06.08.2009

Les chrétiens pakistanais demandent l'abolition des lois anti-blasphème

L’horreur au Pakistan dans le village de Gojra, dans l'État du Punjab : huit chrétiens, dont un bébé et quatre femmes ont été brûlés vifs samedi par des fondamentalistes musulmans. C’est bien en tant que chrétiens que les membres de cette communauté ont été attaqués. Un drame condamné par les autorités du pays.

 

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Les écoles et universités chrétiennes ont fermé leurs portes, en signe de deuil, pour trois jours, en mémoire des victimes de ces attaques au Pendjab. L’évêque de Karachi a annoncé que les chrétiens allaient exprimer pacifiquement leur colère et leur inquiétude. Islamabad a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête spéciale. L’Italie a demandé l’intervention de l’Union européenne.


Retour sur ces événements avec Emmanuel Derville. Ecoutez Radio Vatican : >>

Le Pape a évoqué ce drame dans son intention missionnaire du mois d’août. Il invite à prier pour les chrétiens qui sont discriminés et persécutés à cause du nom du Christ, afin que leur soit reconnus droits de l’homme, égalité et liberté religieuse. À la suite de ces émeutes le cardinal-secrétaire d’État Tarcisio Bertone a également fait parvenir lundi 3 août au nom de Benoît XVI, le télégramme de condoléances suivant à l’évêque du diocèse de Faisalabad :

À Son Excellence Joseph Coutts
Évêque de Faisalabad

Le Saint-Père a été profondément attristé d’apprendre la nouvelle de l’attaque privée de sens contre la communauté chrétienne de Gojra qui a causé la mort tragique d’hommes, de femmes et d’enfants innocents, ainsi que de grandes destructions. Il vous prie de transmettre ses sincères condoléances aux familles des victimes et d’exprimer sa solidarité à tous ceux qui ont été touchés par cet acte gratuit. Sa Sainteté vous charge par la même occasion d’ encourager vivement toute la communauté diocésaine et tous les chrétiens du Pakistan à ne pas relâcher leurs efforts pour la construction d’une société qui, avec une profonde confiance dans les valeurs religieuses et humaines, soit fondée sur le respect mutuel entre tous ses membres. Au nom de Dieu, il appelle chacun à renoncer à la violence, cause de trop nombreuses souffrances, et à s’engager sur la voie de la paix. Aux familles et à tous ceux qui pleurent leurs morts, dans la foi et l’espérance qui tire sa certitude de la Résurrection, le Saint-Père donne sa Bénédiction apostolique, comme promesse de consolation et de force dans le Seigneur.

Cardinal Tarcisio Bertone
Secrétaire d’État.



Enfin, les chrétiens accusent les autorités locales de négligence. Ils demandent au gouvernement pakistanais de leur garantir une meilleure protection et de punir les auteurs de ces attaques. Profaner le Coran est passible de la peine de mort au Pakistan, où l'islam est la religion dominante. Interrogé sur notre antenne, le nonce apostolique au Pakistan a dénoncé les lois anti-blasphème. Mgr Adolfo Yllana. Ecoutez sur Radio Vatican : >>

Au Pakistan, « les attaques antichrétiennes sont préméditées. Mais on ne peut pas parler pour autant de plan orchestré visant à éliminer les chrétiens ». C’est l’archevêque de Lahore qui l’a affirmé, réagissant au nouveau pogrom antichrétien perpétré samedi dans la petite ville de Gojra. L’Eglise catholique – a-t-il annoncé – entend réclamer l’abolition de la loi anti-blasphème, instrumentalisée par des groupes qui veulent assujettir la minorité chrétienne. A Genève, le Conseil œcuménique des Eglises a lancé, de son coté, un appel au président pakistanais afin que l’Etat protège davantage les chrétiens.
Le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, estime que les violences de samedi auraient pu être évitées si la police et les forces de sécurité avaient pris des mesures contre les groupes de militants islamistes qui ne cessent de menacer les minorités chrétiennes.

30.07.2009

Risque de « talibanisation » au Nigeria

Risque de « talibanisation » au Nigeria


Au moins 500 victimes après la nouvelle flambée de violence

 

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ROME, Jeudi 30 juillet 2009 (ZENIT.org). - Le Nigéria court le risque de se retrouver sous le joug d'une islamisation radicale, affirme le père Obiora Ike, directeur de l'Institut catholique pour le développement, la justice et la paix dans l'Etat nigérian d'Enugu.

Evoquant les derniers affrontements entre jeunes activistes du groupe islamique radical Boko Haram (« L'instruction est un péché ») et les forces de sécurité nigérianes, faisant près de 500 victimes dans le nord-est du Nigéria, le père Ike craint une « Talibanisation » du pays.  

Pour le père Ike, interrogé par l'association caritative internationale Aide à l'Eglise en détresse (AED), les violences, qui durent depuis le 24 juillet, sont « montées d'un cran ». 

Ces violences, qui ont débuté le week-end dernier dans la ville de Bauchi, capitale de l'Etat éponyme, ont éclaté suite à l'arrestation de chefs du groupe Boko Haram avant de s'étendre à Yobe, Kano et Borno, trois autres Etats du nord-est du Nigeria. 

Dans ces Etats, les activistes du groupe Boko Haram s'en sont pris aux forces de l'ordre. Ils exigent l'instauration de la charia, la loi islamique, au Nigeria. 

« Jusqu'ici les islamistes s'en prenaient exclusivement aux chrétiens, mais de nouveaux groupes radicaux se sont désormais formés et prennent pour cible toutes les 'agences occidentales' et d'autres musulmans », a expliqué le père Ike. 

Les actes de violence perpétrés par des groupes comme celui de Boko Haram, a-t-il relevé, sont aussi dirigés contre les gouvernements des Etats qui ont introduit la charia. 

Depuis 2000, la loi islamique a été renforcée dans 12 des 36 Etats nigérians, touchant surtout les questions familiales et les affaires pénales.  

Le père Ike craint que la croissance du groupe Boko Haram ne soit le présage d'un plus vaste mouvement qui risque de s'étendre dans tout le pays. 

Selon lui, ces groupes qualifient de « décadentes » l'instruction dispensée dans les écoles et les universités occidentales. Il souligne également que ces derniers pourraient s'en prendre aussi aux structures éducatives musulmanes. 

Le père Ike a demandé aux gouvernements occidentaux de soutenir le Nigeria dans sa lutte contre les militants islamiques, en garantissant l'instruction et en réduisant la pauvreté. 

Les problèmes actuels, estime-t-il, viennent du « manque d'instruction, du manque de travail, de l'absence de compétences, du peu d'argent et du nombre insuffisant d'emplois qui font que beaucoup ont du mal à donner un sens à leur vie ». 

« Ceci porte à des abus idéologiques et encourage le détournement de la jeunesse par des terroristes », a-t-il ajouté. 

Selon un rapport de l'AED, publié en 2008, sur les chrétiens opprimés pour leur foi, les communautés chrétiennes, dans les 12 Etats nigérians où la charia est appliquée, sont victimes d'intolérance et de discrimination.

A cela s'ajoutent de fausses accusations de blasphème vis à vis de l'islam, la démolition des lieux de culte chrétiens, l'enlèvement et la conversion forcée d'adolescents, surtout de jeunes filles, à l'islam. 

31.07.2008

L'expérience interdite, témoignage du Père Joseph-Marie Verlinde