21/05/2010

Homophobie: 'les chiffres qui parlent'

À l’occasion de la Journée internationale contre l'homophobie, le 17 mai dernier, SOS-Homophobie vient de publier son rapport annuel concernant la France. Des chiffres accablants : le nombre d'agressions physiques est passé de... 61 en 2008 à 88 en 2009. La même semaine, on apprend que les coups et blessures contre les personnes âgées ont augmenté de 45,4 % entre 2002 et 2009.

Depuis six ans, SOS Homophobie reçoit chaque année plus de 1.200 témoignages. Très sérieusement, l’association nous apprend que ces agressions se produisent à plus de 47% dans des lieux publics (47% de 88 = 41), qu’elles sont plus nombreuses en province (60%) qu'en Ile-de-France (60% de 88 = 52), qu’elles touchent majoritairement les hommes (76%) (76% de 88 = 67), et de plus en plus de jeunes victimes, de 18 à 24 ans (22 cas en 2009 contre 6 en 2008).

Mais que fait l'association SOS Homophobie ? Depuis 1994, l’association lutte contre ces phénomènes « gangrénant » la société : la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie (LGBT) ». Sa mission est d’aider « à une meilleure acceptation de la diversité des orientations sexuelles », mais aussi des « identités de genre » : il s’agit de « faire prendre conscience de la violence dont les homosexuel-le-s et trans (sic) peuvent être victimes ».

Les relais officiels de cette association ne font pas défaut. Pour la deuxième année consécutive, le ministère de l'Éducation nationale organise une campagne d'affichage de sensibilisation contre l’homophobie dans les établissements du secondaire. Elle comprend une promotion de la ligne Azur, un numéro destiné aux jeunes qui s'interrogent sur leur orientation sexuelle.

En plus de quinze ans, les campagnes de SOS-Homophobie se soldent donc par un constat d’échec : en une année, le nombre d’agressions dont ont été victimes des personnes homosexuelles a fait un bond de 44%. Ce chiffre considérable, 88 agressions, rapporté aux 315.000 agressions qui ont frappé des personnes âgées en 2008 (source : rapport Courtial, mai 2010), est en effet à prendre au sérieux.

Faisons une suggestion : le silence sur la banalisation obligatoire de l’homosexualité ferait peut-être davantage de bien aux personnes homosexuelles. En outre, l’argent public dépensé pour protéger les homosexuels de l’horreur homophobe, non seulement sans grand succès, mais au risque d’exacerber les violences, pourrait être mis à profit pour venir davantage en aide aux personnes âgées.


Sources : Le Monde (15/05), Lepetitjournal.com (13/05), Le Figaro (17/05), SOS-Homophobie