08.09.2011
La Parole de Dieu dans la vie spirituelle, chemin vers l'unité
Benoît XVI a adressé un message au Congrès œcuménique international de spiritualité orthodoxe organisé par le Monastère italien de Bose en collaboration avec les Patriarcats de Constantinople et Moscou. Le Pape souhaite que cette rencontre suscite un nouvel élan de communion spirituelle et de témoignage évangélique. Le thème de ce XIXe colloque, qui rassemble du 7 au 10 septembre d’éminents biblistes et de hauts représentants orthodoxes, est "La Parole de Dieu dans la vie spirituelle". L’objectif est de mettre en lumière l’unité essentielle entre l’Écriture Sainte, l’exégèse et la vie spirituelle, unité qui traverse toute la tradition des Églises d’Orient, et sous des formes différentes les Églises d’Occident. Parmi les axes de réflexions : les herméneutiques de la Bible élaborées par les Pères de l’Eglise et la dimension ecclésiale de la Parole de Dieu. Les participants ont également reçu des messages d’encouragement du Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholoméos 1er et du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Cyrille 1er.
17:39 Écrit par Père Walter dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parole de dieu, unite, oecumenisme, bose, italie, turin, orthodoxe, spiritualite, monastere, evangile, colloque, ecriture sainte, exegese, vie spirituelle, orient, patriarches, constantinople, bartholomeos 1er, moscou, russie, cyrille 1er, benedictins, michel van parys, chevetogne, belgique |
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21.12.2010
Scandales pédophiles: le pape exhorte l'Église à s'engager sur le chemin de la vérité
Lors des vœux de Noël à la curie romaine, le Pape a employé des paroles très fortes pour condamner à nouveau les actes pédophiles. Une fois encore, tout comme dans l’ouvrage inédit « Lumière du monde - le Pape, l’Église et les signes des temps », la douleur de Benoît XVI face au fautes commises par les prêtres était perceptible.
Nous avons recueilli la réaction du père Enzo Bianchi, fondateur et prieur de la communauté de Bose en Italie: >> 
Des propos recueillis par Hélène Destombes (Radio Vatican)
Texte intégral :
Le Joyeux Noël du pape: "Seule la vérité sauve" (mis à jour)
00:38 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : noel, voeux, curie, rome, pape, benoit xvi, abus sexuels, pretres, enzo bianchi, bose |
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23.11.2010
Enzo Bianchi: 'Le Pape se livre à cœur ouvert'
« Lumière du monde » un ouvrage qui avant même sa sortie en librairie fait déjà beaucoup parler de lui parce que le Pape y aborde des thèmes particulièrement délicats comme l’emploi du préservatif ou les scandales pédophile au sein du clergé.
Pour Enzo Bianchi, fondateur et prieur de la communauté de Bosé en Italie, l’évènement c’est avant tout le ton du livre : un Pape qui se livre à cœur ouvert, avec simplicité et sans détours. Il est interrogé par Hélène Destombes. (Radio Vatican): >>
17:34 Écrit par Père Walter dans Actualité, Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, lumiere du monde, enzo bianchi, livres a lire, preservatif, abus sexuels, pedophilie, communautes, bose, italie |
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03.04.2010
Le prieur de Bose : l'Eglise catholique est victime d'une campagne d'hostilité
Les chrétiens, toutes confessions confondues, célèbrent la résurrection du Christ, cœur de la foi chrétienne. A Rome, des milliers de personnes sont venues assister aux offices présidés par le Pape en dépit l’offensive dont il est victime.
Une majorité silencieuse de fidèles qui ne se laisse pas intimider par les attaques qui continuent de frapper la tête de l’Eglise. Benoit XVI les a invités à ne pas craindre de suivre le Christ, même au prix des offenses et des incompréhensions, alors que dans l’Eglise on s’interroge de plus en plus sur ce qui se cache derrière cette tourmente intarissable.
Jour après jour, les messages de soutien au Pape se multiplient pour dénoncer une surenchère christianophobe qui s'apparente à une campagne grossière de diffamation, voire une machination dont on s’efforce de démasquer les objectifs.

Nous avons recueilli la réaction du Prieur de la Communauté de Bose en Italie, le Père Enzo Bianchi (photo), interrogé par Armance Bourgois (Radio Vatican): >>
20:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chretiens, christ, resurrection, rome, pape, benoit xvi, abus sexuels, eglise, diffamation, christianophobie, machination, enzo bianchi, bose, italie |
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03.08.2009
Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury
Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury
Une pour les traditionalistes, l'autre pour les modernistes. C'est la solution imaginée par Rowan Williams pour maintenir l'union entre ceux qui approuvent l'ordination des gays et lesbiennes et ceux qui la refusent. Le Vatican lui sert de point d’appui
par Sandro Magister
ROME, le 3 août 2009 – Dans un effort extrême pour éviter un énième schisme parmi ses fidèles, l'archevêque de Canterbury et primat de la communion anglicane Rowan Williams (photo, avec son épouse Jane) a demandé de l’aide même au Vatican. Celui-ci est tout de suite venu à son secours.
La demande d’aide, implicite, se trouve dans un texte publié par Williams le 27 juillet sur son site web, sous le titre "Communion, covenant et notre avenir anglican".
L’aide du Vatican s’est manifestée par un article de "L'Osservatore Romano" du lendemain et une déclaration du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens du 29 juillet.
S’adressant aux 77 millions d’anglicans du monde, Williams a pris acte du fait que le danger de schisme est réel parmi eux, surtout après les résolutions approuvées à la mi-juillet par les anglicans des Etats-Unis, appelés épiscopaliens. Mais il les a exhortés à tout faire pour rester unis. Pour les persuader, il a aussi évoqué le désastre qui en résulterait pour l'œcuménisme, c’est-à-dire pour la démarche d'union avec les autres Eglises et communautés chrétiennes, et en premier lieu avec l’Eglise catholique.
Williams a souligné que les résolutions approuvées par les anglicans d'Amérique à Anaheim, en Californie, sont en effet en contradiction profonde avec la doctrine et la pratique des catholiques et des orthodoxes, ainsi qu’avec l’opinion de beaucoup d’anglicans.
Elles concernent l'homosexualité. Une première résolution a établi que tous les baptisés peuvent accéder au sacerdoce et à l'épiscopat, y compris donc les hommes et les femmes qui entretiennent des relations avec des personnes du même sexe.
Une seconde résolution a décidé que les mariages d’homosexuels seraient bénis dans le cadre d’une liturgie spéciale.
Williams a objecté que le mariage d’homosexuels n’a aucun fondement dans la Sainte Ecriture. Et que la communion anglicane doit s’en tenir uniquement à celle-ci, sans suivre des règles sociales changeantes qui, par exemple, permettent dans six états américains de marier des couples homosexuels. Et, à plus forte raison, sans admettre au sacerdoce et à l'épiscopat des hommes et des femmes qui vivent avec des personnes du même sexe.
Pour éviter ce schisme et d’autres possibles, Williams a proposé aux 44 provinces qui composent la communion anglicane de signer un "Covenant", un accord sur l'orthodoxie biblique. Les chemins de ceux qui signeront et de ceux qui ne signeront pas se sépareront, mais pas tout à fait. D’une part il y aura ceux qui s’en tiendront à la tradition biblique, partageront une vision commune de la doctrine et de la pratique anglicane, se sentiront membres d’une fraternité plus large avec les autres Eglises et communautés chrétiennes. D’autre part il y aura ceux qui donneront la priorité aux décisions de leur propre communauté et concevront la communion anglicane comme une libre fédération de corps indépendants, s’appuyant simplement sur une histoire culturelle commune.
De toute façon les fidèles pourront signer individuellement le "Covenant" au cas où leur province ne le ferait pas. Et en tout cas – a souligné Williams – seuls les signataires de l’accord prendront part aux rencontres œcuméniques en qualité de représentants de la communion anglicane, pour que les autres Eglises et communautés chrétiennes sachent toujours qui sont et ce que pensent ceux avec qui elles seront amenés à dialoguer.
***
Quelques heures après la diffusion du texte de l'archevêque de Canterbury, "L'Osservatore Romano" en donnait une vaste synthèse, sous le titre : "Deux manières différentes d’être anglican". Le compte-rendu était clairement solidaire de l’effort de Williams pour endiguer l’éclatement de la communion anglicane.
Encore plus explicite dans son soutien à Williams, la déclaration publiée le 29 juillet par le conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, présidé par le cardinal Walter Kasper, s’achevait ainsi :
"Notre prière est que la communion anglicane puisse, même dans cette situation difficile, trouver un moyen de maintenir son unité et son témoignage du Christ en tant que communion mondiale".
Williams jouit de beaucoup d’estime et de sympathie chez les catholiques. Quand, en 2002, il a été nommé archevêque de Canterbury et primat des anglicans, il s’est retiré pendant deux semaines en Italie au monastère catholique de Bose, fondé et dirigé par son ami Enzo Bianchi, avant de prendre possession de sa charge.
C’est un fait que, depuis des années, la communion anglicane est soumise à de continuelles poussées divergentes.
L'ordination des femmes, qui a débuté en 1994, est l’une de ces causes de division. Elle a amené beaucoup d’anglicans à passer à l’Eglise catholique ou à d’autres Eglises chrétiennes.
Afin de retenir les dissidents, une étrange solution a été imaginée, il y a quelques mois, pour la messe dominicale de 10 heures 30 à la cathédrale anglicane de Blackburn, dans le Lancashire, où officient des chanoines des deux sexes.
Au moment de la communion, deux files se forment : d’un côté ceux qui acceptent l'hostie consacrée par la révérende Sue Penfold, de l’autre ceux qui ne l’acceptent que si elle a été consacrée par le révérend Andrew Hindley.
La réflexion de l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, sur les divisions entre anglicans, mise en ligne le 27 juillet 2009 sur son site web :
> Communion, Covenant and Our Anglican Future
A propos des deux files pour la communion à la cathédrale de Blackburn, dans le Lancashire :
> Anglican Ordination of Women Leads to Two Types of Communion at Cathedral
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
17:37 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gays, anglicans, lesbiennes, canterbury, site web, communion, covenant et notre avenir anglican, osservatore romano, unite des chretiens, schisme, rowan williams, vatican, etats-unis, oecumenisme, eglise catholique, orthodoxes, homosexualite, sacerdoce, episcopat, mariage, liturgie, ecriture, walter kasper, bose, enzo bianchi, ordination des femmes, sue penfold, andrew hindley |
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Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury
Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury
Une pour les traditionalistes, l'autre pour les modernistes. C'est la solution imaginée par Rowan Williams pour maintenir l'union entre ceux qui approuvent l'ordination des gays et lesbiennes et ceux qui la refusent. Le Vatican lui sert de point d’appui
par Sandro Magister
ROME, le 3 août 2009 – Dans un effort extrême pour éviter un énième schisme parmi ses fidèles, l'archevêque de Canterbury et primat de la communion anglicane Rowan Williams (photo, avec son épouse Jane) a demandé de l’aide même au Vatican. Celui-ci est tout de suite venu à son secours.
La demande d’aide, implicite, se trouve dans un texte publié par Williams le 27 juillet sur son site web, sous le titre "Communion, covenant et notre avenir anglican".
L’aide du Vatican s’est manifestée par un article de "L'Osservatore Romano" du lendemain et une déclaration du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens du 29 juillet.
S’adressant aux 77 millions d’anglicans du monde, Williams a pris acte du fait que le danger de schisme est réel parmi eux, surtout après les résolutions approuvées à la mi-juillet par les anglicans des Etats-Unis, appelés épiscopaliens. Mais il les a exhortés à tout faire pour rester unis. Pour les persuader, il a aussi évoqué le désastre qui en résulterait pour l'œcuménisme, c’est-à-dire pour la démarche d'union avec les autres Eglises et communautés chrétiennes, et en premier lieu avec l’Eglise catholique.
Williams a souligné que les résolutions approuvées par les anglicans d'Amérique à Anaheim, en Californie, sont en effet en contradiction profonde avec la doctrine et la pratique des catholiques et des orthodoxes, ainsi qu’avec l’opinion de beaucoup d’anglicans.
Elles concernent l'homosexualité. Une première résolution a établi que tous les baptisés peuvent accéder au sacerdoce et à l'épiscopat, y compris donc les hommes et les femmes qui entretiennent des relations avec des personnes du même sexe.
Une seconde résolution a décidé que les mariages d’homosexuels seraient bénis dans le cadre d’une liturgie spéciale.
Williams a objecté que le mariage d’homosexuels n’a aucun fondement dans la Sainte Ecriture. Et que la communion anglicane doit s’en tenir uniquement à celle-ci, sans suivre des règles sociales changeantes qui, par exemple, permettent dans six états américains de marier des couples homosexuels. Et, à plus forte raison, sans admettre au sacerdoce et à l'épiscopat des hommes et des femmes qui vivent avec des personnes du même sexe.
Pour éviter ce schisme et d’autres possibles, Williams a proposé aux 44 provinces qui composent la communion anglicane de signer un "Covenant", un accord sur l'orthodoxie biblique. Les chemins de ceux qui signeront et de ceux qui ne signeront pas se sépareront, mais pas tout à fait. D’une part il y aura ceux qui s’en tiendront à la tradition biblique, partageront une vision commune de la doctrine et de la pratique anglicane, se sentiront membres d’une fraternité plus large avec les autres Eglises et communautés chrétiennes. D’autre part il y aura ceux qui donneront la priorité aux décisions de leur propre communauté et concevront la communion anglicane comme une libre fédération de corps indépendants, s’appuyant simplement sur une histoire culturelle commune.
De toute façon les fidèles pourront signer individuellement le "Covenant" au cas où leur province ne le ferait pas. Et en tout cas – a souligné Williams – seuls les signataires de l’accord prendront part aux rencontres œcuméniques en qualité de représentants de la communion anglicane, pour que les autres Eglises et communautés chrétiennes sachent toujours qui sont et ce que pensent ceux avec qui elles seront amenés à dialoguer.
***
Quelques heures après la diffusion du texte de l'archevêque de Canterbury, "L'Osservatore Romano" en donnait une vaste synthèse, sous le titre : "Deux manières différentes d’être anglican". Le compte-rendu était clairement solidaire de l’effort de Williams pour endiguer l’éclatement de la communion anglicane.
Encore plus explicite dans son soutien à Williams, la déclaration publiée le 29 juillet par le conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, présidé par le cardinal Walter Kasper, s’achevait ainsi :
"Notre prière est que la communion anglicane puisse, même dans cette situation difficile, trouver un moyen de maintenir son unité et son témoignage du Christ en tant que communion mondiale".
Williams jouit de beaucoup d’estime et de sympathie chez les catholiques. Quand, en 2002, il a été nommé archevêque de Canterbury et primat des anglicans, il s’est retiré pendant deux semaines en Italie au monastère catholique de Bose, fondé et dirigé par son ami Enzo Bianchi, avant de prendre possession de sa charge.
C’est un fait que, depuis des années, la communion anglicane est soumise à de continuelles poussées divergentes.
L'ordination des femmes, qui a débuté en 1994, est l’une de ces causes de division. Elle a amené beaucoup d’anglicans à passer à l’Eglise catholique ou à d’autres Eglises chrétiennes.
Afin de retenir les dissidents, une étrange solution a été imaginée, il y a quelques mois, pour la messe dominicale de 10 heures 30 à la cathédrale anglicane de Blackburn, dans le Lancashire, où officient des chanoines des deux sexes.
Au moment de la communion, deux files se forment : d’un côté ceux qui acceptent l'hostie consacrée par la révérende Sue Penfold, de l’autre ceux qui ne l’acceptent que si elle a été consacrée par le révérend Andrew Hindley.
La réflexion de l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, sur les divisions entre anglicans, mise en ligne le 27 juillet 2009 sur son site web :
> Communion, Covenant and Our Anglican Future
A propos des deux files pour la communion à la cathédrale de Blackburn, dans le Lancashire :
> Anglican Ordination of Women Leads to Two Types of Communion at Cathedral
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
17:36 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : andrew hindley, oecumenisme, mariage, anglicans, schisme, rowan williams, vatican, gays, lesbiennes, canterbury, site web, communion, covenant et notre avenir anglican, osservatore romano, unite des chretiens, etats-unis, eglise catholique, orthodoxes, homosexualite, sacerdoce, episcopat, liturgie, ecriture, walter kasper, bose, enzo bianchi, ordination des femmes, sue penfold |
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23.05.2009
Tous les chemins mènent à Rome. Même ceux qui viennent d'Asie
C'est ce que l'ambassadeur du Japon a expliqué à des diplomates de 16 pays d'Asie, réunis au Vatican pour étudier la politique internationale du Saint-Siège. Parce que la papauté aussi "est une grande puissance", même si elle est spéciale. Voici le texte inédit de sa conférence
par Sandro Magister
ROME, le 22 mai 2009 – Le cours se terminera demain par la remise des diplômes à 17 diplomates de 16 pays d'Asie. Il a commencé le 11 mai à l’Université Pontificale Grégorienne et s’est poursuivi par des sessions dans les palais du Vatican, les intervenants étant les plus illustres représentants de la politique du Saint-Siège.
Le sujet traité était en effet: "L’Eglise catholique et la politique internationale du Saint-Siège".
Lors du cours de 2007, le premier de la série, les élèves venaient de 19 pays musulmans de la Méditerranée et du Moyen-Orient. L’an dernier, ils venaient de 22 pays d'Afrique. Cette année, c’était le tour de l’Asie, avec des diplomates venus d’Afghanistan, d’Australie, du Bangladesh, du Cambodge, de Timor-Est, d’Indonésie, du Japon, de Corée, du Laos, de Malaysia, du Myanmar, des Philippines, du Sri Lanka, de Taïwan, de Thaïlande, du Vietnam.
Manquaient à l’appel les géants du continent: l'Inde et la Chine. Le Pakistan n’était pas présent non plus. Mais les organisateurs – au premier rang desquels le jésuite Franco Imoda, ancien recteur de l’Université Grégorienne – sont quand même satisfaits. Parmi les élèves figurent les représentants de pays asiatiques qui ne brillent pas par le respect de la liberté religieuse et qui n’ont même pas de relations avec le Vatican, mais qui ont tout de même jugé nécessaire d’étudier le sujet directement à la source, au quartier général du catholicisme mondial.
Le cours a été organisé par la Fondation Grégorienne et par l'Institut International Jacques Maritain, avec l’appui de quatre universités: l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, la Georgetown University de Washington, la Libera Università Maria Santissima Assunta de Rome et la Sophia University de Tokyo. Le tout sous le patronage du Saint-Siège.
La partie initiale du cours a eu lieu à Rome et la partie finale à Turin, ville de l'industrie automobile où ont vécu de grands saints "sociaux" comme saint Jean Bosco. Les élèves ont pu y visiter des réalisations catholiques dans les domaines les plus variés, comme le Cottolengo pour l'assistance aux handicapés lourds et l'Arsenal de la Paix. Le dernier jour, ils ont fait une excursion au monastère de Bose et rencontré le prieur, Enzo Bianchi.
L'Asie est le continent le plus imperméable au christianisme, qui n’y est présent en masse que dans des lieux bien délimités, alors que dans d’autres endroits il est l’objet d’une forte opposition.
Le programme, très dense, comportait une conférence de l'ambassadeur près le Saint-Siège d’un grand pays asiatique, le Japon.
Son intervention, qui a eu lieu à l’Université Pontificale Grégorienne le 15 mai, est rapportée ci-dessous presque en entier. Elle est d’un grand intérêt parce qu’elle reflète la vision qu’a du Saint-Siège et de la papauté le représentant d’un pays dont la culture et les traditions sont très éloignées du christianisme.
Kagefumi Ueno, l'ambassadeur, est un penseur de formation bouddhiste et shintoïste. Il est en poste à Rome depuis novembre 2006.
L'Asie et le Saint-Siège
par Kagefumi Ueno

En Asie, où des religions comme le bouddhisme, l'hindouisme, le taoïsme, le shintoïsme et l'islam sont dominants, le christianisme est généralement perçu comme "étranger" et les chrétiens sont minoritaires, sauf exceptions. Au Japon, par exemple, les catholiques représentent moins de 0,5 % de la population et il est très peu probable que ce chiffre augmente dans un proche avenir.
Dans ces conditions, les pays asiatiques ne donnent pas la priorité à leurs relations diplomatiques avec le Saint-Siège (ou avec le Vatican, terme que j’emploierai souvent pour faire court). Beaucoup d’entre eux n’ont établi de relations avec le Vatican que dans les dernières décennies. Le Japon a été l’un des premiers, puisqu’il l’a fait en 1942. Le Vatican y avait déjà établi un représentant 23 ans auparavant, en 1919, mais seulement pour les affaires religieuses, comme c’est aujourd’hui le cas pour la Malaysia, le Myanmar, Brunei et le Laos. De plus, beaucoup des pays asiatiques qui entretiennent des relations diplomatiques avec le Vatican n’ont pas de représentant à Rome. Ils chargent des relations avec le Vatican leurs ambassadeurs dans des pays proches comme la Suisse ou l’Allemagne. Certains pays asiatiques n’ont toujours pas établi de relations diplomatiques, comme la Malaysia, le Myanmar, le Vietnam, le Laos. Et dans les pays qui ont un représentant à Rome, le poste d’ambassadeur près le Saint-Siège est parmi les moins recherchés.
Pour comprendre les relations entre l’Asie et le Vatican, il est donc inévitable d’analyser les différences religieuses et culturelles. Feu le cardinal Hamao, un Japonais, avait souligné, il y a quelques années, qu’entre l’Asie et le Saint-Siège il y a une grande distance non seulement physique mais morale. Cette distance est-elle franchissable? Je crois qu’il est peu probable que ce sentiment de distance soit substantiellement diminué dans l’avenir proche, parce que les deux parties représentent des civilisations très anciennes et ont peu de motifs de les changer d’urgence.
La question est alors de savoir s’il est justifiable pour les Asiatiques de rendre plus prioritaires leurs relations diplomatiques avec le Vatican, étant entendu que le sentiment d’éloignement religieux entre les deux parties apparaît impossible à combler à brève échéance.
Ma réponse est: "Oui, c’est justifiable". Je vais dire pourquoi.
POURQUOI JE SUIS ARRIVE AU VATICAN
Avant d’aborder le sujet, je voudrais parler un peu de moi. Au cours des 10 ou15 dernières années, j’ai écrit bon nombre d’articles et d’essais dans des journaux et des revues, généralement pour comparer des cultures et des civilisations, et j’ai participé à des conférences et des séminaires au Japon et à l’étranger. En général mes interventions sont fondées sur ma philosophie bouddhiste-shintoïste.
J’ai étudié les cultures parce que je pense que, si nous ne connaissons pas les différences culturelles, et surtout les religions qui ont un impact substantiel sur les relations internationales, nous diplomates ne sommes pas capables de comprendre les pays dans lesquels nous travaillons.
Il y a trois ans, j’ai publié un livre d’études comparatives sur les "civilisations polythéistes" et les "civilisations monothéistes", dans lequel j’ai soutenu que, en général, la vision religieuse a un impact non négligeable sur la politique et la diplomatie.
Par un développement naturel de mon livre, j’ai souhaité discuter de sujets de civilisation avec le clergé de l’Eglise catholique, de préférence au Vatican. Voilà pourquoi, il y a trois ans, j’ai demandé à mon gouvernement de m’envoyer à Rome. "Vous êtes sûr?" m’a demandé avec un air étonné le vice-ministre auquel j’avais adressé ma demande. "Tout à fait sûr" ai-je répondu. Un mois plus tard, j’étais nommé.
Une fois en poste, à chaque fois que je rencontrais un responsable du Vatican, je lui parlais de mon souhait de dialoguer sur des questions de civilisation avec des hommes d’Eglise. Un jour, un cardinal m’a dit: "Mon cher ambassadeur, vous êtes vraiment au bon endroit, parce que c’est nous qui avons créé la civilisation occidentale". En quarante ans de vie diplomatique, c’était la première fois que je rencontrais quelqu’un qui s’exprimait avec autant de franchise.
Au cours des deux ans et demi qui ont suivi, j’ai eu des discussions sur des sujets de civilisation avec des personnalités de l’Eglise, à Rome. J’ai donné des interviews, écrit des essais, donné des cours sur les religions et les cultures. J’en suis satisfait. Mais il y a un problème. Je n’ai pas eu assez de temps pour écrire et étudier. Pourquoi?
SURPRISE. LE VATICAN OCCUPE PLUS QU’ON NE LE CROIT
La raison est que le Vatican mène une telle masse d’activités dont Tokyo doit être informé, que j’ai été occupé au-delà de ce que j’avais prévu. Je ne parle pas des activités religieuses mais des activités non religieuses. Après tout, comme ambassadeur d’un pays non chrétien, je ne suis pas tenu de suivre les affaires religieuses, mais seulement les non religieuses. Pourtant, je suis toujours occupé parce que le pape reçoit souvent des chefs d’état ou de gouvernement, des dirigeants d’organismes internationaux. Beaucoup d’entre eux viennent de pays non chrétiens. Je dois donc rédiger un rapport. Au cours des trois dernières années, par exemple, tous les chefs d’état ou de gouvernement des pays du G8 ont été reçus en audience par le pape, sauf le premier ministre japonais. Leurs rencontres avec le pape font l’objet d’une forte couverture par les médias internationaux, en plus de celle des médias nationaux, publicité qui à son tour encourage d’autres leaders à se rendre chez le pape. De ce point de vue, le Vatican exerce une sorte de magnétisme, il est un centre d’action internationale et de diplomatie. Quelques mois après mon entrée en fonctions, j’étais convaincu que le Vatican est un acteur important de la communauté internationale, même quand les aspects religieux sont laissés de côté.
QUATRE RAISONS POUR QU’UN PAYS AIT DES DIPLOMATES A ROME
D’après mon expérience, il y a au moins quatre raisons de penser que le rôle international du Vatican est élevé et significatif, ce qui justifie que même des pays non chrétiens aient des diplomates en poste ici, à Rome. Je vais exposer ces raisons l’une après l’autre.
Facteur 1. Le pouvoir moral
Début janvier 2007, quelques mois après mon arrivée ici, tous les diplomates, dont moi et mon épouse, ont été invités par le pape à écouter son discours de début d’année sur la situation internationale, dans la Salle Royale du Palais Apostolique, là où trois jeunes représentants japonais rencontrèrent le pape Grégoire XIII en 1595, dix ans à peine avant que le Japon n’interdise le christianisme. Dans la Salle Royale, comme chaque année, le pape s’est adressé aux diplomates en français. Son discours a duré environ trois quarts d’heure. Presque toutes les questions importantes ont été abordées, depuis des sujets globaux comme la pauvreté, le désarmement, les actions de paix, le règlement des conflits, les droits de l’homme, les minorités, les migrations, le changement climatique, jusqu’aux problèmes régionaux en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et ainsi de suite. Le pape a traité environ 45 sujets importants. Le lendemain, son message était transmis dans le monde entier, avec un impact sur la société internationale, tandis que mes services rédigeaient un rapport détaillé pour Tokyo.
A travers son message, j’ai vu la volonté du pape de jouer un rôle de "gardien" de la société internationale. Si l’on écoute son discours sans savoir qui parle, on peut penser que l’auteur est le secrétaire général des Nations Unies. Oui, les deux personnages ont un rôle semblable, en ce sens que le pape et le secrétaire général de l'ONU jouent tous les deux un rôle important de "gardiens de la morale internationale".
Bien sûr, les discours du pape retiennent l’attention du monde parce qu’il représente 1,1 milliard de catholiques. Mais, plus fondamentalement, on pense que son pouvoir moral et son autorité morale ont été renforcés à partir du moment où, en 1870, le Vatican a perdu presque tout son territoire. Jusqu’à cette époque, les possessions du Saint-Siège s’étendaient à la moitié de l’Italie et, en ce sens, il était une puissance temporelle comme l’Espagne et la France. En tant qu’état temporel, il avait des intérêts financiers à protéger. Il avait le devoir de protéger des citoyens et un territoire. Il avait des intérêts nationaux dont il devait prendre soin. Mais la perte de son territoire l’a libéré de ses "intérêts nationaux". Quand on écoute le président des Etats-Unis ou celui de l’Inde, on interprète naturellement leurs discours comme concernant leurs intérêts nationaux. Mais quand le pape parle d’affaires internationales, on n’interprète plus ses discours comme cachant les intérêts nationaux du Vatican. Cela permet au Saint-Siège de parler des questions internationales d’un point de vue humanitaire, éthique, moral. Paradoxalement, en perdant son pouvoir séculier, le Vatican a accru son pouvoir moral.
Compte tenu du fait que les discours du pape sont diffusés par les médias à l’échelle mondiale, on peut aussi dire que le pape est l’un des "opinion leaders" les plus significatifs et les plus efficaces.
Les messages du pape retiennent-ils l'attention des grandes puissances et des autres acteurs internationaux majeurs, sa voix a-t-elle un impact sur eux ? Ma réponse est double. C’est "non" à court terme et "oui" dans une perspective plus longue. On sait que Jean-Paul II avait exprimé avec force ses objections au président Bush avant que celui-ci ne décide d’attaquer l'Irak en 2003. Sur le moment, l'appel du pape n’avait pas été pris en considération par les Etats-Unis, mais cela n’avait pas diminué la valeur des paroles et des actes du pape. En fait, le fait que le pape ait fait une proposition que les Etats-Unis n’ont pas voulu écouter démontre le rôle important du Saint-Siège. Je suis convaincu que la communauté internationale a besoin d’un gardien moral comme lui ou le secrétaire général de l'ONU. Personne d’autre ne peut le remplacer dans ce rôle. En ce sens, le pape doit être considéré comme une ressource, un bien public international. Pas parce qu’il est le chef de l’Eglise catholique, mais parce qu’il est capable de diffuser partout des messages humanitaires, moraux.
En mars 2009, mon gouvernement a invité au Japon Mgr Mamberti, le ministre des Affaires étrangères du Vatican. Il a eu deux heures et demie d’entretien avec le ministre japonais des Affaires étrangères, H. Nakasone, qui a abordé presque toutes les grandes questions internationales. Après l’entretien, Nakasone m’a dit qu’il avait apprécié et aimé le dialogue avec le Vatican, qu’il avait trouvé direct et un peu différent des dialogues avec les états temporels. En particulier, il avait été frappé par la vision qu’avait le Vatican de la crise économique mondiale, à savoir que cette crise avait été causée et aggravée parce que les milieux financiers avaient cherché exagérément leur intérêt, en laissant de côté toute considération morale. La visite de Mgr Mamberti a été d’autant plus importante que c’était la première visite officielle d’un ministre des Affaires étrangères du Vatican au Japon depuis l’établissement des relations diplomatiques, il y a 67 ans.
Facteur 2. Le pouvoir de faire circuler les messages
En novembre 2006, j’ai présenté au pape mes lettres de créance émanant de l'empereur du Japon. Pendant environ un quart d’heure, j’ai eu avec lui une agréable conversation en tête à tête dans sa bibliothèque privée. Notre conversation a porté, entre autres, sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Le jour même et le lendemain, une grande partie des médias du monde, nationaux et internationaux, grands et petits, ont parlé de notre conversation, en donnant bien sûr plus d’importance aux propos du pape. En Corée, c’était le sujet d’ouverture des journaux télévisés du soir, avec mon épouse et moi en kimono. Les reportages de la télévision coréenne ont été retransmis par la télévision japonaise.
La nouvelle a été diffusée non seulement par les grands médias mais aussi par de très nombreux médias catholiques locaux du monde entier, en Asie, dans les deux Amériques, en Europe, etc.
Par la suite, j’ai donné des interviews au quotidien du Saint-Siège, "L'Osservatore Romano" et à des sources comme Zenit, "Inside the Vatican" et EWTN. A nouveau, j’ai constaté que les interviews que j’avais accordées à Rome étaient évoquées et diffusées en de nombreux points de chaque continent par les médias catholiques locaux. Par exemple, le réseau télévisuel EWTN est relié à des centaines de chaînes aux USA et en Amérique latine. Donc, une déclaration faite sur EWTN atteint de nombreux endroits des deux Amériques.
De ce point de vue, j’ai découvert que le Vatican a de bonnes raisons d’être "provoqué" par les diplomates asiatiques.
Facteur 3. Le pouvoir intellectuel
Un autre aspect surprenant est la fréquence des séminaires et colloques organisés par divers organismes et institutions du Vatican, avec la participation de cerveaux du monde entier.
Par exemple, l’académie pontificale des sciences tient son assemblée de chercheurs tous les deux ans. En novembre dernier, elle a tenu une session plénière sur "L'évolution de l'univers et des êtres humains", au cours de laquelle d’éminents savants de nombreux pays ont discuté de ce sujet pendant quatre jours selon différents points de vue scientifiques. Ayant assisté à quelques séances, j’ai été impressionné. Après l'inauguration de la session plénière, le pape a remis une médaille à une douzaine de nouveaux membres, dont un chercheur japonais et trois ou quatre prix Nobel.
Ces deux dernières années, des séminaires qui m’ont intéressé concernaient l'islam, les droits de l’homme, le darwinisme, le soin des enfants, l'eugénisme, etc.
Bref, le Vatican dispose d’un système qui donne au pape accès aux opinions des meilleurs cerveaux du monde, ce qui enrichit encore ses messages et renforce ses pouvoirs moraux.
En ce sens, le Vatican n’est pas qu’un état, c’est aussi un ensemble de "think tanks", eux-mêmes en réseau avec de nombreux "think tanks" éminents du monde entier. Le Saint-Siège fonctionne comme un carrefour d’intellectuels, qui donne à ceux-ci l’occasion de discuter et d’échanger des points de vue. Dans ce contexte aussi, le Vatican offre des biens publics.
A ce sujet, une difficulté devrait être traitée, spécialement en ce qui concerne les diplomates asiatiques : beaucoup de ces séminaires ont lieu uniquement en italien, rarement en anglais. Cela peut décourager certains diplomates asiatiques d’y participer. Si ce système était changé, beaucoup d’entre eux seraient plus attirés et s’y rendraient.
Facteur 4. Le pouvoir de l’information
Parce que l’Eglise catholique est présente presque partout dans le monde en tant qu’Eglise universelle et qu’il y a des prêtres et des religieuses catholiques à peu près partout, l’Eglise catholique en général et le Vatican en tant que son "hub" – passent pour être informés de tout ce qu’il se passe d’important dans le monde.
Beaucoup d’ambassadeurs en poste ici disent que c’est le "poste d’écoute". Par exemple, les Etats-Unis ont établi des relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 1984. Pas en 1884! En tout cas, dès le milieu du XIXe siècle, on discutait avec animation, à Washington, pour savoir s’il fallait ou non avoir des relations officielles avec le Vatican. Ceux qui étaient pour affirmaient que, au Vatican, si l’on participait à des dîners et des réceptions tous les soirs, on pouvait être informé de la situation en Europe. La majorité des protestants répugnaient beaucoup à se lancer. Il a encore fallu 130 ans avant que les relations officielles ne soient établies.
Même chose au Japon. Le Vatican ayant établi un délégué à Tokyo pour les affaires religieuses en 1919, on a commencé à y discuter pour savoir s’il fallait ou non établir des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Ceux qui étaient pour assuraient que c’était opportun parce que le Vatican passe pour être une source fiable d’informations. Mais les chefs religieux du bouddhisme et du shintoïsme étaient contre. Il a fallu encore 23 ans avant que les relations diplomatiques ne soient finalement établies.
Mais, même si le Vatican a des "oreilles énormes", cela ne garantit pas que tout le monde ait accès à ses informations. Les diplomates du Vatican ressemblent à la description qu’en font beaucoup d’ambassadeurs: calmes, discrets, prudents, mais surtout précautionneux. Il faut être très habile pour leur faire dire quelque chose de substantiel.
UN MOT POUR CONCLURE
Illustres collègues diplomates, Un ambassadeur occidental m’a dit: "Par la taille, le Vatican est petit comme la Principauté de Monaco, mais par l’influence il est grand comme la Chine". Un autre ambassadeur l’a décrit comme "la plus petite des grandes puissances". Compte tenu de cela, les pays d'Asie qui n’ont pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège ou ceux qui n’ont pas à Rome d’ambassadeur résident sont invités à étudier les avantages de s’établir ici, en dehors de la distance religieuse et culturelle qui les sépare.
On pourrait m’objecter que faire abstraction des éléments religieux du Vatican est trop artificiel. Mais je suis convaincu que ma manière de voir peut s’avérer convaincante, en ce sens qu’elle me permet de démontrer qu’il est opportun que le Vatican ait des liens avec les pays d’Asie, pas en tant que quartier général du catholicisme mais en tant qu’important acteur diplomatique.
Bref, la haute stature internationale du Vatican est une "réalité du présent". Jusqu’à maintenant, beaucoup de pays d’Asie semblent l’avoir négligé ou sous-estimé. Il serait bon qu’ils portent sur cette réalité un regard un peu plus stratégique et qu’ils fassent un net pas en avant.
On pourrait en dire autant à propos du Vatican. Le rôle international accru de beaucoup de pays asiatiques est également une "réalité du présent", que le Vatican semble avoir quelque peu négligé jusqu’à présent. Peut-être parce que le Vatican reste trop eurocentrique, bien qu’il se dise universel. La faible présence et la faible représentativité des diplomates asiatiques en poste ici sont peut-être en partie dues à l’attention limitée (je veux dire l’attention diplomatique) que le Vatican a jusqu’à présent accordée à ce continent. Un exemple symbolique est le fait qu’à ce cours pour diplomates asiatiques il n’y a d’ambassadeur ni de New Delhi ni de Pékin. Dans beaucoup d’autres forums internationaux, les Asiatiques sont beaucoup plus présents.
A cet égard, il serait souhaitable que le Vatican prenne des initiatives pour inviter les diplomates asiatiques à se lier d’amitié. Il serait bon qu’il agisse de plus en plus pour accroître et stimuler l’intérêt des Asiatiques pour le Vatican dans les années à venir. Mais comment?
Il y a deux domaines dans lesquels, à mon avis, le Vatican peut intensifier son approche et, par là, accroître l’intérêt qu’il inspire aux Asiatiques.
Le premier élément-clé est de comprendre plus en profondeur les mentalités des Asiatiques, en étudiant leurs langues et leurs cultures, comme le fit au Japon, il y a plus de quatre siècles, A. Valignano, jésuite et missionnaire italien originaire de Chieti.
Le second est une condition minimum, à introduire au moins dans le milieu diplomatique: passer de l'italien à l’anglais comme langue de travail prioritaire ici à Rome. Un recours excessif à l'italien peut décourager les diplomates asiatiques de chercher des contacts avec le Vatican, alors qu’un recours plus important à l’anglais les faciliterait.
En un mot, si le Saint-Siège n’a pas de rapports plus intenses avec l'Asie, il ne peut pas être vraiment "universel".
Cela dit, je ne pense pas que l’effort pour renforcer les relations n’incombe qu’au Vatican. Des initiatives asiatiques sont également indispensables. Il devrait y avoir une symétrie d’initiatives. Après tout, les relations ne peuvent devenir plus profondes, plus larges et plus rapprochées que quand les deux parties, les Asiatiques et le Vatican, et non une seule partie, font davantage pour renforcer et améliorer leurs relations.
Une dernière remarque avant de terminer. Si je ne me suis pas référé aux dialogues interreligieux menés par le Vatican et d’autres institutions catholiques – dialogues en eux-mêmes tout à fait valables – c’est parce que, pour esquisser un modèle simple et compréhensible hors du Vatican, j’ai jugé raisonnable d’exclure les facteurs religieux et de me concentrer uniquement sur les aspects non religieux.
Les articles consacrés par www.chiesa aux deux cours précédents, en 2007 et 2008:
> Une formation pour les diplomates africains: voilà comment est faite l'Eglise (19.6.2008)
> Les diplomates musulmans vont à l'école. Chez les jésuites (18.6.2007)
Les actes du cours de 2007 ont été publiés en un volume, sous la direction de la Fondation Européenne Dragan:
Franco Imoda, Roberto Papini (éd.), "The Catholic Church and the International Policy of the Holy See / L'Eglise Catholique et la Politique Internationale du Saint-Siège", Editions Nagard, Milan, 2008, 344 pp., 10,00 euros.
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
15:58 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean bosco, japon, ambassadeur, saint-siege, politique, paute, diplomates, universite pontificale gregorienne, vatican, politique internationale, musulmans, moyen-orient, afrique, asie, afghanistan, australie, bangladesh, cambodge, timor-est, indonesie, coree, laos, malaysie, myanmar, philippines, sri lanka, taiwan, thailande, vietnam, inde, chine, pakistan, liberte religieuse, catholicisme, fondation gregorienne, jacques maritain, rome, georgetown university, libera universita maria santissima assunta, sophia university, tokyo, turin, cottolengo, arsenal de la paix, bose, enzo bianchi, kagefumi ueno, bouddhiste, shintoiste, bouddhisme |
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