17.05.2010
Catholiques et Bouddhistes ensemble pour défendre l’environnement
Le respect de la vie humaine chez les chrétiens et les bouddhistes comme fondement du respect de toute vie. C’est le thème du message adressé aux bouddhistes du monde entier à l’occasion de la fête de Vesakh, par le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux.

Fête de Vesakh en Thaïlande
Cette fête de Vesakh est la plus importante pour les Bouddhistes. Elle commémore en effet les principaux événements de la vie de Bouddha. Le Japon l’a déjà fêtée le 8 mars, des pays comme la Corée ou Taiwan, le feront le 21 mai, pour d’autres comme la Thaïlande, le Sri Lanka, le Cambodge ou la Birmanie, ce sera le 28 mai.
Le message du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux se veut un encouragement à favoriser la responsabilité écologique. Il propose ainsi une réflexion sur la crise environnementale qui a déjà causé de notables difficultés et souffrances dans le monde entier. Chrétiens et bouddhistes – peut-on lire - ont en commun l’estime de valeurs - telles que le respect de la nature, la contemplation, l’humilité, la simplicité, la compassion et la générosité. L’Église catholique considère la protection de l’environnement comme intimement liée au thème du développement humain intégral. Elle s’investit non seulement en faveur de la protection de la terre, de l’eau et de l’air comme dons destinés à chacun, mais également pour encourager tout homme et toute femme à s’unir aux efforts de protection de l’humanité contre son autodestruction. Le message souligne alors combien les chrétiens, comme les bouddhistes, ont un profond respect de la vie humaine. Il est donc crucial que les fidèles des deux religions portent leurs efforts sur l’émergence de la responsabilité écologique tout en réaffirmant aussi leurs convictions partagées au sujet de l’inviolabilité de la vie humaine, de la dignité de la personne et de la mission unique de la famille.
(Radio Vatican)
Vers le texte intégral du message
18:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cambodge, eglise catholique, vesakh, bouddhistes, japon, coree, taiwan, bouddhisme, conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, bouddha, thailande, sri lanka, birmanie, environnement, ecologie, respect de la vie, chretiens, famille |
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31.12.2009
Dieu veut te parler - Homélie pour la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, Journée mondiale de la Paix

Tout le monde veut la paix. Nous voulons la paix de l’esprit, la paix du cœur, la paix dans nos familles, la paix dans le monde. La paix, l’équilibre, l’ordre sont indispensables pour la croissance, la prospérité. Un jardin ne peut pas fructifier dans un cyclone. Le cœur de l’homme et les sociétés humaines ne peuvent pas davantage s’épanouir dans des conflits violents.
Le Jour de l’An est un jour où même les plus pessimistes parmi nous ressentent au moins une petite chiquenaude d’optimisme, un petit souffle d’espérance. Nous espérons que la nouvelle année sera meilleure que la précédente – meilleure pour nous, pour nos familles, pour le monde. C’est pour surfer en quelque sorte sur cette vague d’optimisme naturel que l’Eglise a instauré en 1968 la Journée Mondiale de la Paix chaque premier janvier.
Mais un désir naturel de paix ne suffit pas pour établir une vraie paix, une paix durable, que ce soit dans nos cœurs, dans nos familles ou dans le monde. Seul le Christ peut apporter la vraie paix. Lui seul peut venir à bout de toutes les divisions, des antagonismes, des blessures qui sont la terre nourricière des conflits. Comme l’affirme notre Pape Benoît XVI dans son encyclique Spe salvi (n. 31) :
« Dieu est le fondement de l'espérance – non pas n'importe quel dieu, mais le Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu'au bout – chacun individuellement et l'humanité tout entière. »
C’est le message central de Noël. Dieu est venu pour être notre Sauveur, car nous en avions bien besoin. Le Christ est venu pour nous apporter la paix que nous désirons tant, car nous ne pouvons pas réaliser cette paix par nous-mêmes. La bénédiction que Dieu enseigne à Moïse dans la première lecture de ce jour était aussi une promesse, et Dieu a tenu cette promesse en nous donnant son Fils.
« Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix ! »
De nos jours il est de bon ton de dire que toutes les religions se valent. Mais toutes les religions ne se valent pas. Jésus Christ est l’unique Sauveur. Il n’y a qu’un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, la Bienheureuse Trinité, Père, Fils et Saint Esprit. Et la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité s’est fait homme. Croire en lui, le suivre, espérer en lui, ce n’est pas la même chose que de suivre Bouddha, Confucius ou Mahomet ou de croire en Krishna ou en Shiva. Bien sûr nous devons respecter toutes les croyances, mais nous les respectons parce que le Christ nous a révélé qu’il a créé tous les hommes à son image et à sa ressemblance, et que tous sont aimés du Père et sauvés par son Fils ! Jésus est l’unique Sauveur. Voilà ce que nous croyons. N’en doutons jamais!
Tous les chrétiens ne sont pas des saints, mais la foi chrétienne, seule, a donné naissance à la notion de la dignité humaine universelle et aux droits de l’homme...
Pour lire la suite de l'homélie :
Le Christ, notre unique espérance pour la paix
18:18 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, ecriture, bible, liturgie, solennite, vierge marie, paix, journee mondiale de la paix, famille, societe, mahomet, krishna, shiva, dignite humaine, droits de l homme, bouddha, confucius |
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13.11.2009
Matteo Ricci. Comment 'inculturer' le christianisme en Chine
Matteo Ricci. Comment "inculturer" le christianisme en Chine
Au Vatican une exposition érige en modèle le grand jésuite missionnaire d'il y a quatre siècles. Mais pour les autorités de Pékin aussi, "Li Madou" est une gloire nationale
par Sandro Magister
ROME, le 13 novembre 2009 – Ce mois-ci et jusqu’au 24 janvier, on peut remarquer à Rome, place Saint-Pierre, une grande affiche où figurent deux personnages en vêtements chinois et des inscriptions en mandarin.
Le personnage de gauche est le jésuite Matteo Ricci (1552-1610) et celui de droite Xu Guangqi, un haut fonctionnaire chinois qu’il baptisa.
Une exposition est en effet consacrée à Matteo Ricci, pour le quatrième centenaire de sa mort, dans l’aile "Charlemagne" de la colonnade de la place Saint-Pierre.
Mais une autre exposition en son honneur va s’ouvrir à Pékin en février ; elle sera ensuite transférée à Shanghai, Nankin, Macao, et enfin à Séoul.
Matteo Ricci fait partie du tout petit nombre d’étrangers qui ont été mis au rang des pères de l’histoire chinoise. Au Millennium Center de Pékin, immense édifice qui célèbre les fastes du pays, le gigantesque bas-relief en marbres polychromes consacré à l’histoire de Chine, du premier empereur aux grandes figures du XXe siècle, ne comporte que deux étrangers, italiens l’un et l’autre. L’un est Marco Polo à la cour de Kubilaï Khan ; l'autre est précisément Matteo Ricci qui, habillé comme un mandarin confucéen, scrute le ciel.
Dans les derniers jours d’octobre dernier, à l'Université du Peuple de Pékin, Matteo Ricci a également été au centre de l'intérêt des chercheurs qui participaient à une grande conférence internationale de sinologie, discipline dont il est d’ailleurs considéré comme l'initiateur. Cette conférence avait été organisée par Yang Huilin, recteur-adjoint de l'Université du Peuple, qui est l’un des plus spécialistes les plus compétents du christianisme en Chine. Parmi les orateurs se trouvaient Hans Küng, en tant qu’auteur d’études sur les religions chinoises, et un Italien, Gianni Criveller, de l’Institut Pontifical des Missions Etrangères, qui a fait une communication sur les modalités que les jésuites venus en Chine à la suite de Matteo Ricci adoptèrent pour représenter en images la foi chrétienne dans son intégralité.
Ce colloque de sinologie s’est achevé de manière emblématique : par un repas à la Cité Interdite, siège du gouvernement impérial mais également épicentre de l'œuvre de nombreux missionnaires des XVIIe et XVIIIe siècles. Matteo Ricci, Li Madou pour les Chinois, est enterré non loin de là.
***
L’exposition de la place Saint-Pierre est structurée en deux parties : la première, sur fond bleu, présente Rome et l'Europe aux XVIe et XVIIe siècles ; la seconde, sur fond rouge, accueille des œuvres et documents de la Chine de la même époque. Le visiteur fait le parcours qui fut celui de Matteo Ricci au cours de sa vie.
Dans la première partie du parcours, le regard est attiré surtout par un chef d’œuvre de Rubens, une grande toile aux couleurs flamboyantes qui évoque la gloire de saint Ignace de Loyola et de ses disciples.
Dans la seconde partie, les visiteurs sont frappés par un autel confucéen en laque et or aux dimensions imposantes. Il fait face à un Bouddha pensif et compatissant, représentation parfaite de la religiosité philosophique raffinée des Chinois.
Matteo Ricci est entré à la Compagnie de Jésus en 1571, l'année où, à la bataille de Lépante, la flotte chrétienne a arrêté l'assaut des Turcs contre l'Europe. Mais l’état d’esprit du jeune jésuite n’était pas celui d’une chrétienté en état de siège. Au contraire.
Lors de l’inauguration de l’exposition, le directeur des Musées du Vatican, Antonio Paolucci, a décrit ainsi l'audace missionnaire de Matteo Ricci :
"En même temps que la Bonne Nouvelle chrétienne, Li Madou a apporté en Chine la géométrie d’Euclide, l'astronomie, la mécanique, la cartographie. Mais il a aussi apporté le 'De amicitia' de Cicéron, transcrit en un délicieux petit livre en mandarin, dédié à un haut dignitaire un peu confucéen, un peu animiste, un peu christianisant.
"Il a donc apporté la culture de l'Occident, que l’exposition présente sous forme d’astrolabes, de cartes du ciel, de cartes géographiques de la ville et de l'empire.
"Il a aussi apporté, bien sûr, la doctrine chrétienne. Mais il l’a fait en s’ouvrant un chemin par la science et la technique, patrimoine partagé par l’Occident et l’Orient. Il a toujours agi de manière délicate, avec une extraordinaire aptitude au mimétisme et avec un respect absolu et exquis de la culture et des traditions du pays qu’il avait décidé de faire sien.
"Il s’est fait Chinois parmi les Chinois. Il a adopté jusque dans ses vêtements l'aspect d’un fonctionnaire impérial. Il a été cérémonieux et rusé, hyperbolique et bureaucratique, poétique et pragmatique comme l’exigeaient la coutume et l’étiquette.
"S’il ne s’était pas comporté de cette manière, il n’aurait pas reçu les honneurs que lui reconnaît la Chine moderne et qui nous permettent de le placer vraiment sur les sommets de l’histoire.
"Une histoire interrompue trop tôt mais qui, aujourd’hui, à notre époque d’intégration fondée sur le dialogue et donc sur le respect et sur la connaissance, apparaît plus que jamais actuelle".
***
Et voici comment, toujours à l’inauguration de l’exposition, Claudio Giuliodori, l’évêque de Macerata, ville natale de Matteo Ricci, a mis en lumière le "caractère mondial" de son action :
"Il a dessiné des mappemondes qui ont fait connaître aux Chinois le reste du monde, dont ils ne savaient à peu près rien, et sur ces grande cartes il a représenté les lieux les plus importants de la chrétienté. Il a traduit en chinois des livres de philosophie, de mathématiques, d’astronomie, et révélé à l’Occident les textes de Confucius. Il a créé un dialogue très intense avec les lettrés et les hommes de culture les plus illustres de Chine et il a transformé ces discussions en livres, également destinés à préparer le terrain à la semence de l’Evangile. C’est ainsi qu’est née la 'Vraie signification du Seigneur du Ciel', publiée à Pékin en 1603, et que s’explique l’extraordinaire succès du livre 'Dix Paradoxes', publié à Pékin en 1607, dans lequel Matteo Ricci traite sous forme de sentences les grandes questions de la vie.
"Il est ainsi parvenu à établir des bases solides pour la pénétration de l’Evangile et pour une connaissance réciproque entre l’Orient et l’Occident, entre la Chine et l’Europe, entre Pékin et Rome, ouvrant une nouvelle phase de l’histoire de l’humanité, qui n’est pas sans rappeler ce qui s’était passé un siècle auparavant, de l’autre côté de la planète, avec l’entreprise de Christophe Colomb".
La cause de béatification de Matteo Ricci est en cours.
Une chronologie de la vie de Matteo Ricci diffusée à l’occasion de l'ouverture de l’exposition qui lui est consacrée au Vatican :
> Biografia essenziale
Et un portrait du personnage qu’a lu Claudio Giuliodori, l’évêque de sa ville natale, Macerata :
> "La sua straordinaria avventura..."
Le catalogue de l’exposition :
"Ai crinali della storia. Padre Matteo Ricci fra Roma e Pechino", sous la direction d’Antonio Paolucci et Giovanni Morello, Allemandi & Cie, Turin, 2009, 272 pages, 35,00 euros.
Le site web consacré aux célébrations du quatrième centenaire de la mort de Matteo Ricci :
> Padre Matteo Ricci 1552-1610
Le reportage de "MissiOnLine" à propos de la conférence internationale de sinologie qui a eu lieu à Pékin en octobre dernier :
> E gli studiosi cinesi riscoprono Li Madou [Et les chercheurs chinois redécouvrent Li Madou]
Tous les articles de www.chiesa à ce sujet :
> Focus CHINE
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www. chiesa
14:52 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nankin, saint ignace de loyola, bouddha, pekin, matteo ricci, shanghai, chine, vatican, expostion, li madou, rome, chinois, mandarin, xu guangqi, jesuites, aile charlemagne, macao, seoul, millennium center, histoire, marco polo, kubilai khan, mandarin confuceen, universite du peuple, sinologie, yang hullin, christianisme, hans kung, gianni criveller, institut pontifical des missions etrangeres, cite interdite, rubens, compagnie de jesus, lepante, turcs, europe, muses du vatican, antonio paolucci, euclide, astronomie, geometire, mcanique, cartographie, de amicitia, ciceron, confucius, confuceen, animiste, chrisitanisant, culture |
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19.05.2009
Dossier “Anges et démons” : le démontage
Avant le film (en salle le 13 mai), le roman. Un récit passionnant, au suspense génial, la maestria du conteur indiscutable. Il vous empoigne par le revers de la veste et ne vous lâche plus jusqu’à la fin de son histoire : trois heures de lecture trépidante garanties. En outre il surfe sur des images cool : le droit des femmes, l’autorité de la science. Comment ne pas s’y laisser prendre ?
La majorité du public tire son chapeau à l’auteur : bravo l’artiste ! Vous êtes captivé, vous acceptez tout. Sa perversité est là, car combien vont croire que l’Église a réellement pourchassé les hommes de science ? Dan Brown l’annonce comme un fait avéré. Le Vatican est malfaisant par nature, l’Église ment par essence.
La clé du roman
Victor Loupan et Alain Noël (Les Démons de Dan Brown, Presses de la Renaissance) la résument ainsi : « Après avoir bâti et mené tout son suspense autour de la secte des terribles Illuminati, Dan Brown les range au magasin des accessoires et passe aux choses sérieuses ; il ne tire plus à blanc pour faire du bruit et de la fumée, maintenant il tire à balles réelles et c’est sur l’Église catholique. »
Il accuse le Vatican d’être l’ennemi de la science. Car la science est l’amie de l’homme et de l’humanité. Donc l’ennemie de la religion.
C’est donc un roman qui défend la science contre l’obscurantisme du Vatican, qui représente le mal absolu.
L’histoire racontée
Dan Brown décrit une guerre de la foi contre la science, des scientifiques du CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire) contre le Vatican. Au-delà de la sottise du propos (faire d’un calme collège de savants des bouffeurs de curés doctrinaires!), notons les contre-vérités historiques manifestes : l’Église n’a jamais persécuté Copernic et l’injustice faite à Galilée est reconnue depuis longtemps par l’Église. Dès 1741, le pape Benoît XIV a exprimé les regrets du Saint-Siège et donné l’imprimatur aux œuvres de Galilée. En 1964, les Editions vaticanes publiaient Vie et Œuvre de Galileo Galilei.
En 1965, le concile Vatican II faisait explicitement référence à Galilée en déplorant « certaines attitudes qui ont existé parmi les chrétiens eux-mêmes insuffisamment avertis de la légitime autonomie de la science ». Ces attitudes, « sources de tensions et de conflits, ont conduit beaucoup à penser que science et foi s’opposaient » (Constitution conciliaire Gaudium et spes, 36). En 1979 Jean-Paul II constitue une commission d’enquête spéciale qui va conduire des travaux, des colloques et des publications, sous la direction du cardinal Poupard (Galileo Galilei, 350 ans d’histoire, 1635-1983, Desclée, 1983). En 1992, enfin, dans un important discours à l’Académie pontificale des sciences, Jean-Paul II revient, une fois de plus, sur le cas Galilée, qu’il a déjà abordé à de nombreuses reprises.
On aimerait que les adversaires de l’Église puissent montrer un égal fair-play.
L’archaïsme de la pensée brownienne est proprement stupéfiant. Affirmer en 2009 que la science est antireligieuse et qu’elle va remplacer la religion, c’est tenir un discours de la fin du XIXe siècle tel que le tenait Ernest Renan vers 1850, des années 1910, ou de l’URSS des années trente. C’est se tromper d’époque. C’est ignorer totalement ce qui a changé depuis soixante-dix ans dans la vision de l’univers. Aujourd’hui, en tous domaines, les savants savent que la science ne saura jamais tout et qu’une partie du réel leur échappera toujours.
L’idéologie de Dan Brown ?
Il faut admettre que les intentions de Dan Brown ne se limitent pas à faire un bon suspense. C’est un idéologue. Son objectif est de discréditer – par tous les moyens – l’Église catholique auprès du grand public. On aimerait en savoir davantage sur cet homme discret qui se cache derrière l’image lisse et fausse d’un jeune prof américain quadragénaire, coiffé sagement, souriant, flanqué d’une épouse historienne de l’art, qui travaille avec lui sur ses livres.
Pour quelles raisons personnelles ce couple tient-il tant à impliquer la religion catholique et le Vatican dans ses scénarios ? Pourquoi y a-t-il tant de catholiques maléfiques, et pourquoi le complot originel est toujours celui de l’Église ? Pourquoi faire de Rome la cité du mensonge et le centre de la haine de l’humanité ?
Da Vinci Code comme Anges et Démons sont des torpilles lancées contre les catholiques, même si beaucoup d’entre eux ne s’en apercevront pas.
De bien étranges savants
Dan Brown nous emmène au CERN (Centre européen de recherche nucléaire), mais dans un CERN totalement imaginaire, car il n’y a certainement jamais mis les pieds. Il imagine que Leonardo Vetra, physicien du CERN et père adoptif de l’excitante Vittoria, a réussi à fabriquer un quart de gramme d’antimatière, soit l’équivalent d’une bombe de 5 kilotonnes. C’est une impossibilité scientifique totale, répondent en chœur les scientifiques (réels) du CERN. Mais Leonardo, le chercheur le plus génial du CERN n’est pas seulement physicien, c’est aussi un prêtre catholique. En travaillant sur l’antimatière, il a recréé le big-bang initial de la création : « Mon père avait réussi à créer un monde à partir de rien », explique Vittoria.
Donc, si le prêtre scientifique Leonardo a fait la même chose que Dieu, c’est que Dieu n’existe pas : « Mon père a prouvé non seulement que l’on peut créer de la matière à partir de rien, mais que le big-bang et la Genèse peuvent s’expliquer en supposant simplement la présence d’une énorme source d’énergie […]. Dieu, Bouddha, la Force ultime, quel que soit le nom qu’on lui donne, le résultat est le même. La science et la religion sont d’accord sur un postulat : l’énergie pure est la matrice de la création. »
Il s’agit donc tout simplement de dissoudre la religion dans la physique. L’énergie et le créateur ne font qu’un. Le créateur judéo-chrétien est une légende. L’origine de la haine de l’auteur a un nom et une signature : elle remonte à l’ange avant celle de l’homme. Nous sommes en pleine gnose. Dan Brown ne serait-il pas tout simplement un gnostique ? D’autres passages de l’ouvrage vont nous confirmer ce diagnostic.
Vittoria, la fille de Leonardo, est une physicienne spécialiste des écosystèmes. C’est aussi une adepte de l’écologie profonde : « La déesse Terre, Gaia… La planète est un organisme, chacun de nous est une cellule de cet organisme » (Lattès, p. 130). En pleine chapelle Sixtine, en short devant tous les cardinaux, elle lance : « Dieu, c’est l’énergie qui circule dans les synapses de notre cerveau » (p. 536). Donc, les catholiques intelligents ne doivent plus croire en un Dieu personnel (Père, Fils et Esprit) dépassant infiniment l’homme, mais en un dieu « énergie ». Nous sommes encore en pleine gnose.
Pages 265 à 267 Dan Brown nous montre l’universitaire Robert Langdon assénant son savoir à ses étudiants américains, relax, « faisant les cent pas devant le tableau en grignotant une pomme ». Sa conclusion : les religions « découlent plus ou moins les unes des autres ». Encore la vieille gnose.
Page 489, le théophysicien Leonardo Vetra nous explique : « De remarquables solutions à des problèmes apparemment insolubles surgissent souvent pendant ces moments de clarté. C’est ce que les gourous appellent conscience spirituelle. Les biologistes nomment cela les transformations d’énergie. Les psychologues ont inventé l’expression d’hyper-réceptivité. (Il s’arrêta). Et les chrétiens disent que c’est une prière exaucée. (Un large sourire aux lèvres, il ajouta : Parfois, révélation divine signifie tout simplement éveiller le cerveau à percevoir ce que le cœur sait déjà. » Encore et toujours la même vieille gnose universelle…
Double ruse
Page 393, que nous annonce Ventresca le camerlingue, prenant la parole devant les cardinaux ? Ceci : L’Église, vaincue, doit cesser de tenter de fournir des repères aux hommes. Elle doit quitter les grands débats sur le destin du monde, et se replier sur sa mission traditionnelle. Apporter la compassion, déclare Ventresca, doit être la « seule » vocation de l’Église catholique. Voilà donc une double ruse. Faire taire l’Église, dont la parole dérange et la cantonner dans un domaine qui n’intéresse pas les riches et les grands de ce monde : s’occuper des pauvres et des petits. D’ailleurs Bouddha aussi est compatissant. Beau tour de passe-passe : on dissout les catholiques dans le grand tout universel des gnostiques.
Dan Brown s’est expliqué sur ses objectifs : « J’expose sérieusement une vieille théorie un peu oubliée sur les origines du christianisme. Qu’elle soit juste ou fausse, elle représente un point de départ pour examiner l’avenir de la religion » (Le Point du 24 février 2005).
Cette théorie vise les origines du christianisme. Il s’agit donc, en mettant en cause son « origine », d’atteindre la validité de cette religion, qui repose sur Quelqu’un, une personne qui est Jésus-Christ.
S’il y a des faussaires, qui sont les faussaires ? Les Églises, et d’abord la première d’entre elles : Rome.
Une ambition néo-païenne
Dan Brown est au service d’une extraordinaire ambition. En réalité, il s’agit d’amener les catholiques à se rallier à l’air du temps et de les cantonner dans le témoignage compassionnel : là au moins, ils ne seront pas gênants. Ils ne parleront pas de ce qui pourrait déranger, et en plus, ils feront ce que personne ne voudra faire à leur place !
Beaucoup aujourd’hui voudraient que l’Église cesse de se mêler de ce qui ne la regarde pas. Le consensus libéral-libertaire réclame avec de plus en plus d’insistance que l’Église supprime ses dogmes pour s’aligner sur la pensée unique. Mais cette position est inacceptable, car contraire à tout l’enseignement de Jésus-Christ : « Vous êtes le sel de la terre. » Que deviendra-t-elle si le sel s’affadit et si nous nous taisons ? Une capitulation des chrétiens laisserait la société sans défense face aux intérêts économiques planétaires, comme ceux de l’industrie biotechnologique.
Seule la pensée judéo-chrétienne a dit que le monde et Dieu sont deux réalités différentes. Selon les juifs et les chrétiens, le monde n’est pas « divin » et Dieu n’est pas « l’âme du monde », comme les néo-païens – dont Dan Brown fait partie – le croient à nouveau aujourd’hui. Il y a la création et le Créateur, et les deux ne se confondent pas. Entre les théologiens et les chercheurs scientifiques il ne doit pas y avoir de conflit, mais un dialogue. L’Église n’a jamais cessé de le répéter de toutes les manières depuis les origines, en passant par Vatican I, saint Thomas d’Aquin, Vatican II et Jean-Paul II, jusqu’à Benoît XVI.
5 mai 2009 |
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Voir notre dossier Anges et Démons :
Sources :
- Victor Loupan, Alain Noël, Les Démons de Dan Brown, Presses de la Renaissance, 2005.
- Dan Brown, Anges et Démons, JC Lattès, 2005 (et Pockett, 2007)
***
02:47 Écrit par Père Walter dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, anges et demons, dan brown, film, droit des femmes, science, eglise catholique, vatican, roman, les demons, presses de la renaissance, obscurantisme, cern, centre europeen pour la recherche nucleaire, histoire, contre-verites, benoit xvi, copernic, galilee, saint-siege, imprimatur, editions vaticanes, vie et oeuvre de galileo galilei, concile vatican ii, gaudium et spes, jean paul ii, cardinal poupard, academie pontificale des sciences, desclee, fair-play, archaisme, ernest renan, urss, ideologie, suspense, rome, da vinci code, leonado vetra, antimatiere, bombe, physicien, pretre, big-bang, creation, vittoria, genese, dieu, bouddha, force ultime, energie pure |
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