans votre vie ! Que Dieu vous bénisse !».
(Radio Vatican)
18:37 Écrit par Père Walter dans Catéchèses du Pape | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, thomas d aquin, gaza, israel, politique, paix, violence, catechese, audience generale, dominicains, albert le grand, saints, aristote, saint sacrement, charite, amitie, beaute, foi, predicateurs, chypre, moyen orient, pretres, seminaristes |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
04.02.2010
Audience générale : l’étude et la prière de saint Dominique pour le succès de la mission évangélisatrice
C’est à saint Dominique que Benoît XVI a consacré sa catéchèse lors de l’audience générale qui s’est tenue, ce mercredi, dans la salle Paul VI au Vatican.

« Ce grand saint – a-t-il dit – nous rappelle qu’un feu missionnaire doit toujours brûler dans le cœur de l’Église ; un feu qui pousse sans cesse à porter la première annonce de l’Évangile et, là où cela est nécessaire, à une nouvelle évangélisation : le Christ est le bien le plus précieux que les hommes et les femmes, en tous temps et en tous lieux, ont le droit de connaître et d’aimer ! Et il est consolant de voir, dans l’Église d’aujourd’hui, combien sont nombreux les pasteurs, les fidèles laïcs, les membres d’antiques ordres religieux et de nouveaux mouvements ecclésiaux, qui consacrent avec joie leur vie à cet idéal suprême : annoncer et témoigner l’Évangile! ».

Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>
Résumé de la catéchèse en langue française
Chers frères et sœurs,
Contemporain de saint François, saint Dominique a apporté lui aussi un renouveau fondamental à l’Église de son temps en fondant l’Ordre des Prêcheurs ou Dominicains. Né en Espagne, Dominique Guzman se distingua très tôt par son intérêt pour l’étude de l’Écriture Sainte. Devenu prêtre, il fut remarqué pour ses qualités spirituelles et il reçut avec détachement les charges confiées comme un service à rendre avec dévouement et humilité. Il lutta contre l’hérésie albigeoise répandue dans le Sud de la France, par le témoignage de sa vie pauvre et austère, par l’annonce de l’Évangile et les débats publics. Avec ses frères mendiants, il mit l’accent sur la vie commune dans la pauvreté, sur l’étude et sur la prière pour le succès de la mission évangélisatrice. Parler toujours avec Dieu et de Dieu : voilà son idéal ! Une joie profonde naît de la contemplation de la beauté de la vérité qui vient de Dieu, toujours actuelle et vivante. Ceux qui annoncent la Parole de Dieu doivent être bien préparés. En cette année sacerdotale, j’invite les prêtres et les séminaristes à estimer, à la suite de saint Dominique, la valeur spirituelle de l’étude des vérités révélées dont dépend la qualité de leur ministère presbytéral.
***

J’accueille avec joie les pèlerins francophones particulièrement les élèves et les professeurs des collèges Fénelon et du Sacré-Cœur, et ceux de l’Institut Saint Dominique, de Rome. Que Notre Dame du Rosaire, patronne le l’Ordre Dominicain, vous aide à découvrir la présence du Christ dans votre vie et à le suivre généreusement chaque jour. Que Dieu vous bénisse !
02:45 Écrit par Père Walter dans Catéchèses du Pape | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : espagne, college du sacre-coeur, pape, benoit xvi, audience, saints, saint dominique, missionnaires, evangelisation, christ, evangile, annoncer l evangile, catechese, saint francois, ordre des precheurs, dominicains, dominique guzman, ecriture sainte, pretre, heresie, albigeois, france, mendiants, pauvrete, etude, priere, contemplation, beaute, verite, parole de dieu, pretres, seminaristes, annee sacerdotale, pelerins, francophones, college fenelon, institut saint-dominique, rome, notre dame du rosaire |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
08.12.2009
'Dieu est là'. Voici comment l'Eglise d'Italie se prépare à Noël
"Dieu est là". Voici comment l'Eglise d'Italie se prépare à Noël
En organisant une réunion internationale de philosophes, de savants et d'artistes, avec l'objectif de replacer Dieu au centre d'une culture qui le nie. Tandis que Benoît XVI enseigne que Dieu se révèle non aux savants mais aux "tout-petits"
par Sandro Magister
ROME, le 7 décembre 2009 – Au milieu de ce temps de l’Avent, un événement international a lieu à Rome. Il est centré justement sur ce Dieu "qui est venu, qui vient et qui viendra".
L'événement est organisé par la conférence des évêques d’Italie, plus précisément par le comité pour le projet culturel présidé par le cardinal Camillo Ruini.
Intitulé "Dieu aujourd’hui. Avec lui ou sans lui, cela change tout", il est étroitement lié à ce que Benoît XVI, dans sa mémorable lettre du 10 mars 2009 aux évêques, a indiqué comme "la priorité au-dessus de toutes les autres : rendre Dieu présent dans ce monde et ouvrir aux hommes l'accès à Dieu".
Concrètement, du 10 au 12 décembre, évêques et philosophes, théologiens et savants, artistes et musiciens, poètes et lettrés, hommes et femmes d’orientations mais aussi de croyances différentes, proches ou éloignés de Dieu, se rencontreront devant un vaste public. Mais ils parleront tous de Lui, le Dieu de la Bible, le Dieu trinitaire, le Dieu chrétien, celui qui a le visage humain de Jésus. Ce Dieu qui est exilé de la culture postmoderne, refusé par la science, et qui est pourtant de plus en plus présent dans la réalité que vivent tant d’hommes et de femmes de notre temps.
Parmi les orateurs, des noms connus : le cardinal Ruini, bien sûr, créateur de l’événement, Robert Spaemann, le philosophe allemand qui a justement consacré à la question de Dieu ses essais les plus pénétrants, puis Roger Scruton, Emanuele Severino, Rémi Brague, Aldo Schiavone, Robert Schneider, Antonio Paolucci, Denis Alexander, Giuliano Ferrara, Martin Nowak, Giorgio Israel, Peter van Inwagen, et bien d’autres encore.
Ils parleront de Dieu sous divers angles. "Dieu dans la musique" et "Dieu et la violence", "Création et évolution" et "Dieu au cinéma et à la télévision", "Dieu et les sciences" et "Dieu dans la beauté".
Ce sera aussi un dialogue sans frontières géographiques. "La question de Dieu n’est pas exclusivement occidentale" a déclaré le cardinal Ruini quand il a présenté l'événement à la presse, vendredi 4 décembre au Palais du Capitole. "Le langage scientifique est de plus en plus universel ; il universalise donc aussi sa négation de Dieu. C’est pourquoi l'Occident a une dette envers le monde entier : il doit non pas supprimer les raisons de la foi en Dieu mais se les rendre plus claires. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra dialoguer aussi avec les autres cultures, surtout celles de l'Asie, et ne pas se replier sur soi".
En somme, le pari de l'événement sur "Dieu aujourd’hui", c’est de redonner vie à une rencontre positive entre la foi et la culture d’aujourd’hui, en une sorte d’Aréopage moderne, en recréant l'aventure que Raphaël peignit si merveilleusement à fresque, il y a 500 ans, dans son "Ecole d’Athènes" (photo ci-dessus : détail).
Ses maîtres philosophes vont, chacun à sa façon et par des chemins parfois tortueux, vers ce qu’ils voient sur le mur d’en face : le mystère de l'hostie sacrée, l’Eglise terrestre et céleste, la magnificence de Dieu.
***
Le programme de l'événement est disponible sur la page web qui lui est consacrée, avec la présentation des orateurs et, au fur et à mesure, le compte-rendu et les textes :
> "Dieu aujourd’hui. Avec lui ou sans lui, cela change tout ", Rome, 10-12 décembre 2009
L’ensemble bénéficiera d’une couverture médiatique par le journal et la chaîne de télévision appartenant à la conférence des évêques d’Italie :
> Avvenire
> TV 2000
Benoît XVI est bien sûr informé de cet événement organisé par l’Eglise italienne et qui aura lieu à quelques pas des palais du Vatican. Il n’y prendra pas la parole. Mais l’harmonie entre cet événement et le magistère de ce pape est si forte qu’elle se manifeste toute seule, y compris sous les formes et aux moments les plus inattendus.
Un exemple très fort de cette harmonie est l'homélie improvisée par Benoît XVI, mardi 1er décembre de bon matin, à la messe qu’il a célébrée avec les membres de la commission théologique internationale, à la Chapelle Pauline.
Le pape a commencé son homélie en commentant l’Evangile du jour, précisément le passage où Jésus rend grâce au Père céleste "parce que tu as caché ces choses aux sages et aux savants et que tu les as révélées aux tout-petits".
Ce mystère de Dieu ignoré et repoussé par la culture dominante et au contraire vivant dans le cœur et l’esprit des "tout-petits" – prêché par le pape Benoît dans cette passionnante homélie – c’est celui qui sera au cœur de l'événement romain de ces jours prochains.
Le mystère révélé aux tout-petits
par Benoît XVI
Rome, Palais Apostolique du Vatican, Chapelle Pauline, le 1er décembre 2009
Chers frères et sœurs, les paroles du Seigneur que nous venons d’entendre dans le passage de l’évangile (Luc 10, 21-24) sont pour nous, théologiens, un défi ou peut-être, pour mieux dire, une invitation à faire un examen de conscience : qu’est-ce que la théologie ? Nous, théologiens, que sommes-nous ? Comment bien faire de la théologie ? Nous avons entendu le Seigneur louer le Père d’avoir caché le grand mystère du Fils, le mystère trinitaire, le mystère christologique, aux sages, aux savants - ils ne l’ont pas connu - mais de l’avoir révélé aux tout-petits, aux "nèpioï", à ceux qui ne sont pas savants, qui n’ont pas une grande culture. C’est à eux qu’a été révélé ce grand mystère.
Par ces paroles, le Seigneur décrit simplement un fait de sa vie ; un fait qui commence dès l’époque de sa naissance, quand les Mages de l’Orient demandent aux gens compétents, aux scribes, aux exégètes, quel est le lieu de la naissance du Sauveur, du Roi d’Israël. Les scribes le savent parce que ce sont de grands spécialistes ; ils peuvent dire tout de suite où naît le Messie : à Bethléem ! Mais ils ne se sentent pas invités à y aller : pour eux cela reste une connaissance académique, qui ne touche pas leur vie ; ils restent en dehors. Ils peuvent donner des informations, mais l’information ne devient pas formation de leur vie.
Puis, pendant toute la vie publique du Seigneur, on trouve la même chose. Il est impossible, pour les savants, de comprendre que cet homme qui n’est pas savant, qui est un galiléen, puisse être vraiment le Fils de Dieu. Il reste inacceptable, pour eux, que Dieu, le grand, l’unique, le Dieu du ciel et de la terre, puisse être présent en cet homme. Ils savent tout, ils connaissent aussi Isaïe 53, toutes les grandes prophéties, mais le mystère reste caché. Au contraire il est révélé aux petits, depuis la Vierge Marie jusqu’aux pêcheurs du lac de Galilée. Ils savent, comme le capitaine romain sous la croix sait : celui-ci est le Fils de Dieu.
Les faits essentiels de la vie de Jésus n’appartiennent pas qu’au passé : ils sont présents, de différentes manières, à toutes les générations. Et ainsi, même à notre époque, au cours des 200 dernières années, on observe la même chose. Il y a de grands savants, de grands spécialistes, de grands théologiens, des maîtres de la foi, qui nous ont enseigné beaucoup de choses. Ils ont pénétré dans les détails de la Sainte Ecriture, de l’histoire du salut, mais ils n’ont pas pu voir le mystère lui-même, le vrai noyau, à savoir que Jésus était réellement Fils de Dieu, que le Dieu trinitaire entre dans notre histoire, à un moment historique déterminé, dans un homme comme nous. L’essentiel est resté caché ! On pourrait facilement citer de grands noms de l’histoire de la théologie de ces 200 dernières années, dont nous avons beaucoup appris, mais pour qui le mystère n’a pas été ouvert aux yeux du cœur.
Au contraire, il y a aussi, à notre époque, des petits qui ont connu ce mystère. Pensons à sainte Bernadette Soubirous ; à sainte Thérèse de Lisieux, avec sa nouvelle lecture de la Bible, "non scientifique" mais qui va jusqu’au cœur de la Sainte Ecriture ; et aussi aux saints et bienheureux de notre de notre temps : sainte Joséphine Bakhita, la bienheureuse Teresa de Calcutta, saint Damien de Veuster. On pourrait en citer tant !
Mais de tout cela naît la question : pourquoi est-ce ainsi ? Le christianisme est-il la religion des sots, des gens sans culture, non formés ? La foi s'éteint-elle là où la raison se réveille ? Comment cela s’explique-t-il ?
Peut-être faut-il regarder encore une fois l’histoire. Ce que Jésus a dit, ce que l’on peut observer dans tous les siècles, reste vrai. Mais il y a une "espèce" de petits qui sont également savants. Au pied de la croix se tient la Vierge Marie, humble servante de Dieu et grande dame éclairée par Dieu. Et aussi Jean, pêcheur du lac de Galilée ; mais c’est ce Jean qui sera appelé à juste titre «le théologien» par l’Eglise, parce qu’il a vraiment su voir et annoncer le mystère de Dieu : avec l’œil de l’aigle il est entré dans l’inaccessible lumière du mystère divin.
Même après sa résurrection, le Seigneur touche, sur le chemin de Damas, le cœur de Saül, un de ces savants qui ne voient pas. Celui-ci, dans la première lettre à Timothée, dit qu’il était «ignorant» à cette époque, malgré sa science. Mais le Ressuscité le touche : il perd la vue et, en même temps, il devient vraiment voyant, il commence à voir. Le grand savant devient un tout-petit et c’est justement pour cela qu’il voit la sottise de Dieu qui est sagesse, une sagesse plus grande que toutes les sagesses humaines.
On pourrait continuer à lire toute l’histoire de cette façon. Encore une seule observation. Ces savants et ces sages, "sophoï" et "synètoï", apparaissent dans la première lecture sous un autre aspect (cf. Isaïe 11, 1-10). Ici "sophia" et "synèsis" sont des dons de l’Esprit-Saint qui reposent sur le Messie, sur le Christ. Qu’est-ce que cela signifie ? On comprend qu’il y a un double usage de la raison et une double manière d’être sages ou petits.
Il y a une façon d’utiliser la raison qui est autonome et se place au-dessus de Dieu, dans toute la gamme des sciences, à commencer par les sciences naturelles, où une méthode adaptée à la recherche de la matière est généralisée : Dieu n’entre pas dans cette méthode, donc Dieu n’existe pas. Il en est ainsi, enfin, même en théologie : on pêche dans les eaux de la Sainte Ecriture avec un filet qui ne permet de prendre que des poissons d’une certaine taille ; ce qui est au-delà de cette taille n’entre pas dans le filet et ne peut donc pas exister. Le grand mystère de Jésus, du Fils fait homme, est ainsi réduit à un Jésus historique : une figure tragique, un fantôme sans chair ni os, un homme qui est resté dans le sépulcre, s’est corrompu et est vraiment un mort. Cette méthode parvient à "capter" certains poissons mais exclut le grand mystère, parce que l’homme se fait lui-même mesure : il a cet orgueil, qui est en même temps une grande sottise parce qu’il absolutise des méthodes qui ne sont pas adaptées aux grandes réalités ; il entre dans cet esprit académique que nous avons vu chez les scribes qui répondent aux Rois mages : cela ne me concerne pas; je reste enfermé dans ma vie, qui n’en est pas changée. C’est la spécialisation qui voit les détails, mais perd de vue l’ensemble.
Et puis il y a l’autre façon d’utiliser la raison, d’être savant : celle de l’homme qui reconnaît qui il est ; il reconnaît sa propre taille et la grandeur de Dieu, en s’ouvrant humblement à la nouveauté de l’action de Dieu. Ainsi, justement parce qu’il accepte sa petitesse, qu’il se fait aussi petit qu’il l’est réellement, il arrive à la vérité. De cette façon, la raison aussi peut exprimer toutes ses possibilités, elle ne s’éteint pas, mais elle s’élargit et devient plus grande. Il s’agit d’une autre "sophia", d’une autre "synèsis", qui n’exclut pas du mystère mais qui est vraiment communion avec le Seigneur en qui résident le savoir, la sagesse, et leur vérité.
Maintenant, nous voulons prier pour que le Seigneur nous donne la vraie humilité. Qu’il nous donne la grâce d’être tout-petits pour pouvoir être vraiment sages ; qu’il nous éclaire, nous fasse voir son mystère de la joie du Saint-Esprit, nous aide à être de vrais théologiens, capables d’annoncer son mystère parce qu’ils sont touchés au fond de leur cœur, au fond de leur vie. Amen.
LES LECTURES COMMENTÉES PAR LE PAPE
Du livre du prophète Isaïe (11, 1-10)
Un rameau sortira du tronc de Jessé
et de ses racines croîtra un rejeton.
Sur lui reposera l'Esprit de Yahweh,
esprit de sagesse et d'intelligence,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte de Yahweh ;
il mettra ses délices dans la crainte de Yahweh.
Il ne jugera point sur ce qui paraîtra à ses yeux
et il ne prononcera point sur ce qui frappera ses oreilles.
Il jugera les petits avec justice,
et prononcera selon le droit pour les humbles de la terre.
Il frappera la terre de la verge de sa bouche
et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.
La justice ceindra ses flancs
et la fidélité sera la ceinture de ses reins.
Le loup habitera avec l'agneau,
la panthère reposera avec le chevreau ;
le veau, le lion et le bœuf gras vivront ensemble
et un jeune enfant les conduira.
La vache et l'ourse iront au même pâturage,
leurs petits auront un même gîte ;
et le lion mangera du fourrage comme le bœuf.
Le nourrisson s'ébattra sur le trou de la vipère
et dans le repaire du basilic l'enfant à peine sevré mettra sa main.
On ne fera point de mal et on ne détruira plus
sur toute ma montagne sainte ;
car le pays sera rempli de la connaissance de Yahweh,
comme le fond des mers par les eaux qui le couvrent.
Et il arrivera en ce jour-là :
a racine de Jessé, élevée comme un étendard pour les peuples,
sera recherchée par les nations,
et son séjour sera glorieux.
De l’Evangile selon Luc (10, 21-24)
Au même moment, il tressaillit de joie par l'Esprit-Saint et il dit : "Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux savants et les as révélées aux tout-petits. Oui, Père, car tel fut ton bon plaisir. Toutes choses m'ont été remises par mon Père ; et personne ne sait ce qu'est le Fils, si ce n'est le Père, ni ce qu'est le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils aura bien voulu le révéler".
Et se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier : "Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l'ont pas entendu".
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
14:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : asie, cinema, television, beaute, dialogue, chapelle pauline, pape, italie, benoit xvi, noel, savants, artistes, avent, rome, dieu, conference des eveques, camillo ruini, cardinaux, eveques, philosophie, theologie, musique, poesie, lettres, bible, trinite, jesus, culture, science, robert spaemann, allemagne, roger scruton, emanuele severino, remi brague, aldo schiavone, robet schneider, antonio paolucci, denis alexander, giuliano ferrara, martin nowak, giorgio israel, peter van inwagen, violence, occident, palais du capitole, areopage, raphael, ecole d athenes, homelie, commission theologique internationale |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
20.11.2009
A la veille de la rencontre avec les artistes, le pape Benoît fait le guide
A la veille de la rencontre avec les artistes, le pape Benoît fait le guide
Il a consacré une audience générale à l'évocation des cathédrales romanes et gothiques du Moyen Age. Pour expliquer que "la voie de la beauté est la plus fascinante pour s'approcher du mystère de Dieu"
par Sandro Magister
ROME, le 20 novembre 2009 – Demain, à la Chapelle Sixtine, Benoît XVI rencontrera des centaines d’artistes du monde entier, croyants ou non. Son discours est très attendu. Mais il en a donné un avant-goût, mercredi 18 novembre, lors de la catéchèse adressée comme chaque semaine aux fidèles.
La coïncidence dans le temps ne lui a pas échappé. Alors qu’il avait décrit, dans les précédentes catéchèses, des faits et des personnages de la théologie médiévale, le pape a choisi d’évoquer – trois jours avant sa rencontre avec les artistes – ces chefs d’œuvre de l’art et de la foi que sont les cathédrales romanes et gothiques, qui, après l'an 1000 couvrirent l'Europe "d’un blanc manteau de nouvelles églises".
La première leçon que Benoît XVI en a tiré est que l'art et la foi chrétienne s’appellent mutuellement, "parce qu’ils peuvent et veulent l’un et l’autre parler de Dieu, en rendant visible l’Invisible".
La seconde leçon est que la beauté est "la voie la plus attirante et la plus fascinante pour parvenir à rencontrer et aimer Dieu".
Ce sont des thèmes auxquels Ratzinger, en tant que théologien et pasteur, a toujours été très sensible. On trouvera ci-dessous le texte intégral de sa méditation du mercredi 18 novembre.
Mais, pour mieux saisir sa pensée en direct, il est utile de revenir aux propos improvisés qu’il a tenus aux prêtres du diocèse de Bressanone lorsqu’il les a rencontrés pendant l’été 2008.
On s’est habitué à voir en Benoît XVI le pape du "Logos". Ceux qui le critiquent l’accusent de rationalisme. Mais en réalité il est convaincu que "la preuve de la vérité" du christianisme ne se donne pas seulement de manière rationnelle. Pour lui "l'art et les saints sont la plus grande apologie de notre foi".
Voici en effet ce qu’il a dit à ce sujet, ce 6 août, fête de la Transfiguration de Jésus, aux prêtres de Bressanone :
"La raison fournit des arguments tout à fait importants et essentiels, mais il y aura toujours un désaccord quelque part. En revanche, si nous observons les saints – la traînée lumineuse par laquelle Dieu marque l’histoire – nous voyons qu’il y a vraiment là une force du bien qui résiste aux millénaires, que c’est là que se trouve réellement la lumière de la lumière.
De même, si nous contemplons les beautés que la foi a créées, je dirais qu’elles sont simplement la preuve vivante de la foi. [...] Toutes les grandes œuvres d’art – les cathédrales gothiques et les splendides églises baroques – sont un signe lumineux de Dieu et ainsi véritablement une manifestation, une épiphanie de Dieu. [...]
"Nous venons d’écouter le son de l’orgue dans toute sa splendeur et je pense que la grande musique née dans l’Eglise rend la vérité de notre foi audible et perceptible : du chant grégorien à la musique des cathédrales jusqu’à Palestrina et à son époque, jusqu’à Bach et ensuite à Mozart et Bruckner et ainsi de suite… En écoutant toutes ces œuvres – les Passions de Bach, sa Messe en si bémol et les grandes compositions de la polyphonie religieuse du XVIe siècle, de l’école viennoise, de toute la musique, y compris celles des compositeurs moins connus – nous entendons soudain : c’est vrai ! Là où naissent de telles choses, il y a la Vérité. [...]
"L’art chrétien est un art rationnel – pensons à l’art gothique ou à la grande musique, ou encore, justement, à notre art baroque – mais il est l’expression artistique d’une raison beaucoup plus large, où cœur et raison se rencontrent. Voilà la clé. Voilà, je pense, d’une certaine manière, la preuve de la vérité du christianisme : cœur et raison se rencontrent, beauté et vérité se touchent. Et plus nous réussissons nous-mêmes à vivre dans la beauté et dans la vérité, plus la foi pourra redevenir créatrice, y compris à notre époque, et s’exprimer sous une forme artistique convaincante".
Voici sa catéchèse d’il y a deux jours sur les cathédrales romanes et gothiques :
Quand l'Europe se couvrait "d’un blanc manteau de nouvelles églises"
par Benoît XVI
Rome, audience générale du mercredi 18 novembre 2009
Chers frères et sœurs, dans les catéchèses des dernières semaines, j’ai présenté divers aspects de la théologie du Moyen Age. Mais la foi chrétienne profondément enracinée des hommes et des femmes de ce temps-là n’est pas seulement à l’origine de chefs d’œuvre de la littérature théologique, de la pensée et de la foi. Elle a aussi inspiré l’une des plus hautes créations artistiques de la civilisation universelle : les cathédrales, véritable gloire du Moyen Age chrétien.
En effet, pendant environ trois siècles à partir du début du XIe siècle, on voit une extraordinaire ferveur artistique se manifester en Europe. Voici comment un ancien chroniqueur décrit l’enthousiasme et l’ardeur au travail de cette époque : "Il est arrivé que dans le monde entier, mais surtout en Italie et dans les Gaules, on a commencé à reconstruire les églises, même si beaucoup d’entre elles, étant encore en bon état, n’avaient pas besoin d’une telle restauration. C’était comme un concours entre les peuples ; on aurait cru que le monde, se dépouillant de ses guenilles, voulait se vêtir partout d’un blanc manteau de nouvelles églises. En somme, presque toutes les cathédrales, beaucoup d’églises de monastères et même des oratoires de villages, furent alors restaurés par les fidèles" (Rodolphe le Glabre, Historiarum 3, 4).
Divers facteurs ont contribué à cette renaissance de l’architecture religieuse. Tout d’abord, des conditions historiques plus favorables, comme une sécurité politique accrue, accompagnée d’une augmentation constante de la population et du développement progressif des villes, des échanges et de la richesse. De plus, les architectes trouvaient des solutions techniques de plus en plus élaborées pour accroître les dimensions des édifices, tout en garantissant leur solidité et leur majesté.
Toutefois c’est surtout grâce à l’ardeur et au zèle spirituel du monachisme en pleine expansion qu’ont été élevées des églises abbatiales où la liturgie pouvait être célébrée avec dignité et solennité et où les fidèles attirés par la vénération des reliques des saints, buts d’incessants pèlerinages, pouvaient s’arrêter pour prier.
C’est ainsi que sont nées les églises et cathédrales romanes, caractérisées par un développement longitudinal, en longueur, des nefs afin d’accueillir de nombreux fidèles ; des églises très solides, aux murs épais, aux voûtes de pierre et aux lignes simples et essentielles.
Une nouveauté est l’introduction de sculptures. Les églises romanes étant le lieu de la prière monastique et du culte rendu par les fidèles, les sculpteurs, plutôt que de se préoccuper de la perfection technique, veillaient surtout à la finalité éducative. Puisqu’il fallait susciter dans les âmes des impressions fortes, des sentiments qui puissent inciter à fuir le vice, le mal, et à pratiquer la vertu, le bien, le thème récurrent était la représentation du Christ comme juge universel, entouré des personnages de l’Apocalypse.
En général ce sont les portails des églises romanes qui offrent cette représentation, pour souligner que le Christ est la Porte qui mène au Ciel. Les fidèles, en franchissant le seuil de l’édifice sacré, entrent dans un temps et un espace différents de ceux de la vie ordinaire. Au-delà du portail de l’église, ceux qui croyaient au Christ, souverain, juste et miséricordieux, pouvaient, selon l’intention des artistes, avoir un avant-goût de la béatitude éternelle dans la célébration de la liturgie et dans les actes de piété accomplis à l’intérieur de l’édifice sacré.
Aux XIIe et XIIIe siècles, un autre type d’architecture s’est répandu, à partir du nord de la France, pour la construction des édifices sacrés. C’était le gothique, qui avait deux caractéristiques nouvelles par rapport au roman : l’élan vertical et la luminosité.
Les cathédrales gothiques offraient une synthèse de foi et d’art harmonieusement exprimée dans le langage universel et fascinant de la beauté, qui suscite aujourd’hui encore l’émerveillement. L’introduction des voûtes ogivales reposant sur de robustes piliers permit d’augmenter notablement leur hauteur. L’élan vers le haut voulait inviter à la prière et était lui-même une prière. La cathédrale gothique entendait traduire ainsi, dans ses lignes architecturales, la soif que les âmes ont de Dieu.
De plus, grâce aux nouvelles solutions techniques adoptées, les murs extérieurs pouvaient être percés et embellis de vitraux polychromes. Autrement dit, les fenêtres devenaient de grandes images lumineuses, très aptes à instruire le peuple dans la foi. Elles racontaient – scène par scène – la vie d’un saint, une parabole, ou d’autres épisodes bibliques. Depuis les vitraux colorés, un flot de lumière se déversait sur les fidèles pour leur raconter l’histoire du salut et les impliquer dans cette histoire.
Un autre mérite des cathédrales gothiques est que toute la communauté chrétienne et civile participait à leur construction et à leur décoration, chacun à sa façon mais de manière harmonieuse ; les humbles et les puissants y participaient, les analphabètes et les savants, parce que, dans cette maison commune, tous les croyants étaient instruits dans la foi. La sculpture gothique a fait des cathédrales une "Bible de pierre", représentant les épisodes de l’Evangile et expliquant les contenus de l’année liturgique, de la Nativité à la Glorification du Seigneur.
De plus, à cette époque, la perception de l’humanité du Seigneur se répandait de plus en plus et les souffrances de sa Passion étaient représentées de façon réaliste : le Christ souffrant, "Christus patiens", devint une image aimée de tous, capable d’inspirer la piété et le repentir des péchés. Les personnages de l’Ancien Testament étaient également présents et leur histoire devint ainsi familière, comme partie de l’unique et commune histoire du salut, aux fidèles qui fréquentaient les cathédrales,.
Avec ses visages pleins de beauté, de douceur, d’intelligence, la sculpture gothique du XIIIe siècle révèle une piété heureuse et sereine, qui se plaît à répandre une dévotion sincère et filiale envers la Mère de Dieu, parfois vue comme une jeune femme souriante et maternelle, mais surtout représentée comme la souveraine du ciel et de la terre, puissante et miséricordieuse. Les fidèles qui remplissaient les cathédrales gothiques aimaient y trouver aussi des expressions artistiques rappelant les saints, modèles de vie chrétienne et intercesseurs auprès de Dieu.
Les manifestations "laïques" de la vie ne manquaient pas ; voici qu’apparaissent, çà et là, des représentations des travaux des champs, des sciences et des arts. Tout était orienté vers Dieu et lui était offert dans le lieu où se célébrait la liturgie.
On peut mieux comprendre le sens qui était attribué à une cathédrale gothique en lisant le texte de l’inscription gravée sur le portail central de Saint-Denis, à Paris : "Passant, toi qui veux louer la beauté de ces portes, ne te laisse éblouir ni par l’or, ni par la magnificence, mais plutôt par le rude labeur. Ici brille une œuvre célèbre, mais veuille le ciel que cette œuvre célèbre qui brille fasse resplendir les esprits, afin que, avec les vérités lumineuses, ils s’acheminent vers la vraie lumière, où le Christ est la véritable porte".
Chers frères et sœurs, je voudrais maintenant souligner deux aspects de l’art roman et gothique qui sont également utiles pour nous.
Le premier aspect est que les chefs d’œuvre artistiques nés en Europe dans les siècles passés sont incompréhensibles si l’on ne tient pas compte de l’âme religieuse qui les a inspirés. Un artiste qui a toujours témoigné de la rencontre entre esthétique et foi, Marc Chagall, a écrit que "pendant des siècles, les peintres ont trempé leur pinceau dans cet alphabet coloré qu’était la Bible". Quand la foi - en particulier quand elle est célébrée dans la liturgie - rencontre l’art, une harmonie profonde se crée, parce que l’une et l’autre peuvent et veulent parler de Dieu, en rendant visible l’Invisible. Je voudrais partager cela lors de la rencontre du 21 novembre avec les artistes, en leur proposant à nouveau cette amitié entre la spiritualité chrétienne et l’art, souhaitée par mes vénérés prédécesseurs, en particulier par les Serviteurs de Dieu Paul VI et Jean-Paul II.
Le second aspect est que la force du style roman et la splendeur des cathédrales gothiques nous rappellent que la "via pulchritudinis", la voie de la beauté, est un chemin privilégié et fascinant pour s’approcher du Mystère de Dieu. Qu’est-ce que la beauté - que les écrivains, les poètes, les musiciens, les artistes contemplent et traduisent dans leur langage - sinon le reflet de la splendeur du Verbe éternel fait chair ? Saint Augustin affirme : "Interroge la beauté de la terre, interroge la beauté de la mer, interroge la beauté de l’air qui se dilate et se diffuse. Interroge la beauté du ciel, interroge l’ordre des étoiles, interroge le soleil, qui avec sa splendeur éclaire le jour ; interroge la lune, qui avec sa clarté atténue les ténèbres de la nuit. Interroge les bêtes sauvages qui se déplacent dans l’eau, celles qui marchent sur terre, celles qui volent dans les airs : âmes qui se cachent, corps qui se montrent ; visible qui se fait conduire, invisible qui conduit. Interroge-les ! Tous te répondront : Regarde-nous : nous sommes beaux ! Leur beauté les fait connaître. Cette beauté changeante, qui l’a créée, sinon la Beauté Immuable ?" (Sermo CCXLI, 2 : PL 38, 1134).
Chers frères et sœurs, que le Seigneur nous aide à redécouvrir la voie de la beauté comme l’un des itinéraires, peut-être le plus attirant et le plus fascinant, pour parvenir à
Tous les articles de www.chiesa à ce sujet :
> Focus ARTS ET MUSIQUE
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
14:41 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cathedrales, pape, benoit xvi, catechese, moyen-age, christ, artistes, art, foi, europe, beaute, ratzinger, bressanone, pretres, logos, rationalisme, saints, apologie, chant greogrien, mozart, bruckner, bach, palestrina, polyphonie, ecole viennoise, musique, compositeurs, verite, art gothique, art baroque, apocalypse, eglises romanes, architecture, france, voutes ogivales, vitraux, saint-denis, paris, bible, spiritualite, paul vi, jean paul ii, via pulchritudinis, saint augustin |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |








