22.05.2012

Les valeurs de la famille en Afrique, exemple d'une mère au Bénin

1_0_590130.jpegRetour sur la 7 ème rencontre mondiale des familles qui devrait réunir à Milan jusqu’à un million de personne pour la messe du dimanche 3juin. L’objectif de cette rencontre est de redécouvrir la famille comme « patrimoine d’humanité », et la remplacer au centre de l’attention non seulement de l’Église, mais de la société toute entière. L’occasion pour nous d’attirer l’attention sur des situations concrètes, tels des témoignages de vie de famille. 

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19.04.2012

Sept ans de pontificat : Benoît XVI poursuit son chemin

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Trois jours après son 85° anniversaire, Benoît XVI célèbre, ce jeudi 19 avril, ses sept ans de pontificat. Le 19 avril 2005, le cardinal Joseph Ratzinger était désigné par un conclave de 119 cardinaux, pour succéder à Jean-Paul II. Mercredi, à l’audience générale, le Pape a demandé que l’on prie pour sa mission.

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13.10.2011

Le film préféré du pape: "Mission"

africa.jpgAu cours du XIXe siècle, l'Église catholique a réagi à l'offensive laïciste qui se développait en Europe par une spectaculaire expansion missionnaire dans les autres continents. Benoît XVI veut que le miracle se renouvelle aujourd'hui. Son prochain voyage: en Afrique

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28.09.2011

Après l'Allemagne, le Bénin, pour la remise d'une exhortation aux évêques d'Afrique

pape.jpgBenoît XVI se rendra en visite pastorale au Bénin du 18 au 20 novembre. Le point d’orgue de ce voyage sera la publication de l’exhortation apostolique post-synodale sur l’Afrique, résultat du Synode qui s’est tenu en octobre 2009 au Vatican. Toutes les conférences épiscopales africaines seront représentées. Pendant cette courte visite, le Pape pourra également se recueillir à Ouidah sur la tombe du cardinal Bernardin Gantin, qui a passé 30 ans à la Curie romaine, notamment en temps que préfet de la Congrégation pour les évêques et que Benoît XVI a bien connu personnellement. Le cardinal Gantin est mort en 2008. 

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05.08.2011

Ce que veulent les jeunes

jeunes.jpgQue veulent les jeunes catholiques aujourd’hui ? Pour tenter de répondre à cette question à l’approche des Journées Mondiales de la Jeunesse, Radio Vatican vous propose une nouvelle série réalisée par Charles Le Bourgeois : « Ce que veulent les jeunes ». Objectif : donner la parole à des étudiants ou jeunes professionnels, engagés dans des groupes de prière, des associations caritatives ou autres mouvements. Ils nous disent ce qu’ils attendent de l’Église et de la société, comment ils entendent être utiles dans ce monde, et comment ils voient l’avenir. 

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08.10.2009

Audience générale : la figure de saint Jean Léonardi

Une « figure lumineuse de prêtre » qui, au milieu du XVIe siècle, fit du Christ le centre absolu de son œuvre apostolique, s’opposant grâce aux valeurs de l’Évangile à la scission entre foi et raison qui commençait à cette époque à se séparer.

 

audience


À l’occasion de l’Année sacerdotale, Benoît XVI a présenté ce mercredi matin, à l’audience générale place Saint-Pierre, l’histoire de saint Jean Léonardi, fondateur des Clercs réguliers de la Mère de Dieu et patron des pharmaciens, à la veille des quatre cents ans de sa mort. Au terme de l’audience, en ce jour de la fête liturgique de la Vierge du Rosaire, le Pape lui a confié les travaux du Synode des évêques pour l’Afrique en cours au Vatican.

Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>



Résumé de la catéchèse en langue française

Chers frères et sœurs,

Saint Jean Léonardi naquit en 1541. Après avoir envisagé de devenir pharmacien, il fut ordonné prêtre : le Christ devint alors la raison fondamentale de son existence. Toujours passionné par la pharmacie, il n’eut de cesse de transmettre aux hommes « la médecine de Dieu », qui est Jésus-Christ, crucifié et ressuscité, « mesure de toute chose ». A cette fin, il réunit autour de lui des jeunes qui désiraient reconnaître dans la primauté du Christ dans leur vie. Ils deviendront les Clercs réguliers de la Mère de Dieu. Dans son souci de former des prêtres aptes à partir en mission dans les régions lointaines, il jeta les bases du Séminaire pour la Propagation de la foi. Attentif à trouver les remèdes les plus appropriés aux maux de son temps, il incitait chacun à se réformer lui-même. Il rappela que la rencontre avec le Christ se fait dans son Église, sainte mais fragile, enracinée dans l’histoire, ‘où le bon grain et l’ivraie croissent ensemble’, mais toujours Sacrement du Salut.


En cette année sacerdotale et à 400 ans de sa mort, l’attachante et lumineuse figure de Saint Jean Léonardi, homme de Dieu et infatigable éducateur, est un appel pour les prêtres et tous les chrétiens à faire du Christ le critère de notre action et de notre zèle apostolique.

 


* * *


Je salue avec joie les pèlerins francophones, spécialement les participants du Chapitre général des Frères Maristes des Écoles et les membres de la Confédération des Chanoines Réguliers de saint Augustin à l’occasion du 50ème anniversaire de la fondation de la Confédération, ainsi que les pèlerins provenant de Belgique, du Bénin, du Canada, de Suisse et de France. Je vous invite à prier pour vos prêtres et, en ces jours du Synode, pour le cher continent africain. Que Dieu vous bénisse !

28.03.2009

Sida : le pape a scientifiquement raison !

 

 

 

Tout a été dit ou presque ces derniers jours sur la réponse du Pape à une question d'un journaliste de France 2. Le préservatif aggrave-t-il le problème du Sida ? C'est la science et l'expérience qui le disent : le pape a raison. Sur le plan personnel et collectif, seule une sexualité responsable peut enrayer la pandémie. Et les faits montrent que l'Afrique est parfois en avance sur les pays occidentaux dits civilisés. Explication par un chercheur en biologie cellulaire.


COMME D'HABITUDE, une phrase a été sortie de son contexte : qui s'en étonnera ? Les premières réactions maladroites de certains n'ont pas amélioré les choses, en particulier la tentative du service de presse du Vatican d'atténuer les mots du Pape en lui faisant dire que cela "risquait" d'accroître (aumentare en italien) le problème. En revanche il a été fort bien dit, surtout par les Africains eux-mêmes, mais aussi par des Européens, que toute cette affaire relevait d’une forme de racisme.

On ne prétendra jamais qu'un Français par exemple, est incapable s’il le souhaite de respecter scrupuleusement la condamnation du préservatif au nom de la morale catholique. En revanche, tous ceux qui ont réagi en s'en prenant souvent violemment au Pape semblent penser qu'un Africain est trop bête pour y parvenir. De même, il a été rappelé ce que le Pape avait commencé par dire, à savoir que plus d'un quart des malades du SIDA sont soignés par des institutions catholiques, bien plus que toutes les ONG réunies (18% des malades). On pourrait demander combien sont soignés par des organisations antireligieuses, ou bien par une fondation Juppé ou Cohn-Bendit ou... la liste est longue !



Le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ?

Oui ou non le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ? Puisque c'est cette phrase qui a été reprise partout, et que tout le reste a été oublié, je voudrais (re)montrer qu'elle est tout simplement vraie. J'examinerai d'abord sa vérité au plan individuel, puis sa portée à l'échelle des populations et enfin sa réalité pour ce qui est de l'épidémie planétaire.

À première vue, on peut penser que le préservatif est efficace pour une personne ne voulant pas devenir séropositive ou ne voulant pas transmettre sa maladie ; je pense en particulier aux couples où l'une des personne est séropositive, et je ne parlerai pas de ce cas en particulier. On peut en effet sans doute démontrer que plus de gens auraient le SIDA aujourd'hui sans le préservatif, dans le climat de laisser-faire sexuel qui est quasiment mondial. Mais on peut encore plus facilement prouver qu'en respectant la morale sexuelle de la loi naturelle, au moins de temps en temps, nul n'est besoin de préservatif.

Cependant, admettons que pour une personne donnée qui décide d'avoir des relations avec une autre personne dont elle ne sait rien, le préservatif soit un pis aller. Pourtant celui-ci n'est efficace qu'à 85% comme contraceptif chez ceux qui l'utilisent systématiquement, et la plupart des méta-analyses indiquent que son efficacité contre le VIH est de l'ordre de 80 à 90 %. Cela signifie que pour 100 personnes qui utilisent systématiquement un préservatif, entre 10 et 20 seront malgré tout contaminées. C'est moins efficace que les méthodes de régulation naturelle des naissances. Pourtant on nous rabâche à longueur de temps que celles-ci ne sont pas fiables, à tel point qu'elles ont été surnommées "roulette vaticane".

Pourtant une sérieuse étude a montré que la méthode symptothermique est fiable à 99,4% sur une durée d'un an pour les femmes ayant respecté scrupuleusement tous les critères, et un taux de 98,2% en moyenne lors de cette étude [1]. En "utilisation parfaite", le préservatif est supposé être fiable à 98% (85% en utilisation normale), tout comme la méthode symptothermique selon le chiffre retenu par l'OMS [2]. Va-t-on pouvoir nous expliquer pourquoi le "risque" d'avoir un enfant dans 2% des cas est jugé inacceptable, alors même qu'on juge tout à fait supportable le risque de contamination par le virus du SIDA dans les mêmes proportions ? Si on ne fait pas confiance à une méthode de régulation naturelle des naissances, il est surréaliste de faire confiance au préservatif.



À l’échelle d’une population

Voyons maintenant ce que disent les statistiques et la littérature scientifique sur l'évolution de l'épidémie de SIDA à l'échelle d'une population. On a récemment appris qu'à Washington, la prévalence de l'infection par le VIH était d'au moins 3%. Manquerait-on de préservatifs à Washington ? Ce chiffre est supérieur à celui de plusieurs pays de l'Afrique sub-saharienne (1,2% au Bénin ; 1,6% au Burkina-Faso ; 1,7 au Libéria ; 3,1 au Nigéria ; 2,1 en Angola, etc.).

La réalité est plus complexe. En effet plusieurs personnalités scientifiques de premier plan ont montré que la première mesure à prendre est la réduction du nombre de partenaires. C'est d'autant plus important si une personne a plusieurs partenaires dans une même période.

Prenons l'individu A qui a deux partenaires B et C. Supposons que B soit séropositif, il peut contaminer non seulement A, mais aussi C. Normalement, B et C ne se connaissant pas, il ne devrait pas y avoir de risque de transmission de la maladie entre eux. Mais les risques augmentent exponentiellement avec le nombre de partenaires simultanés. Au contraire le simple fait d'être fidèle à une personne, au moins pendant un temps, réduit considérablement ce genre de risques. C'est en substance ce que démontre Helen Epstein dans un essai paru en novembre 2008 dans le British Medical Journal [3].

H. Epstein est une journaliste indépendante et spécialiste de santé publique dans les pays en voie de développement, auteur notamment de The Invisible Cure: Why We Are Losing The Fight Against AIDS in Africa. De même, une étude essentielle parue dans Science en 2004 démontre que le succès obtenu en Ouganda a été rendu possible en réduisant considérablement le nombre de partenaires et en retardant l'âge des premières relations [4]. Et cette étude a été confirmée [5]. Autrement dit, fidélité et abstinence sont les clés de la lutte contre l'épidémie de SIDA.

En Ouganda en particulier, la chute de la prévalence de séropositivité a précédé de plusieurs années l'arrivée massive des préservatifs. Les autres pays où une baisse sensible de l'épidémie est directement liée à la réduction du nombre de partenaires incluent le Kenya, Haïti, le Zimbabwe, la Thaïlande et le Cambodge [6]. On pourrait également citer James D. Shelton et son "commentaire" publié dans The Lancet fin 2007 sur les dix mythes de l'épidémie de SIDA parmi lesquels on trouve "les préservatifs sont la solution" [7]. Tout comme Helen Field, Shelton, qui appartient à l'USAID (Agence américaine pour le développement international) recommande avant tout de faire baisser le nombre de partenaires simultanés.

 


Le préservatif donne le goût du risque

Un autre argument a été avancé par Edward C. Green qui est le directeur d'un programme de recherche sur la prévention du SIDA à l'université de Harvard. Il s'est fait remarqué la semaine dernière en prenant fait et cause pour le Pape. Dans un entretien accordé à la revue américaine National Review il a déclaré :

« Le Pape a raison, ou bien disons que tous les indices dont nous disposons vont dans le même sens que ce qu'a dit le Pape [...]. Il a été prouvé que les préservatifs ne sont pas efficaces au niveau d'une population. Il y a un lien récurrent, démontré par nos meilleurs études, y compris les "Demographic Health Surveys" financées par les États-Unis, entre une plus grande disponibilité et utilisation des préservatifs et un taux d'infection au VIH plus élevé (et non moins élevé). Ceci peut être dû en partie au phénomène connu sous le nom de "compensation du risque", ce qui signifie que si quelqu'un utilise une technique de réduction d'un risque comme le préservatif, il perd souvent le bénéfice de cette réduction en compensant, ou prenant plus de risques que s'il n'avait pas utilisé cette technique » [8] (traduction AB).


Cette explication est une des clés pour comprendre pourquoi le préservatif est à long terme une mauvaise solution. Tôt ou tard on se lasse de prendre des précautions, et le résultat se manifeste notamment aujourd'hui à Washington avec une reprise tragique de l'épidémie. Et avant qu'on explique que Green est à la solde du pape, il est bon d'ajouter qu'il est agnostique.

 


À l’échelle de la planète

Passons pour finir à l'échelle de la planète. Nous savons que seuls une réduction drastique du nombre de partenaires, ainsi qu'un âge plus tardif pour le début de l'activité sexuelle sont essentiels pour faire baisser de façon très importante l'épidémie de SIDA. Cela est possible puisqu'en Ouganda on est passé de 25 % à environ 6% de personnes infectées en l'espace de 10-15 ans [4]. Ce qui a pu être fait avec peu de moyens dans un pays souvent en proie à l'instabilité peut être fait ailleurs. L'ennui c'est que pour obtenir l'éradication d'une maladie, il faut que tout le monde joue le jeu. Or il est clair qu'aujourd'hui on ne se donne pas les moyens d'arriver à ce résultat autrement qu'en recherchant des traitements ou un vaccin. En ce sens la promotion du préservatif aggrave donc le problème. Tant que la principale façon de lutter est de promouvoir une solution non fiable dans un cas sur six ou sept au détriment d'un changement de comportement, on n'arrivera jamais à enrayer l'épidémie.

Tous ceux qui s'étonnent que le Pape soit catholique devraient s'apercevoir que son raisonnement, loin d'être idéologique ou simplement moraliste, est scientifiquement le plus valide. Peut-être est-il irréaliste à court terme dans la mesure où la fidélité et l'abstinence sont des valeurs très décriées de nos jours, mais sur le long terme, la seule solution est une prise de conscience de la valeur de la sexualité humaine.

« On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels (Benoît XVI) [9]. »

27 mars 2009 | Albert Barrois

*Albert Barrois est le pseudonyme d’un scientifique, docteur en biologie cellulaire.

 


[1] Frank-Herrmann et al (2007). « The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. » Hum Reprod, 22, 1310-1319.
[2] Document à télécharger (voir le tableau 1).
[3] Epstein H (2008). « AIDS and the irrational. » British Medical Journal, 337, a2638.
[4] Stoneburner & Low-Beer (2004). « Population-level HIV declines and behavioral risk avoidance in Uganda. » Science, 304, 714-718.
[5] Kirby D (2008) « Changes in sexual behaviour leading to the decline in the prevalence of HIV in Uganda : confirmation from multiple sources of evidence », Sex Transm Inf 84; ii35-ii41
[6] Green & Ruark. First Things, avril 2008. First Things est une revue catholique américaine.
[7] Shelton JD (2007). « Ten myths and one truth about generalised HIV epidemics. » The Lancet, 370, 1809-1811.
[8] Dans un article de Kathryn Jean Lopez, publié en ligne le 19 mars.
[9] Suite de la réponse de Benoît XVI.

 

libertepolitique.com

22.05.2008

Hommage au Cardinal Gantin

Beaucoup de personnes peuvent réclamer le droit de parler de la grande figure africaine de l'Église, qui vient de nous quitter, le Cardinal Gantin. Il faut le leur concéder dès lors que ce qu’ils veulent restituer, comme devoir de mémoire, n’est pas seulement de l’ordre du fait divers. Le personnage a donné à tant de monde.

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La mort du Cardinal Gantin, premier Africain de la Curie romaine, tourne la première page de l’universalisation de la plus grande instance de régulation de la vie de l’Église Catholique. Il s’est dérobé systématiquement à toute biographie, en affirmant que ce qui se fait à un certain niveau de responsabilité est rarement l’œuvre d’une seule personne. C'était sa manière de fuir les hagiographies aux accents excessifs.
 
Et pourtant, il méritait admiration et respect pour ce qu'il a été pour l'Église universelle. Les théologiens du Bénin ont seulement réussi à offrir des « Mélanges » à son honneur, pour le bien de l’Église qu’il a si dignement servie. Plusieurs de ses amis de la Curie, dont le Cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI, ont contribué à cette œuvre. Ce n’était pas de trop. Les missionnaires ont toujours été fiers d’avoir donné à l’Église Universelle un fruit aussi riche de qualités humaines, de finesse intellectuelle et de générosité de cœur que fut le premier Noir de la Curie romaine. Il le leur a si souvent bien rendu que certains se demandaient s’ils ne trahissaient pas quelque peu leurs combats de libération culturelle et politique.
 
C’est mal connaître l’homme. Il distinguait toujours dans sa stratégie pastorale du devoir l’essentiel et le secondaire. Pour lui, l’essentiel est l’amour et le respect de la personne humaine. Il assumait ce devoir avec discrétion, en donnant une densité humaine exceptionnelle aux gestes symboliques qui parlent d’eux-mêmes.
 
Le cardinal Gantin apparaissait un peu comme le phœnix au milieu de ses collègues : il écoutait et était influent dans les milieux qui comptaient au Vatican. On a cherché à le classer… Ce jeu a ses limites et convient mal aux hommes de cœur.
 
Avec le départ du Cardinal Gantin, la dernière des grandes figures de l’épiscopat ouest-africain, toutes admirées dans leurs pays et respectées à l’extérieur, s’éteint. Il voulait et tenait à passer ses vieux jours et à mourir chez lui au Bénin. Ce désir était presqu’une obsession. Il n’avait pas compté avec la volonté de Dieu. Les grands hommes n’appartiennent pas à un coin mais à l’humanité dont ils ont servi la cause.
 
Qu’on me permette de faire une lecture spirituelle de sa fin. C’est le petit Bénin, terre de pauvreté matérielle, qui l’a donné à l’Église universelle où il a investi le meilleur de son cœur. Sa vie s’est éteinte en France, terre de vielles chrétientés, comme il n’aurait pas voulu, mais comme Dieu a voulu. En France, il a séduit les pèlerins du Congrès eucharistique à Lourdes, comme légat du pape Jean-Paul II, empêché par la fameuse tentative d’assassinat.
 
Si l’on s’en tient à ce qui peut s’écrire à une telle circonstance, disons qu’il a vécu ses moments de passion avec les affaires Lefebvre et Gaillot. On ne l'a pas jugé sur son devoir accompli mais sur la couleur de sa peau et ses origines. Ce n’est pas le fait du hasard que le cardinal Gantin meurt en France. Il renouait dans la mort avec le meilleur de lui-même et cette terre où il compte de solides amitiés... Il voulait "mourir local", cela ne convenait pas à sa vie. C’est au service de l’Église universelle qu’il a révélé son envergure humaine et chrétienne. C’est ce pays des missionnaires, symbole à mes yeux d’une part de cette universalité, de l'Église, qui redonne son corps à sa terre natale qu’il aime tant. Il pourra désormais la féconder des dons reçus de partout.

(Alphonse QUENUM, Recteur de l'Ucao, Université Catholique de l'Afrique occidentale)
(MISNA)

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15.05.2008

Benoît XVI rend hommage au cardinal Bernardin Gantin

Télégramme de condoléances à l’archevêque de Cotonou
 
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ROME, Mercredi 14 mai 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI rend hommage au cardinal Bernardin Gantin (voir photo) comme à un « fils éminent du Bénin et de l'Afrique, estimé de tous et animé par un esprit profondément apostolique ».

Le pape a en effet fait parvenir un télégramme de condoléances à Mgr Marcel Honorat Léon Agboton, archevêque de Cotonou, après le décès, le 13 mai, à Paris du cardinal Bernardin Gantin, doyen émérite du collège cardinalice.

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Le Cardinal Gantin jeune 

Benoît XVI exprimé sa « fervente union dans la prière avec les évêques de la Conférence épiscopale du Bénin, avec les fidèles du diocèse de Cotonou et de tout le pays, ainsi qu'avec la famille du défunt et les personnes que touchent ce deuil ».

Il demande « à Dieu, Père de toute miséricorde, d'accueillir dans sa lumière et dans sa paix ce fils éminent du Bénin et de l'Afrique, estimé de tous et animé par un esprit profondément apostolique ».

Benoît XVI souligne son « sens élevé de l'Eglise et de sa mission dans le monde ».

Le pape rend grâce « pour un ministère qui fut si fécond, d'abord comme archevêque de Cotonou, puis pendant de nombreuses années au service du Saint-Siège ».

18:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, vatican, benin, cardinaux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

08.02.2008

Bénin: Souris, c'est le Carême

AFRIQUE/BENIN - « Souris, c’est le Carême ! » : lettre de l’Evêque de Natitingou

“Le mot Carême ne signifie pas tristesse, amertume, aridité… C’est plutôt un temps privilégié de 40 jours que l’Eglise nous donne. Dans la Bible le nombre quarante évoque une période particulière dans laquelle Dieu nous invite à vivre avec Lui. Etre avec Dieu, quel bonheur ! Mais peut-on être heureux sans sourire ? ». C’est la question que pose Son Exc. Mgr Pascal N’Koue, Evêque de Natitingou (Bénin), dans le périodique “Vie diocésaine de Natitingou” de février 2008.

Répondant à la question « pourquoi sourire ? », l’évêque explique que le « sourire franc et sincère exprime la substance de notre foi. Celui qui ne croit pas et n’a aucune espérance en Dieu Amour reste sombre et lugubre. Au contraire, celui qui aime et prend conscience d’être aimé de Dieu, vit dans la joie de Dieu. Et tout lui est joie. Cette joie augmente son dynamisme et devient contagieuse ».

Celui qui ne sourit pas déprime facilement, couve de mauvaises pensées, son cœur est en guerre contre tous. Celui qui sourit, même pendant les épreuves, sait qu’après la pluie arrive la sérénité. « A l’homme qui sourit, même les obstacles servent d’échelle pour grandir en sainteté » affirme l’évêque, qui poursuit : « Le Carême nous est donné pour revenir à Dieu, tourner nos cœurs vers Dieu. Si notre environnement spirituel est moral est pollué, il faut prendre les mesures adéquates ».

L’Evêque de Natitingou exhorte à remettre le vrai sourire au cœur de nos relations : « moins l’on sourit, plus les tentations augmentent, alors souriez ! »… Offrez un sourire à ceux qui vous refusent le leur, à vos voisins ou parents qui vous énervent, à vos supérieurs qui peut-être sont devenus une croix lourde pour vous, à votre curé, à votre évêque… A notre sourire on pourra reconnaître si nous faisons un bon Carême ».

La Bible ne nous parle pas de sourire, ne nous dit pas que Jésus souriait, cependant « si les enfants lui courraient derrière, c’est parce qu’il leur souriait facilement et généreusement. Les enfants fuient comme la peste les personnes qui ne leur montrent pas un visage souriant. Le sourire attire plus que l’or et que l’argent, surtout le sourire pur, innocent et désintéressé de l’enfant, du pauvre ou du simple. Rappelez-vous le sourire lumineux de Jean-Paul II et de Mère Térésa. Oui, quand le cœur repose en Dieu, le sourire est attachant, céleste, divin ».
 
Mgr N’Koue exhorte : « priez, jeûnez, multipliez les bonnes œuvres autour de vous, mais n’oubliez pas de sourire surtout à vos ennemis. C’est le Carême, aidez-vous les uns les autres, aimez-vous, réconciliez-vous, pardonnez-vous, arrêtez de vous poursuivre ; en un mot souriez-vous de bon gré, parce que le sourire rend tout beau ». Après quelques conseils pratiques pour vivre le Carême, l’Evêque exhorte à remettre Dieu au centre de nos vies, de nos familles, de nos communautés, et conclut :
« Dans la joie de l’Esprit Saint, que chacun se tourne vraiment vers Dieu chaque jour de Carême ».
 
(Source : Agence Fides 6/2/2008)


Texte intégral de la lettre de l’Evêque de Natitingou, en français
 
 
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