18.11.2010

Vers une nouvelle étape du dialogue oecuménique - Entretien avec le cardinal Ricard

"Vers une nouvelle étape du dialogue œcuménique", c’est le thème de l’assemblée plénière du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens qui se tient actuellement au Vatican. La rencontre a été ouverte, ce lundi, par Mgr Kurt Koch, le président de ce dicastère. Parmi les thèmes abordés : l’engagement œcuménique au Moyen-Orient, l’œcuménisme en Afrique, ou encore les rapports avec le judaïsme et l’anglicanisme.

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17.02.2010

France: Un document épiscopal pour raviver notre espérance

En novembre 2007, l'assemblée plénière des évêques de France réunie à Lourdes avait voté la mise en place d'un groupe de travail sur « Indifférence religieuse et visibilité de l'Eglise ».

 

Mgr. Claude Dagens
source: CEF


Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême, avait été élu président de ce groupe de travail, qui comptait également Mgr Jacques Blaquart, évêque auxiliaire de Bordeaux, Mgr Yves Patenôtre, archevêque de Sens, évêque d'Auxerre et évêque-prélat de la Mission de France, Mgr Pascal Wintzer, évêque auxiliaire de Poitiers. Des experts ont également participé à la réflexion de ce groupe de travail, dont le Père Jean Quris, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, a été secrétaire.


L'évolution de ce travail a été présentée au cours des assemblées de l'année 2008 et de celle d'avril 2009. Le 3 novembre 2009, tenant compte des débats et remarques de l'assemblée, comme de consultations extérieures, Mgr Claude Dagens a introduit et présenté le rapport final. Cette introduction et le texte de ce rapport constituent le présent ouvrage : Entre épreuves et renouveaux, la passion de l'Evangile : Indifférence religieuse, visibilité de l'Eglise et évangélisation.

 

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Ce rapport comporte trois parties : « Le paradoxe chrétien », « L'identité catholique dans la société française » et « La visibilité de l'Eglise ». A l'issue de ces chapitres, comme en conclusion, des pistes pédagogiques et pastorales sont proposées.

A travers l'ouvrage "Entre épreuves et renouveaux, la passion de l'Evangile : Indifférence religieuse, visibilité de l'Eglise et évangélisation" Mgr Dagens et le groupe de travail épiscopal, développent une démarche éthique et spirituelle : la passion de l'Evangile ne cesse d'être la source de notre vie. Un livre précieux pour faire route vers Pâques.

Nouvelle du salut annoncée aux hommes par Jésus.

En ces temps bousculés, les évêques de France, par la plume de Mgr Dagens, proposent des raisons d'avancer lucidement et fraternellement dans la pratique de l'évangélisation. Ni le durcissement identitaire, ni le mimétisme social ne sont la voie respectant le dessein de Dieu envers l'humanité. Sans occulter les souffrances de ce temps, Mgr Dagens et le groupe de travail qu'il a animé, développent une démarche éthique et spirituelle : la passion de l'Evangile ne cesse d'être la source de notre vie. Elles sont nombreuses les questions posées par l'indifférence religieuse et la visibilité de l'Eglise. Ce document invite chacun à aiguiser son attention aux signes qui attestent l'enfantement continu d'un monde délivré du mal. « L'action de l'Eglise s'enracine dans cette révélation décisive. L'Eglise est envoyée dans le monde pour participer à cet enfantement et pour en témoigner. Même quand elle est blessée, elle ne peut pas se lasser de porter ce témoignage ».

Ce rapport, présenté à l'Assemblée de Lourdes en novembre 2009, est un outil à diffuser largement. A travailler en équipes locales. A méditer ! La participation à des communautés fraternelles et apostoliques ne serait-elle pas la réponse de chacun à la visibilité sacramentelle de l'Eglise tant attendue ? Le Carême qui s'ouvre est une véritable retraite personnelle et communautaire. Puisse la Pâque de Jésus « entre épreuves et renouveaux » raviver notre élan ecclésial. Ce texte conjugue réflexion théologique, pistes pédagogiques, attitudes pastorales et invitation à la Lectio divina. Les paroisses, services, et mouvements, y trouveront de quoi exercer le discernement et nourrir l'échange. L'identité catholique, dont il est ici question, est présentée dans toute l'exigence de son déploiement dans notre société, en n'omettant aucune dimension : assumer la Tradition catholique, revaloriser l'appartenance à l'Eglise, réapprendre à parler aux autres de notre foi.

Ce livre est précieux pour faire route vers Pâques, dans la conversion des cœurs. Ne rien éluder des interrogations existentielles, mais croire qu'elles peuvent aussi être fécondes quand elles procurent aux chrétiens des raisons d'avancer. Les évêques de France appellent à témoigner d'une « espérance ouverte à Dieu, à son travail dans le monde qui prépare l'avènement du Royaume ».

Mgr Bernard Podvin
Porte-parole de la Conférence des évêques de France

 

 



 


05.11.2009

Suite des travaux de la Conférence des évêques de France

Les Évêques de France réunis en assemblée plénière depuis mardi à Lourdes, poursuivent leurs travaux. Plusieurs questions ont déjà été abordées : la place des laïcs dans l’Eglise, la situation des prêtres aujourd’hui en France, la bioéthique mais aussi l’avenir des communautés chrétiennes, un gros dossier porté par le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France.

 

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Autre sujet débattu dans l’hémicycle Sainte-Bernadette : l’enseignement catholique supérieur. Un état des lieux a été présenté ce jeudi par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux.

Dès l’ouverture de cette 49e assemblée plénière ce mardi, c’est Monseigneur Claude Dagens qui a pris la parole pour présenter les fruits de la réflexion du groupe de travail qu’il a animé depuis novembre 2008 sur « l’indifférence religieuse, la visibilité de l’Eglise et l’évangélisation ». Il nous livre les grandes lignes de ce rapport au micro de Claire Malapert sur Radio Vatican: >>

17.09.2009

Audience générale : Syméon le Nouveau Théologien

 

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« La vraie connaissance de Dieu ne vient pas des livres mais de l’expérience spirituelle ». Le Pape a rappelé ce matin l’un des enseignements de Syméon le Nouveau théologien, un moine oriental du 10e siècle. Au cours de l’Audience générale dans la salle Paul VI au Vatican, en présence de 8 000 fidèles, Benoît XVI a souligné l’importance de ne pas négliger sa propre croissance intérieure qui « consiste à connaître Dieu et à entrer en communion avec Lui pour faire l’expérience de son aide à tout moment et en toute circonstance ».

Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>


Résumé de la catéchèse en langue française

Chers Frères et Sœurs,

Syméon le Nouveau Théologien est né en Asie mineure, en 949. Après quelque temps au service de l’Empereur, à Constantinople, il s’orienta vers la vie monastique qu’il mena dans plusieurs monastères de cette ville. Ses écrits ont exercé une grande influence sur la théologie et la spiritualité de l’Orient, en particulier pour ce qui concerne l’expérience de l’union mystique avec Dieu. Syméon a concentré sa réflexion sur la présence de l’Esprit Saint dans les baptisés et sur la conscience qu’ils doivent en avoir. La vraie connaissance de Dieu vient de l’expérience spirituelle. Elle est le fruit du Baptême dans l’existence de tout fidèle sérieusement engagé.

Ce moine oriental nous appelle à porter une grande attention à notre vie spirituelle. L’amour de Dieu grandit en nous si nous demeurons unis à lui par la prière et par l’écoute de sa parole. Il nous fait ouvrir notre cœur aux autres et nous rend sensibles à leurs besoins, nous les faisant considérer comme des frères et nous invitant à répondre à la haine par l’amour et à l’offense par le pardon.


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Je suis heureux d’accueillir les pèlerins de langue française. Je salue en particulier les membres de la délégation parlementaire « France-Saint-Siège » et les séminaristes du séminaire Saint-Joseph, de Bordeaux. Que Syméon le Nouveau Théologien vous aide à toujours mieux comprendre que pour le disciple de Jésus l’essentiel est de grandir dans l’amour et dans la connaissance de Dieu. Avec ma Bénédiction apostolique !

27.02.2009

Pour comprendre la crise à la Guadeloupe (et à la Maritinique)

 

Une grave crise sociale bouleverse la Guadeloupe depuis maintenant cinq semaines. La Martinique est touchée aussi, depuis moins longtemps, de façon moins abrupte, mais pour les mêmes raisons. Entre désordres objectifs, racisme et manipulations, analyse de la situation depuis Pointe-à-Pitre par un Français d'origine créole, correspondant de Liberté politique.


Rappelons que la Guadeloupe et la Martinique sont françaises depuis 1635. Que le peuplement est hétérogène, composé de Blancs originaires de la métropole, dès l'origine (pour la plupart des descendants d'engagés, des “36 mois” comme on les appelait, qui ont fait souche, et quelques familles aristocratiques ; de Noirs, descendants d'Africains achetés en Afrique à des Africains, et importés, comme esclaves par le moyen du commerce triangulaire, la Traite, jusqu'à l'interdiction de celle-ci dans la première moitié du XIXe siècle ; d'Indiens (des Indes) depuis 1852, pour pallier à des problèmes de main d'œuvre, et qui se sont établis dans les îles, où ils composent une ethnie parfaitement assimilée ; des Syro-libanais et des émigrés italiens depuis un siècle, etc.

De la rencontre de tous ces groupes sont issus les métis qui constituent la grande majorité des habitants de la Guadeloupe. La représentation binaire « Blancs/Noirs » est fausse.



Rappel historique

L'esclavage a été aboli définitivement en 1848. Les îles sont demeurées des colonies jusqu'à la loi de départementalisation de 1946, qui fut passionnément réclamée par les autochtones, et dont le rapporteur à l'Assemblée nationale en 1946, fut Aimé Césaire.

La départementalisation des « vieilles colonies » entraîna de grands changements sur place.

En 1946, le retard de développement des îles, situées, de plus, à des milliers de kilomètres de l'hexagone, à une époque où les moyens de déplacement et de télécommunications étaient fort différents de ce qu'ils sont devenus, et alors que la France en ruines, au sortir de la guerre, devait tout entière se reconstruire, ne pouvait se rattraper en quelques incantations.

La départementalisation s'est donc effectuée par étapes : politique, sociale, économique.

En théorie, elle est, en 2009, à peu près achevée. Dans la pratique, il reste encore à faire, il demeure des dysfonctionnements, des habitudes, et des mentalités, héritées du passé, et ceci dans toutes les catégories sociales (qui coïncident aussi, parfois, moins qu'on ne le dit ces jours-ci, mais tout de même partiellement, avec des catégories ethniques : la partie blanche de la population pesant, par exemple, d'un poids économique plus important que sa représentation démographique). Concluons ce trop bref, et indispensable rappel historique, par le constat que de vieilles colonies, à l'économie archaïque, et aux mentalités « traditionnelles », sont entrées il y a soixante ans, d'un seul coup, dans ce grand courant de la « modernité » qui secoue et déstructure des sociétés bien plus vastes et organisées. D'où certaines difficultés parfois, à suivre le mouvement ou à s'y adapter.



Les soubassements d'une crise

La crise en cours, depuis le 21 janvier dernier, a éclaté à l'initiative du collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon - LKP (c'est-à-dire Association contre l'exploitation), qui fédère une cinquantaine de syndicats et d'associations, de très inégale importance, dont le plus influent est le très musclé (et politiquement indépendantiste) UGTG (Union générale des travailleurs guadeloupéens) dont l'actuel président Elie Domota, est aussi le président de Liyannaj.

Les revendications, sont au nombre d'environ 140, dont certaines très farfelues (par exemple « l'arrêt immédiat de toute violence faite aux femmes » !).

La plus importante, celle qui vaut au Collectif, une certaine popularité auprès de gens qui n'ont, par ailleurs, aucune velléité séparatiste, est la baisse du coût de la vie, et l'élévation, « immédiate », de tous les salaires, d'au moins deux cents euros (net). La protestation contre la vie chère ne peut qu'être populaire.

Certes ! la position des départements d'outre-mer, sur les plans économiques, social, sanitaire, etc., suscite l'envie de tout l'arc antillais. En témoigne l'afflux d'immigrants dans nos DOM de milliers et milliers d'Haïtiens, Dominicains, Dominicais, Sainte-Luciens, etc.

Mais la plus grande cherté de la vie en Guadeloupe (et en Martinique) qu'en métropole est incontestable. Il y a à cela des causes objectives.

D'abord le handicap de l'insularité (la Guadeloupe est à 6700 km de Paris). Il y a aussi des abus de position dominante, et la recherche du gain maximum, sans suffisamment de considération pour le bien commun de certains secteurs de la grande distribution, ou du raffinage et de la distribution d'essence, dont le monopole, réservé à une société (la SARA) mérite que le gouvernement et les élus locaux s'y intéressent de plus près et procèdent aux aménagements et réformes qui s'imposent.

Il y a la survivance de taxes, datant de l'époque coloniale, comme l'octroi de mer dont le maintien ne s'impose pas aux yeux de beaucoup : cette taxe est née au XVIIe siècle pour accorder une certaine indépendance commerciale et protéger la production locale. Portant sur les produits importés, elle est censée, aujourd'hui, contribuer au financement des communes, et est votée par les Conseils généraux. Taxe sur les produits importés, elle contribue au renchérissement de la vie. Interdite par le traité de la CCE, elle est provisoirement prorogée.

Cette cherté de la vie est d'ailleurs reconnue officiellement, notamment par la surrémunération des fonctionnaires (de 40 % par rapport à leurs homologues de la France métropolitaine) qui crée une société à deux vitesses, les fonctionnaires nantis, et les autres, salariés du secteur privé, par l'abattement, également, de 30 % sur les revenus imposables par rapport au reste de la France.

Il faut ajouter que les productions traditionnelles des îles, la fabrication et l'exportation du sucre et du rhum, (qui ont fait jadis leur prospérité, et celle de la métropole : Bordeaux, Nantes, La Rochelle, etc.) sont en très grande régression, confrontées à la concurrence des pays d'Amérique centrale, du Sud, ou d'Afrique, où les conditions de rémunération sont celles de l'esclavage ancien, ce qui ajoute aux difficultés. Pas de ressources minières aux îles, pas de pétrole. Mais de grandes possibilités par le développement du tourisme qui pourrait devenir l'industrie salvatrice, si elle était suffisamment prise au sérieux et voulue par les Guadeloupéens dans leur ensemble (et non sabotée comme il en est présentement par des comportements, disons... irréfléchis!).

Tel est le terrain favorable qui explique (sans les justifier) les évènements de ces dernières semaines.



La récupération séparatiste

Car, comme dit plus haut, la Guadeloupe (comme la Martinique), ne veut pas l'indépendance, la rupture avec la France. Les partis politiques séparatistes n'ont jamais obtenu la confiance de l'électorat quant à leurs revendications séparatistes. Quand, il y à peine plus de cinq ans, en décembre 2003, un projet de changement de statut fut proposé aux populations par referendum, tendant soit au maintien du statu quo départemental, soit à un statut d'autonomie (même pas l'indépendance), les deux îles répondirent pour le maintien du statut actuel. En Guadeloupe, le refus du changement de statut se chiffra à 75 % de l'électorat !

Les 25 % restants se divisant d'ailleurs en partisans durs de l'indépendance radicale (pour eux, il s'agissait d'une étape) et en « autonomistes » préférant une évolution dans la République, dans le cadre de l'article 74 de la Constitution.

Ce qui complique la situation présente, c'est l'ambiguïté du LKP et de son leader (séparatiste), fort habile agitateur, bon connaisseur des techniques de manipulation des masses. Trop intelligent pour se heurter de front à une opinion qu'il sait ne pas être « mûre » (adjectif utilisé il y deux jours sur une radio, par un universitaire partisan du mouvement), Elie Domota joue sur les éléments du mécontentement évoquée ci-dessus.

Il s'appuie sur une organisation syndicale, qui s'est puissamment organisée, au fil des années, qui utilise des arguments musclés lors des conflits dans les entreprises. « Arguments » qui vont jusqu'à la limite du terrorisme : quadrillage des quartiers ces jours-ci dans les villes de Guadeloupe, et même dans les campagnes, menaces et coups, etc. Ses commandos sont comparés par certains à ceux des « tontons macoutes » de sinistre réputation en Haïti.

Il s'appuie aussi sur une patiente infiltration des milieux médiatiques, qu'il contrôle presque totalement depuis plus d'un mois. Il dispose de relais influents et actifs (mais on retrouve cela aussi en métropole) dans l'Éducation nationale, où toute activité est arrêtée depuis 35 jours (les professeurs qui veulent travailler en sont physiquement empêchés) sans souci des examens qui approchent.

On répète sur les antennes des radios, y compris sur les antennes nationales que la Guadeloupe est en grève générale. En fait il n'en est rien. La Guadeloupe est empêchée de travailler, parce que les stations d'essence sont contrôlées par le LKP, parce que les militants de ce collectif obstruent les routes par des barrages, et par des groupes de militants violents et excités.

Les dirigeants du collectif tentent aussi d'allumer une guerre raciale.

Les Antillais ne sont pas plus racistes que d'autres. Mais l'histoire, fait que chez eux une sensibilité particulière existe dans le domaine des rapports interraciaux. « La Révolution, a dit quelqu'un, est un soulèvement de l'humeur. » Or les esclaves ont été des Noirs, et il subsiste chez beaucoup une susceptibilité, compréhensible, sur ce terrain psychologique, un ressentiment latent que des spécialistes de l'action subversive tentent d'utiliser au profit de leurs ambitions.

D'où la prudence avec laquelle les autorités doivent gérer le maintien de l'ordre public, et les droits des citoyens, à travailler, à circuler librement, à s'exprimer librement, à être informés honnêtement.

Jusqu'à cette heure (23 février) cette tâche a été accomplie avec adresse par le préfet et les forces de l'ordre.



La politique du gouvernement

La gestion de la crise par le gouvernement, en revanche, est beaucoup plus discutable. L'on reproche, peut-être avec raison, au président de la République d'avoir trop tardé à s'intéresser au problème.

On reproche avec encore plus de raisons au secrétaire d'État chargé des DOM-TOM, M.Yves Jégo, d'avoir été trop fluctuant, hésitant, et finalement partisan, puisque prenant partie, il y a déjà dix jours, pour une des parties prenantes (le LKP) dans la négociation entre LKP et patronat, après avoir pris des engagements au nom du gouvernement sans en avoir été mandaté. Il a d'ailleurs été « recadré » par le Premier ministre.

En Guadeloupe, on dit qu'il a été « domotisé ».

Les discussions continuent, ce 23 février. Toute négociation implique des concessions mutuelles. Mais le LKP reste intransigeant (et sur quel ton!), alors que, comme le rappelait le jeune président du Medef-Guadeloupe, M. Willy Angèle, l'augmentation de 200 € net de tous les salaires est impossible pour les petites entreprises de Guadeloupe (moins de 10 salariés), près de 90 % d'entre elles. Cela reviendrait à une augmentation de 15 % de la masse salariale.

Chacun espère une médiation active de l'État, cet État que M. Domota n'appelle jamais autrement que l'État « fwancé ».

Étrange logique !


26 février 2009 | Edouard Boulogne*


source : libertepolitique.com


* Édouard Boulogne est professeur de philosophie, résident en Guadeloupe. Il anime le blog Le scrutateur.com, tribune d'expression de citoyens français d'origine créole, de sensibilité chrétienne, qui se veulent libres à l'égard des modes, notamment idéologiques.